Salut à tous ! Je sais… nous ne sommes pas mercredi… mais mardi ! XD (N'allez pas me dire que vous vous plaignez d'avoir ce chapitre en avance. Je ne vous croirais pas !)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! J'ai du mal à croire que j'ai réellement réussis à aller aussi loin dans cette histoire. C'est entièrement grâce à vous qui êtes là pour lire, commenter et même me donner quelque conseils (ou menace) en PM ! Vous êtes vraiment un publique incroyable ! Mille fois merci !

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Alors… looonnng temps d'attente avant les retrouvailles du Clexa ou non ? Les paris ont été lancer et bizarrement c'est très 50/50… en tout cas, réponse dans les prochaines lignes ! ;)

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

All you have to do is Tout ce que tu as à faire c'est...
All you have to do is stay
Tout ce que tu as à faire c'est rester

Zedd ft Alessia Cara - Stay

Chapitre 34 : Je reste

J'inspire profondément alors que mon regard scrute le ciel à la recherche d'étoiles. La nuit est orageuse. L'air est lourd et l'atmosphère humide. Lorsqu'il pleut, les urgences ne désemplissent pas et c'est sur le point d'arriver. Je sens que cette nuit de garde va être terriblement longue.

Je pense que c'était le moment ou jamais pour me faire une petite pause. Il y a vraiment des moments où je sens que mes nerfs sont à vif. Une fois en bas avec les patients, tout est une question de connaissances, d'adrénaline et de contrôle. Il doit certainement y avoir un degré de folie au moment où une personne lambda fait le choix de devenir médecin.

Je jette un œil au cadran de ma montre, il va falloir que je redescende. Je ne peux empêcher un soupir de quitter mes lèvres. Il y a vraiment des jours où c'est plus dur que d'autres. Je manque de motivation et je dois bien avouer que le fait que je n'ai pas revu Lexa depuis deux semaines joue très certainement sur mon humeur.

Je comprends les raisons qui la pousse loin de New-York. Je serais même la première à m'inquiéter si elle décidait de revenir. Mais il y a une part de moi qui veut tellement la revoir qu'elle se ficherait presque de ce point. Je tique mentalement face à cette constatation. Lexa a besoin de temps, je le sais, je dois faire avec et je l'accepte.

Je me redresse et je me sens immédiatement happée par un brouhaha monstre. Je me demande si ce qu'entend Lexa tous les jours ressemble à cette salle d'attente remplie à raz bord. Je prends le premier dossier qui me tombe sous la main avant de rejoindre la salle d'examen où se trouve une petite fille avec un poignet qui me semble cassé. Je l'examine avant de demander une radio et de passer au patient suivant.

Les dossiers se succèdent jusqu'à ce que les résultats de la fillette me reviennent, comme je le soupçonnais, il y a une fracture. Je retourne donc la voir pour lui mettre un plâtre en place. J'ai presque fini lorsque Julia, la chef des infirmières, débarque comme une furie.

-Griffin !

-Combien de fois je t'ai dit d'éviter de débarquer de la sorte. J'aurais pu lui faire mal.

-Pour l'instant, ce n'est pas le sujet. Ça va bientôt faire un an que tu es interne.

-Oui, je sais, c'est pour cette raison que tu es venue ?

-Oui et non. En presque un an, personne ne t'as demandé à l'accueil des urgences, pas même ton amie Octavia Black qui préfère ta mère, et là, en moins de deux semaines banco deux personnes.

-Deux personnes ?

-Une fille est là pour toi et le pire dans l'histoire, c'est qu'elle nous a apporté des cookies mais genre une montagne de cookies, il y a même mes préférés à la menthe et elle a dit qu'elle t'attendait mais qu'elle voulait éviter Abigail. C'est quoi cette histoire ? J'ai la sensation d'être acheté. Et si ta mère demande ?

-Les cookies préférés de tout le monde, hein ?

-Ouais, il y a même des brookies pour Jessi. A croire que cette fille lit dans les pensées. Tu l'as renseigné ?

Ne pas rire, ne pas rire. Je me racle doucement la gorge tout en prenant une forte inspiration. Je finis de poser le plâtre. J'enlève mes gants et souris à Julia.

-Si tu préviens ma mère, je te tue.

-Quoi ? Mais pourquoi ? C'est qui cette fille ?

-Ça ne te regarde absolument pas et je n'ai pas envie que tu répandes des ragots.

-Justement dis-moi la vérité.

-Non.

-Tu n'es pas drôle Griffin.

Je lui fais une grimace ce qui fait rire ma patiente. Je finalise son dossier avant de faire mon rapport à ses parents. Je finalise tout ce blabla ennuyeux le plus rapidement possible avant de rejoindre l'accueil des admissions.

Je découvre quatre infirmières et deux des autres internes de première année fixer Lexa. Je ne peux m'empêcher de sourire en la découvrant. Elle s'est adossée à un mur, son casque vissé sur ses oreilles et d'ici, je peux voir que ses paupières sont fermées.

Je m'approche et je peux entendre les théories de mes collègues à son sujet. Ils ne peuvent vraiment pas s'en empêcher. J'ai beau essayer de les en convaincre, parfois, ils se croient réellement dans une série médicale enfin… dès qu'il s'agit de ragots.

Je soupire un peu plus bruyamment en claquant mes dossiers sur le bureau de Julia. Tous les regards dévient de Lexa pour se poser sur moi. Jessi a sur les lèvres ce sourire que je déteste tant. C'est pas vrai, s'il ose dire quoi que ce soit de déplacé, je le frappe !

-Elle est super sexy ta copine, il faut que tu me la présentes. Je veux me la faire.

Putain ! Je vais le tuer ! Je jure que je suis en train d'imaginer les pires morts qui soient. Il n'a pas le droit de parler de ma Lexa de cette façon. Merde alors, ce n'est pas un morceau de viande.

Je prends une forte inspiration. Je suis consciente que si je lui donne un coup de scalpel dans la carotide, j'aurai des ennuis. Je me permets tout de même de le frapper à l'épaule assez fortement pour lui faire comprendre que ce n'est rien d'autre qu'un idiot fini.

-Hey ! Mais pourquoi tu me tapes ? C'est pas cool Griffin !

-Ne parle plus jamais d'elle comme tu viens de le faire, je le menace.

-Okay, okay… j'ai compris pas touche à tes amies. Tu n'avais pas été aussi mauvaise avec Octavia, souligne-t-il.

-C'est ça Jessi, donne moi encore une raison de te frapper.

-Oh… tout doux. J'arrête.

Je les fusille tous du regard une dernière fois, juste pour la forme, avant de rejoindre Lexa. J'avance lentement comme si je me dirigeais vers un mirage ou une oasis et qu'elle s'apprêtait à disparaître n'importe quand. Je souffle une bonne fois avant d'entrer dans la salle d'attente.

J'y ai à peine mis un pied que le regard de Lexa quitte les inconnus qui l'entourent, pour le poser sur moi. Mais comment elle fait ça ? Elle a son casque pourtant… est-ce que je n'ai réellement aucune chance d'un jour pouvoir la surprendre ? Je pensais que la musique la coupait du reste du monde.

Je m'arrête en face d'elle en plissant les yeux. Elle retire son casque avant de lever les mains tout en riant doucement.

-Je ne sais pas ce que j'ai fait mais je suis désolée.

-Ne fais pas l'innocente, je bougonne. Tu sais exactement ce que je pense, j'accuse.

-Je le sais ?

-Lexa, je t'en prie. Allez dis-moi comment tu fais. Je veux savoir. Il y a pleins de monde ici.

Elle me fixe d'une tout autre façon avant de plisser très légèrement son nez. J'adore quand elle fait ça. Mais si pour elle en général ça veut dire qu'elle se casse la tête pour essayer de me donner une réponse digne de ce nom.

Un de ses sourcils s'arque lentement avant qu'elle ne hausse les épaules. Son regard s'ancre un peu plus dans le mien si c'est possible, avant qu'elle ne formule sa réponse :

-Honnêtement, je ne sais pas trop. Il me semble que Nangila appelle ça le kim-ya.

-Le kim-quoi ?

-Voilà, c'est exactement ce que je pense à chaque fois qu'il m'en parle mais il le crit sur tous les toits.

-Tu sais ce que c'est mais tu ne veux pas me le dire, je dis méfiante.

-Il… a essayé de me l'expliquer mais je n'ai pas compris, m'avoue-t-elle.

Je pèse le pour et le contre. Je ne suis pas certaine de devoir la laisser s'en sortir aussi facilement. Mais en même temps… j'ai trop envie de savoir pour quelle raison elle est là.

Je souris une peu plus alors que Lexa lève les yeux au ciel. Je me mordille la lèvre inférieure alors qu'elle ronchonne :

-J'aimerais vraiment que tu interviennes de vive voix.

-Oh allez, c'est cool. Dis-moi.

-Je suis en ville pour la journée, capitule-t-elle, peut-être pour demain aussi. Je voulais savoir si tu accepterais de passer un peu de temps avec moi.

-Ça dépend… c'est un rencard ?

-Tout dépend de ta réponse.

-J'ai envie de dire oui…

-Dans ce cas, il se pourrait que ce soit un rendez vous.

-Petite précision, nous parlons bien d'un rendez vous galant ?

-Oui Clarke, prononce-t-elle amusée. Un rendez vous galant.

-Je dis oui à une seule condition.

-Je t'écoute.

-Comment tu as su pour les préférences de chacun ? Je ne savais pas que tu pouvais cibler une information précise.

-Oh… je suis là depuis quelques heures, j'ai pris des notes sur chaque personne.

-Quelques heures ? Comment ça quelques heures ?

-J'ai un peu flippé, je l'avoue. Du coup, c'était une façon de gagner du temps ou plutôt… d'en perdre. Et oui Clarke, elle soupire, tu me fais flipper ou plutôt, le fait que tu puisses refuser ma demande me fait flipper.

-Hey ! J'ai à peine eu le temps d'y penser… attends quand tu dis que tu as pris des notes, tu veux dire que certains ont des secrets inavouables ?

-Arrête, tu sais que je n'aime pas parler de ce genre de choses.

-Juste sur Jessi alors, je déteste Jessi. Allez, s'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaaaîîît !

Lexa me fait de gros yeux. Je sais que nous avons déjà eu cette conversation. Mais ce n'est pas pareil. Il s'agit de Jessi, LE mec qui me pourrit la vie depuis le début de mon internat.

Si Lexa savait le nombre de fois où il m'a demandé de sortir avec lui, elle serait folle. Je souris un peu malgré moi alors que les yeux émeraude en face de moi sont marqués par l'horreur. Oups… maintenant elle le sait.

-Il a deux peurs irrationnelles : l'alopophobie et l'alektorophobie.

-Okay, là je sais que tu fais exprès d'utiliser des mots incompréhensibles pour éviter de me donner une vraie information. Je ne tomberai pas dans le panneau. Et puis d'abord, comment tu connais ces mots ?

-Je ne les connais pas… lui les connaît. J'ai été obligée d'aller voir sur internet. C'est la peur des chauves et des poules, cède-t-elle.

-Non ! J'arrive pas à le croire ! C'est génial !

-Dit celle qui a peur d'une petite tortue de rien du tout.

-C'est un reptile, un putain de rep-tile !

Je vois très bien que Lexa retient un rire, son sourire est magnifique et elle porte sur moi ce regard. Elle a toujours cette façon bien à elle de poser ses yeux sur moi. Je sais que je pourrais être intimidée mais en réalité, ça me conforte dans mes sentiments et les siens. Si je m'écoutais, je l'embrasserais là, maintenant, tout de suite. Qu'importe que mes collègues me fixent encore et que je sois sur mon lieu de travail.

Le travail… merde, le travail ! Je me retourne vers la salle d'attente complètement bondée, légèrement paniquée. Je suis vraiment un boulet par moment. Comment j'ai pu oublier ne serait-ce plus d'une minute que j'étais encore à l'hôpital ? Question stupide… c'est l'effet Lexa.

-Je vais te laisser, je crois que c'est mieux.

-Attends, je l'arrête. Je finis à quinze heures aujourd'hui.

-Quinze heures, très bien. Je serai là.

-Tu vas faire quoi ? Il reste un peu plus de trois heures.

-Je, elle hausse les épaules, vais m'occuper, ne t'inquiète pas.

-D'accord, à toute à l'heure.

J'ai dû être foudroyé par un moment de folie car avant de la laisser partir, je m'avance un peu trop et l'embrasse tendrement sur la joue. Même si c'est un geste bien chaste, je me sens transcendée de part en part. C'est dans ce genre de moment simple où je perds totalement le contrôle que je sais au plus profond de mon âme que je l'aime.

Je n'attends pas de voir sa réaction. Je suis certaine qu'une fois de plus, elle sait, malgré l'absence de mots, mes sentiments. Je me sens rougir. Ce n'est pas si mal quand j'y réfléchis. Toutes mes pensées sont à elle, je suis entièrement à elle. Je prends le premier dossier qui me tombe sous la main en souriant. Je me retourne pour appeler mon prochain patient. Je suis surprise en découvrant que Lexa est toujours présente.

Alors qu'un homme d'une soixantaine d'années s'avance vers moi, je le vois à peine. Lexa lève doucement sa main et me salut de manière presque timide. Le sourire au coin de ses lèvres est attendrissant. Mince alors, j'aime cette sensation : celle de tomber un peu plus pour elle à chaque seconde que je passe en sa présence.


My whole life waiting for the right time Ma vie entière, attendant le bon moment,
To tell you how I feel. Pour te dire ce que je ressens.

Now I try to tell you that I need you. Maintenant j'essaie de te dire que j'ai besoin de toi.

Hurts - Stay

Je referme mon casier un peu abruptement. Je n'arrive pas à croire que le peu de temps qui m'ait séparé de Lexa n'ait été qu'une succession de catastrophes. C'était un véritable désastre et cette sensation n'a rien à voir avec le fait que j'avais hâte que la fin de ma journée arrive. J'ai tout de même eu le plaisir d'échanger un de mes dossiers avec un de ceux de Jessi. La raison ? Mon patient était chauve ! Je me suis bien amusée.

Je lasse mes chaussures quand la porte des vestiaires s'ouvre. Je n'ai pas besoin de relever la tête pour savoir de qui il s'agit. C'est forcément ma mère. Il n'y a qu'elle pour entrer de cette façon. Elle est trop discrète pour que ce soit naturel. Je finis la dernière boucle avant de me redresser. Alors que je ne la vois pas encore, j'énonce doucement :

-Salut maman.

-Hey Clarke, tu finis ta journée ?

-Ouais, j'avoue que les dernières heures ont été longues.

-Il y a certaines journées comme ça, sourit-elle. Tu vas voir Octavia ce soir ?

-Je ne pense pas. Pourquoi, il y a un problème ?

-Pas grande chose, elle m'a encore appelé ce matin comme, je la cite : son horrible et indifférente meilleure amie n'était pas disponible. Ne t'en fais pas, je lui ai rappeler que tu travaillais mais…

-… elle t'a crié dessus.

-Voilà.

-Je te l'avais dit qu'il fallait prendre plus de pincettes avec elle.

-Mais qu'est-ce que tu voulais que je fasse d'autre ? Il fallait bien que quelqu'un lui dise.

-Oui maman, mais il y avait une façon de le dire.

-Tu aurais fait mieux peut-être ?

-Ça, je souris, nous ne le serons jamais puisque je ne suis pas son médecin.

Je fais glisser l'anse de mon sac à main sur mon épaule en soupirant. J'imagine que je n'ai pas le choix. Il va falloir que je fasse un crochet chez O avant d'accorder le reste de ma soirée à Lexa. Évidemment, j'aurais préféré évoluer hors du temps dans un rendez-vous que j'imagine déjà parfait avec la femme que j'aime mais ma meilleure amie est elle aussi importante. J'espère que Lexa comprendra. Dès que j'ai cette pensée, je me sens stupide : Lexa comprend toujours.

Je fixe ma mère qui semble au bord du point de rupture. Je comprends, O n'est pas toujours facile à gérer. Et dire, que j'hésitais à lui parler de Lexa. Maintenant c'est hors de question. Pour ma défense, si je le fais, elle va tomber raide morte et puis, j'ai bien le droit d'avoir mes petits secrets avec madame "je ne sors pas avec Marcus".

-Tu peux souffler maman, je vais aller voir O.

-Dieu existe !

-Là, tu en fais trop, je soupire.

-Pas du tout !

-Fais attention, je pourrais changer d'avis.

-Non, ne fais pas ça, je t'en supplie ma chérie va voir Octavia, ce soir, souligne-t-elle plus particulièrement.

-Je vais le faire, j'affirme en embrassant sa joue, passe une bonne journée.

-Toi aussi, repose-toi ma chérie.

-Promis !

Je soupire en sortant des vestiaires avant de sourire. Ma journée de travail est finie. Je peux enfin prendre du temps pour moi et le mieux c'est que Lexa m'attend. Je passe par le bureau des infirmières pour les saluer et leurs souhaiter une bonne fin de journée. Je traverse ensuite les urgences, ce n'est pas la même chose lorsqu'on quitte la blouse blanche. Je quitte tout ce remue-ménage des yeux pour chercher une certaine brune qui fait battre mon cœur.

Il ne me faut pas longtemps pour la repérer. J'avance lentement pour mieux apprécier le fait qu'elle soit vraiment là. Je crois que je n'ai jamais été aussi reconnaissante de retrouver quelqu'un. Elle est assise au milieu de la salle d'attente en face à face avec un petit garçon qui ne doit pas avoir plus de quatre ans, qui a une jolie bosse sur la tête. L'enfant semble enthousiaste alors qu'il lui raconte très certainement les circonstances de sa blessure et Lexa sourit. Il est sincère, magnifique et surtout communicatif.

-Zéro.

Je sursaute en percevant la voix de Julia. Je prends sur moi pour ne pas lui hurler dessus. Combien de fois je lui ai demandé de ne plus me surprendre de cette manière ? Sérieusement, qui se faufile dans le dos des gens pour murmurer à leurs oreilles de la sorte ? Ça ne se fait pas. Je soupire pour lui faire part de mon mécontentement alors qu'elle poursuit :

-Nous avons eu zéro plainte sur le temps d'attente depuis que ton amie est avec eux dans cette salle. Je suis impressionnée.

Je me retourne comme au ralentit vers l'infirmière. Je comprends alors que Lexa est restée pendant tout ce temps au milieu des patients. Je fronce les sourcils. Je croyais qu'elle détestait être entourée d'inconnus, ce que je peux comprendre. Après tout, ça doit-être perturbant de percevoir les pensées d'autant d'anonymes. Et puis… je me souviens qu'elle m'a confié détester les hôpitaux.

-Tu veux dire que ça fait trois heures qu'elle est là ?

-Ouais, je l'ai vu aller se chercher un soda mais sinon, elle n'a pas bougé.

-Mince alors…

-Tu veux bien me dire qui elle est maintenant ? Je n'en peux plus de faire toutes ces suppositions.

-Julia…

-Il n'y a pas de Julia qui tienne ! Je veux savoir ! J'ai le droit de savoir. J'ai même fait en sorte que Mama Griffin ne la voit pas quand elle est arrivée. Je ne connais même pas son prénom.

-Lexa, elle s'appelle Lexa.

Et c'est l'amour de ma vie. Je n'en ai jamais douter et aujourd'hui encore moins. Julia fait tourner son poignet a une vitesse folle pour me pousser à argumenter. Je ris doucement devant son comportement avant de céder à moitié :

-C'est une amie qui était partie au Ouganda quelques temps.

-Le Ouganda, souligne la seule voix qui m'effraie dans tout le service, la fille bizarre qui est venue te rendre visite il y a deux semaines venait aussi du Ouganda.

-Salut Béatrice, je dis timidement.

-Arrête de ramener tes amis ici, c'est un lieu de travail, bougonne-t-elle en s'éloignant.

-N'arrête pas de ramener tes amis ici, ça donne vie à ce lieu, contre Julia. Et puis, je suis la patronne de cette emmerdeuse. Mais, reprend-elle, deux visiteurs qui reviennent tout juste du Ouganda en deux semaines c'est… bizarre. Tu nous caches quelque chose Griffin bis ?

-Ça doit être ça, je réponds amusée. Je cache un horrible secret. Bon, je te laisse et je te souhaite bien du courage avec les futures plaintes sur le temps d'attente.

J'avance vers Lexa sans penser une seule seconde à accorder un dernier regard à Julia. Elle a déjà bien assez abusé de mon temps. Tout le reste de ma journée est dédié à Lexa enfin… Lexa et Octavia.

J'arrive dans le dos de la magnifique brune au moment où le petit garçon raconte la fin de son épopée en riant. Celle qui semble être sa mère semble plus paisible que la plupart des parents que je rencontre aux urgences. Je me demande si Lexa y est pour quelque chose. Je glisse ma main sur son épaule pour attirer son attention, ce qu'en réalité, j'obtiens sans mal.

-Tu as attendu tout ce temps ici, vraiment ?

-Je n'avais pas mieux à faire, sourit-elle. J'ai été heureuse de te rencontrer bonhomme, affirme-t-elle en se relevant et en lui tendant son poing pour qu'il cogne dedans, mais la prochaine fois que tu tentes une cascade sur ta trottinette, mets un casque.

-Promis ! Merci !

Je fais glisser ma main jusqu'à son coude avant de lui demander doucement si nous y allons. Elle acquiesce et me suit sans la moindre hésitation. Les premiers pas s'effectuent dans le silence. J'aime les sensations qui grandissent en moi quand je suis près d'elle. Je la sens se retourner. Je la vois faire un clin d'œil vers le petit garçon qui rit aux éclats. Elle murmure :

-Il a pensé que si je me retournais dans les dix secondes, il serait plus sage.

-C'est vrai qu'il a l'air du genre très perturbateur.

-Ça c'est parce que tu ne l'as pas vu avant que je ne lui parle.

-Tu vas bien Lexa ?je demande véritablement inquiète.

-Oui, pourquoi ça n'irait pas ?

-Et bien, je fronce les sourcils, nous sommes dans un hôpital et… tu sembles si sereine alors que tu viens de passer ces dernières heures dans les pensées d'inconnus.

-J'essaye d'avoir un peu plus de recul par rapport aux deux points. C'est mal ?

-Pas du tout. C'est juste… n'en fais pas trop tout de même.

-D'accord.

Nous nous arrêtons devant sa voiture. Elle fait tourner ses clefs entre ses doigts. Elle semble nerveuse. Je souris alors que je m'avance. Je referme mes bras sur elle. Je laisse tomber mes paupières pour mieux apprécier le contact. Je soupire d'aise en affirmant :

-J'en ai envie depuis trois longues heures.

Comme si mes mots l'avaient débloqué, ses bras ne sont plus balant. Elle place une main dans le creux de mon dos et l'autre au niveau de mes épaules. C'est fou ce que je peux me sentir bien et à ma place. Je pense que je pourrais être n'importe où dans le monde, que je me sentirais à la maison à partir du moment où je peux me réfugier dans ses bras.

-Moi aussi, souffle-t-elle.

Je ne sais pas vraiment pourquoi elle formule cette réponse, pour le câlin ou la sensation d'être à la maison mais je m'en fiche. Les deux sont de bonnes raisons !

-Lexa ?

-Oui.

-Il faut que je fasse quelque chose avant de te suivre aveuglement pour le reste de la journée.

-Pas de soucis, je n'avais pas vraiment programmé quoi que ce soit à part être avec toi.

-Dans ce cas, un arrêt chez O s'impose.

Je m'éloigne pour rejoindre la portière côté passager. Je tire sur la poignet mais elle ne bouge pas d'un pouce. Je lève les yeux pour voir que Lexa est comme figée sur place. Maintenant que j'y pense, il ne me semble pas qu'elle ai déverrouillé la voiture.

-Euh… quand tu dis O, tu parles d'Octavia ?

-Bah oui, je réponds amusée.

-La Octavia de Lincoln.

-La réponse est toujours oui. Tu en connais beaucoup des Octavia ?

-Pas vraiment.

-Lexa, il est où le problème ? Parle-moi.

-Pour être honnête, ce n'est pas Octavia le problème mais Link. Je sais comment il est, il doit me détester.

-En effet, tu as raison.

-Donc, je t'accompagne mais il vaudrait mieux que je reste dans la voiture.

-Lincoln est à San Francisco depuis trois semaines.

-Ah… dans ce cas.

Lexa traîne des pieds et dans une succession de gestes presque maladroits, elle se retrouve derrière le volant. Je m'installe plus rapidement et en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, je m'attache avant de me pencher pour furtivement embrasser Lexa sur la joue. Je suis satisfaite quand je m'éloigne et que je vois ses joues rosies.

Une fois garées devant l'immeuble de ma meilleure amie, je me rends compte que je n'ai pas indiqué la route une seule fois. Je ne pensais pas qu'elle se souviendrait de l'adresse. Peut-être que sa mémoire est plus impressionnante que la mienne sur ce point. En même temps, ce n'est pas difficile. S'il n'y avait pas de couleur dans les couloirs pour me renseigner sur les différents services, je passerais ma vie à me perdre et ce n'est qu'un hôpital ! Une fois, j'ai "perdu" ma voiture sur un parking et j'ai dû la chercher plus d'une demi-heure sous la pluie.

Je vois Lexa sourire. Je lève les yeux au ciel en me demandant pour la millième fois comment j'ai fait pour manquer ça. Après tout, même si c'est discret, elle réagit toujours à mes pensées. Je me demande si elle arrive à être plus de marbre avec les autres. Ne pas réagir face aux pensées des autres doit-être infiniment difficile. Est-ce que c'est aussi pour cette raison qu'elle veut arrêter d'être consultante ?

-Avant qu'on y aille, il y a quelque chose qu'il faut que je te dise sur O.

-Je t'écoute.

-C'est que je ne voudrais pas que tu l'apprennes à la Charles Xavier.

-D'accord.

-Écoute, elle risque d'être énervée, sur les nerfs et même peut-être de me frapper. Elle est au bord de la folie depuis qu'elle ne peut plus faire de sport mais ça va s'arranger. Donc, il faut prendre son mal en patience. Okay ?

-Elle a été blessée ? demande Lexa inquiète.

-Non, je réponds en souriant. Elle est juste tombée enceinte et depuis l'annonce, c'est un vraiparadoxe… une minute tout va bien et on se croirait au pays des bisounours et la minute d'après, elle explose et à côté l'enfer et le styx ressemblerait au paradis.

-Enceinte, répète-t-elle d'une voix blanche.

-Ouais, c'est une super nouvelle ! Je vais devenir marraine ! C'est vraiment génial sauf pour le côté Mr Hyde et Docteur Jekyll d'Octavia depuis le début de cette histoire.

-Elle est enceinte…

Cette fois, ça ne m'échappe pas. Il y a un problème. La peur semble habiter sa voix. Je fronce les sourcils alors que je pose ma main sur sa cuisse pour attirer son attention. Mon geste ne fonctionne pas. Son regard reste comme bloqué sur un point invisible. Je prononce doucement son prénom mais toujours rien et elle est trop loin pour que je l'atteigne.

Je regarde devant essayant de trouver son point d'attache mais il n'y a vraiment rien. Je jure entre mes dents avant de me détacher. Je passe la porte et dès que je pose un pied dehors c'est pour contourner le véhicule. Une fois en face de la portière côté conducteur, j'hésite une seconde avant de l'ouvrir mais j'exécute le geste. Je m'accroupis pour être à sa hauteur. Je passe une main sur son bras et fait des allers-retours de son épaule à son coude alors que l'autre forme le signe de l'infini sur son genoux.

Je ne sais pas vraiment ce que je dois faire. Je l'ai déjà vu dans cet état. Elle est comme aspirée loin de ce monde. Je ne veux pas la laisser. Elle semble tellement perdue. Je ferme les yeux. Elle m'a dit une fois que j'étais comme une ancre à la réalité. J'espère que c'est vrai. Je me redresse légèrement pour appliquer délicatement mes lèvres sur les siennes.

J'ouvre doucement les yeux et je retrouve un peu de vie dans l'émeraude que j'aime tant. Mince… je ne sais pas ce qu'il vient de se passer mais elle doit savoir que je serai toujours là pour elle. Je ne veux pas la perdre, pas même une seconde. Je suis presque certaine que Lexa a "disparu" quelques secondes et que le "monstre" qui grandit en elle a pris toute la place.

-Hey, je caresse sa joue les larmes aux yeux, qu'est-ce qu'il vient de se passer ?

Lexa ne répond pas, elle semble encore perdue. Son regard a du mal à rester dans le mien. Comment je peux l'aider si je ne sais même pas ce qui l'a mis dans cet état ? Allez Lexa, parle-moi. S'il te plaît.

-Depuis combien de temps, prononce-t-elle difficilement.

-O vient de passer la première échographie des 12 semaines.

-Donc, on ne sait pas encore.

-Savoir quoi Lexa ?

-Si c'est un garçon ou… un fille, finit-elle difficilement.

-Pourquoi tu voudrais… merde ! Si c'est une fille alors, elle sera comme toi ?

Lexa confirme silencieusement. Je comprends mieux son trouble. Je n'ose imaginer le poids qu'il y a sur ses épaules. Si c'est une petite fille, Lexa devra un jour lui annoncer que dans sa famille, les femmes sont touchées par un pouvoir extraordinaire mais aussi déroutant.

-Lincoln ne sait pas, continue-t-elle. Sebastian, son père ne lui en a jamais parlé. C'est à cause de ça que nous sommes en conflit. Omma voulait lui en parler pour qu'il puisse agir en conséquence le jour il serait père mais… Sebastian a refusé, estimant que la seule malédiction de la famille soit que seules les femmes soient touchées. Il voulait être comme nous. Il en a souffert et refusait qu'il en soit de même pour son fils.

-Lincoln ne sait pas donc si c'est une fille…

-… ce sera à moi de lui dire ce que Sebastian ne me pardonnera jamais.

-Mince, je suis désolée Lexa. Tu… je peux aller voir O plus tard.

-Non, c'est important que tu sois là pour elle.

-Tu veux…

-Non, me coupe-t-elle. Je reste avec toi.

Ça me va. Je souris en me relevant. Je lui tend la main qu'elle saisit après s'être détachée. Je commence à comprendre pour quelles raisons Lexa pense être maudite. Cette capacité qui la fait souffrir a détruit sa famille de bien des manières. Je trouve ça triste qu'ils n'aient pas su être présent pour les autres. Je comprends aussi les mots de Raven quand elle a affirmé que Lexa n'a personne. Elle est seule dans ce monde ou plutôt était parce que maintenant, elle à Luna, Raven et moi !

Je plaque mes mains sur la carrosserie empêchant Lexa de faire le moindre mouvement. Mon regard passe sur elle pour intégrer le moindre détails de son visage. Je souris en réalisant que ses mots : "je reste", sont bien plus important qu'il n'y paraît. Elle me l'a prouvé à l'hôpital tout à l'heure, peut-être involontairement mais là tout de suite, elle sait ce qu'elle fait. Je souris un peu plus en comprenant où elle veut en venir. Je murmure :

-Tu restes ?

-Je reste, confirme-t-elle.

Ce sont définitivement les plus beaux mots qu'elle m'ait dit, même plus que le premier je t'aime. Ils sonnent à mes oreilles comme une promesse. Avec eux, je sais qu'elle est de retour à New-York et si elle l'est, c'est pour moi.

Je ne peux m'en empêcher. Il faut que je scelle cette déclaration. Je m'approche un peu plus. Je ne suis plus qu'à quelques millimètres de ses lèvres au moment où je ferme mes paupières. Je fais une pause comme pour mieux apprécier le moment. Je pensais être celle qui comblerait l'espace et amorcerait ce baiser mais Lexa devait être impatiente.

Ses lèvres sur les miennes. C'est sans aucun doute la meilleure sensation qu'il existe. Lexa glissae ses doigts au milieu de ma chevelure, elle me rapproche un peu plus si c'est possible. Ce baiser n'est pas insignifiant. Il révèle tout ce qui ne peut être dit. Une fois un peu étourdie par le manque d'oxygène, nous nous séparerons l'une de l'autre.

J'appuie mon front contre le sien en souriant. Je suis encore perdue dans cette poignée de secondes de pur bonheur. Lexa m'aime, Lexa reste… qu'est-ce que je pourrais demander de plus ?

oOoOo

Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Alors qu'est-ce que Clarke pourrait demander de plus ? Avec la fin de ce chapitre, vous en savez un peu plus sur le conflit entre les Woods. Heureux pour le futur bébé Linctavia ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : La chanson que j'ai choisi pour le chapitre est celle de Zedd – Stay mais je préfère la cover de J . Fla , c'est donc celle que j'ai mis sur la playlist de Youtube.

Note n°2 : Ensuite nous avons Hurts - Stay

Note n°3 : Mr Hyde et le Docteur Jekyll sortent de l'œuvre de Robert Louis Stevenson qui est sortie en 1886. C'est un roman que j'ai lu en quatrième pour le cours de français et je n'avais absolument rien compris ! ^^ Nooon mais sérieusement je ne savais jamais qui était qui… quelle idée de se droguer pour faire sortir sa double personnalité ? Il ne faut pas être net ! ;)

Note n°4 : Okay, je n'avais clairement pas prévu de faire une note sur les bisounours mais j'ai été curieuse. J'ai genre jamais regardé un seul épisode de ce dessin animé, je ne les connais que de nom. Donc… voilà ce que j'ai appris : à l'origine ce n'était qu'une ligne de jouets en peluche dans les années 80. Les films et séries animées ne sontarrivés qu'après et ont été remis au goût du jour en 2004. Voilà, ce n'est pas grand-chose mais bon… ^^

Réponses aux Guests :

Morgane : Merci beaucoup ! :D Alors… ça va ? Lexa n'a pas trop attendu ?

FAnny : Yep! Le Clexa est de retour et il compte bien rester! ^^

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Guerrière »

GeekGirlG.