Salut à tous ! :)

Je crois que je suis de plus en plus heureuse de vous retrouver pour chaque nouveau chapitre et pour chaque mercredi ! Vous êtes toujours au rendez-vous est c'est vraiment incroyable, vous êtes incroyable ! Merci ! :D

J'ajoute que j'ai repris le boulot lundi donc si je ne poste pas le mercredi matin comme j'avais l'habitude de le faire, il arrivera au plus tard entre 18h-18h30.

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Vous allez vivre le premier jour loin de New-York dans cette petite maison qui à l'air d'être l'endroit parfait pour faire oublier à Clarke sa confrontation avec Sindy et Finn. Mais est-ce le cas pour Lexa ?

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

And in one little moment (Et dans un petit moment)
It all implodes (Tout implosera)
This isn't everything you are (Mais ce n'est pas tout ce que tu es)

Snow PatrolThis isn't everything you are

Chapitre n°10 : New Haven – Partie 1

Un réveil soudain, presque violent. Un réveil habité par la sueur et par une respiration fuyante. Un réveil qui marque l'esprit d'un flou presque artistique. Un réveil qui témoigne d'un cauchemar.

Je passe mes mains sur mon visage d'un geste las. J'ai besoin de prendre l'air. Je fais un geste vers mes oreilles pour retirer mon casque mais mes doigts ne rencontrent que le vide et mes cheveux. Un moment de panique unique s'empare de moi en remarquant l'absence de mon garde-fou. Affolée, j'observe d'un regard rapide mon environnement.

Je soupire en commençant à recoller les morceaux. Clarke et son sms. Ma panique en ne la voyant nulle part. Clarke devant celle que je reconnais comme étant Sindy et un sombre inconnu. Mon impulsivité en la découvrant piégée de la sorte. Clarke et ses peurs. Ma conviction à ne pas la laisser seule. Clarke en larmes. Mon geste vers elle pour la rassurer.

Je l'ai emmené à New Haven… l'endroit dans lequel je refuse de remettre les pieds depuis quatre ans.

J'imagine que ça explique l'absence de musique. Notre maison au bord de la mer est parfaitement calme. Certainement le lieu le plus silencieux que je connaisse. Je me lève et sors de ma chambre. Je frissonne. Je ne suis pas vraiment sûre qu'il s'agisse du froid, je pense plus que c'est à cause de ce que représente cet endroit.

Je passe devant la porte de la chambre que j'ai prêtée à Clarke. Je l'ouvre discrètement pour être certaine qu'elle va bien. Elle semblait vraiment à bout hier soir. Il y avait toute cette tristesse… ce déchirement. Rien que d'y repenser, ça me rend presque malade. Je ne pouvais pas la laisser dans un tel état. Je ne me le serai jamais pardonnée.

A cet instant, endormi, elle semble paisible.

Je me sens rassurée alors je la laisse à son sommeil que j'espère réparateur. Je passe au salon. Je ressens les fantômes des rires passés. Je m'arrête devant une veille photo qui a immortalisé un moment de bonheur avec ma… je serre le poing. J'arrache presque le cadre du mur et je le range furieuse dans un tiroir.

Tout va bien, je peux parfaitement rester ici deux jours. Tout va bien… je ne le fais pas pour moi, mais pour Clarke. Parce qu'elle a besoin de prendre du recul. Alors, je vais le faire. Un peu de courage Lexa… juste un peu de courage !

Je passe devant le vivarium de Pringles et je souris parce que j'adore vraiment cette tortue. C'est un animal si paisible. C'était un cadeau de mon arrière-grand-mère, elle savait certainement qu'un jour mon monde ne deviendrait rien de plus qu'un brouhaha constant et que la présence de cette petite bête aurait le don de me rassurer. Je ne l'en remercierai jamais assez.

J'hésite tout de même à la sortir, Clarke n'avait pas l'air rassuré de savoir que j'avais une tortue. Je ne comprends pas, ce n'est pas un animal dangereux… Je passe ma main dans son vivarium pour caresser sa petite tête et je profite de mon geste pour lui donner à manger. Je souris au moment où elle me tourne le dos parce que je peux voir sans mal les tâches de peinture multicolore sur sa carapace. J'étouffe un rire au souvenir de la bataille de peinture qui avait éclaté entre Aiden et moi dans le jardin. Pringles n'avait été qu'un dommage collatéral. Depuis, tous les ans, mon frère s'amuse à assurer la survie de chacune de ces imperfections en s'armant d'un pinceau.

C'est un bon souvenir et un qui a pris vie ici. Je suis persuadée que tout va bien se passer. En plus, je ne suis pas seule. Il y a Clarke. Clarke à qui je m'attache de plus en plus. Même si je le voulais, je n'arriverais pas à la garder à distance. J'ai toujours envie de la voir ou pire de lui parler !

Je pars à la recherche de quoi que ce soit pour préparer le petit-déjeuner, mais les placards sont désespérément vides. Ça m'embête, je ne voudrai pas la laisser seule. Mais en même temps, l'idée de la réveiller ne semble pas non plus une bonne idée.

J'ouvre plusieurs tiroirs à la recherche d'un bout de papier ou mieux, d'un post-it et d'un crayon. À l'ouverture du troisième, mes yeux tombent sur le livre poussiéreux d'Aurore écrit par Virginia C. Andrews. C'était le livre préféré de ma… je soupire. Je ferme doucement les paupières. Je la revois passer des heures et des heures à lire dans son rocking-chair. Je fais claquer le bois en refermant le tiroir violemment. Je ne peux pas, non vraiment, je ne peux pas. Je déteste sentir sa présence autour de moi. Je la déteste tout court.

J'ouvre cette fois un placard en espérant ne pas tomber sur un nouvel objet qui pourrait vouer un quelconque culte à sa mémoire. Elle ne le mérite pas.

Je finis par trouver ce que je cherchais. J'écris sur plusieurs post-it à l'intention de Clarke que je dispose un peu partout dans la maison. J'en calligraphie un dernier que je dépose discrètement sur sa table de chevet un simple :

Je suis partie pour remplir le frigo, je reviens vite.

Lexa.

Je sais qu'elle apprécie vraiment ce moyen de communication même si parfois, elle aimerait juste pouvoir parler naturellement avec moi. Et je crois… je crois qu'avec le temps ça va devenir possible.

Mon casque est coincé sur ma nuque, je ferme les yeux pour apprécier le calme. Il n'y a rien d'autre que la nature sur des kilomètres. Je me sens sourire. Ici, le vacarme n'a pas sa place. J'ai accroché mon walkman à la hanse de mon sac à dos sans l'allumer. Il faut que je rejoigne le nord, vers la ferme de ceux qui étaient nos amis avant… ce n'est pas vrai !

J'ouvre rapidement les paupières. Il faut que j'arrête de penser à ça constamment. Je dois avancer et si je veux en être capable et il faut laisser le passé à sa place. Je dois bien marcher pendant une bonne demi-heure avant d'apercevoir les contours du bâtiment où je passais presque tout mon temps lors de mes étés.

Pendant un instant, je doute. Est-ce que je suis vraiment capable d'y aller ? De les affronter ? Mes pieds sont comme englués dans le sol. Je n'arrive plus à faire un mouvement. Je deviens spectatrice d'un lieu qui rassemble à lui tout seul une grande partie de mes meilleurs souvenirs. La première fois que je suis montée à cheval, ma rencontre avec Raven, mon premier baiser…

Un peu de courage Lexa. Juste un peu plus de courage !

J'avance. Et avec mon premier pas, j'ai la sensation qu'un énorme poids quitte mes épaules. Je m'approche du manège où un cavalier semble s'entraîner, et plus je gagne du terrain, plus je la reconnais. Mes pieds s'arrêtent juste devant les barrières, je m'accoude pour l'observer. Elle est encore plus douée que dans mes souvenirs. En même temps, je ne suis pas venue depuis quatre ans. Elle n'a pas juste arrêté de s'entraîner pendant tout ce temps.

Elle fait passer son cheval au pas. Elle caresse son flanc pour le féliciter. Elle sourit en enlevant sa bombe. Elle descend de sa monture. Elle lui parle à l'oreille. Elle s'éloigne. Elle ne m'a pas remarqué.

Pour une raison qui m'échappe, je me sens soulagée. Je n'aurais pas su quoi dire. Enfin… encore moins que d'habitude. Parce que c'est Costia et que je lui ai fait beaucoup de mal. Elle ne méritait pas ça, mais malheureusement je ne pouvais pas lutter. Je n'étais pas prête. C'était… trop douloureux.

Je m'éloigne du centre équestre pour rejoindre la ferme. J'ai à peine passé la barrière que deux grands chiens me sautent dessus. J'essaye de repousser le berger blanc suisse et le border collie mais ils ont tout les deux décidé de me lécher le visage, ce que je trouve répugnant. Je pense qu'ils m'ont reconnu et qu'ils sont contents de me revoir mais toute cette bave, c'est… à vomir !

- Hadès ! Chimère ! Laissez cette pauvre fille tranquille !

L'ordre distinct de leur maître n'arrête que l'un de mes tortionnaires. Chimère retourne vers Gustus. Je sais que c'est lui, pas besoin de le voir, j'ai reconnu sa voix. Mais avec le chien noir et blanc en moins qui cache mon visage, lui aussi me reconnaît. Il balbutie :

- Le… Lexa. Lexa Woods ?

J'attrape le collier d'Hadès et éloigne son adorable tête toute blanche de mon visage. Je souris à Gustus en lui faisant un signe de ma main libre. Il s'approche et m'aide à garder le chien les pattes bien ancrées sur terre en énonçant :

- Je n'arrive pas à en croire mes yeux. Pourquoi ne pas m'avoir prévenu de ton arrivé ? J'aurais préparé la maison.

J'hausse les épaules en caressant les oreilles d'Hadès. Niko me fixe. Il est comme tout le monde, il attend une réponse. Je me concentre sur le chien qui me colle comme si je n'étais jamais partie et je prononce difficilement :

- Ce n'était pas prévu.

- Ton père et ton frère sont là aussi ? Je ne les ai pas vus depuis près de huit mois.

- Non. Juste une amie et moi.

- Je vois, j'entends son sourire dans sa voix, donc tu es venue te ravitailler.

Je secoue la tête de haut en bas en guise de réponse. J'ai déjà bien trop utilisé ma voix. Je commence à me sentir un peu mal. Il me demande de le suivre et sans que je n'aie besoin de lui demander quoi que ce soit, il me prépare tout ce que je préfère. Lorsqu'il me les tend, je lui souris avant de sortir un billet.

- Range-moi ça immédiatement jeune fille ! Je ne plaisante pas, c'est pour moi. Essaye juste de ne pas disparaître pendant quatre ans cette fois.

- Promis.

Je commence à partir quand il me rappelle. Je me retourne et l'interroge du regard. Je sais parfaitement que mon père a dû lui parler de mon refus de parler depuis… ce jour là. Pendant un moment, je crains que ce soit de ça qu'il veuille me parler.

- Tu devrais passer avec ton amie avant de repartir. On a eu plusieurs porté ces derniers jours. Tout le monde aime les bébés animaux. Et… même si je suis vraiment très heureux de t'avoir revu, il y a quelqu'un d'autre qui voudrait te revoir. Costia est… elle est inquiète pour toi.

Plus personne n'avait prononcé son nom devant moi depuis… ça suffit ! Je me suis assez plongée dans le mélo pour aujourd'hui ! Je dois être au top. Pas pour moi mais pour Clarke. Mon regard se durcit, mes mains se resserrent sur la boîte d'œuf, mon cœur est au bord de la rupture lorsque je prononce :

- Je suis peut-être celle qui est partie mais elle m'a laissé faire.

- Lexa tu étais…

- Brisée. Et, je le suis toujours. Rien n'a changé.

Une nausée fulgurante agresse mon estomac. Si je ne pars pas maintenant, je risque de vraiment rendre mon repas de la veille. Gustus semble blessé par mes mots. Il reste silencieux alors qu'il meurt d'envie de me répondre que c'est faut. Les choses ont changé. La preuve en est, je suis là devant lui.

Ses iris chocolats disparaissent lentement mais sûrement derrière ses pupilles. Il lutte vraiment pour garder le silence. Il ne veut pas me blesser, pas plus que je ne le suis déjà. Il voudrait que rien n'ai changé. Il voudrait que je sois toujours la petite Lexa, sage, souriante, polie, bavarde et quelque peu introvertie. Il n'est pas le seul dans ce cas.

Mais c'est impossible. Je ne peux plus être elle. Et, tout ça à cause de…

- Je suis désolée, je murmure avant de m'enfuir pour éviter une nouvelle confrontation.

Depuis ce jour là, j'ai l'impression d'être toujours en colère. Mais à cet instant, c'est pire. Trop de souvenirs. Ça, plus l'état émotionnel de Clarke hier, je ne suis pas certaine de pouvoir gérer. Clarke… Clarke m'apporte un calme et une sérénité unique.

Trois semaines… je vis véritablement à ses côtés depuis trois semaines et j'ai la sensation de revivre. Parfois quand je suis près d'elle, j'oublie.

J'oublie la douleur. J'oublie le bruit. J'oublie la perte. J'oublie le deuil. J'oublie la promesse que j'ai faite. J'oublie le risque qu'elle représente. J'oublie de ne pas parler. J'oublie…

J'arrive aux abords de la maison. J'inspire profondément parce qu'il faut que j'aille bien, pour elle. Je ferme les yeux, juste une seconde et je profite de ce silence. Je vais bien. J'ouvre délicatement mes paupières et je reprends mon avancée. Je distingue parfaitement l'entrée, la terrasse en bois et au bord des quelques escaliers qui desservent tout ceci, il y a Clarke qui semble dessiner. Je mordille ma lèvre inférieure pour essayer de contenir mon sourire. J'échoue lamentablement.

Je me glisse discrètement à ses cotés, je m'installe sans un bruit et je lance un regard intrigué sur son esquisse. J'adore vraiment ses dessins, elle a un talent fou. Je ne comprends pas pour quelle raison elle s'entête à faire médecine. En même temps, je ne lui ai jamais demandé. Je l'observe encore faire quelques traits puis doucement pour ne pas l'effrayer, je prononce un petit :

- Salut.

- Hey, elle referme son carnet, Lexa ! Je commençais à m'inquiéter et à avoir faim aussi.

Elle sourit mais son regard est encore triste. Je m'inquiète pour elle. Elle ne m'a pas encore parlé de ce qui s'est passée entre elle et Sindy mais depuis hier, je sais. J'imagine que ce genre d'expérience douloureuse peu brisée n'importe qui. Elle est forte évidemment, pourtant, elle souffre à cause de cette situation. J'espère que je pourrais soulager un peu cette blessure comme elle m'aide inconsciemment à guérir les miennes.

- J'ai ramené de quoi nous faire un petit déjeuner de champion.

Je formule cette phrase sans vraiment y réfléchir. Je réalise vite que c'est bien plus que ce que je fais d'habitude parce qu'elle me dévisage légèrement. Je lui souris avant de me relever pour préparer notre repas. Avant de m'éloigner, je presse doucement ma main sur son épaule dans l'espoir de lui apporter un peu de réconfort.

Je n'aime pas la savoir triste. Cette simple idée me ronge de l'intérieur. J'ai envie de faire passer un très mauvais moment à celle qui est à l'origine de toute cette douleur, de lui coller une droite en plein visage. C'est d'ailleurs un vrai miracle que je ne l'ai pas fait.

- Lexa, attend !

J'arrête tous mes gestes en entendant la voix de Clarke. Il y a quelque chose qui ne va pas. Je me retourne. Elle ne fait plus semblant. Si, on se concentre sur ses yeux, on pourrait croire à si m'éprendre que ce n'est plus qu'une enfant.

Elle souffre, elle souffre tellement. Elle a envie de pleurer, je le vois bien. Et moi, j'ai envie de la prendre dans mes bras pour la rassurer et lui assurer que tout ira bien.

- Tu… tu n'es pas obligée de… je ne veux pas que tu te sentes obligée de… juste parce que j'ai un petit coup de blues… je ne veux pas, non, je t'interdis de te forcer à parler, tu m'entends ?

Voilà. C'est ça que j'aime tant chez Clarke. Elle accepte sans broncher mes choix assez controversés vis à vis de la parole. Et, alors que je sais parfaitement que d'un point de vue émotionnel, elle est au bord du gouffre, elle s'inquiète pour moi. Elle me somme de ne pas me faire du mal pour qu'elle puisse aller mieux. C'est plus que ce que n'importe qui a pu faire dans mon entourage ces dernières années.

C'est indéniable, je suis en train de tomber pour elle…

J'avoue que je ne sais pas trop quoi faire de tous ces sentiments. Je ne suis pas tombée amoureuse depuis Costia, depuis ce jour là. C'était volontaire. Une des grandes raisons pour lesquelles je refuse ou plutôt refusait toutes interactions humaines. Sans communication, il est difficile de se faire piéger par quelque chose d'aussi destructeur que l'amour.

Mais voilà, on ne contrôle pas ce genre de chose, je suis tombée pour elle à la seconde même où j'ai entendu son rire et plus j'apprends à la connaître, plus ça empire.

Ce n'est définitivement pas avec ce genre de phrase que je vais réussir à m'en sortir…

Je me plonge corps et âme dans ses iris océan, elle est véritablement en train de s'inquiéter pour moi. C'est complètement fou. Elle devrait se centrer sur elle, seulement elle. Je m'approche. Mes yeux glissent sur ses lèvres. Je m'ordonne de ne rien faire de stupide. J'amorce un geste de la main encore une fois, je me convaincs de ne rien faire que je pourrais regretter. Je caresse doucement son épaule avant de l'attirer dans mes bras. Je profite de ces quelques secondes volées dans ses bras avant de murmurer tout bas :

-Tu ne m'obliges à rien. Je parle parce que j'en ai envie.

Je m'éloigne doucement. Je presse délicatement mes lèvres sur sa joue. Je lui souris et je me dirige le plus vite possible vers la cuisine avant que je ne fasse quelque chose que je pourrais regretter. Je lui prépare un chocolat chaud, j'ai remarqué qu'elle en buvait parfois mais seulement lorsqu'elle avait vraiment le temps de le déguster. Pour l'accompagner, je coupe des fruits en cube pour faire une salade.

J'apporte le tout dans le salon. Clarke s'est installée sur le canapé. Je lui tends sa boisson chaude, elle la regarde à peine. Je repose la tasse sur la table basse avant de dire :

- Il faut que tu manges, tu te sentiras mieux après.

- Pourquoi tu m'as emmené ici Lexa ? Non pas que je me plaigne ou quoi que ce soit. C'est juste que je ne comprends pas ce qu'on fait ici.

- Parce que c'est loin de New-York et que tu avais besoin de changer d'air.

- Comment tu le sais ? Après tout, ça aurait pu juste être un moment de moins alors qu'en vérité, j'ai tout le temps envie de pleurer. Je ne sais plus quoi faire. J'ai la sensation que mon monde a été réduit à néant. Comment tu as su que j'avais besoin de changer d'air ?

- Je suis observatrice.

- Un contre coût dû à ton silence constant, je tique a cette remarque, ce qu'elle a dû remarquer parce qu'elle reprend aussitôt, ce n'est pas un reproche, loin de là. C'est juste que j'imagine que lorsqu'on ne parle pas, on remarque plus les petits détails. Je conçois sans peine que tu vois le monde d'une manière bien différente de la mienne. Bien que toute personne le voit à sa propre manière, je souris, j'adore l'écouter. Je sais ce que tu vas dire, je parle trop et tu as raison. Mais je ne pense pas que j'ai un jour été aussi bavarde, je crois que c'est depuis que je te connais. J'essaye de combler les vides, d'apprendre à te connaître parce que je sais que c'est complètement fou mais j'ai la sensation qu'on pourrait être de très bonnes amies. Je t'apprécie vraiment et j'aime passer du temps avec toi. Tu me fais oublier… oublier que ma vie est partie en fumée à cause d'elle. De Sindy.

Un silence s'installe. Elle hésite à me parler de la suite. Elle n'est pas certaine de se sentir prête pour ça. Elle fait un geste vers sa tasse et la porte à ses lèvres. Je constate avec amusement qu'elle ne se contente pas d'une ou deux gorgées, non elle vide presque le récipient.

Clarke soupire d'aise en souriant. Elle est magnifique. Il faut vraiment que je trouve un moyen pour oublier à quel point je la trouve belle. Pour le moment, elle n'a pas besoin d'une colocataire qui tombe stupidement amoureuse d'elle mais d'une oreille attentive.

- Sindy… et moi on a été les meilleures amies depuis aussi longtemps que je me souvienne. On a fait les mêmes écoles jusqu'à ce qu'on rejoigne la fac. Elle a toujours été là pour moi surtout après que… s'il y a une chose à savoir sur moi c'est que sans Sindy et surtout Marcus, je ne me serais jamais remis de la mort de mon père.

C'est la première fois qu'elle me parle du décès de son père, avant elle l'évoquait sans donner le moindre détail. J'avais quand même remarqué que lorsqu'elle parlait de lui, il y avait un léger changement dans son attitude.

Je commence à me sentir un peu coupable qu'elle s'étende de la sorte sur ce qui la brise alors que moi, je me réfugie encore et encore dans le silence. Mon regard tombe sur le tiroir dans lequel j'ai rangé la photographie qui m'a fait tant de mal ce matin.

Faut-il que je lui en parle ? Est-ce qu'elle comprendrait ? J'en doute… Pas sans lui dire toute la vérité qui n'est connue que de mon père et mon frère.

- Pourtant, elle reprend et j'éloigne pour le moment mes réflexions, j'ai toujours su que Sindy n'était pas quelqu'un de bien. En vérité, elle n'était gentille qu'avec moi. Elle était… ce n'était même pas de la méchanceté mais quelque chose de plus vicieux. Je n'ai jamais réussi à mettre le doigt dessus et je m'en contre fichais parce que nous étions amie. Je pense que… j'étais persuadée qu'elle ne me ferait jamais de mal. Pas à moi.

Les mots me brûlent les lèvres. J'ai vraiment envie de lui demander. Je veux qu'elle continue, qu'elle me dise ce qu'il s'est passé même si je le sais déjà. Je voudrais l'encourager mais j'ai la désagréable impression qu'une intervention de ma part aurait l'effet inverse, qu'elle l'arrêterait net dans ses confessions. Alors, je ravale mes mots. Je m'empêche de prononcer le : Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Puis, il y a deux mois, je l'ai surprise au lit avec Finn, mon petit ami. J'aimerais rester indifférente parce que je sais que c'est Sindy. Je suis même persuadée qu'elle est certaine de n'avoir rien fait de mal mais je n'y arrive pas, ça fait juste mal, très mal.

Je vois de nouveau les larmes s'agglutinaient dans ses yeux et avant même que je ne puisse faire un geste vers elle, les perles salées dévalent son visage. Je m'approche, j'hésite une seconde. Je ne suis pas certaine d'avoir le droit de la prendre dans mes bras.

Avant qu'une véritable bataille ne commence réellement à subvenir, avant que des céphalées ne viennent me torturer, c'est elle qui vient se caler dans mon cou. Je suis quelque peu hésitante. Puis je ressens tout son mal être du moment alors j'oublie ce qui pouvait me retenir. Je caresse son dos dans l'espoir de la réconforter.

J'imagine qu'il est difficile de trouver les bons mots dans ce genre de situation pour une personne normale. Alors pour moi… je ne sais pas quoi dire, comme toujours.

- C'est fou… tu me fais vraiment du bien Lexa.

Inconsciemment, j'arrête mon geste de la main et je souris. Je suis juste heureuse de savoir que ma présence arrive à la soulager un peu. Et ça n'a rien à voir avec mes sentiments naissant, c'est quelque chose que tout le monde peu ressentir pour une simple amie, non ? De la simple satisfaction lorsqu'on éloigne la peine du cœur des personnes à qui l'on tient.

Le temps chasse ses larmes et je lui propose de nous faire un pique nique sur la plage. Ma demande attire son premier sourire depuis ses confessions. J'aime son sourire. Il est magnifique et toujours franc.

Après notre déjeuné, je découvre que Clarke adore la plage, c'est genre la fan numéro un de la mer. Alors que je n'oserais même pas mettre un orteil dans l'eau en cette fin octobre, elle traîne des pieds au milieu des vagues. Elle parle toujours autant mais cette fois de manière plus joyeuse. C'est comme si l'épisode matinal n'avait jamais eu lieu.

Alors qu'elle se met à courir pour éviter une vague un peu trop grosse en éclatant de rire, je me fais la promesse silencieuse de la ramener un jour à New Haven. Une fois le calme revenu, je me retrouve presque choquée que mon esprit même troublé par Clarke veuille revenir en ces lieux. Après tout, cela fait longtemps que cette maison au bord de la mer n'est plus synonyme de bonheur pour moi. A dire vrai, je l'évite comme la peste. C'est déjà en soit un miracle que je sois revenue une fois donc l'imaginer dans le futur c'est… troublant.

- Allez Lexa, dépêche-toi ! Je te devance !

Je souris un peu plus. A cet instant, je sais qu'elle retombe en enfance. Elle me rappelle un peu celle que j'étais. Moi aussi j'aimais courir partout quand je me retrouvais sur la plage. Mais j'ai changé, ça m'a changé et aujourd'hui ce que j'aime c'est le silence que cette vaste étendue de sable et d'océan peut m'apporter.

Je la rejoins en traînant un peu des pieds. Clarke se laisse tomber dans le sable et enfonce ses mains dedans. Son regard semble aimanté par le ciel. Je suis intriguée par cette obsession soudaine, alors je lève moi aussi les yeux vers le ciel. Le soleil commence à se coucher. Je n'avais pas réalisé qu'il était si tard.

Nous avons passé la journée entière à marcher sur la plage. Elle a souri, ri et couru dans tous les sens. Et moi, chose invraisemblable, j'étais loin de ma musique, sans en ressentir le manque une seule fois. C'est définitif, Clarke me fait vraiment du bien et me permet d'avancer.

Je m'installe près d'elle, les teintes du firmament sont magnifiques, il tend encore à principalement virer entre le rose, le orange et le jaune. Je souris. Je ne prends pas assez de temps pour voir ce genre de chose : les merveilles de la nature. J'ai arrêté de les voir quand mon monde n'est devenu rien de plus qu'un tapage continuel.

Clarke vient poser sa tête sur mon épaule. Son geste attire mon regard et je me sens piégée. Je suis presque sûre qu'aucune femme n'est aussi belle qu'elle. Je suis vraiment mal barrée pour vivre avec elle sans qu'elle ne remarque que je la détaille comme la septième merveille du monde.

- Merci Lexa. Cette journée a été parfaite.

Nous attendons que le soleil est complètement disparu derrière l'océan, avant de penser à regagner la maison. A plusieurs reprises, je vois Clarke frissonner. Évidemment qu'elle a froid, certain de ses habit sont encore trempés. Je lève les yeux au ciel à ce constat. En plus elle ne dit rien !

- Clarke, je l'appelle doucement.

- Oui ?

Je retire mon sweet à capuche et je lui tends en prononçant un tout petit :

- Tiens.

- Quoi ? Non ! Après, c'est toi qui va avoir froid. Garde-le, je vais bien.

Je plonge mon regard dans le sien avec un seul objectif, la faire craquer. Je suis très forte à ce jeu. Elle essaye de soutenir mon regard. Je souris doucement lorsqu'imperceptiblement, ses iris bleutés dévient vers mes mains. Je sais que j'ai gagné.

Clarke remue la tête de droite à gauche pour essayer de repousser cette idée. Je ne lui laisse pas le temps de formuler une nouvelle fois son refus. Je lui envoie mon pull qu'elle rattrape in-extremis. Elle me fait de gros yeux, je souris encore plus.

- Lexa, je…

- C'est non négociable.

- D'accord.

Elle se glisse dans le gilet et place presque immédiatement ses mains dans la poche centrale. Pourtant, elle semble encore avoir froid. Nous reprenons notre marche et sans contrôler mon geste, je fais basculer la capuche sur sa tête pour la protéger un peu plus du vent.

Mon geste attire un regard interrogateur, presque inquisiteur. Je me contente de hausser les épaules en lui assurant que nous sommes bientôt arrivées. Il est tellement naturel de marcher à ses côtés que cela me surprend. Pourquoi tout semble plus facile dès qu'elle est près de moi ?

Je commence à mon tour à ressentir la morsure du froid lorsque nous abordons la forêt. Sans vraiment m'en rendre compte, je presse un peu plus le pas. Je suis plus qu'heureuse lorsque nous arrivons enfin devant l'entrée. J'ai à peine ouvert la porte que Clarke se jette déjà sur le canapé en affirmant :

- Je suis exténuée !

Elle soupire en étirant ses deux bras bien haut. Sous mes yeux, elle étouffe un bâillement. Je sens de nouveau la piqûre du froid alors je la quitte à contre cœur des yeux. Je vais chercher un pull dans ma chambre et je reviens avec deux plaids. J'en tends un à Clarke en proposant :

- Plaid, pizza, Disney ?

- Quoi, s'indigne-t-elle presque, tu ne me proposes pas un film qui fait horriblement peur ?

- Tout dépend du point de vu…

- Les Disney ne font pas peur Lexa.

- Tu as déjà vu la fin de Blanche Neige ?

J'ai le plaisir de la voir presque se décomposer sous mes yeux. Elle lève son index certainement pour protester avant de pencher la tête sur le côté et de grimacer. Elle vient certainement de revivre la scène de la mort de l'Evil Queen.

- Bon d'accord, je te l'accorde celle là ! Je vote pour Pocahontas ! Dis-moi que tu as Pocahontas ! J'adore ce dessin animé ! Le meilleur Disney !

Je la fixe en élevant un seul de mes sourcils.

- Quoi ? Tu n'es pas d'accord peut être ? Ne me dis pas que ton préféré c'est Le Roi Lion parce que même s'il est génial c'est d'un manque d'originalité de le choisir… si tu dis Aladdin je veux bien te l'accorder. Il est sur mon podium avec Monstre & cie.

- Mulan, Hercule et Zootopie.

- Jolie podium mais je vote quand même pour Pocahontas.

Je secoue la tête en souriant. Je suis terriblement amusée. Je dois lutter pour ne pas rire. Sans dire un mot de plus, je me dirige vers la bibliothèque pour récupérer la K7 du Disney favori de Clarke. Je lance la pochette sur le canapé avant de faire chauffer le four.

Gustus me connaît trop bien, il m'a mis une pizza aux fromages. Il faudra que je pense à le remercier. D'ailleurs, je ne sais toujours pas si j'irais le voir demain. L'optique de revoir Costia ne m'enchante pas vraiment. En même temps, il a raison en disant que tout le monde aime les bébés animaux, ça pourrait égayer la journée de Clarke.

Quand je reviens m'installer près de la blonde, en attendant que la pizza soit prête, elle me demande :

- T'es sérieuse ? Tu as encore des K7 ? Qui a encore des K7 ? Je suis sûre que c'est collector. Elle fonctionne au moins ? Oh mon dieu ça veut dire que tu as le magnétoscope ! J'adorais le bruit que ça faisait en rembobinant. C'est dingue ! J'ai l'impression de redevenir une gamine…

Comme pour schématiser tout ce qu'elle vient de dire, je lui chipe le boîtier des mains. Je me mets en tailleur devant le meuble télé avant de l'ouvrir et d'insérer la K7 dans le magnétoscope.

Je me tourne vers Clarke, télécommande en main. Je lui fais un clin d'œil avant d'appuyer sur le bouton qui permet de remette le film au début. La jolie blonde éclate de rire en affirmant qu'elle n'arrive pas à le croire. J'aime vraiment la regarder rire.

Pendant cet instant un peu hors du temps, mon cœur bat plus vite sans que ça ne soit douloureux.

Parce que c'est ça être avec Clarke, avancer hors du temps.

La fin de la soirée se passe dans la bonne humeur. Nous dégustons notre pizza dans un silence presque religieux. Clarke est vraiment accro à ce film. Elle connaît les dialogues par cœur et je ne parle même pas des chansons.

Nous nous sommes séparées il y a une vingtaine de minutes et je suis couchée depuis peu, après une bonne douche chaude, lorsqu'on frappe à ma porte. Une tête blonde apparaît timidement. Je fronce les sourcils ne comprenant pas ce qu'elle fait là. Elle demande d'une voix incertaine que je ne lui connais pas :

- Je peux dormir avec toi ? Je ne… ta présence me rassure vraiment et j'aimerais… je suis fatiguée de pleurer.

Je l'observe avec l'air le moins horrifié possible. Tout en moi hurle un énorme non, non et encore non. C'est une très mais alors très mauvaise idée !

- Si tu veux.

Quoi ?! Mais non ! Pourquoi j'ai dit ça ? Je suis complètement folle ! Je n'aurai pas dû lui donner cette réponse alors que la simple idée de la savoir dans le même lit que moi va certainement me provoquer l'insomnie du siècle !

- Merci beaucoup ! Je vais chercher ma couverture, comme ça, il n'y aura pas de bataille épique cette nuit. Ne change pas d'avis !

Ne change pas d'avis… elle vient vraiment de me demander de ne pas changer d'avis ? Non mais je rêve ! C'est forcément un complot !

Je me laisse tomber sur le matelas en soupirant. Bravo Woods ! Tu n'avais pas besoin de ça… mais Clarke si, de toute évidence. Cette fille me rend faible.

Je me redresse en percevant le bruit de la porte qu'on pousse. Je manque de perdre ma mâchoire en voyant Clarke débarquer non pas seulement avec sa couette mais aussi un oreiller vert informe, un gilet à capuche sur sa tête et une peluche que je n'oserai même pas décrire. Je suis persuadée que cette chose à vécu la guerre.

- Tu dors de quel côté ? Non parce que déjà que je m'incruste, je ne vais pas en plus te voler ton côté.

Réponds quelque chose Lexa, juste dis quelque chose, n'importe quoi ! Ce n'est pas le bon moment pour rester silencieuse. Tu as réussi à parler un nombre incalculable de fois aujourd'hui. Tu n'es pas à ça prêt !

Du courage. Juste un peu plus de courage…

- A gauche.

- Parfait ! On est vraiment faite pour s'entendre, moi je dors à droite !

Et sans plus de cérémonie, elle s'installe. Je la regarde faire sans pouvoir amorcer un seul mouvement. Je suis complètement interdite. Et pour la millième fois depuis que je la connais, je me demande si tout le monde agit de la sorte ou si elle est juste unique.

Clarke est enfin installée et complètement emmitouflée dans sa couverture de façon totalement improbable. A sa place, je mourrais de chaud !

Stop, il faut que j'arrête de trop penser. Elle a juste besoin de soutient. Je peux tout à fait dormir près d'elle sans penser à mal. J'ai été bien élevé. Je me mets plus sobrement sous ma couette.

Je fixe le plafond pour essayer d'oublier que je ne suis pas seule. Mais je perçois chaque respiration, chaque mouvement et chaque froissement de draps. Sans même y réfléchir, je révèle :

- Normalement, je m'endors avec de la musique.

- Je sais. Je l'entends parfois quand je rentre et que tu dors déjà. Tu sais en tant que futur médecin, je suis obligée de te dire que ce n'est pas bon de dormir avec du bruit.

Je ris doucement d'un rire dans joie. Elle ignore que je ne me retrouve jamais entourée par le silence. Jamais.

- Je suis très sérieuse Lexa. Dormir avec de la musique ce n'est pas bon. Ton sommeil ne doit pas être réparateur… si ma mère était là, elle te ferait encore plus la leçon que moi. Un vrai bourreau du sommeil.

Ouais… et bah… ça fait quatre ans que je suis incapable de bien dormir. Il y a toujours des cauchemars ou le bruit constant. Je ne sais pas ce qui est le mieux…

- Dis, je peux te poser une question ?

J'hoche la tête pour lui donner la permission qu'elle attend, avant de me souvenir qu'on est plongées dans le noir. Je lève les yeux devant ma bêtise. Je prends une grande inspiration avant de répondre :

- Bien sûr.

- C'est… je ne voudrais pas que tu… je ne sais moi-même pas trop quoi penser de ma question. Je crois que c'est plutôt indiscret. Tout ce que je veux dire c'est que si tu ne veux pas répondre, ce n'est pas grave, même si j'aimerais bien avoir une réponse mais… bref, je m'égare. Je… j'ai remarqué que tu avais enlevé une photo. Je l'avais repéré hier parce que je la trouvais très belle. C'était toi avec ce que j'imagine être ta mère. Je voudrais juste savoir pourquoi. Pourquoi tu ne l'as pas laissé à sa place ?

Pourquoi ? Mais c'est simple parce que je déteste, qu'est-ce que je dis, je hais ma mère ! J'ai envers elle une rancœur que je ne pourrais jamais oublier. Mon aversion à son égard est d'une telle intensité que parfois lorsque je me rends compte de toute cette colère qu'il y a en moi, je ne me reconnais pas. Mais cette répulsion à son égard ne sera jamais amenuisée parce que tout est de sa faute. Lui pardonner serait trop facile, elle m'a laissé un fardeau bien trop lourd.

- Lexa ?

- Je…

- Je suis désolée, je n'aurais pas dû poser cette question. Oublie.

- Non, c'est bon. C'est juste que…

- Lexa, elle pose sa main sur la mienne, je t'assure, tu n'es pas obligée de répondre. J'ai tendance à oublier que tu n'es pas à l'aise avec la parole ou que…

- C'est à cause d'elle.

- Pardon ?

- Si je suis comme ça, si je ne parle pas. C'est à cause d'elle.

Oui, tout est à cause d'elle. Parce qu'elle ne l'a pas supporté. Alors, elle m'a laissé ce fardeau. Elle a été lâche.

- Ta mère ?

- Hum hum…

Elle ne mérite pas que je l'appelle comme ça. Une mère est censée protéger son enfant, pas le laisser en proie à une malédiction.

Une malédiction… parce que c'est bien de ça qu'il s'agit n'est-ce pas ? Un don ou plutôt une damnation qui se transmet de génération en génération, de femme en femme dans notre famille depuis si longtemps qu'on a oublié quand cela a vraiment commencé. Mais il en faut toujours une.

La fatalité se trouve cacher dans mon sang, il n'y a pas d'explications pourtant dès que ma… dès qu'elle a décidé de se donner la mort pour arrêter tous ces chuchotements continuels, la malédiction a continué. Elle est venue jusqu'à moi.

A la seconde où sa voiture a foncé dans un mur, le tumulte est venu à moi. J'ai entendu tout ce brouhaha et j'ai compris. Elle avait abandonné, me léguant ce fardeau sans m'apprendre à le maîtriser.

Depuis, pour le meilleur et surtout pour le pire, je lis dans les pensées d'absolument tous le monde.

- Elle m'a fait beaucoup… je… ça peut paraître cruel mais je la déteste.

- Elle… elle t'a fait du mal ?

- J'imagine qu'elle a fait pire… elle m'a laissé seule dans un monde empli de bruits où la parole devient superflue et même dangereuse.

- Je ne comprends pas bien… qu'est ce qu'elle a fait au juste ?

Je ne peux pas répondre à cette question, pas sans que Clarke me prenne pour une folle. Je n'en parle jamais, pas même avec mon frère et mon père et pourtant ils savent tous les deux ce que je vis, ce que je suis capable de faire. Je n'ai jamais évoqué la question avec Rayes parce que j'ai peur de la perdre. Qui veut être la meilleure amie d'une personne capable de connaître tous ses secrets ?

J'essaye de le contrôler, de ne pas lire en tout le monde en tout temps. C'est ce qui donne tout son sens à la musique. Normalement, il faut que je me plonge entièrement dans les yeux d'une personne pour percevoir ce qu'elle cache en elle. Mais le plus souvent, les voix échappent à ma virulence. Alors j'ai conscience des envies de chaque personne qui m'entoure comme du manque de café qui va subvenir d'ici peu, de la peur primitive lorsque quelqu'un se sent en danger ou encore des demandes incertaines, celles qu'on n'ose pas vraiment énoncer.

Ce manque de contrôle me permet d'être attentive avec ceux que j'aime, de les aider ou de faire un geste pour améliorer leur quotidien. Pourtant, ça me rend principalement complètement folle. Pour la simple et bonne raison que la plupart du temps, je suis entourée d'une horde de parfait inconnu et que je n'ai pas envie de savoir que leur chien est malade, que leur smoothie est trop acide, que le film qu'ils ont visionnés hier était absolument parfait, qu'ils sont horrifiés par le dernier cliffanger d'une série quelconque, que la fin du livre que je lis se finit de telle manière… non je n'ai pas envie de le savoir, toutefois je suis quand même entourée de tous ces chuchotements à la fois irréels et authentiques qui viennent murmurer à mes oreilles.

- Lexa ?

- Elle a été égoïste.

- D'accord.

- Je ne suis pas prête pour parler de ça.

- D'accord ! Okay dans ce cas, il ne nous reste plus qu'à dormir. Mais avant…

J'attends le reste de sa phrase pendant ce qui me semble être une éternité. Au moins, ça a le don de me faire oublier toutes ses images de ma… d'elle. Je me sens apaiser au milieu de ce silence, au côté de Clarke.

- … est-ce que ta foutue tortue va rester dans cette chambre ?

Ne m'attendant pas à cette question, j'éclate de rire. Un vrai rire, un de ceux qu'on ne maîtrise pas vraiment. Je me penche et laisse tomber ma main sur le côté, là où je sais que Pringles se cache. Je l'attrape délicatement et l'amène sur le lit.

Mon geste attire les cris de Clarke. Elle allume la lumière subitement. Je ris un peu plus et pose ma tortue sur mes genoux. Je caresse sa tête et elle me regarde droit dans les yeux comme si elle essayait de comprendre pour quelle raison je venais de la déranger. Après tout, Pringles dort sous mon lit presque tous les soirs depuis des années maintenant.

Je la tends vers Clarke amusée alors qu'elle pousse un nouveau cri. Je trouve sa réaction plutôt amusante. Je porte ma tortue à bout de bras lorsque je lui propose :

- Je t'en prie, remet là dans son vivarium.

- Non, non, non. Ça va aller ! Je t'assure, elle peut rester sous ton lit mais s'il te plaît, éloigne-la de moi.

Je souris et installe de nouveau Pringles à sa place, comme si elle était un chien, elle fait plusieurs tour sur elle-même avant d'entre dans sa carapace. Je me réinstalle et éteint la lumière dans un même geste. Je suis toujours amusée lorsque je murmure :

- Bonne nuit Clarke.

- Bonne nuit Lexa, bougonne en réponse ma colocataire.

oOoOo

Voilà pour le dixième chapitre de cette fiction. J'espère que vous l'avez apprécié. La grande révélation est faite ! Lexa peut lire dans les pensées… alors, pas trop déçus ? Vous imaginiez autre chose ? Des idées sur la suite des événements ? Sur la suite de ces deux jours loin de tout et de tout le monde ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : Snow Patrol est un groupe de rock alternatif composé de quatre membres. On commence à parler d'eux en 2003 avec l'album Final Straw.

This isn't everything you are sort tout droit de l'album Fallen Empires en 2011. Cette chanson a été écrit pour essayer d'aider les personnes, leur dire que tout n'est pas fini, qu'il faut du courage pour avancer. Et le clip est une vrai merveille !

Note n°2 : Aurore de Virginia C Andrews est une saga de cinq romans sorti dans les années 90.

Note n°3 : Pocahontas est sorti en 1995, le Disney s'inspire de fait réel mais on est bien loin de la véritable histoire.

Note n°4 : Le Roi Lion est sorti en 1994. Toute l'histoire est construite au tour d'Hamelet. Et c'est a mon sens un des meilleurs Disney mais pas le meilleur… après n'oublions pas que c'est le seul où le méchant obtient ce qu'il veut, ce n'est pas rien !

Note n°5 : Aladdin est sorti en 1992, décidément, les années 90 sont les meilleures ! J'adore ce dessin animé ! En fait, j'adore surtout le Génie, qui n'aime pas le Génie ? D'ailleurs… que pensez vous du choix qu'on fait les producteurs pour le live action ? Will Smith ? … ?

Note n°6 : Monstre & Cie ! Ah ah ! On sort des années 90, parce que celui-là est arrivé dans nos cinémas en 2001, je me souviens que du haut de mes huit ans, j'avais été complètement terrorisé par l'araignée ! :')

Note n°7 : Mulan s'inspire de la légende chinoise Han Mulan, évidemment, dans la version originale, pas de Mushu ! Quel malheur Mushu n'arrive qu'avec Disney en 98 ! Et puis… euh… bah ce n'est pas vraiment un Happy Ending ! Je ne vous gâche pas tout comme j'ai déjà pu le faire sur d'autres légendes ou contes ! XD

Note n°8 : Hercule, on arrive dans la mythologie (contiens-toi, contiens-toi, contiens-toi) HADÈS ! MWHAHAHAHAHAHA ! (j'ai échoué… navrée !) Bref… Hercule est sorti en 97 ! Je vénère ce dessin animé, je le vénère ! Il y a trop de personnages intéressants ! Meg, Phil, Pégase… HADÈS ! Le seul problème c'est qu'Hadès perdu dans le sixes euh… non !

Note n°9 : Zootopie est un des petits derniers, 2016 ! Un des meilleurs de ces dernières années ! Je suis assez fascinée par ce qu'ils ont réussi à faire !

Réponse aux Guests :

Alice : Je comprends… je suis désolée pour cette attente mais au moins ça coupe la semaine positivement ! ^^ Et bien si tu lis Injustice, n'hésite pas a revenir vers moi pour en parler, je serai heureuse de connaître ton avis et ton ressentie. Oh… je comprends. La saison 1 de Supergirl manquait de budget et ça se ressent vachement surtout avec les autre série DC sur CW mais à partir de la saison 2 je trouve que ça déchire vraiment ! Evidemment que je laisse des petits indices, se ne serait pas drôle sinon ! ^^ Et maintenant tu as avec ce chapitre la confirmation ultime que c'est bel et bien la mère de Lexa qui est responsable de son mutisme. Et tu sais aussi pour qu'elle raison elle arrive aussi bien à "lire" en Clarke, tout était lier ! J'espère que je ne t'ai pas déçu avec ce nouveau chapitre en ce nouveau mercredi. Merci à toi d'être toujours là en reviews ! :) (La série Haven se passe bien à New Haven, il me semble mais là pas de rapport, j'ai juste chercher un endroit pas trop loin de New-York avec la mer!)

Lily : Oh là là ! Quelle honte de manquer l'espagnol… je ne cautionne pas ! ;) Nop, c'est pas bien, il faut écouter en cours, c'est important. Je préfère, concentre toi sur les études, bien plus important qu'une pauvre fanfiction ! Non en vrais tu fais ce que tu veux il faut juste que tu ne le regrette pas après. Merci beaucoup en tout cas et je pense que ce nouveau chapitre a du répondre à pas mal de tes questions sur Lexa. A mercredi prochain ! :)

Loukia 63 : Salut, alors si tu es nouvelle, je me dois de commencer comme ça : bienvenue dans l'univers de cette fanfiction, ensuite merci pour la reviews d'autant plus s'il est rare que tu en laisse ! :) Je suis heureuse que tu trouve cette histoire différente des autres e je pense que tu as obtenu pas mal de réponses sur Lexa dans ce chapitre. A bientôt ! :)

Guest1 : Salut, je dois te félicité parce que tu avais deviner LE truc avant que je ne fasse la grande révélation dans ce chapitre 10 ! Ça été très frustrant pour moi de ne pas pouvoir te répondre… donc OUI, Lexa lit dans les pensées des autres. Clarke terrifier face à Pringles était hilarante à imaginer surtout piéger dans la 2CV de Lexa ! XD Évidement que cette tortue est toute mignonne, elle a même des taches de peinture sur sa carapaces, NA ! ;) J'espère que ce premier jour t'as plu, le second arrivera dans le prochain chapitre.

Fanny : Salut, merci beaucoup ! Et oui, Lexa évolue grâce et pour Clarke. A bientôt ! :)

QueenKong : Ouais… elle est réapparu pour un petit épisode, trop peu… Lexa manque vraiment à The 100 mais bon, on fait avec. Et merci beaucoup, j'espère que ce nouveau chapitre t'as lui aussi plus, à bientôt ! :)

Guest : Merci beaucoup ! A partir de maintenant, Lexa protégera toujours Clarke, quoi qu'il arrive ! Et oui, Pringles comme nom de tortue est assez drôle, je l'avoue mais c'est aussi adorable ! ^^

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre : « New Haven – Partie 2 »

Bon… exceptionnellement, comme il s'agit d'une Partie 2, je veux bien publier deux chapitres cette semaine. Soit Samedi, soit Dimanche, à vous de me convaincre ! ;)

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre : « New Haven – Partie 2 »

GeekGirlG.