Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce cinquième chapitre, et on est (presque) MERCREDI un vrais miracle vient de se produire quand on sait que ça fait cinq jours que j'ai "aucun réseau" d'écrits sur la barre d'information de mon téléphone ! Et là depuis une petite heure, la 4G est arriver ! Donc... avant qu'elle ne se fasse la mâle, je pose vite fait, bien fait ce chapitre!
Merci infiniment pour vos retours, je suis toucher par chacun de vos mots ! Ne vous offusquez pas si vous ne recevez pas de réponse de ma part pour vos reviews avant dimanche soir voir lundi, je serai sois encore hors réseau pour la semaine, soit en retour de fête pour le dimanche… ^^
Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelque mot sur ce chapitre : A votre avis, que se passe-t-il dans la tête de Lexa pendant ce dimanche ? Comme va-t-elle réagir en découvrant la cassette que Clarke lui a laisser ? Et surtout, vont-elles enfin se rencontrer ?
Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
I Hear Your Voice
Chapitre n°6 : Ce que tu attends de moi
Le sixième match de la journée commence. Aiden saute pour envoyer la balle dans son camp. L'entre deux est pour son équipe. Ils s'organisent, prennent le temps de monter au panier, observent leurs adversaires, font un jeu de passes et tirent. Les deux premiers points sont pour nous. J'applaudis l'action lorsqu'une main glisse sur mon épaule. Je lève les yeux en souriant. Je sais déjà que c'est Raven. Elle hurle pour encourager mon frère avant de s'installer près de moi.
Après les dix premières minutes de match, on sait déjà que notre équipe va gagner. Il ne reste plus que cinq minutes et ils mènent de vingt points. La finale est pour nous. Ma meilleure amie est surexcitée, elle ajoute même qu'elle a bien fait de prendre un peu de temps pour venir encourager Aiden. Mon frère marque un dernier trois points et le sifflet résonne dans la salle pour annoncer la fin du match.
Mon frère rejoint le banc de son équipe, il finit presque sa bouteille d'eau d'une traite. Il se relève rapidement pour féliciter ses adversaires et remercier les arbitres. Il rayonne. Lorsqu'il est sur un terrain de basket, il est à sa place. Après la dernière poignée de main, il se retourne. Je sais qu'il me cherche parmi la foule. Je me lève en redressant mon poing en l'air, il répond à mon geste avec un sourire immense.
Raven se redresse sans que je ne la vois. Elle s'appuie sur la barrière, se met en gainage avant de hurler à l'attention de mon frère :
-Déguerpis mini Woods ! Le terrain ne t'appartient pas !
Aiden éclate de rire avant de saluer plus sobrement le public. Plusieurs inconnus se lèvent pour accompagner son retour vers les vestiaires. Ma meilleure amie s'installe de nouveau normalement. Je reste encore un peu debout pour capter sa silhouette jusqu'au dernier moment. Je suis tellement fière de lui.
-Ça c'est bien un truc de Woods, toujours à attirer l'attention.
Je commence à sourire avant de me tourner vers la brune quelque peu excentrique, qui est mon amie depuis le début du lycée. Elle me fait un clin d'œil et je lève les yeux au ciel. C'est tout de même l'hôpital qui se fout de la charité quand on y pense. Parce que je n'ai jamais vu personne attirer autant l'attention que Raven Rayes !
Je la pousse pour reprendre ma place. Parce que oui, madame s'est étalée. Je m'assoie en soupirant. J'observe le terrain de basket avec une certaine nostalgie. Parfois, l'esprit qui habite ce jeu me manque. Raven me donne un petit coup sur l'épaule pour attirer mon attention. Je plonge mes yeux émeraude dans l'océan chocolat qui compose son regard.
Je n'arrive pas à me concentrer sur ce point d'ancrage. Je me sens aussitôt envahie par un brouhaha monstre. J'ai envie de fermer mes paupières pour arrêter le flux d'informations qui traverse et martèle mon crâne. Mais je reste forte et je soutiens son regard.
-Tu vas bien ?
Son inquiétude est sincère. C'est ce que j'aime le plus chez Raven, elle est toujours sincère. Qu'importe la façon ou si elle peut faire du mal, elle choisira toujours de dire la vérité. Je fais un demi-sourire, je quitte ses yeux pour me plonger dans une nouvelle contemplation du terrain de basket désert. J'inspire profondément avant de prononcer difficilement :
-Je vais bien.
-Trois mots ! C'est un progrès, félicitations !
Je lui donne un coup dans l'épaule pour la réprimander. Elle est vraiment agaçante avec ça. Elle rit, je sais qu'elle se moque de moi mais qu'importe. Je soupire d'avance en imaginant sa prochaine diarrhée verbale et ça ne manque pas :
-T'en fais pas, à partir de maintenant, je m'occupe de la conversation. J'ai plein de choses à te dire. Tu n'imagines pas tous ce qui m'est arrivée ces derniers jours. Pour commencer, je ne te l'ai pas dit avant de partir pour San Francisco mais j'ai rencontré Clarke, elle a l'air… quel est le mot déjà ? Sympa ! Tu l'as bien choisi celle-là. Déjà, elle te fait une tarte aux pommes, ce qui est super cool ! Ne la laisse pas filer celle-là, je crois que tu as la perle de la perle comme coloc' !
Raven a… elle a rencontré Clarke ? Ma Clarke ? Enfin… pas la mienne mais ma colocataire. Elle l'a rencontré avant moi ?
A cette simple idée, un sentiment étrange m'envahit. Je crois que c'est une espèce de jalousie. Alors, je retente un regard vers Raven. Elle continue de me parler de tout ce qu'elle a pu faire ces derniers jours mais moi je bloque sur la première information. Je jure que mon monde est à ça de s'effondrer.
Je suis tellement consternée par cette idée que je ne vois pas mon frère courir vers moi. Il attrape mes épaules et mes yeux tombent dans les siens. Je sais ce qu'il va faire avant même qu'il n'agisse. Je m'apprête à refuser avant même qu'il n'amorce le geste. Mais je suis déjà avec un casque sur les oreilles et il glisse des lunettes sur mon nez avant de prendre ma main pour me tirer derrière lui.
Non mais je rêve ! C'est vraiment un sale gosse quand il s'y met ! Je ne voulais pas bouger moi !
Et avant que je ne puisse protester ou même penser à fuir, je me retrouve au milieu du vestiaire qui regroupe toute l'équipe de mon frère. Je plisse le nez sous l'odeur de la transpiration. Je manque de laisser partir ma main dans le visage d'un joueur qui me lance un regard entendu.
-Lex', s'il te plaît, fais ton truc ! Sans toi, on n'a aucune chance pour le dernier match. Ils ont trois remplaçants et nous, nous ne sommes plus que cinq. En plus, c'est le match le plus long de la journée, s'il te plaît, s'il te plaît, s'iiil teee plaaaîîît !
Je soupire. Je ne peux rien refuser à Aiden, j'en suis tout bonnement incapable. Je sens tout de même que je vais le regretter. Je glisse ma main sur l'écouteur gauche et je commence à abaisser le casque pour le glisser sur mon cou. Un air satisfait marque le visage de mon frère. Il sait qu'il vient de gagner.
Le blondinet fonce dans mes bras pour me remercier. J'ébouriffe ses cheveux dans un geste affectueux avant de me tourner vers le tableau pour élaborer un début de stratégie. Après vingt minutes de débriefing, je me retrouve sur le banc avec leur entraîneur. Il me regarde d'un mauvais œil, il a tendance à ne plus trop m'aimer depuis que j'ai quitté mon équipe sans leurs donner la moindre explication.
Mais pour sa défense, je crois que si j'étais à sa place, je m'en voudrais aussi.
J'observe les premières minutes de jeu. On n'est pas très bien parti, on a déjà huit points de retard. Je me lève du banc. J'observe mon frère évidement, il commence à fatiguer c'est normal après avoir joué six matches complets de quinze minutes. En fait, tous les gars de l'équipe sont au bout du rouleau. Je me tourne vers celui qui doit rester sur le banc après une mauvaise réception. Il a les poings serré, il ne demande qu'une chose : aider.
Je n'arrive pas à croire qu'ils vont m'obliger à faire ça. Je me rends à la table pour demander un temps mort. Sur un match de trente minutes, on a le droit d'en poser deux. L'entraîneur essaye de m'en empêcher, je le fusille du regard en affirmant :
-Je sais ce que je fais.
Il recule de quelques pas. Évidemment, il fait parti de ceux qui n'ont pas eu la chance d'entendre de nouveau ma voix depuis ce jour là. En même temps, ce n'est pas comme si je faisais véritablement des efforts, j'ai juste décidé que parler n'était pas indispensable. Il se rassoit un peu penaud et me regarde expliquer aux garçons avec des mots et non des dessins ma nouvelle stratégie. Les mots me brûlent presque la gorge, ça me coûte d'être obligé de parler. Je déteste ça ! Mais pour mon frère, je suis prête à tout.
Ils retournent sur le terrain en se tapant dans la main. Aiden trottine jusqu'à l'arbitre, le ballon est pour eux. Il laisse glisser ce dernier jusqu'au sol pour le faire rebondir avant de l'emprisonner entre ses deux paumes. Il cherche un joueur démarqué, cherche mon regard. Je hoche la tête comme pour lui assurer qu'il peut avoir confiance, il sourit et relance le jeu.
Les garçons sont intelligents et arrivent très vite à imposer leur propre jeu. Ils perdent moins d'énergie et marquent plus de paniers. Mais il reste toujours un écart assez important de points entre les deux équipes. Le coach adverse demande un temps mort à son tour et je devine qu'il va aussi effectuer ses changements. Il veut nous épuiser, ce qui est une bonne manœuvre. L'équipe de mon frère est à bout. Je lance une bouteille à mon frère. Il faut que je trouve quelque chose.
Le capitaine de l'équipe adversaire est trop arrogant pour quitter le terrain. Je l'ai deviné dès que je l'ai vu fouler le parquet. Elle est là ma réponse. Je fais un signe à Aiden pour qu'il s'approche. Je lui explique que j'ai remarqué que la cheville gauche du numéro neuf avait une certaine tendance à être plus souple et je lui conseille de faire toutes ses accélérations au plus près pour le déstabiliser.
Mon frère sourit et je lui lance un regard d'avertissement. Il passe une main sur mon épaule en m'assurant qu'il connaît la limite. Je le regarde s'approprier le terrain de basket une nouvelle fois. J'espère qu'il saura quand arrêter de forcer les appuies de son adversaire parce-que c'est à cause de mon incapacité à prendre du recul sur ce genre de chose que j'ai arrêté le basket ou plus généralement de parler.
Le match se déroule de mieux en mieux pour nous. Le public hurle des encouragements dans tous les sens à gorge déployée. Maintenant c'est un match au mental. Il n'y a pas assez de point d'écart pour donner une équipe gagnante. Les secondes défilent alors que le coach adverse continue de faire défiler ses joueurs comme je l'avais prédit, seul le capitaine reste toujours sur le terrain malgré qu'Aiden réussisse à le déstabiliser et à lui prendre la balle de plus en plus souvent.
Plus que deux minutes et on a cinq points à notre avantage. J'arrive à capter le regard de mon frère et lui demande en un signe de ralentir le jeu. Il s'exécute presque aussitôt en hurlant à ses coéquipiers de prendre leur temps. Ce nouvel angle de jeu n'a pas l'air de plaire car plusieurs joueurs foncent sur Aiden, qui fait une passe rapide vers son meilleur ami, qui saute aussitôt et marque un trois points. Mais deux des joueurs ne se sont pas arrêter à temps et ont percuté mon frère de plein fouet le projetant au sol. Je me redresse vivement en serrant les poings, les connards, ils l'ont fait exprès ! Je m'apprête à intervenir mais Aiden se relève en me faisant un petit sourire. S'ils lui ont cassé quelque chose, je les tue ! Je finis par sourire lorsque je perçois la voix de ma meilleure amie au milieu de tout ce brouhaha qui énonce des menaces de mort toutes plus imagées les unes que les autres.
Le match reprend et je peux lire toute la détermination dans le regard de mon frère. Il est là pour gagner après tout. Cette victoire signifie quelque chose pour lui. Il ne veut pas atteindre ce succès pour lui mais pour son équipe. C'est ça que j'aime dans ce sport. L'équipe passe avant tout.
Les garçons finissent par gagner. Sous les supplications de mon frère, j'accepte de payer les pizzas de la victoire. Raven nous accompagne et elle refait le match de son point de vue. Elle n'arrête pas de parler, c'est vraiment un moulin à parole cette fille. Mais au moins, elle attire l'attention loin de moi. Je reste tout de même attendri par cette scène, les amis de Aiden pendus aux lèvres de ma meilleure amie avec dans chacun de leurs yeux la fierté d'être ressortis vainqueurs de ce tournois.
-Merci.
Je me tourne vers mon frère en lui souriant et j'ouvre mes bras. Il se glisse pour un câlin fraternel bien mérité. Je suis tellement fière de lui. Il reprend :
-Je sais que tu as fait beaucoup d'efforts aujourd'hui, merci.
-Je serai toujours là pour toi.
-Je le sais Lexa mais je sais aussi que tout ça te fait souffrir bien plus que tu ne le laisses paraître. Je pense que tu t'es assez punie et que tu es prête à t'ouvrir de nouveau au monde.
-Le monde est trop grand…
Aiden m'observe avec une intensité unique. Pour une raison qui m'échappe, il doit savoir que je suis enfin prête à m'ouvrir à nouveau, prête à faire un pas vers une inconnue. Mais il connaît aussi la raison qui m'a poussé à me renfermer, à me couper de tout et de tout le monde. Il sait donc que ce ne sera pas facile.
-Lexa, il reprend doucement, le monde est tel que tu le laisses être. S'il est vraiment trop vaste, alors tu devrais te concentrer sur ce qui t'entoure.
-C'est facile à dire…
-J'imagine. Je ne sais pas ce que tu vis, je ne le saurai jamais. Mais je peux te dire que tu es différente d'elle, très différente. Tu arriveras à vivre avec, je le sais.
-Merci Aiden.
Je l'embrasse sur la joue avant de lui dire de rejoindre ses amis, ce qu'il fait presque en courant. Je ne veux pas qu'il se rende compte que ses mots m'ont bien plus touché que ce que je veux bien montrer. C'est la seule personne qui sait absolument tout de moi et qui sait donc pour quelle raison je me suis subitement isolée et pourquoi j'ai arrêté de parler.
Reyes me rejoint à son tour. Je la trouve étrangement calme. Elle s'adosse contre le mur en croisant les bras sous sa poitrine, tout en continuant d'observer les gars. Son comportement tempéré commence vraiment à m'inquiéter. Je détourne le regard pour le fixer sur elle.
Je sens un monstre d'angoisse se former dans mon estomac, ma gorge s'assèche. Je déteste parler. Je crois même que j'en ai peur. Mais c'est Raven ! Je peux le faire ! J'inspire une bonne quantité d'air avant de me lancer :
-Qu'est-ce qui se passe Reyes ?
-Je crois bien que la dernière fois que je t'ai vu si épanoui et parler autant, c'était il y a quatre ans. Je ne vais pas te demander ce qu'il s'est passé. Je sais que tu ne me répondras pas. Je ne suis pas dupe Lexa, tu as réussi à faire croire à tout le monde que c'était à cause de l'accident de ta mère mais moi je te connais. Et, j'ai la conviction que c'est autre chose. Peut-être qu'un jour tu auras assez confiance en moi pour te confier mais en attendant, je suis juste heureuse et reconnaissante d'avoir le droit d'assister à ton grand retour.
-Raven…
-Oui, je sais ! Je suis un vrai moulin à parole ! Mais ce n'est pas ma faute, je te rappelle que j'ai dû apprendre à parler pour deux, répond-elle en un clin d'œil.
Je lui souris, elle est vraiment parfaite. Qui ne rêverait pas d'une meilleure amie comme Raven Reyes ? Je pense que je n'aurai jamais sorti un jour la tête hors de l'eau, si cette entêtante et chieuse hispanique ne s'était pas accrochée à moi. J'ai longtemps pensé qu'elle était pire qu'une sangsue, après tout, c'était la seule à rester. Mais aujourd'hui, je lui suis vraiment reconnaissante d'avoir fait tout ça.
-Juste une dernière chose avant que tu retombes dans ton mutisme habituel. C'est presque flippant de te retrouver… bref, je dois savoir. Qu'est-ce que tu vas faire avec Clarke ? Parce que tu ne peux pas continuer à vivre avec elle sans la voir, c'est trop bizarre ! Et puis… ne crois pas que j'ai manqué ton regard tout à l'heure. Tu aimes bien cette fille, ce que je comprends, elle est magnifique.
Magnifique ? Est-ce qu'elle vient de dire magnifique ? Ma-gni-fi-que ! J'en étais certaine ! Du coup, je suis de moins en moins sûre de moi pour la rencontrer. Que suis-je censée faire si je tombe sous son charme et que… non ! Je ne dois pas penser à ça, jamais ou plutôt, plus jamais !
-Lexa ?
-Je lui ai dit qu'on pouvait passer la soirée ensemble mardi soir, si elle peut bien sûr.
-Tu lui as "dit"…
-Je l'ai écrit sur un post-it mais c'est du pareil au même.
-Non Lexa, ce n'est pas pareil du tout. Règle numéro un du vrai monde : lorsqu'on prend un rendez-vous avec quelqu'un, on lui demande en face. Tous ceux qui te disent le contraire sont des idiots.
-Mais…
-Lexa, fais-moi plaisir. Demain, tu l'attends avant de partir au travail, tu n'as pas besoin d'y aller aux aurores et tu lui demandes. Tu n'es pas obligée de le faire de vive voix si c'est ce qui t'inquiète, reprends même ton post-it si tu veux mais il faut que tu sois là, c'est important.
-Je ne…
-Je sais, la vie n'est pas simple et la vérité cruelle, elle finit sa phrase de nouveau avec un clin d'œil avant de prendre appui sur le mur pour se propulser et faire quelques pas. Bon, ce n'est pas que je m'ennuie ou que votre compagnie me révulse mais je dois me tirer d'ici avant d'arriver au seuil critique de moins de sept heures de sommeil. Il faut dire, chère amie, que demain j'ai le plaisir et le grand honneur de manipuler le tout nouveau moteur à fusion hydraulique de l'aéronavette de… et vous ne savez pas de quoi il s'agit donc, sachez juste que si je n'ai pas mon quota de sommeil, New-York pourrait exploser.
Comme toujours, elle en fait des tonnes mais bon c'est une des raisons pour laquelle je l'aime. Je secoue la tête de gauche à droite en souriant, j'en rirais presque. Et si les mots de ma meilleure amie ne suffisaient pas, la tête de certains coéquipiers est à mourir de rire.
Je me redresse, fait un signe à mon frère et profite de l'occasion pour sortir a sa suite. Alors qu'elle appelle un taxi, je me dirige vers ma moto. Je ne lui propose plus de la raccompagner, elle refuse toujours. Elle dit toujours qu'elle ne veut pas gâcher mon grand moment de la journée mais je la soupçonne d'avoir peur. Sauf que Raven Reyes n'avoue jamais ses frayeurs !
Je roule aussi vite que les limitations me le permette. Je suis heureuse de retrouver la vitesse mais surtout, oui surtout la musique ! Cette journée a été interminable ! Il y a trop de bruit… tellement de bruit… c'est… fatiguant. Je voudrais ne jamais quitter le confort que m'apportent mes écouteurs et le son qui en jaillit sauf que c'est impossible… si j'agissais de la sorte, je ne vivrais pas.
Je me gare devant l'immeuble, il y a encore de la lumière dans le salon. Mon palpitant se met à cogner plus vite dans ma poitrine, ma respiration se bloque dans ma gorge et mes mains sont moites. Ça craint, je suis terrifiée !
Mon esprit est en pleine bataille. J'ai deux choix, la lâcheté ou le courage. Dans la première option, je fuis de nouveau, il n'y a qu'à redémarrer le moteur, c'est facile. Dans la deuxième, je descends de ma moto, je gravis ces sept stupides étages et je rentre chez moi. Je perçois presque deux petits être sur chacune de mes épaules, murmuraient à mon oreille pour influencer mon choix. Il est possible que mon petit cerveau ne survive pas à ce combat intérieur.
Mon regard ne quitte pas la baie vitrée qui donne sur la terrasse et qui flamboie d'une lumière presque aveuglante. Je suis prête à perdre le combat et à fuir de nouveau lorsque les mots de mon frère raisonnent dans ma tête. Je ne suis pas comme elle.
Forte de cette idée, je saute presque de ma moto et rejoins l'entrée de mon immeuble. Je fais une pause devant les escaliers avant de poser mon pied sur la première marche. Mes pas avalent les escaliers en un temps record et je suis maintenant devant notre porte. Je souffle une dernière fois pour me donner du courage et je glisse ma clef dans la serrure. Je traverse le hall rapidement en posant mes affaires à la va-vite pour rejoindre le salon qui est en réalité vide. Je soupire, déçue par ce constat avant de revenir sur mes pas pour enlever mes chaussures. C'est alors que mon regard est happé par un petit bout de papier rouge qui a dû se coller à ma semelle en arrivant. Je tends une main tremblante vers lui pour y découvrir mon écriture.
Sinon maintenant que je sais que tu survivras au prochain jour sans mal, que dis-tu d'une soirée télé mardi soir ? Tu choisis le film et je ramène la pizza ?
Lexa
Merde, merde, merde ! Ce n'est pas possible ça ! Qu'est-ce que mon mot faisait par terre ? Je déteste quand Reyes a raison ! Je la hais parce que je ne sais pas comment mais je suis presque sûre que tout ça c'est de sa faute ! Je prends mon téléphone et lui envoie un sms.
De Lexa à Reyes 23h07 :
Je te déteste !
De Reyes à Lexa 23h07 :
Je suis choquée par tant d'amour…
Mais tu devrais le savoir depuis le temps, j'ai toujours raison ! ;)
Je soupire. Ce qu'elle peut m'énerver par moment. Je me redresse avec le post-it toujours dans mes mains. Je le chiffonne avant de le mettre dans la poche arrière de mon jean. Mes yeux s'arrêtent sur la porte mais comment il a fait pour se décoller ? C'est alors que je découvre qu'il y a un nouveau bout de papier jaune avec un simple "merci" d'écrit dessus. Je me mets à sourire sans réelle raison en le décollant. Je réponds à ma meilleure amie en me dirigeant vers le salon.
De Lexa à Reyes 23h09 :
A cause de toi, je vais culpabiliser si je ne reste pas demain matin pour lui donner rendez-vous de vive voix… tu es la pire des amies !
De Reyes à Lexa 23h10 :
Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
De Lexa à Reyes 23h10 :
Rien…
Bonne nuit ! Et ne fait pas exploser la ville demain.
De Reyes à Lexa 23h12 :
Je sais et tu sais que je sais que tu mens. Cette conversation n'est pas fini MAIS comme en effet, je dois éviter de provoquer la fin d'une si grande et belle ville, je vais de ce pas rejoindre mon lit.
Bonne nuit Lexa.
Ne te casse pas trop la tête quand même…
Mes yeux retombent sur les remerciements de ma colocataire. J'imagine que ça veut dire qu'elle a apprécié le geste. Bien sûr, j'espère que cette fille ne viendra plus jamais l'embêter, bien que j'en doute, mais maintenant elle pourra la repousser seule.
Je me pose sur le canapé en étouffant un bâillement. Je colle son post-it sur la table basse et le fixe. Je me contorsionne pour récupérer mon propre mot. Je défais délicatement le chiffonnement et lisse doucement le papier avant de le placer à côté du mot de Clarke.
C'est en me relaissant tomber, que je remarque l'écriture en transparence sur le papier de ma colocataire. Je me redresse de nouveau pour le prendre entre mes doigts. Le post-it est calé entre mon pouce et mon index lorsque je le retourne. Je découvre une écriture rapide, on dirait presque un griffonnement où elle m'indique juste d'aller voir sur le bar. Je suis intriguée au plus haut point. En me levant, je me rends compte que je souris bêtement. J'espère qu'elle m'a laissé un nouveau dessin, je les adore.
Plus j'avance et plus je reconnais la forme qui m'attend sur le bar. Je me plante devant lorsque je réalise que c'est vraiment une cassette. Je la prends en main, intriguée au possible. Comment sait-elle que j'écoute ma musique à l'ancienne ? Mes yeux cherchent sur les deux faces un indice sur le genre de musique qu'elle contient mais il n'y a rien. Enfin, rien à part un magnifique dessin. Je pense qu'elle a vraiment un don pour l'art.
Je finis donc par ouvrir la petite boite en plastique et prends délicatement son contenu. Mon geste fait tomber un tout petit bout de papier, où est dessinée une enveloppe et derrière il y a écrit :
Donne-moi une réponse.
Je fronce les sourcils en m'interrogeant sur ces quelques mots. Je ne comprends pas ce qu'elle veut dire. Tel un automate, je me dirige vers le meuble télé où je range mon walkman préféré, je retire la cassette qui est à l'intérieur et j'y glisse celle que Clarke m'a laissé.
Le silence qui m'entoure à ce moment est terrible mais l'idée d'écouter la playlist que Clarke a confectionné pour moi est encore plus angoissante.
Je laisse le dispositif de musique qui m'a accompagné toute la journée sur la table basse, je récupère les deux mots, éteins la lumière avant de rejoindre ma chambre. Une fois sur mon lit, je fixe ma prise jack qui n'attend que de rejoindre sa place, pourtant, je reste incapable d'exécuter le geste.
Un peu de courage Lexa… je fais le mouvement rapidement et dans un même geste, j'appuie sur lecture. Je me laisse tomber sur mon lit comme si je venais de courir un marathon et je reconnais les premières notes de la chanson See You de Depeche Mode. Clarke a de bons goûts musicaux…
Une chanson fait en moyenne trois minutes et quarante secondes. C'est le cas parce que dans les années 50, la musique s'écoutait sur des disques 78 tours qui ne pouvait contenir que trois à quatre minutes de musique et même après avec les 45 tours, on ne pouvait y mettre que ce temps sur chaque face. Si les chanteurs ou groupes espéraient pouvoir passer à la radio, il devait offrir leur single sur des 45 tours. Ça a été le cas pour Elvis, les Beatles ou encore les Rolling Stones. Le seul qui échappe à la règle c'est Bob Dylan avec le très grand Like a Rolling Stone qui dure le double du temps, soit six minutes et trente-quatre secondes. Il a d'ailleurs eu du mal à passer, tout le monde refusait une telle longueur mais à force d'acharnement, il est devenu le premier tube long de l'histoire du rock. C'est le genre d'informations inutiles qui me trottent dans la tête en ce moment alors que je viens de finir d'écouter la cassette de Clarke. Une chanson dure en moyenne trois minutes et quarante secondes…
Quarante-cinq minutes… Clarke vient de me demander pendant quarante-cinq minutes de la rencontrer.
Et, c'est juste… je ne sais pas, beau.
Qui fait ce genre de chose aujourd'hui ?
Je sais une chose maintenant, je ne peux plus la fuire. Je n'en ai plus le droit, pas après un tel geste de sa part.
J'ai été tellement surprise émotionnellement parlant que j'en ai même pleuré. J'ai d'abord pensé à une coïncidence avec les trois premières chansons. Puis à la quatrième, je me suis faite une raison. Lorsque j'ai dû changer la face pour écouter la suite, ma main tremblait. Je crois que la dernière chanson est celle qui m'a le plus touché.
Je n'ai pas bien dormi du tout. J'avais envie de débarquer dans sa chambre et je ne sais pas… de la prendre dans mes bras. Évidemment cette situation serait bien trop étrange alors j'ai étouffé toutes mes envies dans l'œuf.
Je me suis réveillée à cinq heure, les nerfs en boule avec des céphalées monstres. Comme pour me donner du courage, j'ai remis sa cassette en route, la bande passe pendant que je me prépare. Je suis sortie le plus vite possible pour aller chercher de quoi faire le petit déjeuné. Je crois que je n'ai jamais autant regardé ma montre. Je suis terrifiée à l'idée de la manquer ce matin mais en même temps je suis terriblement angoissée de la rencontrer. C'est horrible !
Je dépose les viennoiseries que je viens d'aller chercher sur le bar et je me lance dans la confection d'un smoothie et du café. Une fois mes tâches terminées, je m'installe sur un des tabourets hauts et je l'attends. Je fais glisser mon casque loin de mes oreilles malgré le fait que la musique continue de tourner. Je crois sincèrement que cette attente va me faire mourir à petit feu. Puis, j'entends l'escalier grincer. Je relève les yeux et je la vois.
C'est bien ce que je craignais, elle est magnifique !
oOoOo
Voilà pour le sixième chapitre de cette fiction. J'espère que vous l'avez apprécier. Je sens que je vais me prendre des reproches sur cette fin mais se n'est pas grave, j'assume ! N'oubliez pas que je vous aimer, hein ? Bon techniquement, pas de surprise sur le début du prochain chapitre, quoi que… non, je rigole, cette fois c'est la bonne ! ^^ Vous pouvez déjà noter dans votre agenda : mercredi 23 août 2017, rencontre Clexa dans IHYV après 6 long chapitres donc 7 semaines. Des idées sur cette première rencontre ?
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
Note n°1 : Pour le tournois d'Aiden, j'ai utiliser les temps de match que j'ai l'habitude et le plus répandu de faire en cinq contre cinq soit quinze minutes par match sauf pour la final qui est de une demi-heure.
Note n°2 : Elvis est un artiste majeur du XX ème, il est même surnommer le King.
Note n°3 : Les Beatles est un groupe emblématique so british ! Le groupe à plus de 200 chansons au compteur pour une carrière plutôt courte… pour décrire le groupe à la perfection, je vais laisser parler John Lennon : « Il était une fois trois petits garçons nommés John, George et Paul, c'étaient leurs noms. Ils décidèrent de se mettre ensemble parce qu'ils étaient du genre à se mettre ensemble. Pourquoi étaient-ils ensemble, se demandèrent-ils, pourquoi après tout, pourquoi ? Alors ils se mirent à faire pousser des guitares et fabriquèrent un bruit. Bizarrement, personne ne fut intéressé, et les trois petits hommes moins encore que tout autre. »
Note n°4 : Rolling Stones à été fonder en 62 par Jones, Stewart, jagger et Richards et rejoint par Wymann et Watts. Ils ont aujourd'hui à leur actif 23 albums. Et il me semble que pour leur rendre hommage, un astéroïde à récemment été nommer comme leurs groupe.
Note n°5 : Bob Dylan, je ne sais même pas quoi dire sur cette personne. C'est un très grand chanteur, un poète et un interprète monstre. Il a composer pour les plus grands soit les Beatles, Jimi Hendrix ou encore U2...
- Like a Rolling Stone apparaît dans l'album Highway 61 Revisited sortit en 65. Les arrangements, son style mais surtout sa longueur à fait de cette chanson un des plus célèbres de Dylan !
Réponse aux Guests :
Alice : Et bien je suis heureuse de procurer cette ensoleillement chaque mercredi ! ^^ Merci beaucoup et je suis désolée pour toute cette frustration accumuler mais sans ça, il n'y aurait pas d'histoire où peut-être que si mais elle ne serait pas "bonne", a mon sens ! ;) A bientôt !
Guest1 : Salut ! Mais non, je suis là en ce presque mercredi (à 2h30 près, on y était) ! Bon… par contre, pour le frustration de la rencontre entre Clarke et Lexa là, je ne peux que plaider coupable mais c'est la dernière fois, je le jure ! Cette fois, c'est la bonne ! Et, comme tu as pu le constater Lexa a en effet adorer la cassette ça l'a même pousser à rester et a enfin rencontrer Clarke ! A bientôt !
HedaLexa93 : Clarke est très observatrice et elle utilise cette capacité pour charmer en tout temps et là plus particulièrement Lexa en mode : sort de ta cachette, SORT je te dis ! J'espère que la réaction de Lexa était à la hauteur de tes attentes ! :)
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre : « Une nuée de papillons » que je posterai soit tôt dans la matinée soit après 20h voir 21h parce qu'après mes vacances en haute altitude, loin de tout, je vais me perdre dans d'autre temps au Puy du Fou !
GeekGirlG.
