Bonjour, bonsoir tout le monde,

J'ai enfin terminé ce chapitre qui m'a donné du fil à retordre. Je préviens tout de suite : c'est le plus long lemon que je n'ai jamais écrit jusqu'à ce jour (encore plus qu'avec Grimmjow une autre panthère c'est pour dire - oui j'aime les panthères). Du coup cette fic va se prolonger avec déjà un chapitre 4 que je rédigerais là maintenant, tout de suite, pour voir l'évolution de cette relation particulière...

J'adore Nash et je crois que ça se voit, je le mets de plus en plus dans mes fanfics :)

Désolé pour l'attente mais entre la perte de motivation, l'inspiration et les problèmes de la vie, j'ai tardé mais cette histoire ne sera pas abandonnée, jamais !

RaR :

Caloug 13 : merci pour ta review ^^ je suis contente que tu aimes ce duo improbable et je peux te dire qu'il y aura un chapitre 4 du coup, puisque je m'étends de plus en plus… Quel jeu de mot pourri :D

Coralie : merci pour ta review ^^ ça me fait plaisir de savoir que cette fic, comme les autres sont lues, donc voilà la suite now.

ML : merci pour ta review ^^ oh la la merci pour tes compliments. Je suis super heureuse si on ressent cette attraction magnétique, c'est ce que je veux faire passer entre eux :)

Si j'ai oublié des réponses, fouettez-moi en privé.

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Bonne lecture,

Perigrin.


Chapitre 3

Blue Hotel

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Au milieu du club, le si raisonnable et gentil Kagami s'adonnait à une séance de débauche des plus torrides, se tortillant sous les mains expertes du Magicien. Réfrénant des geignements de bien être sous ses baisers passionnels. Taiga ferma les yeux en se cramponnant aux mèches blondes. Ce soir il n'était plus lui-même, ce soir il appréciait de se faire malmener par ce type revêche. Ce soir il désirait seulement prendre son pied.

ooOoxoOoo

Il ne savait pas comment il s'était retrouvé à l'arrière de la banquette de la Dodge, le haut complètement dénudé, le pantalon à demi enlevé, la main de Nash dans son boxer et sa langue dans sa bouche. Il n'entendait que leurs respirations hachurées, quelques gémissements encore timides et le bruit de succion que faisaient leurs bouches lorsqu'elles se quittaient pour revenir à la charge.

Taiga était rempli d'un désir inassouvi, comme si sa frustration allait explosée d'une seconde à l'autre. Nash le renversa totalement et commença de se frotter contre lui. Il devenait encore plus chaud qu'à l'intérieur du club, sa bestialité à son paroxysme. Pendant qu'il caressait son entrejambe, le blond murmurait des paroles salaces et le tout en anglais, ce qui décupla le désir sombre du roux. Il se mordit la lèvre afin de ne pas acquiescer et hurler son accord à se faire prendre comme ça à la sauvage dans sa voiture, sur un parking mal éclairé. Pourtant dieu que c'était bon de ne répondre qu'aux besoins de son corps en écartant sa raison. Taiga poussa un cri lorsqu'une morsure vive le marqua au niveau du cou. Ce cinglé était en train de le mordiller un peu partout : sur son épaule, sur sa clavicule, au téton.

La buée emplissait l'habitacle amplifiant la sensation de chaud. A ce stade pourtant précoce de l'acte, plus personne ne semblait tenir. Nash ondulait de façon indécente en chuchotant des obscénités contre la peau dorée. Ce gamin lui faisait perdre la tête. Pourtant il ne se savait pas gay, jamais il n'avait envisagé de coucher avec un mec en plus. Préférant les femmes tout bêtement. Quelque chose l'attirait chez ce Japonais. Quand il avait vu les deux folles en chaleur se dandiner devant le rouquin, un blanc s'était installé dans son cerveau. Son sens de la propriété hurlait de le prendre avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. Et pour couronner le tout, la vue atrocement sexy de l'adolescent en train de se démener sur la piste de danse l'acheva. Sans écouter sa fierté de mâle – ou plutôt en l'écoutant – le Californien sentit le besoin de marquer son territoire. Kagami était beau, désirable, un véritable appel au viol. Alors Nash s'était enflammé tout seul. La chaleur qui se dégageait de sa propre personne se dirigeait exclusivement vers cet arrogant garçon. Un garçon, nom de dieu, il en aurait presque pleuré. Enfin, pas tant que ça. Ses amis l'avaient sûrement vu batifoler avec Taiga, il recevrait des moqueries dans les prochains jours. Tant pis, il leur fera fermer leurs bouches et au pire, il n'allait pas rester longtemps dans cette vie de misère. Bientôt il entrerait chez les pros, un nouvel horizon se dévoilait devant lui. Pour l'heure, le Magicien ne pensait à rien d'autre qu'à alléger la douleur se propageant dans ses reins. Il avait mal d'anticipation, mal de ce désir contre nature et mal de vouloir culbuter un mec.

Toujours allongé sur le corps du tigre, Nash entreprit de baisser le sous-vêtement, ses doigts glissèrent le long des hanches. Elles furent stoppées par celles de son partenaire. Il releva la tête pour découvrir la mine apeurée de Taiga.

Sans blague, ça voulait dire quoi encore cette connerie ?

— Non arrête…

Un grognement mécontent lui répondit.

— Je veux dire… Enfin pas comme ça…

— Et comment tu veux que je fasse ?

— Je ne veux pas le faire dans une voiture, comme un prostitué !

Nash se releva, se soutenant de son coude posé sur la banquette.

— Tu rigoles ou t'es crétin de nature ? Tu mélanges tout, je vois pas le rapport.

— Bah moi je le vois et j'ai dit non !

— Okay okay je vois le genre… Tu t'éclates à m'allumer pour me laisser en plan, bravo. En même temps venant d'un gamin comme toi je ne pouvais pas m'attendre à mieux.

— Je ne t'ai pas allumé arrête ton char ! C'est toi qui t'es collé à moi et qui a commencé à me peloter.

— Et tu ne t'en es pas plaint.

Le silence s'installa dans le véhicule. Les deux garçons se jaugeaient avec méfiance. Nash souffla résigné, puis se releva en s'asseyant plus loin. Il remit sa chemise.

— J'vais te ramener va, chiale pas. Tu vas retrouver ta petite mamounette chérie, elle te fera des pancakes demain. T'es sûrement puceau encore.

Blessé dans son amour propre, Taiga le dévisageait avec hargne, la tête baissée dans une attitude de mâle vexé. Il appuyait là où ça faisait mal, non qu'il l'était vierge mais tout s'écroulait. Quelque part entre sa peur de devenir intime avec ce type et l'envie gigantesque d'assouvir ses besoins, un gouffre l'engloutissait. Perdu entre ces sentiments contradictoires la fierté parla. D'une impulsion, le plus jeune agrippa la nuque de l'autre en se redressant à son tour et plaqua ses lèvres contre celles voisines. Un boléro torride s'engagea entre les deux langues. Pour ne pas changer les bonnes vieilles habitudes : aucune tendresse ne prédominait dans leur baiser. En outre Nash prenait le contrôle en asseyant sa dominance sur le plus jeune. Ses mains reprirent possession des hanches marquées, parcouraient le grain de peau halé avec avidité. Il grignotait la gorge offerte en recommençant à s'exciter. Dans la précipitation, il poussa le rouquin contre la portière intérieure. Son dos la butta durement. Mais ça ne l'arrêta pas, il ne cessait d'embrasser, de lécher le torse de son jeune partenaire.

Soudain il s'écarta, à genoux et défit sa braguette.

Tout s'accéléra pour Taiga, obnubilé par cette vue. Oh il comprit parfaitement où ce pervers voulait en venir ! La panique le regagna de nouveau. Il mit sa main devant sa bouche en guise de protection. Nash ne loupa rien de ce geste, énervé il soupira profondément.

— C'est pas vrai bordel ! J'en ai ma claque je te ramène.

L'adolescent regardait impuissant Nash se rhabiller et passer côté conducteur en pestant. Il ne cachait pas sa frustration et Taiga se prit quelques insultes dans la figure. Il se sentait encore plus misérable qu'avant cette soirée ou que ces vacances.

En vérité il ne savait pas ce qu'il cherchait. Pas de complication, pas d'amourette, pas de chagrin. Mais, est-ce que c'était bien de s'envoyer en l'air avec un inconnu sans éprouver de sentiments ? Bon d'accord, ce type lui était familier. L'ironie du sort résidait sur le fait que justement ce gugusse était tout sauf fréquentable. Et lui allait se fourvoyer dans une histoire sordide. Pendant qu'il cogitait à cent à l'heure, la voiture roulait dans les rues bondées de L.A. Taiga n'entendit pas le 4x4 s'arrêter près de son immeuble. Avec un ton glacial le propriétaire du véhicule l'interpella.

— T'es arrivé. Dégage.

La finesse selon Nash Gold Jr.

Taiga avait envie de pleurer. Le trop-plein d'émotion débordait. Ne souhaitant pas rester seul dans sa chambre à sombrer dans le vide, il se ressaisit. Et puis dans son bas ventre grondait toujours cette envie sourde, ingérable. Il posa sa main sur le bras du blond.

— Non attends, allons à l'hôtel.

— Tu me fais quoi là exactement ? rétorqua sèchement Nash en se retournant.

— Je préfère qu'on aille à l'hôtel, on sera plus tranquille que dans un parking.

— Tu veux me faire tourner en bourrique, hein ? J'ai plus envie de toute façon. Fallait saisir ta chance tout à l'heure.

Taiga allait flancher. Capituler. Jeter l'éponge. Une petite voix résonna en lui, non il n'abandonnerait pas et non il ne pleurnicherait pas sur sa défaite avec Kuroko. Au moins une fois il voulait faire un truc fou, vivre une expérience unique. L'amour avec ce gigolo promettait une ivresse sans nom, une bestialité dans laquelle il pourrait s'oublier à loisir. Nash le prendrait avec force et c'était ça dont il avait besoin. Se faire du bien dans la douleur.

— Baise-moi.

Nash écarquilla grand les yeux, il avait mal compris.

— Tu… Quoi ?

— T'as très bien entendu, je ne le répèterai pas.

— D'accord.

Nash reprit le volant et démarra sans plus tarder, longeant le bord de mer à la recherche d'un motel sans prétention. Ils en dégotèrent un à la sortie des quartiers chics. Pendant que Taiga réserva une chambre à l'accueil, le plus âgé alla acheter une boîte de préservatifs dans un distributeur. Plus du lubrifiant. Prévention oblige.

Le blond patientait, adossé au mur, un pied contre la pierre, le regard perdu au loin. S'il s'attendait à pareil retournement de situation ! Finalement ce gosse de riche détenait plus d'un tour dans son sac. Nash ne se posait pas trop de questions quant à son attirance subite pour un autre garçon. Personne n'en saurait rien. Et puis tenter une nouvelle expérience était appréciable, surtout avec un partenaire possédant un physique comme le sien. Du moment qu'il tiendrait le rôle de dominant, tout irait bien.

Taiga sortit avec les clefs en sa possession, sans un mot il dépassa son acolyte de la nuit et se dirigea vers leur chambre, tout au fond. Elles se dispersaient le long d'un corridor à ciel ouvert. Le motel était typiquement celui que l'on voyait dans les films et les séries B. Quand ils entrèrent, la décoration leur sauta aux yeux mais pas dans le bon sens du terme. Le papier peint à rayure beige faisait propre quoique veillot, les plaintes en bois foncé accentuaient cette impression d'oppression. Même le seul tableau d'accroché près de la fenêtre avait les mêmes tons marronnés. Sans compter le couvre-lit en patchwork beige, blanc et marron, encore. C'était triste à en mourir.


Nash ne départissait pas ses yeux avides des courbes masculines qui s'offraient devant lui. Tel un prédateur assoiffé de luxure, il se mordit la lèvre inférieure tout en chaloupant vers sa proie. Il reprit possession de ses hanches en recommençant son jeu de langue sur la mâchoire carrée. Pour Taiga c'était le moment fatidique, le moment à ne pas foirer. Il ferma les yeux, n'écoutant que son cœur battre fort dans sa poitrine tenaillé par l'envie. Il avait le droit de se le dire : oui, il voulait du sexe. Et du sexe avec Nash. Quel mal faisait-il ?

Il encercla à son tour le cou du blond, passa et repassa dans les cheveux duveteux implantés à la naissance de la nuque. Aussitôt les baisers fiévreux recommencèrent, de plus en plus demandeurs. Cette fois-ci Nash gémissait à son tour, emporté par son désir bien présent. Il se délesta de sa veste, de sa chemise et déboutonna celle de son amant. Impatient, il fut trop brusque, quelques boutons sautèrent. Les deux garçons s'attaquèrent respectivement aux boucles de leurs ceintures, puis aux pantalons trop encombrants. En chemin, ils manquèrent de trébucher plus d'une fois, se rattrapant de justesse contre le matelas du lit. Taiga se laissa tomber dessus, le blond en profita pour enlever le reste de son pantalon d'un seul tenant avant de se vautrer de tout son long sur ce corps alangui. Ses mains caressaient ce corps musclé avec possessivité, dans la précipitation, en même temps que le sien se frottait sans pudeur à la recherche de plus de sensation. Sa bouche qui martelait sa voisine glissa jusqu'au creux de l'oreille.

— Ecarte les cuisses.

Cette demande autoritaire vrilla les sens de Taiga, obéissant bien docilement. Trop pour qui le connaissait. Ce type exerçait un magnétisme époustouflant sur lui. Oblitérant sa raison il accéda à cet ordre net et précis. Aussitôt le bassin de son partenaire vint le couvrir plus intensément, l'enveloppant de sa chaleur.

Nash bougeait ses reins ne pouvant se contenir plus. Cette friction malgré les sous-vêtements encore sur eux le grisait, l'électrisait. A chaque va-et-vient des milliers de court-circuit traversaient son bas ventre, ça devenait vraiment douloureux à ce stade. Les baisers enfiévrés ne suffisaient plus à le contenter, même si la bouche divine de ce gamin était un régal. Il avait tellement chaud que rien ne pourrait le contenter, rien sauf l'écrin de velours du joli Kagami.

Ce dernier resta totalement haletant lorsque son partenaire se leva sans crier gare. Un froid immense effleura son derme bouillant, il lui manquait déjà. Il se mit sur ses coudes pour voir ce grand frimeur pavaner de sa nudité complète, le toisant de haut, son membre dressé. Le regard de l'adolescent dévia immanquablement dessus, forcément c'était la zone la plus intéressante à contempler. A la fois excité et mal à l'aise, Taiga rougit comme une midinette. Qui aurait pu lui en vouloir ? Découvrir une autre personne pour la première fois était toujours une étape délicate. Avant de s'unir avec lui, Taiga gardait encore des réserves et des craintes.

Comment est-ce que Nash l'étreindrait ? Serait-il doux – quoi que de cela il connaissait déjà la réponse. Et lui, est-ce qu'il sera à la hauteur ? Il craignait de ne pas assurer.

Nash s'avança, comblant le vide de leurs corps. Taiga se recula machinalement, appréciant la vue de cet homme ramper au dessus de lui, l'obligeant à s'allonger complètement. Ce foutu connard avait un corps magnifique, toute la finesse d'une musculature modelée avec parcimonie. Sûr qu'avec lui l'amour serait intense. Taiga se mordit la lèvre en s'imaginant comment il se ferait prendre dans les minutes à venir, parce qu'avec un amant de ce genre, il n'aurait aucun répit jusqu'au lendemain.

Tout en le mordillant, le plus âgé l'interrogea d'une voix sensuelle.

— La vue te plait ?

— Oui… répondit dans une brisure Taiga à bout de souffle.

D'un sourire oblique, le dominant empoigna les cheveux carmin, tirant dessus ce qui obligea l'adolescent à basculer sa tête en arrière. De sa cuisse, il écarta celle de son petit soumis pour reprendre sa place. Il embrassa de nouveau le torse offert tremblant de désir. Des frissons naissaient là où sa langue sillonnait une rivière de feu ; entre les muscles des pectoraux, sur une clavicule puis encore sur la poitrine pour enflammer le ventre plat. Ses mains palpaient férocement cette chair ferme, pinçait quelques fois un téton durci par le désir en les remplaçant par ses lèvres. Tout était absolument bon chez ce garçon : la souplesse de sa peau, sa couleur légèrement dorée, l'odeur boisée conjuguée à une note aquatique de son parfum. Nash coula sa bouche le long de son ventre puis vint la déposer par-dessus le tissu là où une belle bosse apparaissait déjà. Il sourit d'anticipation par-dessus le boxer et d'un coup s'amusa à mordiller le membre emprisonné. En dessous, Taiga sursauta en poussant un cri de surprise. Son amant afficha un sourire à faire peur et coulissa le dernier rempart qui le séparait de sa pudeur. Il rougit de nouveau en voyant Nash le détailler d'un œil expert, son intimité exposée sans gêne. Personne ne l'avait jamais regardé de cette façon, avec cette étincelle de concupiscence noircie par l'envie. Nash entreprit lui-même de se donner du plaisir en se touchant, tout en le toisant. Cette vue quoique indécente, l'hypnotisait.

Taiga sentait une chaleur abrasive parcourir son corps entièrement pour remonter jusqu'à la racine de ses cheveux. Puis son nouvel amant s'avança un peu plus, prit son membre dans sa main pour poursuivre son œuvre. Ses mouvements lents, effroyablement lents n'avaient pour but que de le frustrer dans l'excitation. La preuve : le tigre se mordait inlassablement les lèvres prisonnier d'un plaisir grandissant. Son bassin se cambrait dans l'attente d'obtenir plus de contact, seulement Nash en bon tortionnaire le plaqua contre le matelas avec sa main libre posée dessus. Ses va-et-vient s'accéléraient pour aussitôt se ralentir, cassant le rythme de ses caresses. Taiga ne tenait plus, son torse se soulevait de manière trop rapide, des gouttelettes de sueur se formaient déjà sur sa peau luisante. Trop de sensations tournoyaient en lui. D'un coup Nash s'arrêta, un sourire vicieux suspendu sur ses lèvres humides. Voir ce gamin aussi excité grâce à ses talents le ravissait.

Taiga le regarda effaré, il en voulait plus, il fallait que l'autre continue. La bouche ouverte, il allait émettre une protestation quand le blond se pencha sur lui, barrant ses lèvres de son index.

— Maintenant c'est à toi de t'occuper de moi.

Il se calla contre la tête du lit, releva une de ses jambes et lui montra son attribut bien en forme d'un mouvement de la tête.

Les secondes se dissipaient dans la gêne de Taiga. Il comprenait ce qu'il devait faire. Tiraillé entre l'envie de le contenter et ce malaise qui ne le quittait pas, il s'humecta les lèvres. Il l'avait déjà fait. Sur Kuroko. Bien sûr, encore son espèce d'obsession. Pourtant là tout était différent, Nash le contraignait de son regard de squale aux accents de tropiques.

— Suce-moi.

Cet appel ne souffrait d'aucun refus, insufflant le courage nécessaire au plus jeune pour passer à l'action. A quatre pattes, il se hissa à bonne hauteur. Une poigne l'agrippa au niveau de ses cheveux et la bouche de Nash se colla contre la sienne dans un baiser langoureux. Cela eut le don de le calmer un peu. Absorbé par cet échange buccal, il fut pris de court quand cette même main fit pression sur le sommet de son crâne, lui intimant de descendre. Cette fois-ci Nash souhaitait passer aux choses sérieuses. Impatient, il remonta ses hanches, exposant sa stèle de chair juste devant le visage de Kagami. Qui cligna des paupières, impressionné par la taille de sa future sucette. Timidement, il l'empoigna, juste à la base, ce qui provoqua un gémissement incontrôlé de son partenaire. Dans un premier temps l'adolescent laissa parcourir ses doigts tout le long, se familiarisant avec ce toucher. Sous ses pulpes, la peau fine frissonnait. Enhardi par les cris plus sonores de son amant, il accéléra le rythme pour en imposer un plus soutenu. Lentement, il approcha ses lèvres charnues du bout rosé qui semblait le défier. Un coup de langue et l'autre se cambra. Maintenant la pointe de celle-ci taquinait les bords de la couronne de chair, l'enroulant, lapant le gland pour redescendre à la base. Il s'évertuait à jouer avec cette impatience qui effleurait la raison du blond. Ce denier ne cessait de geindre de plus en plus, tantôt en se crispant, tantôt en se tordant de plaisir.

Il releva sa tête en envoyant un regard chargé de reproche à Taiga : il devait cesser cette douce torture et aller au fond des choses. Et au fond des choses il y alla sans se faire prier. Parce que les cris débridés de Nash émoussaient ses sens, alors il plongea sa cavité chaude sur ce sexe qui pulsait d'excitation. La sensation sur sa langue était âpre mais terriblement stimulante. Il calqua ses succions sur les déhanchés de son amant. Oubliant ses principes moraux, Taiga se débridait, exactement ce qu'il avait souhaité. Sa bouche découvrait les aspérités de cette virilité avec plus de fermeté. Sa tête accompagnait ses mouvements dans un tableau indécent, surtout lorsque ses joues se creusèrent en l'aspirant. Elles se firent encore plus profondes sous le poids de l'exaltation. Nash écarta ses cuisses en accompagnant les cajoleries du roux en exerçant des mouvements circulaires sur son cuir chevelu. Il ne décrochait pas ses iris vert d'eau de cette bouche divine qui l'aspirait à chaque fois un peu plus loin. Il rejeta sa propre tête en arrière, apprécia cette fellation à sa juste valeur car en cet instant, peu importait que ça soit un autre homme qui la lui fasse, elle le rendait juste dingue. Emporté par son ouvrage, Taiga ne voyait plus les minutes défiler, ni ne sentait les muscles de sa mâchoire se tétaniser. Il ne pensait à rien sauf satisfaire son partenaire, un sentiment de fierté à lui procurer autant de plaisir. Les veines gorgées palpitaient sous sa langue, Nash se tendait de plus en plus, la délivrance se rapprochait. D'une pulsion vive, celui-ci écarta la tête de Kagami, toujours en tirant sur ses cheveux. Ce n'était pas doux mais cela eut l'avantage de couper son orgasme au moment le plus inopportun. Car Nash ne désirait pas bâcler sa nuit torride.

Haletant, le blond reprit sa respiration.

— T'es vraiment doué bébé…

Il se lécha les lèvres et sauta sur Taiga resté dans l'incompréhension. Aussitôt sa main enserra sa nuque et le rapprocha de lui. Un baiser ardant s'en suivit, mélangeant leurs saveurs, entremêlé à leurs soupirs de contentement. Ce dernier se débattait entre les vagues abrasives qui refluaient dans son bas ventre et la langue autoritaire qui l'étouffait. Il le savait dès le départ que l'amour avec un type pareil ne serait pas sucré-vanillé comme on dit. Il s'avérait sauvage, tyrannique et empressé. Ils basculèrent allongés sur le lit, toujours Nash au dessus. Bien sûr. Il reprit possession du sexe de Taiga, l'effleurant à peine, attisant son envie, passant la paume de sa main sur le bout congestionné. A chaque caresse, des cris s'échappaient de cette gorge dorée, libérant une mélodie captivante. Nash avait accroché à ses joues son éternel sourire carnassier, profitant de cette vue magnifique d'un Kagami se contorsionnant sous sa poigne.

Il s'abaissa au niveau du cou offert et suçota ce derme ambré. C'était comme croquer un morceau de soleil. Taiga glapit autant de surprise que de satisfaction. Nash savait attiser son désir entre domination et rudesse. Les jeunes gens avaient bien du mal à conserver une respiration coordonnée, entre les battements de leurs cœurs désordonnés, la chaleur qui les consumait et l'adrénaline qui emplissait leurs cerveaux.

Nash continuait d'apposer la marque du Démon sur tout le corps de son partenaire qui gardait mal contenance. Taiga mit son bras devant sa bouche, les larmes perlaient au coin de ses yeux, les sensations qu'il éprouvait devenait ingérables, presque douloureuses. Il voyait cette tête blonde aller et venir sur son torse, ses cuisses, son entrejambe et pourtant une part de lui bloquait, ni plus ni moins. Il désirait ardemment se laisser aller, malheureusement ce n'était pas lui qui se trouvait à ses côtés, dans cette chambre. Il n'entendit pas les paroles de Nash.

— Retourne-toi, réitéra-t-il en accompagnant ses hanches pour qu'il se mettre à plat ventre.

Taiga n'eut pas le temps d'en demander la raison qu'il se reçut une magistrale claque sur les fesses. Ce qui le fit couiner. Nash ricana et recommença plusieurs fois. A présent il pétrissait les dunes fermes de son habilité innée. Ce massage chauffait sa peau si délicate à cet endroit, elle rougissait de seconde en seconde. Etrangement cette poigne virile lui plaisait, ça n'avait rien à voir avec les attouchements plus sensuels de Tetsuya. Non absolument rien à voir. Et c'était cette différence qui le chamboulait, l'entraînait vers d'autres horizons… Taiga se reprit, le moment ne se prêtait pas à la digression. Il soufflait comme il le pouvait afin de rester dans la réalité. Il fut soufflé par une sensation nouvelle, déstabilisante. Son torride amant avait relevé sa croupe en l'air et voici qu'une caresse humide s'insinuait entre ses fesses. Le rouquin émit un hoquet sous cette intrusion. Heureusement que Nash ne voyait pas son visage cramoisi par son embarras ! Les yeux grands ouverts ainsi que sa bouche qui avalait l'air par saccade, il coulait littéralement sous cette caresse si intime. Trop même. Il gémit quand les mains du blond griffèrent ses dunes offertes. Il ne s'arrêtait jamais et était partout à la fois : en lui, autour, au dessus. Un tourbillon d'ivresse l'emportait dans les abîmes de la luxure. C'était la meilleure nuit de sa vie.

Cette fois-ci il ne put réprimer ses cris de jouissance, en répétant le prénom de son charmant agresseur. Il scandait des « Nash » de façon obscène, surtout dans la manière de les dire. Ce qui retourna l'esprit du plus âgé. Guidé par son envie de plus en plus pressante et désirant calmer le feu de ses reins, il prépara son gentil amant en introduisant un premier doigt dans le cercle de chair. Dès qu'il l'enfonça, Kagami gigota en criant. Et l'esprit de Nash vrilla. Il bougea lentement, l'enlevant pour se réintroduire plus profondément. A chaque immersion, Taiga semblait s'asphyxier pour reprendre vie après. Alors un deuxième doigt suivit son prédécesseur. Nash aimait entendre les gémissements sonores de ce garçon, le voir bouger au rythme de ses mains et surtout, vibrer à cause de lui.

Une autre claque retentit sur le fessier rebondi du tigre.

— Attends une seconde, précisa le blondin.

Il se pencha en arrière afin de prendre le matériel nécessaire au bon déroulement de leur joute charnelle. En expert reconnu, il défit l'emballage du préservatif, l'enfila sur sa superbe virilité et se prépara avec le gel. Il n'en menait pas large non plus, jamais auparavant il n'avait couché avec un autre homme. Ca lui faisait bizarre.

Serait-il le même le lendemain ? Qu'allait dire les autres ? Secrètement Nash espérait que son aventure ne se sache pas. Après tout, ce Japonais ne resterait pas une fois l'été passé. Personne n'en saurait rien. Il n'était pas homo, il n'aimait pas les hommes. Pourtant grand dieu que ce type lui mettait la tête à l'envers.

Nash effleura les hanches adverses, doucement il guida Taiga pour qu'il se remette sur le dos. Un autre baiser lascif scella leurs bouches.

La poitrine du tigre se soulevait spasmodiquement, son regard bruni par le désir et la peur. C'était bien normal. Nash caressa sa joue avec plus de précaution, glissa jusqu'à son cou pour retracer les sillons de ses abdominaux. Ses doigts s'enroulèrent sur son cippe frémissant. Il ne reculerait plus à ce stade avancé, alors il devait mettre en confiance l'autre qui tremblait d'appréhension.

— Est-ce que t'en as envie ?

Sa voix se brisa sur le dernier mot.

Taiga hocha la tête dans l'affirmatif de ce qui allait suivre.

— Dis-le-moi.

La bouche sèche, le roux prononça presque de façon inaudible.

— Oui… J'ai envie.

— Envie de quoi ?

— Que… Que tu me prennes…

— Plus fort, dis-le-moi plus fort.

Taiga était un peu perdu, écrasé par l'aura animale de Nash. Un gémissement s'échappa de lui lorsque la main de son amant caressa sa virilité. Toutefois il rendit les armes quand un doigt se renfonça dans ses chairs brûlantes.

— Prends-moi, prends-moi maintenant… J'en peux plus !

Nash passa ses mains sous les genoux de son amant, releva à peine son bassin et avec une de ses mains, guida sa hampe à l'entrée de l'anneau inviolé. Son excitation était à son comble, il n'allait pas se retenir plus longtemps. Dans un long râle éraillé, il s'enfonça dans l'écrin moite de Taiga. Poussivement, il prit d'assaut sa pudeur le voyant se tendre d'une douleur d'inconfort.

Douleur, le mot fut faible, même préparé, un mal sans nom l'élançait au plus profond de ses chairs. Il avait l'impression de se faire écarteler sous un tison brûlant. Paniqué, il posa sa main sur le poignet de Nash, essoufflé, les yeux humides. Sa cage thoracique s'emballa, ses gémissements se muèrent en cris. Mais Nash ne pouvait pas se retirer, pas maintenant et encore moins quand il se sentait aspiré par cet étau bouillant. Il s'immobilisa en caressant les flans de son amant, ses jambes, l'intérieur de ses cuisses. Taiga se cambra en suppliant de tout arrêter, alors le plus expérimenté se baissa en s'évertuant à faire diversion avec sa langue. Il l'embrassa sensuellement, léchant la bouche amante, roulant sur les pétales rougis, flattant son intérieur. Il se fondait dedans avec délice. Puis une fois le joli Kagami de détendu, Nash reprit la conquête de son corps en poussant son bassin lascivement jusqu'à la garde. Son déhanché sulfureux attisa non seulement ses sens mais aussi ceux de celui couché en dessous de lui. Une bouffé de chaleur embrasa ses reins jusqu'au bout de sa verge. Il râla de plaisir quand il se sentit happé par les muscles de son amant. C'était chaud, serré, horriblement bandant. Et Taiga n'arrangeait pas l'histoire à s'égosiller de la sorte en gigotant. Le dominant reprit ses mouvements de bassin dans une sensualité incroyable, creusant ses reins à chaque allée et venue. Il bougeait d'une manière érotique pour accentuer cette impression de douceur qui se dégageait du corps amant.

Taiga calquait ses déhanchés sur le rythme imposé de Nash, très vite il en voulut plus. Mû par un instinct primaire, il amena de lui-même son bassin cogner contre l'autre. Il s'agrippa à ses avant-bras de toutes ses forces en reportant son attention uniquement sur les picotements de plaisir qu'il ressentait au plus profond de lui. Et toujours le regard démoniaque ne le quittait pas. A chaque grimace de plaisir, à chaque cri retenu, Nash absorbait ses mimiques, preuves irréfutables de l'attraction qui passait de l'un à l'autre. Lui aussi fut rattrapé par le feu qui incendiait son bas-ventre, il accéléra le rythme de ses coups de rein de plus en plus vite. Ses mèches collées de sueur lui barraient la vue splendide qu'il avait en dessous de lui. Mais pas le temps de les replacer, il cherchait son plaisir en fouillant le corps de Taiga, encore et encore. Ses allées et venues prenaient de l'ampleur, s'écartant totalement de cette intimité ardente pour y replonger avec plus de vigueur. Et à chaque intrusion, Taiga feulait de plaisir. Il se cambra dans une posture absolument indécente mais ô combien divine en criant d'y aller plus fort. Un courant électrique court-circuita le cerveau de Nash, encouragé ainsi, comment ne pas accéder à cette requête ?

Comme si cela était encore possible, il déchargea toute son énergie dans les derniers assauts, arrachant des cris de jouissance à Kagami. Quand il sentit refluer une vague de chaleur plus intense que les précédentes, il se pencha pour nicher sa tête dans le cou de son amant, respirant sa peau à présent plus épicée qu'au début. Taiga ne sentait plus la fraicheur boisée d'une matinée en bord de mer, à cause de lui il sentait l'odeur corsée du sexe, et cela le rendait dix fois plus attirant. Taiga avait été souillé par la semence de son rival, sans s'en formaliser plus que ça. Il sentit le vide l'envahir lorsque le blond se retira, puis à nouveau quelque chose l'emplir. Quelque chose de moins imposant, il releva à peine la tête pour voir Nash le finir avec le plus adroit des doigtés. La sensation n'était pas la même cependant il décrocha son orgasme complètement essoufflé et courbaturé.

Il venait de s'envoyer en l'air avec un de ses adversaires les plus arrogants. Mais, l'était-il encore ?

Pas de câlins après l'amour, Nash se releva pour aller fouiller dans les poches de sa veste. Il en sortit un paquet de cigarettes, puis se rallongea sur le lit, un bras derrière sa nuque dans une attitude nonchalante. Une tige coincée entre ses lèvres, il se l'alluma avec un briquet et en proposa une à son partenaire d'orgie. Taiga hocha négativement de la tête en l'observant fumer tranquillement, se détendant peu à peu. La contracture de ses muscles se relâchait à mesure que les volutes de nicotine s'envolaient dans l'air. Le roux peinait à retrouver son calme, toujours épris par ce tourbillon incandescent.

— Y a même pas de salle de bain dans ce trou à rat !

Il fallut quelques secondes à Taiga pour émerger et voir que Nash s'adressait à lui.

— Et alors ?

— Et alors ça me fait chier. Bref, j'ai sommeil, allez on pionce parque demain faut qu'on débarrasse la chambre de bonne heure.

Il écrasa sa cigarette puis se pencha sur l'adolescent, les yeux encore luisants d'intérêt. Il s'attarda de sa langue sur le lobe de son oreille pour picorer la peau tendre de son cou. Ca lui procurait toujours des frissons incontrôlables, Nash sourit contre sa peau puis remonta le drap sur son torse et éteignit la lampe de chevet.

Taiga se laissa glisser à son tour dans le lit, n'arrivant pas à trouver le sommeil malgré son activité sportive récente. A ses côtés, dormait le Démon, il en était encore tout chamboulé.

ooOoxoOoo

Kagami ne dormit pas le reste de sa courte nuit, les yeux grands ouverts sur le noir de leur chambre, il se demandait ce qu'il venait de faire. Regrettait-il ? Et bien il ne saurait le dire. L'ambiance de la soirée l'avait grisé, l'alcool aussi – même s'il n'avait pas bu tant que ça – et surtout la bouche sulfureuse de Nash sur son corps. Ce type demeurait une véritable énigme, mêlant danger et mystère avec quelque chose d'émouvant logé en lui. Il ne devait pas se livrer facilement aux autres, le Japonais n'apprendrait rien de plus à son sujet sans aucun doute. Il soupira de manière forte. Derrière son dos, son amant bougea alors Kagami resta figé.

Décidément ce n'était pas pareil qu'avec Kuroko, aucune gêne n'existait entre eux. Alors qu'avec son compatriote c'était totalement différent. En sa présence, Kagami se mettait sur la réserve, méfiant malgré tout.

Comment se sortir dignement de ce guêpier en conservant sa fierté ?

Les minutes défilaient sur le cadran du petit réveil posé sur la table de chevet. Dans quelques heures il fallait rendre la chambre. Kagami se redressa, s'assit sur le matelas et jeta un coup d'œil au corps qui dormait à côté, dos à lui. Endormi, Nash paraissait presque normal dans le sens « sans défense ». Taiga eut l'envie irrépressible de l'observer plus attentivement. Il se pencha un peu. Encore un peu jusqu'à voir le visage apaisé par un sommeil de plomb. Quelques mèches platine reposaient négligemment sur son front, barrant ses yeux. S'il ne le connaissait pas personnellement lui et son tempérament de merde soyons honnête, il l'aurait comparé à un ange. Alors que Nash s'apparentait plus à un démon des Enfers.

L'adolescent bien que brut de décoffrage n'en était pas moins câlin. Il aimait couver ses petits-amis d'attention, les prendre dans ses bras ou les cajoler. Son envie se faisait ressentir, seulement il s'interdit de succomber à la mièvrerie avec son amant. Ils n'avaient rien défini au préalable mais le rouquin se doutait qu'il n'apprécierait pas le fait d'être dorloté. Comme la belle au bois dormant ne se réveillait pas, Kagami le secoua à l'épaule fortement. L'autre grommela entre sa barbe des choses indistinctes sans bouger d'un iota. Taiga recommença encore plus fort et Nash se redressa vivement en beuglant. Là on le retrouvait, ce qui rassura l'adolescent.

— Putain mais qu'est-ce que t'a !? T'es suicidaire dès le matin ? Laisse-moi dormir !

— Je te signale qu'on doit jarreter de la chambre au plus vite et que c'est moi qui paie alors j'ai pas envie de me prendre un supplément !

— Avec tout le fric que t'a, dis-moi pas que t'es radin en plus ?

— Ce n'est pas mon fric comme tu dis mais celui de mon père, je ne veux pas en profiter !

Nash ricana comme à son habitude avec ce ton on ne peut plus moqueur.

— Tu m'étonnes…

Il observa le plus jeune en le dévisageant pendant plusieurs minutes. Il se passa la main dans ses mèches pour les ramener en arrière et se leva finalement sans un mot de plus. Il se contenta d'enfiler son pantalon et sortit dehors en laissant Kagami avec ses questions. Définitivement : il était impossible à cerner ce dragon de pacotille !


Dehors, appuyé contre la rambarde en fer, Nash s'en grillait une, les yeux se perdant sur la ligne de l'horizon où l'océan rejoignait le ciel. Parfois il se demandait ce qu'il y avait de l'autre côté de la mer. Il expira longuement la nicotine qui remplissait ses poumons, mauvaise habitude pour un futur professionnel… La fumée se dissipait en même temps que ses doutes.

Il venait de s'envoyer en l'air avec un mec.

Il se répéta cette phrase plusieurs fois dans sa tête pour voir si elle avait le même impact.

Oui. Il avait sauté un mec. En plus même pas majeur. Quoi qu'en Californie, ce n'était pas la même chose, l'âge légal s'élevait à seize ans et Kagami avait… seize ans. Fuck.

Il avait déconné grave sur ce coup là. Mais bon ce gamin l'avait chauffé. A bien y réfléchir c'était lui qui s'était un peu emporté tout seul. Ouais bon, la faute en résultait de l'alcool et de l'ambiance électrique de la soirée.

Nash expira sa dernière bouffée de cigarette et soupira de lassitude. Ce n'était pas son genre de regretter, plutôt celui de ne rien tenter et de laisser filer sa chance. Il valait mieux avoir des remords que des regrets, donc il allait assumer son écart. De toute façon Kagami allait rendre la chambre, il le déposerait chez lui bien gentiment et ciao la compagnie !


Dans la chambre justement, le lycéen finissait de se rhabiller en se contorsionnant pour minimiser la douleur qu'il ressentait au niveau de ses fesses. Vive les courbatures. Effectivement, si son but avait été de s'oublier l'espace d'une nuit dans des ébats torrides, il avait réussi. Parce que soyons clair, l'amour avec cette brute était totalement différent d'avec… Oh non, il recommençait. Kagami gâchait tout en repensant à son ombre. Il se mit une claque mentale, se secoua et sortit de la pièce. Accoudé contre la rambarde, Nash semblait distrait, son regard dans le vague. Il y avait quelque chose d'intangible chez ce type, il semblait à milles lieux des autres. On n'avait clairement pas envie de l'approcher et en même temps on ressentait le besoin de se brûler les ailes à son contact. Le vent frais du large balayait ses mèches blondes, cachant ses yeux clairs. Le soleil déjà éclatant à cette heure-ci faisait miroiter les dessins tribaux de son tatouage sur sa peau dorée. Il détenait vraiment quelque chose d'unique propre à lui. Taiga eut l'envie de le toucher. Doucement, il s'approcha de Nash et posa ses doigts sur son bras encré de noir.

C'était con mais Taiga pensa qu'il ressemblait à ces acteurs de cinéma d'antan, inaccessibles, habités par une fureur de vivre. Un peu à l'instar de James Dean, Nash possédait ce côté révolté, écorché dans lequel grondait une fragilité latente.

Ce dernier sursauta en sentant ses doigts sur lui. Son visage refléta une contrariété ainsi qu'une surprise. Son regard se reporta sur la main de Kagami. L'Américain grimaça et enleva l'intruse d'un mouvement vif de la sienne. Nash reprenait son masque d'agressivité.

— Qu'est-ce que tu fous !?

— Rien mais on doit y aller, se reprit le roux.

— Minute. Je vais m'habiller et on se barre.

Il repartit dans la chambre en claquant la porte laissant son amant d'une nuit dehors. Puis revint quelques minutes plus tard, les mains dans les poches, une mine de déterré peu avenante. Taiga souffla et se dirigea le long du corridor.

— Si tu veux je prendrais un taxi pour rentrer.

— Non, j'te ramène.

— Te dérange pas je…

— J'ai dit je te ramène putain ! C'est bon, ça va pas me tuer, t'habite pas loin.

Quelle prévenance, ça faisait rêver.

Le chemin de retour se fit dans une ambiance toute particulièrement tendue, vu que Nash ne parlait pas et affichait toujours sa mine sévère, Taiga ne brisa pas ce silence pesant. Il ne savait pas quoi penser de tout ça. Il se doutait que le caractère du leader des Jabberwock était merdique mais là ça relevait de l'exploit. Il termina le voyage, accoudé contre la vitre côté passager en regardant le paysage défiler.

Nash se gara en pilant devant son immeuble. Il s'accrochait à son volant, une de ses mains le tapotait nerveusement.

— Voilà t'es arrivé.

— Ouais merci, répondit Taiga sèchement.

Au moment où ses doigts agrippèrent la poignée, le blond se pencha sur lui et referma la portière.

— Ne t'avise pas de baver partout comme quoi on s'est envoyé en l'air, compris ? J'suis pas PD et j'ai pas envie qu'on se fasse des idées.

Taiga se crispa.

— T'inquiète j'ai pas envie de me vanter non plus va. Et pour ta gouverne c'est insultant le mot « PD » mais venant de ta part ça ne me choque pas.

Nash se recula en faisant une moue dédaigneuse.

— Bah quoi ? Y a rien de mal à ce que je viens de dire. J'suis pas PD, j'suis pas PD c'est tout. Tu fais bien ce que tu veux de ton cul mais moi…

— Oui ça va j'ai compris ! Aller salut !

Sur ce, Kagami sortit du 4x4 clinquant et claqua la portière. A l'intérieur on pouvait entendre son propriétaire gueuler comme un putois. Le tigre de Seirin haussa les épaules et s'en alla sans le regarder.

Miséricorde, quelle aventure !

Derrière lui il entendit le moteur vrombir et démarrer comme un fou furieux, toute à l'image du conducteur. Enfin, ce qui était fait était fait, inutile de ruminer. N'empêche que cette scène matinale lui laissait un goût amer dans la bouche.

(suite...)


Une review de postée, c'est un Nash de sauvé.