Au petit déjeuner le lendemain, on nous distribua nos emplois du temps. On commençais par 4 heures de potion, puis 2 heures de métamorphose suivit d'un cours de vol l'après midi. En fait, on commençait par la journée la plus chargée. Ô joie !

Je sursaute quand une rafale de hiboux surgit dans la salle, amenant le courrier. Il faut que je pense à écrire à mes parents d'ailleurs, ce qui veut dire trouver la volière et donc prévoir un créneau d'au moins 2 heures si je prend en compte le fait qu'on s'est déjà paumé en descendant dans la grande salle. En face de moi, James poussa un petit cri :

- Chouette une beuglante.

Ce qui lui attira de nombreux regards incrédules. Personnellement, je ne m'étonne déjà plus de la manière de penser de James.

Sirius, à qui la beuglante était visiblement adressé, semblait lui lutter pour garder un air d'indifférence mais il ne put cacher un léger tremblement des mains quand il ramassa l'enveloppe rouge et l'ouvrit. L'enveloppe se déchira alors en une bouche qui prit une grande inspiration pour remplir ses poumons imaginaires . Bientôt de grands cris résonnèrent :

- SIRIUS BLACK ! POURQUOI JE NE SUIS PAS ÉTONNÉE DE VOIR QUE TU AS ENCORE TROUVER UN MOYEN D'HUMILIER TA FAMILLE ! TON PÈRE ET MOI ALLONS FAIRE LES DÉMARCHES POUR UN TRANSFERT À SERPENTARD. EN ATTENDANT NOUS TE DÉFENDONS DE TE MÉLANGER A CE TAS DE SANG-DE-BOURBE ET DE TRAÎTRES A LEURS SANGS ET TU IRA REJOINDRE TA COUSINE NARCISSA PENDANT TON TEMPS LIBRE .

La beuglante reprit son souffle et continua sur un ton encore plus menaçant :

- NE NOUS POUSSE PAS A BOUT SIRIUS.

Et l'enveloppe se déchira en petit morceaux qui vinrent se mélanger avec le bacon. Je restais choqué. J'avais bien compris que la famille de Sirius ne serait pas contente de savoir que leur fils était sorti à Gryffondor mais la réaction me paraît extrême. Sirius reste figé, les sourcils froncés.

- Un transfert à Serpentard…

- Faudra me passer sur le corps, assura James la bouche pleine.

Aussi touchante qu'était cette déclaration, Sirius ne fut pas convaincu :

-Tu te surestimes un peu là, tu sais pas de quoi ils sont capables.

-C'est toi qui me sous-estime, répondit James avec un air un peu flippant collé sur son visage.

-Ne vous inquiétez pas Mr Black, dit une voix dans mon dos.

Je me retournais pour faire face au triste sourire du professeur Dumbledore.

- Je vais écrire à vos parents pour les raisonner.

Sirius grimaça.

-Bonne chance avec ça Mr le directeur.

Dumbledore ne répondit pas, à la place il se tourna vers moi.

-Je crois que vous avez également reçu une lettre Mr Lupin.

Et il se dirigea vers la sortie, faisant voler le bas de sa longue robe jaune avec grâce. Classe !

Effectivement, une enveloppe m'attendais dans mon assiette. Je m'empressais de l'ouvrir pour trouver un mot de Dumbledore qui me demandais de venir le voir après manger pour parler de nos arrangements, avec en précision l'emplacement de son bureau et le mot de passe pour y accéder. Je mis discrètement le message dans ma poche parce que je préfère éviter que mes camarades ne me posent des questions à ce sujet. Heureusement, tous le monde est encore trop focalisé sur l'expérience matinale de Sirius pour me prêter attention.

On fonce en quatrième vitesse récupérer nos affaires dans le dortoir et on redescend les sept étages et plus jusqu'au cachots pour assister à notre premier cours.

Les deux premières heures de potions sont purement théoriques, le professeur Slughorn nous présente la matière et on commence à lister certaines plantes et leurs propriétés. Notre professeur est un gros petit bonhomme chauve muni d'une moustache de morse âgé d'une soixantaine d'années, jovial et étonnamment gracieux pour un homme de sa stature. Pour la seconde partie de la matinée, il décide qu'on est prêt pour commencer une potion élémentaire. La classe se réveilla à la perspective d'un peu de pratique. En ouvrant mon manuel de potion, un papier tomba par terre. Je le ramassais pour lire le message inscrit dessus à l'encre verte :

Compagnon des moldus qui me lis, j'ai un défi :

J'ai caché dans ce château un certain nombre d'objets non magiques mais bien utiles qui seront accompagnés d'indices pour t'aider dans ta quête. A la fin du parcours se trouvera une belle récompense.

Cette chasse aux trésor est ma contribution pour faire connaître nos amis les moldus, trop souvent méprisés par notre communauté.

A.W.

Ps : Je place ce message à l'intérieur d'un des seuls livres de première année que j'ai conservé. Sache que ce livre était déjà d'occasion quand je l'ai acheté et j'ai essayé d'en prendre le plus grand soin.

Au verso du message se trouvait le premier indice :

Va là où tout communique et demande Marilyn.

Je rangeai le morceau dans mon sac et essayait de me concentrer sur la potion.

Là où tout communique? Le hall? La grande salle? La volière? c'est ça la volière! Et Marilyn est probablement une chouette.

-Remus, tu découpes en petits morceaux des pattes d'araignées.

-Hein ?

-Tu découpes en morceaux des pattes d'araignées.

-Et ?

-Et pour l'instant il faut juste prendre un pissenlit et le jeter dans l'eau.

-Ha...Désolé Peter.

Devant nous James et Sirius s'extasiaient devant leur chaudron. Des bulles vertes éclataient à la surface de l'eau et vu la tête de Slughorn, c'était sûrement pas l'objectif. Je vis James remplir discrètement une fiole du liquide et la cacher dans sa robe alors que Sirius donnait une explication bancale pour s'être trompé de page.

A la fin du cours, on retourna dans la grande salle pour déjeuner. Une fois assis à notre table, James ressorti la fiole, l'ouvrit et Sirius lui lança un sort de lévitation, sa spécialité. La fiole traversa la salle, dodelinant dangereusement et s'arrêta un mètre au dessus de la tête du première année aux cheveux gras qui nous avait honteusement balancé hier après l'épisode du lac. D'un coup de baguette, Sirius fit tomber la fiole et je vis avec un mélange d'amusement et d'horreur une partie du visage et la main gauche de la victime tripler de volume.

A côté de nous, Lily Evans, une fille de notre année, poussa un petit cri de surprise.

-Severus !

James et Sirius affichaient un sourire démoniaque et je vis dans leurs yeux scintillants le signe que cet acte fondateur ouvrait le champ des possibilités sur un océan de trucs pas bien.

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La fin de la journée se déroula sans autres faits remarquables. La métamorphose s'annonça être une matière passionnante mais difficile et James se reprit une retenue pour avoir fait des looping en voulant frimer lors du cours de vol.

Je parlait du message de A.W. aux autres et on décida tous d'aller chercher à la volière. Contrairement à ce que j'avais craint, on y arriva facilement, suivant juste le flot d'élèves qui allaient écrire leur premier jour d'école à leurs parents. Peter, James et moi en profitons pour faire de même en réquisitionnant les hiboux de l'école et la chouette de James. Ce qui me rappelle d'ailleurs que Sirius n'est en rien en train d'accompagner sa cousine Narcissa comme on lui avait instamment demandé et à voir sa tête il s'en fiche.

On attendit en discutant de notre première journée que la volière se vide avant d'appeler :

-Marilyn ?

Un pigeon vint se percher sur la tête de Peter. On le regarda tous un peu surpris.

-Euh...C'est elle Marilyn ? demanda James

-Peter, c'est un mâle ou une femelle ? Interrogea Sirius

-Comment veux tu que je sache, je vois rien d'ici !

-Marilyn la pigeonne, ça le fait comme nom ou pas ?

Je m'éclaircit la gorge.

-Euh...Marilyn, as-tu quelque chose pour nous ?

L'oiseau me regarda d'un air méprisant et commença à béqueter affectueusement la tête de Peter.

-Un pigeon snob, grimaça Sirius.

-Elle t'aime bien Peter, remarqua James. Demandes lui toi.

Malgré son air sceptique, Peter encercla délicatement le pigeon débordant d'amour de ses mains et le ramena à hauteur de ses yeux.

-Miss Marilyn la pigeonne, jadis quelqu'un est venu te confier une quête…

-Pousse pas non plus, ça reste un pigeon, s'amusa James.

Marilyn se retourna pour lui lancer un regard assassin avant de se retrouver de nouveau captivée par les paroles de Peter.

-...nous somme là pour t'aider à l'effectuer. Aurais-tu ce nous venons chercher ?

Le volatile s'envola aussitôt dans un coin de la volière. On la suivit en montant les escaliers et l'on découvrit une petite cache où Marilyn semblait s'être installée. On y trouva un rouleau de ce que je reconnaissait être du papier aluminium accompagné d'une enveloppe contenant 2 nouveaux messages. Le premier disait :

Papier Amulinium. Très flexible. J'ai lu un jour qu'un incendie s'était déclaré à la suite d'une réaction avec du papier comme celui-ci. J'en ai donc conclu qu'il produisait du feu d'une manière ou d'une autre. Je n'ai jamais trouvé comment par contre donc je l'ai enchanté pour qu'il puisse s'embraser quand vous en enlevez un bout du rouleau et prononcé le mot « rascarcapac ».

James et Sirius s'empressèrent de tester. Un peu étonné d'apprendre que personne ici ne semble connaître le papier aluminium, je contemple cette nouvelle arme de destruction massive s'enflammer entre les mains de mes deux psychopathes de camarades.

Je me rabats alors sur le deuxième message, celui donnant le prochain indice, je lis à voix haute :

Trouves la tapisserie de Pierrot Le Fou, marche 5 foulées d'hippogriffe au galop vers le sud et 10 vers le nord. Décroche le portrait qui se trouve à ta gauche, il y a derrière une cachette secrète où tu trouveras le prochain trésor.

A.W.

-Ce château est rempli de tapisseries et de tableaux, ça va pas être simple, dis-je.

-Je pense qu'il vaudrait mieux se séparer sur celui là, réfléchit James. Le premier qui trouve la tapisserie retourne informer les autres.

-Est-ce qu'on gagne quelque chose ? s'intéresse Sirius.

-J'ai trouvé une mornille par terre tout à l'heure, essaie Peter

-Le choix de son créneau d'utilisation de la salle de bain, je propose.

On se regarde tous avec défi. L'accès à la salle de bain avait été l'objet d'une dure bataille le matin même, tous luttant pour rester au lit le plus longtemps possible.

-Deal !

lelelelelelelelelelelelelelelelelelelelelelelelelelele

Après le dîner, la recherche de la tapisserie me donna une bonne excuse pour m'isoler et me rendre au rendez-vous donné par le directeur.

J'arrivais devant la gargouille en ne me trompant que deux fois de chemin.

-tête de gnome

La gargouille s'écarta pour faire apparaître un escalier en colimaçon. Intimidé je le laissais me guider jusqu'au bureau du directeur pour l'instant encore vide.

Je remarquais avec intérêt le choixpeau perché sur une armoire et je fus tenté de l'essayer de nouveau. Après en avoir discuté avec Sirius et Peter, il apparaît que le choixpeau vous parle lors de la répartition en attendant de prendre sa décision. Mais pour moi et James, il n'a pas daigné argumenter. D'un côté c'est flatteur, de l'autre j'ai peur qu'on vienne me dire qu'il a eu la flemme sur le moment et qu'il a finalement changé d'idée.

Je me reporte sur le reste du bureau, rempli d'objets insolites en tous genre que je n'ose pas toucher et je m'extasie quelques minutes sur le jeune phœnix perché à droite du fauteuil directorial. Mon père qui n'a pas de travail fixe, du moins pas depuis ma morsure, m'emmène souvent dans la nature pour observer certains esprits et créatures magiques jusqu'à parfois camper dans la forêt pendant des jours. Alors je réalise bien la chance de voir un oiseau aussi beau et rare que celui-ci. Et en général les animaux m'aime bien. A part Marilyn.

Je m'asseyais, ressentant déjà un peu les effets de prochaine pleine lune qui aurait lieu dans seulement 4 jours et m'endormis à moitié, la tête contre un presse papier en forme de chat recouvert de vrai fourrure.

C'est comme ça que me trouva le directeur dont le visage cachait mal l'amusement à mon expression d'horreur puis de gêne quand mon prétendu presse papier se transforma en mon professeur de métamorphose. Pour ma défense, elle avait une posture super raide et était complètement immobile, ça faisait pas chat vivant.

- Prêt pour la visite Remus? Je te prie d'excuser l'heure tardive mais je préférais attendre qu'il n'y ait plus d'élèves dans les couloirs avant d'y aller.

On descendit ainsi dans le parc, Dumbledore se plaisant à me faire part de différentes anecdotes sur certaines parties du château, j'en profitait pour lui demander l'emplacement de la tapisserie de Pierrot le fou. Mwahaha ! À moi la salle de bain. McGonagall fermait la marche sans dire un mot. Je me félicite assez de ne pas avoir caressé le chat, je pense que le regard qu'elle m'aurait lancé m'aurait hanté une bonne partie de ma vie.

On s'approcha d'un arbre dont les branches s'agitaient dangereusement à la façon d'un boxeur professionnel.

-Comme tu vois le saule cogneur aura un effet dissuasif sur tout élève trop curieux, m'expliqua Dumbledore alors qu'une branche vient s'abattre méchamment devant nous. Maintenant, dit-il en sortant sa baguette, voyons l'endroit ou tu iras pour tes transformations.

Il fit léviter une branche morte à l'abandon et la pressa sur le creux d'une racine. Soudain l'arbre s'immobilisa et je vis une entrée apparaître à sa base. On s'engagea dans le tunnel formé et bas de plafond pour aboutir à une vieille maison, remplie de vieilles fournitures avec de la vieille poussière dessus. On fit le tour du peu de salles vite fait car tout ça n'a pas beaucoup d'importance, je passerais la plupart de mon temps ici sous la forme d'une bête féroce.

-Les portes et les fenêtres n'ont pas l'air solide mais c'est une illusion, elles sont sous l'effet de multiples sorts de protection et d'anti-intrusion, je veux que tu comprennes que nous prenons ta protection et celle des autres élèves très à cœur.

Je hoche la tête pour dire que je comprends. Un peu rassuré, mes yeux s'attardent sur les fournitures. Elles sont en bon état et après seulement une nuit ici, je sais qu'il n'en restera plus grand chose. Je jette un coup d'œil furtif aux deux adultes à mes côtés, je me demande s'il se rende bien compte de la violence de mes transformations.

-Mr… commençais-je en me sentant un peu ridicule.

Le directeur me passa instantanément aux rayons X.

-Les meubles ici n'ont aucune valeur. La maison était destinée à être détruite, ne te soucie que de toi.

McGonagall me regarda bizarrement, sans doute étonnée que je pense aux meubles quand ce qui m'attends ici sont de nombreuses nuits d'agonie.

-Tu devras te présenter à l'infirmerie au moins 2 heures avant tes transformations, et l'infirmière t'accompagneras jusqu'ici pour venir te rechercher le lendemain matin. Tu est libre de ne pas te présenter en cours le jour avant et après la pleine lune. Bien sûr cela peut s'étendre en fonction de comment tu supportes tes transformations.

Il s'arrêta et m'obligea à bien le regarder dans les yeux. Je suis un peu gêné par la compassion que j'y lis.

-Le professeur McGonagall étant ta directrice de maison, c'est à elle que j'ai laissé le soin de prendre en compte toutes tes demandes et questions éventuelles au sujet du traitement de ta condition. Tu peux venir aussi te confier à elle si tu te sens mal…

Il dut voir mon air effrayé à cette perspective car il rajoute :

-Ou à moi, ou a n'importe qui dans l'équipe enseignante.

Je décidais de poser une question à mon professeur de métamorphose, histoire qu'elle ne soit pas venue pour rien.

-Je donne quoi comme excuses à mes amis pour mon absence ?

-Pour ça Mr Lupin, débrouillez vous. Essayer de trouver quelque chose de crédible.

Je crois qu'elle m'en veut encore pour le coup du chat.

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Les prochains jours, je les passaient plus à chercher une excuse valable pour mes futures absences et à cacher la pâleur et la fatigue qui s'affichait sur mon visage qu'à me concentrer sur les cours. Heureusement, les premières heures étaient une succession de gaffes faites par des élèves encore peu familiers avec la magie et un manque total de concentration était vite prit pour de l'inexpérience.

Cela serait la première fois depuis ma morsure que j'aurais à gérer une transformation sans ma famille. A la maison je n'avais pas d'obligation et les jours avant la pleine lune étaient souvent passés à traîner mollement d'un point A à un point B. Si j'étais fatigué, j'allais dormir. Si j'avais mal à la tête je restais au calme, ce genre de chose.

Ici évidemment, c'était plus compliqué. Comment justifier qu'un enfant de 11 ans à priori en bonne santé lutte pour se maintenir éveillé à 2h de l'après midi. Me dépenser autant que les autres, ne pas écouter mon corps qui me supplie de ralentir s'avéra bien plus difficile que prévu, la retenue le vendredi avec le concierge tard le soir, passée à nettoyer une classe désaffectée du troisième étage finit de m'achever. Le lendemain midi malgré toute ma bonne volonté je ne pus éviter de ressembler à un inféri dépressif et bientôt les autres s'en inquiétèrent.

-Remus, va à l'infirmerie, dit James pour la 4ème fois de la journée.

-Je vais bien, dis-je impassible, en fait…

Le moment était venu de leur sortir mon excuse. J'y avait bien réfléchit ces deux derniers jours et j'avais décidé déjà de ne pas m'embarquer dans une histoire qui ne tiendrait qu'une fois, du genre « ma tante est morte dans d'atroces souffrances je dois retourner dans ma famille », au risque de devoir en trouver une nouvelle chaque mois et le fait est que je n'ai qu'un nombre limité de tantes. Je me suis donc rabattu sur un classique :

-Ma mère est malade, je dois partir la voir demain.

Ce qui est en partie vraie, ma mère est plus ou moins toujours malade, je ne vais juste pas la voir.

-Oh désolé pour toi, dit Peter.

Sirius me regarda sceptiquement :

-C'est toi qui à l'air malade là maintenant.

Je me tendit légèrement.

-C'est juste que ça m'angoisse de la voir comme ça, et en général les jours avant je stresse.

-En général ? Les jours avants ? Releva James avec intérêt.

-C'est une maladie chronique assez grave, expliquais-je, tous les mois elle a besoin d'une piqûre et les jours avants sont assez durs pour elle. Mes parents se sont mis d'accord avec le directeur pour que j'aille la voir à ces moments là et aider mon père à s'occuper d'elle.

-Qu'est-ce qui se passe si ta mère n'a pas sa piqûre ? s'enquérait Peter.

-Elle a de bonne chance de mourir…

Leurs visages reflétaient de la pitié et de la gêne pour ne pas savoir quoi me dire. Je me sentais coupable de leur mentir de façon si mélodramatique mais je préférait les savoir trop occupés à me plaindre qu'à s'intéresser de plus près à mes symptômes. Seul Sirius restait impassible. Évidemment, en quelques jours de vie commune, j'ai déjà remarquer que tout avec Sirius est plus compliqué.

-C'est quoi le nom de sa maladie ? Demanda-t-il

Ah merte, j'ai pas pensé à ça.

-Un nom moldu, ça ne te dirais rien je pense, c'est un genre de carence si j'ai bien compris.

-Ta mère à une maladie moldue ?

J'avais oublié ça aussi. J'ai encore des doutes sur les opinions de Sirius vis à vis des moldus. Ça semble un sujet important pour certaines personnes ici si j'en juge par les insultes que s'est prises Lily, une des filles de Gryffondor de premier année après avoir révélé être née de parents non magiques.

-Ma mère est moldue, répliquais-je.

Je sais après tout que je n'ai pas à en avoir honte. Sirius pâlit.

-Dis moi que ton père est un sorcier.

-Oui c'est un sorcier, je m'agaçais. Les moldus te dérangent ?

Il me regarda sans comprendre, et soudain il réalisa :

-Non, non, c'est pas du tout ce que je voulais dire. Moi les moldus me vont très bien.

Il semblait être en plein conflit intérieur mais finit par prendre une décision car il afficha soudain un grand sourire franc :

-C'est pour ma famille tu sais, parce que je traîne déjà avec un traître à son sang, il désigna James, et là tu vois en ajoutant un sang-mélé...Mais bon je renonce à leur plaire, je vais dire au monde ce que je pense d'eux.

Un poids semblait être parti de ses épaules. Il vit dans un monde bien compliqué Sirius. Par contre je ne m'attendais pas à ce qu'il passe à la pratique aussi vite. Il monta sur la table, renversant nos verres aux passages :

-Écoutez moi bien tout le monde.

Mais sa voix ne portait pas assez. Vexé il se tourna vers Peter.

-Pete, essaie de faire léviter ton verre.

Une explosion plus tard la grande salle avait toute son attention.

-Je voulais juste vous annoncer que la famille Black était le plus beau ramassis de merde que le monde ai porté, merci.

Et il se rassit. Il y quelques signes d'assentiment de certains élèves. Le professeur McGonagall le reprit :

-Language Mr Black, retenue mardi soir.

Mais son ton manquait de conviction. J'en conclut que beaucoup dans la salle partageait son point de vue. Le problème, réalisais-je est que Sirius n'est pas le seul à porter ce nom ici et le beau visage de Narcissa était tordu de fureur quelques tables plus loin, ces voisins s'écartant instinctivement d'elle.

-Oh cool, dit James, moi aussi je suis en retenue mardi soir, j'espère qu'on nous mettra ensemble.

On éclata tous de rire et la tension se brisa.

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Comme je ne pouvait pas être parti voir ma mère et rester traîner dans les couloirs du château en même temps, je passait le jour de la pleine lune caché à l'infirmerie. Heureusement on était dimanche, je ne loupait pas les cours mais j'avais dû faire un arrangement avec Peter pour le lendemain.

Mme Pomfresh l'infirmière était une femme à l'allure décidée, elle parlait assez peu mais je pense qu'elle me considéra vraiment comme un patient ordinaire, à mon grand soulagement. En fait jusqu'ici, les membres de l'équipe enseignante ne m'ont pas traité différemment.

Ma première pleine lune à Poudlard fut dure, certainement parce que je l'ai abordé plus fatigué et tendu que d'habitude. Quand je me retransforme, il y a du sang un peu partout et la pensée que l'infirmière me voit dans cet état me fait paniquer. Si elle avait un doute sur ma monstruosité, après ce spectacle elle n'en aura plus. Et j'ai juste tellement honte. Je cache mon visage dans mes bras, tourné vers le sol, j'ai du mal à respirer et la tête qui tourne.

J'entendis quelqu'un entrer dans la pièce. Je sentis des mains passer dans mes cheveux et le son de paroles prononcées d'une voix douce mais dont le sens m'échappe. J'essaie de me détendre sans succès et je commence à subir le manque d'oxygène. On me retourne de force et me fait boire quelque chose puis tout devient noir.

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On ne reparla pas de mon attaque de panique avec l'infirmière. Elle a peut-être pensé que c'était normal, mais la vérité c'est que c'est la première fois que ça m'arrive. J'envoyais un message à mes parents pour les rassurer, m'excusant au passage auprès de ma mère pour avoir dit qu'elle était mourante (heureusement elle a un sens de l'humour étrange ma mère, ça devrait passer) et j'en profitait pour demander à mon père combien ça pouvait mesurer une foulée d'hippogriffe au galop.

J'avais complètement oublié de parler de la tapisserie à mes amis, je voulais déjà vérifier les informations de Dumbledore avant de crier victoire, après avoir été relâché de l'infirmerie, je fonçais au 4ème étage aile nord et cherchait la tapisserie. J'en remarquais une représentant un vieux bonhomme moyenâgeux agitant sa baguette de manière démente. En m'approchant, je compris qu'il était en train de mettre le feu à un village. Après rien n'est sûr que le gars s'appelle Pierrot, je choisit de lui demander :

-Mmmh...Pierrot ?

-C'est à moi que tu parles le gueux ?

Il arrêta momentanément sa folie furieuse. Je vis quelques villageois autour de lui pousser des soupirs de soulagement.

-C'est bien ton nom Pierrot ? Je vérifiais.

-C'est Pierre. Pierre ! Je t'apprendrais à me respecter mécréant.

Je le vis lever sa baguette et envoyer des flammes dans ma direction sans jamais réussir à m'atteindre. Ça le frustra tellement qu'il finit par disparaître pour aller visiter les autres tapisseries et recommencer à mettre le feu un peu partout.

Évidemment, il n'y avait pas vraiment de dégâts matériels puisque ce qui sortait de sa baguette était juste un feu de tissu qui ne détruisait même pas les motifs qu'il touchait. Malgré tout, les habitants de l'étage se mirent à hurler de terreur et je décidais de m'éclipser quand je tomba nez à nez avec le concierge.

-Encore vous, dit il de sa voix traînante, vous aimez, hein, vous et vos petits camarades, semer la pagaille, je vous ai déjà eu en retenue il n'y a pas si longtemps pourtant. Suivez moi.

Il attrapa le col de ma robe et me traîna avec lui jusqu'à son bureau où il sorti les papiers pour me coller une retenue tout en maugréant sur d'anciennes lois concernant les punitions corporels.

-Motifs : désordre et incitation à la haine.

-Hé !Je…

-Pas de ça avec moi mon gaillard. Je vous ai vu, vous lui avez à peine parler que ça brûlait partout.

Je le regardais compléter le formulaire, impuissant.

-Retenue demain soir. Partez maintenant.

Demain mardi donc, les grands esprits se retrouvent, je me dis un peu désabusé en pensant à James et Sirius.

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Et Peter, qui s'est également pris une retenue le même jour en cours d'astronomie pour avoir maladroitement casser la lentille du télescope de la prof. Pas sur d'avoir bien compris comment il s'est débrouillé pour faire ça, enfin c'est pour dire qu'avec toutes ces retenues j'ai bien peur que l'on ressortent comme des éléments prometteurs pour le milieu de la délinquance de Poudlard. Non seulement on est tous collés mais on s'est aussi débrouillé pour le faire de 4 manières différentes et pour la deuxième fois en moins d'une semaine. On astiquait les toilettes du 1er étage quand je décidais d'informer mes camarades que mon père n'avait pas d'idée précise sur la foulée d'hippogriffe :

-Il dit qu'il y en a un troupeau dans la forêt interdite et que le garde chasse pourrait nous renseigner, j'expliquais.

-Pourquoi on décrocherait pas tous les tableaux de l'étage ? demanda Sirius qui n'aimais pas attendre.

-Parce qu'on peut pas passer des heures à décrocher des tableaux sans se faire prendre par Rusard, remarqua James.

-Et parce que s'il me revoit traîner là-bas, c'est la semaine que je vais passer en retenue, je rajoutais.

James me tapota l'épaule en signe de réconfort.

-Tu y retourneras bientôt tu sais, c'est dans ta nature il va falloir l'accepter.

-Mais j'ai rien fait, je ne mérite même pas d'être là ! Protestais-je en lui balançant mon éponge.

-Justement, raisonna Sirius, si tu y vas sans faire d'effort c'est que ça doit être naturel.

Merde c'est logique.

-Le garde chasse à l'air sympa, Peter revint au sujet, je suis sûr que ça le dérangera pas.

-Ça coûte rien de demander, conclus James.

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Le gars qui n'a pas compris qui était A.W. est une bouse. Bon trêve d'insulte aux lecteurs, pour le prochain chapitre on a la suite de la chasse au trésor et l'introduction de concurrents. A vous de deviner qui ils sont et quels seront les prochains objets.