Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Merci pour votre soutien pour vendredi dernier, je tiens a souligner que je n'ai pas tuer "ma" Sindy même si elle n'a pas échapper à quelque regard noir. Elle était juste derrière moi à la remise des diplôme à critiquer tous ce qui bouge, je jure que j'ai faillit lui en coller une mais… j'ai de bons amis qui m'ont rappeler qu'elle n'en valait pas la peine. Art To Play s'était vraiment génial même si pendant ce temps là… je n'ai pas pu écrire… je me sens en retard ! XD Bref… ah si… j'ai été voir Justice League hier soir donc si quelqu'un veut en parler, n'hésitez pas ! Faites attention aux spoilers tout de même...

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : On y est, cette fois, il n'y a plus de retour en arrière. C'est le chapitre du premier rendez-vous. Et vous savez ce qu'a dit Lexa sur le premier rendez-vous ? Donc… fini la frustration ! ;)

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

Chapitre 21 : Et ton cœur… ?

Je traîne des pieds en sortant de l'ascenseur en me frottant les yeux. Je suis exténuée. Cette journée a semblé ne jamais vouloir finir. Le procès Nia Queen a enfin commencé et je déteste passer une journée entière au tribunal. Mais j'ai besoin de m'assurer que cette sale garce finit bel et bien en prison.

Il se peut donc, en effet, que je m'introduise dans les pensées du jury afin d'être certaine qu'ils fassent le bon choix. Non. Ce n'est pas de la triche. Je ne fais que jouer avec les cartes que l'on m'a données.

J'entre dans l'appartement en faisant le moins de bruit possible. Je dépose mon manteau et mes chaussures encore légèrement couverts de neige. Puis je m'engouffre dans le salon. Je suis accueilli par Meeko, qui semble complètement endormi. Je viens caresser sa petite tête alors il commence immédiatement à ronronner. Je claque ma langue contre mon palet. Je déteste quand il fait ça.

Je le prends dans mes bras et cherche Clarke du regard. Je sais qu'elle aime dormir avec le chaton et donc s'il est là c'est qu'elle ne dort pas encore. Je perçois un léger fond son sonore. Je m'avance vers le salon pour découvrir la magnifique blonde endormie sur le canapé. Il y a un tas de livres sur la table basse et une tasse. Je souris doucement en m'approchant lentement.

Je laisse Meeko au sol avant de m'installer en tailleur parterre, au plus près de Clarke. J'hésite un instant avant de caresser doucement son visage pour la réveiller. Ses paupières papillonnent avant de s'ouvrir difficilement. Ses magnifiques iris bleutés se fixent sur moi. Elle prononce mon prénom de manière incertaine.

Puis, la panique s'insinue dans ses pensées. Elle se redresse presque brusquement en me demandant complètement incertaine :

- J'ai manqué notre rendez-vous ?

- Non Clarke.

- Mince… tu m'as fait peur. Qu'est ce qu'il se passe alors, demande-t-elle plus calme en étouffant un bâillement.

- Tu t'es endormie sur le canapé.

- Je voulais t'attendre, bougonne-t-elle en prenant son portable. Plus de minuit… tu m'étonnes que je me sois endormie. Tu ne vas pas me faire croire que le procès vient de se finir.

- Non. J'ai aidé Anya à peaufiner son témoignage.

- Ah…

- Ne le dis à personne mais elle flippe totalement avant chaque procès.

- J'ai du mal à imaginer ça au vu du personnage.

- Ne te fis pas aux apparences. Anya est bien plus fragile que ce qu'elle laisse voir.

- Tu l'apprécies n'est-ce pas ?

Est-ce que c'est de la jalousie que j'entends dans sa voix ? Je hausse doucement les épaules. Je lui tends la main. C'est n'est pas le moment pour avoir une conversation comme celle-là.

J'accompagne Clarke jusqu'à sa chambre. J'embrasse délicatement sa joue avant de lui souhaiter une bonne nuit. Je la détaille une seconde de trop. J'ai tellement envie de passer plus de temps avec elle, de la toucher mais je n'en ai pas encore le droit.

Demain… notre premier rendez-vous c'est demain. Après ça, si tout se passe bien, je pourrai laisser libre court à mes envies. Il m'a fallu plusieurs jours pour préparer cette soirée que j'espère plaira à Clarke. J'ai tellement hâte d'y être.

Je souris en reculant d'un premier pas. Mon cœur cogne contre ma cage thoracique quand je prononce d'une voix faible :

- A demain Clarke.

- A demain. Ne débarque pas à minuit à notre premier rendez-vous… ça je ne te le pardonnerai pas.

Je souris un peu plus. Si elle savait. Il n'y a véritablement aucune chance pour que ça arrive. Je ne me permettrais pas de la faire attendre. Du moins pas plus…

- Promis.


Je suis horrifiée, totalement désemparée par la tournure que vient de prendre le procès. Je suis tellement en colère contre moi-même de ne pas l'avoir vu venir. Tout a été ajourné. Je n'arrive pas à le croire. C'est mauvais, très mauvais.

Anya m'a suivi hors de la salle blindée. Je tremble. Elle pose une main sur mon épaule, je m'éloigne du contact. Je ne suis pas en colère contre elle mais bien contre moi. Comment ? Comment j'ai pu négliger une telle chose ?

Je serre mon poing gauche tellement fort que je sens arriver une légère morsure dans ma paume. C'est la douleur. Mes ongles ne devraient pas se planter aussi profondément sur ma peau. Mon cœur bat bien trop fort mais ça n'a rien d'agréable. Je ne comprends pas comment une telle chose a pu se produire.

J'ai été piégé. Moi.

- Hey, calme-toi Woods. On va trouver une solution, comme toujours.

- Il n'y a pas d'autres solutions.

- Lexa… respire, s'il te plaît. Il faut que tu te calmes. Si tu veux, on peut… aller en "parler". Je ne veux pas t'obliger à parler ou quoi que ce soit mais…

- Je vais bien.

Anya ne croit pas un mot de ce que je viens de dire. Je ne peux pas la blâmer, je ne me croirais pas non plus. Elle pose une main sur mon épaule, encore une fois. Son geste me fait sursauter. Mais cette fois, je ne m'éloigne pas.

- Lexa, elle soupire, juste, je te demande de ne pas prendre de décision hâtive. Je commence à bien te connaître donc… prends le temps de réfléchir. Ne la laisse pas gagner si facilement mais si… si tu la laisses gagner, ce n'est pas si grave. On peut très bien reculer pour mieux attaquer. Okay ?

Je hoche doucement la tête de haut en bas en guise de réponse. Anya me sourit. Je crois qu'elle est heureuse d'avoir réussi à me calmer un peu. Elle reprend doucement :

- Tu es la seule à savoir ce que tu sais sur moi… je n'ai pas assez confiance en qui que ce soit pour en parler. Pas même Link et pourtant c'est mon coéquipier depuis bientôt trois ans. Je sais que j'ai pété un câble quand tu t'es décidée à m'en parler. C'est vrai quoi… tu ne disais pas un mot, jamais et les premiers que tu m'as adressés ont été désastreux. Mais j'ai fini par comprendre… tu t'es fait violence pour me parler d'une chose que tu savais importante, qu'importe les conséquences. Alors, si je peux t'aider à mon tour. Je suis là. Tu n'es pas seule.

- Je sais Anya.

- Ne te fous plus jamais des conséquences comme ce jour là. Je ne veux pas que… Nia Queen est un monstre. Ne la laisse pas t'atteindre.

Je réfléchis un instant à ce que vient de dire Anya. Chacun de nos actes ont des conséquences. C'est comme ça, on y peut rien. On doit juste faire attention à ce que nos décisions ne nous réduisent pas en cendre.

Nia Queen vient de me provoquer ouvertement et je vais la réduire en poussière !

- Lexa…

- Je ne sais pas encore comment mais je vais lui faire payer.

- Je t'en pris Lexa, tu n'as pas écouté un seul mot de ce que je viens de dire ? Tu ne dois pas tomber dans son piège. Il faut te poser, réfléchir et seulement après agir. Je t'en prie, prends du recul.

Prendre du recul… comme passer du temps avec Clarke. Je souris à la seule pensée de la jolie blonde. Clarke ! Merde ! J'ouvre sans précaution mon sac pour trouver mon portable, une fois le combiné rectangulaire en main, je soupire de soulagement quand je réalise que je suis toujours dans les temps.

Je préviens Anya que je dois y aller et que nous reparlerons de la situation désastreuse dès le lendemain. Je cours déjà pour retrouver ma moto quand elle hurle ou plutôt m'ordonne de ne rien faire de stupide.

S'il y a bien une chose que je n'ai pas l'intention de faire ce soir, c'est quelque chose de stupide. J'éloigne Nia Queen de mes pensées. Elle ne mérite pas que je m'attarde sur elle. Clarke en revanche…

Je souris en démarrant. J'ai attendu, espéré, cette soirée depuis ce qui me semble être une éternité. Je n'ai aucune raison de penser à autre chose. Aucune !


Je me suis installée sur un banc juste en face de l'entrée des urgences. Évidement, j'ai gardé mon garde fou bien plaqué contre mes oreilles. Je refuse d'être happé par un nombre incalculable de pensées affolées, douloureuses et incontrôlables.

Je suis absorbée par le début d'une nouvelle musique lorsque Clarke franchit enfin la porte que je fixais sans interruption. Elle est vraiment magnifique, même complètement emmitouflée dans son écharpe rouge qui recouvre la moitié de son visage. Je me lève pour la rejoindre. Je suis consciente qu'elle n'a aucune idée de ma présence pour la simple et bonne raison que je lui ai donné rendez-vous à l'appartement.

Tout ceci faisait partie d'un stratagème qui consistait à réussir à la surprendre. J'avance donc vers elle et j'entends ces paroles avant de couper mon walkman.

The sky is a neighborhood Le ciel est un territoire voisin
So keep it down Alors du calme
The heart is a storybook Le cœur est un livre de contes
A star burned out Une étoile consumée

Je prends encore une seconde pour bien respirer puis je l'appelle. Elle semble surprise d'entendre ma voix, son corps se fige. Lentement, elle se retourne et le sourire qui étire ses lèvres est un des plus beaux que je n'ai jamais vu. Elle court presque vers moi en me demandant :

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

- J'étais trop impatiente.

- C'est une très bonne raison. Les dernières heures ont été un vrai supplice, je ne tenais plus en place. Je… est-ce que tu vas enfin me dire ce que tu as prévu ?

- Aucune chance.

- Oh allez, Lexa ! Un indice, juste un tout petit, minuscule indice… j'ai l'impression d'avoir attendu une éternité pour avoir le droit à cette soirée.

Je suis amusée par sa répartie. Je ne lui réponds pas parce que non. Je ne lui donnerai pas d'indices, jamais. Je me contente de lui tendre la main pour l'inviter à me suivre. Clarke soupire avant de lever les yeux au ciel.

- Très bien. Garde pour toi tout ce mystère.

Puis, elle me prend la main. Avec ce simple contact, je commence légèrement à me sentir rassurée. J'ai la sensation que ça fait des jours que j'essaye de me convaincre que tout va bien se passer. Je ne devrais pas douter. Après tout, c'est Clarke. Juste Clarke…

Okay, je panique complètement. J'ai bien trop peur de me planter. Je m'oblige à respirer normalement avant de lui demander d'une petite voix :

- Tu préfères marcher dix petites minutes ou prendre la voiture ?

- Marcher ? Mais elle veut ma mort ? Il fait super froid ! Sauf si… ça dépend.

- Et de quoi ?

- De ta réponse à la prochaine question.

- Je t'écoute.

- Est-ce que je peux me rapprocher au plus près pour éviter le froid ?

Non mais ce n'est pas possible ! Comment peut-elle être aussi mignonne en me demandant ça ? Je me sens rougir. Je secoue doucement la tête, j'avoue que je suis tout de même un peu amusée. Je ne lui donne pas de réponse à haute voix mais je la tire vers moi pour qu'elle puisse se caler contre mon épaule. Puis j'embrasse avec douceur le haut de ses cheveux.

- Donc à pied ?

- A pied me paraît très bien.

Nous nous éloignons de l'hôpital lentement. Nos pas sont habités par les mots de Clarke et beaucoup de mes rires. J'aime vraiment sa façon de parler plus que de raison. Je crois que ça me rassure un peu.

Puis nous arrivons enfin. Clarke observe le lieu que j'ai choisi avec scepticisme. Elle se détache de mes bras, elle recule pour mieux l'observer. Elle le pointe du doigt avant d'affirmer :

- Je suis presque sûre que la patinoire a fermée il y a deux ans. Je le saurais s'il y avait eu une réouverture. C'est un de mes endroits préférés à New-York.

Je sors les clefs de la poche de mon manteau et les fait tourner devant Clarke. Elle écarquille tellement les yeux que s'en est presque drôle. Je lui révèle alors :

- La patinoire n'est pas encore ré-ouverte mais c'est mon père qui l'a rachetée. Il est en train de la restaurer…

- Okay, cette sortie commence très bien ! Je veux entrer. On peut patiner ?

- Oui, tout est prêt, mon père compte faire une réouverture surprise le 2 janvier.

Clarke se met presque à courir. Elle tressaute d'impatience et me demande de venir plus vite. Tout en elle a le don de m'apaiser et de m'amuser. Je fais tourner la clef, j'entre le code de sécurité et j'allume les lumières.

Une exclamation s'échappe des lèvres de Clarke. Elle trouve l'endroit sublime. Le hall d'entrée a été placardé de citation de films en tout genre, de personnalité et de quelques chansons. Le sol est bleuté et brillant pour donner l'illusion de, déjà, être sur la piste glissante. Je laisse ma… - petite amie ? - à sa contemplation et je passe derrière le comptoir.

Quand ses yeux, ses magnifiques iris bleutés se posent sur moi, je sais. Je suis certaine que cette soirée va être parfaite. Mon cœur bat la chamade, il se balance à un rythme indécent mais j'aime cette sensation. C'est presque une perdition mais dans le bon sens du terme. Je me sens bien et vraiment à ma place.

Clarke avance vers moi en se déhanchant certainement un peu plus que d'habitude. Je l'observe en masquant le plus possible toute la luxure qu'elle fait naître en moi. J'ai la sensation de l'avoir attendu toute ma vie et c'est peut-être vrai. Je me mordille nerveusement la lèvre inférieure alors qu'elle s'accoude contre le comptoir.

Il y a des moments qui survivent à l'éternité même. Je suis certaine que cette seconde en fait partie. Un simple échange de regard. Un rien. Une simple étincelle dans nos regards. Vraiment pas grand-chose. Juste l'instant où je l'entends s'avouer à elle même :

Si je doutais encore maintenant, j'en suis certaine. Je suis amoureuse de cette fille mystérieuse, magnifique, brune aux yeux émeraude. Oui, je suis complètement éprise de Lexa Woods.

Je déglutis avec une difficulté certaine. Je crois que mon cœur vient de manquer un battement. Il me faut vraiment un self-control monstre pour ne pas lui sauter dessus, là, maintenant, tout de suite. Je me retourne vers les patins et je demande d'une voix un peu moins sûre que d'habitude :

- C'est du 39, n'est-ce pas.

- Oui.

Je pose les patins devant elle et pendant une seconde, je la vois redevenir une enfant. Puis son regard se glisse de nouveau sur moi alors qu'elle affirme avec une certaine timidité :

- Je n'ai rien pour payer un tour de piste.

Okay ! On y est ! Clarke essaye de m'entraîner sur un terrain glissant, sinueux et surtout terriblement dangereux ! Elle flirte avec moi et… elle fait ça très bien. Putain ! Je suis vraiment mal…

- Dans ce cas, c'est une chance que j'ai décidé de t'inviter.

- Et comment je fais pour te remercier de cette attention ?

- Je suis certaine que tu trouveras, j'énonce doucement en m'accoudant au plus près d'elle.

- Quelques idées me viennent en tête… comme celle de t'embrasser.

Je souris en sentant mes joues prendre feu. Il faut vraiment que je trouve une solution pour ne plus lire dans ses pensées. Avec elle, j'ai l'impression de tricher. Je prends les deux paires de patins, je repasse derrière le comptoir avant de lui laisser les siens sans dire un mot.

Je me dirige vers le vestiaire à reculons. Je m'éloigne d'elle sans quitter ses magnifiques iris azurs qui m'obsèdent totalement depuis que je la connais. Je lui souris avant de lui faire un signe de la tête pour l'invité à me suivre. Elle rit doucement avant de me rejoindre.

Une fois nos patins chaussés, Clarke recommence à parler bien plus qu'à la normale. On se traîne jusqu'à la piste de glace avec un peu moins de grâce que d'habitude. La jolie blonde me lâche la main et se précipite sur la glace. Je suis impressionnée par son aisance et je n'ose encore m'aventurer loin de la barrière.

Clarke revient vers moi et s'arrête en un dérapage que je trouve inquiétant. Je tends la main pour la rattraper même si cela semble inutile. Elle rit aux éclats et je suis persuadée que c'est le plus beau son qu'il existe dans ce bas monde. Plus j'apprends à la connaître et plus je trouve que tout en elle est magnifique. Je suis soufflée par tant de perfection.

Subjuguée, je viens caresser sa joue. Son rire s'essouffle mais elle sourit toujours. Je ne quitte pas ses yeux, j'en suis incapable. Je me mords l'intérieur de la joue alors que j'ai de nouveau cette envie fugace de l'embrasser. Ce que je peux l'aimer… c'est dingue ! Je mordille ma lèvre inférieure pour essayer d'oublier la nuée de papillons qui virevolte dans mon estomac. Elle est tellement… charmante !

- Est-ce que tu vas enfin m'embrasser Lexa Woods ?

- J'en ai l'intention, oui.

- Et bien, et bien…

Clarke s'éloigne de moi avec un sourire diablement magnifique. Je me redresse et malgré un équilibre précaire, j'attrape son poignet. Je ne vais pas la laisser partir, ni jouer avec moi une seconde de plus. J'ai envie de l'embrasser et elle en a aussi envie.

Je m'approche sans la quitter des yeux. Nos nez se frôlent. Ma respiration commence à s'affoler. Je suis si près de ses lèvres. Je place une main dans le creux de ses reins, et l'autre joue avec légèreté dans ses boucles blondes. Je murmure :

- Comment va ton cœur ?

- Il est prêt à mourir d'envie.

- Dans ce cas, évitons-lui un trépas prématuré.

Je me perds une dernière fois dans ses yeux bleus pendant une longue, très longue seconde. Je suis terrifiée, impatiente et heureuse parce que je sais que c'est enfin le bon moment. Je m'approche un peu plus, je sens l'angoisse m'envahir. Je sens le souffle de Clarke sur mon visage. Dans un dernier geste, je comble l'espace entre nos lèvres.

Le baiser est doux, calme, semblable à une caresse, mais tout le reste est comparable à un cyclone intérieur. Les lèvres de Clarke sur les miennes… c'est comme si tout implosait, et que l'embrasement provoquait par cette explosion, consumait tout sur son passage. Le silence ne m'a jamais semblé aussi proche. Je ressens une grande sérénité en cette seconde alors que tout est violence en moi, mon cœur, mes jambes qui ont du mal à me porter, mes poumons qui se vident… l'orage gronde mais je suis heureuse et déjà ivre de cette sensation.

Alors que je suis au bord de l'asphyxie, Clarke vient mordiller ma lèvre inférieure pendant que sa main caresse ma joue et que l'autre joue avec mes petits cheveux derrière ma nuque. Elle s'éloigne légèrement, juste assez pour que je puisse de nouveau me plonger dans ses iris céruléens uniques. J'y découvre alors quelque chose de nouveau, quelque chose que je n'avais jamais vu dans aucun regard, quelque chose qui serait presque semblable à l'éclat de mes propres yeux : le terrible fardeau de la connaissance.

- Wow… je n'avais jamais… tu es douée Lexa Woods.

Désir, passion et tendresse. Voilà tout ce que je peux lire dans les yeux de celle que j'aime. Un sourire étire mes lèvres. Je souhaitais tellement que ce premier baiser soit parfait. Je ne voulais pas que ce moment si important soit bâclé. Je viens doucement caresser la joue de Clarke, mon cœur bat tellement vite provoquant une cohue monstre.

-Comment va ton cœur maintenant ?

-Il est comblé.

Le front de Clarke se dépose lentement et délicatement contre le mien. Nos souffles meurent l'un contre l'autre ne faisant plus qu'un. La jolie blonde se mordille la lèvre inférieure. Elle semble soudainement intimidée. Je n'arrive plus à la quitter des yeux. Ce que je peux y lire est bien trop beau. Si beau que ça pourrait ressembler à un rêve. Je peux voir Clarke hésiter avant de me demander en un murmure :

- Est-ce que… je… est-ce que je peux… t'embrasser de nouveau ?

- Embrasse-moi Clarke, je suis à toi, je réponds d'une voix devenue légèrement tremblante.

- Tu me rends complètement folle, murmure Clarke avant de déposer ses lèvres sur les miennes.

Je me laisse porter par le moment et j'oublie tout le reste, même ce que j'avais prévu pour cette soirée. C'est ce qui explique que je hurle et sursaute comme Clarke lorsque le dôme s'allume et que la musique se met en route. La tête que fait Clarke à cet instant vaut tout l'or du monde, j'éclate de rire. Je ne me moque pas, loin de là. Je suis juste heureuse.

Je lui tends ma main qu'elle prend sans la moindre hésitation. J'aime la façon dont elle me regarde. J'ai la sensation d'être belle, importante et plus important encore : aimée. Je l'embrasse de nouveau avant de lui demander si elle a faim. Elle me répond qu'elle a toujours faim et elle s'éloigne de la glace bien plus rapidement que ce que j'avais imaginé.

Nous enlevons toutes les deux nos patins avant de nous diriger main dans la main vers le bar. Je lui propose un tabouret et passe de l'autre côté pour récupérer dans le frigo le plat que j'ai préparé la veille. Je dépose les deux assiettes en annonçant :

- Salade PCP !

- Mais bien sûr ! C'est censé me dire quelque chose, demande-t-elle en riant.

Je m'installe à côté d'elle avec un sourire mystérieux. Je lorgne le plat devant moi. J'avoue, il y avait beaucoup de frime dans mon annonce, en vérité ce n'est rien d'exceptionnel, mais il n'y a pas cinquante mille plats froids sympathiques à proposer.

- Salade pâtes, concombres et pommes.

- Okay, goûtons ça, si c'est aussi bon que tes pizzas, je suis mal…

- Tu es mal ?

- Vois-tu, je tiens à mon physique. Comment j'aurais pu te séduire sans lui ?

- Avec ton rire, je réponds honnêtement.

- Pardon ?

- C'est ton rire qui m'a fait craquer.

- Vraiment ?

Je hoche la tête doucement en guise de réponse. De nouveau, je sens mes joues s'enflammer. Clarke a vraiment le don de me mettre dans des états pas possible ! La main de la jolie blonde glisse sur ma joue. Je n'avais pas remarqué que j'avais baissé les yeux avant cet instant.

- Mon rire… personne ne m'a jamais… soit tu es véritablement la personne la plus parfaite qui existe, soit je ne suis sortie qu'avec des idiots.

- J'opte pour la réponse numéro deux.

- Et moi, la première, souffle-t-elle avant de venir m'embrasser de nouveau.

Clarke rit doucement en quittant mes lèvres avant de se jeter sur son assiette. Je suis légèrement… - qu'est-ce que je dis ? - complètement troublée. Je dépose presque timidement mon index et mon majeur sur mes lèvres où le baiser de Clarke existe encore, tel un fantôme. Je ne m'attendais pas à tant de… délicatesse dans ses baisers. Il y a une légèreté dans ses gestes qui semble presque irréelle. C'est comme si… toute la peur qui la consumait jusque là avait complètement disparue.

Je laisse mes doigts glisser loin de la sensation passé qui marque encore mes lèvres. Mes yeux s'ancrent sur Clarke. Le calme plat. L'affolement semble définitivement s'être évanoui. Elle semble paisible, en phase avec elle-même. Il y a en elle une quiétude unique, une accalmie que je cherche depuis plus de quatre ans.

Le silence est pour moi, à tout jamais, proscrit mais en cette seconde, il semble que j'ai retrouvé la paix. Je l'avais déjà ressentie plusieurs fois, ce que j'ai fini par appeler : l'effet Clarke. Quand elle est près de moi pendant un instant furtif, les bavardages cessent et le mutisme règne.

Il n'y a alors rien d'autre de plus important que Clarke à mes yeux. Les pensées des autres sont toujours présentes mais elles semblent plus taciturnes. La voix de Clarke est la seule que je perçois avec exactitude. Le reste n'est plus qu'un brouhaha lointain. Clarke est mon havre de paix, mon silence.

- Lexa ? Tu ne manges pas ?

- Si, si…

- A quoi tu pensais ?

- Que j'adorais tes chaussettes.

- Ouais, je sais les chaussettes Minions, c'est la grande classe !

- J'adore.

- Je ne pouvais pas savoir que j'allais me retrouver en chaussettes devant toi, sinon j'en aurais mis des plus neutres.

- Je t'ai dit que je les adorais…

- Ouais… tu crois les adorer mais si tu voyais mon placard à chaussettes, tu fuirais loin. Je suis une vrai gamine dans les choix, pourtant considérablement important, des chaussettes !

- Clarke…

- Quoi ?

- Je… ce que j'aime, c'est toi et t'en fais pas, je prends les chaussettes avec.

Clarke éclate de rire. J'adore ce son. C'est la vraie première musique que j'ai entendu franchir ses lèvres. C'est ce qui m'a fait tomber pour elle. Et c'est surtout ce qui me rend encore et toujours plus amoureuse. Je suis dingue de son rire…


Lorsque nous sortons de la patinoire, la neige tombe. Clarke observe ce spectacle avec le même regard qu'un enfant. Je la trouve adorable. Je fais glisser mes doigts sur le dos de sa main avant de les glisser entre les siens. Elle vient déposer sa tête contre mon épaule.

Nous restons quelques temps à observer ce spectacle avant que je ne sente Clarke frissonner. Je lui propose donc d'avancer. Nous retournons vers l'hôpital pourtant, je ne pense pas reprendre ma moto. Il est hors de question que j'ai un accident le jour de mon premier rendez-vous avec la plus magnifique, incroyable fille qui puisse exister.

Un sourire mutin se glisse sur les lèvres de ma belle alors que j'essaye de repérer un taxi. Je me tourne vers elle ne comprenant pas son côté moqueur sur ce coup là. Elle semble véritablement amusée. Je la fixe pour essayer de comprendre ce qu'il se passe. Elle s'approche, ses mains se ferment sur mon écharpe et elle vient une nouvelle fois m'embrasser.

- J'adore ce côté hyper protecteur mais… tu ne vas pas laisser ta moto ici.

- Clarke, ce n'est pas…

- J'ai confiance en toi, je sais que tu seras prudente et je jure que je ne vais pas te distraire.

- O… okay.

Je crois que je n'ai encore jamais roulé avec autant de précaution que ce soir. Je me sens infiniment rassurée lorsque j'éteins le moteur, dans le garage à côté de ma voiture. J'aide Clarke à descendre et je l'accompagne jusqu'à la porte de notre appartement.

Elle comprend un peu plus vite que ce que j'avais prévu que je ne resterai pas avec elle ce soir. Alors qu'elle vient d'ouvrir la porte, elle demande avec une fragilité qui me brise presque le cœur :

- Pourquoi tu ne restes pas ?

- Parce que…

- Laisse-moi deviner, c'est encore une de tes stupides règles comme de ne pas embrasser avant le premier rendez-vous.

- Pas vraiment, non.

- Alors qu'est-ce qui t'empêche de rester ? Je t'assure… j'ai mis des chaussettes Minions, je te rappelle. Je n'ai pas l'intention de te sauter dessus. J'ai conscience que ce serait trop tôt, comme tu l'as dit mon…

- Clarke.

- Quoi ?

- Je veux juste éviter que Raven débarque et éclate notre bulle donc je vais me pointer chez elle et subir son interrogatoire.

- Évidemment… mieux vaut éviter la tornade Raven Reyes.

Je n'ai pas envie de la quitter… cette option ne me plaît pas du tout. Je viens lentement l'embrasser pour lui dire au revoir comme il faut. Quand l'oxygène commence à manquer, je dépose délicatement mon front sur le sien. Je suis bien. J'ai la douce sensation d'enfin avoir tout ce que je désirais le plus au monde.

- Donc… j'ai le droit à un deuxième rendez-vous ?

- Un peu que tu as le droit Lexa Woods.

- Merci.

- De quoi ? Je te rappelle que c'est toi qui a tout organisé. C'est à moi de te remercier. Je… j'ai passé une très belle soirée. Tu… tu as été parfaite.

- Je suis juste heureuse d'avoir la chance d'essayer de te séduire.

- Plus la peine d'essayer. Tu m'as déjà séduite et conquise… c'est fou, presque irréel mais vrai.

Je souris doucement et avec force et courage, je m'éloigne d'elle. Je fais quelques pas en arrière mais je ne trouve pas le courage de lui tourner le dos.

- On passe le nouvel an ensemble ? me demande Clarke.

- Je suis obligée d'assister à celui de mon père mais si tu veux venir, je peux lui demander d'inscrire ton nom.

- Son père ? Oh mon dieu ! Oh mon dieu… je vais rencontrer Bryan Woods, le père de Lexa… je meurs d'angoisse à cette simple idée. Évidemment que je le veux. Je vais mourir sur place mais je le veux.

- D'accord.

- Lexa, une dernière chose ?

- Oui.

- Tu… allez, demande lui ! Qu'est-ce que… merde ! Est-ce que… ça suffit Clarke Griffin, tu es ri-di-cule ! Je me demandais, si on me le demande, je peux… j'ai le droit de dire que tu es… ma petite amie ?

Sa question me surprend. Je ne pensais pas qu'elle serait déjà prête pour clamer que nous étions ensemble. Je hausse un sourcil avant d'affirmer malgré ma surprise :

- Oui, bien sûr. Mais…

- Je sais. Je suis complètement flippée à cette idée sauf que je ne veux pas – plus – me mentir. Je… je t'apprécie vraiment Lexa et tu mérites que j'agisse avec un peu de courage. Et si on me le demande, sauf si tu me l'avais demandé, je ne veux pas mentir.

- Ça me va.

- Cool, tu rentres demain soir ?

-Oui mais sûrement tard.

- Un problème ?

- Rien d'important.

Qu'est-ce que je viens de dire ? Okay… la seule explication possible à cette réponse ridicule c'est que je ne veux pas inquiéter Clarke. Oui, c'est la seule explication possible.

- A demain alors.

- Oui, bonne nuit Clarke.

- Bonne nuit Lexa.

Clarke commence à entrer dans l'appartement. Je l'observe faire sans pouvoir agir. J'avoue que c'est terriblement difficile de la laisser. Je l'appelle une dernière fois :

- Clarke, et ton cœur… ?

- Il va merveilleusement bien grâce à toi.

oOoOo

Voilà pour le nouveau chapitre ! Ça y est, vous l'avez eu votre fameux premier baiser ! Satisfait ? XD

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : La chanson que Lexa écoute quand elle voit apparaître Clarke est « The Sky is a Neighborhood » de Foo Fighters. La chanson a été écrite par le grand Greg Kurstin qui est, entre autres, le producteur d'Adèle, de Sia ou encore de P!nk.

Note n°2 : Les Minions… petites bêtes jaunes, pas vraiment identifiables, qui apparaissent pour la première fois dans « Moi moche et méchant ». J'ai remarqué il y a peu, que comme dans les Lapin Crétins, il n'y avait pas de représentation féminine chez les Minions et vous ?

Réponses aux Guests :

Jenn : Merci, merci, merci ! Je suis contente que tu ai aimer la déclaration de Lexa. J'espère que ce nouveau chapitre t'as plu… en même temps, je vous l'ai enfin donner ce baiser donc… XD

Loukia 63 : Salut à toi, se n'est pas grave si tu ne commente pas tout les chapitres, c'est déjà super de ta part de laisser une petite trace de ton passage quand tu en as le temps. Et puis… les problèmes de réseau, je connais ! ^^'' Wow ! Extraordinaire, merci beaucoup ! :D Aaaah, enfin quelqu'un qui sait apprécier ce qu'on lui donne ! XD Et oui, la déclaration était plus importante qu'un baiser dans le chapitre précédent ! ;) A bientôt ! :)

Morgane : Surkiffer ?! XD Rien que ça ! :p Et oui, le Clexa existe enfin, j'avoue que j'ai mit le temps mais ça en valait la peine, non ? Raven c'est la meilleur ! Bon… faut que j'arrête avec ça mais se n'est pas de ma faute, j'aime trop ce personnage ! ^^ Ah-ah, une nouvelle fan de Luna, tu ne vas pas le regretter, elle est génial ! :) De rien, je partage cette fiction avec vous toujours avec plaisir et je trouve cela normal de répondre, vous prenez du temps pour me laisser un commentaire, donnant, donnant ! ;) Vive le mercredi ! ^^

Alice : Oui, on est (était) mercredi. Merci beaucoup pour tout ces coeurs ! Je suis contente que tu ai aimer le dernier chapite qui est wahouuuuu ! ;) Raven et Luna sont les deux grands piliers de la vie de Lexa et tu as raison, elles sont tout à fait complètement. Pauvre Costia… pourquoi tant de méfiance ? Des conflits ? Naaan… pas mon genre ! XD Je suis… désolée ! Tu as totalement perdu ton pari… c'est finalement Lexa qui embrasse Clarke et non l'inverse. Navrée ! ^^ Personne ne change aussi facilement, Lexa a toujours eu des principes, elle ne va pas les abandonner en un claquement de doigts. Déjà, elle a parler, beaucoup parler… faut pas trop lui en demander. De rien ! J'ai survécu à mon vendredi et je me suis éclater à Art to Play ! :D

SamLiz : La compréhension est un cape important a passer ! ;) Je suis certaine que tu as très bien réussis a attendre… enfin… peut-être ! ^^ Octavia et Lincoln devraient bientôt repointer leur nez, je dirai au alentour du chapitre 25 si je ne m'éparpille pas comme j'ai pu le faire dernièrement sur d'autre relation. Pour Anya, tu as eu une petite scène avec elle dans ce chapitre ! :) Je pense que mon petit cerveau les avaient laisser de côtés… désolée ! ^^

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Résolutions »

GeekGirlG.