Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! J'adore vous retrouvez chaque mercredi ! Vous êtes toujours au rendez-vous est c'est vraiment incroyable, vous êtes incroyable ! Merci ! :D

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : On reprend doucement les choses entre Clarke et Lexa. Comme je l'avais dis la semaine dernière, les filles ont besoin d'une vrais discutions, il se pourrait qu'une grande partie de celle-ci se trouve dans ce chapitre. Pas tous non plus sinon, se ne serait pas drôle... en revanche, après plusieurs chapitre sans Clexa et le dernier habiter par tous plein de personnage, celui-ci est 100% Clexa! ;)

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

Chapitre 33 : Elle

La portière côté passager claque et me fait sortir de mes pensées. Les miennes, pas celle des autres. Je ne sais pas depuis combien de temps ce n'était pas arrivé. Je dois bien avouer que ça fait du bien de se retrouver.

Je tourne la tête sur ma droite pour détailler Clarke. Elle est en train de fouiller dans son sac. Elle vérifie pour la dix-septième fois qu'elle n'a rien oublié. Je tenterais bien un commentaire pour qu'elle ai plus confiance en elle sauf que je sais à quel point elle peut être tête en l'air.

Je jette un œil dans le rétroviseur pour apercevoir Hadès. Il semble heureux d'aller faire un tour. C'est la seule solution que j'ai trouvé pour raccompagner Clarke et ne pas être seule au retour. Évidemment mon choix aurait pu se porter sur Luna et Raven mais je voulais profiter de ce moment pour discuter un peu plus et les avoir l'une ou l'autre en chaperon serait assez déroutant.

Je ferme les yeux juste une seconde et je revis nos nombreux baisers de la veille. Rien que le souvenir à le don de m'apaiser. Jamais je n'aurais pu imaginer que Clarke pouvait m'aimer à ce point. Je ne sais pas ce qui a bien pu se passer pendant ces six mois pour faire évoluer ses sentiments de la sorte. Ou alors… ça a toujours été là mais je ne le voyais pas.

- C'est bon, je suis prête. On peut y aller !

-Tu es sure ?

-Ne me demande pas ça, sinon, je vais être obligé de revérifier et je vais finir par être en retard.

-Bien dans ce cas, c'est parti.

Je démarre le moteur, allume le chauffage juste le temps de chasser la buée et insère une cassette au hasard. Je souris en entendant les premières notes de la chanson d'ouverture du roi lion. Je sais que Clarke est une grande fan de Disney mais l'exclamation qui sort de ses lèvres avant de reprendre les paroles sans la moindre hésitation, c'est magique. Je suis obligée d'avoir une grande maîtrise de moi-même pour garder les yeux rivés sur la route et non sur elle.

La musique change et presque immédiatement, Clarke baisse le volume. Je crois qu'elle ne veut pas être tenté de se donner en spectacle une fois de plus. Un silence confortable s'installe entre nous avant qu'elle ne reprenne la parole avec douceur :

-Aufait, tu vas repartir tout de suite après m'avoir déposé ou tu vas rester un peu ?

-Je pensais peut être aller voir Kasia.

-Kasia, répète d'une façon étrange Clarke, pas ton père ou Aiden ou encore tes collègues ?

-Je me suis en quelque sorte disputée avec les deux premiers et je ne suis pas certaine que ma présence soit souhaité au poste.

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé avec ton père et ton frère ?

-Disons que mon père a moyennement apprécié que je disparaisse en plein milieu de sa campagne électorale et… Aiden était de son côté.

-Je suis désolée…

-T'en fais pas, ce n'est pas la première fois que ça arrive. C'est une question de temps. Ils reviendront vers moi quand la colère sera passée.

-Mais c'est tout de même ta famille, proteste Clarke.

-La seule famille que j'ai véritablement eu c'est Omma, Kasia, Luna, Raven et, j'hésite une seconde, toi.

Je sens le regard de Clarke sur moi, je peux presque deviner son sourire et pourtant, j'ai bel et bien les yeux rivés sur la route. Je n'aurais jamais dû accepter de la raccompagner, ça va être un véritable enfer ! Je n'avais pas remarqué qu'elle me manquait autant avant hier. Bien sur, j'en avais une vague idée mais… l'embrasser.

La route, Lexa regarde la route ! Je remonte nerveusement la monture des mes lunettes. Je sais que ça ne sert à rien, elles ne glissent même pas un tout petit peu sur mon nez mais au moins, le geste m'occupe. Je tapote mon volant au rythme de la chanson que je perçois à peine mais je dois me concentrer sur quelque chose. N'importe quoi d'autre que les pensées de Clarke. Ce serait si facile. C'est toujours d'une simplicité déconcertante d'être au milieu de ses pensées. Mais ce n'est pas bien !

-Qu'est-ce que tu as voulu dire par : ce n'est pas la première fois ?

-Je me suis souvent disputée avec ma "famille", je mime les guillemets rapidement, que ce soit avec mon père, Aiden ou même elle.

-Ton père avait l'air plutôt cool la première fois que je l'ai rencontré.

-Faux semblant.

-Pardon ?

-Tout, absolument tout n'est que faux semblant. Personne ne dit jamais ce qu'il pense. Ce qui n'est pas très fute-fute quand on m'a en face et qu'on sait pertinemment que je vais déceler l'imposture en une fraction de seconde.

-Je me souviens que tu m'as dit qu'ils n'y croyaient pas vraiment.

-Et pourtant, dès que je suis dans une pièce avec lui, mon père m'oblige à porter des lunettes et il répète en boucle la chanson très moyenne pour ne pas dire nulle de Vanilla Ice, Ice Ice Baby.

-Non, ça je ne peux pas le croire !

-Si, je t'assure, c'est un vrai supplice !

-Et pour Aiden ?

Je crois que finalement le comportement de mon frère est celui qui me blesse le plus. Parce qu'il n'est pas conscient du mal qu'il me fait. Je sais très bien ce qu'il a dit à Clarke à la soirée du nouvel an. Chacun de ses mots m'ont atteint en plein cœur. Je ne l'ai dit à personne et fait en sorte que ça reste discret mais j'en ai pleuré. Il me croit incapable d'évoluer et pire, il pense que je vais finir comme elle.

-C'est compliqué.

-C'est compliqué équivaut à un : je ne veux pas en parler.

-Non, plutôt à un : je ne sais pas comment en parler.

-J'imagine que je vais moins m'en vouloir d'avoir envie de le gifler dès que je le vois.

-Pardon ? Tu l'as revu durant ces… mon absence ?

-Ouais, plusieurs fois. Ses entraînements coïncidaient avec ceux que donnait O en bénévolat.

-Je suis désolée. Il n'a pas…

-Je l'ai remis à sa place une fois et O a été obligée de trouver de très bons arguments pour que je me retire. Mais il a tendance à être vraiment méchant avec toi et ça ne me plaît pas, vraiment pas.

-Tu as pris ma défense ?je demande étonnée.

-Évidemment que oui.

Okay, cette fois je ne peux pas m'en empêcher. C'est genre humainement impossible. Je décroche mon regard de la route pour le poser sur elle. Et le pire dans l'histoire, c'est que j'ai la confirmation que ce genre de situation n'est pas arrivée une unique fois. A plusieurs reprises, Clarke s'est juste dressée et a décidé malgré mon absence de prendre ma défense.

Je secoue la tête pour m'obliger à me concentrer de nouveau sur ma conduite. Cette fille va finir par me rendre folle. Je suis tellement amoureuse d'elle que s'en est presque ridicule et… apparemment la réciproque est vrai.

-Tu m'as posé une question hier, je reprends avec une certaine hésitation. Tu m'as demandé ce qui m'avait fait si peur.

-Tu n'es pas obligée de m'en parler. Je t'assure.

-C'est à cause d'elle.

Je n'arrive pas a croire que je l'ai dit à voix haute. Je ne sais pas pour quelle raison il reste si difficile de parler d'elle. C'est comme si chacun des souvenirs qui la concerne m'écrasaient. Au cours de ces six derniers mois, j'ai aussi arrêté de me mentir à son sujet. Oui, je l'aimais mais ce n'est pas seulement son égoïsme qui m'a fait la haïr. Non, tout dans son comportement m'oppressait, quoi que je fasse, ce n'était jamais assez bien pour elle.

-Lexa je sais que c'est un sujet difficile. Tu n'es pas obligée de… dire quoi que ce soit.

-Tu sais ce qui s'est passé le jour où j'ai fait mon coming out ? Elle a ri. Après, elle m'a assuré que ce n'était qu'une phase et qu'il fallait que j'arrête de jouer à l'enfant et surtout que je me décide à grandir. Trois jours après, elle m'a collé un mec dans les bras pour tout le week-end du premier meeting de mon père. C'était horrible.

-Je suis désolée.

-Tu n'y es pour rien. C'est juste que dans la politique, tout est une question d'apparence.

-Je ne peux qu'imaginer à quel point ça a être difficile.

-C'est du passé et j'avais Omma et Raven.

-Donc cette entente dans votre famille c'est…

-… du paraître, rien de plus. Je crois que d'une certaine façon, ça m'a toujours blessé mais quand j'ai… au moment où tous les secrets qu'on cherchait à me cacher ont été éventrés… je ne sais pas, ça m'a en quelque sorte détruit.

La main de Clarke vient se poser avec douceur sur ma cuisse. Le geste me fait sourire. Non mais sérieusement, quelle idée d'avoir cette conversation en étant au volant. Je dois être stupide, je ne vois pas d'autres explications.

-Donc… c'est ça qui m'a fait peur, aimer trop, jusqu'au point de détruire l'autre. Je ne voulais pas être elle, ma… mère.

-C'est la première fois que tu l'appeles ta "mère" devant moi.

-C'est la première fois depuis, un nœud se forme dans ma gorge, très longtemps.

-C'est mauvais tu crois de dire que je suis heureuse que tu l'ais fait ?

-Non, je prononce avant de faire une pause. Enfin, peut être un peu mais ce n'est pas si grave.

-Non mais je rêve, est-ce que tu es en train de te moquer de moi Lexa Woods ?

-Absolument pas.

Clarke éclate de rire à la fin de mon exclamation. C'est fou comme son rire a pu me manquer pendant mon absence. J'en ai rêvé, je l'ai imaginé mais ce n'était définitivement pas pareil. Après tout, s'il y a bien une chose qui m'a fait tomber éperdument amoureuse d'elle, c'est bien son rire.

Je souris un peu plus en réalisant doucement que je l'ai véritablement retrouvé. J'ai conscience que maintenant, j'ai toutes les cartes en mains. Je ne sais pas comment je vais me débrouiller mais d'une façon ou d'une autre, il va falloir que je me rachète, que je lui prouve qu'elle a eu raison de croire en moi.

Je sais que je peux être cette fille là : celle qui mérite d'être aimée.

-Tu vois, reprend doucement Clarke, c'est de ça dont je parlais hier. Il faut que nous soyons plus honnête l'une envers l'autre. Je pense que si quelque chose ne va pas, il faut qu'on se le dise. Il n'y a que comme ça que nous arriverons à arranger les choses, les surpasser même. Je veux pouvoir être là pour toi. Si tu es d'accord avec ça.

Elle vient sérieusement de me demander si j'étais d'accord avec ça ? Comment je pourrais penser le contraire ? J'ai du mal à réaliser à quel point elle a changé, dans le bon sens. Elle est… je ne sais pas, plus sereine.

Je me demande tout de même si au fond d'elle-même, elle ressent de la rancœur. Après tout, elle parle d'honnêteté et je n'ai fait que lui mentir depuis le début de notre relation. Je n'arrive pas à savoir.

-Tu vois là par exemple, ce serait le bon moment pour me le dire si tu avais un autre super pouvoir.

-Il n'y a rien d'autre, j'énonce en riant.

-Même pas tu sais voler ?

-Non.

-Bah tu vois, ça c'est nul, affirme-t-elle avant de laisser une nouvelle fois son rire bercer mes oreilles. J'aurais adoré que tu m'emmène voler.

-Ce genre de chose ça n'arrive que dans les films, les comics, quelques livres et parfois dans les chansons.

-Ouais comme de pouvoir lire dans les pensées.

-J'aurais préféré savoir voler.

-Tu le vis vraiment mal, hein ?

-Je ne peux pas te mentir, juste une dernière fois ?

-Le jury délibère, Clarke fait une pause dramatique alors que concrètement, la suite est comme hurlée à l'aide d'un mégaphone dans son esprit, hors de question.

-Je vois, je souffle. Oui, je le vis vraiment mal. C'est assez horrible de toujours savoir ce que les autres pensent de toi ou de connaître LE secret, celui qui pourrait détruire une personne, un groupe ou une famille. Et puis… ce n'est jamais silencieux.

La dernière partie n'est pas tout à fait vrai mais qu'importe. Ce n'est pas important. J'aimerais bien garder cette information pour plus tard, lui annoncer qu'elle est mon silence, ce sera un super moment. Je ne veux clairement pas faire ça dans une voiture.

Clarke expire un peu plus fortement, je devine que ma réponse la contrarie mais pas comme on pourrait le penser. Elle est juste inquiéte pour moi et je dois avouer que ça me touche. Je remarque bien les changements chez elle, même si certains sont plus subtils. Je ne peux m'empêcher de me demander par quoi elle a dû passer ces derniers mois. Je m'en veux de ne pas avoir pu être présente.

-Arrête ça tout de suite, la voix de Clarke me fait légèrement sursauter.

-Euh… que j'arrête ?

-De culpabiliser, tu fais ta tête de chien battu, tu plisses légèrement le front et le nez.

-Je ne fais pas ça.

-Bien sûr que si et je te le redemande : arrête tout de suite.

Je secoue doucement la tête, il faut croire qu'elle me connaît bien plus que ce que je croyais. Étrangement, ça ne m'effraie pas. Je me sens rassurée. Je sais que maintenant, il y aura quelqu'un qui se dresse devant les problèmes avec moi, si je le souhaite. Et, j'en ai envie, très envie !

Ne pas culpabiliser… je pense que ça va être très difficile mais je peux le faire. Il s'agit de Clarke. Je suis capable d'accomplir beaucoup pour elle. Je suis tout de suite tombée pour elle, au premier regard. J'ai longtemps cru que je n'avais aucune chance mais la vérité c'est que j'ai le pouvoir de faire ce que je veux. Je la vois, je la veux et je l'aurai. Je me démènerai pour ça.

Je prends une inspiration un peu plus grande. Je me sens bien. Je n'ai pas ressenti cette plénitude depuis bien longtemps. J'aime Clarke, je l'aime vraiment et ça ne doit pas être un sentiment qui m'effraie. Je dois trouver un moyen de passer au-dessus de mes peurs. Je ne suis pas elle. Je ne suis pas ma… mère.

-Je peux te demander quelque chose ?je demande doucement, la peur au ventre.

-Tout ce que tu veux.

J'hésite principalement parce que je ne sais pas vraiment comment formuler ma demande. Des centaines de formulations se forment dans mon esprit. C'est comme d'essayer de résoudre un véritable casse tête. Mais j'ai besoin de savoir. Enfin, si elle a une réponse, j'aimerais bien la connaître.

-Pour quelle raison est-ce que tu m'as attendu ? J'ai beau y réfléchir, je ne trouve rien de logique dans ce choix, pas que je m'en plaigne au contraire mais… j'aimerais savoir.

-L'illusionniste.J'ai rencontré quelqu'un qui m'a fait croire à la magie et au destin improbable. J'ai choisi de faire confiance à mon avenir et d'avoir foi en toi. Je ne sais pas, une part de moi savait que tu allais revenir.

-Croire à l'improbable.

-Euh… Lexa, tu es l'improbable et ça me plaît.

Et voilà, ça recommence ! Je sens mes joues chauffer, ma peau frissonner et mon estomac papillonner. Je suis complètement folle de cette fille. J'ai la sensation qu'elle pourrait faire ce que bon lui semble de moi et le pire c'est que je ne suis pas certaine que ça me dérangerait.

-Il y a autre chose que je voudrais savoir, reprend-t-elle immédiatement. Il est possible que Luna et Raven aient évoqué ton envie de changer de travail, ne leur en veux pas. Bref… je voudrais savoir ce qu'il en est, si tu le veux bien.

-Je ne peux plus faire ça.

-D'accord et tu sais ce que tu veux faire ?

-Tu ne me demandes pas pourquoi ? Les filles n'arrêtent pas avec cette question. Je suis certaine qu'elles ont lancé des paris sur la raison, ce qui m'agace au plus haut point.

-J'aimerais savoir mais j'imagine qu'il y a certains sujets qui doivent être plus difficile à aborder. Je ne te demande pas de tout me dire dans les prochaines vingt-quatre heures, juste de ne pas me cacher des choses qui te blessent. Je ne pourrai pas t'aider si tu gardes ce genre de choses pour toi.

-Okay, je réponds en souriant. Pour ce que je veux faire, Kasia m'a proposé de reprendre son bar mais elle reste maître des lieux en toutes circonstances et je ne touche pas à sa décoration.

-Tu vas travailler dans un bar ?

-Non, pas un bar, le bar. J'ai grandi dans ce bar.

-L'idée me plaît mais… c'est peut-être une question stupide mais ce ne sera pas trop, comment tu dis déjà : "bruyant" ?

-C'est un des points qui m'inquiètent en effet mais je me dis que je serai peut-être capable d'aider certaines personnes et de toute façon, ce sera beaucoup moins déroutant que de se faufiler dans la tête de malade comme Nia Queen.

-Tu sais qu'elle est toujours en liberté et que… c'est un peu l'adversaire de ton père pour le sénat.

-J'ai appris ça, oui.

-Et ça va ? Tu n'as pas peur de la croiser ou quelque chose dans le genre.

-C'est en partie pour cette raison que pour le moment, je reste à New Haven.

-Je vois, un silence s'installe avant qu'elle ne reprenne d'une voix attristée, nous sommes presque arrivées.

En effet, nous venons de franchir le panneau qui nous souhaite la bienvenue à New-York. Maintenant, ce n'est plus qu'une question de minutes avant que je ne la laisse reprendre sa vie. Nos retrouvailles n'étaient rien de plus qu'une pause.

-Okay dernier point important, si ou plutôt quand tu reviendras à New-York, tu comptes revenir vivre à l'appartement ?

-Je…

-Tu sais, tu n'es pas obligée de dire oui juste pour me faire plaisir. Même si, je l'avoue j'adorais notre petite routine et puis, tu payes toujours la moitié du loyer.

-En fait, les mots se bloquent dans ma gorge, si nous devons recommencer, j'aimerais vraiment tout… enfin…

-Il n'y a pas de "si" pour moi, affirme Clarke avec une assurance qui me déroute totalement. J'ai envie de recommencer ou plutôt de reprendre là nous en étions. Je te veux toi.

-Dans ce cas, je pense que nous devrions repartir sur de nouvelles bases enfin… après en avoir discuté.

-Ça me va ! Un nouvel appartement qui ne sois pas au septième étage… le rêve.

-Tu sais qu'il y a un ascenseur, je souligne moqueuse.

-Ne me parle pas de cette chose ! C'est forcément une invention de Lucifer en personne !

-Sûrement…

-Arrête tout de suite de te moquer ! Tu ne sais pas ce qu'il se passe dans ma tête quand je suis en face de ces choses. Enfin, peut-être que tu le sais mais ce n'est pas le sujet. Tu sais que je suis obligée de le prendre parfois pour emmener un patient des urgences jusqu'en chirurgie, c'est horrible… t'imagines, un de ces jours quelqu'un va mourir dans ce foutu monstre d'aluminium parce que je serai étendue par terre : morte d'angoisse !

J'éclate de rire. Je ne peux pas m'en empêcher : m'imaginer la scène est juste hilarant. Je sais que Clarke a un tas de peurs irrationnels et certaines sont plus drôles que d'autres. Un de ces jours, il faudra que je lui demande pour quelle foutue raison, elle prend un taxi tous les jours alors qu'elle a une voiture flambant neuve qui dort dans un garage.

-Je t'ai dit de ne pas te moquer, marmone-t-elle.

-Je suis désolée.

-Tu ne l'es pas.

-En effet, j'essaye juste d'être polie.

-C'est nul !

Je gare ma voiture devant l'hôpital. Il me faut quelques secondes pour me décider à éteindre le moteur. Nous sommes en avance, qui l'aurait cru ? Clarke regarde par la fenêtre en soupirant.

-Tu veux que je descende avec toi ? Comme ça, ta mère s'en prendra à moi et pas à toi.

-Comment tu… okay, question stupide.

-Tu y as pensé pendant tout le trajet.

-Tout le trajet, non. Je suis sûre que tu exagères.

-Hum hum…

-Arrête avec ce "hum hum", je déteste.

-Tu m'as demandé de ne pas te mentir, je fais ce que je peux.

-T'es vraiment, commence-t-elle en se retournant.

Mais elle ne finit pas sa phrase. Ses yeux sont soudainement happés par mes lèvres et ses pensées ne sont dirigées que par une seule envie. Je me mets à sourire parce que de nouveau, il n'y a plus qu'elle. Rien n'a d'importance hormis ses pensées à elle. Il n'y a que Clarke. Le monde est silencieux.

-A quoi tu penses ? murmure-t-elle.

-Que j'ai très envie de t'embrasser.

-Ça tombe bien.

Elle se rapproche, tout en détachant sa ceinture et ses mains s'appuient sur mes cuisses. Ses lèvres viennent d'abord chatouiller mon oreille avec un "moi aussi" puis elle embrasse ma joue avant de faire glisser une des ses mains dans mes cheveux et d'enfin me donner le baiser que j'attendais. Avoir ses lèvres sur les miennes c'est comme être à la maison. Je sais avec une certitude folle que Clarke est tout ce que je souhaite.

Je me perds dans ce moment. J'ai la sensation d'évoluer hors du temps. Plus le baiser s'approfondit, moins il y a de place pour le bruit. Bientôt, je n'entends même plus les pensées de Clarke. C'est le calme plein. Il n'y a plus que ses lèvres et rien d'autre.

A bout de souffle, nous nous éloignons. Clarke sourit en se mordillant la lèvre inférieure. J'ai immédiatement envie de l'embrasser de nouveau. L'azur de ses yeux m'envoûte tellement. Je suis et serai certainement éternellement à elle. Sa main caresse avec une douceur presque magique ma joue alors qu'un murmure lui échappe :

-Wow…

Je l'attire de nouveau pour lui rendre son baiser. Je sais ce qu'elle a voulu dire même involontairement par ce simple "wow". Je suis absolument certaine que c'est parce que c'est la première fois que je l'embrasse en étant entièrement moi-même. Il n'y a aucune interférence, juste moi.

Je mets fin à ce nouvel échange avant de poser délicatement mon front sur le sien. Je me sens bien. Mon cœur bat frénétiquement signe de mon bonheur et de mon amour pour Clarke. Alors que j'ai encore la sensation de la caresse de ses lèvres sur les miennes, je souffle :

-Je t'aime.

Je ne sais pas ce qui a changé entre cette déclaration et celle d'hier mais elle me semble plus vrai. Et, je pense que d'une certaine manière Clarke le ressent aussi. Je le vois dans ses yeux. Je pense que c'est la première fois qu'elle me voit sans aucun masque.

Et pour une très bonne raison. C'est la première fois que je m'autorise à être moi-même depuis l'égoïsme de… ma mère. La première fois même depuis toujours.

Je ne me laisserai plus bouffer par les attentes irréalistes qu'elle avait pour moi. Elle aurait voulu choisir mes amis ou celui que j'aimerais mais ça n'arrivera pas. Je ne changerai pas celle que je suis pour lui faire plaisir. C'est fini. Je n'ai plus aucune raison d'avoir peur d'elle. Elle a toujours voulu tout contrôler dans ma vie, n'attendant que la perfection. Je l'ai déçu tellement de fois…

Je n'avais d'yeux que pour Omma. J'ai préféré les conseils de Luna aux siens. Je suis devenue amie avec Raven. J'ai choisi d'aimer Costia. Autant de choix pour lesquels elle m'a blâmé parce que ça ne rentrait pas dans ses normes. Et aujourd'hui, je n'ai d'yeux que pour Clarke, je suis ses conseils aveuglément, elle est ma meilleure amie et surtout j'ai choisi de l'aimer. Autant de choix pour lesquels elle n'aurait jamais été d'accord. Mais je m'en fiche, je décide de ne plus avoir peur d'elle.

-Double wow, énonce doucement Clarke comme pour ne pas faire éclater notre bulle. Je t'interdis de laisser passer six mois avant le prochain.

-Promis.

oOoOo

Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Les choses avancent dans ce chapitre entièrement dédié au Clexa. On en apprend des choses, hein ? Enfin, surtout sur Lexa et son ressentit. Alors, les paris sont ouvert : Combien de temps avant leur prochaine rencontre, selon vous ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : The Lion King – Circle of Life (J'ai mis la VO pour éviter toutes "bagarres" entre c'est la version française la meilleure, non c'est la canadienne, non l'italienne, non… bref, la VO !)

Note n°2 : Vanilla Ice - Ice Ice Baby (Je déteste cette chanson… mais bon c'est pour le bien de l'histoire…)

Note n°3 : Lucifer est le porteur de lumière qui était dans la mythologie romaine rapproché à Venus, dans la tradition chrétienne, il est associé à l'orgueil entre autre, comme un ange déchu et est associé au diable ou encore a Satan. Je ne sais pas si vous connaissez la série antonyme qui vaut vraiment le détour ! ;)

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Je reste »

Une dernière chose, je crois que je vais avoir le temps de répondre à vos reviews cette semaine : MIRACLE ! XD

GeekGirlG.