Salut à tous ! :)
Je suis vraiment désolée pour mon absence la semaine dernière... se n'est ni une pluie de météorite, ni une attaque de zombie, ni un voyage transdimentionnelle qui m'a empêcher d'être au rendez-vous mais "juste" la grippe qui m'a mit complètement KO... je suis encore une fois désolée !
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur ce chapitre : Bon… cette fois, j'ai fini de jouer avec vous. Enfin… peut-être ! En tout cas, vous allez avoir une réponse que vous attendez tous. Et pour le reste, faites-moi confiance ! ;)
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
I Hear Your Voice
It's a beautiful lie C'est un merveilleux mensonge
It's a perfect denial C'est un parfait reniement
Such a beautiful lie to believe in Un si merveilleux mensonge auquel croire
So beautiful, beautiful it makes me Si merveilleux, si merveilleux il m'envahit
30 Secondes to Mars – A Beautiful Lie
Chapitre 28 : Doux mensonges
Bip Bip…
Ce son est pour moi comme un dévoreur de rêve, il me ramène à la réalité. Alors, je cours…
Bip Bip...
Je cours dans le couloir principal. Je vérifie certainement pour la quinzième fois que j'ai tout ce dont j'ai besoin dans mes poches. Je me stoppe net pour éviter un chariot de réanimation. Je souffle. Il faut que je me concentre. Je franchis la porte des urgences, le tableau sous mes yeux à des airs de fin du monde. Je glisse mes mains dans des gants en latex tout en me dirigeant vers mon chef d'équipe.
Les minutes filent à une vitesse folle, je passe de patients en patients en indiquant leur état pour la prise en charge. J'ai à peine le temps de finir les soins préliminaires que je saute sur un nouveau cas. Et avant que je ne m'en rende compte, près de cinq heures se sont déroulées avant que je ne puisse me poser sur une chaise au milieu de la salle d'attente des urgences. Je sais que je ne devrais pas être là mais j'ai ce besoin de me poser, de prendre un peu de temps pour moi.
Ma respiration a du mal à reprendre un rythme normal et mes mains tremblent. Je ne sais pas comment me calmer. Cette soirée est juste horrible. Trop de cris, trop de sang, trop de décisions impossibles…
- Clarke…
Je relève avec une certaine précaution mes yeux vers ma mère. Un sourire attristé étire mes lèvres. Je passe une main derrière mon cou. Je déteste ressentir ce sentiment d'impuissance. Je le sais très bien qu'en étant médecin, nous ne sommes pas dieu mais il y a vraiment des choix difficiles à faire par moment.
Ma mère s'installa près de moi en posant une main sur ma cuisse. Elle ne dit pas un mot. Je pense qu'elle sait que j'ai besoin de temps. C'est la première fois que je dois gérer ce genre de crise. Depuis mon premier jour, je n'avais jamais vu autant de personnes en souffrance en si peu de temps.
- Je suis fière de toi, tu es la seule des internes à ne pas avoir rendu son déjeuner.
- Ne parle pas trop vite.
- Tu devrais rentrer.
Rentrer… mes mains se mettent encore plus à trembler. Je ferme doucement mes paupières en passant mes doigts las sur mon front. Rentrer… je soupire. Je ne sais pas ce que je vais lui dire. Rentrer… ça ne me semble pas une bonne idée. J'ai besoin de plus de temps.
- Clarke ?
- Je crois que je vais rester encore un peu.
- Tu veux que j'appelle un taxi ou Lexa ?
Lexa…
Merde ! J'ai vraiment foiré ! Je suis nulle !
Elle avait l'air tellement blessée alors que je n'avais pas encore dit un seul mot. Mais qu'est-ce que je pouvais bien répondre à ça ? Hein ? Je ne suis même pas certaine qu'il y ait une bonne réponse. Je ne sais plus quoi penser. Ou alors… j'ai trop de pensées et c'est justement ça le problème.
Sérieusement… lire dans les pensées. C'est ça son grand secret ? Jamais je n'aurais pu imaginer une telle chose. Pourtant, plus j'y réfléchis et plus je me dis qu'il y avait un tas d'indices. Je ne comprends pas comment ça marche. C'est complètement fou quand on y réfléchit plus de cinq minutes.
Et puis, ça veut dire quoi : je suis capable de lire dans les pensées ? Est-ce qu'elle perçoit ces pensées quand elle touche quelqu'un à la manière des Vulcains de Star Trek ? Ou alors c'est comme Danny dans Shining de Stephen King mais dans ce cas, ça voudrait dire que Lexa n'est pas la seule ? Ou dernière hypothèse, elle serait comme le professeur Charles Xavier des X-men, ce qui voudrait dire qu'elle serait capable de contrôler les pensées des autres.
Non… tout ça, c'est bien trop fictif, ça n'a rien de concret. C'est tout à fait acceptable dans la culture populaire de nos jours. Oui, les télépathes existent dans divers univers mais ce n'est pas réel. Personne n'est capable de s'introduire dans la tête d'un inconnu. C'est juste de la science fiction, rien de plus.
Je ne suis pas sceptique, c'est juste que ce n'est pas reconnu de façon scientifique. Comment est-il possible de croire qu'une personne pourrait véritablement vivre ces perceptions extra-sensorielles ? Ou alors… c'est de la cybernétique, la technologie de demain comme les personnages extra-terrestre d'Alastair Reynolds dans l'Espace de la Révélation.
- Clarke ?
- Hum…
- Je t'ai demandé si tu voulais que je t'appelle un taxi ou même Lexa.
- Ah…
- Clarke, chérie… tu t'es disputée avec Lexa ?
- Quoi ? Mais non ! Pourquoi tu dis ça ?
- Peut-être parce que tu ne souris pas dès que je prononce son nom. C'est plus qu'étrange. Et puis quand je t'ai appelé tout à l'heure.
- Je vais bien. Lexa et moi ça va bien. Arrête de t'inquiéter, je suis juste… je ne croyais pas voir ce genre de chose en dehors des séries télé.
Et je ne parle pas que du carnage que je viens de vivre avec cet accident !
- Un accident c'est très vite arrivé et malheureusement, ce n'est que le premier. Il y en aura bien d'autre.
- Comment tu fais pour accepter tout ça ?
- J'imagine que je ne l'accepte pas. Je vis juste avec et je fais en sorte que ce genre d'événement ne détermine pas celle que je suis.
- Et… tu t'es déjà trompée ? Je veux dire…
- Nous sommes médecins Clarke, nous assistons tous les jours à des événements inexplicables. J'ai une petite fille qui est dans le couloir de la mort depuis deux ans et qui subitement reprend du poil de la bête. Il y a un homme qui s'est réveillé d'un coma après dix ans, il doit tout réapprendre mais il est là. En chacune de ces personnes, il subsiste des petits miracles.
- Des petits miracles, je répète en pensant à Lexa. Il faut que j'y aille !
Je me redresse, gonflée à bloc. Il faut que je lui dise que ce n'est pas grave, que j'ai envie de comprendre et plus important, que je veux être là pour elle. Lexa est mon petit miracle à moi depuis le début ! J'étais plus bas que terre et elle est celle qui a eu la patience, les sourires et la force de me relever.
- Mais enfin Clarke, je n'ai même pas appelé de taxi !
Bip Bip…
Je n'aurais pas du répondre à cet appel, jamais.
Bip Bip…
Je suis au rez de chausser, complètement essoufflée et Lexa n'est nulle part. Je serre mon poing en me demandant comment j'ai pu être aussi stupide. Elle doit croire que je l'ai abandonné, que j'ai fui ou pire encore, que je ne veux pas d'elle dans ma vie.
Merde, merde, merde !
Je suis nulle, nulle, nulle ! Il faut que je me calme. Je dois trouver une solution. J'inspire profondément pour obliger la tension dans mon corps à disparaître. Réfléchis Clarke, réfléchis ! Si j'étais Lexa et que je venais probablement d'avoir le cœur brisé, où je serais ?
Raven ! Mais oui, évidement Raven, putain de Reyes !
Seul problème, je n'ai pas la moindre foutu idée d'où elle vit. Okay, plan numéro un : je tente d'appeler la meilleure amie de Lexa qui va certainement m'ignorer comme je suis très certainement responsable de l'état lamentable dans lequel doit être ma petite amie. Non mais c'est pas vrai, si ça se trouve, j'ai fait pleurer Lexa ! C'est absolument, inconcevable ! Plan numéro deux : je supplie Lincoln de tracer le téléphone de ma jolie brune. Étrangement ce plan là me semble plus logique.
Je prends mon portable entre mes mains, prête à exécuter mon plan quand je vois Pringles arriver à la vitesse… bah de Pringles ! Lexa ne serait jamais partie sans sa tortue adorée ! Donc elle est encore ici, quelque part… sauf que j'ai fouillé chaque recoin.
Le garage ! Je fonce, prends mon manteau et fais claquer la porte avant de dévaler les escaliers jusqu'au sous-sol. C'est quoi déjà notre stupide numéro de parking ? Je m'arrête devant chaque porte et tente désespérément de les ouvrir sachant que Lexa ne prend jamais la peine de fermer la porte. Quand je découvre la vieille Citroën rouge, je jure. Mais c'est pas vrai, où peut bien être Lexa ?
Le toit ! Elle m'a confié une fois qu'elle aimait bien les endroits en hauteur, qu'elle y avait plus de facilité à réfléchir. De nouveau, je me précipite et sans y réfléchir, mon index s'écrase sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Mon cœur bat beaucoup trop vite. Je déteste ces boites de métal et je croyais qu'il faudrait que je sois morte ou presque pour que je monte volontairement dedans à nouveau.
Les portes s'ouvrent. J'hésite une micro seconde avant de m'engouffrer entre les parois en aluminium. J'appuie un nombre incalculable de fois sur le bouton qui va m'emmener sur le toit. Les portes se referment. Je sens alors ma respiration se couper. Je déteste vraiment cette chose. Il n'y a pas assez d'espace. Je crois que j'ai du mal à prendre une nouvelle inspiration. Mais qu'est ce que je fou ici ? Lexa… pense à Lexa ! Tout va bien, c'est juste un élévateur aux allures de cercueil. Tout va bien…
En plus, je n'ai pas envie de mourir avec cette stupide musique de piano entêtante ! C'est quoi du Chopin, du Beethoven, du Liszt ? Je suis sure que Lexa le saurait elle ! Allez calme toi Clarke, c'est bientôt fini.
Ting !
Je crois que c'est un des meilleurs sons que je n'ai jamais entendu de toute ma vie ! Je sors de l'engin de malheur complètement essoufflée. Alors quand il repart, je le foudroie du regard pour la forme. C'est à ce demander ce qui m'est passée par la tête, non mais franchement, les jambes sont un moyen de transport bien plus sûr ! J'attends quelque seconde que mon palpitant reprenne un rythme plus normale quand subitement je me souviens du pourquoi j'ai fais tout ça : Lexa !
Je relève les yeux et scanne le toit à toute vitesse. Je n'y étais jamais monté avant aujourd'hui. Je trouve Lexa assise contre un mur, les jambes relevées et le front appuyé contre ses dernières. Elle n'a pas l'air bien. Je me pince doucement la lèvre. Je suis certainement celle qui est responsable de ce renferment. Il va falloir que j'assure pour me rattraper.
Je traîne des pieds jusqu'à ce que je sois à sa hauteur. Je me laisse tomber près d'elle. Je tourne mon regard vers elle. Lexa ne remarque pas ma présence. Je la détaille un peu plus et je découvre le walkman près d'elle qui tourne. Je suis le fil qui doit forcément rejoindre le casque caché derrière toute la masse de ses cheveux. Je ferme doucement les paupières pour essayer de percevoir le genre de musique qu'elle écoute.
I wear this crown of thorns Je porte cette couronne d'épines
Upon my liar's chair Au dessus de ma chaise de menteur
Full of broken thoughts Pleine de pensées brisées
I cannot repair Que je ne peux réparer
Je me demande si ce qu'elle écoute reflète ce qu'elle pense. Peut-être que c'est un genre de barrière. Quelque chose qui la protège et qui la rassure aussi. Et moi… moi, je la pousse à ne pas le faire. Je me sens attrister par tous les mots que j'ai certainement du dire ou penser et qui l'on forcément blessé d'une façon ou d'une autre.
Je n'ose pas encore signaler ma présence. Je relève les yeux et fixe le ciel qui est déjà bien sombre. Il fait froid mais ce n'est pas intenable. Je cherche le signe d'une étoile. J'ai besoin de ça, d'un signe de l'infini pour prendre mon courage à deux mains et avouer que j'ai très mal géré cette situation. Lexa mérite tellement mieux…
Je laisse mes pensées, mon cœur et mon regard divaguer pendant ce qui ne me paraît être qu'une ou peut-être deux secondes mais quand je trouve enfin le courage d'intervenir, la chanson qu'écoute Lexa n'est plus la même.
Oh, baby, baby, it's a wild world Oh, bébé, bébé, c'est un monde sauvage
It's hard to get by just upon a smile C'est dur de s'en sortir avec juste un sourire
Oh, baby, baby, it's a wild world Oh, bébé, bébé, c'est un monde sauvage
Non mais c'est quoi cet enchaînement ? Il n'y a pas plus triste comme chanson ! Je ne peux pas laisser la situation s'empirer de la sorte. Avec lenteur et une dernière hésitation, je pose délicatement ma main sur son épaule. Le geste n'a pas l'air de l'alerter plus que ça. Je me redresse légèrement, je me place en face d'elle pour venir caresser sa joue.
Cette fois, elle relève son regard. Ses émeraudes sont blessées au plus profond de son âme. Je sens mes lèvres s'étirer dans un sourire triste. D'une main tremblante, je viens lui retirer son casque de ses oreilles. J'ai les larmes aux yeux quand je murmure :
- Je suis tellement désolée.
Je suis capable de lire dans ses yeux qu'elle comprend. Je secoue la tête comme pour répondre qu'elle ne devrait pas comprendre ce genre de chose. J'ai mal réagi et je suis la seule responsable.
- Tu veux m'en dire plus ? Comment ça fonctionne ? Depuis quand ? J'ai un million de questions dans ma tête mais ça… tu dois déjà le savoir.
- Clarke, ce n'est pas…
- Je n'aurais pas du partir.
- C'était pour le travail, je comprends.
- Tu… j'aurais pu faire croire que je n'étais pas chez moi. Tu aurais du passer avant et… c'est important.
- Et après tu t'en serais voulu.
- Pas plus que maintenant Lexa. Je me sens plus bas que terre. Parle-moi, je t'écoute.
Doucement les paupières de Lexa se baissent, elle hausse négligemment les épaules alors qu'elle dit :
- Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire. Je lis dans les pensées, c'est tout.
- Depuis quand ?
- Quatre ans, quand elle est morte.
- Attends…
- Oui, c'est un truc de famille et c'est à cause d'elle que je vis ce supplice.
- Un supplice, je répète avant de faire une pause, donc ça te fait mal ?
- Je… ce n'est pas vraiment douloureux à proprement parlé mais c'est… invasif. Par moment, je ne sais même plus quelles pensées sont les miennes. Et… il y en a qui sont tellement violente comme celle de Nia Queen.
- Oh merde…
Subitement, je viens de comprendre l'ampleur de tout ce qu'elle a pu me dire ces derniers jours. Non mais attends… mais alors ça veut dire qu'au vu de ses réparties, Kasia le sait.
- Oui, affirme soudainement Lexa, Kasia le sait, je viens de l'apprendre. Luna sait aussi, elle l'a découvert quand j'étais enfant. Et je l'ai dit i peine quelques mois à Raven. Mon père et mon frère aussi mais parfois, je… Ils n'y croient pas vraiment.
- Lexa…
- Ça va, ce n'est pas quelque chose qui me blesse.
- Comment ça fonctionne ?
- Il n'y a pas de mode d'emploi, c'est juste un brouhaha constant. Mais j'ai remarqué que c'est plus puissant quand j'ai un contact direct avec les yeux de mon vis-à-vis.
- D'où les lunettes, je comprends.
- Oui.
- Il y a autre chose ?
- Le lien est parfois plus fort avec certaine personne.
- Comment ça ?
- J'ai remarqué qu'avec Aiden, Raven, Luna et plus récemment toi, il y a… je ne sais pas une connexion. Comme cette fois chez Lincoln, j'ai senti ta détresse.
Après cette révélation, je fixe Lexa avec plus d'intensité. Je me perds dans l'océan d'émeraude. Je lui souris alors que je comprends enfin comment elle a pu être là pour me soutenir lors de cette soirée de l'enfer.
En fait, tout se met lentement en place. Je me demande tout de même d'où venait cette fragilité le lendemain. Et puis, c'était quoi cette façon d'appréhender sa maladie ?
- Quand je suis malade, ma malédiction est en mode veille.
- Malédiction, je répète avec douleur, les larmes aux yeux.
Je n'avais pas réalisé avant, qu'elle vivait ses capacités, pourtant, extraordinaire, comme un supplice.
- Lexa…
- Désolée. Je vais attendre que tu poses tes questions à voix haute.
- Non, non… tu…
Je n'arrive plus à les retenir, les larmes noient mes yeux pour s'échapper sur mes joues. J'ai ce sentiment de culpabilité qui refuse de me lâcher. J'aimerais juste… revenir en arrière et effacer ma réaction lamentable. Parce que la vérité c'est que j'ai fui.
- Lexa, ma voix est étranglée, submergée par la tristesse et la colère qui m'habite, tu n'as pas à faire semblant avec moi. Tu… tu vis vraiment ça comme une malédiction ?
- C'est une malédiction, sa réponse est implacable.
- Lexa…
- Non, la négation est tranchante. Ça a détruit bien trop de personnes, de choses, pour être considéré autrement. Je… s'il y avait un moyen médical ou autre, je n'hésiterais pas, elle prend une inspiration, pas même une seconde. Je m'en débarrasserais.
- Mais… ça fait partie de toi.
Lexa paraît surprise par ma répartie. Son corps s'éloigne légèrement et s'écrase même un peu plus contre le mur. C'est infime, à peine visible à l'œil nu, pourtant, je le vois bien et cet éloignement me fait bien plus mal que je n'aurais pu l'imaginer. Je crois que c'est la première fois depuis que je la connais que je peux presque distinguer avec exactitude où se trouve les murs de Lexa et… je suis loin, très loin derrière.
Si loin… que je ne suis pas certaine de pouvoir encore l'atteindre. J'ai vraiment tout fait foirer ! Elle m'échappe…
Un battement de cœur et je la vois comme au ralenti se redresser. Une inspiration trop longtemps retenue et c'est maintenant ses genoux qui sont à la hauteur de mes yeux. Il y a quelque chose qui se brise en moi au moment où elle passe près de moi, me frôle pour mieux s'éloigner. Je me tourne trop lentement. J'amorce un geste peut-être trop incertain mais les faits sont là : je ne parvins pas à la retenir.
Dans les songes, doux mensonges sur les plaines des je t'aime.
Je ne sais pas pour quelle raison les paroles de mon père me reviennent à ce moment précis. Je me souviens de sa voix roque qui me la chantait tous les soirs alors même que ces mots m'effrayaient. C'est peut-être à cause de ce poème que j'ai toujours eu peur de l'amour. Même ce soir là, je l'ai entendu. Il me l'a murmuré au creux de l'oreille avant de partir.
Le printemps prends son temps et s'éveille ritournelle.
Merde ! Merde, merde, merde !
Doux mensonges qui s'allongent sur le carrefour des amours.
Je ne peux pas la laisser partir ! C'est absolument, totalement impensable !
Les absents prennent leurs temps, ils s'éveillent et surveillent.
Je me redresse si rapidement que je ressens un certain étourdissement. Je crois même tomber. Je laisse glisser ma main sur le mur pour mes premiers pas. Après tout, à cet instant, je suis comme perdue dans un labyrinthe et il n'y a qu'une seule règle quand on est perdu : toujours garder la main sur une paroi.
Les doux mensonges et se plonge dans l'amour pour toujours.
Pourtant, je choisi d'abandonner la sécurité pour rejoindre Lexa. Ma main caresse presque les rebords calleux du béton avant que je ne m'élance.
Et les je t'aime extrêmes, le harem des dilemmes
La porte qui mène au toit claque déjà derrière moi alors que je me précipite vers l'ascenseur. Il descend. Devant mon regard impuissant, les étages défilent. Je décide de ne pas attendre et je dévale les escaliers. Je trébuche, me rattrape et glisse un nombre incalculable de fois. Et pourtant, par un miracle que je peine à comprendre, j'arrive au septième étages pile à l'ouverture des portes. Sous mes yeux, je découvre une Lexa surprise. Je ne réfléchis pas alors que j'effectue les quelques pas qui me font franchir pour la deuxième fois en très peu de temps les portes de mon Némésis. Je plaque ma petite amie contre la paroi que je sens glacée et je l'embrasse avec fougue. Paradoxalement, alors que j'ai le souffle coupé avec cet échange, j'ai la sensation de respirer pour la première fois depuis des heures.
Doux mensonges qui se plongent dans des je t'aime éternel presque criminel.
- Lexa… ne t'avise pas une seule seconde à penser me fuir. Je t'aime.
Doux mensonges qui se prolongent.
- Clarke…
- Non, ne dis rien. Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit. Je ne sais pas ce que j'ai évoqué qui ai pu te blesser au point de t'éloigner mais… sache que je ne te laisserai pas faire. J'ai compris que tout ça t'effraie bien plus que tu ne veux bien le montrer. Je suis désolée si j'ai été maladroite. Lexa, que tu le veuilles ou non, maintenant c'est toi et moi contre le reste du monde. Si tu as besoin de fuir, il faut que tu saches que je serai toujours celle qui cherchera à te retenir. Je refuse que tu t'évanouisses dans la nature. Tu… tu es tout ce que j'ai. Tu as mon cœur entre tes mains et j'ai… oui, j'ai conscience que j'ai le tien entre les miennes. Ce qui veut dire que… qu'aujourd'hui, je me suis en quelque sorte blessée moi même. Ça me tue… pardonne-moi, s'il te plaît.
Doux mensonges.
Parce qu'il n'y a pas eu de miracle. Je suis bien arrivée au septième étage alors que les portes étaient encore ouvertes sauf qu'elles se refermaient. Sous mes yeux impuissants, j'ai perdu Lexa. Les portes d'acier ont claqué violemment me rappelant la terrible vérité.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée tétanisée devant cet ascenseur. Je suis incapable de m'en souvenir. J'étais paralysée par la peur, pas celle habituelle, pas celle qui me ronge dès que j'ai cet engin de la mort sous les yeux. Non. Ce qui m'a figé sur place si longtemps c'est la terrible vérité : je venais de perdre Lexa.
Je n'ai pas eu de dernier baiser, pas eu l'occasion de lui dire tout ce que j'avais sur le cœur. Je l'ai juste laissé me filer entre les doigts. Je l'ai perdu à la seconde où j'ai choisi de répondre à cet appel. J'ai compris trop tard tout le mal que je lui avais fait avec cette simple phrase : ça fait partie de toi.
Je pensais que ça la soulagerai. Qu'elle pourrait voir dans mes yeux que ça ne changerait rien à mon amour pour elle. Mais la vérité, c'est que cette phrase à tout détruit pour la simple et bonne raison que Lexa ne veut pas que ça fasse partie d'elle. Elle ne souhaite qu'une chose, s'en débarrasser et elle ne veut pas que quelqu'un de plus l'accepte. Pour ça, elle a Luna et Raven. Ce qu'elle attendait de moi, c'était que je comprenne ce côté malédiction, pas que je me lamente avec elle.
J'ai été stupide et je l'ai perdu.
Bip Bip…
Je cours dans les couloirs principaux. Je vérifie certainement pour la quinzième fois que j'ai tout ce dont j'ai besoin dans mes poches. Je me stoppe net pour éviter un chariot de réanimation. Je souffle. Il faut que je me concentre. Je franchis la porte des urgences, le tableau sous mes yeux à des airs de fin du monde. Je glisse mes mains dans des gants en latex tout en me dirigeant vers mon chef d'équipe.
Soudainement, je me stoppe net. J'observe la scène se dérouler comme au ralentie. J'ai cette horrible sensation, qu'on déteste tous. Déjà vu…
Je ressens un terrible pincement au cœur alors que ce banal accident de bus me fait revenir près de six mois en arrière. Le jour du départ de Lexa…
Je sens les larmes s'accumuler dans mes yeux. Je me pince la lèvre inférieure comme pour contrôler le surplus d'émotion qui me submerge. Même après tout ce temps, j'ai toujours le cœur brisé mais je garde le sourire et la tête haute parce que je sais qu'un jour Lexa me reviendra et ce jour là, je serai là !
- Griffin ! J'ai besoin du chariot de réa !
Très bien, allons-y Griffin, sauve une vie de plus en attendant la femme que tu aimes. Je fixe l'inconnu pour qui la vie ne tient plus qu'à un fil. Je place avec rapidité les électrodes avant de jeter un œil aux constantes. Après deux chocs, il reprend conscience. Il est immédiatement pris en charge par la chirurgie. Je le regarde partir et comme à chaque fois depuis ce jour là, je ne peux m'empêcher de me demander : A quoi peut-il penser après une telle expérience ?
Je me retrouve devant un nouveau patient, une petite fille avec une plaie au niveau de l'arcade. Elle ne pipe pas mot, se contentant de serrer très fort sa peluche en forme de girafe. Je suis attentive à chacun de ses gestes, à toutes ses petites mimiques alors que je me pose cette autre question : Qui donc peut entendre sa voix ?
Près de cinq heures se sont écoulées quand je m'installe sur un parpaing sur le toit. Je laisse un soupir m'échapper en passant une main dans mes cheveux que je détache. Je fais tourner l'élastique entre mes doigts. Je lève les yeux vers le ciel qui est déjà rempli d'étoiles en ce début de soirée de juillet.
Je crois que c'est dans ces moments là que Lexa me manque le plus. Tout me manque en elle, sa magnifique et trop rare voix, ses bras, ses baisers et toutes ses attentions. Après son départ, j'ai croisé par hasard Sindy étrangement, je ne me suis jamais senti aussi sereine en sa présence. Pourtant, elle est venue vers moi et elle m'a craché au visage comme à chaque fois. Mais il y avait quelque chose de différent, elle m'a affirmé qu'elle se fichait de l'injonction d'éloignement. Je me souviens parfaitement du fou rire qui m'a habité au moment où j'ai compris que ce qui avait construit cette distance entre mon ex-meilleure amie et moi, c'était Lexa. C'est ce jour là précisément que j'ai su avec certitude qu'un jour, qu'importe le temps que ça prendrait, un jour Lexa me reviendrait.
Après tout, la vie de Lexa et les plus belles musiques sont étroitement liées et je veux croire en chacune d'elles. Et plus précisément en celle-ci :
You can't hurry love Tu ne peux pas hâter l'amour
No, you'll just have to wait Non, tu as juste à attendre
Just trust in a good time Fies-toi au temps
No matter how long it takes Peu importe le temps que ça prendra
Et ça n'a rien d'un mensonge, aussi doux soit-il.
oOoOo
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Ça va si je brandis un drapeau blanc en vous assurant que tout va bien se passer si vous me faites confiance ? Non… bon bah tant pis, j'attends vos reproches. Des idées d'où Lexa a pu partir ? De la façon dont elle va revenir ? Vraiment... faites-moi confiance ! Avec ce chapitre s'achève la seconde partie.
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
Note n°1 : 30 Seconde to Mars – A Beautiful Lie
Note n°2 : Star Trek est un univers de science-fiction, créé par Gene Roddenberry en 1966, qui regroupe à ce jour et si je ne me trompe pas : sept séries télévisée avec 700 et quelque épisodes, treize longs métrages, des centaines de romans, des bandes dessinées et pas mal de jeux vidéo.
Note n°3 : Shining de Stephen King est un roman d'horreur sortit en 1977. C'est le troisième roman de King. L'auteur à écrit une suite à l'histoire avec le personnage de Danny Torrance avec Doctor Sleep en 2013.
Note n°4 : Le professeur X des X-men est l'un des personnage principal du et se n'est pas pour rien. Il est le fondateur de l'école pour jeune mutans. Il est connu pour être un des personnages les plus puissant de l'univers Marvel mais aussi pour sa guerre plus ou moins froide avec Magnéto. Le personnage a été crée en 1963 par Stan Lee (évidement !) mais aussi Jack Kirby. Ce qu'il est intéressant de savoir c'est que ce personnage s'inspire très fortement de Martin Luther King.
Note n°5 : L'espace de la Révélation d'Alatair Reynolds est un roman de science fiction sortit en 2000. Je sais que c'est une œuvre méconnue… mais le résumer est assez complexe alors pour cette fois, je vais me permettre de faire du copier colle avec la quatrième de couverture de mon livre : La découverte d'une fabuleuse cité enfouie suscite plus de questions qu'elle n'en résout. Sylveste, archéologue, déchiffre l'histoire des Amarantins, des êtres mi-hommes, mi-oiseaux.Une tribu renégate avait quitté Resurgam pour partir dans les étoiles et, peu aprés son retour, un mystérieux Événement avait provoqué l'anéantissement de toute vie à la surface de la planète. Ce cataclysme, les Amarantins l'avaient anticipé... Et s'ils l'avaient eux-mêmes provoqué ?C'est alors que l'équipage d'un gigantesque vaisseau interstellaire décrépit, le gobe-lumen Spleen de l'infini, vient chercher Sylveste, dans l'espoir que son père, Calvin, sauvegardé aprés sa mort sous forme de simulation numérique, pourra " réparer " le capitaine, un " chimérique ", ou cyborg, plongé en cryothermie, afin de ralentir la Pourriture Fondante qui provoque cher lui des mutations monstrueuses.Mais les membres de l'équipage du Spleen de l'Infini ont chacun des intentions cachées...
Note n°6 : Chopin est un compositeur et pianiste franco-polonais né en 1810 et mort en 1849.
Note n°7 : Beethoven est un compositeur né en 1770 et mort en 1827.
Note n°8 : Liszt est un compositeur, transcripteur et pianiste hongrois né 1811 et mort en 1886.
Note n°9 : Jonny Cash – Hurt
Note n°10 : Cat Stevens – Wild World
Note n°11 : Phil Collins – You Can't Hurry Love
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Souris-moi en retour »
GeekGirlG.
