Salut à tous ! :) Nous sommes MERCREDI !
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Je crois que je suis de plus en plus étonner à chaque chapitre de votre présence, vous êtes vraiment incroyables, mille merci !
Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur ce chapitre : Je ne sais pas comment décrire ce chapitre, il est très différent des autres et chose importante, il marque la fin de la troisième partie. Je vais donc vous laisser le découvrir sans rien dire de plus.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
I Hear Your Voice
I'm swimming over rooftops Je nage au-dessus des toits
I'm looking through the sea Je recherche dans la mer
This home I used to live in Cette maison où je vivais
The way things used to be La façon dont les choses étaient
I'm breathing underwater Je respire sous l'eau
I hear my mother's voice J'entends la voix de ma mère
I'm back there in the blue swing Je suis de retour dans la balançoire bleue
Back when there was a choice À l'époque où il y avait un choix
I'll save a little piece of tomorrow Je sauverai un petit bout de demain
Heather Nove – Save a Little Piece of Tomorrow
Chapitre 40 : L'homme silencieux
D'un geste du poignet, une pierre plate s'élance, elle frôle la surface de l'eau avant de s'écraser et de bondir pour s'échapper un peu plus loin. Le vol se finit de nouveau par une percussion entre le bleu miroitant pour s'élever avant de se finir dans un choc un peu plus violent. Les éclaboussures éclatent sous un regard admiratif permettant de vivre un lever de soleil unique. Le projectif pourrais disparaître que ça ne nous étonnerai pas, la scène était presque magique. Pourtant la nature reprend ses droits. C'est une question de gravité. La surface lourde et grisonnante de la pierre se crache mais cette fois, elle se fait avaler avant de disparaître dans les profondeurs de l'océan. Elle rejoint des milliers de ses sœurs.
Qui n'a jamais rêvé de parvenir à faire des ricochets assez loin pour qu'on ne puisse plus les voir ?
Un sourire sur les lèvres, nous nous penchons et tentons une nouvelle fois notre chance. Encore, encore et encore. Puis parfois un miracle se produit. Un sourire gigantesque étire nos lèvres, nous nous mettons à rire, à bondir et à brandir notre poing vers le ciel signe de notre victoire. C'est ce qui vient de m'arriver et d'une certaine manière, je sais que c'est le signe que demain sera encore et toujours plus beau qu'aujourd'hui.
Je souris un peu plus alors que le ciel est de plus en plus orangé. Un nouveau jour…
C'était il y a huit ans…
Un homme court dans les rues bondées, il cherche à se faire un passage. Ses pieds sont nus et frappent une terre sang à chaque foulée. Sur son visage, il y a un sourire gigantesque qui détonne complètement avec sa carrure impressionnante. Il est gigantesque, ses bras et ses épaules sont marquées par une musculature généreuse, qui est dû, malgré son jeune âge, à une vie de travail et de voyage. Le dispensaire n'est plus qu'à quelques mètres, son cœur se gonfle. Dans une poignée de minutes, il pourra rencontrer pour la première fois son enfant.
Il s'arrête devant la bâtisse, en profite pour calmer sa respiration qui est devenue un peu folle après sa course. Un rire qu'il ne connaît que trop bien se glisse jusqu'à ses oreilles. Il se tourne pour tendre une main à sa grand-mère. Une femme au visage marqué par le temps, sa peau est plus claire que dans sa jeunesse et les petites rides au coin de ses yeux sont les préférées de son petit fils. Il a accroché son bras à celui de la femme qui l'a aimé et élevé toute sa vie. Son cœur bat vite, il raisonne sous sa peau à un rythme si rapide que même un sourd pourrait l'entendre.
Ils entrent tous deux dans les locaux avec un certain goût d'impatience. La femme s'appuie complètement sur son petit fil jusqu'à ce qu'une porte s'ouvre devant eux. Elle quitte alors le bras fort de Kabaka pour rejoindre Maze sa femme qui tient dans ses bras le nouveau né. La grand-mère sourit alors que la jeune maman lui tend son fils. Elle observe ensuite son mari qui est resté bloqué au pas de la porte. Elle sait pertinemment de quoi il a peur. Elle souhaiterait le rassurer mais ce n'est pas à elle de le faire.
-Tu peux arrêter de faire une tête d'enterrement 'baka. C'est un petit garçon.
Imperceptiblement, un soupir de soulagement s'échappe des lèvres du jeune papa. Il s'approche un peu, assez pour apercevoir le visage de son fils. Sans qu'il ne s'y attende, sa grand-mère se retourne pour lui confier l'enfant qu'il réceptionne maladroitement dans ses bras.
Aussitôt, il a un regard doux. Les deux femmes sourient devant la scène. Un seul regard suffit à un père pour aimer son enfant. Une main énorme et un peu rugueuse, se pose avec délicatesse sur le haut du crâne du nouveau né. De petits yeux pétillants chocolat se relèvent pour croiser ceux de son père. Une seconde, pas plus, mais le lien était fait et il serait éternel.
-Dis-nous 'baka, quel est le nom de ton fils ?
-Nangila, souffle-t-il.
-Né lors d'un voyage, c'est un bon choix petit.
-Merci. Maze ?
-C'est parfait. Avec un nom comme celui-là, notre fils fera de grandes choses.
-Il sera un grand homme silencieux comme son père, s'amuse la veille femme.
-Pas tout de suite grand-mère, précise avec douceur Kabaka, pas tout de suite.
-Avoue, tu avais peur que cet enfant naisse femme, tique-t-elle.
-Grand-mère, soupire-t-il.
-Je comprends assure-t-elle, j'ai été bien plus heureuse pour mes quatre garçons que pour mes cinq filles. C'est moins difficile pour eux. Pour toi, précise-t-elle avec douceur. Tu me le confis ?
-Oui.
Kabaka laisse son fils passer de ses bras à ceux de l'aînée de sa famille. Il s'approche ensuite de sa femme pour l'embrasser avec amour. Quand il se retourne, c'est pour voir la porte se fermer. La matriarche doit faire ce qui doit être fait pour tous membres de cette famille. Il ne peut empêcher l'inquiétude assombrir son regard. Une main rassurante se pose avec douceur sur son bras. Un sourire finit de repousser tous ses doutes. Ses yeux brillent alors qu'il retrouve son seul et unique kimya.
Il avait un fils grâce à la femme exceptionnelle en face de lui. Il était fier, amoureux et chanceux. Un fils… sa grand-mère avait raison, ce serait plus facile pour lui. D'un geste incontrôlable, son pouce se pose sur son poignet pour glisser sur la cicatrice qui marque sa peau depuis ses douze ans.
Contrairement aux femmes, il n'était pas né avec le don. Il y a de cela quatre générations, au début des années soixante, à la fin de la colonisation, les matriarches, elles étaient sept à ce moment, avaient décidé de partager leurs pouvoirs avec les hommes qui le méritait. Le processus se déroulait durant les premiers jours du nourrisson. Elles les marquaient, le signe de l'infini apparaissait alors durant quelques jours avant de disparaître jusqu'au jour où elle déciderait de partager avec eux le privilège de lire dans l'esprit de tout homme ou femme. Kabaka ne savait pas comment se déroulait le rituel et ne cherchait pas à savoir. Il était reconnaissant de pouvoir alléger les souffrances de sa grand-mère. Plus ils étaient nombreux à posséder le don moins elle souffrait.
En revanche, il se souviendrait toujours des mots que sa grand-mère avait chuchoté à son oreille le jour où le signe était venu marquer sa peau, le jour où il avait reçu le don.
Trouve le silence et garde le.
Ils étaient loin d'avoir tous reçu la bénédiction de leurs aînées. Il avait été fier d'avoir été choisi si jeune. Sa grand-mère avait dit qu'elle avait vu quelque chose de pur dans son cœur. Elle savait que l'adolescent saurait être à la hauteur contrairement à bon nombre de ses frères, oncles ou cousins. Le rituel permettait aussi de poursuivre et perpétuer la tradition si par malheur aucune femme ne naissait sur une génération. Donc en imaginant qu'un jour, sa grand-mère, ses tantes et ses cousines venait toutes à mourir et qu'il n'y avait pas encore de fille née alors le don se transmettrait naturellement à tous les hommes de cette nouvelle génération dépourvue de femme.
La vieille femme revint dans la chambre et s'approcha des deux jeunes parents. Elle confia l'enfant à sa mère qui saisit le petit poignet de son fils où la marque de l'infini venait d'apparaître. Elle était fière que son fils puisse un jour devenir comme son père. L'héritier d'un don merveilleux. Elle savait que son petit bonhomme né lors d'un voyage deviendrait l'un de ces hommes silencieux. Il serait comme son père.
Les yeux toujours rivés sur l'horizon, je perçois les pensées de Luna. Je souris en me retournant vers elle. Elle me sourit et je le sais avec certitude : Luna est la personne la plus importante dans ma vie. Je sais qu'elle croit avoir besoin d'un bout de papier pour que nous soyons liés mais moi, je n'en ai pas besoin.
Luna s'arrête devant moi avant de poser un genoux à terre afin d'être un peu plus à ma hauteur. Avec amour, elle passe doucement une main dans mes cheveux. J'aime ce geste d'affection. Il me rassure, me rappelle celui si familier qu'effectuait mon père tous les jours. J'ai tendance à la regarder avec de grands yeux émerveillés. Elle est la personne la plus belle qui existe dans ce monde, la plus importante et je l'aime !
Depuis ce jour à la gare, je vis comme dans un rêve éveillé. Luna est devenue ma sœur, ma meilleure amie et peut-être même aussi un peu ma mère. Avant de la connaître, j'aurais pu croire que j'étais mort. Je n'étais rien de plus qu'un de ces garçons des rues, qui doit voler pour manger, qui passe sa journée à courir, à espérer ne pas faire une mauvaise rencontre, et qui regarde tous les autres enfants aller à l'école.
Puis au milieu d'une foule si dense que j'aurais cru être face à un mur, j'ai aperçu ses cheveux bouclés un peu fou. Debout sur un banc, j'étais comme paralysé. De nombreuse fois mon père m'avait parlé du kimya mais pas une fois il ne m'avait dit que s'était si puissant, si grandiose, si exceptionnel, si… unique.
Il m'a fallu du temps pour prendre une décision. Si longtemps, que je l'ai presque perdu au milieu de cette foule. J'ai été obligé de monter sur le toit de plusieurs wagons pour ne pas la perdre de vu. J'ai couru, couru si vite que j'ai cru devenir un de ces supers héros que j'avais découvert à travers certains dessins sur des livres imagés que des enfants jetaient à la poubelle. A la sortie de la gare, elle est montée dans une voiture mais j'ai entendu le nom de l'hôtel. Luna l'avait mal prononcé et le chauffeur l'a fait répéter. Elle s'est tournée pour confier ses bagages à l'homme et j'ai découvert ses yeux pour la première fois.
Je me souviens de cette tristesse dans ses yeux. Il y avait un grand sourire sur ses lèvres mais ses yeux… ses yeux mentaient. C'était comme se regarder dans un miroir et ne pas se reconnaître. Je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme ça ou alors, je n'avais pas voulu le voir.
Luna est entrée dans la voiture et j'ai regardé le véhicule s'éloigner. Plusieurs personnes m'ont bousculé pourtant je refusais de bouger. Je voulais suivre son avancée le plus longtemps possible. Je suis revenu à mes esprits au moment où une femme que j'aide de temps en temps pour une pièce ou deux me secoue l'épaule. Elle me propose gentiment de balayer son allée. J'ai remarqué qu'elle ne demandait à aucun autre garçon. Elle a dû comprendre que j'étais vraiment seul. Je n'appartiens à personne, c'est pour cette raison que c'est si dangereux, à tout moment, je peux me faire enlever et on peut m'obliger à travailler ou pire porter une arme.
J'ai longuement regardé cette femme, je ne connaissais pas son prénom. J'ai alors penché la tête avant de lui tendre la main. Elle a accepté le geste. J'ai refusé poliment son offre avec un sourire. Elle s'appelait Victoria comme le lac. Je suis parti en courant vers l'hôtel en prenant tous les raccourcis que je connaissais. Victoria a hurlé pour me demander où est-ce que je courais comme ça. Je me suis contenté de sourire et de courir plus vite.
Il y a longtemps, j'avais fait une promesse à mon baba : trouver le silence et le garder. Je m'apprêtais à tenir cette promesse !
-Tu vas bien p'tit mec ? Demande Luna avec cette douceur qui me gonfle le cœur.
Je secoue la tête de haut en bas avant de presque me précipiter pour entourer son cou de mes bras. Je ferme les yeux en souriant. J'ai trouvé mon kimya et je vais le garder précieusement. Une main de Luna me caresse calmement le dos. L'autre est sur ma tête pour me serrer un peu plus fort. Je ne peux empêcher un rire de m'échapper alors que ses boucles brunes viennent chatouiller ma joue.
J'inspire profondément et durant un flash de quelques secondes, je peux voir que Luna est heureuse. Enfin. Maintenant, quand elle sourit, ses yeux ne mentent plus.
Pendant longtemps, je n'ai pas su comment lui rendre un peu de bonheur. J'ai vite compris que malgré moi, ses sourires étaient plus vrais quand j'étais présent. Il y a aussi la musique. Elle nage dans le bonheur quand ses doigts se déplacent sur une guitare et qu'elle chante. C'est grâce aux paroles d'une chanson que j'ai compris… c'est grâce à un certain Bryan Adams que j'ai rencontré Raven pour la première fois. C'était dans un souvenir. Un souvenir que Luna chérit plus que tout.
Avec le temps, je me suis rendu compte que tous les plus beaux souvenirs de Luna tournaient autour de cette brune toujours joyeuse et un peu bougon. Je ne comprenais pas pour quelle raison Luna ne parlait jamais de Raven, pas même avec Elijah. Mais qu'est-ce qu'un garçon de sept ans peut comprendre à l'amour ?
Il ne le peut pas sauf s'il est exceptionnel. Il m'a suffit d'un regard le jour où Raven a débarqué à l'improviste pour enfin avoir toutes les données. Luna était comme figée. Je pouvais presque voir son cœur saigner devant l'indifférence de Raven. Le problème était là : Raven ne voyait pas Luna. Et elle était là toute l'explication de la tristesse et de la mélancolie chez la femme la plus exceptionnelle qui m'est été donné de rencontrer. Mais aujourd'hui, cette boucle est finie.
Luna est heureuse !
-Tu as décidé de rester, je dis avec des larmes de joie qui coulent sur mes joues. Et pas juste pour l'adoption, je précise.
Luna me repousse pour effacer mes larmes en me souriant. Je n'en avais jamais vu un si grand sur son visage.
-Oui, mon grand, nous restons. Désormais New Haven, c'est notre maison.
-Notre maison à toi, moi et… Raven ? Je demande pour être certain.
-Toi, moi et Raven, souffle-t-elle encore avec ce sourire qui ne semble plus vouloir la quitter.
-Alors vous avez parlé.
-Oui, petit curieux, nous avons parlé. Au téléphone, précise-t-elle.
Après l'incident à New-York, je préfère l'appeler comme ça, Raven nous a raccompagné à New Haven. Elle n'a pas lâché Luna, pas même une seconde. Je souriais dès qu'elle était en train de péter un plomb intérieurement parce que sa main était soit broyée par Luna, soit remplie de fourmis. Je la trouvais vraiment drôle. Lexa avait raison, les pensées de Raven sont un vrai foutoir !
Elle était restée deux jours avant de devoir repartir. Luna n'a pas eu de nouvelles, plusieurs jours durant. Elle était très inquiète. J'en ai voulu à la brune pour ça. Je me suis même dit que finalement, ce n'était pas une bonne idée qu'elles soient ensemble puis Raven a appelé. Elle s'est excusée mais après s'être absenté si longtemps, elle avait eu du travail par dessus la tête et pas une seconde pour elle. Et depuis dix jours, vers dix-huit heures, le téléphone de Luna sonnait et elle rayonnait. Ni moi, ni Elijah avions besoin de demander qui était au bout du fil.
Leurs conversations duraietn des heures, pendant lesquelles Elijah prenait le temps de m'apprendre à lire. J'avais encore des difficultés mais si je voulais rentrer à l'école dans la même classe que les enfants de mon âge, il fallait que je progresse. Luna était géniale pour pleins de choses mais je préférais l'apprentissage de la lecture avec Elijah. Il avait une façon d'expliquer de voir les mots bien à lui. Il n'en disait rien mais dans ses pensées, c'était magique. Peut-être même plus que tout ce qui se passe à Poudlard dans le roman que Luna me lit le soir.
-Tu m'expliques pour quelle raison je te trouve à la plage à six heure et demi du matin ?
-J'arrivais pas à dormir.
-Nangila…
-Je sais. Je peux venir te voir à tout moment quand je fais un cauchemar. Mais aujourd'hui, c'est un jour spécial.
-Un jour spécial, répète Luna en fronçant les sourcils, tu m'as dit que tu n'avais pas d'anniversaire.
Au moment de remplir le dossier d'adoption, j'avais été obligé de lui dire que je n'avais pas de date de naissance, je connaissais juste l'année. C'était assez fréquent pour les enfants nés dans les refuges et encore plus pour ceux qui voyageaient beaucoup.
-Je t'ai déjà dit ce que voulais dire mon prénom ? Je demande doucement.
-Non.
-Nangila ça veut dire né pendant un voyage. Aujourd'hui, c'est le jour où on a eu notre première vrai maison. Baba avait dit que s'était important. Il l'avait écrit dans le cahier. C'est Elijah qui m'a dit que s'était aujourd'hui. Il l'a même entouré sur mon calendrier.
-Tu m'avais dit que ta famille et toi, vous marchiez beaucoup.
-Oui. On partait quand le soleil se levait et on le gardait toujours dans le dos. Quand il était haut dans le ciel, on se reposait puis on reprenait quand la lune se levait juste quelques heures. Ma grand-mère était une compteuse.
-Tu ne m'as jamais parlé de ta grand-mère.
-C'est parce qu'elle est partie rejoindre les étoiles comme baba et mama.
-Je suis désolée mon grand.
-Ça va, je dis en souriant, s'ils n'étaient pas là-haut, je ne t'aurais pas rencontré.
-Je sais que tu aimes bien être avec moi mais tes parents…
-… n'étaient pas mon kimya.
Comme à chaque fois que j'utilise ce mot pour la décrire, elle me fixe avec une lueur étrange dans les yeux. Je ne sais pas ce qu'elle pense de ça. Ses pensées sont assez contradictoires. Je crois au final qu'elle ne comprend pas bien ce que le kimya signifie. Elle ne sait pas à quel point, elle est importante. La seule qui pourrait avoir une idée de ce qu'elle représente à mes yeux, c'est Lexa.
D'ailleurs je sens sa présence, elle doit être au ranch. Je jette un coup d'œil derrière l'épaule de Luna. Je repère Hadès qui court partout. J'aime bien ce chien même s'il est très différent quand Lexa est présente. Luna m'a expliqué que sans elle, il serait mort à sa naissance. Je commente :
-Hadès est surexcité.
-C'est parce que, commence-t-elle, mince, j'ai complètement oublié ! Lexa est là. Elle voudrait te parler. Quelque chose à propos de son frère et d'une catastrophe sans nom. Je lui ai rappelé que tu n'avais que huit ans…
Je ris doucement alors que Luna se redresse. Elle me tend la main que je saisis sans la moindre hésitation. Pendant toute notre avancée, j'ai les yeux rivés sur son profil. Elle a un léger sourire en coin. Elle est malmenée par sa chevelure qui part un peu dans tous les sens, ça me fait rire.
Elle soupire avant de se racler la gorge. Je ris un peu plus. Elle me fusille gentiment du regard avant de m'ordonner d'une fausse voix dure :
-Ne te moque pas de mes cheveux.
-J'ai une question.
-Ne change pas de sujet.
-Après…
-Je suis sérieuse Nangila, mes cheveux sont géniaux.
-Oui, ils le sont. Je les aime bien.
-C'est bon, tu gagnes de nouveau des points.
-Je peux poser ma question maintenant ?
-Bien sûr p'tit mec !
-Après que les papiers seront signés…
Elle se stoppe net en entendant le début de ma phrase. En une fraction de seconde, elle reprend tout son sérieux. Elle pose son regard sur moi et je sais qu'elle m'écoute avec toute l'attention du monde. Je ressens une légère angoisse. Je ne sais pas comment elle va prendre ma demande. Je baisse les yeux avant de formuler ma question :
-Je pourrai t'appeler maman ? Je veux dire, c'est ce que tu vas devenir, non ?
-Tu veux…
-Si tu ne veux pas, ce n'est pas grave. Je demandais, juste comme ça.
-Non mon grand. C'est important ce que tu me demandes.
-Je sais, je dis en baisant les yeux.
-Je n'ai pas dit non.
-Mais tu paniques, j'affirme en levant les doigts sur sa tête.
-C'est… je ne veux pas remplacer ta maman. La femme de Gustus était très maladroite avec moi et… je ne veux pas…
-Tu ne remplaces personne. Elle, c'était mama. Toi, tu serais maman. Et si un jour, elle le veut bien, Rae pourrait être 'ma.
-Tu as déjà pensé à tout, réalise-t-elle. Tu m'expliques pourquoi dans tous tes projets il y a Raven ?
-Parce qu'elle est ton bonheur !
-C'est vrai mon grand, confirme-t-elle en passant une main dans mes cheveux.
-On est une famille tous les trois, hein ?
Luna semble réfléchir. Je ne comprends pas pour quelle raison elle doute. Elle aime Raven. Et Raven, l'aime. C'est pourtant simple. Pas de quoi se casser la tête !
-J'imagine que nous le sommes, finit-elle par dire avec un sourire discret. Et pour ta demande, tu m'appelles comme tu le souhaites, quand tu le veux. Tu n'es pas obligé d'attendre les papiers, ni de le faire juste après la signature.
-J'ai envie de le faire depuis ton retour après noël, je finis par avouer.
-Nangila, souffle-t-elle avant d'embrasser mon front, tu aurais dû m'en parler.
-Je ne savais pas comment faire.
-Tu peux tout me dire. Nous sommes une famille.
-D'accord ! Je vais voir Lexa !
Je me mets à courir de peur qu'elle change d'avis tout en sachant qu'elle ne le fera pas. Je souris en courant plus vite. J'ai trouvé mon silence et j'ai fait mieux que de le garder. Luna est devenue la personne la plus importante de ma vie : ma maman !
Je grimpe les quelques marches qui desserve l'entrée et j'ouvre en grand la porte. Je franchis le couloir principal et sans que je ne comprenne comment, le chien blanc me dépasse et fonce dans le salon. J'entends un bruit sourd, un petit cri puis un :
-C'est pas vrai Hadès, dégage ta langue !
Je glisse ma tête dans le salon pour découvrir que Lexa subit les coups de langue de son chien en plein visage. Je grimasse en plissant le nez. C'est plein de bave !
-Salut, Lexa.
-Hey Nan… pu… rée ! Hadès ! Assis !
Aussitôt, le chien s'exécute en baissant les oreilles. Je suis étonné par la voix qu'elle a utilisé, elle était forte et dure. Lexa soupire avant de caresser les oreilles d'Hadès en lui précisant de ne plus toucher à son visage. Je souris devant la scène, elle aime vraiment beaucoup son chien.
-Tu vas bien Nangila ? Luna était inquiète de ne pas te trouver.
-Je faisais des ricochets.
-Tu devrais faire ça à une heure plus décente.
-Et toi, pourquoi tu es ici aussi tôt ?
-Touché, sourit-elle. J'ai déposé Clarke pour son service, il commençait à trois heures et demi. Je me suis dit autant faire la route maintenant et j'irai la chercher tout à l'heure.
-Donc Clarke n'est pas là. Dommage, je l'aime bien.
-Tu sais que c'est ma copine ? Demande-t-elle amusée en se pointant de son index.
-Je sais oui, je ris.
Un silence s'installe entre nous même si cette notion est assez surfaite en ce qui nous concerne. Elle se décale et tape doucement sur le canapé pour m'inviter à m'installer près d'elle. J'éclate de rire en voyant Hadès patiner sur le parquet, sauter et se mettre en boule au plus près de Lexa, la tête sur sa cuisse. Je la vois lever les yeux au ciel mais en réalité, elle est attendrie par cet excès de joie. Elle commente :
-Bon, il y aura une boule de poils entre nous.
Je viens m'asseoir à côté du chien. Je plonge mes doigts au milieu de ses poils. Je n'ose pas regarder Lexa dans les yeux, je sais qu'elle n'aime pas ça.
-Merci, souffle-t-elle. Pour Aiden, c'était… je n'ai même pas les mots.
-Il te faisait du mal.
-Tu n'étais pas obligé de… tu sais que tu ne peux pas aider tout le monde, n'est-ce pas ?
-Je sais.
-Nangila…
-Je le sais, je t'assure.
-D'accord.
-Mais baba disait que nous devions tout faire pour aider ceux que nous aimions encore plus si s'était quelqu'un né avec le don.
-C'est un très bon conseil ma… attends ! Qu'est-ce que tu viens de dire ?
-Qu'il fallait aider les gens que nous aimons.
-Non pas ça. Pourquoi tu as précisé: "encore plus si s'était quelqu'un né avec le don" ?
-Bah, je ne comprends pas sa question, seules les filles naissent avec.
-Mais, elle pointe mon poignet du doigt avant d'articuler difficilement, comment ? Comment tu l'as eu ?
-Je ne sais pas.
Je vois la déception dans ses yeux. Je sais qu'elle est de plus en plus curieuse sur l'origine de notre faculté. Je regarde mes pieds. J'hésite depuis longtemps. Je n'arrivais pas à savoir si je pouvais lui faire confiance et je savais que s'était important. Baba m'a demandé de le protéger.
Mais Lexa a changé, vraiment. Je vois bien la différence entre la fille en larme que j'ai rencontré dans une chambre d'hôtel et celle qui se tient à mes côtés. Je soupire avant d'aller dans la cuisine. Je prends une chaise et la fait glisser jusqu'au frigo. Je me mets sur la pointe des pieds pour atteindre la boite en métal, redescends pour retourner dans le salon.
Sous les yeux de Lexa, j'ouvre la boite avec des Power Rangers dessus. Je regarde le contenu un long moment. Tous les secrets de ma famille sont ici. Ma main tremblote quand je soulève plusieurs bout de papier. Je récupère le livre. Je l'observe longuement avant de le tendre à Lexa.
-Tout est expliqué dedans mais je ne sais pas encore lire.
-Nangila…
-Je vais apprendre vite pour te le traduire.
Je la vois de biais feuilleté les premières feuilles avant de le refermer. Elle le laisse sur ses genoux avant de tourner son visage pour me regarder. Moi, je n'ose plus lui accorder même une œillade. Elle dépose une main sur mon épaule ce qui me fait sursauter. J'ose enfin poser mes yeux sur elle.
Je suis surpris. Il y a quelque chose dans ses yeux… je suis presque subjugué. Je me demande si c'est cette fameuse fêlure que voit souvent Clarke. C'est à ce moment que je comprends à quel point nous sommes différents : je suis un enfant, elle est adulte. Je suis un homme silencieux, elle est la vraie détentrice du don. C'est flagrant.
-Ne fais pas ça, sa voix est cassée. Apprendre à lire c'est important. Tu dois le faire pour personne d'autre que pour toi même.
-Lexa je…
-Pendant très longtemps, je faisais toujours ce qu'on attendait de moi. Je ne peux pas t'y obliger mais… ne fais pas les mêmes erreurs que moi. Si tu dois lire ce livre, fais le à ton rythme. Si ça doit être demain et bien soit, mais si c'est dans deux ans, cinq même vingt ans qui sait, alors je n'ai rien à redire. Crois-en mon expérience, évoluer pour les autres ce n'est pas bon.
-Mais si ça peut t'aider ? Luna a dit qu'il y avait une catastrophe sans nom.
-C'est pas vrai, j'arrive pas à croire qu'elle t'ai dit ça… j'ai eu du mal à avaler la nouvelle hier soir et j'ai peut-être un peu exagéré. Je t'ai déjà parlé de mon cousin ?
-Non, seulement de ton père et ton frère.
D'ailleurs, je ne les aime pas beaucoup. Je ne comprends pas pour quelle raison ils n'aident pas Lexa. Enfin, aider… Aiden à l'air d'avoir écouté mon conseil.
-Et bien, j'ai un cousin. On ne se voit pas beaucoup. Son père s'est disputé avec Omma. Lincoln, il… il ne sait pas pour… le côté Charles Xavier.
J'ai eu du mal à comprendre qui était Charles Xavier. Lexa en parlait tout le temps. Une fois, j'ai demandé à Luna. Elle m'a montré plusieurs bandes dessinées. J'y ai découvert un homme chauve qui ne ressemblait ni à Lexa, ni à moi. Je ne voyais pas le rapport. Luna m'a alors parlé des x-men, des mutants et de la capacité du Professeur, la même que nous.
Maintenant, quand elle me parle de lui, je sais que c'est pour parler de notre don. Lexa a encore du mal à éviter le mot malédiction pour parler de ce que nous sommes capable de faire.
-Comment il peut ne pas savoir ?
-Son père a refusé de lui dire. C'était le sujet de la dispute avec Omma.
-C'est un idiot ! Comment il fera s'il devait avoir une fille ?
-Justement…
J'écarquille les yeux en comprenant le problème. Le cousin de Lexa doit être en train d'attendre son premier enfant. C'est… je n'ose imaginer la réaction de ma famille s'ils avaient appris un tel secret. Comment peuvent-ils ignorer que c'est de cette façon que certains d'entre nous deviennent fou ?
-… Octavia, la copine de Lincoln est enceinte et…
-… c'est une fille, je complète.
-Oui et non. C'est… Octavia ne se sentait pas bien. Elle a harcelé son médecin qui a finalement cédé en lui faisant passer une nouvelle échographie un peu plus tôt que prévu et… il y avait une tâche sur la première qui n'était pas une tâche en fin de compte. C'est, elle montre son index et son majeur, des jumeaux. Une fille, en effet et un garçon. Du coup, j'ai un peu paniqué parce que je vais être obligée de le dire à Lincoln qui… avouons le, n'est pas mon plus grand fan et… je ne sais pas comment faire. Comment on te l'a dit toi ?
-C'était pas un secret.
-Pour moi non plus. Comment j'explique à un futur papa déjà gaga, que sa fille ne sera pas tout à fait normale ? Comment je lui dis que si je meurs, sa fille va souffrir le martyre ? Comment je lui dis qu'il doit me laisser lui apprendre quelques trucs pour qu'elle s'en sorte plus tard ? Comment ? Et le pire dans l'histoire, c'est que je pose ces questions à un gosse de huit ans !
-Clarke peut peut-être t'aider ?
-Non, dit-elle fermement.
-Pourquoi ?
-Parce qu'elle veut mettre les deux pieds dans le plat et assez salement. Du genre : salut Lincoln, Lexa peut lire dans les pensées et comme c'est un truc de famille, ta fille aussi en sera capable un jour, au revoir Lincoln.
-Ah…
-Ouais.
Nous nous plongeons une nouvelle fois dans un silence plus ou moins calme. Je pose une nouvelle fois mes yeux sur le livre. Je sais que la solution est entre ces lignes quelque part. Je lui tend de nouveau avant de proposer :
-Tu lis et je traduis.
-Nangila, non c'est…
-… important pour ma famille, je confirme. Tu es la sœur de Luna. Tu es aussi ma famille.
-Je… je… je ne peux pas te demander ça.
-Aider, c'est ce que fais un homme silencieux, s'il te plaît.
Avec lenteur et une hésitation bien marquée, elle saisit l'ouvrage. Elle l'observe sur tous les côtés. Elle soupire avant de me regarder de nouveau. Elle me sourit avant de reprendre :
-Je lis et tu traduis.
oOoOo
Fin de la troisième partie ! Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Alors, alors ? J'ai hâte de savoir ce que vous pensez de ce POV de Nangila ! Avec celui-ci, vous en avez appris plus sur le don de lire dans les pensées. J'espère que ce rebondissement vous a plu. J'ai adoré dépeindre la relation entre Luna et son p'tit mec vu par ce dernier. Et pour le bébé Linctavia… oups ! Ce sont les bébés ! ^^
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Les Notes :
Note n°1 : Heather Nove – Save a Little Piece of Tomorrow
Je rappelle que toutes les musiques sont disponible sur la chaîne YouTube : geekgirlg
Réponses aux guests:
gege : Et oui, je fais tout pour calmer les conflits et s'approcher du vrais bonheur pour les filles. Quand à Nangilla, en effet, il fait tous pour aider et avec ce nouveau chapitre, tu comprends un peu mieux le pourquoi du comment. Bien évidemment que Clarke défends Lexa, elles sont une équipe maintenant.
Morgane : Merci beaucoup, c'est vrais que le chapitre précédent était un peu plus plat mais il était surtout là pour annoncer ce chapitre 40 et la fin de la troisième partie et puis ça fait du bien ce genre de chapitre un peu cocooning...
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Tous pour être heureuse »
P.S. : Je suis à la recherche d'un ou d'une bêta pour la futur fanfiction Ranya & Clexa, si ça peut vous intéresser, n'hésitez pas à venir m'en parler en MP. Pour information, l'histoire avance bien et je pense la poster entre fin mai et mi-juin. Mais c'est carrément négociable s'il y a des examens ou ce genre de choses. Voilà, voilà.
GeekGirlG.
