Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Je suis désolée pour mon absence la semaine dernière mais je dois bien avouer qu'en ce moment, se n'est pas la grande forme donc... voilà, ça arrive. Je m'excuse tout de même se n'est pas dans mes habitudes de publier en retard mais si ça se reproduit, je m'excuse d'avance, je subis de grosse migraine en ce moment donc difficile d'écrire dans ces conditions. En tout les cas, toujours un grand merci pour vos nombreux retours sur chaque chapitre de cette histoire ! :)

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Voilà, pour la seconde partie de ce chapitre, toujours avec un POV de Nangila. Et pour ceux qui ne l'ont pas deviné, c'est noël ou presque ! ^^

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

You woke up my heart Tu as réveillé mon cœur

And I saw again what I found in you Et j'ai compris ce que j'ai vu en toi

'Cause her heart, Parce que son cœur,

Her heart wont let me lose her Son cœur ne me laisse pas la perdre

No matter how I try Peu importe comment j'essaie

I just cant say goodbye and lose her Je ne peux juste pas dire au revoir et la perdre.

Anthony Hamilton- Her Heart

Chapitre 54 : Si tu voyais son cœur – Partie 2

Cinq semaines plus tard – 24 décembre

Je fixe l'océan en silence. Je suis assis sur le sable depuis plusieurs minutes déjà. J'inspire profondément en me disant que malgré le temps qui passe, la mer reste mon endroit préféré. J'aime le bruit des vagues, les couleurs et surtout l'apaisement qui m'envahis dès que je suis en face à face avec le grand bleu. Je frissonne. Il ne neige pas encore mais je pense que ça ne va pas tarder. Le ciel est noir de nuages lourds et menaçants. J'enfonce un peu plus mon visage dans l'écharpe rouge que je porte quand mes yeux tombent sur une pierre plate et ovale.

Je souris en me penchant pour la récupérer. Je passe ma main dessus. Elle est gris pâle, presque bleutée sur les bords et particulièrement lisse. Je suis certain qu'elle serait parfaite pour faire des ricochets. Je me demande si… est-ce que je saurais encore faire glisser une pierre sur l'eau ? Ça fait des années que je n'ai pas essayé.

Je me redresse sur mes deux pieds. Je fais tourner la pierre entre mes doigts. Mon regard fixe de nouveau la mer. Je me perds dans cette contemplation sans cesser de jouer avec le cailloux toujours dans ma main. Sans vraiment m'en rendre compte, je me perds dans mes pensées. Je repense à la conversation que j'ai eu il y a quelques jours avec Anya.

Anya… elle est l'exemple même de la personne qui est tombée si bas qu'elle ne peut que remonter. Je ne sais pas si j'aurais eu sa force. Je ne pense pas que je serai un jour capable de lui parler de ce qu'il lui est arrivé ce jour là alors que je sais très bien ce qu'il en est. Je pense que je suis trop effrayé à la simple idée de la voir s'effondrer. Même si comme beaucoup d'autres personnes de ma famille, elle s'est accrochée à ceux qui comptaient vraiment, d'abord Adrian puis Lincoln et Lexa. J'ai la certitude qu'elle se laisserait de nouveau sombrer si quelqu'un osait ne serait-ce qu'évoquer ce qui s'est passé dans son passé. C'est sûrement pour cette raison que personne n'en parle jamais. Jamais.

Mais moi, il fallait que je sache une chose, rien qu'une. Alors, je lui ai posé la question. Et, je dois bien avouer que sa réponse ne m'a pas aidé. Je crois même que je suis encore plus perdu qu'avant. Je ne sais plus du tout ce que je dois faire. Parce qu'il y a une énorme différence entre ce que je souhaite et ce qu'il faut faire.

Je soupire en lançant la pierre vers le ciel, je la réceptionne quelques secondes plus tard sans aucune difficulté. Qu'est-ce que je dois faire ? Je détaille de nouveau la masse dans ma paume. J'esquisse un sourire. Très bien, si j'arrive à faire plus de cinq ricochets, je fonce sans réfléchir et je m'occuperai des conséquences de ma décision plus tard.

D'un geste du poignet, je lance la pierre plate qui s'élance à toute vitesse. Je souris un peu plus lorsqu'elle frôle la surface de l'eau avant de s'écraser et de bondir pour s'échapper un peu plus loin. Et de un ! Le vol se finit de nouveau par une percussion entre le bleu miroitant pour s'élever avant de se finir dans un choc un peu plus violent. Deux ! Les éclaboussures m'offrent un spectacle presque magique. Un nouveau bond, je souris tellement que mes zygomatiques commencent à me faire mal. La pierre frôle de nouveau l'eau, quatre, j'en suis à quatre.

-Nangila !

Je me retourne immédiatement vers Lexa qui m'interpelle avant de vouloir me foutre une baffe pour avoir été aussi facilement déconcentré. Je jette un œil par dessus mon épaule avec un sourire triste. La pierre a disparu. Je ne saurai jamais ce qu'il en est. Conclusion, j'ai toujours une décision drastique à prendre et c'est nul !

-Salut Lexa, je lui fais un demi-sourire.

-Je croyais que tu avais réussi à convaincre Chloé de passer noël avec nous.

-Oh… je l'ai convaincu, j'assure.

-Dans ce cas, pourquoi es-tu seul ?

-Elle dort encore.

-Encore ? Mais il est bientôt onze heures.

-Je sais. Elle a dormi pendant tout le trajet aussi. Tu as besoin de quelque chose ?

-Juste un peu de compagnie, j'ai à peine posé un pied à New Haven que tout le monde me mets sur la touche.

-Je vois. Tu veux t'asseoir ?

-Avec grand plaisir ! Je commence vraiment à avoir l'impression d'être une baleine.

-Tu en es à six mois, je lui rappelle, c'est normal.

-Je suis presque sûre que tu es censé me remonter le moral, sale gosse !

Je souris alors qu'elle s'installe sur le sable. Je la vois frissonner. Je lève les yeux aux ciel, si elle attrape froid, Clarke va la tuer. Je me laisse presque tomber à côté d'elle avant de retirer mon écharpe et de la lui tendre. Elle fait mine de refuser d'un geste mais j'insiste et elle finit par nouer la laine autour de son cou. Je rive de nouveau mon regard sur l'océan et me plonge dans mes pensées sans peur que Lexa puisse y avoir accès facilement. Après tout, elle pourrait m'aider.

M'aider… je détourne le regard et fixe son profil. C'est la mieux placée pour savoir ce par quoi je suis en train de passer, non ? Un sourire timide étire mes lèvres. J'ai jamais vraiment osé interroger Lexa sur sa vision de notre don. Son point de vue était tellement radicalement opposé à tout ce qu'on m'avait dit que je n'ai jamais osé. Mais maintenant, les choses sont différentes. Elle est différente !

-Lexa…

-Oui Nan'.

-J'ai une question à te poser.

-A moi, elle se pointe du doigts, vraiment ? Je suis presque sûre que Luna n'est pas très loin.

-C'est à propos du jabberwocky.

-Tu as de nouveau des problèmes à te concentrer en cours, me demande-t-elle inquiète.

-Non, je n'ai plus aucun problème avec ça, j'assure.

-Je suis rassurée, sourit Lexa. Je t'écoute p'tit mec.

Je me plonge dans le silence pour essayer de trouver au mieux les mots qui conviennent. Encore une fois, sans réelle raison, mon regard se fixe sur la mer. Je trouve cela vraiment apaisant. Le vent devient de plus en plus glacial et le ciel est si menaçant qu'il n'est plus permis de douter, il va neiger avant la fin de la journée. J'expire bruyamment laissant une fumée blanche de condensation s'échapper de mes lèvres avant de me lancer :

-Je suis allé voir Anya au poste cette semaine, j'annonce. Je lui ai poséà peu près la même question mais j'aimerais vraiment avoir ton point de vue.

-Évidemment.

-Tu sais, Anya a vécu cette horrible chose dont personne ne parle mais que beaucoup savent.

-Tu ne lui en a tout de même pas parlé ? s'inquiète Lexa.

-Pas directement, je la rassure. Je lui ai juste demandé ceci : si elle t'avait rencontré à ce moment là, celui où rien n'allait dans sa vie et que tu avais déjà le don. Est-ce qu'elle aurait souhaité que tu l'aides, que tu lui en parles ?

-Pourquoi lui poser cette question ?

-J'ai mes raisons, je réponds vaguement.

-Qu'a-t-elle répondu ?

Je passe ma langue sur mes lèvres comme pour me préparer à prononcer la même réponse qu'Anya. J'ai les yeux humides. Je… je ne peux pas accepter cette réponse, c'est trop difficile. Je baisse les yeux et fixe mes chaussures avant de révéler à Lexa :

-Non. Elle a répondu non.

-Je comprends, soupire Lexa, ce qu'elle a vécu…

-Je ne comprends pas moi, je la coupe presque en criant. Pourquoi refuser de l'aide ? Et toi ? Toi Lexa, qu'est-ce que tu aurais fait si tu l'avais rencontré à ce moment là et que tu avais déjà le don ? Tu l'aurais laissé seule ?

Cette fois, je pleure. Je ne peux vraiment pas accepter que quelqu'un dans une telle situation refuserait toute aide extérieure. Pourquoi ? Je ne comprends vraiment pas ! C'est invraisemblable ! Voir même… inacceptable !

Les mains de Lexa glissent sur mes joues, elles encadrent mon visage presque de façon rassurante alors que mon cœur est au bord de l'implosion. D'un geste doux du pouce, elle chasse quelques une de mes larmes. Puis elle attire mon regard dans le sien. Je suis surpris d'y trouver un tel calme. Je devine son sourire alors que mes yeux sont toujours prisonniers de ses iris émeraudes.

-Moi, souffle-t-elle, je l'aurais aidé. C'est ce que j'ai fait et ce que je continue à faire tous les jours mais je ne lui en aurai pas parlé parce que ce qu'il lui est arrivée… c'est… je ne trouve même pas les mots. Tout ce dont je suis certaine, c'est que si un jour elle souhaite en parler, se sera à elle de faire le premier pas. Tu ne peux pas forcer une personne blessée à se révéler. Ça ne fonctionne pas de cette manière. C'est à cette personne de faire le premier pas. J'ai un autre exemple si tu veux, elle inspire profondément avant de fermer les yeux quelques secondes, Luna ne m'a jamais, jamais parlé de Barthélémy. Je ne sais que ce qu'elle a pu penser à ce sujet mais rien de plus et pourtant, elle a pris le risque de révéler cette partie de sa vie à Raven. Tu vois, c'est une question de choix, pour la personne qui vit avec ce lourd secret. Elle est là, la limite entre le don et la malédiction. Tu dois te placer juste à la frontière entre ce que tu sais grâce à notre capacité, ce que tu es censé savoir, ce que tu pourrais deviner… mais toutes tes actions, c'est à toi de les choisir. Pour Anya, je suis l'épaule sur laquelle elle peut pleurer sans peur. Pour Luna, je suis sa sœur, elle me confit tout avec le temps. Je sais que c'est horrible mais c'est à nous d'être patient.

-Chloé, je prononce la gorge serrée, tu arrives facilement à lire dans les pensées de Chloé ?

-Pourquoi ? me questionne-t-elle en faisant traîner ce petit mot.

-Tu as déjà lu dans ses pensées ? je demande de nouveau.

-Mais non Nan'. Tu sais bien que maintenant que je le maîtrise, j'évite de faire ça.

-Alors, je déglutis difficilement, tu devrais le faire et vraiment me dire ce que tu ferais à ma place.

-Il y a un problème avec Chloé ? voulut-elle savoir.

Je me relève les nerfs à vif. J'ai de plus en plus envie de pleurer. Ce n'est pas vraiment un sentiment des plus agréable. C'est un des rares désavantages qu'il existe à faire partie de ma famille. Il semble si facile d'affronter les problèmes lorsque nous sommes tous ensemble mais dès que l'on est seul, ça paraît insurmontable. Je n'aime pas ça.

-Nan', essaye de nouveau Lexa en se levant difficilement.

Je déglutis difficilement alors que son regard se fixe dans le mien. Je sais qu'à cet instant, je ne peux plus lui mentir, non pas que je voulais essayer. Le plus important, c'est que je n'ai pas besoin d'utiliser des mots. Tout ce que j'ai à faire c'est y penser. Et, ça ne va pas être difficile, je suis incapable de ne pas y penser. Cette situation est en train de me bouffer de l'intérieur.

Je vois sans mal la surprise marquer d'abord les yeux puis les traits de Lexa. Elle fait même un pas en arrière comme pour se protéger de la situation de Chloé. Sans un mot, elle me demande si je suis absolument sûr de moi, j'acquiesce et ça me brise le cœur. Je baisse les yeux pour qu'elle ne puisse pas aller plus loin dans son exploration.

-Nan'…

-Alors qu'est-ce que tu ferais Lexa ? À ma place, qu'est-ce que tu ferais ?

Je remarque presque le combat intérieur intense se dessiner dans son regard. Elle semble réfléchir à la vitesse de la lumière. Un sourire triste étire mes lèvres. Je comprends très vite qu'elle n'a pas de réponse, du moins pas pour le moment. Je fais un pas en arrière comme pour me protéger de ce constat. Je crois que je serais facilement capable de fuir à nouveau, mais qui est assez rapide pour ça ?

-Nangila, hurle Raven, Chloé vient de se réveiller !

Je me retourne vers la voix de ma mère, je souris en réalisant qu'elle a dû courir depuis la maison et qu'elle n'a même pas pris le temps de s'habiller convenablement. Je souris avant de secouer la tête, si elle tombe malade, Luna va la tuer. Je m'apprête à la rejoindre quand les doigts de Lexa se referment sur mon poignet. Elle est obligée de tirer légèrement vers elle pour que je me décide à me retourner. Encore une fois, je fuis son regard. Je ne suis pas certain d'avoir envie d'entendre ce qu'elle a à me dire.

-Tu n'as pas respecté la règle numéro une, souffle-t-elle.

-Quoi ?

-Tu devrais lui dire, murmure-t-elle encore plus bas.

-Tu es sérieuse ? je souris de toutes mes dents.

-Non, pas ça, elle secoue la tête, que tu es tombé amoureux d'elle.

-Je ne suis pas… je tente.

-Tu essayes de me mentir Nangila Evans ? Ce n'est pas vraiment une bonne idée. Dis lui et peut-être… qu'elle te parlera de tout ça d'elle même.

-Elle a déjà quelqu'un, je ne lui ferai pas ça, jamais. Je dois y aller.

Je cours presque pour rejoindre Raven. Les hostilités commencent, j'essaye de fuir la réalité. Je sais que je ne serai jamais assez rapide mais je vais continuer d'essayer le plus longtemps possible. Je ne sais pas encore vraiment ce que je vais faire mais je vais tenter de la protéger en restant dans l'ombre.


Je suis dans le salon encore vide, tout le monde est encore dans la cuisine. La table est magnifique, décorée de blanc et d'or. Les lumières sont encore éteintes et tout ce qui brille, ce sont les guirlandes du sapin, la lune et les reflets bien particuliers qui se forment sur les verres à pied maintenant qu'il neige.

Je perçois des pas qui se rapprochent et au vu du silence qui m'entoure, je comprends qu'il s'agit soit de Luna, soit de Chloé. Ce double kimya reste pour moi un vrai mystère. Quand j'ai compris que la rousse avait la même capacité à représenter le silence que ma mère, j'ai interrogé les autres.

Pour Lexa, il n'y a que Clarke. Pour Lincoln c'est Victoria ce qui a provoqué des petites crises de jalousie chez Octavia. Il a fallu lui expliquer qu'il n'y avait pas vraiment de règles. Elle avait alors explosé en assurant que c'était injuste que Aiden, lui, ait bien Lætitia comme kimya. Les jumeaux ont trouvé très jeune étant donné que le silence se trouve chez l'un et l'autre. Donc personne n'a deux personnes capables d'apaiser le brouhaha, personne.

Le kimya n'a pas de règles… pas de règles.

Une personne s'arrête à ma hauteur et je ne tourne pas le regard vers elle pour découvrir son identité. Je veux profiter un peu plus de cet apaisement. Là, à cet instant, dans le noir et alors que les premières neiges tombent sur New Haven, je me sens comme hors du temps. Puis, des doigts se glissent entre les miens alors je crois qu'il s'agit de Luna mais très vite une tête se pose sur mon épaule et je comprends que c'est Chloé. La rousse est plus grande que ma mère.

-Merci de m'avoir sortie de New-York pour noël, ta famille est géniale.

-De rien.

Chloé ne dit plus un mot, profitant certainement à son tour du spectacle. Ses doigts se resserrent un peu plus. Je ferme les yeux. Il n'y a pas d'image. Je souris en comprenant que c'est parce qu'à cet instant, elle se sent en sécurité. Depuis combien de temps ça ne lui est pas arrivée ?

-Nangila ?

-Hum…

-C'est quoi le truc ?

-Quel truc ? je demande en souriant.

-Et bien LE truc, dit-elle en faisant de grand geste de la main libre.

-Je ne comprends pas, je lui assure avec un petit rire.

-Et bien, elle fait une pause, le secret de ta famille. Toutes les familles en ont, du plus noir dessin, à nous avons un lingot d'or dans notre cave, à mes arrière arrière arrière grand-mère étaient sœurs jumelles ou encore, cet homme à la maternité, oh je sais ! Vous avez trouvé la pierre philosophale et vous êtes tous immortel ! Ne me dis pas que tu es un vampire, je serais obligée de te tuer. J'ai une peur bleu des vampires !

-Tu es décidément bien semblable à Raven !

-Quoi ? rougit-elle, ne dis pas ça. Elle est.. elle est… juste géniale et je suis juste moi.

-Je dirais plutôt qu'elle est juste ma mère.

-Tu es tellement blasé, soupire-t-elle.

-Donc… je ne laisserai jamais Rae se dépatouiller dans The Walking Dead et toi dans Van Helsing. Je le jure !

-Arrête de te moquer ! Tu as aussi des peurs, tout le monde en a !

-Mon oncle, je réponds sans vraiment y réfléchir.

Je sens le regard de Chloé sur mon profil. Elle me dévisage. Je me force à rester bien droit et je fixe toujours le paysage à travers la baie vitrée. Je soupire avant d'expliquer.

-En général, j'ai peur de tout ce qui pourrait détruire ma famille.

-Je comprends. Bien, que j'ai été soulagée que ma famille soit détruite.

-Tu ne veux pas retrouver tes parents ? je demande perplexe.

-Pas vraiment.

-Dans ce cas, pourquoi aller les voir chaque semaine ?

-Par orgueil, répond-elle sans la moindre émotion. C'est une façon pour moi de leurs montrer que je n'ai pas besoin d'eux. C'est presque du narcissisme si on y réfléchit. Je les regarde dans les yeux et leur montre que je m'en sors très bien sans eux.

-C'est courageux, j'affirme. Je ne pourrais jamais me détacher de ma famille.

-C'est différent. Ta famille est aimante et pas destructrice. Je suis sérieuse. Je suis ici depuis moins de vingt-quatre heures, j'en ai dormi douze, et pourtant je n'ai jamais… je ne sais pas, je me sens en sécurité. C'est comme si l'amour que vous ressentiez les uns pour les autres avait une identité même, en y regardant bien on la voit. C'est agréable de se rendre compte qu'une personne t'interroge, parle avec toi avec pour objectif de véritablement apprendre à te connaître. La première fois que j'ai eu cette sensation, c'était avec toi. Tu as ce… regard…

Elle se tourne vers moi et malgré la pénombre, j'arrive presque à distinguer ses iris émeraudes scruter les miennes. Un mouvement presque imperceptible me montre qu'elle fronce les sourcils. Elle fait un pas en avant, son avancée fait immédiatement battre mon cœur un peu trop vite. Bien qu'elle soit grande, elle se met sur la pointe des pieds, de ce fait, elle est entièrement à ma hauteur. Alors ses pensées me percutent de pleins fouets.

-Qui es-tu Nangila Evans ?

Je suis surpris en réalisant qu'elle se pose toujours cette question après tout ce temps. Elle se mordille la lèvre inférieure, mouvement que j'essaye d'occulter plus que tout. Je dois arrêter d'avoir toujours envie de l'embrasser. C'est mal. Elle est amoureuse de Peter.

-Pourquoi ton sourire n'atteint jamais tes yeux ? Ton regard… il semble… tellement écartelé.

Je me souviens qu'une fois Luna m'a dit qu'avant même de voir mon poignet, elle avait su que j'avais la même aptitude que Lexa rien qu'en plongeant ses yeux dans les miens. Elle m'a assuré qu'il y avait quelque chose de différent dans nos iris, comme une blessure. Elle a ensuite ajouté que ce n'était pas si étonnant après tout, s'il nous venait à l'esprit de vouloir écouter attentivement toutes les voix qui raisonnent dans nos têtes alors il y aurait bien plus de mal que de bien.

-Alors dis-moi Nangila Evans, je vois ses lèvres bouger, je suis donc certain qu'elle parle, quel est le secret de ta famille ?

J'en reste bouche bée. Qu'est-ce que je peux répondre à ça ? La vérité. Non ! Je ne peux pas… mais c'est tellement tentant. Je n'ai jamais souhaité en parler à personne d'autre que ceux et celles qui sont déjà dans la confidence. Pour la première fois de ma vie, je me retrouve à avoir envie de partager mon don avec quelqu'un que j'aime. Correction, que j'apprécie.

Mais je ne peux pas. C'est hors de question. Pas parce que j'ai peur de la réaction qu'elle pourrait avoir, si Raven Reyes et Abby Griffin ont su se faire une raison, Chloé Garry le saura aussi. Ce qui me paralyse et m'empêche de dire les mots qui sont pourtant au bord de mes lèvres, c'est qu'elle aura conscience que j'en sais beaucoup plus sur sa vie qu'elle ne le souhaite. Et, par peur, elle pourrait me fuir. Oui, c'est ça qui me terrifie vraiment, la simple idée de pouvoir perdre Chloé m'est insupportable.

Je réfléchis rapidement, trop peut-être mais il faut bien que je trouve une solution et vite. Je ne veux pas lui mentir mais en même temps, je n'ai pas le choix. Que me reste-t-il comme option ? L'omission ? N'est-ce pas aussi un mensonge ? Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je peux faire ?

La lumière du salon s'allume brusquement, c'est si violent que je suis obligé de protéger mes yeux. Je fais un pas en arrière comme pour me cacher dans l'ombre de Chloé. Je grimace alors qu'à travers mes doigts, j'aperçois Victoria. Elle semble essoufflée, voire même légèrement paniquée. Elle a encore la main plaquée sur l'interrupteur et elle me dévisage, inquiète. J'écarte ma main de mon visage, je plisse les yeux et fixe un peu plus la fille de Lincoln. Ses cheveux noirs sont complètement ébouriffés, sa mère lui a fait des tresses pour la fête mais il n'y en a plus qu'une qui est en place et ses yeux aussi verts que le sapin dans mon dos semblent affolés.

Chloé se retourne en récupérant les lunettes qu'elle avait placées sur le haut de sa tête pour les replacer sur son nez. Je ne le vois pas parce que toute mon attention est centrée sur Victoria mais je sais pourtant que la rousse sourit. Elles ont bien discuté toutes les deux dans l'après-midi et malgré que la petite fille soit une sportive née, mon amie a affirmé qu'elle ne semblait pas être un cas complètement désespéré, autre moyen de dire qu'elle l'appréciait. Il fallait toujours lire entre les ligne avec la future Loïs Lane, ce qui pour moi, n'était pas si difficile.

-Il y a un problème Victoria ? demande Chloé avec une voix si douce que je peine à la reconnaître.

-Tout va bien, répond la petite un peu trop vite. Je dois parler à Nan', c'est urgent !

Je secoue la tête comme pour me reprendre. Chloé se tourne vers moi à la seconde même où j'arrête de gesticuler. Je souris. J'avoue que je me force un peu à le faire. Je m'approche et sans réfléchir, je caresse le bras de la rousse pour lui assurer que tout va bien. Je me plonge dans ses yeux. Je ne cherche pas à écourter le contact malgré que quelques images s'introduisent dans mon esprit. Cette fois, j'arrive à faire un vrai sourire et j'assure amusé :

-Je n'ai pas le choix, c'est une urgence.

Je lui fais un clin d'œil avant de fixer de nouveau Victoria. Une urgence… je n'arrive pas à lire dans ses pensées. Je me demande ce qui se passe dans sa petite tête. Je fais glisser mes doigts loin du bras de Chloé et embrasse sa joue de manière compulsive et incontrôlable en précisant :

-Je n'en ai pas pour longtemps.

Je quitte la pièce et Victoria claque presque la porte derrière moi. Je sursaute et me retourne vers elle. Je lui demande silencieusement quel est le problème. Elle grogne toujours sans un mot que nous n'aurons pas cette conversation ici. Je fronce un peu plus les sourcils en la voyant faire une rotation d'un angle de quarante-cinq degrés sur la droite et d'avancer vers la véranda. Très bien, j'imagine que je n'ai pas le choix. Je me résous à la suivre quand une pensée un peu plus forte de Chloé m'atteint :

-Pourquoi m'a t-il embrassé ?

Je baisse les yeux en sentant mes joues devenir bouillantes. Il faut vraiment que j'arrête d'agir sans réfléchir. Je secoue la tête. Je ne peux pas être amoureux d'elle. Je n'en ai pas le droit.

Alors que je me place au centre de la véranda, je découvre Victoria les poings repliés sur les hanches et le regard sévère. Je me sens étrangement mal à l'aise. J'ai la sensation d'être un gamin pris en faute, la main dans la bonbonnière et pourtant, ici, je suis bien le plus âgé et en face d'une gamine de huit ans. Je me racle la gorge et m'apprête à intervenir lorsqu'elle murmure si bas que sa voix paraît presque irréelle :

-Tu allais lui dire.

Je fronce les sourcils. Je n'arrive pas à savoir si c'est une simple affirmation ou une accusation. J'essaye de lire dans ses yeux mais il n'y a rien à faire, je n'arrive pas à trouver ma réponse. Je fais un pas en avant et avec ce dernier, je réalise qu'elle a entièrement raison. Je m'apprêtais vraiment à lui révéler notre grand secret.

-C'est vrai.

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

-Pourquoi ? je demande vraiment intrigué.

-Mais parce que tu étais complètement paniqué !

-Évidemment que je l'étais. J'ai peur de la perdre.

-Elle est vraiment très importante pour toi, réalise Victoria.

-Oui, je ne peux m'empêcher de répondre alors que j'ai conscience que ce n'est pas une question.

-Je ne pensais pas que c'était aussi effrayant de vouloir en parler à quelqu'un. Je n'avais jamais réalisé que je devrais le faire moi aussi un jour. C'est si facile quand nous sommes en famille.

-Ça, je souris, c'est parce que Lexa a fait tout le travail pour nous.

-Tu crois qu'elle était aussi… effrayée que ce que je viens de ressentir ?

-Je pense oui.

-Alors, je ne dirai jamais à personne ce que je peux faire, ressentir tout ça est…

-Tory, je me mets à genoux en face d'elle, ce n'est pas parce que c'est effrayant qu'il ne faut pas le faire. Tu te souviens la finale de hand, l'année dernière ? Toutes les filles semblaient faire une tête de plus que vous et pourtant, tu es entrée sur le terrain la tête haute.

-C'est pas du tout pareil !

-Pour moi, si. Et, je souris, j'entrerai toujours sur le terrain.

Victoria fronça les sourcils, elle me dévisagea longuement avant de mordiller sa petite lèvre inférieure, signe qu'elle réfléchissait. Son regard croisa le mien et je su immédiatement qu'elle cherchait plus de réponses dans mes pensées. Je souris un peu plus, prêt à lui avouer les sentiments que je ressens pour Chloé quand elle m'assure :

-Rae va être dans tout ses états, tu n'as pas respecté sa règle numéro une de la rentrée.

J'éclate de rire. D'une certaine manière, Victoria a raison. Je ne crois pas être tombé amoureux de Chloé le premier jour des classes mais ma mère va faire les mêmes conclusions qu'elle, c'est certain. Je vais certainement me faire passer un savon mais je m'en fiche. Cette règle est stupide !

Merde… je suis vraiment amoureux de Chloé… ça craint !

Je ne sais pas du tout quoi lui dire, quoi faire. Je suis complètement perdu. Si je dois lui dire la vérité, j'imagine que je ne dois rien omettre. Si je lui dis que je peux lire dans ses pensées, j'imagine que je dois aussi lui dire que j'ai de forts sentiments pour elle. Et, si je me sens prêt pour la première révélation, la seconde me semble insurmontable. Parce que je n'ai pas le droit d'avoir des sentiments pour elle, vraiment pas. Il y a Peter !

-Ne t'en fais pas Tory, je me redresse. Je ne vais pas lui dire aujourd'hui. Je ne vais pas risquer de gâcher noël.

-Mais tu en as très envie, souligne-t-elle.

-C'est vrai.

-Tu semblais piégé tout à l'heure, qu'est-ce que tu vas lui dire ?

-Je vais me débrouiller, ne t'inquiète pas.

Je passe une main rassurante sur le haut de la tête de Victoria. Je lui souris et lui assure qu'elle n'a pas besoin de s'inquiéter. Nous retournons vers le salon pour découvrir qu'il est maintenant plein à craqué, que tous les invités ou presque sont installés autour de la table. La petite fonce vers son père et s'accroche à sa jambe en hurlant que noël est vraiment sa fête préférée. Je souris attendri par ce spectacle avant de m'asseoir entre Elijah et Chloé.

Je déplie ma serviette alors que Luna me tend un verre de punch sans alcool. Je la remercie le sourire aux lèvres. Je me tourne vers la rousse qui semble vraiment émerveillée par cette famille réunie, cette ambiance et ce repas plus que copieux qui commence à arriver. Je me penche à son oreille et y murmure :

-Le secret de notre famille, c'est ça : être toujours là les uns pour les autres.

-Ce n'est pas vraiment un secret ça, Evans, sourit-elle.

-Peut-être mais c'est la vérité. Et, que tu le veuilles ou non, Loïs Lane, tu fais maintenant partie intégrante de cette famille.

Je peux presque voir le choc provoqué dans ses yeux à cette nouvelle. Je lui fais un clin d'œil en lui souriant un peu plus. Qui aurait pu croire que quelqu'un comme moi aurait le droit à autant de bonheur et à une si belle et grande famille ? Personne et certainement pas moi.

Le dîner est bien avancé quand je sens une mains agripper mon épaule. Je tourne légèrement la tête sur la gauche pour découvrir le visage souriant de Clarke. Elle rit à une blague de Rae avant de se pencher à mon oreille et d'y souffler :

-Lexa et moi, nous aimerions te parler deux minutes. Rendez-vous dans la salle télé p'tit mec.

Je laisse Clarke s'éloigner, avant de finir ma discussion avec Elijah et Aiden. Je jette un regard à Chloé qui est en pleine conversation avec mes mères. Dès qu'il s'agit de Raven, la rousse a toujours le mode fangirl bien activé dans ses pensées, ce qui est assez drôle et très contradictoire avec le comportement qu'elle a face à elle. Je dois bien avouer qu'elle a une sacré force de caractère. Luna est vraiment heureuse d'avoir l'occasion d'un peu mieux connaître mon amie.

Je me lève discrètement et pourtant, j'attire immédiatement le regard de Chloé. Elle écoute toujours ce que dit Raven mais son attention est principalement centrée sur moi. J'esquisse un sourire timide avant de lui murmurer que je reviens vite. Elle fronce les sourcils et je sens son regard dans mon dos jusqu'à ce que je sorte du salon. Je soupire en retrouvant le calme dans le couloir vide. Je laisse mes doigts glisser sur la rambarde des escaliers menant au premier étage et je me plante devant la porte qui dessert la salle télé. J'imagine que Lexa a fini par lire dans les pensées de Chloé. Je me demande si elle va me donner des conseils ou non.

Je baisse les yeux quelques secondes, joue nerveusement avec mon nœud papillon avant de frapper poliment et d'entrer immédiatement. Je découvre Clarke et Lexa tout sourire sur le canapé au milieu d'une discussion sur le prénom de l'enfant que la brune porte. J'arrive en traînant des pieds. Je souris un peu plus à Lexa, nous sommes tous les deux bien conscient que le prénom est déjà trouvé. Je manque d'éclater de rire lorsque la blonde surprend notre regard mais je me fais plus discret en m'installant sur la table basse, juste en face d'elle.

-C'était quoi ce regard de complicité entre vous ?

-C'était rien, sourit Lexa, arrête de te faire des idées.

-Oh mon dieu ! Tu es en train de me mentir, je n'arrive pas à le croire, depuis quand tu me mens Lexa Woods ? Nangila, elle me pointe du doigt, dis-moi immédiatement de quoi il s'agit. Parce que tout ça, elle fait des gestes excentriques avec ses mains, c'est de la triche !

-C'est rien, je souris.

-Je n'en crois pas un mot !

-Bon d'accord, je souffle, c'est juste que Lexa a une idée assez précise du prénom qu'elle veut donner et qu'elle attend le bon moment pour t'en parler.

-Nangila, s'offusque Lexa.

-Vraiment ? Pourquoi tu ne me le dis pas maintenant ?

-Ce n'est pas le bon moment, grogne la brune. Je retiens p'tit mec, je vais te le faire regretter.

-Désolé, je souris, mais Clarke a tendance à m'effrayer quand elle commence à gigoter de cette manière.

-Je ne gigote pas, bougonne la blonde.

-Tu gigotes mon amour, s'amuse la brune.

-Bref, coupe court Clarke, nous ne sommes pas là pour parler de mon non gigotage.

-Je crois que ce mot n'existe pas, je m'amuse.

-On s'en fiche ! Sale gosse, va !

-Ce que veut dire Clarke, c'est, elle lance un regard noir à sa compagne, que nous avons peu de temps avant que tout le monde remarque qu'il y a trois absents à la table. Nan', je… j'ai réfléchis à notre discussion de ce matin et je me suis permis d'en parler avec Clarke.

-Je comprends, je baisse les yeux.

Je perçois du mouvement et quelques bruits que je n'arrive pas vraiment à reconnaître. Puis, je sens des doigts sous mon menton qui me pousse à tenir ma tête plus haut. Je croise alors le regard de Lexa qui semble bien plus fort qu'à son habitude. Je remarque aussitôt que la main de Clarke est en soutient sur son épaule. J'esquisse un sourire mais même moi, je sens qu'il n'est pas aussi vrai qu'à son habitude.

Lexa semble chercher ses mots même après tout ce temps, elle reste excessivement prudente lorsqu'elle doit prendre la parole. Par moment ça semble un exercice tellement difficile pour elle que je me rends compte de la chance que j'ai eu d'avoir été presque toujours entouré de personnes en qui je pouvais avoir confiance pour parler de ce qui faisait de moi quelqu'un d'exceptionnel.

Je ne peux qu'imaginer la douleur qui devait enserrer son cœur alors que les mots étaient certainement devenus son pire ennemi. La brune me sourit, un étirement assez semblable à celui qui peut habiter les lèvres de Luna. C'est assez étrange de trouver tant de similitudes entre elles. Leurs cœurs ont choisi de les faire sœurs et alors que le sang ne les lie d'aucune manière, il y a parfois des mimiques qui empêchent qui que ce soit de pouvoir dire qu'elles ne sont pas sœurs.

-Je l'ai fait p'tit mec, finit-elle par me dire. J'ai lu dans les pensées de Chloé.

Soudainement, juste comme ça, en un claquement de doigts, elle gagne toute mon attention. Je crois que de toute ma vie, je n'ai jamais été aussi attentif. Je suis prêt à entendre ce qu'elle a à me dire. Vraiment. J'ai besoin de savoir.

-Tu m'as demandé ce que je ferais à ta place, souligne-t-elle.

J'acquiesce et je remarque que les doigts de Clarke se serrent un peu plus sur l'épaule de Lexa. Je fronce les sourcils. Peut-être… je réalise seulement que je ne vais peut-être pas aimer ce que je vais entendre. Je n'avais pas pensé à ça, pas une seconde. Je suis subitement effrayé par la suite des événements.

-La vérité, c'est que je ne suis pas à ta place, finit par souffler Lexa. Mais, elle caresse ma joue, je pense, elle ferme les yeux, que je foncerais.

-Tu foncerais, je répète incertain de bien comprendre.

-Il y a longtemps quand Clarke et moi n'étions… qu'est-ce qu'on était ? demande-t-elle en se tournant vers la blonde.

-Une fille normal, dit Clarke en se pointant du doigt, et un fantôme, finit-elle en désignant Lexa.

-Des colocataires, souligne Lexa. Nous étions colocataires. Je ne connaissais pas Clarke et à vrai dire je ne voulais pas la connaître et j'ai senti qu'elle était en danger alors… j'ai juste foncé. Parce que parfois… nous devons juste arrêter de réfléchir. Tu t'en fiches d'exposer ton secret si c'est pour protéger une personne qui compte pour toi.

-Tu l'as fait ? je demande, exposer ton secret.

Lexa me sourit avec des yeux rieurs et je comprends qu'elle l'a fait plus d'une fois. Je hausse un sourcil espérant obtenir un peu plus de réponses. Clarke éclate de rire avant de m'avouer :

-Il y a cette fois, où elle a débarqué chez Lincoln, trempée jusqu'aux os alors qu'elle n'était même pas censée savoir où je me trouvais. J'étais au plus mal et elle est juste apparue comme par magie en un claquement de doigts.

-Ouais, j'ai fait ça, sourit Lexa timidement.

-Oh et il y a la fois où je suis tombée sur des indésirables et j'ai pensé genre cinq secondes que je voudrais juste partir loin de tout ça quelques jours. Devine ce qu'il s'est passé?

-Vous avez disparu quelques jours ? je demande.

-Exactement p'tit mec ! C'est la première fois que je suis venue à New Haven. La fois où j'ai découvert l'existence de cette tortue de malheur, que j'ai rencontré ton grand-père, j'ai aussi adopté Meeko que je ne voulais pas appeler Meeko parce que je trouvais ça trop enfantin mais sans que je ne le propose, Lexa a suggéré ce prénom.

-Ce que veut dire Clarke…

-… c'est que tu n'es pas obligée de le dire à Chloé tout de suite.

-Tu peux te contenter d'être là pour elle au bon moment.

-Ta capacité t'offre un énorme avantage, sourit Clarke avant de jeter un regard empli d'amour à Lexa. Même si maintenant que j'y réfléchis, c'était un peu de la triche tout ça.

-Tu vas t'en plaindre peut-être ?

-Absolument pas !

Lexa secoue la tête comme pour se reprendre. Elles sont vraiment adorables toutes les deux. Un seul regard et elles oublient le monde qui les entoure. Les iris émeraudes s'ancrent à nouveau dans mon regard. Elle sourit avant de conclure :

-Ce que nous voulons dire, c'est que tu n'es pas obligé de lui exposer tout ce que tu sais mais rien ne t'empêche de suggérer que tu en sais bien plus qu'elle ne veut bien te le dire.

-Et si un jour elle est vraiment en danger ? je ne peux m'empêcher de demander.

-Tu le sauras, m'assure Lexa. Nous avons un lien plus fort avec ceux qui sont importants pour nous. Je suis capable de dire ce que ressent mon père à cet instant même. Et si ça arrive, ce que je ne souhaite pas, tu n'auras qu'à foncer pour être présent pour elle sans oublier de décrocher ton téléphonne, nous sommes aussi tous là pour toi et par extension pour elle, Chloé est importante pour toi, un aveugle le verrait.

-D'ailleurs, sourit Clarke, ne pas respecter la règle numéro une de Raven… où avais-tu la tête ?

Je me sens de nouveau rougir. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec cette règle stupide aujourd'hui ? Ça devient ridicule !

Je ne suis pas amoureux de Chloé à la fin ! Enfin pas vraiment, du moins, j'essaye de m'en convaincre. Et puis je peux tenir à elle sans que ça dépasse le stade de l'amitié, non ? Oh et puis merde ! Oui, je suis amoureux mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas respecté la règle de Rae !

Je l'ai respecté ! Je ne suis pas tombé amoureux le premier jour de la rentrée. Nous sommes en décembre alors ça fait bien longtemps que l'échéance s'est achevée, non ?

Lexa éclate de rire et je comprends qu'aucune de mes pensées ne lui a échappé. Je sens mes joues chauffer encore plus à ce constat. Elle se relève un peu difficilement, sa main gauche cherche celle de Clarke et sa main droite se place sur le haut de ma tête. Ses yeux sont toujours rieur et j'ai du mal a soutenir son regard.

-T'en fais pas p'tit mec, s'il le faut, je ferai barrière entre Rae et toi le jour où tu te sentiras prêt à lui annoncer.

-Ouais, sourit Clarke, moi aussi, même si tu aurais, tout bien réfléchi, dû lui dire le jour de la rentrée, elle était dans un autre monde avec cette échographie.

-Mais je n'étais pas…

-Désolée p'tit mec, se moque Lexa, mais ça se voyait déjà comme le nez au milieu de visage.

-C'est impossible, je n'étais pas…

-Pourquoi crois-tu que Luna ait fait tout ce scandale en l'apprenant ? voulu savoir Clarke amusée.

J'écarquille les yeux, je n'avais jamais vu ça sous cet angle. Je secoue la tête. Non. C'est ridicule. Pour la simple et bonne raison, qu'à ce moment là, je n'étais pas amoureux de Chloé. Je ne le suis toujours pas, enfin pas vraiment, ça dépend des moments et de ma volonté.

-Tu sais, ce n'est pas parce que tu ne t'en es pas rendu compte que c'est faux, me taquine la blonde.

-Clarke, je m'offusque.

-Très bien, ça suffit les enfants, sourit Lexa. Nous arrêtons pour aujourd'hui. Nan', si tu as le moindre doute, n'oublie pas que je suis là.

-Je sais Lexa.

-Et un dernier conseil, se moque clairement sa compagne.

-Clarke, grogne Lexa qui a certainement deviné la suite de sa phrase.

-Tu ferais bien d'éviter le gui toute la soirée ! Si tu passes ne serait-ce qu'une seconde en dessous, je ne te manquerai pas p'tit mec !

Je rougis de plus belle alors que Lexa doit presque pousser Clarke loin de la salle télé. J'entends encore le rire de la blonde alors que la porte se referme. Je regarde mes mains avec une attention telle que je doute qu'elles le méritent vraiment. Je reste encore assis sur la table basse de longues secondes, perdu dans mes pensées.

Être présent pour Chloé au bon moment sans pour autant lui révéler tout ce que je sais et ce que je peux faire. Cela me semble être plutôt un bon plan, ou tout du moins, une bonne ébauche de plan. Je souris, ça à plutôt bien fonctionné pour Lexa et Clarke.

Je retourne dans le salon le sourire aux lèvres, en croisant Luna je l'embrasse sur la joue. Puis je repère Chloé, depuis qu'elle est à New Haven, elle ne semble plus tellement détester les enfants. Elle semble en plein milieu d'une partie de jungle speed avec Victoria, Charlie, Camille et Audrey. Je souris en apercevant Lydia les regarder avec envie. J'attrape ma petite sœur par les hanches. Je la fait voleter quelques secondes ce qui la fait éclater de rire. Je nous pose devant la table de jeu en affirmant que nous nous ajoutons au prochain tour.

La fin de la soirée se déroule dans la joie et la bonne humeur. J'arrive à laisser tous les problèmes de côté, enfin tous sauf celui qui consiste à éviter le gui que Clarke s'amuse à changer un peu trop de place à mon goût.

Je ne regarde plus Chloé de la même manière. Maintenant, je suis certain que je vais trouver un moyen de la protéger. Peut-être pas par mes seuls moyens, j'ai ma famille. Ma famille, nous l'avons pour nous protéger envers et contre tout.

Cette façon qu'on eut Clarke et Lexa de me prendre à part pour me parler de Chloé m'a rassuré. Grâce à elles, je sais au plus profond de mon cœur que Chloé fait officiellement partie de notre famille atypique. Ce ne sont pas juste des mots lancés en l'air, c'est une promesse. Nous allons la protéger.

J'attrape un plaid en remarquant la rousse installée dehors sur la balancelle. Je sors sans la moindre hésitation puis je ressens une certaine incertitude. Je me place à côté d'elle sans pour autant m'installer. Je lui tend la couverture en gardant le regard river sur le ciel sans étoile. Il s'est arrêté de neiger mais les nuages sont toujours présents.

La couverture glisse loin de mes doigts et Chloé souffle un remerciement. J'inspecte le toit de la terrasse juste au cas où et je souris en remarquant que Clarke n'a pas usé de son diabolisme jusqu'ici. Un léger soupir de soulagement s'échappe de mes lèvres. Je m'avance jusqu'à la balustrade et m'accoude dessus. Il fait trop noir pour que je les distingue mais les écuries sont juste en face, je peux percevoir les chevaux hennir et les chiens gémir pour sortir une dernière fois malgré l'heure indécente. Les bruits à New Haven m'ont toujours rassurés. C'est, je crois, le premier endroit dans lequel je me sois senti en sécurité. Si on tend bien l'oreille, d'ici je peux entendre la mer, le vent se perdre dans les feuillages de la forêt. Il n'y a pas vraiment de place pour les pensées. C'est calme.

Je tends la main alors que j'aperçois un nouveau flocon. Qui aurait cru un jour que je verrais la neige ? Je souris un peu malgré moi. Je suis heureux. Je n'ai pas de doute à avoir sur ce fait. Je suis chanceux. De ceci, je suis certain. Je jette un œil à Chloé qui s'est complètement enveloppé dans le plaid. J'aimerais lui donner un peu de mon bonheur et de ma bonne fortune. Je ne suis pas né sous une bonne étoile mais j'en ai trouvé une, j'espère que elle aussi.

-Merci, souffle-t-elle alors que je ne m'y attendais pas. Merci de m'avoir presque traîné de force jusqu'ici.

-Il n'y a pas de quoi !

-J'espère que ton égaux ne va pas s'en retrouver démesuré mais je crois que c'est le meilleur noël que je n'ai jamais passé.

-J'en suis heureux, je lui assure avant de m'asseoir à côté d'elle, vraiment. Je n'avais jamais compris que noël puisse être si important avant de vivre le premier ici avec Luna.

-Je suis certaine qu'elle a dû te pourrir de cadeaux.

-En fait… pas vraiment. J'avais un peu de mal avec le principe des cadeaux. Elle m'avait tout de même demandé d'écrire une liste, ce que j'ai fait mais tout ce que je voulais, c'était passer un peu de temps avec tout le monde. Mon cadeau, c'était ça, j'affirme en montrant le salon d'un signe du pouce, cette soirée.

-Tu es vraiment atypique Nangila Evans.

-Merci.

-La plupart des gens ne s'en vantent pas, sourit-elle comme un écho de notre première conversation.

-Je ne suis pas la plupart des gens, je récite presque.

-Je commence à m'en rendre compte, oui, conclut-elle en venant appuyer sa tête contre mon épaule. Et, j'adore ça.

Après quelques secondes de silence à observer le paysage blanchir un peu plus chaque minutes, je détourne les yeux pour les laisser tomber sur une chevelure flamboyante. Je dis alors sans y réfléchir :

-Je vais venir passer tout l'été ici.

-Tout l'été, répète-t-elle sûrement pour mieux assimiler mes mots.

-Tu pourrais aussi, j'assure.

-Non, jamais, me contredit-elle tristement. L'administration, ne l'autorisera pas. Une semaine ou deux, à la limite et encore… j'en suis pas certaine.

-Attends une seconde, je m'écarte d'elle, tu veux dire que depuis que tes parents sont en prison, tu n'es jamais partie en vacances ?

-Je ne suis jamais partie en vacances tout court Nangila. Ça ne me manque pas, il y a l'Entrepôt.

-Qu'est-ce que tu fais du programme des vacances pour tous ?

-Pour me retrouver avec une ribambelle de gamins de huit à douze ans, non merci, très peu pour moi.

-Et pour te retrouver avec moi ?

-Très drôle Nan', tu ne peux pas te retrouver dans ce genre de programme, souligne-t-elle. Dois-je vraiment te rappeler que tu es un de ces gosses qui pue le fric de ses parent à trois kilomètres à la ronde ?

-Oui mais…

-Quoi ? Tu vas trouver une solution miracle ? sourit-elle moqueuse.

-En fait, oui.

Chloé fronce les sourcils et me dévisage pendant un temps infini avant de me frapper l'épaule en me demandant en riant :

-Arrête de te moquer de moi. Tu vas me manquer… deux mois, c'est trop long.

-La ferme accueille une dizaine d'enfants chaque année pour les vacances pour tous, je débite très vite.

La rousse écarquille les yeux au possible. Elle se demande pendant une seconde si je suis en train de lui faire une mauvaise blague mais elle comprend très vite que ce n'est pas le cas. Elle me fait alors, ce que je suis certain, le plus beau sourire qu'elle ne m'est jamais accordée. Elle laisse de nouveau sa tête tomber sur mon épaule avant d'affirmer :

-Je crois que je vais aller chercher un de ces fameux dossiers dès mon retour à New-York. Merci pour ce merveilleux cadeau Nan'.

-De rien, je réponds amusé.

-Je t'interdis d'avoir la grosse tête espèce de sale gosse de riche ! Est-ce que je t'ai remercié ? Naaan, pas du tout !

-Tu l'as pensé si fort que je l'ai entendu, j'affirme amusé.

-N'importe quoi ! Arrête de prendre tes désirs pour la réalité.

-Très bien.

-Parfait.

Un nouveau silence s'installe entre nous et pendant une seconde je crois qu'elle s'est endormie avant de l'entendre murmurer :

-Merci quand même.

oOoOo

Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Nangila qui s'inquiète pour Chloé, demande conseil à son entourage et qui doucement, finit par s'avouer qu'il est un peu (bon, d'accord beaucoup) amoureux de la jolie rousse. C'est pas trop mal pour un réveillon de noël, non ? Et ne vous en faites pas, pour ceux à qui ça a manquer, le Clexa revient dans le prochain chapitre.

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : Anthony Hamilton- Her Heart

Information :

Certaine personne m'ont demander si je comptais écrire une suite de IHYV entre autre centrer sur Nangila et Chloé (et toute la nouvelle génération) pour le moment, se n'est pas dans mes projets étant donner que j'écris NMRP et que j'ai un projet Clexa dont je vous parlerai prochainement en cours d'élaboration. L'idée n'est pas mauvaise, je ne la jette pas à la poubelle mais si elle voit le jour se ne sera pas pour tout de suite. De plus, je ne sais pas si je peux publier cette suite potentielle sur ce site... il ne me semble pas que ça resterait dans le cadre de la fanfiction... il faut que je me renseigne.

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « ... », bon comme vous l'aurez deviner avec mon speatch de début, je n'ai absolument pas fini le prochain chapitre, donc pas de titre... ^^". Pour ceux qui lisent NMRP, je vous retrouve vendredi, certainement entre 16-18 h !

Aller je vais me coucher, bonne journée ! ;)

GeekGirlG.