Salut à tous ! :) Bonne et heureuse année à tous ! J'espère que de 2018 sera remplit de bonheur de rencontres et de belles histoires pour vous !
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Et même si je manque de temps pour répondre aux reviews ces deux dernières semaines, je m'en excuse de nouveau... le fait que IHYV a dépasser les 600 reviews ne m'a pas échapper. Vous êtes juste incroyables ! Qui aurait cru que cette fanfiction commencer juste pour me faire du bien après tous les événements désagréables qui on marquer mon année 2017 aurait de tels retomber ? Certainement pas moi. Merci de faire vivre cette fiction !
Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur ce chapitre : C'est partie pour une immersion dans la tête de Clarke ! Vous êtes prêts ?
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
I Hear Your Voice
Chapitre 27 : Déchiré
Un frisson me tire de mon sommeil déjà quelque peu fragile. Sans ouvrir les yeux, je me décale en tendant le bras pour me coller de nouveau à Lexa. Mais ma main tombe dans le vide. Cette réalité finit de me tirer du brouillard. Je me redresse en allumant la lumière. Je scanne ma chambre mais il n'y a aucun indice sur sa présence. Je jette un œil sur mon réveil avant de me laisser tomber sur mon oreiller.
- Non mais qu'est-ce qu'elle fait debout à trois heures du mat ? C'est pas humain…
Je me sens encore vaseuse et un peu sur émotive. Je ferme les yeux pour essayer de me raisonner. Je ne dois rien faire que je pourrais regretter. Ouais… être indulgente ce n'est vraiment pas mon truc quand je me sens aussi vidée.
Je jure que si elle n'a pas une très bonne raison de m'avoir quitté et de ne pas avoir tenue sa promesse de jouer mon doudou, je la tue ! Et non, ce n'est pas du tout excessif !
La porte de la chambre s'ouvre doucement, je peux voir Lexa se frotter les yeux et bailler sans même essayer de le cacher. Puis comme si elle venait de réaliser qu'il faisait un peu trop jour, elle se met à fixer la lampe murale. Je la vois froncer les sourcils avant de poser son regard sur moi.
- Tu es réveillée ?
- Tu étais partie ! J'accuse.
- Oui, désolée. J'ai du mal à dormir en ce moment. Je t'ai fait une nouvelle bouillotte.
Je m'apprêtais à lui répondre que même si elle n'arrivait pas à dormir, ce n'était pas une raison pour me délaisser. Mais elle m'a pris par les sentiments avec son histoire de bouillotte. Je tends les bras vers l'objet de ma convoitise comme une enfant.
Lexa me sourit avant de se réinstaller dans le lit. Elle me tend la bouillotte qu'une fois installée. Aussitôt, je la cale sur mon ventre avant de me coller à ma petite amie. Elle étire son bras pour caresser doucement mes cheveux. Je suis sur le point de me rendormir quand sa voix me ramène à la réalité :
- J'ai réfléchis à ce que tu as dit tout à l'heure.
- Comment ça ? je demande à la vitesse de la lumière complètement paniquée. Tu sais, je ne suis pas toujours aussi infâme, je suis certaine que je peux faire des efforts.
- Non… je trouve ça plutôt adorable.
- Adorable ? Tu te fous de moi ?
- Non mais j'imagine que je ne suis pas très objective, je t'aime comme une folle.
- Tu es carrément non objective dans cette histoire, même ma mère me rejette dans ces moments… si ce n'est pas mon humeur massacrante le sujet, quel est-il ?
- De… j'imagine que nous devrions en parler plutôt une fois que tu seras reposée.
- Pourquoi ? je demande immédiatement avec suspicion.
- Parce que tu réponds au quart de tour et que je veux éviter un mal entendu.
D'accord, je la lui accorde celle-là. Je sais qu'elle a raison mais maintenant, je suis intriguée. De quoi peut-elle bien vouloir me parler ? Qu'est-ce que j'ai bien pu aborder qui pourrait la troubler de la sorte ? Je me blottie un peu plus contre elle si c'est possible.
Je commence à somnoler lorsque je me souviens que je lui ai demandé ce qui troublait si souvent ses yeux, ce qui avait l'audace de briser son regard et de le détruire. C'était furtif, et je ne l'ai remarqué que récemment mais maintenant, c'est comme si je faisais une fixation dessus. Elle semble si… triste et brisée.
Si elle veut m'en parler, c'est que j'ai raison. Il ne s'agit pas de sa mère. Il y a autre chose. C'est malin, maintenant, je veux savoir ! Ça va être intenable, je ne vais jamais pouvoir dormir dans ces conditions… non, vraiment, c'est absolument impensable de dormir en sachant que Lexa est prête à me parler un peu plus d'elle.
- Clarke… tu penses trop fort, murmure Lexa avec une voix endormie absolument sexy.
- Désolée.
Lorsque je me réveille pour la seconde fois, l'heure est bien plus raisonnable. J'aurais aimé dormir plus, après tout, c'est mon jour de congé mais on va dire que sept heures, ce n'est pas trop mal. Je me redresse en étouffant un bâillement. J'étire bien mes articulations avant de me lever.
Je fais quelques pas pantouflards jusqu'à la fenêtre pour ouvrir les volets. Je me frotte les yeux pour m'habituer à la luminosité faible mais tout de même. Je me retourne pour attraper un des vieux pull que j'ai piqué à Lexa quand je me fige.
Elle est toujours là… dans le lit et endormie. Je n'arrive pas à le croire ! C'est incroyable ! Je ne croyais pas avoir la chance de voir un tel miracle se produire un jour. Elle semble même super bien dormir.
Je m'approche timidement. Je souris en me mettant à la hauteur de son visage. Elle est si belle. Je n'avais jamais regardé une femme comme je peux le faire avec elle. Parfois ça me perturbe encore légèrement de savoir que mon cœur est captif d'une autre femme puis je me souviens que c'est Lexa.
Ma belle, douce et attachante Lexa. Les sentiments, que j'éprouve pour elle, sont si forts que par moment ça m'effraie. Je n'ose imaginer ce qu'il se passerait si je devais la perdre. Pas certain que j'y survivrais.
Je ne sais pas ce que je dois faire : la laisser dormir ou la réveiller ? Je grimace. C'est un choix impossible ! Pour gagner un peu de temps, je décide d'aller préparer le petit déjeuné. Peut-être que le bruit, même léger, et les odeurs auront raison de son sommeil.
J'ai à peine commencé à infuser le thé à la rose que Lexa aime tant, que je perçois un léger craquement provenir de l'escalier. Une seconde plus tard, Meeko est dans la cuisine à brayer pour que je le nourrisse. Je le trouve franchement ingrat par moment. Je le vois bien qu'il préfère Lexa. Mais dès qu'il s'agit de bouffe, j'ai la désagréable sensation qu'il passe en mode : nourris-moi, esclave. En même temps, je n'arrive pas à lui en vouloir pour si peu, il est bien trop adorable.
Un pas traînant me fait relever les yeux de la gamelle de croquettes. Mon cœur manque un battement comme toujours dès que j'aperçois Lexa. Comment est-il possible qu'elle soit toujours aussi belle ? C'est franchement embêtant quand on y pense… bah oui, je ne dois pas être la seule à le remarquer. Et puis, si ça se trouve, un de ces jours, mon cœur va tout simplement lâcher.
- Salut, murmure-t-elle la voix encore endormie. Tu te sens mieux ?
- Je vais peut-être survivre finalement, je dis sans aucune mauvaise foie.
-Tant mieux, je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
Le sourire qui naît sur ses lèvres à la fin de sa phrase me permet d'en mesurer toute l'authenticité. Lexa s'approche de moi, glisse ses mains sur mes hanches pour me rapprocher avant de me voler un doux baiser. A la fin de l'échange rempli d'amour, je lui tends sa tasse de thé. Ses yeux brillent de mille feux avant que, sous mon regard, elle n'en prenne une première gorgée.
- Il est délicieux, merci.
- De rien, je murmure avant de me hisser sur le plan de travail. Dis-moi, je reprends après avoir trempé mes lèvres dans mon café, de quoi tu voulais me parler tout à l'heure ?
Pendant une seconde, je peux parfaitement distinguer la peur habiter chacun de ses traits. Puis, elle soupire et tout s'efface. Elle passe une main lasse sur son visage avant de croiser mon regard. Elle a oublié ses lunettes ce matin, j'ai remarqué qu'elle les portait de plus en plus souvent et j'avoue que ce n'est pas pour me déplaire. Elle est absolument sublime avec.
Je la vois presque distinctement se renfermer dans le mutisme qui la définissait il y a quelques mois. Je ne comprends pas ce qui peut la mettre dans cet état. Je tends la main, j'hésite une seconde. Et si c'était le moment que je craignais tant… et si Lexa aussi s'apprêtait à me briser le cœur. Je secoue la tête pour échapper à ses pensées négatives avant de laisser glisser ma main sous son menton. Mes doigts frôlent sa peau dans une douce caresse à la naissance de son cou, sur sa joue et ses lèvres.
Je murmure son prénom. Je n'avais pas remarqué qu'elle avait fermé les paupières avant que l'émeraude se plonge corps et âme dans mon regard. J'ai toujours trouvé qu'il y avait quelque chose de plus dans le fond de ses yeux, un je ne sais quoi qui a le don de me rassurer mais aussi de m'intriguer. Et puis, elle est là, bien cachée, visible seulement pour ceux qui sont assez attentif, cette blessure, ce déchirement qui fend presque l'âme. Dès que je le vois, ça me brise le cœur.
J'aimerais être capable d'éradiquer cette déchirure dans son âme. Mais qu'est-ce que je peux bien faire si elle garde pour elle ce qui la blesse dans le tréfonds de son âme ? C'est comme une ombre, un voile. Quelque chose qu'on ne parvient à distinguer que si on la regarde bien. J'ai du mal à concevoir que je sois la première à lui demander ce qui se cache derrière ce mal, cette peine.
Je glisse un peu plus ma main derrière sa nuque, je lui souris en ayant tout de même une prière silencieuse pour que cette douleur disparaisse de ses yeux. Je joue pendant une seconde ou deux, avec les mèches de ses cheveux un peu plus court. Je me délecte des frissons que provoquent mes gestes. Je me dis que ce secret qui la bouffe de l'intérieur n'est pas le plus important. Ce qui l'est, c'est l'amour qu'elle me porte, au moins ça c'est réel. Je peux m'y fier, je le sais. Je n'ai jamais douté de ses sentiments pour moi même avant qu'elle ne se déclare, je savais qu'elle était… je ne sais pas, juste vrai. Elle m'aime. Je dois me concentrer sur ça. Tout le reste n'est que superflus.
Je me penche, approche mon visage du sien. Mes lèvres frôlent les siennes. Mon cœur bat à un rythme effréné. Mon estomac se change en un vrai gouffre. Ma respiration se fait filante. J'arrive à vivre ce moment comme au ralenti. Je ne sais pas comment c'est possible mais dès que ça touche Lexa, tout me semble beau. Si j'avais su que l'amour, le vrai, procurait un tel bien être, je n'aurais pas perdu autant de temps à faire semblant avec Finn et les autres avant lui. Je viens embrasser ma douce et belle Lexa, et dès que mes lèvres sont sur les siennes, je me retrouve au milieu d'une explosion de sensation.
- Je t'aime, je murmure encore tout contre ses lèvres. Je ne sais pas ce qui t'effraie à ce point mais tu n'es pas obligée de m'en parler. Je sais que les mots peuvent être de vrais petits diables pour toi.
- J'ai l'intention de t'en parler, souffle-t-elle.
- Tu n'es pas obligée de m'en parler, là maintenant tout de suite. Okay ?
Elle secoue la tête de haut en bas en me souriant. Je suis heureuse d'avoir réussi à adoucir son humeur. Je n'aime pas la savoir triste ou effrayée. Lexa a souvent tendance à tout garder pour elle. Je suis contente qu'elle ait fini par me parler de la situation à son boulot. D'ailleurs, le procès n'était pas aujourd'hui ?
- Il commence à dix heures, Anya vient me chercher dans une petite heure.
- Pardon ?
- Le procès est bien aujourd'hui, répond-t-elle doucement.
Sauf que ce n'est pas ça qui me dérange. Je suis presque certaine de ne pas avoir parlé de ce sujet. Du moins pas avec des mots. C'est étrange et c'est loin d'être la première fois que ça arrive. Je me demande si parfois, sans le faire exprès, elle m'analyse comme elle le fait tous les jours dans son boulot. En soit, ce n'est pas embêtant, c'est juste bizarre. Comme hier, je n'ai toujours pas compris comment elle a pu finir par déduire que j'étais dans le pire jour de ma mauvaise semaine.
Lexa se racle doucement la gorge. Je la vois secouer la tête avant de soupirer comme si elle se reprochait quelque chose. Elle porte ses lèvres au bord de la tasse mais n'en prend pas une seule gorgée. Elle semble figée. Ses yeux reviennent détailler mon visage et comme toujours, j'ai cette agréable sensation d'être la plus belle et la plus importante personne à ses yeux.
- Tu ne travailles pas aujourd'hui ? demande-t-elle incertaine.
- Yep ! Je vais finir de mourir comme il se doit dans le canapé avec mes armes fatales : plaid, bouillotte, chaussettes à motif et chat. J'espère que ce n'est pas trop tue l'amour parce que ça va revenir tous les mois et je vais sûrement me coller devant une série ou un film gnian-gnian à l'eau de rose.
- Je vois.
- Pourquoi, tu avais mieux à me proposer ?
- Mieux que "mourir", certainement.
- Oh toi ! Miss je n'ai pas mal pendant mes règles, ça suffit ! Ne me fait pas regretter d'avoir accepté de sortir avec toi ! Sérieusement, il a fallu que je tombe sur la seule fille qui ne ressente rien ces jours là. Ça craint… tu n'as rien à dire pour ta défense ?
- Tu es vraiment adorable, laisse-t-elle échapper de ses lèvres en riant doucement.
Je crois que si je le pouvais, je me bafferais. Tout en moi hurle : NON ! Tu ne peux pas tomber encore plus amoureuse d'elle à cause d'une simple phrase. Ouais… sauf que mon subconscient, il n'en a rien à foutre.
- Si, reprend-elle s'en remarquer mon trouble, tu n'es pas trop occupée à mourir, nous pourrions peut-être déjeuner ensemble. Le procès s'arrête de midi à quatorze heures.
- Oui, je réponds de but en blanc.
- Oui ?
- Oui, la réponse est oui. Oui, je veux manger avec toi ce midi. Je dois venir à quelle heure ? Ça ne va pas déranger tes collègues ? Et euh… ils ne vont rien dire ? Après tout…
Je sais que le monde qui nous entoure n'est pas très ouvert. J'ai eu la chance d'être élevé par des personnes qui n'avaient pas ou peu d'aprioris. Que ce soit mes parents ou Marcus, j'ai grandi avec leurs idées et une des plus fréquentes c'est que l'on tombe pour une personne et qu'on se contre fiche de la couleur de sa peau, de sa religion ou encore de son sexe. Mais les gens qui nous entourent ne sont pas comme eux. Le monde a une étroitesse d'esprit assez effrayante.
Et puis, il y a le fait que Lexa soit la fille de Bryan Woods ! Ils pourraient me reconnaître. Que diront-ils en nous voyant ensemble ? Vont-ils la juger ? Appeler les tabloïds ? Faire un rapporte au sénateur de New-York ou pire… à ce Titus qui est si flippant !
- Clarke, il n'y a aucune raison de paniquer.
- Je ne panique pas, je dis un peu trop vite pour que ce soit une chance de convaincre qui que ce soit, moi incluse.
- Tout va bien se passer, m'assure-t-elle.
- Tu en es sure ?
- Oui et puis… Nia Queen a tendance à me perturber. Je n'aime pas rentrer dans sa tête. T'avoir quelques heures à mes côtés pour me faire oublier toute cette… perfidie, ça m'aiderait vraiment.
- Je vois. Dans ce cas, je serai là.
Je traverse le palais de justice pour la première fois. Je suis impressionnée par son architecture. Mon regard se ballade sur chaque mètre carré qu'il peut trouver. C'est vraiment magnifique, à se demander pour quelle raison je ne suis jamais entrée entre ses murs.
Mon exploration est perturbée par un brouhaha monstre. Je relève les yeux pour découvrir une masse informe que crée la foule. Je repère quelques journalistes accrochés à leur micro avec, à leur côté, des caméramans. Il y a aussi parmi tous ces inconnus, quelques visages, un dont les traits me sont un peu plus familiers.
Je jette un œil à ma montre, j'ai cinq minutes d'avance. Ils doivent tous attendre que l'accusé, les avocats et les témoins sortent pour avoir un peu plus d'informations sur le meurtre qui glace le sang à tout New-York. Pour moi, ce ne sont rien d'autre que des vautours. Enfin, je le ressens comme ça depuis que j'ai subi, le temps d'une soirée, les feux des projecteurs aux côtés de Lexa.
La foule se condense un peu plus et avance tel un seul homme. Des milliers de questions fusent dans tous les sens alors que certains patronymes sont hélés pour essayer d'attirer l'attention. Le nuage humain se déplace en même temps que les quelques personnes qui sont sorties de la salle d'audience. Je suis ce spectacle déroutant des yeux quand une voix que je peine à reconnaître m'interroge :
- Tu es Clarke Griffin c'est bien ça ?
- Euh oui, je murmure incertaine avant de reconnaître Anya grâce à ma super mémoire des visages. Et tu es Anya.
- Bingo ! Tu attends Lexa ? Elle est encore à l'intérieur. Elle essaye de convaincre Woods numéro un de la suivre dans sa stratégie. Je ne sais pas pourquoi il hésite… nous n'avons jamais perdu un procès depuis que Lexa travaille avec nous.
- Oui, on a prévu de déjeuner ensemble.
- C'est bien. Ça va lui permettre de sortir un peu la tête hors de l'eau. Ce procès n'est pas facile.
- Toi aussi tu l'aides à prendre du recul, j'affirme en souriant.
- Oh… tu parles d'hier soir ? Il fallait que je fasse quelque chose avant qu'elle ne se tue au travail. Je ne sais pas si tu as remarqué mais Lexa a tendance à s'oublier…
- J'ai remarqué.
Un silence s'installe entre nous. Je ne peux m'empêcher de la passer au crible. Après tout, je ne sais rien sur cette fille. Si ça se trouve, elle a des vus sur ma Lexa.
Le regard d'Anya est scotché sur la porte de la salle de jugement. Malheureusement pour nous deux et le début de gêne qui commence à s'installer, la planche de bois ne daigne pas bouger.
- En fait, reprend-elle sans m'accorder un regard, j'ai en quelque sorte deviné que vous étiez ensemble avec Lexa. Je suis contente, tu as l'air d'une fille chouette. Lexa mérite d'être heureuse, ajoute-t-elle avec un sourire qui fait clairement empirer ma jalousie.
- Qu'est ce que…
- Je lui en dois une énorme et je peux t'affirmer que si je ne t'avais pas senti, j'aurais trouvé un moyen de t'évincer. Mais je le redis, tu as l'air chouette, de nouveau ce sourire que je n'aime pas du tout. Et puis, elle a beaucoup changé depuis que tu es arrivée dans sa vie. Elle parle… et je suis à ça, affirme-t-elle en me montrant un infime espace entre son pouce et son index, de comprendre comment elle fait tous ces trucs.
Je croise son regard alors que ma jalousie ressemble à un monstre indomptable. Je n'ai jamais ressenti un tel sentiment dans mes autres relations. Ça n'a rien à voir avec un manque de confiance, c'est plutôt que j'ai conscience de la beauté de Lexa que ce soit physique ou émotionnel. Lexa est juste belle au sens large du terme et je ne dois pas être la seule à le remarquer, c'est tout simplement impossible.
- Anya !
Après cet appel, nous nous retournons toutes les deux vers la voix masculine. Je jette un regard vers la collègue de Lexa qui aborde un sourire encore plus resplendissant qu'il y a quelques secondes. Je pose de nouveau mon regard sur le jeune homme blond. Il porte un de ces bleus de travail immondes et un tee-shirt qui, à l'origine, était blanc mais qui, aujourd'hui, est rempli de tâches informes de toutes les couleurs. A bien y regarder, il a même une marque verte qui barre sa joue. Il n'y a pas à dire, il fait parti de ces personnes qui possèdent une beauté naturelle. Ses iris sombres se posent sur Anya et je vois tout de suite qu'à ses yeux, il n'y a qu'elle.
- Adrian, murmure-t-elle en s'approchant pour l'embrasser.
D'accord, j'imagine que ma jalousie était quelque peu prématurée. Je passe une main coupable dans mes cheveux en ayant un sourire légèrement crispé. Le couple se sépare alors que le dénommé Adrian se place dans le dos d'Anya pour la serrer dans ses bras et poser son menton sur l'épaule de la blonde.
- Et c'est ? Voulu-t-il savoir.
- Clarke Griffin, une amie de Lexa.
- Vraiment ? Enchanté, je suis Adrian, me dit-il en me tendant sa main. Je n'ai rencontré Lexa qu'une ou deux fois mais je suis certain qu'elle est géniale quand elle parle.
- Adrian ! Reproche Anya.
- Je suis désolé mais tu me connais, j'ai besoin de communiquer.
- Je sais mais ce n'est pas une raison. Lexa est quelqu'un d'exceptionnel.
- Tiens donc, ah, ça c'est une voix que je connais, je ne savais pas que ton grand amour était de nouveau dans le coin.
- Salut Lincoln, sourit Adrian.
- Ta petite amie est vraiment la pire de toutes, elle ne s'est même pas vantée de ton retour. A ta place, je m'inquiéterais.
- Je n'ai pas à m'inquiéter, mon couple est bien plus stable que le tien.
- Quoi ? S'offusque Link, O et moi c'est du solide !
- Moins qu'Anya et moi.
Le ping-pong entre les deux continue encore quelques minutes où je peux voir Anya soupirer, lever les yeux au ciel et retenir plusieurs rires. Je me serais bien intéressée un peu plus à cet échange mais Lexa est arrivée. J'ai alors oublié tout le reste. Je me suis approchée en lui souriant.
Son regard était triste et fatigué avant de se poser sur moi. Cette affaire a vraiment l'air de la travailler. Je me demande si elle va finir par me révéler ce qui est si dur pour elle.
- Tu vas bien ?
- Oui, Nia Queen est juste un monstre. C'est difficile.
- Tu sais que si tu as besoin d'en parler, je suis là pour toi.
- Je sais, murmure-t-elle en souriant. Adrian est revenu ?
- Le petit ami d'Anya, enfin d'après ce que j'ai cru comprendre.
Elle secoue la tête en guise de réponse avant de prendre ma main dans la sienne et de nous rapprocher du trio. Je la vois légèrement froncer les sourcils alors que son regard croise celui du blond avant qu'elle n'aborde un franc sourire. Je ne comprends pas trop ce qu'elle a pu voir ou comprendre en une fraction de seconde.
- Et voilà Lexa, s'exclame le blond, miss mutisme en personne. Un câlin ? Allez, un câlin !
Adrian se détache de sa petite amie pour se diriger vers la mienne. D'ailleurs, Lexa lui fait un regard clairement noir avant qu'Anya ne le retienne par son tee-shirt. Alors que ce geste le stoppe presque net, il se tourne pour affirmer :
- Je ne comprends plus rien… tu ne viens pas de dire qu'il fallait que je sois plus amical avec Lexa ?
- Il y a des limites…
- Évidemment, mes bras t'ont tellement manqué que tu ne veux même pas les partager avec Lexa.
- Tu n'es revenu qu'hier soir, on parlera du fait de partager tes bras dans une semaine ou deux. D'ailleurs Lexa, tu ne devais pas déjeuner avec Clarke ?
- Si, murmure-t-elle avant de se tourner vers moi, nous y allons ?
- Carrément, je meurs de faim ! A plus Link ! Anya, Adrian, au plaisir.
Je n'avais pas évalué que le TonDc était aussi proche du palais de justice. Notre table est remplie à ras-bord et Kasia ne cesse de faire des allers-retours. Je crois qu'entre les petits plats préparés de Lexa et ce repas, il va sérieusement falloir que je commence à surveiller ma ligne.
Je commence à taper dans le premier plat qui est à ma portée en amorçant la discussion. Lexa est étrangement calme, peut-être un peu trop. Son regard est quelque peu perdu et elle semble à des années lumières.
Je repose doucement ma fourchette tout en continuant de la détailler. C'est encore là. Son regard semble déchiré. J'ai vraiment envie de lui demander ce qui provoque tout ça mais hier c'était plutôt laborieux. Et, j'en ai marre de me ridiculiser à essayer.
- Tu vas bien ?
Lexa semble poser son regard sur moi pour la première fois depuis que nous sommes à table. Il y a quelque chose qui la travaille, je le sais. Il y a même de grandes chances que ça ait un rapport avec le déroulement du procès de ce matin. Ou alors… c'est à cause de ce qu'elle souhaite me dire. Je ne sais pas, je n'arrive pas à savoir.
- J'imagine que pour l'instant ça va.
- Pour l'instant ?
- Je vais perdre le procès. Le jury est contre nous.
- Ça ma belle, tu ne peux pas le savoir avant que le juge ne lise le verdict. Allez, arrête de stresser, je suis certaine que tout va bien se passer. Mange, tu te sentiras mieux après.
- Clarke…
- Ouais, je prononce en faisant glisser un morceau de poulet caramélisé entre mes lèvres.
- Je peux le s… tu sais, c'est quelque chose que je vois. Le jury ne nous croit pas. Ils pensent tous que Nia Queen est innocente et rien de ce que je pourrai dire ne changera ça.
- Peut-être que tu te trompes, le jury pourrait te surprendre. Tu n'es jamais surprise ?
- Bien sûr que si mais pas dans ce genre de…
- Et voilà les filles, explose Kasia en déposant le dernier plat. Oh… Lexa, ça ne va pas ?
- Je vais perdre, répète-t-elle une nouvelle fois.
Alors que je voulais lui affirmer une nouvelle fois qu'elle n'avait aucun moyen de savoir le déroulement de la situation, je capte le regard rempli de tristesse et de douleur de Kasia. Un sourire presque forcé étire les lèvres de la grand-mère alors qu'elle vient poser sa main sur le haut de la tête de Lexa.
- Je suis désolée ma puce.
Non mais comment ? Comment Kasia peut-elle croire que tout est perdu d'avance ? Personne ne peut déduire avec certitude les pensées de six personnes complètement différentes. Sans quoi pour quelle raison on s'embêterait à utiliser des personnes impartiales pour s'assurer de la culpabilité d'une personne.
- Si Héloïse était là, elle te conseillerait de tenter le tout pour le tout, juste au cas où.
- Le tout pour le tout, répète doucement Lexa.
- Sauf que ce tout auquel tu penses, c'est bien trop dangereux. Ne m'oblige pas à appeler ton père jeune fille ou pire Luna !
Le regard de Lexa semble subitement effrayé. Depuis quand a-elle peur de Luna ?
Kasia part dans un franc rire avant de s'installer à côté de moi en tirant une chaise. Alors que ma petite amie semble encore en état de choc, elle m'explique :
- Luna n'a passé qu'un seul et unique savon à Lexa et elle s'en souvient encore comme si c'était hier. Luna est du genre très calme avec une patience légendaire mais quand elle est à bout, Kasia grimace, le mieux c'est de courir pour éviter les retombées.
- Je vois.
- Oh non, non et non Clarke, tu ne peux pas voir. Il faut le voir pour comprendre. C'est une nuance très importante.
- D'accord. Je vais tout faire pour ne jamais énerver Luna dans ce cas.
- Je n'étais même pas celle qui l'avait énervé, bougonne Lexa.
Qu'est-ce qu'elle veut dire ? J'ai définitivement du mal à imaginer la sœur de cœur de Lexa s'en prendre à elle sans la moindre raison. Kasia éclate de rire avant de me tapoter l'épaule en mimant avec ses lèvres le mot : retombées.
- Kasia… j'ai déjà du mal à gérer la situation, si tu pouvais éviter de me perturber encore plus, ça m'arrangerait.
- Très bien dans ce cas, changeons de sujet !
Et avec un naturel sans aucune faille, Kasia rebondit sur la musique. Je comprends un peu mieux d'où vient l'amour de Lexa pour cette dernière. A croire qu'on lui en a parlé toute sa vie.
Les discussions vont bon train sur des sujets plus neutres les uns que les autres. Lexa semble peu à peu oublier son angoisse face au dénouement du procès. Elle intervient peu mais son regard et ses sourires sont vrais. J'ai la sensation de la retrouver.
C'est la deuxième fois aujourd'hui qu'elle semble vouloir aborder un sujet avec moi avant de se rétracter. Bien sûr, je me demande de quoi il peut bien en retourner mais je ne me vois pas insister. Je sais que par moment, les mots peuvent être difficiles à utiliser pour elle.
Kasia va chercher les desserts alors que concrètement, je ne suis plus certaine de pouvoir avaler quoi que ce soit. Je m'excuse auprès de Lexa et m'absente juste pour prendre l'air. C'est une technique infaillible des Griffin, quand on se sent lourd comme si on avait mangé des pierres, on sort avaler de bonnes goulées d'air.
Je reviens dès que je me sens un peu plus légère. Je suis de nouveau prête à me remplir l'estomac. Enfin, dans la mesure du possible. Je me stoppe net quand je perçois mon prénom.
- … Clarke. Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée.
- Luna et Raven pensent le contraire.
- Tu la connais à peine.
- K, je l'aime.
- L'amour… si seulement ça suffisait. Héloïse…
- … a perdu mon grand-père parce qu'elle ne lui a jamais dit.
- Ce n'est pas vraiment ce qu'il s'est passé, c'est bien plus complexe que ça. Héloïse savait qu'il fallait être prudente.
- Je ne veux pas m'enfermer dans un mensonge.
- Ce n'est pas à proprement parlé un mensonge, juste une notion dont il vaut mieux éviter de parler pour le bien de tous. Pense à Sébastian… il a abandonné sa famille à cause de ça.
- Raven veut qu'on l'appelle le Jabberwocky.
- Sérieusement ? Tu es sérieuse… Raven Reyes ne cessera jamais de me surprendre. J'imagine que ça te soulage de pouvoir mettre un nom dessus. Lexa… je n'ai aucun droit de te dire ce que tu peux faire ou non. Je te demande juste d'être prudente. Clarke semble être quelqu'un de bien mais… ça reste le "Jabberwocky" dont on parle.
- Je sais. Comment elle te l'a dit Omma ?
- Oh ça… mieux vaut que tu l'ignores jeune fille.
- Allez, dis-moi.
- Non, j'emporterai ce secret dans la tombe. Va donc chercher Clarke, si elle continue à traîner, vous ne mangerez pas le dessert !
- J'y vais.
Okay, là je suis mal ! Il faut vraiment que j'arrête cette mauvaise habitude d'écouter aux portes. Il faut que je trouve une combine. Je ne suis pas certaine que Lexa apprécierait que je l'espionne.
Avant qu'elle ne me voit, je retourne dehors. Je sors mon portable et j'ouvre ma page Twitter. Voilà ça c'est bien, je vais faire comme si j'étais tombée sur le sujet du siècle.
J'attends que Lexa arrive en laissant mes yeux glisser sur mon écran. Je me demande tout de même ce que peut être ce fameux Jabberwocky. Est-ce que c'est de ça dont elle essaye de me parler depuis ce matin ?
Ça ne peut pas être aussi terrible que ça, non ? Enfin… pourquoi appeler quoi que ce soit le Jabberwocky, si ce n'est pas terrible et dévastateur ? Je soupire. C'est certainement encore une des extravagances de la meilleure amie de Lexa, ça ne peut pas être grave.
Lexa arrive et nous finissons notre déjeuner. Je la raccompagne ensuite jusqu'au tribunal. Avant que je ne parte, elle me retient pour me voler un baiser. Je suis tout sourire sur le chemin du retour.
Pourtant, une fois dans notre appartement, je ne peux empêcher mes pensées de divaguer sur la conversation que j'ai espionnée. Je soupire en m'enveloppant dans un plaid et en allumant la télévision. Toutes les chaînes d'informations ne parlent que du procès. Je me laisse embarquer dans les suppositions en tout genre des commentateurs.
Les heures passent, dix-huit heures sonne et Nia Queen est acquittée. Je suis quelque peu choquée par le résultat. Lexa avait l'air tellement certaine de sa culpabilité. Et puis… comment a-t-elle deviné qu'elle allait perdre ? Anya apparaît devant la caméra. Elle a une mine grave. Elle affirme que malgré le verdict du juge, ses collègues et elle-même n'abandonnent pas le dossier et qu'ils comptent bien aller en appel.
- Franchement Lieutenant vous croyez vraiment que c'est utile ? Roan est le seul coupable.
- Vous vous trompez, affirme Anya en fusillant la caméra du regard.
- Comment pouvez vous être aussi certaine de la culpabilité de Madame Queen alors que la défense a clairement démonté votre dossier d ?
- J'ai confiance en mon équipe.
Je sais avec cette phrase qu'elle ne parle pas de son équipe au sens large du terme mais bien de Lexa. La caméra s'arrête cette fois sur Nia Queen avec un fin sourire qui semble attristé. Elle affirme comprendre l'épreuve par laquelle elle vient de passer et qu'elle ne ressent aucune rancune envers les forces de police new-yorkaise. Puis elle fait le souhait que cette histoire funeste ne la définisse pas à l'avenir.
La caméra balaye la foule qui s'est accumulée. Je me redresse quand j'aperçois la silhouette de Lexa et… Raven ? Cette dernière semble retenir ma petite amie. Puis l'image s'arrête sur un avocat quelconque. Je me demande si j'ai bien vu. Je décide d'éteindre la télévision. Il faut que j'évite de trop réfléchir… mais n'empêche, comment Lexa a-t-elle pu savoir qu'elle allait perdre le procès ?
Il est un peu plus de vingt heures quand la porte d'entrée claque. Je me redresse dans mon lit. Ma mère, avec qui j'étais au téléphone, me demande ce qu'est le bruit. Je réponds vaguement que Lexa vient sûrement de rentrer. Je m'apprête à souhaiter une bonne soirée à ma mère et ainsi écourter la conversation dans les formes quand je perçois un hurlement provenir du rez-de-chaussée.
J'oublie soudainement toute la politesse et le respect. Je raccroche au nez de ma mère. Je m'excuserai plus tard. Je sors précipitamment de ma chambre avant de dévaler les escaliers pour trouver Lexa complètement essoufflée, le dos voûté, le regard baissé et le poing tremblant collé au mur.
- Lexa, je prononce prudemment.
- Désolée, murmure-t-elle la voix clairement noyée dans les larmes, ça me répugne qu'elle ai pu s'en sortir si facilement.
- Lexa, tu…
Elle se retourne subitement pour effectuer les quelques pas qui nous séparent et referme ses bras dans mon dos. Je n'ose pas bouger. Je ne l'ai jamais vu dans un tel état. Elle semble fragile. J'ai conscience que je suis celle qui se repose sur elle depuis le début mais aujourd'hui, elle est celle qui à besoin de soutient. Je perçois ses larmes avant de les sentir dégringoler dans mon cou.
Par tous les dieux ! Ce n'est pas possible ! Je refuse d'être spectatrice de ses larmes ! C'est absolument hors de question !
D'une main presque tremblante, je viens caresser son dos, et de l'autre j'apporte mes attentions dans sa douce chevelure. Je murmure des mots que j'espère apaisants. Sans que je ne le contrôle, mes gestes un peu brouillons se précisent pour former ce fameux signe de l'infini.
Les sanglots de Lexa raisonnent encore, ils me brisent le cœur mais elle semble aussi lentement se calmer. La force avec laquelle elle me serre contre elle faiblie légèrement. J'en profite pour doucement l'éloigner. Je découvre alors son visage ravagé par les larmes mais ce n'est pas le pire. Non, le pire c'est que dans son regard, il n'y a plus que cette partie déchirée, tout le reste à disparu.
D'un geste quelque peu hésitant, je viens effacer les traces humides qui recouvrent ses joues. Un sourire attristé vient étirer mes lèvres. J'aimerais trouver les mots. Je voudrais la rassurer. Mais j'ai cette horrible sensation que ma Lexa n'est pas là. Il n'y a rien d'autre que la douleur, la peine et la colère dans son regard. Je n'avais jamais vu de telles émotions prendre vie dans ses iris émeraude que j'aime tant.
Déchiré… il n'y a vraiment pas d'autres mots pour décrire ce qui se déroule en ce moment dans ce regard si expressif dont je suis folle amoureuse.
- Lexa, regarde-moi, je demande avec fragilité.
Son regard se fait fuyant, elle semble vouloir m'échapper. J'accentue un peu plus la pression de ma main toujours sur sa joue. Je cherche à attirer son attention. Avec délicatesse mais aussi une certaine vulnérabilité, je lui demande :
- S'il te plaît.
Cette fois mes quelques mots semblent plus percutants et elle pose ses yeux dans les miens. C'est presque imperceptible mais le désordre qui y régnait il y a encore une seconde s'évanouit légèrement. Toujours avec prudence, j'avance mon autre main vers la monture de ses lunettes. Je vois très bien ses sourcils se froncer alors que ses yeux m'interrogent sur mes actions. Mais je n'arrive pas à l'expliquer. Il faut juste que je le vois de plus près ce déchirement dans l'âme. Il ne m'a jamais paru si réel qu'aujourd'hui.
Je fais glisser ses lunettes loin de son nez. Sans quitter ses yeux une seule seconde, je replis les branches doucement en les gardant en main. C'est absolument incroyable. Combien peut-il y avoir de vie dans ce regard ? C'est absolument magnifique, terrifiant aussi… mais tellement unique. J'ai la sensation que toutes les émotions du monde sont venues se nicher dans ce regard que je croyais pourtant connaître.
Je sens mon bras trembler. Je suis incapable de comprendre comment j'ai pu laisser ça m'échapper. Bien qu'il soit plus vrai, j'ai volontairement laissé ce détail me glisser entre les doigts. Je ne peux m'empêcher de poser la même question que la veille :
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je, commence-t-elle avant de laisser mourir les autres mots sur ses lèvres.
Elle tente de se défiler, son regard s'éloigne du mien. Je suis hésitante. Je ne devrais peut-être pas insister. Mais en même temps, ne pas savoir, c'est comme ignorer tout d'elle. Je ne veux pas que ce soit le cas. Quand on aime quelqu'un, c'est pour toute sa personne, non ? Je souhaite que ce soit le cas pour Lexa et moi.
- Hey… non, regarde-moi. Lexa, je veux savoir.
- Ce n'est pas…
- Je me fiche de ce que ça n'est pas. Je veux savoir ce que c'est. Tu peux le faire.
- Faire quoi ? demande-t-elle avec une faiblesse dans la voix qui me brise le cœur.
- Me faire confiance, je lui assure.
- C'est bien en dehors des sentiers battus, hors limite du domaine du possible.
- Je m'en fiche, je suis là pour toi Lexa.
- D'accord, elle soupire. J'avais décidé de te le dire de toute façon.
- Je t'écoute.
- Je, les plus longues secondes de ma vie s'écoulent, je sais que ça va paraître fou mais, de nouveau ce silence angoissant, je suis capable de lire dans les pensées.
oOoOo
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Je sens que je vais bien me faire détester comme il faut à cause de ce nouveau cliffanger… mais bon, j'assume (encore) ! ^^ A part ça, j'espère que vous avez apprécié le chapitre, hein ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
(Sauf erreur de ma part, il n'y en a pas…)
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre qui n'a pas encore de titre parce que pour bien commencer 2018, je suis malade donc en retard dans mon écriture ! XD
GeekGirlG.
