Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce troisième chapitre ! Merci pour vos nombreux retour/reviews! :)
Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur ce chapitre : The Question Is : Clarke va-t-elle rencontrer Lexa ?
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
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I Hear Your Voice
Chapitre n°3 : Je suis piégée
Je me réveille avec un horrible mal de crâne et avec la sensation que je vais passer une mauvaise journée. Je grogne en enfonçant un peu plus mon visage dans mon oreiller. Je savais que je n'aurai pas dû me coucher aussi tard.
Je tends ma main vers ma table de nuit. Je cherche à tâtons mon portable. Une fois mes doigts renfermés sur le petit objet métallique, je le ramène vers moi. Je soupire en sortant mon visage de sa protection et j'allume l'écran pour découvrir l'heure.
-Merde…
Il est un peu plus de dix heures. J'aurai dû mettre un réveil. Maintenant, j'ai à peine une heure pour me préparer. Ma mère déteste lorsque je suis en retard.
Je me relève doucement et me mets en tailleur. Je passe une main dans mes cheveux en bataille. Je suis soudain attirée par un bruit, peut-être celui de la télévision.
Cette constatation me fait bondir de mon lit. Je fonce dans ma salle de bain pour attraper un vieux gilet gris qui me sert de peignoir. Je suis encore en train de remonter la fermeture lorsque je commence à dévaler les escaliers. Je les mange deux par deux, les enjambant le plus vite possible. Une fois la dernière marche franchie, je manque de tomber mais je réussis à faire une espèce de dérapage douteux et à me rattraper.
Je me précipite ensuite jusqu'au salon où je découvre la télévision allumée sur un programme pour enfant. Je crois que c'est les Totally Spies mais ce n'est pas ce qui m'intéresse. Mon regard balaie toute la pièce à la recherche d'un visage, d'une silhouette, n'importe quoi qui pourrait être Lexa. Mais je réalise très vite qu'il n'y a personne.
-Cette journée commence vraiment mal…
Je soupire avant de gravir les escaliers mais cette fois en traînant des pieds. Je franchis la porte de ma chambre la mort dans l'âme. Ça craint ! Je croyais que cette fois c'était la bonne…
Après une douche qui a le don de me réveiller un peu plus, j'enfile les premiers vêtements qui me tombent sous la main. Soit : un vieux blue jean et un tee-shirt Wonder Woman. Si ma mère a un reproche à faire, elle le fera à celle qui m'a donné de faux espoirs ce matin : mon fantôme !
Une fois prête, je redescends pour rejoindre la cuisine. Je n'ai pas pris le temps de me maquiller mais je n'en ai pas envie. Et, je peux me le permettre, c'est un des nombreux avantages à être célibataire !
Lorsque je passe une nouvelle fois devant la télévision, je remarque qu'un casque pour la musique d'une couleur tout sauf passe partout est déposé sur le haut de l'écran, tout à gauche. Mes yeux sont presque agressés par le violet qui tire presque sur le magenta.
Mes yeux suivent instinctivement le fil, qui lui est d'un fluo jaune et tombe sur un Walkman. Je fronce les sourcils. Est-ce qu'il existe encore réellement des personnes qui écoutent des cassettes ? Je m'approche largement intriguée. Je ne m'arrête que lorsque je peux lire ce qu'il est écrit sur une étiquette : Face B – Play liste Septembre 2015.
Je suis tentée de prendre le casque et d'écouter quel genre de musique Lexa aime. Je suis fascinée par le spectacle des rouages qui s'activent et la bande qui passe. Mais encore une fois, je me retiens. Je sais que ce serait aller bien trop loin. La curiosité est vraiment le pire de mes défauts et je dois sérieusement ronger mon frein depuis que je vis ici.
Je me retourne tel un robot. Je dois m'éloigner du danger actuel. Je me concentre sur mon envie de café. Et tel un zombie assoiffé de cerveau bien frais, je me traîne jusqu'à la cafetière. C'est ça qu'il me faut, des objectifs bien précis.
Une fois définitivement bien réveillée, après l'ingestion de mon or noir, je me sens prête à affronter la journée. C'est à ce moment là que je me rappelle de mon mot de la veille. Je me lève pour me diriger vers le frigo. Mon dessin à disparu. Sans que je ne puisse le contrôler, un sourire se dessine sur mes lèvres.
-Je me demande où est sa réponse…
Je regarde l'heure sur mon portable. J'ai encore un peu de temps. Je laisse traîner mon regard un peu partout dans l'appartement à la recherche d'une nuance colorée.
Je finis par découvrir un post-it rouge pâle sur la baie vitrée. Je dois me retenir pour ne pas courir jusqu'à lui. Je me sentirais vraiment ridicule si je commençais à agir de la sorte. Une fois en face à face avec le mot, je le décolle. J'inspire profondément. Je le place devant mes yeux. J'expire tout le surplus d'air et je commence à lire.
Pour Dimanche, ça aurait vraiment été avec grand plaisir. Mais malheureusement, je ne peux pas. J'ai déjà promis à mon frère de l'encourager à son tournoi de basket. Et, je ne reviens jamais sur mes promesses !
Peut-être le week-end prochain ? Une nouvelle proposition pour le même jour ?
Je me sens amusée lorsqu'à la fin du dernier mot, je découvre une flèche qui m'indique qu'il faut aussi regarder au verso :
Merci beaucoup pour le dessin, je l'ai adoré. Es-tu sûre de ne pas t'être trompée lorsque tu m'as dit être en médecine ? Une erreur de ta part peut-être…
Lexa.
Évidemment je suis un peu déçue. Mais j'ai conscience que ce n'est que partie remise. Je garde le papier et le range dans mon porte feuille. Je prendrai le temps de lui répondre dans le taxi.
Cette fois, je n'ai plus de temps à perdre. J'enfile mes chaussures rapidement en sautillant. Je m'engouffre dans le hall alors que mes lacets ne sont pas encore fait. Une fois devant l'immeuble, je guette une des fameuses voitures jaunes. Un taxi s'arrête, je m'installe et j'envoie un rapide sms à ma mère pour l'informer que je vais arriver dans une petite demi-heure.
Bercée par la conduite fluide du conducteur, je commence à réfléchir à ce que je vais répondre à Lexa. Je vais peut-être lui faire un autre dessin. Ou alors quelque chose de plus original… Ca serait bien de la surprendre mais je n'ai pas d'idée.
Je vais sûrement en parler avec ma mère. A deux, on a toujours plus d'imagination. Et, ce n'est pas comme s'il lui en manquait. J'ai encore les yeux qui brillent lorsque je repense aux histoires qu'elle inventait de toute part avec mon père pour m'endormir le soir.
Je me souviens d'une fois où je m'étais énervée contre un de mes professeurs, persuadée qu'elle me mentait en me racontant l'histoire du chaperon rouge. Celle de mes parents était bien meilleure !
La voiture s'arrête et je reconnais mon quartier d'origine. Je tends un billet à l'homme barbu devant le volant et je sors le sourire aux lèvres. On pourra dire ce que l'on veut, il n'y a rien de mieux que de rentrer chez soi.
Je m'avance avec la bonne humeur qui commence enfin à me titiller. Mais avant de laisser mon poing entré dans une légère collision avec le bois, je ressens un étrange malaise. J'ai la désagréable sensation d'avoir été piégé. Je me retourne et je découvre la voiture rouge de Sindy.
-Non !
Je suis à deux secondes de réussir à m'échapper mais j'imagine que ma mère a dû m'entendre arriver parce qu'elle ouvre la porte. Sans que je ne puisse rien faire de plus, je me retrouve au milieu d'une étreinte maternelle. J'en oublierai presque le mal être qui commence à me gagner.
Presque… c'était avant que je vois Sindy derrière l'épaule de ma mère. Aussitôt, je me sens horriblement mal à l'aise. Un monstre d'angoisse se crée au creux de mon estomac. J'ai du mal à avaler, une boule grandit dans ma trachée. Et je sens même une légère nausée. Je suis piégée.
-Clarke, s'exclame ma mère, ça fait trop longtemps ! J'ai cru que tu n'arriverais jamais. Tu as faim j'espère !
Actuellement, non ! Avec mon ex meilleure amie dans les parages, il est absolument hors de question que j'avale quoi que se soit !
-J'ai toujours faim maman.
-Évidemment ! Allez entre !
Je la suis mais je me sens terriblement mal à l'aise. Je serre les poings en passant à côté de la traîtresse. Je ne dois pas la frapper…
-Au fait les filles, pourquoi vous êtes venues séparément ?
Évidement Sindy ne lui avait pas dit. En même temps, je l'imaginai assez mal se pavaner de la sorte devant moi si c'était le cas.
Mais c'est aussi de ma faute. Si j'avais parlé de toute cette situation à ma mère, on n'en serait pas là ! J'ai envie de me foutre des baffes tellement je suis stupide ! Pourquoi je ne lui ai rien dit ? Pourquoi ? Pourquoi ? J'en pleurerai…
-Clarke est sortie hier soir et elle n'est pas rentrée, répond naturellement la traîtresse du siècle.
Putain ! Elle déconne, ce n'est pas possible autrement ! Il ne manquerait plus qu'elle ajoute que j'ai passé la nuit chez Finn et ce serait le comble de l'ironie !
-Je vois, soirée en amoureux avec Finn, déclare ma mère.
-C'est ça Abby.
Je vais la tuer ! Je ne vois pas d'autre solution. Maintenant, je suis obligée de la tuer !
-J'espère que tu as dormi un minimum Clarke… il faut faire attention à ton sommeil.
Et bam ! La remarque sur le manque de sommeil. Je n'avais pas besoin de ça !
Je prends tout de même sur moi. J'essaye vraiment de ne pas prendre ça à cœur. Je fusille mon ex-meilleure amie du regard. Je passe devant elle en réalisant que la meilleure manière de lui rendre la monnaie de sa pièce, c'est de l'ignorer.
Parce que pour moi, elle n'existe plus à mes yeux. Oui, c'est ça. Elle est inexistante !
Je passe dans la cuisine. On a nos petites traditions avec ma mère. J'allume le poste de radio qui a sûrement connu la guerre, il appartenait à ma grand-mère. Mais c'est le seul poste assez puissant pour capter les ondes pirates. Je crois qu'on a toujours écouté cette station qui n'est pas censée avoir sa place sur les ondes. Elle s'appelle Arkadia.
Je passe ensuite devant le four. Je sais qu'elle prépare une tarte, elle m'en a parlé hier alors je mets sur la chaleur tournante. Je prends ensuite un couteau, je fais un sourire mauvais à Sindy avant de commencer à aiguiser en demandant à ma mère :
-Tu as besoin de quoi ?
-Tu veux bien t'occuper des tomates ?
-Je m'y colle !
Avec ma mère, on a toujours adoré cuisiner toutes les deux en tandem en écoutant de la bonne musique. Depuis que je suis au lycée, il nous arrive même parfois de ne plus parler. On accomplit juste nos gestes parfaitement rodés et on sourit, heureuse de passer un peu de temps ensemble.
C'est, je dois dire, le seul moment de répit de la journée. Parce que Sindy a dû essayer un nombre incalculable de fois de me parler. Je me suis contentée de l'ignorer. Je pense que ma mère commence à se poser des questions.
Et, j'aimerai vraiment qu'elle mette le doigt sur ce qui ne va pas parce que je suis au bord de l'implosion. En plus, j'aimerai lui parler de ma nouvelle colocataire mais je ne peux pas le faire avec l'autre boulet à côté !
Je crois qu'elle pense que je vis toujours chez O. Je ne souhaite pas qu'elle découvre le pot aux roses. Je me redresse un peu plus sur ma chaise lorsque j'entends la porte d'entrée s'ouvrir. Je me lève pour rejoindre Marcus au plus vite.
J'adore Marcus. C'est le meilleur ami de ma mère depuis si longtemps que je l'ai toujours connu. Il a toujours été là. Avant le décès de mon père, j'aimai plaisanter sur le faite que Marcus était mon second père. Il a été encore plus présent après la mort de mon père et je tiens vraiment beaucoup à lui.
D'ailleurs, je soupçonne fortement ma mère et Marcus d'avoir des sentiments l'un pour l'autre. Je ne sais juste pas ce qui les empêche d'être ensemble. C'est un véritable mystère.
-Non mais je rêve ! La mini Griffin est en vie !
-Ce n'est pas drôle Marcus…
-Crois-tu ?
-Pas drôle du tout !
-Un câlin pour nous réconcilier ?
-Toujours !
Je me réfugie au creux de ses bras. C'est fou ce que cette étreinte peut me faire du bien. J'ai la sensation de ne pas l'avoir vu depuis un siècle. Je me sens apaiser maintenant que je me sais être protégé. Marcus est le genre de personne très calme mais capable de déchaîner les Enfers si on s'en prend à quelqu'un qu'il aime.
J'entends un rire moqueur dans mon dos. Je sais que c'est ma mère, pourtant je ne m'éloigne pas. J'ai besoin de prolonger un peu plus longtemps ce moment de sérénité. Ma mère s'avance quand même, elle passe une main dans mon dos avant d'appliquer ses lèvres sur la joue de Marcus.
Les deux rougissent au geste d'affection. Je lèverai presque les yeux au ciel. Cette situation est ridicule. Un jour, il faudra vraiment que je leur demande pour quelle foutu raison ils ne se mettent pas ensemble.
-Salut Marcus, je ne la vois pas mais je sais qu'elle sourit.
-Salut Abby, de ce côté aussi ça sourit.
Okay… Ca devient légèrement gênant ! Je m'éloigne du câlin plus que réconfortant de Marcus. Je me racle doucement la gorge. Je fixe le "couple" en leur souriant. Ils osent à peine se regarder. Je me moquerai bien gentiment de la situation mais je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée.
-Note pour moi-même, reprend ma mère, la prochaine fois que je veux voir Clarke, je t'invite !
-Très drôle Abby, ma présence n'a rien à voir avec son retour made in Ulysse, je vis presque ici.
-C'est vrai.
-Oh vous savez, la voix de Sindy me fait grincer des dents, vous n'êtes pas les seuls à avoir du mal à voir Clarke en ce moment. C'est comme si elle ne vivait plus à l'appart' !
Putain de… non ! Je ne dois pas m'énerver. Je prends une forte inspiration avant de me retourner. J'étais tellement bien dans ma bulle familiale que je l'avais presque oublié. Je lui lance un regard clairement noir.
-Bah alors Clarke, tu as déménagé et tu ne nous a rien dit, plaisante ma mère.
Je vous jure que je suis à ça de commettre un meurtre ! Je pense vraiment que cette réplique est celle de trop. Je m'apprête à répondre une connerie aussi grosse que moi lorsque je vois le sourire de Sindy. Merde ! C'est ça qu'elle attendait. Elle voulait me confronter devant mes parents depuis le début !
Je vais la tuer, je vais la tuer, JE VAIS LA TUER !
Je ne veux pas lui laisser l'occasion de m'humilier encore plus. Ça suffit ! Je ne suis pas une petite chose fragile. Il est temps pour moi d'agir. C'est elle qui devrait être mal à l'aise et pas moi. C'est elle qui a piétiné notre amitié comme si de rien n'était en couchant avec mon petit ami.
Je serre les poings. Pendant une seconde, je me convaincs que la frapper n'est pas une solution. Je réfléchis à toute vitesse. Il faut que je règle ça une bonne fois pour toute. Je ne veux pas qu'elle débarque de nouveau dans ma vie comme si de rien n'était.
-C'est parce que je ne voulais pas vous inquiéter, je réponds très vite avant de changer d'avis.
J'ai le loisir de voir Sindy commencer à blêmir. Je lui fais mon plus beau sourire. Je suis très heureuse de lui avoir coupé l'herbe sous le pied. Sindy est ce genre de personne qui ne sait pas ce que ça fait que d'être recadré ou d'être déçu lorsqu'on répond "non" a une de ces suggestions.
Avec l'éducation qu'elle a reçu, j'ai toujours su qu'elle avait été pourri gâté jusqu'à la moelle depuis l'enfance. Mais j'ai pensé peut-être naïvement qu'avec moi, elle était différente. Mais non… il a fallu qu'elle me subtilise mon petit ami. J'imagine qu'elle ne supportait pas de me savoir heureuse alors qu'elle n'arrivait pas à avoir une relation stable.
De la jalousie… voilà ce qui avait détruit notre amitié. J'imagine qu'elle aurait pu survivre à bien des choses. Mais pas à la jalousie.
-Pardon, s'exclama ma mère.
-Tu as déménagé, demanda d'une apparence plus calme Marcus.
-Oui, je réponds en fixant toujours mon ex-meilleure amie.
-Mais… qu'est-ce que… je ne comprends pas !
Ma mère se plante devant moi. Je peux lire toute l'inquiétude et l'incompréhension dans ses yeux. Je m'en veux de lui faire ressentir ce genre de choses. Je baisse les yeux et subitement mes baskets noires et leurs lacets rouges deviennent très mais alors très intéressant.
Il faut que je me reprenne. Encore une fois, je ne suis pas une petite chose fragile. Je prends mon courage à deux mains avant d'affronter de nouveau le regard de ma mère. Je lui fais un sourire coupable avant d'avouer :
-Avec Sindy, on s'est disputée. Ça va faire trois semaines que je vis…
Je ne peux pas parler de ma colocation, ni de Lexa. Pas maintenant, pas devant l'autre. Qu'est-ce que je dis ? Maintenant que j'ai commencé cette phrase, il faut bien que je la finisse ! C'est vraiment une prise de tête. Réfléchis et réfléchis vite !
-… chez une amie de la fac.
-Trois semaines, s'interroge Marcus, vous ne vous êtes jamais disputée aussi longtemps.
-Exactement, s'exclame Sindy, c'est pour ça que je suis là ! Il faut que tu arrêtes de jouer les idiotes Clarke ! Il est temps que tu rentres à la maison.
-Qu'importe l'endroit, si tu es présente, ça ne pourra plus jamais être ma maison.
Je vois bien que mes mots viennent de blesser Sindy. Je n'en suis pas excessivement fière. Je voudrai juste oublier et faire comme si elle n'avait jamais existé. Je n'apprécie pas d'être méchante.
Mais c'est de sa faute. C'est elle qui m'a pris en traite. Elle a choisi de me piéger pour avoir une quelconque discussion. Ne dit-on pas : tel est pris qui croyait prendre ?!
-On se laisse aisément duper par ceux qu'on aime mais on ne peut plus être trompé si on sait qu'on l'a déjà été Sindy. Nous deux, notre amitié, c'est fini.
-Arrête, c'est ridicule ! Ce n'est qu'un des nombreux moments anecdotiques entre nous. D'ici peu de temps, on en rira.
-Je ne crois pas, non.
-Je crois, reprend-elle avant d'être coupé par Marcus.
-Je crois que tu devrais rentrer chez toi maintenant Sindy.
-Mais…
-Maintenant. Je te raccompagne.
Je me sens soulagée lorsque je réalise que Marcus est allé chercher son manteau et son sac. Il lui tend avant de lui montrer la sortie. J'ai la sensation de pouvoir de nouveau respirer. Lorsqu'il revient, je le vois tel le héro qu'il est. Je le remercie en pensant qu'il mériterait que j'érige une statut de cookie à son image.
J'ai ensuite une longue discussion avec les deux personnes les plus importantes de ma vie sur ce qui s'est passé il y a trois semaines.
Ma mère est à ça de vouloir commettre un meurtre mais je n'arrive pas a savoir à qui elle en veut le plus. Elle a de la rancœur contre Sindy pour m'avoir trahi de la pire des manières en ignorant toutes les règles de l'amitié. Elle a des envies de meurtre contre Finn en réalisant qu'il n'est rien d'autre qu'un coureur de jupons. Et, elle m'en veut à moi, pour ne pas lui avoir parlé de cette situation plus tôt.
A côté d'elle, Marcus semble étrangement calme. Il n'a pas encore dit un mot. Je dois avouer que ça m'inquiète un peu. Je sais que depuis que j'ai perdu mon père, il a tendance à vouloir me protéger contre tous les maux du monde. J'imagine qu'il doit s'en vouloir de n'avoir rien pu faire pour me protéger. Mais que peut faire un père contre un cœur brisé ?
-Donc, résume ma mère, tu vis avec une amie de la fac.
-En fait, je vis avec l'amie d'un ami. Je ne voulais pas le dire devant Sindy. Je veux éviter qu'elle puisse débarquer à tout moment.
-Et c'est qui cette personne ? Je la connais ? Je connais ses parents ? Elle serait prête à intervenir si tu étais en danger ? Elle fait quoi ? Elle étudie ? Elle travaille ? Qui sont ses amis ? Ils sont fréquentables ?
-Maman… tu sais, je n'ai plus huit ans.
Bon d'accord, c'est surtout que je ne sais pas répondre à la plus part de ces questions mais je vais éviter de l'avouer pour le moment parce qu'elle est au bord de la crise de panique. Elle est à fond dans son rôle de mère poule là ! Complètement endoctrinée, s'en est presque drôle.
-Dis-moi au moins son prénom !
-Elle s'appelle Lexa, je réponds en souriant, et je te rassure, c'est quelqu'un de très gentil.
-On pensait aussi que Sindy était quelqu'un de bien. Tu ne veux pas revenir vivre à la maison ?
-Maman…
Je soupire. Le pire, c'est que je comprends son point de vue. En plus, j'ai longuement réfléchi à cette situation. Et oui, j'ai pensé à revenir vivre ici mais maintenant c'est hors de question.
J'ai retrouvé le sourire. Je me sens bien dans mon nouvel appartement. Je sais que je ne connais pas encore Lexa mais je l'apprécie déjà. Je suis persuadée que c'est quelqu'un d'infiniment gentil sinon pourquoi est-ce qu'elle marquerait sa présence par tous ces petits gestes ?
Dès que je vois un post-it de collé sur un mur ou sur un meuble, je me sens infiniment bien. Sa présence, même invisible, est étrangement réconfortante.
-Okay, je reprends, je peux t'assurer que Lexa est quelqu'un de bien. C'est le genre de personne qui, si tu as passé une toute petite nuit pour réviser, vérifie qu'il reste du café, et qui, si ce n'est pas le cas, va en acheter pour toi avant de partir. Si ça peut te rassurer, je lui proposerai de venir à un de nos repas du samedi.
-Oui, voilà une très bonne idée !
Je suis heureuse d'avoir convaincu ma mère. Mon regard passe sur le visage toujours inquiet de Marcus. J'essaye d'attirer son attention mais il semble vraiment perturbé. J'appelle doucement son prénom.
Il me fait un sourire triste. Il baisse les yeux. Il soupire. Je sais qu'il est entrain de peser le pour et le contre. Il finit par ancrer son regard dans le mien avant d'affirmer :
-Si tu es bien dans ce nouvel environnement alors c'est bien. Mais Clarke, il soupire de nouveau, tu n'as pas à gérer ce genre de chose toute seule. Ta mère et moi sommes là. On sera toujours là. Il faut que tu puisses nous faire confiance pour ce genre de chose.
-Je vous fais confiance ! Je crois… je crois que je me sentais juste trop triste et trahi.
-Justement ! Tu dois comprendre qu'on aurait aimé être là pour toi.
-Je sais et j'en suis désolée.
-Bon… si c'est clair, on te raccompagne.
Je suis prête à leur assurer que ce n'est pas la peine, que je peux très bien rentrer seule en taxi. Mais je comprends que ça va les rassurer. Je les guide donc jusqu'à mon nouvel immeuble. Ma mère le trouve sublime et remarque immédiatement que je suis bien plus prêt de l'université. Marcus insiste pour visiter.
Je les conduis donc jusqu'à mon appartement. Pendant toute l'ascension jusqu'au septième étage, j'adresse une prière silencieuse pour que Lexa ne soit pas présente. Ce serait vraiment trop bizarre de la rencontrer pour la première fois avec mes parents comme escorte.
J'ouvre la porte d'entrée d'une main tremblante. Je jette un œil rapide vers la gauche, je repère les affaires de Lexa sur le porte manteau. Je jure intérieurement. J'espère vraiment qu'elle n'est pas dans le salon ou quelque chose comme ça. Je laisse ma mère et Marcus entrer.
-Voilà, c'est ici que je vis maintenant.
Je parcoure toutes les pièces d'un regard rapide. Elle n'est nulle part. Je soupire intérieurement. Ça aurait été définitivement une situation bien trop étrange. En revanche, je remarque un bout de papier vert pomme sur le frigo.
Je souris à ma mère qui apprécie vraiment ma nouvelle habitation. Marcus me demande où se trouve ma nouvelle colocataire. Je sens une petite angoisse naître dans mon ventre. Je ne souhaite pas lui mentir. Je décolle le post-il et je souris lorsque je réalise que je n'ai rien à inventé. Ma réponse est là, elle est calligraphiée d'une magnifique façon à l'encre noire.
-Apparemment, elle a travaillé presque toute la nuit. Elle est partie se coucher en rentrant, j'explique en montrant le bout de papier.
-D'accord, dans ce cas, on ne te dérange pas plus longtemps. Passe une bonne fin de journée.
A la fin de sa phrase, Marcus vient me prendre dans ses bras. Il m'ébouriffe gentiment les cheveux en quittant l'étreinte. Il me rappelle une dernière fois que je ne suis pas seule avant que ma mère ne vienne embrasser mon front avec un doux sourire. Elle me demande de prendre soin de moi et part son bras accroché à celui de Marcus.
Une fois seule dans mon appartement, je me mets à sourire doucement. Ils sont vraiment géniaux. Je les aime plus que tout au monde. J'ai vraiment de la chance de les avoir.
Je suis sur mon ordinateur depuis une petite heure lorsque j'entends un poing s'écraser doucement sur le bois de la porte d'entrer. Je me lève en laissant la chanson For The First Time de The Script se diffuser. Je déverrouille la porte et je commence à lentement me décomposer en découvrant Sindy devant moi.
Je sens aussitôt une forte nausée me retourner l'estomac. Je suis complètement paniquée. Qu'est-ce qu'elle fait ici ? Comment elle peut être ici ? Je tremble. J'ai peur.
Je reprends mes esprits et commence à refermer la porte mais c'est trop tard. Elle bloque mon geste avec son pied. J'appuie sur la planche de bois de toutes mes forces. Je ne veux pas qu'elle rentre chez moi. Je ne veux pas qu'elle détruise quelque chose de plus.
Elle exerce le même genre de pression que moi mais dans l'autre sens. Je ne sais pas si je vais tenir longtemps. Je sais que je suis un peu moins forte qu'elle et en plus, je suis fatiguée. Je lui demande d'une voix quelque peu tremblante de partir. Je me sens ridicule.
Elle répond qu'elle ne bougera pas tant qu'on n'aura pas discuté. Le ton monte, j'affirme que je ne veux plus rien avoir à faire avec elle. La dispute se forme petit à petit. Les cris commencent à raisonner.
Je perds lentement l'avantage. Elle réussit à grappiller du terrain et à se glisser dans mon appartement. Je ne suis plus qu'à un geste de tout laisser tomber et par conséquent la laisser entrer lorsque la porte finit comme par miracle par se rapprocher dangereusement du visage de Sindy.
Je jette un regard sur la droite pour essayer de comprendre comment j'ai pu faire reculer son avancer. Je remarque tout de suite que ma main n'est plus la seule à exercer une pression sur la porte. Une autre main est posée un peu au-dessus de la mienne, je suis des yeux les contours des ses doigts, il y a une bague qui entoure son annulaire. Je peux aussi distinguer le début d'un tatouage à la naissance de son poignet.
Mon cœur bat un peu plus vite. C'est Lexa ! Ou du moins, c'est la main de Lexa ! Je n'ose pas tout de suite tourner mon regard de l'autre côté mais lorsque j'ose enfin le faire, je ne découvre qu'une énorme masse de cheveux brun ondulés qui cache son visage. Je l'entends soupirer. J'imagine que nos éclats de voix ont dû la réveiller. J'espère qu'elle ne m'en veut pas.
Elle se redresse légèrement mais je ne vois toujours pas son visage. En revanche Sindy, elle doit bien le voir parce qu'elle finit par reculer. Lexa profite de ce moment d'hésitation et entre dans son espace personnel. Je suis figée. Je n'arrive pas à savoir ce qu'il va se passer.
oOoOo
Voilà pour le troisième chapitre de cette fiction. J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, que vous continuez à vous poser des questions et surtout que vous ne me détestez pas trop pour cette fin ! ^^ Des suppositions sur la réaction de Lexa? Celle de Clarke? Ou encore celle de Sindy ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
Note n°1 : Totally Spies c'est LA série d'animation de mon enfance ! Elle a commencé à être diffusée en 2002 sur TF1 en France. Sérieusement, qui n'a jamais rêvé d'être Sam, Clover ou Alex ? Cette série est produite par Marathon Média et est une collaboration franco-canadienne.
Note n°2 : Wonder Woman a été créé par Charles Moulton en 1941. Diana est une amazone aux origines plutôt mystérieuses dans les comics. Personnellement, je n'ai toujours pas capté qui est son père… déjà ça change en fonction de la Terre donc… mais ce n'est pas le plus important (Pour la forme, on va dire que c'est Zeus) ! À l'origine, le personnage de Wonder Woman a été créé dans un but totalement féministe et par un homme en plus ! Il voulait qu'en lisant les aventures de Diana, les femmes apprennent ce qu'était la force, la liberté et le courage. Il voulait lutter contre l'idée que les femmes étaient inférieures aux hommes. Le défit personnel de Moulton a plutôt bien fonctionné parce qu'aujourd'hui, Wonder Woman reste une des super héroïne les plus célèbre dans l'univers DC et continue d'être adaptée notamment au cinéma, le dernier est sortit le 7 juin en France. J'ai trouver que c'était une magnifique adaptation et Gal Gadot est vraiment une très grande actrice!
Note n°3 : Les zombies, qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Faut-il lire "Le Guide De Survie En Territoire Zombie" ? En vrai, les zombies viennent du vaudou mais avec la culture populaire soit, les livres, les films, les jeux vidéo, ou encore les séries, leurs images ont bien changé. J'aime beaucoup la vidéo de LinksTheSun à ce sujet, je vous la conseille vivement. Je suis d'accord avec lui, la meilleure arme contre les zombies c'est la bombe à eau ! Enfin sauf si on est dans The Walking Dead parce que là… courir me semble être une bonne option ! XD
Note n°4 : Le (petit) Chaperon Rouge est un conte qui est à l'origine français et qui a été rendu populaire par Charles Perrault et les frère Grimm. J'ai étudié l'une des premières versions donc avant Perrault et Grimm en philo et c'est franchement horrible ! Donc le loup dévore la grand-mère mais il garde des restes et se déguise (jusque là c'est "normal"). Mais lorsque la petite fille arrive, il lui propose de manger un bon repas et de se fait, elle devient anthropomorphe en dégustant sans le savoir sa grand-mère. Après, la version de Perrault a été publié à la fin du XVIIème siècle. Dans cette version, il n'y a pas de Happy Ending. Le loup mange tout le monde aussi bien la grand-mère que la jeune fille et oui, parfois le méchant gagne… mais bon Perrault aimait les morales claires et précises. C'est dans la version des frère Grimm que les deux femmes sont sauvées par un chasseur et c'est après que les versions plus édulcorées arrivent dans les livres de conte d'aujourd'hui.
Note n°5 : Ulysse est un héro grec, peut-être un des plus connu de la mythologie. Il est marié à Pénélope et à un fils Télémaque. Il est connu pour son intelligence notamment pendant la Guerre de Troie où il conçoit le fameux cheval. Ses aventures sont recueillies dans l'Odyssée écrit par Homère.
Note n°6 : « Tel est pris qui croyait prendre » est la morale d'une Fable de La Fontaine : Le Rat et L'Huître.
Note n°7 : The Script est un groupe de pop rock irlandais qui a sortit son premier album en 2008. On a pu entendre leurs chansons dans des séries comme Ghost Whisperer ou encore Vampire Diaries.
For The First Time est sorti comme single pour promouvoir leur second album en août 2010.
Réponse aux Guests :
HedaLexa93 : Salut, je vais commencer par te remercier ! Ensuite, je comprends très bien ton impatience semblable à celle de Clarke et ta volonté à vouloir enfin rencontrer Lexa ! Je suis super contente d'avoir réussi à faire passer les sentiments d'une autre manière. J'espère ne pas t'avoir déçu avec ce nouveau chapitre !
Guest1 : Salut ! Je te rassure, je trouverai moi aussi absolument frustrant de vivre avec une total inconnu MAIS j'adore le concept ! ^^ Honnêtement, si Clarke n'était pas à fond dans ses études et dans la phase, je veux oublier les ex, elle l'aurait fait ! Sauf que encore une fois, il n'y aurait pas d'histoire… c'est certain que Lexa est quelqu'un de gentil et de prévenant ! A bientôt !
Fanny : Salut ! Aaaah… la frustration… il va falloir apprendre à vivre avec ! ^^ Pour le Dimanche, tu as ta réponse. Mais bon, je me suis rattraper, non ? Merci beaucoup pour le compliment sur l'écriture, ça fait toujours plaisir ! :) Je ne sais pas encore exactement combien il y aura de chapitre mais au minimum une trentaine. Pour l'orientation sexuelle de Clarke, je vais te laisser mariner un peu, ne m'en veut pas ! ;) Je suis navrée pour l'attente mais bon… un peu de suspense ne fait pas de mal ! Merci, j'ai passer un excellant séjour loin de toute la technologie et tout et tout ! A bientôt !
Guest n°1 : J'espère que cette suite à été a ton goût ! :)
AllyRead : Salut, heureuse d'apprendre que ce chapitre t'as plu ! :) J'espère que le nouveau t'as tout autant plus ! Ah ah ! Une autre fan de Retour vers le Futur ! On va forcément bien s'entendre alors ! :D A bientôt !
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre : Laisse-moi du temps
GeekGirlG.
