Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Mille fois merci d'être toujours et encore là ! :D

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Après la fin de la troisième partie, un petit bond dans le temps. Nous voilà donc en septembre et de nouveau dans la tête de Lexa.

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

And I see me through your eyes Et je me vois à travers tes yeux
Breathing new life, flying high Respirant cette nouvelle vie, m'envolant très haut
Your love shines the way into paradiseTon amour m'ouvre les voies du paradis
So I offer my life, I offer my love, for you Donc je t'offre ma vie, je t'offre mon amour, à toi

Leona Lewis – I See You

Chapitre 41 : Tout pour être heureuse

J'évite ce genre d'événement depuis si longtemps que j'ai presque oublié ce que ça faisait. Je suis passée d'une émotion extrême à une autre. J'ai ri et pleuré. J'ai pu observer ce que j'estime être le vrai bonheur. Malgré le fait qu'il y ait des centaines de personnes près de moi, je n'ai pas perdu pied une seule fois pour la simple et bonne raison que durant toute la journée, Clarke a été mon ancre. Même quand nous avons été séparé pour de courts moments, un regard suffisait pour me rassurer.

J'ai affronté Lincoln pour la première fois depuis mon retour et je suis restée calme. Je ne me suis pas sentie apeurée. Le seul point qui pourrait m'effrayer, c'est l'idée de lui dire la vérité. Mais je ne vais pas le faire aujourd'hui. Non, c'est un jour bien trop important. Je n'ai pas envie de le gâcher avec nos problèmes de famille.

Clarke discute de façon presque hystérique avec Octavia pour essayer de deviner la couleur de la chambre des jumeaux. À plusieurs reprises, elle a tiré sur mon bras en me demandant silencieusement de lui donner un indice. Jusqu'à maintenant, j'ai tenu bon. Mais si elle finit par trouver la bonne réponse et que son amie lui ment ouvertement, là j'interviendrai. Honnêtement, je doute qu'elle puisse trouver.

Je sursaute alors qu'une main se dépose sur mon épaule. Je manque de frapper celui qui a osé me faire quitter ma bulle mais je me retiens au moment où je découvre Adrian. Ce serait mal vu de donner même une pichenette au marié. Il a un sourire inquiet, ça ne lui ressemble pas. Je me demande si finalement Anya lui a passé un savon pour n'avoir pas réussi à avoir des mains dépourvues de peinture un jour aussi important. Sa réaction intérieure a été tordante quand elle a découvert sa peau marquée de magenta et de jaune en arrivant devant l'hôtel. Elle s'est même demandé si elle n'allait pas faire demi-tour.

-Je ne sais pas où est Anya, souffle-t-il à mon oreille.

C'est vrai que maintenant qu'il le dit, je n'ai pas vu mon amie depuis un certain temps. Je scanne la pièce rapidement et remarque en effet son absence. Je peux particulièrement bien sentir l'inquiétude d'Adrian. Je sais pertinemment ce qui le trouble. Je ferme les yeux à peine une seconde pour me concentrer sur Anya. Oh oh… je grimasse.

-Je suis inquiet, ne peut-il s'empêcher d'ajouter.

-Je vais voir si je peux la trouver.

-Merci Lexa.

-Pas de soucis.

-Si… si elle ne va pas bien à cause de ça. Tu… tu pourras…

-T'en fais pas, je lui souris. Je saurai quoi dire.

Je l'observe s'éloigner comme si de rien n'était et je remarque que personne n'a capté sa discussion avec moi, pas même ceux à ma table. Adrian a toujours été très discret sur les problèmes que pouvait avoir Anya, tout en la soutenant de la meilleure manière qu'il soit. Et aujourd'hui, il sait que si c'est lui qui va voir sa toute nouvelle femme, la situation ne fera qu'empirer.

Je me lève lentement en passant une main sur le jupon de ma robe. Mon geste attire l'attention de Clarke qui interrompt subitement Octavia qui parlait des chaussures minuscules mais absolument trop mignonne, pour savoir si je vais bien. Je ne peux m'empêcher de sourire. Clarke est vraiment parfaite.

Je me penche légèrement pour saisir ses lèvres dans un doux baiser rapide avant de murmurer à son oreille que je vais juste m'assurer que tout va bien pour Anya. Quand je m'éloigne, je vois ses sourcils légèrement se froncer. Elle plonge ses yeux d'un bleu parfait dans les miens avant de me demander silencieusement si j'ai besoin d'elle. Je secoue doucement la tête de gauche à droite en guise de réponse avant d'appliquer un baiser à peine appuyer sur sa joue. Je passe ensuite délicatement mon pouce pour effacer toutes traces de rouge à lèvre en lui assurant tout bas :

-Je reviens vite.

Je peux sentir son regard me brûler la peau durant toute mon avancée. Je souris un peu plus quand je capte malencontreusement une pensée d'Octavia qui trouve cela indécent de s'aimer à ce point. Je l'entends presque soupirer intérieurement. Quand à Lincoln, il est juste surpris par mon comportement mais absolument tout ce que j'ai pu accomplir aujourd'hui l'a déconcerté donc je ne m'en formalise pas plus que ça.

Je sors de la salle de réception et retrouve le calme. J'avance dans les couloirs déserts. Je me sens un peu mieux loin de toute l'effervescence. Anya et Adrian ont choisi de louer un manoir pour l'événement, ce qui permet à la majorité des convives de pouvoir dormir sur place. Je fixe les escaliers. Je sais que mon amie est au troisième étage, dans une salle de bain mais je n'ai pas plus de détails. Heureusement que je suis patiente et que ça ne me dérange pas de tenter d'ouvrir chaque porte une à une.

Je suis rendue à la vingt-septième quand un verrou me résiste. Je me recule légèrement et souris en réalisant qu'il s'agit bien d'une salle de bain. Je toque doucement mais je n'obtiens pas de réponse. Je retente ma chance mais cette fois, j'argumente :

-Anya ? C'est Lexa, je peux entrer ?

Je perçois une bruit sourd, peut-être quelque chose qui vient de tomber. Je fronce les sourcils en essayant de me concentrer. Les pensées d'Anya me semblent terriblement loin. Je soupire en frappant de nouveau la porte en douceur. Je ne peux m'empêcher de la supplier intérieurement de m'ouvrir. Il me sera plus facile de l'atteindre si elle est en face de moi.

-Anya…

Je me souviens de la première fois où une porte s'était trouvée entre nous. Je ne parlais pas du tout à ce moment là. J'avais fini par crocheter la serrure devant plusieurs de mes collègues choquaient que j'en sois capable. Une fois que j'avais éliminer cette barrière entre nous, je m'étais installer près d'elle. J'avais su en une seconde quel était le problème. Pourtant, je n'avais pas dit un mot. J'en était incapable.

Les minutes passaient et la situation ne s'améliorait pas. Je tentais quelque regard vers elle. Pour la première fois, je pu voir toutes les fissures chez la grande Anya Kelly. Jamais je n'aurais pu penser avant ce jour que sa détermination et son talent dans son travail puisse être aussi personnelle. Qui pourrait croire que cette femme fort et toujours souriante puis à ce point souffrir ? Personne, pas même moi.

-Ne m'oblige pas à ruiner ma coiffure pour récupérer une pince et m'attaquer à cette serrure. Si je mets à mal mon chignon, Clarke va me tuer.

J'entends le loquet se déverrouiller mais la porte reste close. D'accord… c'est déjà bien. Je saisis la poignée avant d'entrer dans la salle de bain. Je découvre Anya adossée contre la baignoire en pleurs. Je lui offre un sourire timide avant de me pencher pour retirer mes talons. Je les balance dans l'évier à ma gauche avant de m'installer près d'elle.

-Il n'y a que toi pour me convaincre de porter ces objets de torture.

-C'est mon mariage, souligne-t-elle entre deux sanglots, je peux tout exiger.

-C'est vrai…

-Tu te demandes pour quelle raison je suis ici et non en bas en train de profiter ?

-Non. Je sais déjà pour quelle raison tu te tortures.

-Je ne fais rien de tel, s'indigne-t-elle.

-Ah oui ?

-Je crois que je préférais quand tu ne parlais pas…

-Je peux me taire si c'est ce que tu veux.

Anya ne me répond pas, elle se contente d'un soupir. Plusieurs secondes s'écoulent, elles s'étirent avant que la blonde n'effectue un geste. Elle vient doucement poser sa tête sur mon épaule. Je tourne légèrement la tête pour remarquer qu'elle a fermé les yeux.

-Je n'arrive pas à croire que ça m'arrive, souffle-t-elle.

-Quoi donc ?

-J'ai tout pour être heureuse, moi.

-Ouais.

-Ne dis pas "ouais" de façon si désinvolte comme si s'était joué d'avance. Je n'arrive pas à croire que… je me suis mariée aujourd'hui ?

-Anya…

-Et n'ose pas me dire qu'Adrian a toujours été là pour moi, je le sais ! Sérieusement, pour quelle raison il ne s'est pas barré en courant ?

-Parce qu'il t'aime Anya. Il t'a toujours aimé.

Anya me fusille du regard à la fin de ma phrase. Je fais mon possible pour ne pas rire. Je sais que tout ce qui touche Adrian, et plus particulièrement leur passé, est un sujet sensible. Elle se dresse d'un coup et commence à arpenter la pièce de long en large.

-Je comprends pour quelle raison j'ai dit oui mais lui…

-An…

-Il peut avoir qui il veut, de préférence quelqu'un qui ne soit pas brisé.

-Adrian ne veut personne d'autre que toi et arrête de dire que tu es brisée.

-C'est ce que je suis, deux secondes dans la même pièce que lui et je m'effondre.

-Il est en prison Anya.

-Grâce à toi !

-Et à toi, je précise. Et à Adrian, vous avez tous les deux témoigné contre lui.

-Parce que tu m'as convaincu de le faire, sans toi, il serait toujours libre !

-Il ne l'est pas : libre.

-Mais un jour il le sera, dans moins de huit ans et…

-Je n'aurais qu'à claquer des doigts pour t'obtenir une injonction d'éloignement. Je te l'ai dit, tu n'auras plus jamais à le craindre. Anya, et si tu me disais ce qui t'inquiète vraiment ?

Elle se mure dans le silence avant de s'appuyer contre la porte. Je peux capter quelques images flous et rapides. Je vois un tas de courrier, une lettre, un briquet… le feu. Je grimasse en comprenant. Je me redresse, j'avance de quelques pas, assez pour être près d'elle et la saisir par les épaules.

-Il t'a contacté.

Elle se secoue la tête en guise de réponse mais son regard n'ose pas m'affronter. Je serre la mâchoire et je manque de grincer des dents. J'aurais préféré me tromper sur ce point.

-Il a dû voir l'annonce de mon mariage dans le journal.

-Tu as prévenu Adrian ?

-Quoi ? Bien sûr que non !

-Pourquoi ?

-Mais parce que c'est… ça… j'ai brûlé cette lettre de toute façon.

Je fronce les sourcils. Il y a quelque chose qui m'échappe. D'un geste que je sais légèrement déplacé, je pose ma main sur sa joue pour attirer son regard jusqu'au mien. Je sais que je ne devrais pas faire ça. Je sais que m'emparer de ses pensées c'est presque criminel mais j'ai besoin de savoir pour l'aider.

Il me faut du temps mais je finis par mettre le doigts dessus. Je souris en réalisant que ce n'est pas si grave. Je me reconnais même presque dans ces inquiétudes. J'espère que mon attitude est rassurante parce que mes mots ne le seront pas forcément, du moins dans un premier temps :

-Ce dont tu as vraiment peur, c'est de ne plus avoir peur. Tu es en train de l'oublier. La vérité c'est que cette lettre ne t'as fait ni chaud, ni froid. Tu l'as brûlé parce qu'elle n'avait aucune importance à tes yeux. Tu es heureuse, amoureuse et ça… ça prend toute la place. Parfois être effrayé, c'est rassurant. Parce que cette frayeur nous permet de nous cacher dans des schémas bien rodés et parfois destructeurs mais terriblement rassurant.

-Comment…

-Tu l'as dit, tu as tout pour être heureuse alors, ne cherche pas à recréer tes peurs parce que c'est rassurant.

-Mais comment tu fais ?

-Je lis dans les pensées, j'affirme en riant avant de lui faire un clin d'œil.

-Très drôle Lexa…

-Allez, sèche tes larmes et rejoins tes invités, plus important : ton mari.

Il lui faut encore une bonne poignée de minute avant de ne plus pleurer. Je m'occupe de son maquillage pour que son moment d'égarement ne se voit pour personne d'autre. Je suis en train d'appliquer une fine couche d'eye-liner quand elle me demande :

-Et toi, c'est quoi ta peur ?

-…

-Allez Lexa, tu connais mon plus grand secret. Tu es celle qui me connais le mieux.

-J'ai peur de me perdre, je réponds honnêtement. Mais heureusement, maintenant, j'ai Clarke. Elle m'empêche de perdre pieds.

-Vous êtes vraiment devenues inséparables toutes les deux, se moque-t-elle.

-C'est vrai.

-Adrian a réanimé mon cœur. Qu'a fait Clarke pour toi ?

-C'est mon Kim-ya.

-Ton quoi ?

-C'est un mot qui signifie silence.

-Je ne comprends pas.

J'éloigne le crayon de son œil, elle sent le geste et ouvre les yeux. J'hésite. D'un geste lent, je rebouche l'eye-liner avant de me pencher pour le déposer avec douceur sur le bord de l'évier. Je croise ensuite son regard. J'imagine qu'elle finira par l'apprendre un de ces jours alors sans la quitter des yeux, je prononce avec une certaine appréhension :

-Je te l'ai dit Anya : je lis dans les pensées.

-Mais oui, c'est très drôle.

-Tu as toujours voulu savoir quel était mon truc pour déceler les mensonges et bien c'est ça : je lis dans les pensées.

-Arrête de te foutre de moi.

-Je n'oserais pas. Je tiens à toi. Notre amitié est importante pour moi et je trouve normal que tu… que tu sois enfin mise au courant.

-Ce n'est pas une blague, finit-elle par comprendre.

-Non.

-A quoi je pense là, maintenant ?

-Que si Lincoln était dans la confidence, tu vas le tuer. Il ne l'est pas mais je vais lui dire. Pas aujourd'hui… il faut d'abord que je parle à son père avant.

-Pourquoi ?

-C'est une longue histoire, très compliquée. Nous en parlerons un autre jour, tu as définitivement mieux à faire aujourd'hui. Et… tu peux en parler à Adrian si tu en ressens le besoin mais évite de trop l'ébruiter. Je ne voudrais pas devenir un phénomène de foire.

-A quoi je pense là ?

Je soupire. Elle fait exprès de changer de pensée toutes les trois secondes pour tenter de me piéger. Je pourrais trouver le jeu amusant si je ne mourrais pas d'envie de rejoindre Clarke. Alors, j'énumère ses pensées confusent presque aussi vite qu'elle en change :

-Que tu es heureuse, Injustice, X-men, les pas de la première danse, les mains couvertes de peinture d'Adrian, BB-8, la caméra en super8 qui tourne dans la salle en bas, ta mère, le chien que tu te payes à deux mètres de ton bureau et que tu détestes, la seule musique disney que tu as réussi à glisser dans ta playlist, le… mais non ! Stop, ça va pas la tête ! Arrête tout de suite, je ne veux pas savoir ce que tu as l'intention de faire ce soir !

-Okay, tu lis peut-être dans mes pensées, se moque-t-elle.

-Je te déteste, je vais me mettre une éternité pour oublier ça !

-Oh tu sais, j'adore quand il…

-La ferme ! Juste tais toi, je ne veux plus rien entendre ! Non ! N'y pense plus non plus… aaaah ! Clarke, je vais voir Clarke ! Je te déteste ! C'est… c'est répugnant !

Alors que ça ne sert strictement à rien, je plaque mes mains sur mes oreilles avant de sortir de la salle de bain. Et je les garde fermement à leurs places tout au long de ma descente. Je ne comprendrai jamais les personnes qui ont des idées aussi perverses et aussi imagées. Merde, c'est dérangeant à la fin !

Je pousse la porte de la grande salle où se déroule la fête. Je cherche immédiatement Clarke des yeux, je tombe malencontreusement sur Adrian qui fait une avancée vers moi. J'écarquille les yeux. Non. C'est absolument hors de question ! J'ai encore trop de détails sur leur future nuit de noce pour l'affronter pour l'instant. De toute façon, Anya est juste derrière moi.

Clarke, j'ai besoin de Clarke, genre maintenant ! Mon regard scanne la pièce à vitesse grand v. Je jure de la pire des façons intérieurement. C'est pas possible, je ne la vois nulle part et j'ai cruellement besoin d'elle. Sans oublier qu'Adrian est de plus en plus proche. Je commence légèrement à paniquer. Non… là je me voile la face, je suis totalement paniquée ! En plus, je suis sûre que si j'ai le malheur de me retrouver coincer en sandwich entre les mariés, ce sera pour me prendre un tas de pensées peu chaste en pleine figure. C'est un sort bien pire que la mort et j'exagère à peine !

Je repère enfin Clarke et un soupir de soulagement s'échappe de mes lèvres. Je perçois Adrian m'interpeller mais je fonce droit sur ma petite amie. J'ai besoin d'elle, tout de suite. Je grimasse au moment où j'entends Anya rire à gorge déployée. Elle n'est vraiment pas cool. J'en viens à regretter de lui avoir confié mon secret. Je me faufile entre plusieurs invités, l'avancée est vraiment périlleuse. Je ne me sens soulagée qu'au moment où mes doigts se referment sur le poignet de Clarke et que je me cale à une distance acceptable dans son dos.

Je lâche une grande expiration, je n'avais même pas remarqué que j'avais complètement retenu ma respiration jusque là. Je pose délicatement mon front entre les omoplates de ma belle blonde et reprend doucement mon calme. Elle a à peine réagi, continuant poliment sa conversation avec un médecin si je ne me trompe. En fait, je crois que l'homme n'a même pas remarqué ma présence. Mais d'un geste tendre, Clarke me fait quitter ma prise sur son poignet avant de glisser ses doigts entre les miens et de caresser de son pouce le dos de ma main. Très vite son geste se précise et deviens le signe de l'infini. Je me sens définitivement mieux.

Je ne sais pas combien de temps la conversation dure mais je ne m'en formalise pas. Je suis juste heureuse d'avoir retrouvé cette paix intérieure que m'apporte toujours la proximité avec ma petite amie. Je sais que l'homme s'éloigne au moment où je sens imperceptiblement les muscles du dos de Clarke se détendre. Avec lenteur, elle se retourne, elle coupe tout contact quelques secondes avant de déposer ses deux mains en coupe sur mes joues. Elle souffle mon prénom et j'ouvre les paupières que j'avais dû fermer au moment où je m'étais enfin sentie apaisée.

Comme souvent, elle semble analyser mes iris avec une telle application que ça ne m'étonnerait pas qu'elle y découvre mon âme. Un sourire timide vient doucement étirer mes lèvres. Je sais qu'elle est inquiète mais depuis quelques temps, elle prend beaucoup sur elle et ne me pose plus la question systématiquement pour savoir si je vais bien. Je sais que ça lui demande beaucoup d'efforts et j'apprécie vraiment. Je n'aime pas l'idée qu'elle puisse croire que je sois une petite chose fragile. Enfin… c'est ce que moi, je ressens quand elle s'inquiète trop alors qu'elle passe le plus clair de son temps à me surnommer : sa guerrière.

-Que s'est-il passé ? demande-t-elle avec une pointe d'inquiétude dans la voix.

-Anya est une horrible personne, je dis avec une moue de dégoût.

-Anya est ta plus proche amie après Raven. Qu'est-ce qu'elle a fait ?

-Tu te souviens quand je t'ai dit que je serais choquée à vie par les propos mentaux de ta mère concernant les choses pas très catholiques qu'elle fait ou veut faire avec Marcus ? je plisse le nez rien qu'à dire cette phrase, et bien maintenant j'en ai d'autres à essayer d'éliminer de ma mémoire.

Je le vois très bien, le rire se former. Il s'échappe des lèvres de Clarke à peine une seconde avant qu'elle plaque une de ses mains sur sa bouche. Ses yeux sont toujours rieur quand elle affirme :

-Je suis désolée, je sais que ce n'est pas drôle mais…

Et elle éclate de rire. Je la fusille du regard pour la forme avant de sourire. J'aime tellement son rire. Je secoue la tête de droite à gauche, amusée par son comportement. Pourtant, je la surveille de près. Il est hors de question qu'elle se moque de la situation et s'en sorte facilement dès qu'elle se calme, je boude !

C'est le moment, je vois les signes. Clarke est en train de reprendre le contrôle. Immédiatement je détourne le regard et affiche un air triste. Je suis très douée pour jouer les yeux de chien battu, surtout avec Clarke. J'ai obtenu une ou deux tartes aux pommes grâce à eux !

-Oh Lex', elle vient caresser ma joue, je suis vraiment désolée.

-Hum…

-Allez, elle cherche mon regard que j'évite avec brio, Lexa… ne fais pas la tête. Je… je sais… enfin, j'imagine à quel point ça doit être horrible. Je suis désolée. Je n'aurais pas du rire. Lexa ?

Je triture les branches de mes lunettes comme pour me cacher un peu plus longtemps d'elle. Je fais mine de réfléchir à ce qu'elle vient de dire. Je sais que je suis en train de lui faire vivre une vraie torture mentale. C'est une bien douce vengeance.

Impatiente comme elle est, elle ne va pas tenir bien longtemps. Elle force un peu plus sur ma joue. Je tombe sur ses magnifiques iris azur et je baisse les yeux aussitôt. Clarke me sermonne gentiment pour mon comportement puéril. Je l'entends souffler. Et alors que je croyais enfin obtenir ma victoire par KO, elle se met sur la pointe des pieds et vient souffler à mon oreille :

-Si ces images sont vraiment si affreuses, nous pouvons toujours rejoindre notre chambre et en fabriquer d'autres.

Putain de… non mais quelle allumeuse. Je m'éloigne avec un air que je sais choqué sur le visage alors que je sens mes joues rougir. Clarke a ce sourire sexy que je vénère et déteste en même temps. Je soupire. Je me suis faite avoir à mon propre jeu…

-Tu acceptes mes excuses ? demande-t-elle avec une voix un peu plus chaude.

-Tu es vraiment…

-Manipulatrice ? Quand tu refuses de me regarder, toujours !

-Incroyable, je soupire.

-Mais si tu veux, ma proposition tient toujours, murmure-t-elle en venant un peu plus près refermant ses bras dans mon dos.

-Bas les pattes, je suis chargée de surveiller Anya non-stop jusqu'à trois heures du matin minimum, ce sont les devoirs du témoin.

-Je croyais qu'Anya était une horrible personne ?

-Anya est une horrible personne, je souligne. Mais je suis tout de même toujours son témoin.

-Je vais donc devoir attendre encore de très, très, très, longues heures avant de t'enlever cette robe bien trop sexy… ce n'est vraiment pas juste ?

-Tu parles de ma robe là ? Parce que la tienne… c'est… clairement une provocation. Et je ne suis pas la seule à baver dessus, je glisse en fusillant du regard Bellamy.

Je ne suis pas du genre jalouse. Je n'ai pas vraiment de raison de l'être. Je sais que j'ai toute la place dans le cœur de Clarke mais le frère d'Octavia a une façon de voir ma petite amie que je n'apprécie pas du tout. Je n'aime pas qu'il puisse la voir comme un espèce de bout de viande hyper convoité ou pire comme un trophée à ajouter à son cahier de chasse. Merde, je déteste les mecs comme lui !

-Tu n'es peut-être pas la seule à avoir des vues sur moi mais tu es la seule qui aura le droit de m'enlever cette robe ce soir.

-Clarke, arrête, je rougis de plus belle. S'il te plaît.

-J'arrête… vivement que nous puissions au moins danser.


Il est un peu plus de vingt-et-une heure et le soleil commence à se coucher lorsque la piste de danse s'ouvre à tous, après que la danse des mariés se soit finalisée. Il ne m'a fallu qu'une micro seconde pour glisser ma main dans celle de Clarke et l'entraîner sur la piste.

La musique est plus rock depuis quelques minutes et pourtant, nous dansons toujours avec calme. Les mains de Clarke sont juste sous mes hanches et sa tête posée sur mon épaule. Ses cheveux, qu'elle a finalement lâché pour la fin de la soirée, chatouillent d'une façon merveilleuse ma nuque. Nous prenons le temps et c'est merveilleux. J'aime la sentir près de moi et pouvoir avoir accès à tous ses sentiments pour moi.

Alors que la musique devient enfin plus calme et que nous entrons enfin dans le rythme, je me dis que l'amour est tout de même un sentiment étrange. Il demande de la dévotion et même une certaine perdition de soi-même. L'amour c'est un cadeau que nous offre la vie. Un présent unique qui nous permet de véritablement apprendre à nous connaître au détour du regard de l'autre. Et par tous les Dieux, je suis aimée de la plus belle des manières qui soit.

Un sourire étire doucement mes lèvres, j'avais fini par ne plus croire en ce sentiment. Et puis, Clarke est arrivée dans ma vie et a tout chamboulé. Dès lors que mes yeux se sont posées sur cette merveilleuse et magnifique blonde, j'en suis tombée éperdument amoureuse. Au début, j'en ai eu peur mais finalement, j'ai trouvé le courage de lui confier mon cœur, sûrement la plus grande et belle décision de ma vie. Aujourd'hui, je suis incapable de m'imaginer vivre sans elle.

-A quoi tu penses Lexa, souffle-t-elle.

-Que j'ai tout pour être heureuse, à commencer par toi.

oOoOo

Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. C'était donc le mariage d'Anya avec un moment entre cette dernière et Lexa. Le plus important, la relation Clexa qui ne cesse d'évoluer, encore et toujours.

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : Leona Lewis – I See You

Je suis désolée pour les Guests, je n'ai pas pris le temps de vous répondre... honte à moi... désolée!

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Je suis à toi »

Sur ce, je vous souhaite une bonne journée, moi je vais me coucher! ;)

GeekGirlG.