Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre en ce mercredi matin trèèès froid ! Mille fois merci d'être encore et toujours là ! Merci de prendre le temps de laisser une trace de votre passage pour ceux/celle qui le font, mine de rien, ça motive ! ;)
Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Je vous préviens d'avance, pour ceux qui poste les reviews ou PM le week-end, je ne répondrai sûrement pas avant lundi prochain, j'ai un week-end charger, vendredi soir, remise des diplômes (ou je vais revoir "ma" Sindy, oh joie !) Le samedi et le dimanche je serait à Art To Play ! :D
Quelques mots sur ce chapitre : Je pense que le titre parle de lui-même… ^^ Mais sans ça, je vous annonce que c'est le chapitre le plus long de IHYV, je suis d'avance désolée si vous n'avez pas le temps de le finir avant les cours ou le travail... oh et c'est le dernier chapitre de la première partie de cette fiction, pas d'inquiétude, je ne ferai pas de "pause".
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
I Hear Your Voice
Tomorrow is another day Demain est un autre jour
And you won't have to hide away Et tu n'auras plus à te cacher
You'll be a man, boy! Tu seras un homme, petit!
But for now it's time to run, Mais pour l'instant il est temps de courir,
It's time to run! Il est temps de courir!
Woodkid – Run Boy Run
Chapitre 20 : Joyeux noël !
- … s'il te plaît.
Je viens de finir ma tirade. Je suis à bout de souffle. Je tremble. J'ai du mal à tenir debout. J'ose à peine la regarder. J'ai tellement peur qu'elle refuse. Je suis terrifiée à l'idée qu'elle puisse me dire non. Je sens mon cœur qui cogne dans ma poitrine. J'attends une réaction qui ne semble pas vouloir venir. Je vois qu'elle semble enfin prête à me donner sa réponse et c'est comme si tout se figeait autour de moi. Je suis pendue à ses lèvres.
Deux jours plus tôt…
Je suis en train de me brosser tranquillement les dents lorsqu'une furie blonde débarque dans la salle de bain. Je me décale juste ce qu'il faut pour éviter une collision. Je peux voir Clarke marmonner, ce qui me fait sourire. Je retire doucement mon casque. Je peux encore percevoir la chanson That's Chrismas To Me repris par Pentatonix. Puis la détonation arrive :
- C'est pas vrai ! Où est-ce que je l'ai encore mis ?
Je retiens un rire moqueur. Je secoue doucement la tête quelque peu amusée. Je prends délicatement la main de Clarke pour l'éloigner des tiroirs.
- Non mais attends, je n'ai pas…
Je me baisse pour ouvrir le placard du milieu. Je pousse deux ou trois serviettes avant de trouver sa trousse de toilette. Je lui tends avant de cracher mon dentifrice.
- Non mais comment tu as…
Je glisse ma main gauche dans la poche arrière de mon jean. J'en sors un bout de papier jaune un peu chiffonné. Je le lisse doucement et le plante sous les yeux de Clarke.
Si jamais je deviens surexcitée avant noël et que je cherche un objet quelconque dans la salle de bain, rappelle moi que ma trousse de toilette est derrière les serviettes, dans le placard du milieu, sous l'évier.
- Ce sont tes mots. Pas les miens…
- Ah oui… j'avais momentanément oublié que j'avais fait ça. Il te reste combien de post-it ?
- Pas mal.
- Je suis désolée… quand noël arrive, j'ai tendance à être irréflé… non mais attends ! Est-ce que tu es juste vêtue d'un jean et d'un soutien-gorge ?
- Je prenais ma douche Clarke…
- Mon Dieu ! Je suis désolée ! Ne regarde pas, ne regarde pas, ne regarde pas ! Je sors tout de suite. Je regarde… putain ce qu'elle est belle ! Je sors…
- Clarke ?
- Oui, je sors. Je suis désolée ! Est-ce qu'elle a vu que j'avais regardé ? Merde… ça craint ! Encore désolée…
Je me mordille la lèvre inférieure. Je fais mon possible pour ne pas éclater de rire. Je passe une main fatiguée dans mes cheveux. Je suis… épuisée.
C'est derniers jours ont été un vrai supplice…
Clarke est… elle est… en pleine délibération intérieure et c'est épuisant d'assister à ça, sans ne rien pouvoir faire ou dire. Je ne peux pas agir tant qu'elle ne fait pas un signe vers moi. Le pire c'est qu'elle a failli aborder la question pas moins de quarante-sept fois, oui j'ai compté ! Mais elle s'est dégonflée à chaque fois. Elle est terrifiée. Je ne sais juste pas de quoi elle a peur.
Je relâche mes cheveux que j'avais commencé à former en chignon. Je soupire. Au moins, elle me trouve belle…
Je ferme les yeux pour revivre toutes les pensées qui ont échappées à mon contrôle ces derniers jours. Je ne sais pas quoi faire. Est-ce que c'est à moi de faire le premier pas ? Est-ce qu'elle serait prête à entendre que je l'aime ?
Je ne suis pas certaine. Je ne veux pas l'effrayer. Du moins pas plus qu'elle ne l'est déjà…
Plusieurs petits coups sont frappés à la porte me faisant sursauter. Je me retourne mais je ne dis pas un mot. Je regarde ma tenue qui n'a pas changée. Je soupire. Il faut vraiment que j'enfile quelque chose.
- Dis Lexa, je peux entrer ? Tu es… habillée ? Je ne trouve plus mon rouge à lèvre.
Je lève les yeux au ciel. Je n'ai pas eu de post-it sur le rouge à lèvre. Je scanne la pièce avant de trouver le tube noir dans le gobelet à brosse à dent et à dentifrice. Non mais ce n'est pas possible… elle est vraiment étourdie en ce moment.
- Lexa ?
Je me glisse dans un gilet gris molletonné. Je referme lentement la fermeture. Je prends le rouge à lèvre en main. J'ouvre lentement la porte.
Clarke m'observe comme un animal effrayée. Elle ose à peine jeter un œil sur mon torse. Je lui tends ce qu'elle cherche, elle baisse donc les yeux.
Dieu merci, elle est habillée !
- J'ai fini avec la salle de bain.
- Je ne voulais pas te chasser…
- Moi aussi, il faut que je prépare mon sac.
- Tu pars quand déjà ?
- En début d'après midi.
- Okay. Ça me laisse peu de temps pour aborder le sujet. Respire Clarke ! Cette fois tu vas y arriver.
Et de quarante huit ! Quand je disais qu'elle était complètement épuisante en ce moment… un vrai supplice !
- C'est Raven qui vient te chercher, c'est ça ?
- Elle passe mais elle ne m'emmène pas.
- Pourquoi venir dans ce cas ?
- Ne cherche pas à comprendre, c'est Reyes. C'est tout. Et… elle ne veut pas d'Hadès dans sa voiture.
- Pourquoi ? Il est adorable ce chien. Il va me manquer. En fait, pourquoi Costia n'est pas revenu le chercher ? Il y a eu un problème ?
Mon dieu… trop de questions !
Je pense que je dois l'observer avec un air horrifiée parce qu'elle finit par faire un geste de la main avant de me demander d'oublier. Elle se retourne pour entrer dans la salle de bain. Je pensais qu'elle en avait fini alors j'ai commencé à me diriger vers ma chambre mais elle m'a interpellé :
- Lexa ?! Tu… merde ! Pourquoi c'est aussi difficile ? Tu ne me laisses pas sans nouvelle, hein ?
Et de quarante neuf ! Mais c'est de sa faute aussi. Elle ne laisse rien paraître. Je ne peux pas l'aider si elle ne dit pas les mots. Elle ne m'aide pas, elle ne m'aide pas du tout !
Franchement si je n'avais pas la capacité de lire dans les pensées, j'ignorerais tout de ses sentiments. Depuis quelques temps, c'est à peine si elle m'accorde un regard. Et quand ses yeux s'attardent un peu trop sur moi, elle culpabilise.
Ce n'est vraiment pas facile… je suis dans une sale position !
- Toi non plus.
- Ça ne risque pas ! Je vais me retrouver coincée entre Marcus, ses parents, ma mère et leurs collègues qui ne vont parler que d'une chose : de médecine. Crois-moi, je vais péter un câble avant le 26 au soir !
- Pourquoi tu aimes autant noël alors ?
- Parce que… Marcus adore noël. Et je ne sais pas, il a toujours fait en sorte que ce soit… génial. Le premier noël dont je me souviens n'a rien à voir avec les cadeaux, la décoration ou la nourriture. Non… c'est… le temps qu'on a passé tous les quatre à jouer au Monopoly.
- C'est chouette.
- Et toi, à quoi ressemble un noël chez les Woods ?
- C'était génial.
- "Était ? "
Je range mes mains dans les poches de mon jean. J'évite son regard. Subitement, mes pieds deviennent très intéressants. Il faut dire que je n'ai pas fêté noël avec ma famille depuis un certain temps.
En fait, les trois derniers noëls, c'était juste Raven et moi.
Mais cette année, je me suis laissé convaincre. Cette année, je retourne à New Haven. Cette année je vais passer cette fête familiale avec mon frère, mon père, Kasia et les Evans. Cette année… je prends mon courage à deux mains pour affronter un noël sans elle et sans Omma.
- Oui Clarke, "était".
Je me retourne. Je n'ai pas envie de parler de ça. Je trouve que c'est trop difficile. Je me sens presque trembler. Un noël sans elle… sans Omma… à New Haven. Cela me semble tellement difficile pour ne pas dire impossible.
- Ne pars pas sans me dire au revoir, je demande doucement.
- Aucune chance !
Clarke est partie il y a une petite demi-heure. Je suis, depuis, debout devant le sapin que nous avons finalement réussi à décorer ensemble. Mes bras sont croisés sous ma poitrine comme une protection invisible. Je suis terrifiée. Seule la musique semble être là pour essayer de m'apaiser.
Je clos mes paupières pour ce qui me semble n'être qu'une seconde mais il faut croire que je me suis perdue dans ce moment de repli. Un geste. Une main déposée sur mon épaule. Voilà ce qui me tire de ce moment hors du temps. Lorsque mes cils se relèvent, tel un voile pour me laisser de nouveau voir, je découvre les premiers flocons de l'hiver.
Pourtant, je ne reste pas longtemps émerveillée par ce spectacle. Je retire lentement mon casque de mes oreilles avant de me tourner vers Raven. Ses yeux semblent chercher quelque chose. Je lui souris alors qu'elle déclare :
- Tu as l'air épuisé.
- Je vais bien.
- Tu sais que rien ne nous force à y aller.
Elle a raison. Si je décidais de ne pas venir au dernier moment, tout le monde comprendrait. Mais… j'en ai assez de fuir. Je veux juste… vivre et oublier toute cette colère, cette rancœur qui assombrit mon cœur depuis si longtemps.
- Je veux y aller Raven.
- Alors pourquoi tu ressembles à un animal effrayé ?
- Parce que je suis terrifiée.
Raven vient me prendre dans ses bras. Je suis surprise par son geste. Je ne l'avais pas vu venir. Il faut dire qu'étrangement, depuis qu'elle connaît mon secret, elle arrive de plus en plus à me surprendre. Comme si elle réfléchissait à ce qu'elle allait faire mais qu'elle accomplissait l'exact opposé.
-Qu'est-ce qui te fais aussi peur Lexa ? Nous sommes ta famille. Là-bas… tu es à ta place. Ah moins que ce soit…
Lentement, elle délasse ses bras. Elle m'observe d'une étrange manière. Elle lève sa main. Elle semble hésiter avant de poser sa main sur ma joue.
- Lexa, est-ce que tu as peur du bruit ?
- Ça fait longtemps que je me suis habituée au bruit.
- Ce n'est pas la question que je t'ai posée.
- Non Raven, je n'ai pas peur du bruit.
- Alors qu'est-ce que c'est ?
- Les voix de ceux que j'aime et qui me disent le contraire de ce qu'ils pensent.
- Je… j'ai déjà fait ça ?
- Jamais.
- Jamais, vraiment ? Wow ! Je suis plus honnête que ce que je pensais. Je dois être un type de super héro. Je suis super impressionnante !
- Raven…
- Oh c'est bon, laisse-moi mon moment de gloire. Rabat joie !
Amusée, je secoue doucement ma tête. Un léger sourire vient étirer mes lèvres. Mais je dois avouer qu'une honnêteté comme celle de Raven est vraiment exceptionnelle. Le seul mensonge dans sa vie, il est pour elle-même. C'est en réalité peut-être un peu triste. Je me suis promis de l'aider avec ça, même si je dois me prendre un reproche ou pire une baffe. Je suis certaine qu'elle serait capable de me frapper si je n'insinuais rien qu'une seconde qu'elle puisse avoir des sentiments pour Luna.
Elle s'éloigne de moi avant de plisser des yeux. Elle me pointe du doigt avec un air menaçant avant de me demander :
- A quoi tu penses Lexa Woods ? Je trouve cela immensément injuste que tu puisses tout savoir de moi alors que tu me caches quelque chose.
- Immensément ?
- Ouais tu m'obliges à utiliser des mots bien trop compliqué… honte à toi !
- Je…
- Tu ? Vas y développe, j'attends ça avec impatience.
- Raven… c'est qu'il ne s'agit pas seulement de moi. Tu…
- Moi ? Mais tout va bien pour moi ! Je rêve de mon come back à New Haven depuis quatre longues, très longues années !
- Tu as conscience que Luna sera présente, n'est ce pas ?
Et voilà ! C'est malin… je viens de la mettre en mode bug !
Son regard est dans le vide et elle semble bloquer sur ces trois mots : Luna sera présente. Ils tournent en boucle dans sa tête telle une ritournelle. Ils se jouent d'elle comme une musique entêtante.
J'ai envie de dire quelque chose de plus, mais je sais que si j'ose énoncer le moindre mot, son état va empirer. Raven serre ses deux poings, ses dents grincent alors qu'elle bloque sa mâchoire. Oh oh… elle va s'énerver… elle va vraiment le faire !
PUTAIN ! JE DÉTESTE VRAIMENT CETTE FILLE !
- Raven…
- Non !
Elle ne cri pas mais sa voix est dure, ferme, sans émotions. Elle ferme ses paupières. Elle inspire profondément avant de s'ordonner mentalement :
Reyes, contrôle-toi, contrôle-toi, contrôle-toi, contrôle-toi, contrôle-toi, contrôle-toi, contrôle-toi, contrôle-toi !
- Je sais pertinemment que cette… qu'elle sera là. Je vais… je te promets de ne pas exploser. D'accord ?
- Pertinemment ?
- Oh c'est bon, la ferme ! Je viens juste de te promettre de ne pas démolir la fille que je déteste le plus au monde. Et toi, tout ce que tu soulignes c'est que j'ai utilisé un mot avec plus de trois syllabes ?
Je m'avance en bloquant mon regard dans le sien. Un sourire triste vient habiter mes lèvres. Je viens placer une de mes mains sur le bras de Raven. Je soupire avant de lui dire doucement :
- Si tu dois hurler, je préfère que ce soit sur moi.
- Quoi ? Mais c'est hors de ques…
- Ce n'est pas envers Luna que tu as une dent mais moi. La personne à qui tu en veux c'est moi, pas Luna. Je suis désolée de l'avoir choisi mais à ce moment précis Luna était mon meilleur atout.
- Pourquoi, demande-t-elle les larmes aux yeux. Qu'est ce qu'elle avait de plus que moi ?
- A part vivre à des milliers de kilomètre et m'éloigner ainsi des vautours. Il y avait aussi le fait qu'elle savait.
- Elle savait ? Elle savait quoi ? Que ta… oh ! Tu lui avais dit à elle et pas à moi ?
- Je ne lui ai rien dit, je bougonne. Omma l'a fait.
Raven cligne des yeux un nombre incalculable de fois. Elle s'apprête à dire quelque chose avant de ravaler sa phrase. Elle fronce les sourcils avant de soupirer.
- Pourquoi tu t'acharnes à ce point pour que je ne la déteste pas.
- Parce que… tu adores Luna.
- C'est faux.
- C'est vrai.
- N'importe quoi !
Je souris avec un peu plus de joie. Je fixe Raven, elle commence doucement à changer d'avis. Elle me fait un regard menaçant que je vais classer dans : sors immédiatement de ma tête.
- J'imagine que maintenant, nous pouvons prendre la route.
- Ouais, je crois que je vais quand même mettre de l'ananas dans son désert.
- Raven !
- Quoi ? Elle est farouchement allergique ce sera drôle. Ça me permettra d'extérioriser et de remettre la balle au centre.
- Farouchement ?
- Tu es vraiment agaçante aujourd'hui...
Un jour plus tôt…
La journée se déroule bien mieux que ce que j'avais imaginé. Cette veille de noël est loin d'être parfaite mais je me sens bien, à ma place.
Le seul petit bémol, c'est que malgré le fait que depuis quelques jours les pensées de Clarke me rendaient quelque peu folle, aujourd'hui elle me manque. Je n'arrête pas de penser à elle. Je me demande quand elle se décidera à faire un geste vers moi. Je n'attends pas grand-chose, un regard, une attention, un mot… n'importe quoi pour me donner le feu vert.
N'importe quoi…
- Lexie !
Je sursaute en percevant mon surnom. J'en lâche presque le saladier dans lequel je suis en train de confectionner des cookies. Luna semble amusée par ma réaction. Elle rit doucement avant de sauter sur le plan de travail pour s'installer dessus. Elle plonge un doigt dans ma préparation avant de demander :
- A quoi tu penses ?
- Que nous n'aurons pas assez de desserts ?
Le sourcil gauche de Luna se lève lentement. Elle a cet air sur le visage qui me fait clairement comprendre qu'elle ne croit pas un mot de ma réponse. Elle reprend clairement amusée :
- C'est vrai ce mensonge ?
Je soupire. J'ajoute le sucre sans la regarder alors qu'elle manque de s'étouffer avec la préparation qui doit être légèrement infâme avec seuls des œufs et de la farine. Ça lui apprendra à vouloir jouer les gourmandes.
Je mélange quelques secondes, avant de laisser mon plat sur le côté. J'essuie délicatement mes mains sur mon tablier et je vais chercher une chaise. Je m'installe juste en face d'elle. J'hésite encore une seconde avant de lui avouer :
- A Clarke. Je pensais à Clarke.
- Je m'en doutais. Pour être honnête, je m'attendais à ce que tu l'invites. Je ne comprends pas… vous n'êtes pas… ensemble ?
- Non.
- Vraiment ? Pourtant la dernière fois, j'avais cru… elle semblait jalouse de moi. Donc je me suis imaginée que… que tu avais de nouveau laisser entrer l'amour dans ta vie.
- Je suis amoureuse d'elle, je confirme.
Luna pose sur moi un regard attristée. Elle se penche très légèrement. Elle appuie ses coudes sur ses genoux avant de me demander doucement :
- Mais pas elle ?
- Dans ses pensées, c'est un vrai foutoir, j'avoue en chuchotant pour que personne d'autre n'entende.
- C'est plutôt bien… au moins tu ne la laisses pas indifférente.
- Le fait que je ne la laisse pas indifférente comme tu dis, la terrifie.
Luna soupire en laissant une injure lui échapper. Elle passe une main dans ses cheveux qui cette fois j'en suis certaine sont plus court que la dernière fois. Elle hésite. Je fronce les sourcils lorsque je capte certaine de ses pensées pour ma meilleure amie.
- Écoute Lexie…
Elle se mordille la lèvre inférieure. Elle est tout sauf certaine de ce qu'elle s'apprête à dire. Je trouve cela d'autant plus étrange en réalisant qu'au niveau de ses pensées, c'est le néant. J'attends donc patiemment la suite.
Je peux presque entendre son cœur battre dans sa poitrine. Je suis à « ça » d'entendre ce rythme complètement fou. Je perçois une infime mélodie qui semble se dresser entre nous comme un gigantesque mur.
- … la peur est ton pire ennemie. Il… je me suis trompée le jour où j'ai laissé la peur prendre le dessus. J'ai bien plus perdu que je ne veux bien l'admettre. Lexie, tu ne dois pas laisser les peurs de Clarke gagner, jamais. Il faut… dis lui. Montre lui que tu es prête à lui confier ton cœur. Mets-toi à nu s'il le faut, mais ne laisse pas la peur triompher, jamais. Pour le coup, ta malédiction, comme tu te plais à l'appeler, t'offre un énorme avantage, utilise-le.
Je fixe Luna comme je ne l'ai jamais fait auparavant. Il y a tellement de regrets qui marque son discours. Elle est tellement persuadée qu'elle n'aura jamais la chance de dire à Raven ce qu'elle ressent pour elle. C'est comme si son cœur était figé dans un amour qu'elle se persuade être impossible. Il attend en vain.
Puis lentement, je commence à comprendre toute l'importance de son discours. Alors je suis terrifiée. Je porte un regard que j'imagine totalement horrifiée sur Luna.
- Tu veux dire…
- Oui Lexie, c'est à toi de faire le premier pas. À toi de lui montrer que tu n'as pas peur. À toi de lui prouver que t'aimer, n'est en rien effrayant.
- Mais…
J'essaye d'évaluer la dose de courage qu'il me faudrait pour ça. J'imagine que même s'il existait une perfusion pour booster l'ardeur, ça ne suffirait pas. Moi ? Moi, je vais devoir mettre mon cœur en pâture, je vais l'exposer et juste attendre, espérer que Clarke ne le brise pas par peur ? Moi ? Moi, je vais devoir faire ça avec des mots ?
- Non, je ne reconnais pas ma voix, elle est hantée par la terreur. Je ne peux pas… trop de mots.
- Lexie…
Je relève brusquement les yeux. Non, non et non ! Il ne manquait plus que ça ! Luna pleure… pourquoi Luna pleure-t-elle ? Une énorme boule d'angoisse se forme dans mon estomac. Je déteste ces larmes dans ses yeux. Je voudrais qu'il y ait une loi pour interdire à ses foutues larmes de voiler le regard de ma sœur.
- … tu n'as pas peur de parler.
- Bien sûr que si !
- Ah oui ? Vraiment ? Alors tu m'expliques ce que l'on fait depuis tout à l'heure ? Lexie, ce qui te fait peur c'est… ou plutôt était toute cette colère qui grandissait en toi depuis ce jour là. Tu avais toute cette rage envers ta mère et c'était normal. Si tu as arrêté de parler, c'est parce que tu refusais que toute cette haine t'échappe. Tu ne voulais pas blesser ceux que tu aimes. Alors tu t'es repliée dans le silence, le temps de maîtriser toute cette rancœur. Mais aujourd'hui, tu es prête. C'est de nouveau l'amour qui a la plus grande place dans ton cœur. Toute cette fureur… elle disparaît. Je le vois.
Je secoue vivement ma tête de droite à gauche. Elle se trompe ! J'ai la sensation de suffoquer. Elle se trompe ! C'est comme si le sol se déchirait sous mes pieds pour me laisser tomber. Elle se trompe ! Mon cœur est subitement comme compressé entre deux paumes. Elle se trompe !
- Lexie… je t'ai laissé fuir, te convaincre que d'arrêter de parler était la bonne solution mais c'est un mensonge.
- Arrête.
Je reconnais à peine ma voix. Je… j'ai l'impression de régresser. J'ai cette horrible sensation de revivre ce jour avant que je ne rejoigne Luna à Paris. Avant que mon poing ne s'acharne sur la porte, qu'il s'acharne et s'acharne encore. J'ai des flashes de cette pluie qui tombait presque violemment quand j'ai posé un pied en dehors de l'aéroport, il pleuvait tellement… c'était assourdissant. J'avais cette envie de pleurer, pas de tristesse mais de rage. Le bruit était inimaginable. J'étais tellement en colère que je pensais être capable de briser tout ce que je pourrais toucher à l'avenir. J'avais envie de hurler, de supplier pour que toutes les voix s'arrêtent. Je voulais écraser mes mains sur mes oreilles pour arrêter tout ça, et me recroqueviller sur moi-même. J'avais presque envie de mourir pour que ça s'arrête et ça m'a encore plus mis en rogne. Je ne voulais pas être comme elle. Puis Luna a ouvert la porte.
Luna a tout de suite compris. Son père n'avait pas eu le temps de l'appeler pour la prévenir. Elle a reconnue l'étincelle dans mes yeux. Mes iris étaient, maintenant, à jamais, marquées par cette douleur unique. La malédiction était venue me trouver. Elle m'a donc naturellement me pris dans ses bras. Elle a murmuré tout bas des mots que je n'oublierai jamais. Elle n'a pas pleuré pour ma mère mais bien pour moi. Elle a refusé d'aller aux obsèques. Elle est restée avec moi.
Luna a toujours été celle qui m'a soutenu. Toujours…
Alors comment ? Comment peut-elle dire que j'ai fuis ? Ce n'est pas vrai ! Je n'ai jamais fait une telle chose, jamais !
- Lexie…
- Je ne veux pas entendre ça.
- Très bien. Je ne vais pas le dire.
- Luna, il y a bien une menace dans ma voix mais elle choisit de l'ignorer.
- Parfois fuir demande du courage. Tu n'as pas choisi la facilité. Arrêter de parler pour ne pas blesser ceux que tu aimes, je n'en aurais pas été capable.
- Luna, arrête.
- Non. Tu dois entendre ça. Tu es la personne la plus courageuse que je connaisse. Regarde-moi Lexie.
- Non.
- La bonne solution, ce n'est pas le silence. Lexie, la bonne solution c'est l'amour et tu le sais pertinemment. Et oui, c'est effrayant mais tu es déjà foutue. J'ai vue comment tu regardais Clarke, tu viens de m'avouer que tu amoureuse d'elle. Alors… ne… ne soit pas aussi lâche que moi. Prends tes responsabilités. Clarke a peur, rassure la, parle lui, devient son roc et soit toi même de nouveau. Aime-la comme seule les Woods savent le faire.
Mes mains tremblent, je n'ose pas regarder Luna. J'ai du mal à respirer. Je perçois comme une déflagration. Elle vient de sauter du comptoir. Elle s'approche. Sa paume effleure mon épaule. Elle s'agenouille, elle glisse un de ses doigts sous mon menton, elle m'oblige à redresser la tête et elle vient chercher mon regard.
- En tant que grande sœur, que meilleure amie qui ne t'a pas vue depuis longtemps et toutes les autres casquettes que je peux avoir pour toi, je te demande de rester. En tant que personne qui connaît ton secret, qui sait ce que tu as subis, qui a une idée assez précise et pourtant terriblement flou de la torture que tu vis jour après jour je… je te conseille… Lexie, ne reste pas. Rejoins-la.
Sur ces deux derniers mots Luna se redresse. Elle vient doucement embrasser le haut de mon front. Elle me serre dans ses bras. Alors que je commence à peine à me sentir rassurée, elle s'éloigne déjà. Dans un dernier geste, elle passe sa main dans mes cheveux pour les ébouriffer. Elle sourit en énonçant :
- Soit courageuse.
Puis elle me laisse seule dans la cuisine. Elle me demande d'être courageuse alors qu'elle, elle a fuis à des milliers de kilomètres lorsqu'elle s'est sentie tomber pour Raven. C'est… c'est vraiment n'importe quoi ! Je suis courageuse !
Et Clarke sait pertinemment qu'elle peut avoir confiance en moi. Elle sait que je serai toujours là pour elle. Elle sait que je la protégerai toujours, envers et contre tout. Elle le sait… n'est-ce pas ?
Au delà de cet infime doute, il y a ce manque. Cette réalité. Il y a quelque chose qu'elle ignore sur moi. Elle n'arrive pas à concevoir que je puisse l'aimer.
Nous avons… et ça je viens de le réaliser à l'instant grâce à Luna. Nous avons toutes les deux peur que l'autre nous brise le cœur. Merde ! C'est ridicule. Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je peux faire ?
Je perçois un bruit sourd. Je relève les yeux. Je découvre Costia. Je commence à avoir la nausée alors qu'elle s'avance vers moi. Je veux fuir mais je n'en suis pas capable. Je suis clouée sur place, comme collée à ma chaise.
Costia soupire. Elle prend une chaise avant de s'installer en face de moi. Son regard semble chercher quelque chose. Elle soupire de nouveau.
- Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas écouté aux portes.
Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu !
Qu'est-ce qu'elle a entendu ? Qu'est-ce qu'elle a compris ? Qu'est-ce qu'elle veut entendre ? Qu'est-ce qu'elle a besoin que je lui dise ? Qu'est-ce qu'elle sait ? Qu'est-ce que…
- Arrête de paniquer Lexa… si tu paniques, je vais paniquer et si je panique, mon père t'en voudra qu'importe à quel point il peut t'aimer.
Je ne suis pas du tout en train de paniquer ! Non… je dirai plutôt que je suis au bord de la crise d'angoisse. C'est bien plus grave !
- Peu importe… tu sais que j'ai toujours été jalouse de cette relation que tu as avec Luna. Elle a toujours été plus proche de toi que de moi. Pourtant, c'est ma sœur. Et toi tu étais… même quand on était ensemble, il y avait quelque chose de plus dans votre relation. Et encore une fois, elle semble en savoir bien plus que moi à ton sujet.
- Cos…
- Ce n'est pas grave. Je pensais que ça l'était mais plus maintenant.
Je ne comprends pas… où est-ce qu'elle veut en venir ? Je cherche une réponse dans ses yeux, dans ses pensées. Elle sourit. Elle vient attraper mon poignet droit. Elle dessine le signe de l'infinie sur ma peau. Mon cœur s'emballe.
- L'infinie…
Costia sourit un peu plus en relevant les yeux. Comme à chaque fois que son regard se pose sur moi, je suis troublée. La dernière fois que j'ai vécue un tel moment, c'était il y a quatre ans. Il y avait alors en plus dans ses iris, un éclat de colère, beaucoup de colère mais surtout de l'incompréhension.
- Tout est toujours une question d'infinie pour vous n'est-ce pas ?
- Costia, je ne…
- Non Lexa, laisse-moi parler. Je ne cherche plus à savoir à tout prix. Je sais qu'il y a quelque chose. J'ai compris il y a longtemps que votre famille était rongée par un secret. Je ne sais pas en quoi il est si terrible, mais Omma, Sarah et toi vous étiez constamment rongées par ce non-dit entre vous. Ta mère, je grimace en entendant ce mot, elle a toujours été moins forte qu'Omma et toi. Il y avait comme une fissure dans son masque de complaisance, elle était… plus fausse. Une fois, j'ai surpris une dispute entre ta grand-mère et ta mère et tu étais au centre de ces maux entre elles. Je n'avais jamais vu Omma en colère avant ce jour là. Et c'est ce jour que j'ai compris que ça… cette chose que vous cachez, vous détruit. Ça vous consume. Tu ne veux ou peut-être ne peux pas le partager avec moi. Très bien. Je n'ai pas besoin de cette information qui a le pouvoir de détruire ta famille, mais s'il te plaît, ne m'écarte plus de ta vie. Je… tu me manques Lexa. J'accepte aisément que tu puisses me cacher quelque chose mais je ne veux plus vivre loin de toi. S'il te plaît, laisse-moi une chance de redevenir ta meilleure amie. Bon… d'accord. Seconde meilleure amie, je sais que Reyes gagne à ce jeu là.
- Costia…
- Avant que tu ne dises non, quand j'ai… quand je t'ai amené Hadès et que c'est Clarke qui a ouvert la porte, je me suis retrouvée complètement désemparée. Il est possible que… je n'aie pas été des plus aimables. Elle était tellement gentille alors que je voyais bien que ma présence dérangeait. Puis j'ai compris toute l'importance de cette fille à tes yeux… et maintenant, tu avoues à Luna que tu l'aimes.
- Je suis désolée.
- De quoi ? Je préfère largement te savoir heureuse et amoureuse. Je crois que je n'arrivais pas à gérer la "nouvelle" toi. C'est pour cette raison que je t'ai laissé me fuir, que je me suis persuadée de te détester mais ce n'était pas le cas. Je ne veux pas que tu deviennes une inconnue. Alors… c'est pour cette raison que je vais te demander de rester. Au moins pour ce soir. Ne rejoins pas Clarke maintenant… s'il te plaît. Je sais que c'est égoïste de ma part mais… reste.
- Je n'ai pas l'intention de…
- Bien sûr que si Lexa. Tu vas la rejoindre. Je sais qu'avant demain tu seras à sa porte et que tu lui diras tout ce qu'elle a besoin d'entendre parce que tu es comme ça.
- Mais ?
- Mais… reste encore un peu avec ta famille, s'il te plaît. J'ai la sensation que ça fait une éternité que tu n'es pas venue.
- Parce que ça fait une éternité…
- Je t'ai convaincu ?
- Peut-être.
- Je sais comment t'achever !
Costia se redresse d'un coup. Elle sourit toujours. Elle me tend la main. Je secoue doucement la tête, je sais exactement comment elle va me convaincre de rester. Je glisse donc mes doigts entre les siens et je la laisse me traîner jusqu'au tourne disque.
Une fois devant cet objet qui a une énorme valeur à mes yeux, elle me lâche la main. Elle ouvre un premier tiroir et semble chercher un vinyle particulier. Après un petit moment, elle se retourne avec en main trois des disques que je préférais avec Omma : Otis Redding - The Dock of the Bay, Ella Fitzgerald - Every Time We Say Goodbye et Joan Baez – Blessed Are.
J'observe les trois boites en carton qui renferment mes albums préférés. Je plisse le nez pour éviter une grimasse. Je soupire avant de lever les yeux au ciel. Je passe une main dans mes cheveux avant d'affirmer :
- Je ne peux pas faire ce choix.
- Okay, je vais le faire pour toi. J'ai une petite préférence pour Ella !
Costia met en place le vinyle. Il commence à tourner lentement. Je suis fascinée par tous ces petits bruits. C'est comme pour le walkman, ça me rassure. Puis la voix grave de Ella Fitzgerald raisonne. Je souris. C'est vraiment de la bonne musique, on en fait plus de la comme ça.
- On dira ce qu'on voudra, mais entre Héloïse et Kasia, notre éducation musicale est assez atypique.
- Je ne vois pas où est le problème.
- Moi non plus Lexa, mais j'avoue que quand je dis qu'une de mes chansons préférées est sortie en 1939, c'est toujours bizarre.
J'éclate de rire, me souvenant subitement des paroles de ce fameux titre. Costia me donne un petit coup en me sommant de ne pas me moquer. J'arrête de rire un instant mais c'est impossible de rester impassible. Je ne comprendrai jamais comment elle peut aimer cette chanson.
- Oh c'est bon Lexa… j'ai compris…
- Run rabbit – run rabbit – Run! Run! Run! Bang! Bang! Bang! Bang!
Je chantonne ces quelques paroles, ce qui fait écarquiller les yeux de Costia. Je ris encore. Je ne me rends pas compte de ce que je viens de faire. Je reprends toujours amusée :
- Je ne comprends pas comment Flanagan et Allen avec Run Rabit Run peuvent être devant Nina Simone, Etta James ou encore Aretha Franklin.
Je me retrouve soudain avec Costia, les bras autour de mon cou. Je suis figée. Je n'ose plus bouger. Je la perçois rire doucement. J'essaye de comprendre ce qu'il vient de se passer mais je ne vois pas ce qui vient de déclencher ce rapprochement.
- Merci Lexa.
Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne comprends vraiment pas…
- Je ne croyais pas un jour t'entendre de nouveau chanter et certainement pas run rabit run. Merci.
J'ai… chanté ? Vraiment ? Je ne m'en suis pas rendue compte.
- Joyeux noël Lexa.
Costia vient doucement embrasser ma joue. Je suis surprise lorsque je ne sens pas mon cœur faire le grand huit. D'habitude quand elle fait quelque chose comme ça, je suis au bord de la tachycardie. Elle s'éloigne de quelques centimètres. Elle me regarde droit dans les yeux avant d'énoncer doucement :
- Clarke a vraiment de la chance, montre lui que tu vaux tous les sacrifies du monde.
Puis elle part, me laissant seule avec la musique. J'observe quelque peu interdite la porte qu'elle vient de franchir. Est-ce que… Costia vient-elle en quelque sorte de me donner sa bénédiction ? C'est… bizarre, très bizarre !
Je secoue doucement la tête. Qu'est-ce qu'elles ont les sœurs Evans à agir étrangement aujourd'hui ? C'est un complot ? Ou alors une acceptation de celle que je suis devenue… je ne suis pas très sûre.
Je me retourne vers le tourne disque. J'écoute les dernières paroles. Je crois que c'est à ce moment que je décide que je ne vais plus rester passive. Non, c'est impossible. Je dois agir pour moi, pour Clarke, pour… le futur peut-être, très certainement nous.
There's no love song finer, Il n'y a pas de chanson d'amour plus fine,
But how strange the change Mais comme c'est étrange le changement
From major to minor, De majeur à mineur,
Everytime we say goodbye. Chaque fois que nous disons au revoir.
Trois heures plus tôt…
Je n'arrive pas à dormir. Il n'y a rien à faire. Je suis incapable de fermer les yeux et de me laisser emporter par le sommeil. Je me redresse en quittant prudemment la musique. Je me lève pour rejoindre le rebord de la fenêtre de ma chambre. J'observe calmement la nuit. On ne peut pas voir les étoiles, il y a trop de nuages. Il y a de grandes chances que la neige tombe d'ici peu.
Je fais tourner mon portable entre mes doigts. Clarke m'a envoyé un sms aux alentours de minuit pour me souhaiter un joyeux noël. Je ne lui ai pas répondu. Principalement parce que je ne sais pas quoi écrire. J'ai essayé de réfléchir à ce que je pourrais lui dire. Si je me contente de lui dire que je suis amoureuse d'elle, ça ne suffira pas, n'est-ce pas ?
Qu'est-ce qu'on dit dans ce genre de situation ? Est-ce qu'il y a une bonne façon de faire ? Une mauvaise ? Est-ce que je serais capable d'aligner autant de mots ?
Je n'ai pas peur de parler ! Je suis prête ! C'est Luna qui l'a dit…
- Hey Lex' pourquoi tu ne dors pas ?
- Reyes ?
- Ouais. J'ai… j'ai discuté avec l'autre emmerdeuse et quand je suis rentrée, je t'ai vu "réfléchir" à une heure tout à fait indécente.
- Tu as parlé avec Luna ?
- Non, non, non moi j'ai parlé avec une emmerdeuse, je n'ai pas vu de Luna.
- Raven…
- Bon, d'accord. Oui, j'ai parlé avec Luna, je te jure qu'elle est toujours vivante.
- J'espère pour toi que tu ne l'as pas fait pleurer. Si tu l'as fait pleurer, je le saurai et Raven Reyes ou pas, je te ferai vivre un enfer.
- Hey ! Je te rappelle que je suis ta meilleure amie !
- Oui et Luna est ma sœur.
- Je ne l'ai pas fait pleurer, baragouine-t-elle. Je m'en voudrai si c'était le cas.
- Qu'est-ce que tu as dit ?
- Rien. J'ai rien dit. Donc… qu'est-ce qu'il se passe ?
Je hausse doucement les épaules. Je cherche derrière la vitre une lueur, n'importe laquelle. Mais en cette nuit de décembre même la lune est absente. J'avoue que je ne sais pas vraiment quoi faire. Mes prochaines actions semblent déterminantes et j'ai peur de lamentablement échouer.
Raven traîne bruyamment des pieds jusqu'à moi. Elle m'oblige à me décaler légèrement puis elle me prend dans ses bras. Le silence qui suit est certainement le plus beau qu'il n'y ait jamais eu entre nous. Sa tête est appuyée contre mon épaule quand elle murmure :
- Tu devrais y aller tu sais. Si tu pars maintenant, tu arriverais à huit heures. Tu te débrouilles pour lui dire tout ce que tu as à lui dire. Tu remontes dans ta voiture et tu es là avant onze heure et demi, personne ne se rendra compte de ton absence.
- Raven…
- J'ai beaucoup réfléchis à ce que je voulais comme cadeau.
- Je ne te dirai pas ce que je t'ai pris.
- Je le sais. J'imagine que c'est quelque chose de génial comme toujours. Mais il y a quelque chose que je veux, que je veux vraiment.
- Ah oui, je fais traîner ma réponse en souriant.
Je m'attendais à une réponse au tac au tac mais seul le mutisme me répond. Je me tourne légèrement pour essayer de déceler ce qui cloche.
Que tu sois heureuse.
J'écarquille les yeux. Je n'arrive pas à savoir si elle a énoncé cette phrase ou si je lui ai volé cette pensée. Je me racle doucement la gorge. Je prononce lentement son prénom, presque avec des pincettes. J'imagine toute la distance qu'il doit y avoir dans ma voix à cet instant.
- Tu as entendu n'est-ce pas ? Je vais le répéter juste pour être certaine : je veux que tu sois heureuse. C'est ce que je demande pour noël.
- Raven, je suis heureuse.
- Je veux que tu le sois encore plus. Je veux que ton bonheur frôle l'indécente et en échange… en échange, je ferai tout pour l'être aussi. Je te promets le plus grand concours de bonheur de tous les temps.
- Tu te rends compte que c'est du grand n'importe quoi ?
- Ce soir, j'ai réalisé une chose. Sarah… ta mère… elle a tenté de détruire cette famille. Je sais que tu ne veux pas parler d'elle mais repense à cette journée. Elle a échoué lamentablement. Il y a eu tellement de rires. Il ne manquait qu'une chose selon moi.
- Et qu'est-ce qu'il manquerait à cette magnifique journée remplie de rire ?
- Clarke.
Je me retrouve bouche bée après cette réponse. Il faut dire que je m'attendais à tout sauf à ça. Je ne peux pas croire qu'après Luna et Costia, ce soit au tour de Raven de me faire la morale sur ma relation avec Clarke.
Ma meilleure amie rit doucement. Elle m'oblige à me réinstaller contre son épaule. Elle caresse mes cheveux. Elle prend un temps fou à argumenter sa réponse. Parce qu'elle va argumenter, n'est-ce pas ?
- Tu me ruinais les yeux avec tes sms et maintenant, tu me bassine les oreilles avec une ritournelle incessante : Clarke, Clarke, Clarke, blablabla, Clarke ! Honnêtement, je croyais que tu allais finir par l'inviter ou mieux que tu ne serais pas là quand j'arriverais, que tu serais partie avec elle. Pourquoi crois-tu que j'ai insisté pour venir avec ma voiture ?
- Reyes…
- Je sais que tu en as déjà parlé avec Luna, on en a longuement discuté, entre autre. Alors… pour noël, je voudrais vraiment, vraiment, vraiment que tu rejoignes Clarke, que tu lui déballes ton sac, que vous vous embrassiez et tout, que tu sois heureuse et surtout, surtout, surtout que tu me fasses un rapport détaillé.
- Et si elle n'est pas prête à entendre ce que j'ai à dire ?
- Frappe-la.
- Raven !
Elle éclate de rire. Je me laisse bercer un instant par ce doux son. Elle vient embrasser le haut de mes cheveux avant de se lever. Elle pose ses mains sur ses hanches. Elle fronce les sourcils ce qui m'intimide légèrement.
- Ne la frappe pas… embrasse-la. Ça passera mieux. D'accord ?
Je hoche doucement la tête en guise de réponse. Je fixe un point invisible derrière l'épaule de Raven. Il faut que je le fasse. Je vais prendre ma voiture, avaler les deux heures et demie de route, frapper à la porte de Clarke et lui dire que je l'aime. Oui, je vais le faire.
Un sourire vient étirer mes lèvres. Mon cœur s'emballe d'impatience. Ça va être génial ! Ou... un véritable désastre ! Je préfère ne pas penser au désastre.
- Je peux savoir ce que tu fous encore là ?
- Hein ?
- Ta voiture, elle est par là !
- Ah oui… oui, c'est vrai.
Je m'habille très rapidement, prends mon manteau et enfile mes chaussures. J'attrape mes clefs et je reste bloquée devant la porte d'entrée. Je ne semble plus savoir respirer. Une main forte se pose sur mon épaule et me pousse. Je manque de tomber mais je me retrouve sous le porche. Je me retourne pour voir Raven avec un sourire espiègle sur le visage.
- Tu me remercieras plus tard.
Et elle claque la porte avant de la verrouiller. Ouais… je n'ai vraiment plus le choix. Soit, je prends ma voiture pour rejoindre Clarke, soit, je meurs de froid devant chez les Evans. Clarke semble définitivement une meilleure option. Je fais un premier pas et j'entends ma meilleure amie hurler :
- Joyeux noël !
Quelques minutes plus tôt…
Je ne me sens pas bien. Je ne me sens pas bien du tout. Je suis presque certaine qu'il est possible de succomber à cause d'un surplus d'angoisse. J'inspire profondément alors que je me commande d'avoir plus de courage. Oui, plus de courage ! Je serre le poing comme pour emprisonner toutes les mauvaises pensées et… je frappe.
Et pendant toute cette longue, intenable, terrible attente, je prie pour que ce ne soit pas Abby qui ouvre. Puis, finalement je me dis que Marcus ce n'est pas beaucoup mieux. Dans les deux cas, je vais complètement flipper. Voyons l'avantage… théoriquement, il n'y a aucune chance pour que Titus soit derrière cette porte. Enfin, je crois…
Okay, ça devient inquiétant, je deviens paranoïaque. Je devrais peut-être oublier et remettre tout ça à plus tard. Oui, ça semble être une super idée. Une très bonne idée ! Je suis à une micro seconde de faire un pas en arrière et d'éviter l'affrontement qui me fait trembler de peur quand la porte s'ouvre sur Abby.
- Bon… bonjour.
- Lexa ?
- Euh… oui, je suis désolée de débarquer à l'improviste, surtout aujourd'hui.
- Tu ne déranges pas Lexa. Tu… il n'y a pas de problèmes ?
- Quoi ? Non. Absolument pas. Je…
- Tu voudrais parler à Clarke ?
- Oui, s'il vous plaît.
- Lexa… qu'est-ce que j'ai dit sur le vouvoiement ?
- Désolée.
Abby me laisse entrer. Je sens que mes mains deviennent moites. C'est mauvais, très mauvais. Je cherche discrètement Clarke du regard mais elle ne semble pas au rez-de-chaussée.
- Je vais prendre ton manteau. Clarke dort encore mais tu peux aller la réveiller. Nous comptions le faire d'ici dix minutes.
Je donne distraitement mes affaires à Abby alors que mon regard est déjà sur les escaliers. Je sens mon cœur battre anormalement vite. Je ne crois pas qu'il est un jour pompé mon sang aussi rapidement. Je suis impatiente mais en même temps, j'aimerais que les secondes s'arrêtent pour me laisser un peu de répit.
J'inspire profondément. Je murmure un remerciement pour Abby. Je me plante devant les escaliers. J'expire tout le surplus d'air et je pose un premier pied sur la première marche. Le reste se fait naturellement, comme dans un rêve. Je ne suis pas certaine de la façon dont je me suis retrouvée à l'étage mais j'y suis.
Je suis un peu perdue. Je ferme les yeux. Je me concentre. J'ai besoin de silence. Je veux n'être que moi à cet instant. Je ne souhaite pas que des voix m'importunent. Je laisse mes cils se lever lorsque je me sens assez moi même et j'avance jusqu'à la chambre de Clarke.
Génial ! Une deuxième porte… comme si ça n'avait pas été déjà un supplice de frapper à la première.
Du courage. Juste un peu plus de courage…
De l'autre côté, il y a Clarke. De l'autre côté, il y a tout ce que je souhaite. De l'autre côté, il y a mon avenir. De l'autre côté, il y a celle que j'aime.
Je redresse d'un geste tremblant mon poing serré en inspirant profondément. Et lorsqu'il est temps d'expirer, j'écrase à trois reprises mes doigts sur le bois. J'attends une réponse qui ne semble pas vouloir venir. Mais après une longue, très longue seconde, je perçois un grognement qui me fait sourire.
- Re… plus tard. Ma' j'dors.
Je souris un peu plus. Je viens caresser la porte. Mon cœur fait tellement de bruit que j'ai du mal à percevoir les autres sons. Je colle mon front sur le bois. Je m'ordonne pour la énième fois d'avoir assez de courage avant que je ne prononce d'une voix tremblante :
- En fait, c'est Lexa.
J'entends un bruit sourd. Je suis presque sûre qu'elle vient de tomber de son lit. Je fronce les sourcils et je m'apprête à lui demander si elle va bien, quand une détonation vient presque faire saigner mes tympans :
- PARDON ?
J'ai à peine le temps de reculer ce qu'il faut, que la porte s'ouvre en grand devant moi. Elle semble vraiment choquée par ma présence et heureuse aussi. Son pyjama est encore à l'effigie du logo d'un super héro, cette fois c'est Aquaman. J'adore ses pyjamas ! Mon sourire s'étire un peu plus quand je remarque le carnage que représente actuellement sa tignasse blonde.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Il y a un problème ? Le réveillon s'est mal passé ? Raven a encore voulu te kidnapper ? Pire… elle a volé tes clefs ?
- Rien de tout ça.
- Okay, je suis rassurée. Dans ce cas, pourquoi tu es là ?
- Je… j'ai…
Okay Lexa, c'est le moment pour bien respirer. Si je ne veux pas échouer lamentablement dans cet exercice tout sauf plaisant de la déclaration, il faut que je respire mes mots. Et que j'évite de paniquer. Et que j'évite de penser à une réponse négative. Et que je ne la regarde pas trop dans les yeux. Et que je ne lise pas dans ses pensées. Et que… bon d'accord, il y a beaucoup de contre-indications !
Juste… respirer. C'est bien, c'est déjà un bon début.
- J'ai besoin de te parler.
Oh oh…
Quoi ? Comment ça "Oh oh" ? Je n'ai encore rien dit ! Et merde… je suis en train de lire dans ses pensées. Il faut que je me calme. Il faut vraiment que je me calme.
- Okay. Je vais y arriver.
Je prends doucement la main de Clarke. Je lui montre l'intérieur de sa chambre. Heureusement, elle comprend ce que je veux et nous fait entrer. Elle s'installe. Je m'en veux parce qu'elle se met presque immédiatement en position de défense. Je baisse les yeux au moment où elle demande :
- Qu'est-ce que tu veux ?
D'accord… au ton qu'elle emploie, je devine que je n'ai pas du tout bien commencé cette conversation. Je m'en veux. Je m'en veux vraiment. Sans que je ne puisse le contrôler, mon index se lève pour la pointer.
Je sais que c'est puéril mais avec ce geste, je réponds à sa question. Ce que je veux, c'est elle. Je n'ai jamais rien voulu avec autant d'ardeur qu'elle. Il n'y a rien que je ne désire plus au monde qu'elle. Et j'estime… oui, j'estime que nous avons perdu assez de temps.
- Lexa ?
Je soupire. Les mots son coincés. Ils refusent de franchir la barrière de mes lèvres. J'essaye de repenser à ce que m'a assuré Luna, que je n'ai pas peur de parler. Sauf qu'actuellement, il n'y a rien à faire. Je reste piégée dans un silence que je ne souhaite pas.
Je me maudis d'avoir laissé mon sac à dos à Abby. Au moins dedans, il y avait de quoi écrire. Et, c'est soudain l'illumination. Je mime le geste à Clarke. Son visage s'éclaire. Elle cherche ce qu'il faut sur son bureau et elle me murmure des excuses en me les tendant.
J'écris exactement ce que je pense depuis qu'elle m'a demandé ce que je voulais. J'observe ma réponse avec une certaine appréhension. Je crois que mon regard reste un peu trop longtemps bloqué sur mon écriture parce que Clarke m'appelle de nouveau. Alors je ne sais comment, sûrement un shoot d'adrénaline, je retourne le bloc pour qu'elle puisse lire mes mots.
Ce que je veux, c'est toi Clarke.
La magnifique blonde devant moi semble bloquée sur mes mots. Ils ricochent dans son esprit dangereusement. Merde. Respire. Juste respire Lexa. Je me lève lentement, je laisse le bloc de papier et le crayon sur son matelas. Je m'arrête alors que je viens largement d'entrer dans son espace personnel. J'hésite un instant avant de prendre ses mains. Je bloque mon regard dans le sien et je sais que je suis au bord du précipice.
C'est maintenant, le moment le plus important de mon existence. Celui qui marque à jamais le reste de ma vie.
J'ai la sensation de suffoquer. Je voudrais être partout sauf ici mais en même temps, je ne laisserais ma place pour rien au monde. Je suis en plein milieu d'une horrible contradiction. Je n'entends rien d'autre que mon cœur qui pompe le sang à la vitesse de la lumière. Je suis quelque peu fascinée par le vacarme qu'il provoque. Je crois que ça ressemble au silence que je connaissais avant.
Je repense à cette sensation qui m'a envahie à plusieurs reprises. Ce mutisme qui entoure parfois Clarke. Le monde qui devient aphone et discret quand elle est proche de moi. Peut-être parce qu'au fond, Clarke représente déjà mon monde.
Je l'aime. Je l'aime vraiment. Et, il est temps de lui dire.
- Je sais, moi aussi je trouve ça effrayant. Ce ne sera pas facile. En vérité, il se pourrait même que ce soit un véritable enfer mais, je mordille ma lèvre inférieure, je suis terriblement nerveuse, je suis prête à prendre le risque. J'aimerais, si tu le souhaite aussi, un battement plus assourdissant, une respiration qui vient à retardement, sortir avec toi. Crois-moi, c'est très certainement une mauvaise idée, peut-être même la pire de toute. Je sais que tu as peur. Mais, une pause, une hésitation, une suite qui se fait attendre, j'en ai envie, vraiment envie. J'espère juste que toi aussi parce que, du courage, juste un peu plus de courage, Clarke je, mince c'est terriblement difficile à dire, je suis en train, correction, je suis amoureuse de toi. C'est complètement fou, j'en ai conscience et oui c'est angoissant. Je m'étais promis de ne plus, non, reste concentré, du moins pas tant que, concentré Lexa, ne pense à rien d'autre que Clarke, que Clarke, mais tu es vraiment, vraiment exceptionnelle et je voudrais… j'aimerais… sors avec moi, s'il te plaît.
Je viens de finir ma tirade. Je suis à bout de souffle. Je tremble. J'ai du mal à tenir debout. J'ose à peine la regarder. J'ai tellement peur qu'elle refuse. Je suis terrifiée à l'idée qu'elle puisse me dire non. Je sens mon cœur qui cogne dans ma poitrine. J'attends une réaction qui ne semble pas vouloir venir. Je vois qu'elle semble enfin prête à me donner sa réponse et c'est comme si tout se figeait autour de moi. Je suis pendue à ses lèvres.
- Tu es amoureuse de moi ?
- Oui.
- Tu veux sortir avec moi ?
- Oui.
- Et tu viens de faire plus de deux heures de route le jour de noël pour me le dire ?
- Euh oui… j'ai oublié : joyeux noël, j'ajoute avec un sourire timide.
- C'est… il faut que je sache. Est-ce que je suis en train de rêver ? Parce que ce serait un rêve très cruel.
Je secoue la tête de droite à gauche pour répondre négativement à ses questions. Non. Ce n'est pas un rêve et je viens de me livrer comme jamais auparavant. Jamais. Je remarque que mes mains sont toujours dans les siennes. Je les fixe avec une certaine fascination. Si elle ne les a pas relâché, c'est plutôt bon signe, non ?
- Donc en résumé, tu m'aimes, tu veux sortir avec moi et tu n'es pas un rêve.
Je fais signe qu'elle a tout compris de la tête. Je commence vraiment à trouver cette situation longue. Pourquoi pose-t-elle toutes ces questions ? Pourquoi ne se contente-t-elle pas d'un simple oui ou non ?
- Ça… ça veut dire que… si j'en ai envie, je peux t'embrasser…?
Je souris un peu plus. Je plonge mes yeux dans les siens. Je me sens légèrement amusée par sa demande. Je sais qu'elle a terriblement envie de m'embrasser et qu'elle se bat contre cette idée presque quotidiennement. Évidement, le fait que je détienne cette information est un peu de la triche. Sauf si on joue avec mes règles.
Et, je décide de jouer avec mes règles !
- En théorie oui.
- Comment ça en théorie, s'affole-t-elle.
- Je ne donne jamais de baiser avant le premier rendez-vous.
- T'es sérieuse ?
- Très.
- Mais… quoi ? Pourquoi ?
- Sors avec moi Clarke, s'il te plaît.
- Je vais sortir avec toi, répond-t-elle avec un petit air boudeur.
- Parfait.
Je lâche très doucement sa main. Je viens caresser sa joue sans la quitter des yeux. Je sais que j'ai fait le bon choix. C'était difficile mais je me suis mis à nu et maintenant, j'ai une chance de lui prouver que j'en vaux la peine. Je me dresse légèrement sur la pointe des pieds pour l'embrasser avec douceur sur la joue, sûrement un peu trop longtemps mais qui s'en soucis.
Je décolle mes lèvres de sa peau avant de reculer de quelques pas en laissant glisser sa seconde main loin de la mienne. Je souris un peu plus. Je suis heureuse. J'ai le droit à un rendez-vous avec Clarke Griffin, c'est un truc de dingue ! Je dois être la fille la plus chanceuse de cette planète !
Je montre avec un certain geste maladroit la porte. Je n'arrive pas à la quitter des yeux. Je me souviens que je suis censée la quitter, c'était le deal. Je lui parlais, j'espérais qu'elle accepte et je retournais à New Haven pour ne pas gâcher cette fête pour mes proches.
- Je dois y aller.
- D'accord.
- On se voit demain ?
- En fin d'après-midi, confirme-t-elle.
Je n'ai pas envie de la quitter et j'ai terriblement envie de l'embrasser. Comme l'a souligné Clarke, j'en ai théoriquement le droit maintenant. Sauf que je veux faire ça bien. Je sais pertinemment que le cœur de Clarke est fragile. Je veux en prendre soin et qu'avec le temps, elle n'ait plus peur de ce qu'elle commence à ressentir pour moi. J'ai le besoin de recoller tous les morceaux et j'espère que son cœur sera encore plus beau, plus aimant que jamais.
- Okay, j'ouvre la porte alors que je lui tourne toujours le dos. A demain et encore joyeux noël.
- Joyeux noël Lexa.
Je suis devant les escaliers lorsqu'elle me rattrape. Ses doigts serrent mon poignet, peut-être un peu fort mais je m'en fiche. Elle est essoufflée.
- Encore une chose, moi aussi je tombe amoureuse de toi. Et… j'ai vraiment, vraiment envie de t'embrasser. Tu as dit que tu ne donnais pas de baiser avant le premier rendez-vous, mais tu n'as rien dit sur un baiser volé.
- Clarke, je prononce son nom comme une menace, non.
- Non ?
- C'est trop important.
- Mais…
- S'il te plaît, laisse-moi une chance. Laisse-moi l'opportunité de faire en sorte qu'il, je prononce ce « il » en montrant son cœur, aille mieux, laisse-moi le réparer, laisse-moi l'aimer de la bonne manière.
Je vois des larmes s'accumuler dans les yeux de Clarke mais elles ne me font pas peur. Je sais. Oui, je sais que ce sont des larmes de joie. Je lui souris avant de fixer ses doigts qui se délient lentement. Je commence à reculer, je descends trois marches toujours en observant Clarke. J'ajoute :
- Je ne veux pas aller trop vite. Je ne veux pas que ton cœur puisse se croire en danger ou berné. Je veux t'aimer de la bonne manière, si tu le permets.
- Si je le permets ? Évidemment que… merci Lexa.
- Tout ce que tu veux Clarke.
- Sauf m'embrasser.
Je souris à la fin de sa réplique avant de confirmer ses dires. Je me retourne pour enfin rejoindre le rez-de-chaussée. Abby arrive et me demande si je souhaite rester. Je refuse poliment lui confiant que je dois rejoindre ma famille.
Je m'installe devant le volant. Je démarre. Je prends le temps de me remettre de mes émotions. J'écoute les paroles d'une oreille peu attentive. Je vois Clarke attendre mon départ depuis la porte d'entrée. Je lui souris avant d'attraper mon portable.
De Lexa à Raven 9h12 :
Joyeux noël Raven Reyes !
Je suis heureuse !
De Raven à Lexa 9h12 :
Joyeux noël Lexa Woods !
Je suis heureuse !
Le concours commence…
oOoOo
Voilà pour le nouveau chapitre qui représente la fin de la première partie de IHYV. J'espère que vous l'avez apprécié. Ça y est ! Elles se sont déclarées, c'était pas trop tôt, n'est-ce pas ? Lexa a fait tout le boulot, la pauvre… après pas encore de premier baiser. Pas trop déçus ? La raison de Lexa pour l'éviter vous a convaincu ? Ne me tuer pas, s'il vous plaît ! De toute façon... se serait contre productif ! Si vous me tuer pas de suite. Sans suite... pas de baiser ! NA !
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
J'ai décidé maintenant qu'il y a la chaîne Youtube, de ne plus faire de note sur les artistes que je nomme avec leurs titres, sauf si vous être contre bien sûr ou si j'ai vraiment quelque chose de super important à dire sur une certaine chanson ou sur un artiste en particularité. N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cette initiative ! Et si vous voulez une note en particulier ou que je parle d'un sujet qui vous tient à cœur, je suis ouverte aux suggestions !
Note n°1 : Musiques qui ont rejoint la play-list Youtube : Woodkid – Run Boy Run, Pentatonix - That's Chrismas To Me, Otis Redding - The Dock of the Bay, Ella Fitzgerald - Every Time We Say Goodbye, Joan Baez – Blessed Are et Flanagan et Allen avec Run Rabit Run.
Note n°2 : Le Monopoly est un jeu de société qui a vu le jour en Amérique en 1935.
Note n°3 : Nina Simone est une chanteuse, pianiste et compositrice américaine principalement rattachée à la musique jazz. Sa notoriété a débutée dans les années 60. Aujourd'hui elle est aussi bien connue pour sa musique que pour son combat pour les droits civiques. Cette grande artiste a tout de même inspiré beaucoup de nos chanteurs actuels comme Beyoncé, John Legend, Madonna ou pour la french touch Olivia Ruiz. Ses chansons ont été repris de nombreuses fois par Muse, Lana Del Rey, Ed Sheeran… et bien sur ses titres apparaissent aussi dans plusieurs films et séries.
Note n°4 : Etta James est encore une chanteuse de Jazz américaine. Sa carrière s'étend sur soixante années où elle a remporté plusieurs Grammy Awards. Son dernier album est sorti en 2011, un an avant son décès à 73 ans… oui, j'étais en deuil ce jour là !
Note n°5 : Aretha Franklin est une chanteuse et pianiste qui opère dans le jazz (encore me direz-vous mais pas que…), le gospel, la soul et le blues. Et si vous ne la connaissez pas… je suis désolée de vous dire ça mais… hum (je me racle la gorge) vous êtes inculte (un peu…). C'est tout de même la deuxième personnalité afro-américaine la plus connu, juste après Martin Luther King. Elle a vendu 75 millions de disques et reste l'artiste féminine ayant vendu le plus de disques de tous les temps. Le magazine Rolling Stone la place première au classement des meilleurs chanteurs de tous les temps. Elle a chanté à la cérémonie d'investiture d'Obama. Elle a obtenue 18 Grammy ! Puis 11 victoires de prestation vocale féminine R&B. Il y a un astéroïde qui porte son nom. Ça y est, je n'ai plus d'arguments… C'est la Queen of Soul tout de même !
Réponses aux Guests :
Elooo : Si ça t'as plu, c'est le principale ! ;) Le chapitre est (enfin) là ! ^^ Oui, Lexa s'en est enfin rendu compte et dans ce chapitre, elle s'est rendu compte d'autre chose d'important ce qui… lui a permis de se jeter à l'eau !
Morgane : Hey, géniale ! Je suis contente que le chapitre 19 t'es plu, j'espère qu'il en est de même pour celui-ci. Je sens que tu vas encore plus aimer Luna avec ce chapitre 20, je ne sais pas pourquoi, juste une intuition ! ^^ Toujours pas de baiser… mais on s'en approche.
Alice : Oui, c'est mercredi ! :D Tant mieux si plus l'histoire avance plus tu la trouve bien, c'est que tu entre complètement dans l'univers. Coup de cœur pour Luna, j'en suis heureuse, j'adore ce personnage ! T'en fais pas, tu en apprendras plus sur Kasia. En effet, je pense que de toujours être dans les pensées d'une autre doit-être très difficile à vivre mais bon… on parle de Lexa, elle va trouver un moyen de surmonter tout ça. La mise est donc toujours sur Clarke, la tension monte, elle mooonte ! ;) Et non… je n'ai pas utiliser le gui… j'espère que le dernier chapitre t'as plus ! A bientôt !
Guest : Merci beaucoup ! :D Les POV de Lexa sont mes préférer, un peu plus complexe mais plus intéressant. Et bien si j'ai réussis à éloigner ton scepticisme sur le côté surnaturelle de ma fanfiction, j'en suis fière ! :) J'espère continuer a te surprendre ! ;)
Guest : Yeah, Luna is here ! ^^ Non, tu n'en as pas fini ni avec Luna, ni avec Kasia ! Le Luna/Raven attendra un peu bien qu'elles se soit tout de même un peu parler pendant ce réveillon de noël. Pour le Costia/Lexa, tu as eu un aperçu de leur futur relation, reste à savoir comment va réagir Clarke ! XD Le premier baiser, le premier baiser… vous n'avez que ça à la bouche, pauvre de moi ! XD
SamLiz : Nop ! Pas de baiser… comment ça inacceptable ? Bha… je ne trouve pas. Étant donner le caractère que j'ai donner à Clarke et Lexa dans cette AU, un baiser trop tôt pourrai tout gâcher. Je ne veux pas vous faire mourir d'attente, je ne veux tuer personne ! ^^ Non, ce que je veux c'est réussir (du moins essayer) à écrire une belle histoire d'amour. J'espère qu'avec le chapitre 20, tu comprends mieux le recule de Lexa. Elle avait peur elle aussi… Clarke lui fait peur. Depuis que la blonde est dans sa vie, elle ne peut plus se cacher dans le mensonge qu'elle s'est construit toute seule après la mort de sa mère. Pour Clarke… c'est une trouillarde, mais pas dans le mauvais sens du terme, elle y va a ta-ton, elle vérifie que le terrain n'est pas miner et surtout elle s'assure que son cœur ne soit pas briser une fois de plus. Le peuple, sera entendu, il y aura bien un baiser ! Lexa l'a promis à Clarke, n'est-ce pas ? C'est pas grave si cette review est un peu hystérique, je comprends… j'espère que tu as aimer cette suite malgré l'absence de baiser.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Et ton cœur... »
GeekGirlG.
