Salut à tous ! :)
En temps et en heure... on est bien mercredi, n'est-ce pas ? Parce que croyez-moi entre ma beta et moi qui sommes de vrais bras casser vous avez bien faillit ne pas avoir ce chapitre aujourd'hui! XD Entre l'une qui a une otite en rémission et l'autre qui crache tellement ses poumons que s'en est ridicule s'était pas gagner ! XD
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Vous êtes définitivement les meilleurs lecteurs qui existent ! Même si… certain(e) d'entre vous on continuer a m'envoyer : « MSTP ce soir ! » en MP hier... ! Avec le chapitre 14, on a dépasser les 300 reviews et je ne peux que vous dire : « Merci, merci, merciiiiiiiiii ! » Vous rendez mes mercredi plus beau ! J'adore lire vos commentaires pendant mes pauses… je vous aimes !
Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelque mot sur ce chapitre : Nous sommes quelque jour après le repas chez les Griffin. Il est temps de savoir ce qui à changer du côté de Lexa depuis ce fameux repas et sa pseudo crise d'angoisse de laquelle Clarke a réussit à la sortir.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
I Hear Your Voice
Chapitre n°15 : Chaque seconde
Un souffle archaïque. Une accumulation de fumée blanche qui s'échappe de mes lèvres à chaque respiration. Des vêtements imbibés d'eau. La morsure du froid en ce début décembre. Les tremblements de mon corps qui frissonne perdu entre les frissons dû au froid et ceux gorgés d'adrénaline. Mon regard qui parcourt la distance approximative qu'il me reste à franchir.
J'ai rangé mes mains dans les poches de mon manteau dans l'espoir fou de les réchauffer. Ma gorge est en feu, chaque goulée d'air est presque un supplice. Je me suis abritée sous une aubette de bus lorsque la pluie est devenue diluvienne. Ma jambe droite frémit d'impatience à la simple idée de reprendre cette course infernale.
Lentement je clos mes paupières pour essayer juste une seconde de retrouver mon calme. Mes cils eux aussi imbibés d'eau sont plus lourd. Je les sens se coller à ma peau. Chaque inspiration est douloureuse parce qu'elle est irrémédiablement suivie de cette voix à peine réelle que je ne connais que trop bien. Cette voix que je ne devrais pas entendre et pourtant elle est là. Elle m'appelle. Elle demande de l'aide. Pas forcément à moi mais personne d'autre ne l'entends.
Je me souviens qu'avant mes dix-sept ans, il m'arrivait d'avoir cette conviction intérieure, qu'il était arrivé quelque chose à une personne qui m'était proche. Mais avant, je n'avais aucune certitude que cette impression soit réelle. Maintenant ça me martèle la tête dans une douleur indescriptible. C'est tel un étau qui se resserre encore et encore. Ça ne s'arrête pas, jamais. Du moins pas temps que la crise n'est pas passé.
J'ouvre presque violement les paupières. Je serre mes poings si forts que mes ongles transpercent presque ma peau. Je ne peux pas rester là. Il faut que j'avance. La pluie est tellement forte que lorsqu'elle s'écrase au sol, elle rebondit presque d'un demi-mètre. Elle a commencé il y a peu de temps et pourtant par endroit il y a des flaques qui, si on marche dedans, doivent noyer tout notre pied.
Il serait plus sage de rester à l'abri. En même temps, je suis déjà trempée jusqu'aux os. Je suis certainement déjà destinée à être malade dans les prochains jours. Il est hors de question d'abandonner.
Un sourire de détermination étire mes lèvres au moment ou je remets ma capuche sur ma tête. J'observe une dernière fois la tempête. Je prends quelques dernières respirations calmes avant de m'élancer sous ces torrents d'eau. Chaque pas provoque un clappement unique, chaque pas fait émaner une morsure dans tous mes muscles, chaque pas rend ma respiration presque impossible, chaque pas fait battre frénétiquement mon cœur qui en deviendrait presque fou, chaque pas me rapproche un peu plus d'elle. Clarke… et alors même que ça paressait impossible, j'accélère encore.
Je n'ai pas eu le temps de me demander comment tout ceci est arrivé. J'étais dans une de ces soirées auxquelles mon père me convainc toujours et que je déteste tant. Je fais pourtant bonne figure. Je m'arme de sourires tous plus faux les uns que les autres. Je me cache derrière mon frère qui pour une raison qui m'échappe apprécie ce genre de comédie. Et je reste le temps minimum auquel on s'attend que je reste. Mais pas aujourd'hui. Non, pas aujourd'hui...
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Pendant une seconde, tout allait bien. Du moins, aussi bien que je puisse aller dans cette soirée. Puis ça m'a frappé sans prévenir. La voix de Clarke. Je l'ai d'abord cherché dans la marée de personne présente autour de moi. Mais elle n'était nulle part. J'ai trouvé cette situation étrange. Je n'ai jamais perçu les pensées d'une personne lorsque je suis loin d'elle. Sauf cette fois où Aiden s'est blessé au cours de sport il y a deux ans, ou juste avant que Raven se soit fait plaquer par un imbécile que je maudis sur les trois prochaines générations.
J'ai compris avant de percevoir le désarroi dans les pensées de celle qui habite toutes les miennes. J'ai commencé à courir avant même d'en avoir la certitude. J'ai demandé, oui vraiment je l'ai fait, j'ai même crié pour qu'on me donne mon manteau. J'ai changé rapidement de chaussures. Je suis sortie pour rejoindre ma moto mais quand j'ai vu le temps j'ai vite compris que de rouler sous cette tempête serait du suicide. Alors j'ai couru. J'ai couru aussi vite que j'ai pu.
J'ai été obligé de m'arrêter au moment même où toute sa détresse a explosé. Mon cœur s'est presque arrêté. Je me suis maintenue à un mur pour m'empêcher de trébucher. Je tenais à peine sur mes jambes. Toute cette douleur, cette peine, cette insécurité et ce manque de confiance était un supplice à supporter. Le pire c'est que je ne connaissais qu'une seule personne capable de mettre Clarke dans cet état.
C'est à ce moment là que j'ai trouvé ce refuge temporaire qu'à été l'aubette de bus. J'ai pu reprendre une constante, me calmer un peu aussi bien physiquement que moralement. Et surtout, oui surtout être absolument certaine du lieu où elle se trouve en ce moment. J'ai dû faire pour cela quelque chose que je déteste plus que tout au monde. Laisser tomber toutes mes barrières afin de trouver la voix la plus forte, celle qui est la plus importante à mes yeux.
Mon esprit a dû nager dans un océan rempli de requins avant de la trouver. J'ai dû affronter des pensées torturées, douloureuses, horribles et même insupportables. J'avais oublié qu'à deux cent mètres à peine, il y avait un hôpital. Je déteste ce lieu. Les pensées y sont tellement… tellement… plus cruelles, agressives, pénibles. C'est déchirant. Puis, je l'ai trouvé elle, au milieu de cette atmosphère pesante, j'ai perçu Clarke. J'ai souris à cet instant, je me suis sentie rassurée de savoir où elle se trouvait avant d'être de nouveau submergée par son ressenti et accablée par mon absence en cet instant alors que je lui ai promis que je la protégerais.
Alors oui, je cours sous une pluie battante à en oublier comment on respire. Oui, je manque de tomber malade ou même de tomber le plus simplement du monde. Mais qui s'en soucis ? Lorsque la personne pour qui on est irrémédiablement en train de tomber amoureuse est en train de sombrer, qu'elle a besoin de vous, on fonce. Non ?! Je me fiche que mes actions puissent être perçues comme de la folie pure. Je continuerai de courir vers elle, quoi qu'il advienne !
Je dérape, je glisse sur l'eau qui éclabousse tout autour de moi. Je reste plantée quelques secondes devant la porte principale de l'immeuble. C'est ici que se trouve Clarke. Il n'y a pas de doute possible. Je prends une forte inspiration. Je me plonge dans les pensées du premier venu pour trouver le code qui me permettra de continuer mon avancée. Normalement, je culpabiliserais d'entrer de la sorte dans l'intimité la plus profonde d'un simple inconnu. Mais pas aujourd'hui. Non pas aujourd'hui.
C'est plus difficile d'entrer dans l'esprit des personnes quand je ne me plonge pas dans leurs yeux. Ça me demande plus de concentration. Ça me provoque plus de douleur. En vérité, c'est un vrai supplice. Mais je m'en moque.
Je trouve la combinaison à six chiffres. Je la compose le plus vite possible. La grille se déverrouille, je ne perds pas de temps et je me glisse à l'intérieur de l'immeuble. Je me concentre de nouveau sur la magnifique blonde qui vit avec moi depuis maintenant trois mois. Troisième étages. C'est partie !
Je gravis chaque marche en laissant sur mon passage des petites traces d'eau. Ma main agrippe la rambarde pour me propulser un peu plus et encore accélérer. Vite, plus vite ! Une personne déboule en contre sens, je l'évite de justesse. Je ne prends pas le temps de lui accorder un regard d'excuse. Je n'ai pas le temps.
J'arrive devant une porte, complètement essoufflée. Je sais que c'est cette porte. Je prends quelques secondes pour retrouver une respiration un peu plus normale. Je retire ma capuche, ce qui après réflexion n'a pas été l'idée du siècle parce que l'eau qui était accumulée sur celle-ci se retrouver à tomber sur mes mollets, pour encore plus imbiber mon pantalon. Je peste intérieurement contre la situation.
Puis je frappe et mon cœur tape, tape et tape encore contre ma cage thoracique.
J'ai la sensation d'attendre une demi-décennie avant de voir enfin la porte s'ouvrir avec une lenteur qui ne semble être là que pour se foutre de moi. J'ai envie d'entrer avec force et de continuer de courir vers elle mais ce serait un trop grand manque de respect. Il y a des limites à mon impulsivité quand même. Je manque de me décomposer lorsque je commence à reconnaître le visage de celui qui est en train de m'ouvrir la porte. Une fois son geste fini, il pose ses yeux sur moi et semble tout aussi incertain que moi. Merde…
- Lexa mais qu'est-ce que tu… tu ne devrais pas être là.
Oh, crois-moi je le sais très bien ! Mais comment je pouvais savoir que Clarke serait chez toi Lincoln, hein ? Comment ?
Malgré le fait que je sais pertinemment que nous ne devrions pas être dans la même pièce, je soutiens son regard. Nous dérogeons déjà à la règle presque tous les jours en travaillant ensemble. Donc on peut bien jouer un peu plus avec le feu aujourd'hui, non ?
- Pourquoi tu es trempée ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu as découvert quelque chose sur l'affaire Queen ? Tu n'étais pas censée être à la soirée d'ouverture du nouveau centre de pompier ? Ton père sait que tu es là ?
- Lincoln…
Je n'ai pas le temps pour toutes nos histoires de famille. Oui, nos pères se détestent plus que tout au monde et refuse d'avoir toute sort d'interaction depuis plus de dix ans. Mais il y a plus important à cet instant. Beaucoup plus important !
- … dis-moi juste où est Clarke ?
- Oh je vois, elle t'a appelé.
On peut dire ça oui. Pas de manière conventionnelle, mais elle l'a fait. J'hoche la tête en guise de réponse. Lincoln soupire. Il sait qu'il y a une grande différence entre travailler de temps en temps ensemble par "obligation" et me laisser entrer chez lui. Je le sais aussi mais s'il me fait trop attendre, je lui colle mon poing dans la figure. Merde à la fin, il s'agit de Clarke. Clarke !
Il finit par tendre une main vers moi. Je fixe cette dernière sans comprendre ce qu'il attend de moi. Normalement, j'aurais deviné ou plutôt lu ce qu'il voulait mais là je suis trop absorbée par le désarroi d'une certaine blonde.
- Ton manteau, s'il te plaît.
Je ne perds pas une seconde pour l'enlever et le lui donner. Je commence à avancer mais il se place de nouveau devant moi pour empêcher tout nouveau pas. Je le fixe clairement énervée par son comportement. Il faudrait savoir, il me laisse entrer ou pas ?
- Ne te fais pas remarquer…
Je lève les yeux au ciel. Je ne supporte pas quand il est comme ça. Je n'ai pas l'intention de faire quelque chose de stupide, juste d'aider Clarke.
- Bon… Clarke est avec O dans notre chambre. Je ne sais pas comment s'est arrivé mais Sindy a réussi à s'incruster et à lui parler. Quand on s'en est rendu compte, le mal était fait. Évidemment je l'ai viré.
Mais je sais déjà tout ça ! Maintenant laisse moi passer !
Il continue ses explications… non mais c'est pas vrai. Je croyais qu'il voulait que je me contrôle. Alors pourquoi il s'amuse à m'énerver ? Un long soupir m'échappe alors que je me faufile sous son bras pour entrer dans son appartement. Il hurle :
- Mais attends ! Je ne t'ai pas dit où est la chambre !
Je m'avance vers la pièce qui, je le sais, renferme Clarke. J'avance alors que le bruit autour de moi empire. La musique est trop forte, les bavardages incessants… il y a du masticage de gâteaux en tout genre, l'écoulement de liquide que j'imagine être de l'alcool. Il n'y a pas de doute, je suis au milieu d'une fête. Pile le genre d'endroit que j'évite à tout prix. C'est une vraie torture d'être au milieu de tout ce brouhaha.
C'est comme de se retrouver au milieu d'une brume si épaisse qu'on ne distingue plus ses mains. On sait qu'elles sont là mais ne pas les voir nous effraie. Je sais que j'existe toujours mais je n'arrive plus à savoir ce que je pense, parce-que celles des autres écrasent les miennes. Je déteste les fêtes !
J'ouvre violement une nouvelle porte. Une furie brune me saute presque dessus. Elle m'indique la sortie en m'assurant qu'elle me fera subir mille morts si je ne disparais pas dans la seconde. Je me fiche de ses menaces parce que mon regard est déjà prisonnier de celui de Clarke. La douleur, la peine et l'insécurité que je peux y lire me rendent presque folle. Puis imperceptiblement, ses émotions sont écrasées par la joie de me voir, l'incompréhension aussi. Mais sans plus se poser de questions intérieures, Clarke fonce vers moi en hurlant presque mon nom pour fermer ses bras dans mon dos.
Je place alors ma main gauche dans le creux de ses reins pour la rapprocher au plus près et de l'autre je caresse doucement ses cheveux en espérant réussir à l'apaiser. Ses larmes coulent jusque dans mon cou, elle a du mal à respirer. Je n'ose imaginer ce que cette fille lui a encore fait. Je suis tellement en colère de ne pas avoir pu être présente pour elle. Je n'ai pas pu la protéger contre cette furie et ça me ronge de l'intérieur.
J'éloigne doucement Clarke de mes bras. Je caresse sa joue pour chasser ses larmes. Je lui fais un sourire que je sais triste. Je demande silencieusement l'autorisation à celle que j'imagine être O pour nous installer sur le lit. Elle hausse les épaules. Je prends ça pour un oui. Il faut dire que depuis que Clarke s'est réfugiée dans mes bras, cette brune me dévisage sans aucune gêne.
Je m'installe donc sur le bord du lit et invite Clarke à venir près de moi. Sans que je ne dise rien, elle se replie sur elle-même et vient poser sa tête sur mes cuisses. Je reprends mes attentions dans ses cheveux espérant pouvoir l'apaiser. Je sens que mes gestes la calme lorsque l'apocalypse qui animait ses pensées commence à diminuer. Je souris lorsque je capte son envie de chocolat chaud. Je lève donc les yeux pour demander à O si elle peut en apporter mais son regard est de plus en plus hostile à mon égard donc… j'hésite.
- Donc tu es LA Lexa.
Non mais c'est quoi ce ton ? C'est qu'elle ferait peur. Il faut que j'éloigne les pensées de Clarke de mon esprit pour savoir où se trouve le problème.
- N'embête pas Lexa O… sinon elle va prendre peur et pouf disparaître, comme un fantôme.
Je baisse les yeux pour découvrir la mine inquiète de ma colocataire. Je me plonge dans l'océan bleu de ses iris en lui assurant :
- Je ne vais nulle part Clarke.
- D'accord, répond-elle en venant agripper le bas de mon tee-shirt encore imbibé d'eau.
- Et bien si je ne peux m'en prendre ni à Lexa, ni à toi je fais quoi ? Parce que concrètement blondie, il va falloir qu'on revoie ta définition du mot "banal".
- Tu peux lui faire un chocolat chaud, je propose.
- Un chocolat chaud, elle répète sûrement surprise. Pas un café ?
- Oh oui, un chocolat chaud serait parfait ! En plus j'ai froid.
Je grimace en réalisant que si elle a froid c'est certainement à cause de moi. Après tout, je viens de passer plus d'une demi-heure à courir sous la pluie.
J'entends la porte claquer ce qui me fait sursauter. Mon regard semble bloqué sur cette stupide planche de bois jusqu'à ce que la main de Clarke vienne se poser sur ma joue. Elle me force à reposer mes yeux sur elle. Je me force à lui sourire. J'aimerais lui dire que tout va bien se passer. Mais la dure vérité c'est que je ne sais pas comment faire pour éradiquer le problème que représente Sindy. Je déteste la savoir torturer par une seule et même personne.
- Comment tu as su ?
Mon premier réflexe est de lui mentir. C'est toujours ce que j'ai choisie de faire. Parce que je suis capable de faire, c'est terrifiant. Aussi bien pour moi que pour les autres.
-Se n'est pas important.
-Pas important…
-Non. Je suis là pour toi. Ça c'est important.
-Tu as raison, répond-elle avec un sourire magnifique.
Après son chocolat chaud et encore quelques paroles rassurantes, Clarke finit par s'endormir. Je sais que c'est ce qu'il lui faut. Elle a besoin de se reposer. Elle semble de plus en plus ébranlée à chaque nouvelle rencontre avec Sindy, plus fragile.
Je pensais avoir réussi à l'effrayer la dernière fois. J'étais tellement hors de moi contre cette fille que je n'ai pas eu besoin de grand-chose pour trouver une faille. Alors qu'elle m'a demandé ou plutôt hurlé de m'éloigner de Clarke, je lui ai demandé de bien réfléchir avant de s'en prendre à elle.
Cette Sindy s'est alors approchée de moi, elle m'a menacé. Elle a même posé un doigt accusateur sur moi. Le simple fait qu'elle ait pu penser avoir le droit de me toucher, m'a rendu folle de rage. J'ai dû énormément me contenir pour ne pas la frapper. Mais je n'ai rien pu faire contre ma résolution de ne plus jamais parler dans le but de blesser quelqu'un, avec ce que j'apprenais bien malgré moi dans l'esprit d'une personne en face de moi. Non. Je n'ai pas pu. Alors, je l'ai informé que si elle faisait de nouveau du mal à Clarke, je révélerais à tous ce qu'il s'était passée l'été 2009. Elle a semblé avoir peur. J'ai cru que ça suffirait.
Je soupire. Comment une personne peut être aussi mesquine ? Je déteste les gens qui lui ressemblent. Ils sont imbus d'eux même et considèrent les autres comme des sous-fifres ou pire… comme des moins que rien.
L'été 2009 ou comment Sindy est devenue celle qu'elle est aujourd'hui. Elle estime avoir tous les droits parce que c'est comme ça qu'elle a été élevée. Elle a été énervé contre son père qui trompait sa mère alors elle a poussé la maîtresse de ce dernier du haut des escaliers. La pauvre femme est aujourd'hui en fauteuils roulants. Son père a étouffé l'histoire, bien sûr. Mais c'est à partir de ce jour qu'elle a réalisé qu'elle avait tous les droits.
J'aurais dû réfléchir avant de parler. Je me doute que cette sale garce à dû s'assurer du silence de celle qui a été la maîtresse de son père. Elle veut m'empêcher d'agir contre elle. Conclusion, elle a de nouveau pu faire du mal à Clarke et je ne peux rien faire contre ça. J'ai envie de détruire cette fille ! Et je sais que j'ai tout ce qu'il faut pour. Entre ma malédiction, mes contacts dans la police et ceux de mon père, je peux au moins obtenir une injonction d'éloignement.
Je me redresse. J'embrasse délicatement la joue de Clarke. Je commence à faire les cent pas dans la chambre avant de réaliser qu'il n'y a plus de musique. Je perçois des bruissements d'eau, de frottement de ballet et des pas fatigués. Je sors de la chambre. Je découvre alors O, Anya et un grand brun ranger dans le salon. Je cherche la cuisine où je sais trouver Lincoln. Faire la vaisselle c'est un truc de Woods.
Une fois que je trouve mon cousin, je lui subtilise le torchon qui était placé sur son épaule et je commence à essuyer ce qu'il nettoie silencieusement.
On fait toute la vaisselle. Lincoln vide l'évier avant de s'appuyer sur le plan de travail. Je me retourne pour étendre le torchon sur une chaise. Alors que je lui tourne toujours le dos, il demande :
- Comment elle va ?
- Elle s'est endormie.
- Comment tu as su qu'il y avait un problème ? Je sais de source sûre que Clarke ne t'a pas appelé pour la simple et bonne raison que O a encore foutu son portable dans notre micro-onde. Je ne t'ai pas appelé. Je ne prendrais pas ce risque vis-à-vis du conflit familial et tu le sais parfaitement. Octavia n'a pas pu te prévenir puisqu'elle n'a pas ton numéro. Quand à Anya… elle ne sait même pas que tu connais Clarke. Il est même possible qu'elle se soit contre fiché de la situation. Ne me dis pas que tu as demandé à un des gardes du corps surpayer de ton père de la suivre.
Putain… il est flippant quand il commence à analyser une situation. C'est certainement pour cette raison que c'est un des meilleurs flics de New-York.
Je baisse les yeux. Je cherche une réponse qui pourrait le convaincre mais tout ce que je trouve c'est :
- J'avais un mauvais pressentiment.
- Outch, la voix d'Anya me fait sursauter. Si la Woods numéro deux à un mauvais pressentiment, il faut toujours la suivre. Je l'ai appris à mes dépends. Qu'est-ce que ma consultante préférée fait ici ?
Elle finit sa phrase en plaçant une main sur mon épaule. Elle plonge ses yeux dans les miens. Je déglutis. S'il y a bien une personne qui peut me griller sur mon attitude c'est bien elle.
- Il y a un problème avec l'affaire Nia Queen ?
Elle lève les yeux vers Lincoln pour obtenir la réponse à sa question. J'imagine très bien ce dernier froncer les sourcils. Je m'apprête à répondre que non, si je suis là, c'est pour Clarke et uniquement pour Clarke.
- Non, répond à ma place Link, elle est juste venue chercher sa colocataire.
- Ah… la blonde qui était en pleurs.
- Clarke…
Anya sursaute. Elle est toujours surprise quand je parle. Son regard retombe sur moi. Elle sourit doucement avant que je ne reprenne :
- … elle s'appelle Clarke.
- Voyez-vous ça, murmure-t-elle si bas que je n'aurais pas dû l'entendre.
Merde… elle sait que je suis amoureuse de Clarke ! Elle vient de parier intérieurement que la "blonde" me tombera dans les bras avant la fin de la soirée. Non mais pour qui elle se prend ? On ne parie pas comme ça sur la vie amoureuse des gens.
- Donc, la voix ferme et quelque peu énervée d'Octavia nous oblige tous à nous tourner vers le salon, si je comprends bien, je suis la seule à ne pas te connaitre. Je suis Octavia, affirme-t-elle en me tendant la main.
J'observe sa main comme s'il s'agissait d'un cadeau empoisonné. Elle est super impressionnante et quelque peu effrayante cette fille. Je n'ose même pas bouger.
- Mais non, s'offusque Anya, elle était bien partie, elle parlait et maintenant tu as mis notre Lexa en mode bug ! On n'a pas l'habitude d'entendre sa jolie voix ! C'est pas cool O !
- Comment ça vous n'avez pas l'habitude d'entendre sa voix ?
- C'est, Lincoln cherche mon approbation pour continuer son explication, Lexa a vécu un traumatisme et depuis quatre ans elle ne parle plus ou très peu.
Je le remercie silencieusement de ne pas avoir parlé de sa mort. Je n'aurais pas supporté. J'en ai déjà beaucoup parlé avec Clarke depuis qu'elle a assemblé les pièces du puzzle et qu'elle a deviné comment elle était morte.
Octavia m'observe clairement avec méfiance. J'avoue que si Anya n'était pas juste derrière moi, je me serais enfui pour rejoindre Clarke en sécurité loin de la petite amie de Lincoln.
- Et dis-moi Kelly, pourquoi tu l'as appelé Woods numéro deux ?
- Je t'avais dit d'arrêter de le crier sur tous les toits, accuse Link.
- Je n'arrive pas à croire que même O, l'amour de ta vie, avec qui tu me rabâches les oreilles tous les jours, ignore votre lien !
- Tais-toi Kelly ou je te bâillonne !
- En fait Lincoln et Lexa sont cousins mais ils veulent que personne ne l'apprenne, lâche subitement Anya.
- Ce n'est pas ça du tout, explose Lincoln. Nos pères sont tellement cons qu'ils ont estimé un jour qu'on ne se verrait plus jamais. Avant qu'elle ne vienne nous aider pour la première affaire il y a deux ans, je n'avais pas revu Lexa depuis que j'avais quoi…
- Dix-huit ans, je continue à sa place.
- Ah oui… le jour de tes quinze ans, je me souviens ta mère avait…
Je me retourne presque violemment vers lui. Je lui lance un regard noir. Il recule, effrayé. Je serre les poings et tout en moi hurle : ne parle pas d'elle !
- … merde. Je suis désolée Lexa. Je ne voulais pas…
- Je vais chercher Clarke. Je la ramène à la maison.
Je me retourne sans dire un mot de plus. Je prends vraiment sur moi là. Qu'est-ce qu'il lui a pris là exactement ? Il le sait pourtant qu'il faut éviter de parler de ce genre de chose devant moi.
- Merde, je perçois la voix d'Anya, t'as vraiment déconné Woods. Même moi, je sais qu'il ne faut pas parler d'elle.
Je serre un peu plus mon poing. Je déteste que tout revienne toujours à elle. Je ne supporte plus que tout le monde puisse penser que si je ne parle plus c'est pour la pleurer. C'est faux putain ! Je la déteste !
Je m'oblige à me calmer avant d'entrer dans la chambre. Je me force à prendre plusieurs grandes respirations. Je colle mon front contre la porte. Je ferme les paupières. Je dois me concentrer. Je me force à chasser toutes les pensées qui ne sont pas les miennes.
- Hey !
Je sursaute, ouvre violement les paupières et me retourne vers Octavia. Je ne sais pas vraiment quoi dire ou faire. Elle m'intimide.
- Je suis désolée pour Lincoln. Il peut être idiot et surtout maladroit par moment. Je… je suis aussi désolée pour mon comportement. Je suis du genre « jalouse » mais, vraiment jalouse. Je m'inquiétais que tu puisses travailler avec Link alors que tu es… carrément canon !
Je baisse les yeux mal à l'aise après ce compliment. Je l'entends s'approcher. Je n'ose relever les yeux que lorsque ses chaussures entre dans mon champ de vision. Octavia à quelque chose dans les yeux que je n'ai que très rarement vu, du moins pas à mon égard. Elle a confiance en moi.
- Je sais que tu vas prendre soin de Clarke mais… s'il te plaît, elle prend ma main et, sans que je ne puisse rien faire pour l'en empêcher, griffonne dessus, n'oublie pas que tu n'es pas la seule à l'aimer et à vouloir son bonheur. Si un jour ou plutôt quand tu en auras besoin, voilà mon numéro. Pour elle, je répondrai toujours.
J'acquiesce doucement en guise de réponse. Je regarde les chiffres écrient sur ma main d'une encre rouge. Je souris. Elle commence à partir quand je dis :
- Je ne cherche pas à prendre ta place.
Elle semble surprise par mon intervention mais me sourit comme réponse. Elle hésite puis revient vers moi en quelques pas. De nouveau, je me sens intimidée. Je déglutis difficilement.
- Je n'en étais pas sûre mais… tu as cette façon de la regarder.
Merde… merde, merde, merde !
- Je crois en effet que je ne risque rien. Ma place de meilleure amie est sauve.
Octavia ne le dit pas mais elle sait. Elle a compris mes sentiments envers Clarke et c'est, je dois l'avouer, complètement flippant.
Mince… ça veut dire que deux personnes m'ont grillé aujourd'hui. Ça craint ! Il faut que je sois plus discrète.
Mais je dois avouer que depuis que j'ai rencontré ses parents, depuis ma mésaventure dans les limbes de mon passé où elle a réussi à m'atteindre, j'ai de plus en plus de mal à ignorer ce que je ressens pour elle. Je suis complètement amoureuse d'elle, et plus cet amour grandit, plus j'ai la sensation que tout le monde est au courant. Tout le monde… sauf la principale concernée.
Je sais que je devrais me jeter à l'eau. Je pourrais juste lui dire ce que je ressens. Sauf qu'il y a un problème… Et de taille : ses pensées !
Je sais pertinemment que je la trouble. Mais ce n'est que ça. Je la trouble. Elle ne ressent rien de plus pour moi qu'une très forte amitié qu'elle trouve parfois bizarre, mais une amitié quand même. C'est vraiment une putain de malédiction ce que je vis. Si je n'avais pas eu accès à ses pensées, je crois que je me serais lancée depuis bien longtemps. Peut-être même à New Haven. Mais là, j'ai peur… pour la simple et bonne raison que je ne veux pas la perdre. Je préfère l'avoir comme amie plutôt qu'elle disparaisse de ma vie.
Parce que c'est ce qu'il se passerait si je venais à lui révéler mes sentiments, n'est-ce pas ? Elle s'évaporerait. Elle prendrait ses cliques et ses claques. Elle sortirait de ma vie. Je vais faire en sorte que ça n'arrive jamais.
J'entre lentement dans la chambre. Je prends le temps de l'observer. Elle est tellement paisible quand elle dort. Même après avoir vécu une soirée aussi désastreuse que celle-là, Clarke n'est pas une personne à cauchemars. Lorsqu'elle tombe dans les bras de Morphée, elle se repose juste. J'avoue être un peu jalouse.
Je m'installe au bord du lit, au plus près d'elle. Je détaille chaque recoins de son visage. Elle est magnifique comme toujours. Je viens caresser sa joue en murmurant son nom pour essayer de la réveiller doucement. Pour l'instant, je n'obtiens rien de plus que des grognements. Je souris un peu plus en passant une mais dans ses cheveux.
- Allez Clarke, je te ramène à la maison.
- J'te… ve… paaaaaa…
- Tu préfères aller chez toi ? Je te conduis chez Abby si tu veux.
Enfin techniquement, j'appellerais un taxi dans les deux cas mais ce n'est pas important. Ma nouvelle intervention semble plus l'atteindre. Elle ouvre ses paupières pour me laisser découvrir ses magnifiques iris bleus, quelques peu voilés par la fatigue.
Je n'arrête pas mes attentions dans ses cheveux et je souris un peu plus. Je sais que je viens de toucher là où il fallait. Elle a besoin de se sentir en sécurité, vraiment. Pas juste d'un placebo et dans ce scénario, je suis le placebo. Clarke a besoin du confort de sa chambre d'enfant et des mots rassurant de sa maman. Des mots que je ne peux pas lui offrir.
Pourtant, elle semble, pour une raison qui m'échappe, hésiter. Elle me fixe avec quelque chose dans les yeux d'étrange, quelque chose que je n'arrive pas à lire.
- Tu…
Puis plus rien. J'attends. Je sais être patiente avec les mots. L'inverse serait plutôt hypocrite de ma part.
- Si… si je te demande de... si je rentre chez ma mère. Tu resterais avec moi ?
- Si c'est ce que tu veux oui. Je suis là pour toi.
- Et moi pour toi… je devais être ton plan de secours pour te sortir de cette soirée avec ton père. Je suis désolée Lexa, je… je me sens ridicule. Je ne devrais pas…
- Hey Clarke, calme-toi.
- Tu dis tellement de mots… ça aussi c'est à cause de moi. Je n'apporte que des ennuis. Je ne suis qu'une mer…
- Je t'interdis de finir cette phrase. Tu es quelqu'un d'exceptionnel. Tu m'entends Clarke Griffin ? D'exceptionnel !
Je me redresse comme pour couper court à cette conversation que je sais encore hanter par Sindy. Je lui tends la main. Elle hésite encore un peu avant de la prendre. Je dois me concentrer pour calmer les battements frénétiques de mon cœur.
De ma main libre, je viens caresser sa joue. J'obtiens un sourire. Elle se demande intérieurement comment j'ai pu savoir qu'elle allait mal et où elle se trouvait, mais c'est bien enfoui, très loin. Si loin que j'ai du mal à le percevoir.
Je la conduis devant la porte d'entrée avant que je ne lui demande de m'attendre pour que je puisse récupérer ses affaires. Octavia vient vers moi avec un sac où elle me confie avoir appeler un taxi qui nous attend dehors. Je la remercie avant de rejoindre la magnifique blonde qui m'attend avec un air complètement perdu. Je glisse de nouveau ma main dans la sienne et de l'autre, j'attrape mon manteau encore trempé.
Une fois dans le taxi, je donne l'adresse de la maison familiale de Clarke. A peine la voiture à démarrée, que la tête de ma colocataire se pose sur mon épaule.
- Merci d'être là Lexa et je suis désolée… mes problèmes sont tellement insignifiants à côté des tiens.
- Ne dis pas ça.
- Mais…
- Shhhh. Calme-toi.
Je passe tout le voyage avec une main dans ses cheveux et l'autre sur sa cuisse à dessiner encore et encore le signe de l'infini. Le taxi s'arrête et je tends un billet avant de me précipiter pour sortir et ouvrir la portière de Clarke. Je lui tends de nouveau la main qu'elle accepte, prends ses affaires dans l'autre avant de nous diriger vers l'entrée des Griffin.
Je prends le temps de m'assurer qu'elle va bien une dernière fois avant de laisser mon poing s'écraser contre la porte. Je distingue la lumière du hall s'allumer. Je sens une pointe d'angoisse me tirailler. La porte s'ouvre sur Marcus qui m'accorde à peine un regard avant de remarquer l'état de Clarke.
- Elle m'a demandé de la conduire ici. Je…
- Tu as bien fait Lexa. Entrez. ABBY ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ma princesse ?
Clarke serre un peu plus ma main et semble même se cacher derrière moi. Je déglutis. Je compte jusqu'à cinq. Je perçois les pas d'Abby et dès que je vois sa silhouette, je murmure :
- Sindy.
Ce n'est pas comme s'ils avaient besoin de plus d'explications. Ici, tout le monde sait que cette fille est un poison.
Abby apparaît enfin complètement alors Clarke lâche ma main pour se réfugier dans ses bras. Elle éclate en sanglots. Mon cœur se gonfle. Je n'aime pas l'entendre pleurer.
- Mon pauvre bébé, Abby relève les yeux à la fin de sa phrase pour me regarder, merci Lexa.
J'acquiesce doucement. J'observe la scène un peu de loin. Je ne me sens pas vraiment à ma place. Je tords un peu mes doigts dans tous les sens alors qu'Abby conduit Clarke vers le salon et avant que Marcus ne vienne vers moi.
Il prend un temps fou avant de prendre la parole. Et, je ne sais pas du tout ce qu'il me veut parce que dans sa tête c'est le remake de Tchernobyl.
J'avoue que je commence sérieusement à penser à fuir ! Mais comme si mon aptitude slash malédiction avait ricoché sur Clarke, elle se retourne en affirmant :
- Tu as promis. Tu restes… n'est ce pas ?
- Euh…
- Viens avec moi Lexa, reprend Marcus. Je vais te trouver des vêtements secs, avec ceux que tu portes sur le dos, tu vas attraper la mort.
- Merci.
Marcus m'a donc confié des vêtements que je sais avoir appartenu à Clarke. Il y a encore son odeur dessus. Puis il m'a indiqué où se trouvait la salle de bain en m'ordonnant presque de prendre une bonne douche chaude.
Quand je suis sortie avec sur moi les habits de Clarke, il m'attendait adossé au mur, les bras croisés. Il me demande de le suivre, ce que je fais docilement. Il ouvre une porte et me laisse entrer dans une pièce qui se révèle être une immense bibliothèque.
- Je t'ai préparé le clic-clac. Ce n'est pas l'idéal mais comme tu as promis à Clarke de rester…
- Merci.
J'avais envie de compléter ma phrase avec un : "c'est très bien". Mais les mots refusent de sortir.
Il referme doucement la porte et je fonce vers la chaise sur laquelle se trouve mon manteau. Comme si j'étais une camée, je tremble en cherchant dans les poches mes écouteurs et mon MP3. Je les enfonce dans mes oreilles et allume la musique. Je soupire de soulagement en entendant les premières notes de Noah, interprétées par Amber Run.
Je me laisse tomber sur le matelas. Je soupire, principalement de soulagement. Je suis heureuse de retrouver le "silence". Je n'aime pas épier les pensées des autres, encore moins celles de Clarke, malheureusement je suis irrémédiablement attirée vers elles. Je sais qu'aujourd'hui j'ai pu l'aider grâce à ça mais ça reste tout de même intrusif de ma part.
Je clos mes paupières pour mieux apprécier ce calme. Je crois que je ne vais plus jamais quitter mes lunettes parce que même si elles n'annulent pas tout, elles permettent un meilleur contrôle. C'est, je dois l'avouer, vraiment douloureux d'être piégée dans les envies, les peurs et les plus lourds secrets d'une personne sans ne rien pouvoir faire pour en sortir.
J'ai failli dire et faire des choses que j'aurais forcément regrettées par la suite. Pour la simple et bonne raison que j'aurais réagi à des choses qui n'avaient pas véritablement été dites. C'est pour cette raison que je ne parle plus. C'est tellement difficile de trier le vrai du faux, de savoir quand les personnes parlent ou non.
Je soupire de nouveau. C'est tellement compliqué de vivre comme ça. Encore plus quand une certaine personne ne nous y a pas préparée. Même ma grand-mère a été plus prévenante qu'elle !
Je commence à somnoler lorsque je sens le matelas s'affaisser. Je me redresse sur les coudes pour découvrir malgré la pénombre Clarke assise sur le bord du lit, le visage complètement caché par ses deux mains et ses cheveux qui dégringolent un peu n'importe comment.
D'un geste lent, je décroche les écouteurs de mes oreilles. Je suis soulagée lorsque je remarque que j'ai regagné un minimum de contrôle. Je me penche légèrement pour étirer mon bras vers elle. J'arrête mon geste, hésitante, avant de le reprendre et de laisser ma main glisser sur son épaule.
Mon geste n'attire pas son attention. C'est à peine si elle réagit. Je souris tristement. Cette fois, Sindy a vraiment touché la corde sensible. Ça me rend vraiment folle de rage. Il faut que je fasse quelque chose pour elle, n'importe quoi !
- Hey…
Enfin n'importe quoi, sauf dire quelque chose de stupide comme un simple "hey".
- Je suis désolée, murmure-t-elle, je n'arrive pas à dormir et… j'ai un peu peur de me retrouver seule avec mes pensées. J'aurais du réfléchir avant de venir. Te demander l'autorisation…
- Clarke, je commence.
- Tu sais ce que je méprise plus que tout ? Elle a osé s'en prendre à toi ! Elle n'a pas le droit. Elle ne te connaît même pas. Elle ne sait pas… elle ne sait pas que pour moi, tu es… tu es…
- Shhhh. Clarke, calme-toi. Tout va bien, c'est fini.
- Je peux dormir avec toi… ? Demande-t-elle faiblement.
- Bien sûr.
- Merci.
Je lui laisse un peu de place et ouvre la couette. Elle se glisse en-dessous avant de presque venir se coller à moi. J'essaye de maîtriser les battements frénétiques de mon cœur mais j'échoue lamentablement quand je commence à sentir son souffle près de mon cou.
La dernière fois, elle n'était pas aussi proche…
Je l'entends qui recommence à sangloter. Et, j'avoue ne pas avoir réfléchi avant d'agir. Parce que s'étire mon bras avant de murmurer doucement :
- Allez, viens.
Sans la moindre hésitation, Clarke s'installe au plus près de mon épaule. Ma main joue sur son dos. Elle pleure encore silencieusement. Je sens ses larmes qui se fraient un chemin jusqu'à ma clavicule.
Je sens ses doigts jouer avec plusieurs mèches de mes cheveux. J'essaye d'ignorer tout le bien être que peut me procurer cette promiscuité. J'ai la sensation que tout ceci n'est rien d'autre qu'une autre définition pour la normalité.
J'aimerais être à ses côtés chaque seconde de chaque jour.
- Lexa ?
- Hum hum…
- Je… je crois… tu es la personne la plus incroyable que je connaisse.
- Merci.
- C'est vrai. Ce ne sont pas des mots que je dis sans y réfléchir. Tu es importante à mes yeux, vraiment. Personne… à part ma famille ne s'était jamais préoccupé de moi comme tu le fais.
- C'est parce que…
Je t'aime. Évidemment, je ne peux pas dire ça. Ce n'est ni le moment, ni une bonne idée.
- … tu es incroyable Clarke Griffin. Tu me donnes envie de me déplacer.
- Comment tu as su que je n'allais pas bien ?
- On en parlera plus tard.
Autre façon personnelle de dire : jamais. Je me redresse légèrement pour distinguer son visage. Je souris avant de déposer un chaste baiser sur son front et d'ordonner doucement :
- Dors maintenant.
- D'accord. Bonne nuit Lexa.
Elle se rapproche un peu plus de moi et agrippe doucement le tee-shirt que je porte. Je frissonne. La savoir si près c'est vraiment étrange. Je sais qu'elle continue de jouer avec mes cheveux. Je sens chaque mouvement et ils me procurent tous une terrible sensation de bien être.
Je commence lentement à me rendormir. Parce que même si la savoir à quelques centimètres de moi fait battre mon cœur un peu plus vite, sa présence m'apaise surtout.
- Lexa ?
Mince… Clarke n'a vraiment pas l'air décidé pour dormir. Alors que moi concrètement si je m'écoutais, je tomberais. Entre la soirée de gala, mon mini marathon pour la rejoindre et la suractivité de mon aptitude, je suis vraiment rincée.
- Tu écoutais quoi avant que j'arrive ?
C'est à la fin de sa question que je réalise que je n'ai plus mes écouteurs dans les oreilles. Je les cherche à tâtons. Quand ma main tombe dessus, j'en porte à un vers mon oreille et dans un même geste, je propose l'autre à Clarke en le posant sur sa main.
Elle n'hésite pas avant de le prendre et bouge légèrement certainement pour s'installer plus confortablement avec l'objet dans son oreille. Je fais de même et le milieu de la chanson Don't Forget About Me interpréter par Cloves vient chatouiller mes tympans.
Trois chansons passent avant que je ne sente de nouveau le sommeil m'atteindre. Je jette un regard méfiant vers Clarke, juste au cas où elle déciderait d'intervenir de nouveau. Mais je remarque immédiatement que sa respiration est plus calme et qu'elle ne bouge presque plus.
Je souris avant de resserrer légèrement mon bras autour de son corps, qui semble plus fragile qu'à la normale. Je viens doucement embrasser le haut de ses cheveux avant de définitivement tomber dans les bras de Morphée, accompagnée des magnifiques paroles I wanna to grow old with you de Westlife.
oOoOo
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. C'est pour le moment un des chapitres que j'ai préférer écrire, surtout le début sous la pluie... bref! J'espère qu'il vous a plu! Maintenant, vous êtes certain(ne) que Lexa est vraiment prête a tous pour Clarke! Oh... et accessoirement, vous savez aussi comment elle s'est débarrasser de Sindy avant New Haven!
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
Note n°1 : Amber Run est un groupe britannique qui à fait ses début en 2012, ils nous propose du rock alternatif. Si vous ne connaissez pas, je ne peux que vous conseiller d'aller jeter un oreille, j'ai été agréablement surprise et si vous voulez aussi ravir vos yeux, les clips sont sublime (pour la plupart...)
- Noah est la première chanson de leurs EP qui ne comportait alors que 4 chansons qu'ils ont sortit le 14 février 2012.
Note n°2 : Cloves est un chanteuse que j'ai découvert sur Youtube, j'avoue que je ne sais pas grand-chose sur elle, j'en suis désolée !
- Don't Forget About Me est sortit en 2016 et je trouve les paroles magnifique.
Note n°3 : Westlife est un groupe de pop irlandaise qui à ravit nos oreille de 1998 à 2012. Ils ont tous de même vendu plus de 40 millions d'album au cours de leur carrières.
- I Wanna To Grow Old With You est sortit en 2010 avec l'album World of Our Own. (Je veux vieillir avec toi, je veux mourir en étant dans tes bras, je veux regarder dans tes yeux, je veux être là pour toi, partager tous ce que tu fais, je veux vieillir avec toi.)
Réponses aux Guests :
Alice : Bon bha… si tu es Happy, tout vas bien ! :) Se n'est pas évident mais faisable, je ne dis pas que ça n'arrivera jamais surtout que j'adore jouer avec le POV mais pas tout de suite… Clexa c'est pour quand ? C'est moi qui en parle ? Tu voudrai dire que je me suis piéger toute seule ..? Euh… bientôt ! ^^ (Si, si "bientôt" c'est un indice !) Clarke est le petite boulet gentillet de cette fic ! ;) Je note, je note ! :) Raven et Lexa… :D T'en fais pas pour Abby, elle n'en a pas fini… Disons que Marcus est trèèèèèèès observateur et qu'il connaît trèèèèèèèèès bien Clarke ! ^^ Mais de rien, j'espère que cette nouvelle dose à été bonne ! ^^ A bientôt ! :)
Guest : Merci beaucoup ! :D Raven c'est la meilleur (se sont les mots de Lexa, pas les miens) Lexa s'ouvre un peu plus à chaque chapitre, c'est le but en même temps, non ? Sache que je répond toujours à tous les commentaires, je trouve ça normal ! ^^ Après tous, tu prends le temps de laisser un petit mot, donc il est normal que je le prenne aussi ! :) (D'ailleurs si tu veux que les réponses soit plus personnelle n'hésite pas a te trouver un surnom !) A bientôt ! Xoxo.
Fanny : Mais de rien ! ^^ Je pense que s'était mieux de le poster très tôt que complètement à la ramasse le soir ou pire, pas du tout ! Merci beaucoup ! :D Trop mimi, oui ! ^^ A bientôt ! :)
Guest1 : Salut, Raven a un très grand pouvoir, elle attire toute l'attention sur elle, pour le plus grand bonheur de sa meilleur amie ! ;) Mais Raven est aussi assez mesquine pour jouer avec Lexa dans les pires moments ! XD Crois-moi, Abby est trèèèès frustrer mais… mais… se n'est pas fini ! Elle aura d'autre moment pour laisser libre court à ses questions. Ça pour être perdu, elle est perdu notre petite Clarkie ! ^^ A bientôt ! :)
Loukia 36 : Et dire que j'ai hésiter à laisser le passage de la glace… de toute évidence, j'ai bien fait ! ^^ Je sais, c'est louche tous ce calme mais ne dit-on pas « calme avant la tempête ! » Mais non… se n'est pas le pire cliffhanger que j'ai fais… A mercredi prochain !
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre : « Tellement dangereux »
GeekGirlG.
