Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Ça y est, les 1000 sont atteint, INCROYABLE ! Mille fois merci ! Je sais qu'en ce moment, je ne suis pas très active dans les réponses mais cette semaine, je vais faire au mieux pour vous répondre, je vous le dois bien ! ;)

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Bon, je pense que vous vous doutez d'où on se trouve… mais attention, je vous réserve tout de même quelques surprises ! ^^

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

Precious and fragile things Les choses précieuses et fragiles
Need special handling Doivent être traitées avec une attention particulière

Depeche mode - Precious

Chapitre 48 : Famille

Il est un peu plus de trois heures du matin et je crois que je suis la seule qui ne se soit pas assoupie sur les sièges inconfortables de la salle d'attente des urgences. Mes paupières sont bien lourdes et je n'arrête pas de bailler, pourtant, l'idée même de dormir me semble absurde. J'observe les inconnus autour de nous et il ne se passe rien. J'ai beau les fixer avec insistance, c'est le calme plat.

D'un geste mécanique qui j'espère va devenir rassurant, je caresse les cheveux de Clarke. Il y a des moments où tout semble normal, presque trop normal pour moi et la seconde d'après, j'ai cette sensation étrange d'être sous l'eau. Les voix, elles sont bien là mais elles sont déformées et à peine perceptibles. Je n'arrive toujours pas à comprendre pour quelle raison Omma ne m'a pas prévenu qu'une naissance se passait de cette façon. C'est… presque dérangeant.

Je sursaute alors qu'un chariot de réa passe un peu trop près de nous. Je m'oblige à expirer longuement. Il faut que je me calme avant de tourner folle. De ma main libre, je viens me masser les tempes. Je me répète mentalement que tout va bien se passer, encore et encore. Je baisse le regard vers Clarke. Son visage est à moitié caché par sa masse de cheveux blonds. Une part de moi à envie d'éloigner ces quelques mèches qui m'empêche de la détailler à ma guise mais une autre me l'interdit. Je ne voudrais pas la réveiller par un geste maladroit.

Je perçois le pas traînant et légèrement anxieux de Lincoln. Je m'oblige à quitter ma belle blonde des yeux. Depuis qu'il a été chassé de la chambre de sa compagne, il n'a de cesse de s'agiter. Je soupire avant de secouer la tête. Très bien, je vais aller lui parler. Il en a besoin.

Je me redresse le plus délicatement possible, sans le moindre mouvement brusque. J'attrape mon manteau pour le caler sous la tête de Clarke. J'embrasse son front avant de ramener sa veste un peu plus ses épaules. J'ai à peine le temps d'effectuer un pas qu'elle s'agite. Je me fige. J'attends qu'elle réagisse mais très vite elle se calme. Parfait, je viens d'éviter la catastrophe. Je me sens soulagée alors c'est avec le sourire que je me dirige vers mon cousin.

Il croise mon regard mais continue d'effectuer les cent pas. Je le vois se ronger l'ongle du pouce. Il semble vraiment paniqué. C'en est presque adorable. J'oublierais presque qu'i peine quelques heures, il agissait comme un sale con. Je m'adosse contre le mur sans dire un mot. J'attends plus ou moins patiemment qu'il se confie à moi. Je sais qu'il va le faire, malgré son orgueil et qu'il soit sûrement encore en colère contre moi, il sait que je suis une bonne oreille.

-Tu crois que tout va bien pour O ? me demande-t-il sans interrompre sa marche folle.

-J'en suis sûre.

-Tu le sais vraiment ou tu dis ça seulement pour me rassurer ?

-Link, j'attrape son poignet alors qu'il passe juste à côté de moi.

Je plonge mes yeux dans les siens. L'espace d'une seconde mon cœur bat un peu plus fort. C'est comme si je me voyais à travers son regard pour la première fois, comme si je le découvrais, comme si le lien fragile et incertain qui nous unit, s'était effacé pour laisser place à quelque chose de bien plus grand et puissant. Je suis subitement incapable de prononcer le moindre mot alors que je sens mon cœur déborder d'un amour que je ne reconnais pas : celui d'une fille pour son père.

C'est transcendant, intense et surtout merveilleusement beau. Je prends alors conscience que d'une certaine façon, je ne suis pas seule. Je sens presque la présence d'Omma, la sienne aussi et… Victoria ? Comment je peux savoir que la fille de Lincoln et d'Octavia va s'appeler Victoria ? Je secoue la tête alors que je perçois une voix magnifique, douce et joyeuse :

-Tu peux lui assurer que tout va bien, nous allons bien, tous les trois.

-Ils, je commence alors que les sensations de bien être ne me quitte pas, ils vont bien, tous les trois, je te l'assure.

-Comment peux tu en être certaine ? demande-t-il avec fragilité.

-Tu peux lui dire, il comprendra.

Ouais… sauf que je ne comprends pas moi-même ce qui est en train de se passer. C'est vraiment agréable mais je ne pourrais pas l'expliquer. Je ferme les yeux, juste une seconde. Toutes les voix sont de nouveau présentes mais elles sont plus comme une mélodie agréable, contrôlées par un chef d'orchestre de talents, et au-dessus de toute cette perfection, il y a trois voix, trois merveilleuses voix, ma famille, celle de sang, celles qui étaient ou seront comme moi.

-J'en suis certaine parce que, je commence avant de souffler le surplus d'air, parce que… Victoria me l'a assuré.

Je vois immédiatement un magnifique sourire étirer les lèvres de Lincoln avant que ses sourcils ne se froncent. Je n'ai aucun mal à l'imaginer se sentir victorieux pour le choix du prénom avant de vraiment prendre conscience de ce que je viens de dire. Il me fixe d'une manière dont il ne l'a jamais fait. Il ouvre la bouche certainement pour argumenter avant de perdre ses mots. Il me dévisage un long, très long moment avant de me demander :

-Qu'est-ce que tu viens de dire ?

-Victoria, elle m'a assuré que tout allait bien.

-Ma fille s'appelle Victoria, sourit-il. Comment… comment peux-tu… elle n'est même pas encore née.

-Je suis juste là, prononce de nouveau la voix magnifique de la fille de Lincoln.

Je souris en voulant répondre à mon cousin mais je reste bouche bée en découvrant une jeune femme apparaître à ses côtés. Je ne peux pas m'en empêcher, je dévie mon regard pour mieux la détailler. Elle a les cheveux de sa mère, il n'y a pas de doute à avoir, mais les yeux, ce sont bien ceux des Woods, d'un vert éclatant, son sourire ressemble étrangement à celui de ma grand-mère. Elle porte de légères taches de rousseurs sur ses joues. Elle semble avoir exactement la même carrure que sa mère, certainement une sportive. Je laisse mes yeux glisser sur ses longs cheveux noirs ondulés sur les pointes. Je sursaute alors que la main de Lincoln se balade devant mon visage pour attirer mon attention. Victoria semble amusée et hausse les épaules avant de rire doucement.

-Lexa, tout va bien ?

-Je…

Je pointe sa fille du doigt sachant pertinemment qu'il ne peut pas la voir. C'est très perturbant. Pendant une seconde, je me demande si je ne me suis pas pris un coup sur la tête. Je me fige en percevant un nouveau rire, un son que je ne connais que trop bien. Je n'ai aucun mal à m'imaginer pâlir. Je me crispe un peu plus contre le mur, durant une poignée de seconde, je rêve des pouvoirs de Kitty Pryde.

-Omma, je souffle sans m'en rendre compte.

-Lexa, prononce de nouveau Lincoln plus fermement en agrippant mes épaules. Dis-moi ce qui est en train de t'arriver.

-Je n'en sais rien, je finis par avouer. Je… je vois Omma et… Victoria.

-Quoi ? Où ? C'est déjà arrivé ?

-Jamais, je souffle sans quitter les apparitions des yeux. Comment, je commence en fixant plus particulièrement ma grand-mère.

-Tu m'as expliqué, intervient Victoria, que c'est quelque chose qui arrivait à chaque nouvelles naissances, pour t'amuser tu as appelé ça le « phénomène des Nornes ».

-Le phénomène des Nornes, je répète sans comprendre.

-Le moment où le passé, le présent et le futur sont réunis.

-Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé ?je demande à Omma.

-Parce que ça ne m'est jamais arrivée, me sourit-elle. Tu peux dire à Lincoln que je suis très heureuse pour lui et fière de devenir arrière grand-mère.

-Et moi qu'il soit mon père, éclate Victoria. C'est vraiment un père génial !

-Euh, je déglutis difficilement, Omma est fière de toi et Victoria d'être ta fille.

-C'est… tu les vois vraiment ?

-Oh, je sais, explose Victoria, prends lui la main ! Nous sommes du même sang, il devrait nous voir même s'il n'a pas encore le don. Je vais chercher mon frère !

-Quoi ?

J'ai à peine le temps d'énoncer ce petit mot que l'apparition de la jeune femme disparaît. Je dévisage alors Omma. Je ne comprends vraiment rien à cette situation. Je dois paraître effrayée parce que Lincoln semble de plus en plus inquiet.

-Je peux faire quelque chose ? Aller chercher Clarke peut-être ?

-Non, ça va aller. Laisse-la dormir. Je… je vais bien.

-Tu n'as pas l'air d'aller bien. Tu vois une morte et…

-Merde, je le coupe alors que Victoria apparaît de nouveau.

-Lexa tu…

La voix de Lincoln s'efface, je ne perçois plus aucun son. Je grimace. Je suis certaine que ça va être encore super douloureux quand tout va revenir. Je secoue la tête en fermant les yeux mais lorsque j'ouvre de nouveau les paupières, il y a en plus de ma grand-mère et de ma future nièce, un jeune homme. Il semble plus introverti que celle qui lui tient fermement la main. Il me sourit et je reconnais la douceur de Link lorsqu'il n'a d'yeux que pour O. Il a les cheveux bruns, légèrement bouclés et ses yeux sont aussi noirs que la nuit. Il est grand, même très grand, surtout à côté de Victoria.

-Et voilà mon frère, sourit cette dernière.

-Salut, Lexa.

Il accentue ses deux mots d'un léger signe de sa main libre. Je fronce les sourcils en réalisant que je peux presque voir la pièce dans laquelle ils se trouvent tous les deux. Victoria se retourne comme pour suivre mon regard et elle sourit un peu plus en me disant :

-Oui, nous sommes à New Haven, on y passe tous nos réveillons et nos étés, ensemble en famille.

-En famille, je répète.

J'aime vraiment l'idée que nous sommes parvenus à éradiquer tous malentendus entre Link et moi, que nous sommes devenus une vraie famille. Un peu malgré moi, je me mets à sourire en imaginant toutes les personnes qui doivent être réunies dans ce qui semble être la maison familiale des Evans.

-Prend la main de papa, me conseille a nouveau Victoria.

J'acquiesce. Si je peux vraiment partager ce moment, je me dois de le faire. C'est important et je crois que ça pourrait l'aider à accepter tout ça. Je tends ma main vers Lincoln et trouve le courage de quitter le trio des yeux. Je me concentre sur mon cousin en lui souriant, vraiment.

-Prends ma main, je vais essayer de te montrer.

-Quoi ? Tu…

-Ils veulent que tu les vois, j'avoue avec un sourire rassurant.

-D'accord.

Lincoln humidifie ses lèvres d'un geste rapide de la langue. Il fixe ensuite ma peau tendue avant de la prendre rapidement. Je trouve son comportement amusant. Il agit comme s'il avait peur de changer d'avis. De mon côté, j'espère juste que cette tentative ne va pas se conclure par un échec.

Je reste encore un temps les yeux ancrés dans ceux de Lincoln avant de me détourner lentement. Je pose alors le regard sur Omma. Elle est vraiment comme dans mes souvenirs. Elle tient toujours fermement sa canne. Elle a encore le même air triste qui tire ses traits en contradictions avec ses yeux rieurs. Je peux voir qu'elle est infiniment fière de moi, de ce que je suis devenue.

Puis, je me concentre sur les jumeaux qui n'ont d'yeux pour nul autre que leurs père. J'aperçois Lincoln blanchir à vu d'œil. Il secoue la tête vivement comme pour effacer les images irréelles. Je serre un peu plus mes doigts comme un encouragement.

-Oh mon dieu.

-Dieu n'a rien à voir là-dedans, soupire Omma ce qui me fait rire.

-Salut papa, interviennent d'une même voix les jumeaux.

-Vous êtes réels ?

-Bien sûr que oui, s'offusque Victoria, qu'est-ce que tu crois au juste ?

-Il n'y a pas de doute, tu as le sale caractère de ta mère.

-Wow, intervient le garçon, elles n'ont pas un sale caractère, juste une forte personnalité.

Les jumeaux se retournent subitement. Je vois un air légèrement attristé se peindre sur leurs visages. Le garçon vient embrasser le haut des cheveux de sa sœur avant de nous informer qu'ils ne peuvent pas rester plus longtemps. Il observe un peu plus longtemps son père avant de lui assurer :

-Tout va bien se passer, nous en sommes la preuve. On ne peut pas te montrer maman mais elle est juste là.

-Et comment tu t'appeles ? tente de demander Lincoln.

-Je ne dirai rien, sourit-il.

À la fin de cette phrase, ils se volatilisent comme si tout ceci n'avait été rien d'autre qu'un mirage. Je me tourne vers Omma qui me fait un signe de tête avant de s'éclipser à son tour. Malgré qu'il n'y ait plus rien à voir, je garde la main de Lincoln dans la mienne. Mon cœur continue à battre un peu trop fort dans ma poitrine. Je dois avouer que c'était une expérience géniale même si un peu flippante sur les bords.

-Incroyable, souffle Lincoln. Alors tout est vrai.

-Tout, je me contente de répondre.

-Incroyable. Je… je suis désolé. Je n'aurais pas dû… je suis désolé, répète-t-il.

-Je comprends, ce n'est pas quelque chose de facile à concevoir.

-Tu n'as pas à comprendre Lexa. Au-delà de notre lien de sang, nous étions surtout devenus amis avec le temps. J'aurais… j'aurais dû te faire confiance. Je me sens nul.

-Ne t'en fais pas, tu es loin d'être le plus nul. Je t'assure.

-Ah oui ?

-Pour faire court, on ne peut pas dire que mon père soit des plus compréhensifs.

-Bryan ne doit pas aimer que tu puisses connaître tous ces petits secrets…

-Ouais, en gros c'est ça.

Un silence s'installe entre nous. Je me laisse glisser contre le mur. Je n'arrive pas à croire que j'ai pu voir Omma, Victoria et le futur fils de Lincoln. Cette situation semble vraiment être sortie d'un livre de science fiction. Mon cousin se laisse tomber à côté de moi en soupirant. Il replie ses genoux pour s'accouder dessus et garde son regard fixé droit devant lui.

Je souris en captant son envie de caféine. J'étouffe un bâillement avant de lui proposer d'aller chercher une boisson chaude. Il me dévisage quelques secondes avant de me demander silencieusement si je viens de lire dans ses pensées. Je hausse les épaules avec un sourire amusé en guise de réponse. Je me relève avant de demander :

-Donc, tu en veux un ?

-Avec plaisir, merci Lexa.

Je me traîne dans les couloirs sans grande conviction. Je retrouve facilement la cafétéria. Je jette un regard moqueur au distributeur de sandwichs que Clarke déteste par moment. Je m'arrête devant la machine à café, il y a deux personnes devant moi. J'attrape donc mon portable pour envoyer un sms à Luna. Je sais qu'elle ne le lira que demain matin mais ça n'a pas d'importance.

J'ai promis à Nangila que je le préviendrais le jour de la naissance et je pense que ça ne va plus tarder. Je plisse les yeux, la luminosité de l'écran est assez agressive. Je dois commencer à être vraiment fatiguée, je crois que mon corps n'en peut plus. D'autant que je commence à avoir une bonne vieille migraine. Je pense que c'est à cause des hauts et des bas de mon don. D'un coup les voix sont quasi inexistantes et l'instant d'après ça implose. C'est vraiment fatiguant.

Je reviens les mains pleines vers la salle d'attente. Je tends son café à Lincoln qui me fait un signe de tête. Je me retourne pour voir que Clarke s'est réveillée. Sa bouille est adorable. Je m'excuse auprès de mon cousin avant de la rejoindre. Je m'installe près d'elle, j'analyse son humeur avant de demander :

-Tu as pu te reposer ?

-Pas assez, soupire-t-elle avant de s'appuyer sur mon épaule.

Je la sens se blottir un peu plus contre moi. Comme toujours, à son simple contact, je me sens beaucoup plus apaisée. Je commence à caresser en douceur ses cheveux et je me ressource dans un geste simple mais rempli d'affection. Je la sens frissonner avant de se tortiller et de gémir de douleur.

-Tu veux que je te ramène à la maison ?

-Hors de question. Je veux être là pour O. C'est un moment important pour elle.

-Très bien.

-Tu as parlé avec Lincoln ?

-Oui, il avait besoin de soutient.

-Lexa…

-Tout va bien, il s'est excusé.

-Vraiment ?

-Vraiment, je répète en souriant. Je… il s'est passé quelque chose de bizarre avec mon don.

-Quoi ? explose-t-elle subitement, qu'est-ce qui s'est passé ? Tu vas bien ?

Je ne peux pas m'en empêcher, je ris doucement. Ce n'est pas vraiment se moquer mais elle est tellement adorable. Je prends son visage en coupe avant de l'embrasser. Ce que je peux aimer poser mes lèvres sur les siennes. Un simple contact et je me retrouve. Clarke est vraiment la meilleure chose qui me soit arrivée. Je l'aime tellement.

-J'imagine qu'il va falloir que j'arrête de te demander d'arrêter de t'inquiéter pour rien.

-Tu as dit que c'était bizarre, se justifie-t-elle.

-Je confirme, c'était bizarre. Je… j'ai vu Omma.

-C'est vrai ? son visage s'adoucit et son sourire fait rayonner son visage, comment elle était ?

-Exactement comme dans mes souvenirs, toujours un petit bout de femme plein d'énergie. Elle m'a dit être fière de Lincoln et de devenir arrière grand-mère et quand j'ai parlé de toi, j'ai lu dans ses yeux qu'elle t'aimait bien.

-Mais… comment s'est possible ?

-Je n'en sais rien. Apparemment c'est quelque chose qui arrive pendant les naissances.

-Apparemment ?

-Ce n'est jamais arrivée à Omma.

-Comment tu le sais alors ?

Je souris un peu plus comme pour faire durer le suspense. Clarke me fait de gros yeux et m'ordonne silencieusement de lâcher le morceaux. Je ne peux m'en empêcher, je ris doucement. Elle me donne un petit coup dans l'épaule, je frotte vivement la partie légèrement endolorie et fait semblant d'avoir mal.

-Arrête, soupire-t-elle, je t'ai à peine effleuré !

-Tu crois ?

-Lexa, s'offusque-t-elle.

-Très bien, j'approche un peu plus nos visages si c'est possible, nos nez se touchent presque lorsque je reprends, en quelque sorte, je me le suis dis à moi-même.

-Comment ça ?

-Et bien les jumeaux d'O et Link étaient là aussi.

-T'es sérieuse ? Ils étaient comment ? C'est énorme !

-Je pense qu'ils devaient avoir seize ans. Ils paraissaient aller bien. Je pense qu'ils avaient tous les deux le don. J'ai dû leurs transmettre.

-Attends une seconde, Clarke lève son index et réfléchis à la vitesse de la lumière, ça veut dire que tu connais leurs prénoms ?

-Yep, je réponds amusée.

-Oh non, c'est pas juste ! En tant que meilleure amie d'Octavia, j'exige avoir le droit de connaître moi aussi cette information capitale.

-Non.

-Comment ça non ? me demande-t-elle d'un air outré.

-C'est non Clarke.

-Mais c'est pas juste ! Un indice, tu peux me donner un indice, juste un !

-Non.

-Lexa ! Allez ! Je veux savoir. Je sais ! Je vais sortir un bout de papier, voler un crayon au bureau des infirmières et tu vas me faire un pendu.

-C'est toujours non.

-Non mais c'est pas vrai ! C'est horrible, pourquoi tu me fais ça ?

-Clarke, je souffle amusée.

-Quoi ?

Je me plonge dans ses yeux. Je me noie dans ce bleu si parfait. Je souris un peu plus. Je vois bien son impatience et ça m'amuse au plus haut point. Je mordille ma lèvre inférieure avant de tourner très légèrement sa tête sur sa gauche pour murmurer à son oreille :

-Ta mère est là.

-Oh mon dieu !

Clarke se redresse et court jusqu'à sa mère. Je manque d'éclater de rire lorsqu'elle manque de trébucher. Elle parvient presque à atteindre Abby plus rapidement que Lincoln. Je souris un peu plus en voyant la mine rayonnante du grand Docteur Griffin. J'observe la scène de loin, c'est agréable d'assister à tout ce bonheur.

Abby a à peine le temps de pointer un couloir et de murmurer le numéro d'une chambre que ma petite amie et mon cousin se précipitent. Lentement et avec une certaine hésitation, je me redresse. Je lisse mon jean avant de m'avancer vers la mère de Clarke. Je lui souris poliment alors qu'elle plisse les yeux d'un air étrange. Je choisis d'ignorer tout ça pour le moment et je demande :

-Tout s'est bien passé ?

-Merveilleusement bien. O et les deux petits bouts se portent comme un charme.

-C'est bien, j'énonce en souriant.

-Lexa, commence Abby.

-Je sais, je lui réponds sans avoir besoin de plus d'informations. J'ai conscience que nous devons parler mais pas aujourd'hui.

-Pourquoi pas ?

-Pas aujourd'hui, c'est tout.

-Très bien, soupire-t-elle. Je vais appeler le frère d'Octavia et le père de Lincoln, il m'a demandé de le faire.

Je manque de jurer à l'évocation de Sebastian. Je regarde rapidement ma montre. Je suis une idiote. Il est bientôt cinq heures du matin. Ça fait bien plus de douze heures ! Merde !

-Je vais aller chercher Sebastian. Tu pourras prévenir Clarke ? Je reviens au plus vite.

-Je peux très bien l'appeler.

-Il ne répondra pas.

-Comment peux tu le savoir ? me demande-t-elle sarcastique.

Je comprends ce qu'elle veut dire en lisant entre les lignes. Je soupire. Au moins cette fois, j'ai une bonne explication. Je retourne vers nos chaises pour récupérer mon manteau avant de sortir le portable de Sebastian et de le montrer à Abby.

-Il l'a oublié tout à l'heure.

-Oh…

-Ouais, je m'occupe donc de lui annoncer la bonne nouvelle et…

Surtout de le libérer de la pièce de bruit. Je n'arrive pas à croire que j'ai oublié. Je me suis vraiment fait dépasser par les événements. En même temps, d'une certaine façon, ça rend l'exercice plus réel. Quand on est touché par le don, ça ne dure par seulement douze heures, c'est pour toute la vie, chaque heures, chaque minutes et chaque secondes deviennent constamment bruyantes.

Je fonce tout de même jusqu'à ma voiture. Je démarre sur les chapeaux de roues. Mais je me calme presque immédiatement, ce n'est pas le moment de jouer avec ma vie. Je suis déjà fatiguée, mieux vaut ne pas ajouter une vitesse folle. Je souffle et reprend le contrôle de la situation. J'arrive tout de même en moins d'une demi heure à la cabane. Je descends et reste appuyée sur ma portière une minute ou deux, le temps de reprendre mes esprits.

Je souffle un grande partie de l'air avant d'avancer. Je me glisse dans la cabane avant de me planter devant la porte cadenassée. D'un geste un peu maladroit, je la déverrouille et lentement, je l'ouvre. Je n'ai pas le temps de finir mon geste que Sebastian sort comme un diable de sa boîte. Il me bouscule au passage. Je tombe en arrière en me rattrapant sur les mains. Je le suis d'un regard noir.

Rapidement, il sort de la cabane et je l'entends courir sur quelques pas avant de rendre son déjeuner. Un air de dégoût marque mon visage avant que je ne me relève. Je grimace en faisant bouger mon poignet gauche. Je le masse en m'avançant vers l'interrupteur. J'éteins tout. Je me plante quelques secondes devant le palier de la salle. Je sais que la première fois ce n'est pas facile. Je dois aller lui parler.

Il est voûté en avant, accroché à la rambarde. Il semble trembler. Je m'approche lentement comme s'il n'était plus qu'un animal fragile. Je pose mes mains aussi près que possible des siennes avant de relever la tête pour accorder toute mon attention au ciel. Sans le regarder, principalement parce que je n'ose pas le faire, je lui dis :

-Je t'avais dit que ce n'était pas facile.

-Ça ne peut pas être comme ça, impossible !

-Si seulement…

Je ferme les yeux, pas longtemps, juste pour assimiler ce qui se rapproche le plus du silence pour moi. À peine quelques voix assez éloignées pour que ce soit supportable et le bruit de la nature. Je perçois le vent qui fait bouger l'herbe ou les branches vides de feuille. L'écorce craquelle par endroit. Il y a, pas très loin d'ici, un goutte à goutte régulier semblable aux tic-tac insolent d'une veille horloge.

-Ce n'est jamais silencieux Sebastian. Ce que tu viens de vivre ces dernières heures c'est… infime. Crois-moi, la réalité est bien pire.

-Je ne… je ne peux pas te croire. Je suis sûr de moi. Ça ne peut pas être ça. Tu veux juste me décourager pour ne pas me donner le privilège d'accéder au don.

-Non, je réponds durement, je veux juste te prévenir que ce n'est pas facile. Il y a même des jours où c'est un véritable enfer. Il m'arrive de ne pas dormir pendant des jours, de ne plus faire la différence entre réalité et virtuel, de faire des crises de panique parce que le bruit est prédominant. C'est ma réalité. Je ne l'ai pas choisi mais toi. Toi… ce sera ton choix et tu devras vivre le reste de ta vie avec les conséquences de ta décision.

-Je sais ce que je veux.

-Très bien dans ce cas, je veux que tu retournes dans cette pièce.

-Hors de question !

Il m'agrippe les épaules et je peux voir la peur à l'état pure dans ses yeux. Il me pousse en hurlant que je ne fais que jouer avec lui. Je m'écrase contre le mur derrière moi ce qui m'arrache un petit gémissement de douleur. Il abat son poing vers moi, je ferme les yeux par réflexe. Je sursaute en entendant les phalanges de Sebastian craquer contre le bois juste à côté de mon visage en poussant un cri mélangé entre douleur et rage.

Je crois que je viens d'oublier de respirer durant les dernières secondes. Je serre mes poings pour m'empêcher de trembler. Je ne dois pas riposter. Je ne suis pas, ou plutôt, je ne suis plus violente. Lentement et difficilement j'ouvre les paupières. Je suis en colère mais j'essaie de ne pas le montrer. Je lui crache presque au visage :

-Ce n'est pas parce que ce n'est pas ce que tu as envie d'entendre que ce n'est pas la vérité.

Il me relâche avant de s'éloigner. Je le vois tituber sur quelques pas avant de s'appuyer de nouveau contre la rambarde. Je le vois trembler et serrer la mâchoire. Je baisse les yeux avant de faire un pas en avant non sans un gémissement de douleur. Il n'y a pas été de main morte. Je cale ma main droite sur ma nuque pour la tordre et tenter de la soulager.

-Nous en reparlerons une autre fois. Je dois t'emmener aux urgences.

-Les urgences, pourquoi ? Je vais très bien.

Je roule des yeux, il est vraiment nombriliste par moment. Je sais pourtant qu'il aime son fils plus que tout mais il y a vraiment des moments comme celui-là où je ne peux m'empêcher de constater son égoïsme. Je le fixe avec une certaine intensité attendant qu'il comprenne.

-Je suis…

-Eh ouais.

-C'est pas vrai ! Mais… ça ne devait pas arriver avant un mois !

-Il faut croire qu'ils étaient pressés, je souris.

-Comment ils s'appellent ?

-Ce n'est pas à moi de te le dire. Allez, monte dans cette voiture, je t'emmène.

Il ne se fait pas prier. Toute la route se fait dans un silence lourd de sens. Je m'arrête enfin devant l'hôpital. Il se précipite pour sortir et s'engouffre dans les urgences. Je soupire avant de faire bouger de nouveau mon poignet. J'ai vraiment mal… je vais être obligée d'en parler à Clarke d'autant qu'il commence à prendre une couleur violacée tout sauf normale.

Je bascule ma tête contre l'appuie tête. Je me prends cinq minutes avant d'entrer de nouveau dans la fausse aux lions. Un jour, je m'habituerai peut-être à entrer dans un hôpital. Allez Lexa, tu peux le faire, pour Clarke, pour O, pour Link… pour ta famille !

Je me redresse, regonflée à bloc. J'entre et remarque tout de suite qu'il y a plus de monde qu'à mon départ. Je balaye la salle d'attente des yeux et découvre un peu par hasard Clarke en grande discussion avec Julia, elle rayonne. J'imagine sans mal qu'elle lui parle des nouveaux nées. Je m'approche lentement. C'est la chef des infirmières qui me remarque en premier. Je vois qu'elle est prête à me saluer avant que ses yeux ne tombent par accident sur mon poignet.

Je la vois blanchir à vue d'œil avant qu'elle ne détaille Clarke comme si elle avait une horrible nouvelle à lui annoncer. Non mais c'est pas vrai. J'accélère pour éviter que la nouvelle de ma blessure soit un réel choc pour ma belle blonde mais j'arrive tout de même trop tard.

-Je crois que ton amie Lexa est blessée.

-QUOI ? hurle Clarke en se tournant vers moi.

Elle parcoure le peu de distance qui nous sépare en un clin d'œil. Elle prend mon visage en coupe et semble l'analyser sous toutes les coutures avant de descendre ses mains sur mes épaules, puis mes bras. Je l'arrête avant qu'elle ne bute sur un endroit douloureux.

-Ne t'inquiète pas, je suis juste tombée. Je pense que ça doit-être une entorse, rien de plus.

Ses iris tombent alors sur mon poignet. Je la vois blanchir avant qu'elle ne relève les yeux. Merde… ça ce n'est pas de l'inquiétude mais de la colère.

-Clarke, je tente.

-Je vais le tuer, déclare-t-elle en commençant à s'éloigner.

-Clarke, je la retiens de justesse. Je vais bien. Je t'assure. Je suis juste tombée.

-Juste tombée, grogne-t-elle.

-Juste tombée, je répète pour finir de la convaincre.

Je la vois soupirer et je manque d'en faire de même lorsque je réalise qu'elle a abandonné l'idée de tuer Sebastian. Mais je ne peux m'empêcher d'écarquiller les yeux alors qu'elle se dirige avec détermination vers Julia pour lui demander une place en radiologie le plus vite possible. Je tente de l'arrêter. Je veux lui assurer une nouvelle fois que ce n'est pas grand-chose mais avant même que je ne puisse dire quoi que ce soit, je me prend un regard noir que je ne souhaite vraiment pas défier.

Je passe mon pouce et mon index sur mes tempes en espérant que je n'ai pas de marques dans le dos. Je crois que si j'ai des bleus après la collision avec le mur à cause de mon abrutit d'oncle, je ne pourrai pas arrêter Clarke. Seul problème… là aussi je commence à avoir de plus en plus mal.

-Très bien, tu as une place dans une heure.

-Merci.

-Tu veux voir les jumeaux ?

-Avec plaisir.

-Tu ne devineras jamais comment ils s'appellent !

-Vraiment ? Je peux toujours essayer.

-Un pendu ?

-Je paris sur la lettre V en premier pour la fille.

-Outch ! Comment tu as trouvé ?

-La chance, je souris. Quoi d'autre que la chance ?

Clarke m'arrête avant que nous entrions dans la chambre attribuée à la jeune maman. Elle me détaille un long moment avant de me demander :

-Tu es certaine que tout va bien ? Ça commence à faire beaucoup, non ?

-Je vais bien.

-Lexa, soupire-t-elle.

-D'accord, j'ai une horrible migraine alors je dis bonjour aux petits nouveaux, je passe cette foutue radio que tu m'as imposé et… je vais me coucher !

-Tu sais que nous sommes lundi, n'est-ce pas ?

-Heureusement que je commence à dix-huit heures.

-Tu pourrais demander à Kasia de…

-Non, ça va aller, je t'assure.

-D'accord. Et donc, pour ces prénoms, sourit-elle, tu disais un V pour première lettre pour la fille, hein ?

-Hum hum…

-Et pour le p'tit gars ?

-Ce n'est ni Rayan, ni Dean, je dis amusée, et ce n'est pas la peine d'essayer, je sais que O ne t'a encore rien dit.

-Quoi ? Non mais allez Lexa, tu peux bien me le dire maintenant !

-Non.

-C'est pas drôle !

Je secoue la tête en ouvrant la porte. Clarke me suit avec une moue boudeuse adorable. Octavia nous accueille avec un sourire resplendissant. Évidemment, elle paraît fatiguée et à bout de force mais elle semble surtout véritablement heureuse.

Je remarque le garçon dans les bras de son grand-père et la fille dans ceux de son père. Lincoln s'approche pour me la montrer. Sans surprise, je découvre de magnifiques iris émeraudes et quelques petits cheveux noirs.

La porte de la chambre s'ouvre une nouvelle fois, laissant apparaître Bellamy, Marcus et Abby en blouse blanche. Lincoln sourit un peu plus avant d'annoncer :

-Puisque tout le monde est là, laissez moi vous présenter ma fille : Victoria et mon fils : Charlie.

-Quoi ? Comment ça Charlie, demande Clarke, je croyais que c'était Ryan ou Dean !

-J'ai eu un présentiment au dernier moment, avoue Lincoln en me lançant un regard complice. Tu veux la porter Lex' ?

-Avec grand plaisir.

-Victoria Andy Héloïse Woods, je te présente Lexa, ta meilleure alliée pour la vie, ta marraine.

-Moi ?

-Oui, je me suis dit que tu serais parfaite dans ce rôle, et Clarke…

Lincoln reprend son fils dans ses bras avant de s'approcher de ma petite amie. Il regarde son fils avec admiration avant de le confier à Clarke. Il sourit en prononçant :

-Charlie Ryan Dean Woods, je te présente Clarke, d'une certaine manière, aussi ta meilleure alliée pour la vie.

-Hey, s'offusque Clarke.

-Je plaisante, sourit Lincoln, je sais que tu seras parfaite dans le rôle de marraine.

-Merci.

La vision de Clarke avec un nouveau né dans les bras est merveilleuse. Je l'observe avec amour et dévotion. Peut-être qu'un jour, ce sera nous. En tout cas, je l'espère. Je sursaute alors que la porte s'ouvre sur mon frère essoufflé qui entre comme une furie en demandant :

-J'ai manqué quelque chose ?

Tout le monde se met à rire de joie, de moquerie et de bonheur. Je m'approche d'Aiden pour lui présenter à mon tour la nouvelle fille de la famille. Clarke en fait de même pour Charlie. Aiden s'approche de Victoria et la détaille avec amour et dévouement. Il sait qu'un jour ou l'autre, elle deviendra comme moi.

Il plonge ses yeux dans les miens en souriant un peu plus. Il acquiesce sans que je n'en comprenne la signification avant de m'assurer silencieusement qu'il veut le faire. D'abord, je ne comprends pas où il veut en venir avant que ça ne fasse tilt. Il veut lui aussi le don afin d'apaiser le fardeau pour Victoria dans le futur et aussi lui prodiguer des conseils si possible.

Je souris, fière de mon frère. Il a enfin trouvé sa place dans la famille. Il ne se cache plus derrière notre père. Il s'impose, fait ses propres choix. Je suis très fière de lui. J'acquiesce à mon tour pour lui faire comprendre que je suis d'accord. Nous ferons ça bien, en famille.

oOoOo

Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Les prénoms sont enfin révélé ! ;) Clarke aura essayé de savoir avant tout le monde jusqu'au bout et Lexa a tenu bon ! Après il y a eu la connexion passé/présent/futur que j'ai adoré écrire, un petit moment Clexa, la promesse d'une discussion avec Abby, Sebastian… ouais, c'est pas quelqu'un de cool…, re moment Clexa, la présentation officielle des jumeaux (enfin) et le grand moment d'Aiden, celui où il gagne la confiance de sa grande sœur… bref, un chapitre avec pleiiiins de rebondissements ! ;p

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : Depeche mode - Precious

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Héritage »

GeekGirlG.