Salut à tous ! :)

De nouveau un mardi... ça devient vraiment une mauvaise habitude. Mais je vais cruellement manquer de temps demain donc mieux vaut un peu d'avance que du retard! :p

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! C'est définitif, vous êtes incroyables ! Les 800 reviews sont atteinte, vraiment un truc de dingue... on ne penserait pas comme ça mais c'est toujours encourageant de lire vos commentaires et aussi très enrichissant.

La semaine dernière, je vous avais demandez quels ship vous préfériez pour que j'écrive un OS afin de vous remercier. Après une lutte acharner, des choix incertain et quelque tentative de graissage de pattes, voilà les résultats : deux voies pour le Wayhaught et le Linctavia, quatre voies pour le Supercorp, huit voies pour le Clexa et le Ranya. Comme vous pouvez le constatez, il y a égalité. Donc deux solutions, soit vous voter de nouveau mais cette fois entre ces deux ships, soit je les met tous les deux dans un même OS. Dites moi ce que vous préférer! ;)

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Allez ! C'est parti pour la suite du repas mais avec le ressenti de Lexa… j'espère que vous êtes prêts… parce que Lexa, elle, ne l'est pas (enfin pas tout à fait) ! ;)

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

Tell me baby all through the night Mon amour répète-moi tout au long de la nuit
That you'll never let me go Qu'on ne sera jamais séparés
Tell me baby cause Répète-le moi parce que

I want the world to know Je veux que le monde entier le sache

Tell me baby I'm the only one Répète-moi que je suis le seul
All you ever need Dont tu aies besoin
Tell me baby that you'll never let me go Répète-moi qu'on ne sera jamais séparés

White Lion - Tell Me

Chapitre 37 : A quoi tu penses ?

Tout était à peu près silencieux, du moins aussi silencieux que peut l'être Clarke. Puis il y a eu sa déclaration. Elle a avoué devant sa mère, Abby, celle qui voulait me tuer avec un scalpel i peine cinq minutes que j'étais l'amour de sa vie. Ensuite, il y a eu ce bruit atroce que je déteste : le verre brisé. Et comme si cet éclat avait été le signal, tous les murmures que j'arrivais si bien à repousser depuis que j'ai retrouvé Clarke, viennent de nouveau chuchoter à mes oreilles.

Clarke se dresse vers Marcus en lui demandant si tout va bien. Sa voix est tellement forte. J'ai la sensation qu'elle hurle dans un mégaphone juste à côté de mon oreille. Abby se précipite pour aider et ramasser les bouts de verre. Chacun de ses pas sont pour moi un vrai supplice, comme si on cognait de manière régulière dans une boîte en bois avec une massue. Il y a le tic tac d'une trotteuse d'un réveil quelque part dans une chambre qui souffle à mon oreille. La ventilation du four qui refroidi frémit comme s'il était juste à côté de moi. Il y a trop de bruit ! Je sens la nausée m'envahir. C'est mauvais…

Très franchement, il ne manquerait plus que je vomisse sur le tapis marocain qui doit coûter une fortune pour finir ma journée ! Il faut que je respire. Une bonne inspiration est toujours la clef du contrôle. Je donnerais cher pour avoir ma musique à portée de main.

Je perçois le mouvement de Clarke. Elle aussi, elle veut aider. Une peur incommensurable s'empare de moi. Je refuse qu'elle s'éloigne ! J'ai besoin d'elle. D'un geste maladroit, j'attrape son poignet. Elle souffle mon nom mais pour moi c'est le même vacarme que le décollage d'un avion. Je jure que je ressens la même chose que si je recevais plus de mille décibels en plein dans les oreilles.

Je déteste quand je dois subir ça… tout ce qui m'entoure devient un vacarme insoutenable et je ne discerne rien d'autre que des voix d'inconnus. Je les discerne parfaitement bien, trop bien, comme si j'étais assise juste à côté d'eux. Nangila les appelle les murmures minoritaires. Ils se déclenchent quand on se sent menacés ou terrifiés. Honnêtement, je crois que dans la situation actuelle, les deux émotions doivent me dominer.

De nouveau Clarke hurle mon nom bien que je sois presque sûre qu'en réalité, elle doit juste murmurer. Je plaque ma main libre sur une de mes oreilles. Je sais que ça ne sert à rien. Aucun des sons que je perçois n'est réel mais c'est un geste instinctif. Puis soudain, sans prévenir, tout s'arrête en une fraction de seconde. Je ne comprends pas. Ça n'était jamais arrivé avant. Ce genre d'agression ne s'arrête pas aussi brusquement, il me faut parfois des heures pour retrouver un minimum de contrôle. Je n'arrive pas à comprendre ce qui vient de me libérer de cette prison de bruit.

J'écarquille les yeux en réalisant que Clarke a plaqué sa bouche sur la mienne. Je me recule presque vivement et jette un œil vers ses parents. Ils n'ont pas l'air d'avoir vu le geste. La main de Clarke se plaque presque violemment sur ma joue et me force à la regarder. Elle semble chercher quelque chose. Elle ne m'a jamais observé comme elle est en train de le faire. D'une voix que je note effrayée elle demande :

-Qu'est-ce qu'il vient de se passer ?

-Trop de bruit, je prononce d'une voix que je reconnais à peine.

-Tu… tu as besoin de quelque chose ? C'est… je peux… tu vas bien ? Dis moi. De l'eau ? De l'air ? De la musique ?

Je fronce les sourcils. Je n'arrive pas à savoir si elle a prononcé tous ces mots. Je sens la bile monter dans ma gorge. Je grimace, ce qui n'échappe pas à Clarke.

-Est-ce que tu viens de parler ? je demande aussi discrètement que possible.

-Oui, affirme-t-elle, et j'attends une réponse figure toi.

-Je vais bien.

-Te fous pas de moi, grogne-t-elle.

-Clarke… tu ne peux pas t'inquiéter à chaque fois que ce genre de choses arrive. Tu vas finir par devenir folle.

-Et comment je fais ça, hein ?

-Je… je ne sais pas. Mais quand je te dis que je vais bien, tu peux l'interpréter comme : je gère la situation. Okay ?

-Okay.

-Maintenant écarte toi avant qu'Abby ne remarque notre… promiscuité et qu'elle ne trouve une arme bien plus destructrice qu'un pauvre scalpel pour me tuer.

-Je n'ai pas envie, boude-t-elle. Mais… évitons de refaire sortir la part d'Hannibal Lecter qui sommeille en elle.

-Ce serait mieux, en effet.

Je distingue encore une once d'hésitation de la part de Clarke. Elle cherche à savoir si elle peut réellement s'éloigner sans que je ne sombre à nouveau. Je lui fais un signe de tête pour l'encourager et lui assurer une nouvelle fois que ça va aller. Elle se redresse alors, je n'avais pas vraiment remarqué qu'elle s'était installée sur mes genoux. Puis, elle se tourne vers Abby et Marcus qui finissent de ramasser tous les bouts de verre.

Je détaille son dos comme si elle portait une cape rouge et s'était transformée en super héro. Je peine à croire qu'un "simple" baiser ait réussi à me sortir des murmures minoritaires. Ce constat m'ébranle bien plus que ce que j'aurais pu imaginer alors que la signification du Kim-ya, ou je ne sais toujours pas comment ça se prononce, ce silence dont me parle si souvent Nangila, prend tout son sens.

Clarke est mon silence. Je n'ai pas à douter sur ce point.

-Merci de nous avoir aidé Clarke, prononce avec ironie Abby.

-Je n'étais en rien responsable de ce malheureux accident.

-Ce n'est pas, commence sa mère avant d'être coupé par Marcus.

-Pas de ta faute ? Mon cœur de chevalier à bien failli lâcher quand il a appris que sa princesse était amoureuse et qu'elle se fichait bien de l'approbation de la reine mère.

-Ton cœur est bien trop fort pour ça, sourit Clarke.

-Je n'en suis pas certain…

-Un câlin pour me faire pardonner d'avoir eu si peu d'égard pour ton pauvre palpitant ?

-Je veux bien, oui.

Marcus ouvre grand ses bras et Clarke se précipite presque. Je souris devant le spectacle. Je suis toujours agréablement surprise par l'instinct de sécurité qu'est capable de provoquer Marcus chez ma merveilleuse blonde. Pour Clarke, être dans les bras de son second père, c'est comme être entourée dans une bulle où rien ni personne ne peut l'atteindre. Si je devais avoir une image pour décrire ce qu'elle ressent, ce serait celle des cabanes de draps que je construisais avec Luna et Costia quand il y avait de l'orage et que les adultes étaient trop occupés pour être présent. Lorsque j'étais protégée par tout ce tissus, j'avais le même sentiment de sécurité que Clarke en ce moment.

J'étais tellement plongée dans mes souvenirs, mes yeux toujours rivés sur Clarke que je ne remarque pas qu'Abby s'était installée en face de moi. J'imagine qu'elle doit me détailler avec une certaine hostilité parce que la voix de Clarke me fait sursauter :

-Maman, je te jure que si tu fais peur à Lexa, je ne reviens plus jamais dans cette maison !

Je rirais presque à cette menace, sachant pertinemment qu'elle serait incapable de l'exécuer. Je me retiens quand je vois Abby se décomposer. Elle y croit dur comme fer, elle est persuadée que sa fille pourrait ne plus lui rendre visite. Maman Griffin ignore donc à quel point elle est indispensable à la vie de sa fille… intéressant.

-Je propose de boire un verre pour fêter la présence de l'amour de la vie de Clarke dans cette maison, s'exclame Marcus.

Je crois que Clarke bougonne à cette annonce mais elle me rejoint tout de même sur le canapé. Je ne lui accorde pas un regard. Je suis prise au piège des pensées d'Abby. Elle est vraiment terrifiée. Le genre de peur qui ne peut guider qu'une bonne mère. Sa plus grande angoisse ait que je brise le cœur de son petite bébé et dès que cette pensée lui effleure l'esprit, elle imagine aussitôt une façon de me supprimer et de cacher le corps.

Je sais que ça devrait m'effrayer mais quelque part, je suis rassurée de savoir que Clarke est aimée et protégée. Et puis… je n'ai pas l'intention de faire de mal à son cœur. Du moins pas plus que ce que j'ai déjà dû provoquer par mon absence. Je passerai le reste du temps qu'elle m'accordera au près d'elle, à me racheter chaque jour de l'avoir blessé de la pire des manières : par l'ignorance.

Je sens la main de Clarke sur ma cuisse. Je détourne les yeux d'Abby pour me concentrer sur elle. Elle fronce les sourcils et plisse son nez. Elle est certaine que sa mère prodigue de nouvelle menace silencieuse à mon égard. Je souris pour la rassurer mais ça n'a pas l'air de la rassurer. Elle m'ordonne presque violemment de lui dire immédiatement ce qu'il en est.

-Arrête de t'inquiéter, je murmure.

-C'était quoi ça ? explose Abby nous faisant sursauter toutes les deux.

Nous nous tournons l'une vers l'autre pour essayer de comprendre de quoi parle la mère de Clarke. Cette dernière pointe son index accusateur vers moi. Je jure que ce geste me mets plus que mal à l'aise. Je préfère ses menaces silencieuses, bien moins angoissantes que ce doigt pointé vers moi. Puis elle balaye l'air entre nous deux rapidement en commentant :

-Ça, déclare-t-elle presque triomphante, cette façon que vous avez de… vous faites quoi d'ailleurs ?

-Maman ?interroge Clarke.

Un éclair de compréhension me frappe alors qu'Abby est en train de revisualiser notre façon de communiquer via ma capacité. J'écarquille les yeux en me demandant si nous sommes si peu discrètes. Il va falloir que nous fassions plus attention. Ce n'était pas comme si nous pouvions donner une véritable explication.

-Abby, intervient Marcus en déposant un plateau sur la table basse, arrête de les embêter.

-Mais tu l'as vu comme moi, proteste-t-elle. Elle… se regarde comme si elle se parlait.

-Oui ma chérie, elles sont amoureuses. Moi aussi, j'arrive à savoir ce que tu penses la plus part du temps.

-Non, je ne marche pas. C'est différent.

Clarke comprend à son tour de quoi il retourne. Elle rit doucement avant de me faire un clin d'œil. Je lui fais de gros yeux alors qu'elle sourit un peu plus. Elle passe son index derrière son oreille, un geste que je trouve terriblement sexy. Merde… elle n'a pas le droit de faire ça devant ses parents.

-Il est certain que c'est assez différent.

Je rêve, ça l'amuse. Non mais elle se fiche de moi ? Je suis complètement paniquée et elle… elle s'amuse ? C'est du grand n'importe quoi !

-Oh allez, c'est drôle…

-Clarke, je prononce en serrant les dents, arrête.

-Tu vois, s'agite Abby en s'armant de nouveau de son index, elles recommencent !

-T'imagines si elle savait ?

-Clarke, je m'offusque.

-Je concède que c'est assez atypique, prononce Marcus avec plus de questions dans sa voix qu'avant.

Je fusille Clarke du regard, essayant de lui faire comprendre que je veux qu'elle arrête tout ça. Elle éclate de rire avant de me promettre qu'elle va essayer. Je grimace bien que je dois avouer qu'essayer c'est mieux que rien.

-N'empêche, je donnerais cher pour voir la tête de ma mère si elle savait.

Je soupire en la suppliant d'arrêter. Je me masse les tempes. Je sens la migraine arriver à grand pas. Ce repas va être terriblement long et Clarke ne m'aide pas, elle ne m'aide pas du tout ! Je regretterais presque d'avoir choisi de la suivre. Presque.

Je secoue la tête pour me reprendre et me reconnecter à la réalité. Je remarque alors que quatre verres de vin blanc ont été servies. Zut. Je grimace. Tout le monde prends son verre et je sens le regard de Clarke sur moi. Je fronce les sourcils en réalisant que je ne lui ai jamais parlé de ce point. Je me racle doucement la gorge avant de dire le plus poliment possible :

-Je suis désolée mais je ne bois pas.

-Vraiment ? demanda Clarke surprise, vous avez eu une mauvaise expérience avec Raven ?

-Raven ? je répète ne comprenant pas où elle veut en venir.

-J'ai cru comprendre qu'elle non plus ne buvait pas.

-Ah non, ça n'a rien à voir. Raven essaye d'éviter tous les comportements déviant qui existent dans son quartier d'origine.

-Et pour toi ? voulu savoir Clarke.

-Omma m'a raconté des histoires terrifiantes quand j'étais petite. Et puis… elle, je passe une main dans mes cheveux mal à l'aise, était ivre morte le jour de l'accident.

-Je retire ce verre tout de suite, se précipite Marcus, nous avons du jus de fruits, ça te va ?

-Ce sera très bien, je réponds en baissant les yeux.

-Quand vous parlez "d'elle", reprit Abby, vous parlez de votre mère ?

-Maman ! Arrête tout de suite !

Je me prends un violent coup en plein cœur. Je ne sais pas ce qui m'affecte le plus : le fait qu'elle ait parlé de ma mère ou qu'elle ait choisi le vouvoiement pour s'adresser à moi. J'imagine que je peux oublier les "Abby" pour m'adresser à elle et que je vais devoir repasser au "Madame Griffin". Ce n'est pas si grave, je crois que je comprends.

Je baisse les yeux. Mon regard tombe sur le liquide jaunâtre contenu dans un verre à pied. Je me souviens du jour où Omma m'a interdit de toucher à une seule goûte d'alcool. Elle m'avait expliqué que ce liquide était capable d'effacer notre capacité encore mieux que la fièvre, c'était presque miraculeux. Sauf qu'au moment où les chuchotements revenaient, ils étaient alors encore plus forts, plus insoutenables. La solution était donc toute trouvée : prendre une nouvelle dose. Alors que le passage au second verre est facile, celui de la bouteille l'était encore plus et finalement on ne désaoule pas. Puis, quand l'alcool ne suffit plus, qu'il nous semble percevoir de nouveaux murmures, il reste la drogue. Omma parlait d'expérience, pas la sienne mais celle de sa sœur. Elle avait été obligée de la regarder mourir à petit feu, d'une dépendance qui lui offrait ce que cherchait tous membres de ma famille : le silence.

Je mentirais si je disais qu'au court de ces années à souffrir d'un mal qui n'est pas explicable parce qu'irréel et totalement hors norme, je n'avais pas sérieusement pensé à m'en débarrasser de cette manière. J'ai même une bouteille de whisky sur la plus haute étagère du placard de ma chambre. Je ne compte plus le nombre de fois où je l'ai sortie, juste pour la fixer me battant contre moi-même pour ne jamais l'ouvrir. Ça aurait été si facile…

Mais voilà, la facilité ça n'a jamais été mon truc.

-Vous savez, je commence en relevant les yeux vers Abby, l'estomac noué, j'ai compris que vous n'étiez pas enchantée par mon retour dans la vie de Clarke mais tout comme elle, je l'aime et j'ai beau lutter, il n'y a rien à faire. Je suis éperdument amoureuse de votre fille et que vous vouliez m'attaquer avec un scalpel, briser ce verre pour bondir sur ma carotide, imaginer mille morts pour moi, je comprends. Même si ça ne changera rien à mes sentiments. Mais vous en prendre à un sujet aussi sensible qu'elle puisse l'être et oui, je parle bien de ma mère c'est… petit, vraiment.

-Lexa, souffle Clarke.

Abby soupire alors que son regard tombe sur le tapis à ses pieds. Ni une, ni deux, elle s'imagine m'enrouler dedans et, cliché de polar noir, me balancer dans un lac quelconque. Je préfère ça, c'est un comportement qui lui ressemble plus. Déstabiliser, juger et prévoir le prochain coup avec mesquinerie ressemblait trop au comportement de ma mère et ça ne me plaisait pas. Je sais pertinemment que si elle était encore de ce monde, elle n'aurait jamais accepté ma relation avec Clarke.

Si je la lui avait présenté, elle aurait fait bonne figure tout en lançant de nombreuses piques à la blonde. A la fin du repas, elle aurait prétexté devoir me parler en privé. Nous serions allées dans le bureau de mon père, elle se serait murée dans le silence faisant semblant de chercher un ouvrage dans la bibliothèque de mon père. Puis alors que j'aurais été à deux doigts d'imploser, prête à lui demander des explications sur son comportement, elle se serait retournée et m'aurait certainement giflée. Puis elle m'ordonnerait de la quitter sur le champ. C'est ce qu'elle avait fait le jour où je lui ai annoncé que j'avais invité Costia au bal d'hiver. Je ressens parfois encore la morsure sur ma joue. Je la sens à chaque fois que je sais que mes décisions la décevrait.

Ma mère m'aimait plus que tout, tant que je rentrais dans le rang. Elle me portait un amour inconditionnel. Elle m'avait élevé pour que je sois une femme forte et indépendante. Elle ne souhaitait qu'une chose, que je me démarque, que je trouve ma place dans un monde dominé par les hommes. Et pourtant, elle n'était jamais satisfait de mes choix. J'étais très jeune quand je me suis rendue compte que la plus part du temps, j'avais plus peur d'elle qu'autre chose. J'étais constamment effrayée à l'idée de la décevoir et de voir ses yeux s'assombrir d'une note de déception.

Abby n'est pas ce genre de mère. Je le sais, je le vois bien et je refuse qu'elle le devienne.

-Je suis désolée Lexa mais tu dois me comprendre. Il s'agit de ma petite fille.

Je souris en percevant de nouveau le tutoiement. Je sens Clarke tiquer à mes côtés. Je pose ma main sur la sienne. Elle peut bien laisser à Abby encore penser qu'elle est sa petite fille. D'autant que c'est toujours vrai.

-Je comprends.

-J'ai manqué quelque chose ? demande Marcus en me tendant un jus de pomme.

-Non, je réponds doucement.

-Tant mieux, il embrasse la joue d'Abby, alors dis-nous Lexa où étais-tu ? J'ai croisé ton père il y a un mois, j'ai tenté de lui demander des nouvelles mais il ne savait rien.

-D'ailleurs, Clarke tu as rencontré son père ?

-Non, pas depuis le retour de Lexa, répond-elle durement.

-En fait, il ne sait pas que je suis revenue à New-York.

-Je ne pense pas que ce soit un mal.

-Tu sais Clarke, c'est moi qui suis censée être en colère contre lui, pas toi.

-Je n'en suis pas si sûre, bougonne-t-elle.

Je souris. J'adore quand elle prend ma défense. Je me sens tellement en sécurité dès qu'elle entre dans l'équation. Je lui ai expliqué que même si mon père avait moins de mal avec mon choix de vie que ma mère, notre relation serait difficile à lui faire accepter. Depuis, elle est prête à crier sur tous les toits que Bryan Woods est pour elle l'ennemi public numéro un. Elle a même ajouté que c'était dommage que son seul adversaire pour le sénat soit Nia Queen sans quoi, elle se serait lancée dans cette campagne en signe de mécontentement.

Les heures suivantes se passent bien mieux que les premières. Abby continue de me menacer mentalement par moment mais maintenant, elle est courtoise. Le repas est délicieux. Je sais avec certitude d'où vient le talent de Clarke pour les fourneaux. J'observe beaucoup. J'interviens de temps en temps mais j'ai encore du mal à parler naturellement. J'aime l'ambiance qui règne autour de cette table.

Marcus s'est levé pour aller chercher le dessert, par trois fois j'ai tenté de l'aider en proposant mon aide pour débarrasser. Grand mal m'en à pris ! J'ai, je ne sais pour quelle raison, perdu aucun point avec le seconde père de Clarke mais à chaque fois que j'ai tenté de proposer mon aide, je me suis pris un regard noir qui disait presque : moins cent points ! Et ça fait mal…

La discussions tournent autour de Supergirl et de hiatus qui dure depuis quelques semaines. Les théories vont de bon train. Je sais à quel point Clarke peut aimer cette série, la regarder s'exprimer avec tant de ferveur est beau à voir. Toute la petite famille y va de son commentaire jusqu'à ce que Marcus demande :

-Et toi Lexa, tu en penses quoi ?

Je m'apprête à leur dire que j'ai passé les six derniers mois en Afrique, loin d'internet et donc de mes séries préférées. Je les blâmerais bien pour avoir été si méchamment spoiler mais je n'en ai pas l'occasion. Mon portable se met à sonner attirant le regard de Clarke sur l'écran et comme pour me réveiller, elle passe sa main sur ma cuisse dans une douce caresse avant de dire avec douceur :

-C'est Luna. Tu devrais décrocher.

-Oui.

-Maintenant, sinon elle va s'inquiéter.

-Tu as raison.

Je me lève en saisissant mon portable. J'ai à peine quitté le salon que je décroche. J'ouvre la porte d'entrée pour m'installer sur les marches qui la desserve. Je souffle avant de prononcer :

-Hey Luna, comment tu te sens ?

-…

-Luna ?

-Tu as vraiment tenu tête à… tu lui as tenu tête, n'est-ce pas ?

-Tu veux que je fasse autre chose pour toi ?je demande avec le sourire.

-Il aurait pu, j'entends ses larmes dans sa voix, il aurait pu…

-Je suis plus forte que lui.

-Mais il aurait pu te faire du mal !

-C'est vrai. Mais quand bien même, j'aurais agi de la même façon. Parce que c'est à toi qu'il faisait du mal et ça, je ne peux pas le permettre.

-Tu sais, n'est-ce pas ? Tu sais, sa voix est étranglée, tu sais qui il est.

-Je sais, je souffle.

-Je suis tellement désolée. Je ne voulais pas te mentir mais…

-Luna, tout va bien. Le mensonge était nécessaire.

Un silence s'installe. Je serre mon poing libre en percevant ses larmes. Finalement, j'aurais peut-être dû rester près d'elle. Je ne pensais pas qu'elle resterait aussi ébranlée. J'inspire profondément en fermant mes paupières. Je revis chaque images, chaque souvenirs que j'ai volé à Luna en lisant dans ses pensées alors que Jonas Barthélemy essayait de franchir la pauvre porte qui les séparait.

-Dis-moi… de quoi tu as besoin Luna ? Je peux te rejoindre en moins d'une demi-heure.

-Tu es avec Clarke ?

-Oui, je réponds avec une certaine hésitation.

-Alors qu'est-ce que tu fais au téléphone avec moi ? Tu devrais être avec elle.

-Arrête… tu es tout aussi importante qu'elle. Et puis, c'est elle qui m'a poussé à décrocher. Elle s'inquiète aussi pour toi.

-Je l'aime bien tu sais. Clarke est vraiment quelqu'un d'exceptionnel.

-Je sais.

-Ne la laisse plus jamais seule. Elle ne t'attendra peut-être pas une seconde fois.

-Je n'ai pas l'intention de partir.

-Bien.

-Luna, qu'est-ce que tu ne me dis pas ?

-J'aimerais rester aussi…

-Qu'est-ce qui t'en empêche ?

-Et s'il revenait encore ?

-Il ne reviendra pas, j'affirme sans la moindre hésitation.

-Tu ne sais pas ce que ça me fait à chaque fois qu'il me retrouve… rien qu'un regard, ça… il m'a fait tellement de mal et… je ne peux plus vivre ça. J'ai tellement peur de m'effondrer. Je dois partir.

-Non. Tu n'y es pas obligée. Je suis là pour toi. Tu as besoin d'une situation stable pour Nangila et nous savons toutes les deux que c'est près de Gustus et Costia que tu trouveras cet équilibre. Je n'ai pas le moindre doute sur Elijah, il te suivrait au bout du monde si tu lui demandais même si je pense que lui aussi devrait te pousser à rester. Et le plus important…

Je baisse les yeux. J'espère que Luna est prête à entendre ce que j'ai à dire. Je relâche la pression de mes doigts. Je regarde ma paume blanchie et marquée par mes ongles. Il faut que je lui dise. Elle a besoin de le savoir.

-Le plus important, c'est que même si Raven tiens à toi... Tu dois arrêter d'en douter, c'est un fait. Arrête de penser le contraire, elle tient à toi. Mais malgré cet attachement, jamais elle ne te suivrait. Si tu veux avoir une chance avec elle, c'est ici que tu l'auras.

-Je ne peux pas…

-Bien sûr que tu peux ! Regarde ce que j'ai été capable d'accomplir. Tu as vu… tu es celle qui sais le mieux par quoi j'ai dû passer ces dernières années et si j'y suis parvenue, c'est en majeure partie grâce à toi. Tu es la personne la plus forte que je connaisse. C'est de toi que je tiens mon courage. Alors, je vais te donner exactement le même conseil que toi : ressaisis-toi, relève la tête, regarde le monde, touche le du bout des doigts, pleure si nécessaire et…

-… affronte le.

-Tu n'es pas seule Luna.

-Merci Lexie. Je crois que s'était exactement ce que j'avais besoin d'entendre.

-Je serai toujours là pour toi.

-Et moi pour toi.

-C'est une évidence.

-Retourne voir ta belle blonde maintenant.

-Oui chef !

Je raccroche avec le sourire. Je suis rassurée d'avoir trouvé les bons mots. Je dois bien avouer que depuis quelque temps, je me sens de mieux en mieux. J'accepte enfin ce que je suis avec cette particularité qui vit en moi et je suis de nouveau capable d'aider les personnes que j'aime. Qu'est-ce que je pourrais demander de plus ?

Je prends encore quelques minutes pour moi. Je dois bien avouer que cette pause me fait du bien. Être avec Clarke c'est vraiment parfait mais subir les assauts d'Abby sans interruption, c'est fatiguant.

Je tourne la tête vers la maison d'à côté. Je ris doucement en comprenant que c'est une dame assez âgée qui y vit et qu'elle joue les commères. Elle a les yeux rivé sur moi et essaye de se souvenir où elle a déjà vu mon visage qui lui est familier. Ses pensées sont assez amusantes.

Allez, je me redresse en claquant mes mains pour me donner du courage. Je lève les yeux vers le ciel. Il est temps d'y retourner, la pause est terminée. J'ouvre aussi discrètement la porte d'entrée que possible. Je ne veux pas déranger avec mon retour. Je me sens soulagée quand je remarque que je ne suis pas le centre de la conversation. Il n'y aura pas de moment de gêne.

Je glisse doucement ma main sur l'épaule de Clarke pour lui signaler mon retour avant de me réinstaller à ma place, sur sa gauche. Elle stoppe presque immédiatement sa conversation avec ses parents. Elle n'a d'yeux que pour moi. Je suis tellement reconnaissante d'être aimée d'une si belle manière.

-Comment va Luna ?

-Elle est encore sous le choc.

-Tu dois y retourner ?

-Elle me l'a interdit.

-Je vois, ça lui ressemble bien, sourit Clarke.

-De qui parlons-nous ? voulu savoir Marcus.

-De la sœur de Lexa, répond du tac-au-tac Clarke avec un sourire un peu plus grand.

-Je croyais que tu avais seulement un jeune frère, prononce avec méfiance Abby.

-Luna n'est pas ma sœur de sang mais de cœur. Vous vous souvenez de Raven ? Et bien notre lien est à peu près le même mais bien plus fraternel. Je la connaît depuis toujours, nos parents sont amis.

-Elles sont super proche ! S'en est même presque déroutant.

-Tu as été jalouse, j'énonce comme une évidence.

-Absolument pas !

-Clarke, ce n'était pas une suggestion. Je sais que tu as été jalouse, même Luna le sait. Elle a adoré les nombreux regards noirs que tu lui as lancé.

-Cette fille ne sortait de nulle part et paf ! Tu lui sautes au cou.

-C'est bien ce que je dis, je reprends amusée, jalouse.

-N'importe quoi !

-Clarke, chérie, prononce doucement Abby, pour le coup, je suis du côté de Lexa.

-Quoi ?

-Moi aussi ma princesse…

-Mais c'est un complot !

Tout le monde se met à rire autour de la table. Un peu au dépend de Clarke qui fait une moue boudeuse, pourtant elle ne semble pas m'en vouloir. Elle repense même à sa première rencontre avec Luna pendant la Winter Cup et admet un peu contre son gré qu'elle avait bien été mais juste un peu, jalouse.

J'attendais ce moment avec impatience. J'aborde un sourire triomphant avant de lui faire un clin d'œil. Elle me lance un regard noir avant de serrer la mâchoire. Elle m'ordonne silencieusement :

-Sors de ma tête !

J'éclate de rire. Alors qu'elle m'ordonne d'arrêter tout de suite. Nous commençons gentiment à nous disputer, Abby soupire. Elle marmonne des mots que je n'aurais pas dû entendre si j'étais un personne normale mais comme je ne le suis pas… je souris un peu plus alors qu'elle semble désespéré en disant :

-Voilà, elles recommencent.


Fear he is a liar La peur est un menteur

He will take your breath Il prend votre souffle

Stop you in your steps Vous empêche d'avancer

Fear he is a liar La peur est un menteur

He will rob your rest Il dérobe votre repos

Steal your happiness Vol votre bonheur.

Zach Williams – Fear is a liar

Le trajet du retour se fait dans un silence apaisant, même du côté des pensées de Clarke c'est très calme. Je crois qu'elle est heureuse que ce se soit dans la majeure partie bien passé. Quand à moi, je me sens juste apaisée. Je me sens bien, là, maintenant, tout de suite, dans l'habitacle de cette voiture, avec Clarke à mes côtés et un fond de musique.

Par à coup, je lance des regards vers Clarke, elle a les yeux rivés sur l'extérieur et sa main sur mon genoux. Elle sourit. Évidemment, elle est terriblement belle. J'aime vraiment ce genre de moment comme figé hors du temps. Ça fait parti de ceux que nous aimerions qu'ils ne s'arrêtent jamais, même si d'une certaine façon, cette envie est stupide… comment pourrions-nous vivre de plus grands moments encore si le temps s'arrêtait.

Je l'entends s'agiter. Je ne peux pas poser mes yeux sur elle, j'arrive à un carrefour un peu plus dangereux. Je perçois le bruit qui me permet de distinguer qu'elle passe sa main dans ses cheveux. Je fronce les sourcils. Je sais qu'elle effectue ce geste quand elle est nerveuse. Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui pourrait la perturber ?

Je dois combattre de manière titanesque pour repousser ma vrai nature et m'empêcher de trouver la réponse directement à la source. Je me concentre un peu plus sur la musique. Je récite mentalement les paroles de la chanson de Jessie Ware - Say You Love Me. Je ne suis pas certaine que s'était le meilleur choix pour m'éloigner des pensées de Clarke. En tout cas, toutes les miennes ne sont dirigées que vers elle. Je la revois me déclarer son amour à chaque fois que la chanteuse prononce les fameux : Say You Love Me.

-Lexa ?

Je sursaute. J'étais tellement perdue dans toutes ces rétrospectives que j'en ai presque oublié qu'elle était juste à côté de moi. J'essaye de calmer les tressauts de mon cœur. J'humecte mes lèvres rapidement avant de m'ordonner une dernière fois pour la forme de ne pas lire dans ses pensées.

-Oui.

Le silence. Un long, très long silence presque angoissant. J'aurais eu tout le temps du monde de deviner ou plutôt de subtiliser l'information qui semble la perturber mais je continue de me concentrer sur la route. Je prie silencieusement pour ne pas accéder par accident à sa demande encore silencieuse. L'ambiance devient presque bizarre au moment où je me gare devant l'immeuble. Je jette un œil au septième étages et coupe le moteur. J'attends toujours.

Après réflexion, j'aurais peut-être du garder la musique. Ça devient angoissant comme ambiance. Si elle ne finit pas par dire quelque chose, je vais mourir sur place. Ou… craquer et lui subtiliser ses pensées. Je grimace. Je ne dois pas faire ça ou du moins essayer. Allez Clarke, dis-moi à quoi tu penses !

-Tu sais, reprend-elle enfin, je vais devoir enchaîner trois gardes assez mortelles cette semaine. Et… ne pas savoir quand nous allons pouvoir nous revoir m'angoisse un peu. Je n'aime pas être loin de toi. La dernière fois, je t'ai demandé de ne pas laisser passer six mois avant de revenir mais… je me suis rendue compte que même deux semaines c'est un véritable enfer.

-Clarke…

-Attends. J'ai… je n'ai pas fini. Bien que j'imagine que tu sais déjà où je veux en venir.

-Non, je souffle en prenant doucement sa main, je ne sais pas.

-Comment ça ?

-Quand… j'essaye de mettre des barrières.

-Vraiment ?

-Oui. Alors vas-y Clarke, dis-moi à quoi tu penses.

Clarke semble vraiment surprise. Je tente un sourire pour l'encourager à intervenir et à poursuivre. Son pouce caresse le dos de ma main. Je cherche son regard qui est un peu fuyant. Elle soupire avant de se détacher. Elle lâche ma main, son contact me manque immédiatement. Elle croise ses jambes en tailleur avant de se tourner sur sa gauche pour faire face à mon profil.

D'un geste infiniment tendre, elle glisse sa main sur ma joue. Nos regards se croisent. Je suis capable de détailler chaque petite parcelle de ses iris, il y a des nuances sombres, d'autres plus claires, tout dans un ensemble d'un bleu merveilleux. Son autre main se dirige vers mon visage. Je sens son geste hésitant puis elle dépose pouce, index et majeur sur les branches de mes lunettes avant de les faire glisser loin de mes yeux. Elle referme les branches dans un geste lent, les pose sur le tableau de bord. Je suis subjuguée, chacun de ses mouvements fait battre mon cœur à un rythme effréné.

-Ce que je pense…

Merde ! Je viens de perdre le peu de contrôle que j'avais. Imperceptiblement, je secoue la tête. Il ne faut pas que j'entende ça, ce n'est pas bien. Je ferme alors doucement les paupières mais il est trop tard.

-… c'est que je te veux. Regarde-moi Lexa.

Perdu pour perdu… je laisse mes cils se relever. Je me noie dans ses magnifiques yeux couleur océan. Je peux lire son sourire dans son regard mais aussi une once à peine visible de peur. Ses doigts glissent entre les miens.

Je comprends avant qu'elle ne dise les mots. Toute cette douceur, cette hésitation… par tous les dieux ! Je crois que je suis à mon tour effrayée. Non, pas effrayée, ce n'est pas le bon mot plutôt…

-Monte avec moi.

… angoissée à l'idée de succomber totalement.

-Clarke…

-Je sais. Je sais que c'est sûrement prématuré mais je ne veux pas te quitter. Je te veux toi.

Des images tout sauf chastes sont en train de parcourir son esprit. Okay… je retire tout ce que j'ai pu dire sur Abby ! Sa fille peut-être bien plus visuelle. C'est… troublant. Je lâche ses mains presque violemment, en passe une nerveuse dans mes cheveux et l'accuse de mon index de l'autre avant de lui ordonner :

-Arrête de m'influencer avec des pensées… ce genre de pensées !

-Qu'est-ce qui te dérange ? Tu n'en as pas envie ?

J'ouvre la bouche pour répondre mais toutes les paroles censées que j'aurais pu prononcer refusent de se former. Mon index se dresse toujours entre nous comme une protection. Je fronce les sourcils en grimaçant. Il faudrait être une none pour ne pas avoir envie de monter avec Clarke.

Et puis merde… j'emmerde le contrôle !

Je me jette alors sur les lèvres de Clarke. Le baiser aurait pu être violent étant donné la tension presque électrique qui règne dans la voiture mais pour une raison qui m'échappe, il est si doux qu'il fait encore plus gonfler mon cœur de désir. A bout de souffle, nous nous séparons. Je découvre alors quelque chose dans les yeux de Clarke, quelque chose de nouveau. Je m'apprête à lui demander si tout va bien mais elle s'empare de mes lèvres dans un baiser bien plus fougueux.

Le geste était rapide, comme désespéré. Il est donné avec une telle passion que mon corps se retrouve plaqué contre la portière. La différence de température entre mon corps qui commence à être en ébullition et le froid de la fenêtre me fait frissonner. Clarke ralentit le baiser. Je devrais essayer de calmer les choses mais je crois que je suis dans l'incapacité de raisonner. Elle a tellement besoin de moi, de me sentir, que s'en est déroutant.

Et qui je suis pour lui refuser ?

Clarke mordille ma lèvre inférieure avant de quitter mes lèvres. Une de ses mains se balade dangereusement sur mon tee-shirt commençant à effleurer ma peau, l'autre est plaquée sur la vitre au plus près de mon visage. Je ne sais pas comment elle fait mais à cet instant, je ne me sens plus abîmée. Elle précise, alors que nos souffles sont encore mélangés et quelque peu erratique :

-Tu voulais savoir à quoi je pensais. C'est simple, il n'y a que toi. Toi, toi… et toi. Monte avec moi, s'il te plaît.

Je mordille ma lèvre inférieure au moment où je sens une nouvelle vague de désir se propager dans tout mon corps. Je suis presque foudroyée. Mon état ne s'améliore pas mais alors pas du tout alors qu'elle demande de nouveau :

-S'il te plaît.

Mon regard se mélange au sien. Je me noie presque dans ses yeux. Mon souffle devient incontrôlable. Et, mon cœur… mon cœur, lui, pousse sur ma cage thoracique comme jamais.

Sans quitter les yeux de Clarke, je prend sa main, je glisse mes doigts entre les siens. Je lui fais un signe de la tête. Je suis incapable de parler. Mais je pense que c'est assez. Elle comprend très bien que j'accepte de la suivre, certes je transmets ma réponse silencieusement mais je vais la suivre.

C'est presque tremblante que je sors de la voiture. Notre avancée jusqu'au duplex est quelque peu laborieuse, nous nous arrêtons à plusieurs reprises dans les escaliers, envahies par un désir incontrôlable d'embrasser l'autre. Je souris en percevant une pensée de Clarke. Elle trouve que c'est presque miraculeux qu'elle n'ait retiré aucun de mes vêtements.

Je plaque Clarke contre la porte d'entrée. Elle glisse sa main sur la poignée. Je l'entends l'actionner à plusieurs reprises. Nous étions en plein milieu d'un baiser endiablé et je la soupçonne de ne pas vouloir quitter mes lèvres. Un petit rire m'échappe finalement. Je m'éloigne de ses lèvres étant donné qu'elle en semble incapable. Elle me dévore littéralement du regard. Je viens souffler à son oreille :

-Avec une clef, ce serait peut-être mieux.

Clarke soupire avant de me pousser légèrement pour chercher dans son sac. Je la regarde faire, amusée. Elle me fusille du regard en m'interdisant silencieusement de me moquer d'elle. J'aimerais lui dire que je n'oserais pas le faire mais la vérité, c'est que ça fait partie de son charme. J'adore sa maladresse, c'est peut-être même ce que j'aime le plus chez elle après son rire. La porte s'ouvre enfin. J'ai à peine le temps de réagir qu'une main agrippe mon tee-shirt me forçant à entrer dans l'appartement.

Nous sommes au milieu de l'appartement quand Clarke se retourne. D'un geste doux, elle capture mes lèvres. Elle murmure qu'elle m'aime avant de me retirer mon haut. Nos gestes s'accélèrent et nous avons de moins en moins de vêtements sur nous. Ils se sont envolés loin de nos corps. Nos soupirs et nos baisers semblent être les seuls à avoir un droit de passage dans ce moment de déroute, de partage et d'amour.

Mes cuisses entre en collision avec le dossier du canapé, du moins, je crois que c'est le canapé. Mes mains quittent le corps de Clarke juste quelques secondes. Je prends appuie sur ce que je confirme être le dossier du canapé et je me hisse. Les baisers de Clarke sont de plus en plus appuyés, j'ai la sensation que ses lèvres sont partout. J'ai de plus en plus de mal à respirer. Je l'éloigne légèrement en déposant mes paumes sur son visage. Je lui offre alors un baiser plus doux au milieu de toute cette perdition.

Doucement, je commence à réaliser ce que nous sommes en train de faire. Toute l'ampleur des conséquences futures de nos actes me frappe de plein fouet. Je quitte les lèvres de Clarke qui grogne de mécontentement en ouvrant les yeux. Je peux y lire toute la frustration que j'ai créé en avortant cet instant magique. Au delà de cette frustration, je peux voir d'autres émotions habiter son regard comme : le désir, la passion et une infinie tendresse. Un sourire étire mes lèvres, je l'aime tellement.

C'est pour cette raison que je désire tellement que cette première fois soit parfaite. Je ne veux pas que ce moment si important soit bâclé ou gâché par trop d'empressement. Je veux, non j'ai besoin de prendre mon temps. Je souhaite connaître chaque bruit, chaque réaction que je suis capable de provoquer à ma magnifique petite amie. Je me sens tellement bien. Je ne m'étais jamais sentie aussi remplie de bonheur. Je recommence à caresser la peau qui m'est offerte et sous le geste doux de mes doigts, Clarke ferme les yeux. Je demande alors avec je crois une certaine fragilité :

-Regarde-moi.

J'ai la sensation de découvrir ce bleu si merveilleux pour la première fois. J'aime plus que tout sa complexité actuelle. Ses iris sont troublés entre passion et attente mais ce n'est pas le plus beau. Je sens des larmes m'échapper alors que tout l'amour qu'elle ressent pour moi me percute violemment. Je n'avais pas idée… ces six mois l'ont tellement changé. A cette seconde, j'ai la sensation d'avoir la chance de tomber une nouvelle fois éperdument amoureuse de Clarke.

Mais après tout, ce n'est pas ça l'amour ? Retomber un peu plus amoureux à chaque seconde qui passe ?

Le front de Clarke se dépose délicatement contre le mien. Nos souffles meurent et reprennent vie l'un contre l'autre. Ils ne font plus qu'un. Clarke se mordille la lèvre inférieure. Elle parait soudainement intimidé. Je remarque qu'elle ne parvient plus à quitter mes yeux. Ça ne me dérange pas particulièrement, ce que je peux y lire est tout bonnement magnifique. Si beau que ça ressemble à un rêve. Elle essuie mes larmes avant de murmurer avec une once d'hésitation dans la voix :

-Tu sais.

-Je sais ? je murmure avec une pointe d'interrogation.

-A quel point, je t'aime. Tu le sais n'est-ce pas ?

J'acquiesce en guise de réponse. Comment pourrais-je l'ignorer ? Ou la bonne question serait : comment a-t-elle réussi à me cacher quelque chose d'aussi énorme. Je le savais, je veux dire, je n'avais aucun doute sur son amour pour moi mais jamais… non jamais je n'aurais imaginé que ça puisse être aussi gargantuesque !

-A quoi tu penses Lexa ? demande-t-elle avec fragilité.

-Qu'il n'y aura jamais de mots pour décrire ce que nous ressentons l'une pour l'autre. Et, si tu en doute encore : je t'aime.

-Je t'aime, souffle-t-elle en m'embrassant.

-Et toi, à quoi tu penses Clarke ?

-Ce que je pense… que si tu devais partir à nouveau, j'en mourrais.

-Je suis là, je caresse sa joue, je ne vais nulle part.

-Bien.

Je me rapproche, son visage est à quelques centimètres du mien. Mes lèvres ne sont plus qu'à un mouvement de lui donner un baiser. Je murmure :

-Je t'ordonne de ne plus y penser. Jamais. Je suis là.

Je vois qu'elle est prête à répondre mais je ne lui en laisse pas le temps. Mes lèvres rejoignent les siennes. C'est, je crois, le baiser le plus doux échangé au cours de cette soirée. Je me laisse de nouveau emporter. Je ferme les yeux pour mieux apprécier le moment. Je tends la main vers elle pour la glisser sur sa peau. Je la rapproche de moi.

Je sens que Clarke aimerait approfondir le baiser mais elle se retient. Je ressens son hésitation. Elle ne souhaite pas briser ce moment de plénitude. Je souris en réalisant que nous ressentons la même chose au milieu de cet échange. Je décroche mes lèvres des siennes avant d'embrasser le bout de mon nez, puis ses joues, ses paupières et son front. Je parsème tout son visage de baisers papillons.

Clarke dépose sa main droite sur ma joue pour m'arrêter. Nous échangeons un regard avant qu'elle ne m'attire de nouveau vers elle. Elle m'embrasse comme si ce geste lui était devenu indispensable. Elle suçote ma lèvre inférieure avant de demander gentiment l'accès à ma bouche pour que nos langues puissent danser ensemble.

Cette fois c'est moi qui l'arrête avant que la situation ne dégénère. Elle me fait des yeux de chien battu. Elle me supplie même de ne pas lui faire ça. Elle est vraiment adorable. Et si elle savait à qu'elle point je comprends. Je n'ai aucune envie de m'arrêter. Je ressens de plus en plus ce besoin insatiable de la sentir contre moi. Mes doigts frôlent ses côtes dans une caresse pour l'éloigner un peu plus, elle frissonne. J'embrasse sa joue avant de me lever en lui tendant la main.

Son regard est empli de mille et une questions. Ne souhaitant pas lui répondre, je lui agrippe avec douceur le poignet. Je l'oblige à se redresser. Je lui vole un baiser en me décollant du canapé. Je commence à reculer sans ne jamais la lâcher. Je nous dirige ensuite vers les escaliers et commence à lentement les gravir. Elle commence à comprendre et me suit docilement.

Une fois en haut, elle ne résiste plus et me plaque contre le mur. Elle surélève mes bras au-dessus de ma tête pour m'embrasser à peine bouche. Elle se rapproche un peu plus de moi si c'est possible, accentuant la pression de sa cuisse contre mon entre jambe au-delà de la tolérance.

-Clarke…

-Shhh.

-Clarke, je dis plus fermement.

-Bon d'accord, répond-elle avec une part de mauvaise foi.

J'arrive à nous faire atteindre mon ancienne chambre. J'ai à peine le temps de savourer ma victoire triomphante qu'elle me pousse sur le lit. Je me redresse aussitôt sur mes coudes. Elle me dévore des yeux. J'en ai presque le souffle coupé. Elle me rejoint avec une lenteur insolente en venant m'embrasser tendrement. Alors que nos langes se battent et que l'oxygène commence à nous manquer, je suis habitée par une audace qui me trouble presque et vient dégrafer son soutient gorge avant de le balancer loin de sa poitrine.

Je suis au bord de l'asphyxie quand je décroche mes lèvres des siennes. Mes yeux tombent sur ses seins. Je crois que ma mâchoire est sur le point de se décrocher. Elle est tellement belle. Je l'attire un peu plus vers moi, j'embrasse alors sa clavicule avant de déplacer mes lèvres vers ses seins. Ma main glisse pour laisser la place à ma bouche. Pendant que je commence à jouer avec son téton, ma main, elle, rejoint l'intérieur de la cuisse de ma belle. Je crois que d'une certaine manière, je joue avec elle. Je fais tout pour ne jamais m'approcher du dernier bout de tissu qui la recouvre encore.

Je m'amuse donc. Mes lèvres se baladent sur chaque parcelle de la peau de son abdomen. Mes mains continue de caresser tous les autres endroits. Je suis bercée et guidée par ses soupirs. Ma bouche s'arrête juste devant l'élastique de sa culotte. Je l'embrasse tendrement avant de remonter vers son visage pour lui voler un baiser. Je croise son regard. Je n'aurais peut-être pas dû… j'ai du mal à déglutir en réalisant tout le désir que je fais naître en elle.

C'est la première fois que je fais l'amour à quelqu'un depuis quatre ans. Je pense que d'une certaine manière, ça me faisait peur de savoir. Les pensées de Clarke à cet instant sont merveilleuses mais ça aurait pu être différent.

Elle se détache de moi un peu trop vivement à mon goût. Je me sens faire une moue boudeuse. Elle me fait ce regard qui veut clairement dire : tout est de ta faute, arrête de réfléchir ! Je la regarde droit dans les yeux. Je me nourris de ses pensées, des ses envies qui sont emplies de vie, de désir et d'amour. Les doigts de ma main gauche glissent et jouent avec le dernier vêtement de Clarke. Les autres replacent quelques unes de ses mèches de cheveux derrière son oreille. J'embrasse avec douceur son cou alors qu'elle retire elle aussi mon soutient gorge. Je souris. D'accord, je ne réfléchis plus.

Je m'enivre de chacun des soupirs que j'arrive à lui provoquer. Je profite de ce moment au maximum. Je parviens à oublier tout le reste. Il n'y a qu'elle à mes yeux, rien qu'elle. Je suis entièrement et totalement dévouée à Clarke. Je m'oublie presque dans ce moment de passion et d'amour.

oOoOo

Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Fin de l'affrontement avec Abby ! Une discutions importante avec Luna. Alors, alors, qu'est-ce que vous en avez penser ? Comment ça vous ne voulez pas en parler ? Je comprends pas... bon d'accord, j'ai compris… la seconde partie du chapitre était plus intéressante, n'est-ce pas ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : White Lion - Tell Me

Note n°2 : Zach Williams – Fear is a liar

Réponses aux Guestes :

Blup : Salut, merci beaucoup! J'ai bien noter ton vote! :)

Morgane : Hey, merci. Oui, le début de la confrontation était chouette mais qu'as-tu penser de sa suite et fin ? J'espère que cette suite t'as plu !

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Un déséquilibre rassurant »

GeekGirlG.