Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver exceptionnellement en ce samedi grisonnant pour ce nouveau chapitre ! J'ai réussis a en surprendre une bonne partie d'entre vous en vous révélant l'aptitude assez hors-norme de Lexa et je dois avouer que je ne suis pas peu fière ! ^^
Je remercie tout particulièrement Evie Regal (et vous aussi vous pouvez parce qu'elle a travailler plus vite pour que je poste ce chapitre samedi et non mercredi comme d'habitude) qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur ce chapitre : C'est parti pour ce deuxième jour loin de New-York dans cette petite maison au bord de la mer où Clarke se ressource enfin grâce à son environnement mais aussi et surtout Lexa.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
I Hear Your Voice
And this storm is rising inside of me. (Et la tempête hurle au fond de moi)
Don't you feel that our whole worlds collide? (Ne ressens-tu pas nos mondes se percuter ?)
It's getting harder to breathe. (Ça devient dur de respirer)
It hurts deep inside. (Ça fait profondément mal)
Damien Dawn - Silent Scream
Chapitre n°11 : New Haven – Partie 2
Je commence à peine à émerger et pourtant, je sais déjà que j'ai très bien dormi. J'ai la sensation que je n'ai pas eu un sommeil aussi réparateur depuis une éternité. Certainement depuis que mon monde s'est effondré il y a deux mois. C'est donc avec le sourire que j'ouvre doucement les paupières.
J'étire mes bras pour donner un coup de booste à mon réveil. Un bâillement me décroche presque la mâchoire alors que je me redresse dans le lit. J'ai du mal à reconnaître les lieux, mon esprit est encore trop embrumé. Puis lentement, comme si les rouages se mettaient enfin en place, je me souviens de la soirée d'hier.
Lexa…
Je souris rien qu'en imaginant son visage. Nous avons passé une merveilleuse journée hier. Bon… j'ai commencé par pleurer toutes les larmes de mon corps, enfin celle qu'il en restait, mais après, tout a été d'une perfection insolente. D'abord, elle m'a parlé, je veux dire, elle m'a vraiment parlé et je ne sais même pas comment décrire à quel point cela m'a rendu heureuse. Ensuite, il y a eu la plage et je me suis senti comme libérée de tout le poids qu'il y avait sur mes épaules. J'ai eu la sensation d'être libre de recommencer, enfin ! D'oublier Finn et surtout d'avoir le droit de laisser Sindy de côté. Puis, il y a eu notre soirée Disney, il ne faut jamais sous-estimer Disney pour aider après une peine de cœur. Et enfin, alors que je commençais de nouveau à me faire envahir par mes incertitudes, que mes démons revenaient jouer avec moi, je suis allée vers elle, vers Lexa. Je lui ai demandé de l'aide, une simple présence pour éloigner mes peurs et elle a accepté. Grâce à elle, j'ai merveilleusement bien dormi.
Je me tourne donc vers la gauche pour poser mes yeux sur elle. Malheureusement, elle a disparu. Elle n'est plus à mes côtés. Je soupire en murmurant :
- Fantôme un jour, fantôme toujours.
Puis j'ai soudain un rappel cruel de la veille : la tortue a dormi avec nous ! Sans prendre la moindre précaution, je me penche vers le vide, attrape le plus de couette possible pour voir sous le lit. Je soupire de soulagement lorsque je remarque que Pringles n'est pas dans la chambre. Je me redresse mais je sens tout de suite ma tête qui me tourne à cause de ma précipitation.
J'inspire profondément pour apporter un peu plus d'oxygène à mon cerveau. Je cherche un élastique pour attacher mes cheveux mais je n'en trouve ni sur la table de nuit près de moi, ni sur celle de Lexa. En revanche, je vois une boîte à lunette jaune. J'ignorais qu'elle les avait emmenées. Je ne l'ai pas vu les porter une seule fois hier.
Je laisse cette pensée s'envoler en me rappelant qu'hier, elle s'est un peu confiée à moi. Elle n'a pas dit grand-chose mais maintenant, je sais que sa relation avec sa mère doit être difficile. Quel genre de mère peut-être à l'origine du mutisme de sa fille ?
En parlant de mère… je récupère mon téléphone portable que j'avais laissé sous mon oreiller pendant la nuit. Je sens le vibreur titiller ma main lorsque je déplace mon portable. Avec un nouveau bâillement, je déverrouille mon écran pour découvrir pas un, ni deux nouveaux messages mais cinq !
De maman à Clarke 22h03 :
Donc… si je comprends bien, ta nouvelle colocataire que je ne connais toujours pas, qui est toujours occupée le samedi et qui ne souhaite pas nous rencontrer, t'a embarqué à New Haven sans raison aucune. Et, tu me demandes de ne pas paniquer ?! J'ai bien résumé ? Parce que Clarke, si tu ne me réponds pas dans l'heure, je débarque ! Je suis inquiète… fais attention à toi.
De maman à Clarke 23h19 :
Clarke… ça fait 1h ! Marcus dit que tu dors mais je n'y crois pas une seconde ! Réponds-moi, immédiatement !
De maman à Clarke 0h35 :
Donne-moi immédiatement l'adresse de ce "nulle-part" à New Haven ! Je veux m'assurer que tu vas bien. Ne m'oblige pas à traquer ton téléphone ! Appelle-moi, envoie un sms, même des signaux de fumée si tu veux mais kzeHFI Kadl561n kqk,
De Marcus à Clarke 0h38 :
Salut à toi mini-Griffin, je viens de subtiliser son téléphone à ta mère ! Et, ses clefs aussi… mais ça elle ne le sait pas encore. Elle ne t'embêtera plus. Essaye quand même de nous appeler demain pour nous rassurer. Bonne nuit ! Profite de ces quelques jours avec Lexa.
De O. à Clarke 8h08 :
Hey Blondie ! Tu n'es pas en cours ?
Okay… autant le dire franchement, mon entourage est inquiet de ma disparition. Je les ai prévenu de mon escapade improvisé avec Lexa. Mais je n'ai peut-être pas utilisé les bons termes pour leurs assurer que tout allait bien. Après tout, je ne me suis jamais sentie aussi protégé que depuis que je vis avec cette énigmatique brune. Elle est tellement… attentive.
Je soupire. Je compose un sms rapide pour informer Octavia que je rentre en fin d'après-midi, début de soirée. Quand j'y pense, c'est certainement la première fois que je sèche les cours depuis que je suis en médecine. Je hausse les épaules, ça ne représente rien d'irréparable.
Je porte ensuite mon portable à mon oreille. Dès la première sonnerie, ma mère décroche en hurlant :
- Allô ?! Clarke ! Tu vas bien ?
- Maman…
- J'étais inquiète, très, très, très inquiète !
- Elle était inquiète, confirme une voix éloignée que je reconnais comme appartenant à Marcus.
- Tu sais maman, je n'ai plus quinze ans… quand je te dis que je pars deux jours, c'est que je pars deux jours et que je te demande subtilement de ne pas t'inquiéter.
- Mais pourquoi partir subitement un samedi soir ? Qu'est-ce qui s'est passée ? Et en plus avec Lexa ?
- Maman…
- Ce qu'essaye de te demander Abby, reprend Marcus, au milieu de toute cette surprotection maternelle… c'est : est-ce que tu vas bien ?
- Je vais bien, je réponds en souriant.
- Dans ce cas, pourquoi partir ? reprend ma mère.
- Je… j'ai… en fait, j'ai croisé Sindy avec Finn et j'ai eu du mal à gérer. Lexa a juste pris les choses en main et, je fais une pause avant de reprendre d'une voix joyeuse, je me sens beaucoup mieux maintenant.
- Je suis rassurée que Lexa prenne soin de toi, répond Marcus.
Cette phrase fait comme un écho. Elle met un temps fou avant de me parvenir et je mets encore plus de temps à la comprendre. Lexa prend soin de moi. C'est ce qu'elle fait depuis le début. Même quand elle n'était encore qu'un fantôme, elle avait toujours pleins de petites attentions absolument adorables.
- Oui Marcus, elle prend soin de moi. On a passé la journée à la plage hier. La plage !
- Et bien, à croire qu'elle savait exactement où t'emmener pour te rassurer. Il faut vraiment que je rencontre cette Lexa.
- Et moi donc, le coupe Abby, c'est de ma fille que l'on parle ! Elle s'est fait une nouvelle amie, elle vit avec elle mais non, la mère est la dernière à la connaître !
- Maman, je soupire, elle commence vraiment a me fatigué.
- Quoi ? Il n'y a pas de "maman" qui tienne ! Plus maintenant ! Tu imagines que Sindy sait à quoi ressemble cette fille et moi non ! Si ça se trouve, je me suis déjà assise à côté d'elle dans le bus sans le savoir.
- Tu ne prends pas le bus maman…
- Et alors ? Si ce n'est pas le bus, c'est peut-être un centre commercial, un cinéma, un café, une…
- Je crois qu'elle a compris Abby.
- Naaan, tu crois ?!
Je perçois un petit bruit qui raisonne. Je relève les yeux en décollant mon oreille du téléphone. Je souris un peu plus en découvrant Lexa qui tient une tasse fumante dans ses mains. Je murmure un remerciement en posant mon portable sur la couverture. Lexa me regarde faire et m'interroge du regard. Je hausse les épaules en prenant une première gorgée du chocolat chaud qu'elle vient de me préparer. Il est vraiment trop bon ! J'explique en soupirant d'aise :
- Ma mère et Marcus se disputent encore. Je suis certaine qu'ils n'ont même pas remarqué mon "absence". Merci pour le chocolat, il est excellent !
- De rien.
Avoir le droit d'entendre sa voix est vraiment quelque chose d'incroyable. Je sais que c'est exceptionnel, qu'elle n'utilisera pas toujours sa voix de la sorte, pas aussi facilement. Elle fait un effort, pour moi et je dois avouer que ça me flatte.
Et, en même temps, j'en veux plus, tellement plus. J'aimerais tout savoir d'elle. Je n'arrive pas à comprendre d'où me vient cette curiosité presque mal saine. Mais se retrouver face à Lexa, c'est comme être confrontée à l'énigme du siècle pour un mathématicien : grisant !
Lexa vient s'installer en face de moi. Elle a, elle aussi, une tasse dans les mains. À l'odeur, je devine que son choix s'est arrêté sur un thé. Elle porte à plusieurs reprises son breuvage à ses lèvres avant de reposer son regard perçant sur mon portable. Elle racle doucement sa gorge, je sens mon cœur battre un peu plus vitre, elle va parler. Je le sais, je vois tous les signes.
Lorsqu'elle s'apprête à intervenir à voix haute, elle commence par faire vibrer ses cordes vocales, puis elle fronce très légèrement les sourcils avant de serrer son poing gauche. Après ces trois premiers signes, elle vient dessiner les contours de son tatouage avec son pouce. En général, la pulpe de son doigt à le temps de faire une dizaine de tour avant qu'elle ne se lance.
- Ils ne vont pas s'inquiéter ?
- Ils le sont déjà mais c'est une seconde nature surtout pour ma mère. Elle est du genre hyper protectrice, je t'en ai déjà parlé, je crois. Elle a du mal à concevoir que je me sois "enfuie" avec une inconnue. Oui, parce qu'elle te considère comme une inconnue vu que tu as refusé son invitation trois fois de suite. Pourtant, je lui ai dit que si tu ne pouvais pas, c'est parce que tu as déjà un engagement avec ton frère ou alors pour ton boulot mais elle est bornée et ne veut rien savoir. Crois-moi, j'aimerais bien que tu passes au stade "colocataire" ou même "amie" mais non, elle s'acharne à te prendre pour une "inconnue" et crois-moi, ça m'énerve !
Je reprends une grande inspiration à la fin de cette tirade. Je ne suis pas certaine que ce que je viens de dire ait le moindre sens mais c'est dit. Lexa est clairement en train de me dévisager, elle a commencé à planter ses yeux dans les miens au moment où j'ai prononcé le mot "amie" pour me regarder comme seule elle est capable de le faire.
Parfois, j'ai vraiment la sensation que cette fille voit tout. Elle est tellement attentive. Je ne compte plus le nombre de fois durant ces dernières semaines où elle a eu une petite attention pour moi. Un jus d'orange pressé maison, pour un matin où j'étais grognon. Une tonne de post-it dans l'appartement le lendemain d'une mauvaise journée. Un repas déjà servi à la fin de mes cours. Et, je ne parle même pas de cette chaîne qu'elle a montée avant même qu'on ne se connaisse vraiment…
Et là, à cet instant même, elle s'apprête de nouveau à faire quelque chose pour moi. Je ne sais pas encore de quoi il s'agit, mais je le vois dans ses yeux. Sans jamais me quitter des yeux, ses lèvres s'étirent dans un sourire magnifique, et sans que je ne le remarque, elle prend mon téléphone. Je ne le réalise que lorsque je découvre mon portable collé à son oreille.
Je m'apprête à lui demander de me le rendre. Je commence même à tendre la main pour le récupérer. Mon geste s'arrête quand je remarque l'amusement dans ses yeux, ses dents viennent mordiller sa lèvre inférieure. De nouveau, je sens les papillons dans le creux de mon estomac. J'ai du mal à réaliser à quel point cette fille peut-être belle, c'est incroyable.
Puis, je remarque les signes. Elle s'apprête à parler. La seule différence c'est qu'elle ne dessine pas l'infini sur son poignet mais sur le combiné rectangulaire. Je me demande quelle importance peut avoir ce symbole pour elle.
- Madame Griffin ?
Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! OH MON DIEU !
Lexa parle à ma mère ! Non mais elle est vraiment en train de parler à ma mère, elle vient juste de le faire, sous mes yeux. Qu'est-ce qu'il lui prend ? Je lui ai pourtant interdit de se forcer à parler ! Je lui ai dit que je ne voulais pas qu'elle se sacrifie, pas pour moi… je trouve ça ridicule !
Heureuse ou en colère ? Comment je me sens ? Je ne me comprends plus… j'ai même l'impression d'être fière d'elle comme si elle venait de faire un pas de géant. Et pourtant… je n'en sais absolument rien. Si ça se trouve, Lexa parle facilement à partir du moment où elle connaît bien les gens.
- Je vous assure, elle va bien.
Je fais de gros yeux, j'ai presque la sensation qu'ils vont sortir de mes orbites. J'ai vraiment du mal à croire que je suis devant une Lexa qui parle à ma mère. Sa main gauche se referme sur un bord de la couette alors qu'elle écoute la réponse de ma mère ou de Marcus.
- Je vous la ramène dans la soirée.
Sans que je ne puisse contrôler mon geste, je dépose ma main sur la sienne. Presque immédiatement, elle se détend imperceptiblement. Ses yeux reviennent sur moi et je découvre quelque chose d'étrange dans son regard. Il y a une étincelle qui l'anime, une de celle que je n'arrive pas à comprendre, trop unique pour exister dans un autre regard.
Puis elle me sourit alors je me retrouve dans l'incapacité de détourner les yeux. Mon regard est comme hypnotisé. Il ne voit plus que ses lèvres parfaites étirées en un sourire magnifique. Je ne peux pas détourner les yeux de ce qui ressemble étrangement à la perfection.
Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Je n'ai jamais regardé une fille comme je suis en train de le faire avec Lexa. Est-ce que c'est parce que c'est une femme, avouons-le, particulièrement magnifique ? Ou alors c'est peut-être parce que j'ai l'intime conviction qu'elle est en train d'agir pour moi, seulement moi, qu'elle ne prendrait jamais la parole pour une autre personne.
Je me force à fermer les paupières. Il faut que j'oublie ce sentiment étrange. Je suis certaine que c'est passager. Je peux oublier, je peux le faire. Au moment où j'ouvre de nouveau les yeux, mon attraction soudaine pour ses lèvres a disparu. Je le savais que je pouvais me contrôler !
J'inspire profondément, ce qui attire de nouveau l'attention de Lexa. Ouais… je n'ai peut-être plus envie de faire quelque chose de stupide comme détailler chaque micromillimètre qui dessine ses lèvres, mais elle est toujours aussi belle ! Sérieux, ses iris émeraudes sont d'une perfection à peine croyable… concentre-toi Griffin ! J'avance ma main et dans un geste rapide, je lui subtilise mon portable en coupant le flux de parole de ma mère :
-C'est bon, tu es rassurée maintenant ? Je suis très bien là où je suis et Lexa est parfaite !
Ouais… parfaite dans tous les sens du terme. Elle est attentive, gentille et encore une fois magnifique !
Je relève les yeux à la fin de cette pensée et le regard de Lexa sur moi a changé. Elle m'observe comme si mes pensées avaient filtré. Je n'ai tout de même pas dit ça à voix haute avec ma mère à l'autre bout du fil ?! A cette idée, je sens mes joues chauffer. Je suis certaine que je rougis.
- Je suis, reprend ma mère, ce qui me fait sursauter, partiellement rassurée. J'aimerais tout de même que tu passes ce soir, s'il te plaît. Je m'inquiète pour toi.
- Je demanderais à Lexa si elle peut me déposer à la maison, promis.
- Parfait comme ça, je pourrai enfin mettre un visage sur ce nom.
- Euh… maman… Lexa n'est pas…
- Aucunes excuses ! Je la vois ce soir ou tu ne vis plus avec elle !
- Mais enfin maman, j'ai vingt-deux ans ! Je vis où je veux et avec qui je veux !
- Je ne…
Le téléphone se décolle de mon oreille avec force. J'essaye de le rattraper mais Lexa l'éloigne le plus possible. Elle me fait un regard noir qui veut clairement dire : tu n'as aucune chance, ce téléphone reste là où il est.
Dans un geste lent, elle pose sa main sur le haut parleur. De nouveau les signes sont là. Elle va parler. Mais cette fois, elle semble encore plus paniquée que d'habitude. Je ressens presque son angoisse, c'est terrifiant !
- Je suppose, elle fait une pause qui me semble durer une éternité, que si ta mère a un bon thé à me proposer, je la vois presque imploser à l'intérieur, elle panique complètement, je pourrais, elle inspire, faire, avant de souffler, un effort.
Faire un effort… faire un effort ? Lexa veut faire un putain d'effort ?! Elle se fiche de moi, non ? Parce que, que fait-elle là, maintenant, tout de suite, si ce n'est pas un putain d'effort ?
J'ai presque senti chacun des mots qu'elle a prononcés lui lacérer la gorge ! Si ça ce n'est pas faire un effort, je ne sais pas ce que ça veut dire ! Je refuse ! Elle en a déjà assez fait ! Petit un, elle m'a emmené ici, alors que je sens bien que cet endroit la met mal à l'aise. Petit deux, elle m'a laissé dormir avec elle, alors que j'ai bien vu qu'elle mourrait d'envie de me dire non, pourtant ses lèvres ont murmuré un accord. Petit trois, elle a parlé à ma mère, alors qu'elle déteste parler. Et maintenant, elle veut bien faire un effort pour rencontrer ma psychopathe mais tout de même aimante de mère ?! Non ! Je refuse !
- Lexa…
- Ça va aller.
- Je ne suis pas aveugle Lexa. Je vois bien que cette simple idée te bouffe de l'intérieur. Je ne veux pas que tu fasses ça. Je ne veux pas que tu… je refuse que tu te fasses du mal comme ça. Je vais bien et ma mère peut attendre. Elle s'inquiète seulement à cause de l'histoire avec Sindy. Donne-lui quelques jours et elle acceptera le fait que tu es quelqu'un de bien parce que c'est ce que tu es : quelqu'un de bien. Je vais y aller seule et je vais lui dire que… je ne sais pas, qu'il faut que tu te rendes à l'autre bout du pays pour ton boulot, ce ne sera qu'un demi-mensonge, parce que ça t'arrive souvent et après, je lui parlerai de tout ce que tu as fait pour moi ces derniers jours et il y a énormément à dire. Tu es en train de devenir un de mes piliers. Je t'ai déjà dit à quel point le fait que tu ais installé une chaîne sur notre porte m'a touché ? Non, je ne crois pas. Et maintenant, alors que tout s'effondre, tu es là, avec moi. Je te remercie pour cette pause salvatrice mais je t'assure, je peux très bien gérer ma mère toute seule. Tu en as assez fait.
- Tu en es certaine ?
Je tique à sa question. Est-ce qu'elle me demande si je suis certaine de pouvoir affronter ma mère seule ? Ou si je suis prête à lui mentir ? Ou encore si je suis sûre de moi quand je lui dis que malgré le fait que nous nous connaissons à peine, elle est devenue un de mes piliers ? Ou pour finir veut-elle être certaine qu'elle en a fait assez ? Je ne sais pas… et pourtant, je réponds tout de même par l'affirmative parce que c'est la bonne réponse à chacune de ses questions.
Alors tout doucement comme si elle était satisfaite par ma réponse, elle me rend mon téléphone. Elle se redresse, elle indique le couloir pour me faire comprendre qu'elle m'attend hors de la chambre. Juste avant de passer la porte, elle s'arrête. Je l'observe, étonnée par cet arrêt soudain.
Lexa revient sur ses pas. Mon cœur bat bien trop vite pour que ce soit normal. Elle se penche, son visage est à quelques centimètres du mien. Mon estomac doit être mal renseigné et se retourne comme si j'étais montée dans des montagnes russes. Son regard se plonge dans le mien, je devine son sourire plus que je ne le vois. Ma respiration devient filante. Elle s'approche encore plus avant de déposer ses lèvres sur ma joue. Mon corps tout entier se met en arrêt, je suis subjuguée par la douceur de son geste. Elle murmure, son souffle caresse ma peau :
- Tu es la personne la plus courageuse que je connaisse, merci pour toute cette honnêteté.
Puis comme si rien ne s'était passé, elle disparaît. J'en reste bouche bée. Moi… moi je suis courageuse ? Je ne comprends pas… j'étais persuadée que celle qui avait le plus d'ardeur c'était elle. En ce qui me concerne, toutes mes actions ne sont pas vraiment dictées par le courage. Ça ressemble plutôt à un gigantesque shoot d'adrénaline, rien de plus.
Et puis, c'est quoi cette histoire d'honnêteté ?
J'hausse les épaules décidé à oublier cette histoire pour le moment. Je rapproche mon téléphone de mon oreille pour enfin finir cette conversation. J'informe ma mère que Lexa me déposera à la maison, je suis certaine qu'elle va accepter mais qu'elle ne restera pas. Je demande à Marcus d'essayer de la calmer, il m'assure qu'il tentera l'impossible pour moi.
Puis éreintée par le comportement toujours aussi excessif de ma mère, je rejoins Lexa dans la cuisine. Je lui tends ma tasse qui contenait mon chocolat chaud maintenant vide. Elle la dépose dans l'évier avant de revenir vers moi.
Je tire une chaise de dessous la table de la cuisine pour m'installer. Je passe une main sur mon visage, lasse. Je soupire. Lexa s'assoit en face de moi. Pourquoi j'ai l'impression qu'avec mes parents et O, elle me soit, elle aussi, devenue indispensable ? Sa simple présence me calme toujours d'une étrange façon. Je n'ai pas besoin qu'elle dise quelque chose, juste qu'elle marque sa présence. Qui, avant que je n'emménage avec elle, aurait pu dire qu'un simple post-it pourrait un jour me donner le sourire ? Personne. Ou si ça avait été le cas, je ne l'aurais pas cru.
- Donc, elle commence, alors que je me dis que sa voix est en train de devenir mon son favori dans tout ce bas monde, tu apprécies les animaux ou tu les détestes tous comme mon pauvre Pringles ?
- Ton "pauvre" Pringles est un reptile ! Il ressemble bien trop à ces choses écailleuses et rampantes pour que je puisse l'apprécier. Mais sinon, je suis humaine, j'adore les animaux, même si ma mère n'a jamais accepté que j'en ai un à moi.
- Ça te plairait ?
- Quoi ?
- D'en avoir un ?
- Un… un animal ? Tu me demandes si moi, je veux un animal ? Je… attends. C'est une blague ?
- Non.
- Je ne suis pas certaine de savoir m'en occuper et puis avec mes études, je ne serai pas souvent présente alors non… mais attend pourquoi tu me poses cette question ? Parce que si c'est pour me tester et savoir si je vais débarquer un jour à l'appart' avec un animal, la réponse est sûrement non. Parce que même si je les trouve adorable, je ne suis vraiment pas sûre de savoir m'en occuper, j'aurais peur de me planter.
Le rire de Lexa me coupe dans mon monologue. Je suis surprise de l'entendre rire. C'est tellement rare. Même son rire se rapproche dangereusement de la perfection.
Je suis plus spectatrice qu'actrice des prochaines actions. Lexa se lève, elle vient prendre ma main, ce qui provoque une nouvelle réaction étrange de mon corps. Elle m'oblige à me lever puis m'entraîne hors de la maison. Je l'attends complètement interdite. Je ne comprends pas ce qui est en train de se passer. Elle entre de nouveau dans le hall pour récupérer deux vestes, elle m'en lance une que je rattrape in-extrémis.
Je l'observe fermer l'entrée puis mon attention se porte sur la veste, je frissonne avant de me décider à l'enfiler. Lexa glisse les clefs dans la poche arrière de son jean avant de reprendre ma main. Ce geste qui semble si naturel chez elle, me laisse complètement interdite. Mes pieds la suivent docilement alors que mes yeux restent fixés sur nos doigts liés entre eux.
Je ne sais pas pour quelle raison mais ce contact entre nous me rassure et semble étrangement naturel. Après ce qui me semble à peine une seconde mais qui a dû être bien plus long, je relève les yeux. Nous ne sommes alors plus qu'entourées d'une forêt immense. Je me retourne pour essayer de me repérer mais il n'y a rien. Rien à part des arbres, des arbres et encore des arbres.
Pour une fille comme moi qui a grandi dans une banlieue chic, entourée au minimum d'un bâtiment tout les dix mètres, cette situation est plus que bizarre. J'espère que Lexa n'a pas décidé de nous perdre parce que je n'ai aucun sens de l'orientation. Je ne saurais pas retrouver le nord même si ma vie en dépendait.
Je m'apprête à demander à ma colocataire où on se trouve quand une gigantesque boule blanche fonce droit sur nous. J'ai à peine le temps de le voir arriver que déjà le chien saute sur Lexa. Un aboiement joyeux s'échappe de l'animal ce qui attire une nouvelle fois un rire de la part de la brune. Sa main glisse loin de la mienne pour caresser la tête de cette boule de poil.
Je me décale sur la droite quand je comprends que Lexa ne tiendra plus très longtemps sur ses pieds. Quelques secondes après mon geste, elle tombe sur les fesses et le chien attaque son visage à coup de léchouilles. Brrr… répugnant !
Lexa finit par attraper son collier pour l'éloigner. Elle essuie ses joues avec un air dégoûté qui marque ses traits. Elle fait une tête qui varie entre la colère et l'amusement et c'est assez drôle. A croire qu'elle n'arrive pas à choisir si elle souhaite s'énerver ou non.
- Hadès ! Reviens ici immédiatement, ça fait deux fois en deux…
Je relève les yeux en entendant une voix d'homme. Je ne pensais pas rencontrer quelqu'un au milieu de ce nul-part. L'homme en question est immense, porte une barbe et malgré le fait qu'il pourrait paraître bourru, semble au premier regard amical.
Il finit de nous rejoindre en trottinant mais semble plus serein. Il s'agenouille devant Lexa en lui souriant. Le chien, tourne frénétiquement la tête avec un air joyeux entre celui qui semble être son maître et ma colocataire.
- Bonjour Lexa. Toi aussi, deux fois en deux jours, un véritable exploit.
La jolie brune lui fait un de ses sourires à se damner comme réponse. L'homme lui fait un clin d'œil avant de se relever en passant une main dans les cheveux de ma colocataire pour les ébouriffer. À la fin de son geste, Lexa fait une moue boudeuse mais ne proteste pas. Elle se relève en époussetant son jean.
Le bien heureux Hadès se frotte contre sa jambe et elle lui donne avec joie une caresse. Elle semble différente. Je veux dire par là, qu'elle sourit beaucoup. Je peux parfaitement voir qu'elle est heureuse, ça se voit jusque dans le fond de ses yeux.
Elle revient vers moi et son geste attire l'attention de l'homme barbu sur moi. Lexa attrape mon avant bras et m'oblige à avancer. Le chien me renifle avant de revenir se placer près de la brune qui me présente :
- Gustus, Clarke Griffin ma nouvelle colocataire et amie. Nous sommes venues lui trouver un animal de compagnie.
Nous sommes venues quoi ?
- Oh je vois ! Et, il en faut un qui s'entende bien avec ton étrange tortue, j'imagine.
Je ris doucement à la fin de la seconde phrase de ce Gustus. Je m'apprête à faire un commentaire comme quoi je ne suis pas la seule à trouver Pringles étrange, mais je capte le regard noir de reproche de Lexa alors, je m'abstiens.
- Je crois que j'ai exactement ce qu'il vous faut. Tu vis toujours dans le duplex à New-York ?
Lexa acquiescepour répondre positivement. Gustus commence à avancer mais ma colocataire, elle, ne bouge pas d'un pouce. Je lui demande :
- On n'y va pas ?
- Ce choix t'appartient. Je reste avec Hadès.
- Mais…
- Je vous attends Mademoiselle Griffin !
- Je serai juste là, ne t'en fais pas.
- D'accord.
Je trottine pour rejoindre Gustus. Je suis tout de même un peu impressionnée par sa carrure plus qu'imposante. Il me fait traverser un immense domaine, où je peux voir des chevaux, des chiens, des chats et même des cochons. J'essaye de ne pas trop traîner en arrière. Puis il ouvre un hangar où je perçois des miaulements.
Un magnifique chat tigré, voire même tacheté, qui tire sur le roux vient dire bonjour. L'homme se penche pour le prendre dans ses bras. Le félin vient se frotter contre sa barbe et ronronne dans une douce mélodie.
Je tends la main pour le caresser, il est magnifique. Je sens le regard de Gustus sur moi mais je continue mes attentions sur la petite tête du chat en l'ignorant. J'y arrive très bien jusqu'à ce qu'il prenne la parole :
- Ash t'apprécie, c'est rare mais ce n'est pas le plus impressionnant. Comment as-tu convaincu Lexa de revenir à New Haven ?
- Je n'ai rien fait, je réponds immédiatement.
- Ça fait quatre ans qu'elle refuse de remettre un pied ici et tu veux me faire croire que tu n'y es pour rien dans son retour ?
- En effet, j'étais juste mal et elle m'a emmené loin de New-York pour que je puisse changer d'air mais je ne lui ai rien demandé. En fait, j'ignorais même qu'elle avait une maison ici avant samedi soir.
- Tu dois vraiment compter pour elle.
Je relève brusquement les yeux vers lui, interloquée par ces derniers mots. Je fronce les sourcils en bégayant lamentablement :
- Que… que voulez-vous dire ?
Ma question ne récolte comme réponse rien de plus qu'un sourire mystérieux. Il me fait ensuite un signe de tête pour m'inviter à le suivre. Il ouvre une nouvelle porte et je me retrouve entourée par des dizaines et des dizaines de chatons.
- Comme Ash t'apprécie, je vais te faire l'honneur et le privilège de te donner un de ses fils. Il va bientôt avoir cinq mois, il était malade mais maintenant, il ne risque plus rien. Je n'ai qu'une exigence, me donner de temps en temps de ses nouvelles et… par pitié, donne-lui un nom plus… moins… tout sauf Pringles !
J'éclate de rire. C'est vrai que le nom que Lexa a choisi pour sa tortue est assez… atypique. Un jour, il faudra que je lui demande ce qui l'a poussé à faire ce choix.
Puis mon éclat soudain s'évapore aussi vite qu'il était venu au moment même où Gustus me cale un chaton dans les bras. Je suis absorbée par ses yeux verts, dans certaines nuances, ils ressemblent un peu à ceux de Lexa. Je secoue la tête. Il faut vraiment que j'arrête tout le temps de penser à elle. Ça devient bizarre !
La petit boule de poil miaule ou du moins fait quelque chose qui y ressemble. Je trouve ça adorable. Je l'installe un peu mieux dans mes bras et caresse doucement sa petite tête. Un rire grave me fait lever les yeux, je découvre Gustus, les poings sur les hanches, amusé, il dit :
- Ça y est, tu es mordue !
Je ne peux qu'être d'accord avec lui. Il me demande ensuite de le suivre, ce que je fais sans vraiment réfléchir. Je sens que cette petite boule de poil va véritablement réussir à m'aider. C'est fou que ce soit Lexa qui se soit aperçu que j'en avais besoin avant moi-même. Elle est fidèle à elle même, attentive.
Gustus remplit une boite en énumérant tout ce qu'il y met. J'avoue que je n'y fais pas trop attention. Je suis bien plus attentive face au chaton qui joue avec quelques-unes de mes mèches de cheveux. J'aurais pu rester comme ça, loin du monde réel, si une fille blonde platine aux yeux étonnamment clairs n'avait pas débarqué telle une furie en hurlant :
- Papa ! Dis-moi que je rêve ! Je dois forcément rêver ou est-ce que… ah ! Tu n'es pas seul… bonjour.
L'étonnante inconnue me tend la main en prononçant le dernier mot. D'un geste hésitant, je la lui serre en lui faisant un sourire poli et en murmurant moi aussi un "bonjour".
- Je suis désolée de vous déranger mais papa, il ne peut pas… dis-moi que ce n'est pas… je ne viens pas de la voir dans la cours n'est-ce pas ?
Et bien, si ça ce n'est pas un discours décousu, je ne sais pas ce que c'est ! Gustus s'avance vers la fille qui a, clairement sur son visage, un énorme point d'interrogation de dessiné. Il laisse tomber le carton dans les bras de la blonde qui pousse un gémissement en essayant de se stabiliser.
- Combien de fois, je t'ai dit de ne pas hurler dans la nursery.
- Mais papa…
- Est-ce que moi, je viens hurler dans ton écurie ? Je vais t'aider, la réponse est non.
- Mais enfin…
- Costia, prononce t-il sévèrement.
- Okay, tu veux que je me calme alors dis-moi que je suis victime d'un mirage ou même d'une hallucination et que Lexa Woods n'est pas dans notre cours à jouer avec Hadès.
Sans que je ne puisse le contrôler, mon attention se focalise soudainement sur leur conversation. De toute évidence, ces deux personnes connaissent ma colocataire. Sûrement mieux que moi donc évidemment, je laisse traîner mes oreilles. Ce n'est pas comme si je les espionnais. Enfin… pas totalement.
Je crois que cette fille commence légèrement à devenir mon obsession. Très légèrement…
- Je sais que ta relation avec Lexa n'est plus ce qu'elle était mais…
- Oh tu parles du fait qu'elle a disparu du jour au lendemain et a cessé toute interaction humaine ?
- Costia, de nouveau sa voix gronde, elle a perdu sa mère. On a tous une manière différente de gérer son deuil.
Alors quand Lexa disait que sa mère lui a fait beaucoup de mal, elle parlait de sa mort. Pourquoi elle ne m'a pas juste dit qu'elle était décédée ? Je n'ai pas le temps de me poser plus de question car Gustus reprend :
- Si tu ne veux pas la voir, la propriété est assez grande pour que tu puisses l'éviter mais Lexa sera toujours la bienvenue dans cette maison. Toujours. Qu'importe vos querelles de gamines.
- Des querelles ? Elle m'a…
- Oh et elle n'est pas venue seule, lui coupe t-il la parole. Clarke est sa nouvelle colocataire.
La fille de Gustus se retourne brusquement vers moi et elle n'a plus du tout un regard avenant. J'ai subitement envie de disparaître. Je me racle la gorge et commence à faire un pas en arrière quand elle explose une nouvelle fois dans un hurlement :
- Et on peut savoir comment tu as réussi à la convaincre de revenir ?
- Je lui ai déjà demandé, intervient son père, et Clarke n'a rien fait. C'était le choix de Lexa.
- Oui, d'ailleurs, je crois que je vais…
- Tu reste là, m'ordonne presque la blonde. Il doit y avoir un truc, il y a forcément un truc. Qu'est-ce que tu lui as fait ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?
- Mais euh…
- N'effraie pas cette pauvre petite.
C'est moi la petite ? Non mais il m'a bien regardé ? Je ne suis pas petite !
- Si on s'en prend à elle, Lexa va être en colère et ce n'est bon pour personne, tu sais comment elle est.
- Au moins, ça prouverait qu'elle est encore elle.
- Lexa est toujours elle, mais une elle plus à fleur de peau. Tu sais comment elle était avec sa mère, la perdre a détruit son monde. Toi, plus que quiconque, tu devrais comprendre ça Costia.
- Tu as tord, je ne comprends pas, s'exclame-t-elle en rendant son carton à son père pour partir en claquant la porte.
Je regarde la dite porte complètement ébahi. Je protège le chaton de mes bras. Gustus soupire en faisant quelques pas vers moi. Il commente :
- Normalement Costia n'est pas comme ça, mais elle a un passé assez difficile avec Lexa.
- Okay…
- Elle est en colère alors que moi je suis juste heureux de la revoir. Surtout si elle se sent prête à renouer avec les autres. Elle te parle un peu ?
- Elle commence, oui.
- C'est bien.
Nous revenons sur nos pas et je suis pensive. Je viens d'en apprendre beaucoup sur ma colocataire en peu de temps. Premièrement, sa mère est décédée et je dois avouer que cette information couplait avec celles que j'ai obtenu hier lorsqu'elle m'a dit « haïr » cette dernière, me laisse un peu interdite. Deuxièmement, elle a arrêté de parler après cet événement traumatique, la question est : pourquoi s'est-elle enfermée dans le mutisme à ce moment là ? Pourquoi ne pas se faire aider ?
Lexa semble être une personne qui prend soin des autres. Les week-ends qu'elle passe avec son frère le prouve. Est-ce qu'elle est murée dans le silence avec lui aussi ? Pourquoi ne pas accepter l'aide de personne comme Gustus ? Et plus troublant encore, pour quelle raison choisir de me parler à moi ? Après tout, je ne suis rien de plus qu'une inconnue… non ?
Un rire que je reconnais comme appartenant à Lexa me fait relever les yeux, qui étaient jusqu'ici perdu dans le vide. Je la vois jouer avec Hadès qui court, roule et saute partout. Je trouve cette scène particulièrement attendrissante.
- Même Hadès est heureux de la revoir. Tu sais, c'est son chien, elle s'en est occupée après le décès de sa mère, Lexa lui a donné le biberon, elle le gardait près d'elle pour qu'il n'ait pas froid. Costia a fait pareil avec son jumeau, Hugo. Je pense que de le laisser derrière elle a été une des décisions les plus difficile qu'elle ait prise il y a quatre ans.
- Pourquoi elle vous l'a laissé ?
- De un parce qu'elle savait que je prendrais soin de lui, toujours. De deux, c'est un chien d'extérieur, il aurait été très malheureux en appartement, qu'importe à quel point votre duplex est grand.
- Je vois, encore une fois, elle a fait passer les besoins des autres avant les siens.
- Tu commence à bien cerner notre Lexa. La seule fois où elle a été égoïste c'est dans la gestion du deuil de sa mère. Elle a laissé tout le monde de côté pour prendre le temps d'avancer à son rythme.
- Elle a arrêté de parler, je comprends.
- En effet. Elle s'est aussi coupée de tous ceux qui l'entouraient, hormis son frère et son père. Raven s'est accrochée à elle comme une sangsue. Costia n'a pas eu cette force. Moi, j'attendais qu'elle soit prête à nous affronter de nouveau.
- Elle m'a dit… elle m'a fait comprendre qu'elle détestait sa mère.
- Ça n'a pas toujours été le cas. Je te laisserai découvrir ce qu'il en était. Tu semble douée pour lui faire oublier ses résolutions.
Il fit une pause pendant laquelle nous observons tous les deux Lexa courir près de son chien et sourire. Tout simplement, être heureuse.
- J'imagine, reprend Gustus doucement, que son père ne me croira pas quand je lui dirai que j'ai vu sa fille à New Haven et en plus rire. Non, il fait une longue pause, il ne me croira pas.
C'est à ce moment que Lexa se rend compte de notre présence. Elle nous rejoint en courant, son chien a ses côtés. Avant d'arriver à ma hauteur et par extension mon chaton, elle lui demande d'une voix ferme de s'asseoir. Le beau chien blanc lui obéit non sans baisser les oreilles.
Elle s'avance donc un peu plus et entre largement dans mon espace personnel. Son sourire est immense lorsqu'elle découvre, la petite boule de poil dans mes bras. Ses yeux brillent quand elle demande à Gustus :
- Tu lui as donné un mini-Ash ? Comment tu vas l'appeler ?
- Tu te rappelles ce que j'ai donné comme règle Clarke ?
Je ris en énumérant :
- Vous donnez des nouvelles et ne pas lui donner un nom stupide.
- Mini-Ash est stupide comme nom.
- Hey, répond Lexa offusquée avant de faire de gros yeux comme si elle était elle-même surprise de son intervention.
- Ne vous en faites pas, je ne l'appellerai pas mini-Ash, promis !
Gustus nous laisse alors seules. Au bout de quelques minutes, j'accorde de nouveau mon attention qui était fixée sur le chaton à Lexa et je découvre qu'elle m'observait pendant tout ce temps. Encore ce regard qui semble lire en moi comme dans un livre ouvert. Cette fois, je me sens légèrement intimidée parce que j'ai la sensation qu'elle sait que j'ai parlé d'elle avec Gustus et cette Costia.
D'ailleurs, elle fronce les sourcils. Puis comme si elle venait de réaliser qu'on était en mode pause depuis un certain temps, elle me propose de rentrer. Elle ordonne d'une voix douce à Hadès de rejoindre Gustus, il s'exécute lentement avec la queue entre les jambes. Elle prend le carton avec la litière et quelques vivres pour mon nouveau petit compagnon et nous nous enfonçons de nouveau dans la forêt.
Alors qu'on avance, je réfléchis à un prénom pour le chaton. Je vois Lexa se retourner à plusieurs reprises, je comprends vite qu'elle à peur que son chien ai décidé de la suivre. Parce que maintenant, je sais que c'est son chien. Grâce à aujourd'hui, j'en sais tellement plus sur elle !
Décidément, je n'arrive pas à me concentrer plus de cinq minutes sans penser à Lexa ! Il faut que je me concentre, que je me concentre vraiment ! Un nom ça ne se choisi pas sur un coup de tête.
- Tu devrais l'appeler Meeko.
J'écarquille les yeux en me demandant pourquoi je n'y ai pas pensé avant. Ou alors, j'y ai pensé mais j'ai éloigné cette idée pour ne pas faire trop fan ultime de mon Disney favori !
Je souris en remerciant Lexa pour cette idée et je préviens mon nouveau compagnon qu'il a un nouveau nom en le répétant plusieurs fois.
Le reste de la journée se passe tranquillement. Je me sens tellement mieux que samedi soir. Lexa a véritablement un effet apaisant sur moi. Je ne sais même pas comment la remercier pour tout ce qu'elle a fait pour moi durant ces deux jours. Ils semblent tellement parfaits que j'ai du mal à croire que tout est réel.
Nous faisons nos sacs et rejoignons la vielle voiture rouge aux alentours de quinze heures. Lexa me dépose devant chez mes parents presque trois heures plus tard. Elle hésite avant de repartir. Je lui assure alors que tout va bien se passer et qu'en plus il est hors de question que Meeko rentre dans cette maison et encore plus qu'il reste dans la voiture.
L'argument fonctionne. Je la regarde partir. Je souris encore lorsque je frappe chez moi et que ma mère me tombe dans les bras en me sommant de me raconter absolument tout ce qu'il s'est passé depuis qu'on s'est quittée samedi.
oOoOo
Voilà pour le onzième chapitre de cette fiction. J'espère que vous l'avez apprécié. Qu'avez-vous pensez de cette deuxième journée ? Des idées sur la suite des événements ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
Note n°1 : Damien Dawn est un Youtubeur allemand qui écrit et chante ses propres chansons que je suis depuis 2 ans si je ne me trompe pas.
– Silent Scream est sortie en 2015.
Réponses aux Guests :
Alice : Bon… aujourd'hui on est pas mercredi mais j'espère que ça n'influencera pas ta préférence pour le troisième jours de la semaine ! ^^ C'est parfait si tu as aimer le dernier chapitre ! :) C'est vrais que vous êtes de petits privilégiés, vous connaissez le grand secret de Lexa contrairement à Clarke. Je te laisserai découvrir si oui ou non Clarke à quelque choses de spéciale ou si c'est juste parce que Lexa est amoureuse… C'est vrais, Costia est apparu dans ce chapitre ! Ton super pouvoir est magistrale, j'en suis jalouse ! J'imagine que tu as compris que la confrontation à trois n'aura pas eu lieu, mais elle arrivera ! Je vais revenir sur l'origine de la malédiction un peu plus tard mais comme l'a dit Lexa, elles ne savent plus vraiment quand et comment ça a commencer donc, ne t'attends pas a ce qu'elle trouve les réponse en un claquement de doigts, bien que j'ai déjà ma petite idée pour étoffer ses connaissances. Clarke va finir par s'adapter à Pringles, un de ses jours, elle n'aura plus le choix ! XD Et oui, Lexa "triche" avec son pouvoir c'est pour cette raison qu'elle trouve toujours la vérité. Mais de rien, ça me fait plaisir de partager cette histoire avec vous, vraiment ! :) Un super pouvoir… qu'est-ce que je voudrai comme super pouvoir ? Je suis déchirer entre mon amour pour les Marvel et ma fascinations pour la lycanthropie… bon aller, je me lance ! Si je pouvais avoir un super pouvoir se serait de voyager dans le temps, ça je pense que serait vraiment cool ! T'en fais pas, tu peux écrire un commentaire aussi long que tu le veux, je répondrai toujours ! ;) A mercredi !
Fanny : Waza ! Chapitre préférer déclarer ! :) Je suis heureuse qu'il t'ai plu, c'est un des chapitre que j'ai préférer écrire. C'est certain qu'elles sont entrain de devenir inséparables. C'est le but n'est-ce pas ? Et oui, Lexa est piéger dans une malédiction familial et donc on comprend mieux sa volonté de s'échapper du monde. Pour Clarke ça va être un chemin plus ou moins long, le dénis est quelque chose du quel il est difficile de se tirer mais fais-moi confiance, tout ira bien ! Pour le premier pas se sera… non, je rigole, je ne vais pas donner cette info ! ^^ Et bien, chapitre livrer comme demander en ce samedi !
Guest : Je suis bien contente d'avoir réussis a te surprendre ! :) Le passé avec Costia va rester assez flou pour le moment et les réponse arriveront au compte goûte mais t'en fais pas tout est déjà prévu. Merci beaucoup ! :)
Guest1 : Salut, tu peux être fière, en effet, je m'incline ! C'est vrais que j'ai laisser pas mal d'indices mais beaucoup sont tout de même tomber de haut en l'apprenant donc c'est que j'ai tout de même réussis a trouver un juste milieu. C'est vais que sur certain point, la malédiction de Lexa pourrait se rapprocher de celle de Mélinda dans Ghost Whisperer même si je n'y ai pas du tout penser en l'écrivant… En même temps se retrouver H-24 avec une personne permet toujours des rapprochement ! ;) Je vais penser à cet atelier couleur avec Clarke et Pringles ! J'espère que cette partie deux t'as plus ! :)
Guest : Crois-moi, ça arrivera ! XD
Lily : Bon… si tu as des bonnes notes, tout va bien ! Si on compare ma fiction à tes étude et à ton avenir sont plus important, donc à côté crois-moi, se n'est qu'une pauvre fiction… mais c'est très gentil de dire que c'est LA fiction, merci beaucoup ! Heureuse de ne pas t'avoir déçu avec la révélation du secret de Lexa ! Je vois très bien ce que tu veux dire et c'est ce que je cherchais à faire. Après ce qu'elle prend pour une malédiction évoluera peut-être avec le temps. Tu n'as peut-être pas de pouvoir pour aller dans le futur mais le chapitre est arriver plus tôt, presque mieux que des supers pouvoirs, non ?
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Lamentations et confessions »
GeekGirlG.
