Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Encore et toujours merci mille fois pour vos nombreux retours, votre engouement pour cette fanfiction, c'est vraiment quelque chose d'incroyable !

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : J'ai promis du Clexa dans ce chapitre et, il va y en avoir ! ^^

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

Oh, her eyes, her eyes Oh ses yeux, ses yeux
Make the stars look like they're not shinin' Rendent les étoiles éteintes en comparaison
Her hair, her hair Ses cheveux, ses cheveux
Falls perfectly without her trying Tombent parfaitement sans même qu'elle fasse un effort
She's so beautiful Elle est tellement belle

Bruno Mars – Just The Way You Are

Chapitre 55 : Infiniment

Je me souviens parfaitement du jour où tout a commencé, celui où le bruit a pris toute la place. J'ai encore cette horrible sensation, celle de m'effacer alors que les pensées d'inconnus prennent place dans mon esprit. J'avais la sensation de ne plus pouvoir exister au milieu de tout ce boucan. Je n'avais même plus de raison de le faire. Je n'arrivais plus à réfléchir par moi-même alors je me suis construite une cage, une bulle, un havre de musique ou aucun autres sons n'avaient droit de passage, pas même ma propre voix.

Et puis, il y a eu ce rire qui a fait chavirer mon cœur. Le premier son qui ne m'ait pas fait oublier qui j'étais mais plutôt révélé. Ensuite, il y a eu ses iris d'un bleu magique, enivrant et révélateur. Un éclat parfait dans un monde qui ne l'est pas. Un premier pas vers le silence tant attendu. Un contact visuel et toutes les voix qui résonnaient dans ma tête, s'effaçaient pour ne laisser place qu'à la sienne et par extension, la mienne. Après il y a eu son sourire, ses expressions, ses magnifiques cheveux blonds, sa peau contre la mienne, ses mimiques, ses baisers, sa mauvaise humeur, ses larmes, ses joies et enfin son amour pour moi.

Oui, il y a eu son rire et puis plus rien n'a eu d'importance à part elle. Clarke Griffin était, est et restera mon grand amour. Et, ce n'est certainement pas aujourd'hui que je vais douter de ce fait. Je l'aime à en mourir. Elle me tient la main si fort qu'elle pourrait me faire mal mais ce n'est pas le cas. Elle ne me regarde pas mais moi, je suis incapable de la quitter des yeux. Elle est si belle. Les larmes dévalent ses joues et son sourire… son sourire est si grand, magnifique, merveilleux et tellement addictif.

Plus je la regarde, plus j'ai la sensation de pouvoir entendre son cœur. Il bat si vite. Elle semble tellement heureuse. Par moment, j'ai du mal à concevoir que ce soit moi, la fille blessée et brisée qui soit capable de lui procurer tant de bonheur. Mais elle m'a réparé de toutes les manières possibles et imaginables. C'est peut-être pour cette raison que je suis capable d'en faire de même pour elle. Je la rends joyeuse, je la comble de bonheur. Elle ne demande rien de plus. Enfin… presque mais elle ne serait pas Clarke si elle ne se battait pas un peu dans la boue pour obtenir quelque chose qu'elle possède déjà.

Une jeune femme d'une trentaine d'année s'approche de nous. La blouse rose pâle qu'elle porte fait un peu plus ressortir sa peau chocolat. J'entends sa voix mais je suis incapable d'assimiler ses mots. Plus rien n'a d'importance à part Clarke et le petit être chétif que l'infirmière lui confie. C'est une image parfaite que je veux graver dans ma mémoire à tout jamais. Je n'ai pas besoin d'autre chose que ce tableau d'une perfection qui ne pourra jamais être égalé. Je croyais avoir vu toutes les façons de sourire de Clarke. Je ne pensais pas que je pourrais encore croire n'avoir jamais rien vu d'aussi beau mais à cet instant cette manifestation de joie est tout simplement parfaite.

Clarke se tourne vers moi et j'aperçois pour la presque première fois ma fille. Délicatement, la petite fille qui semble si fragile passe dans mes bras. Ma belle blonde vient m'embrasser avec tout son amour puis elle glisse son pouce dans la petite main de notre enfant. Je crois qu'elle a compris que pour le moment, le silence est de rigueur. Par moment, les mots sont tellement imparfaits. Comment décrire ce que je ressens à cet instant. C'est impossible. Les émotions les plus pures ne peuvent pas être traduites si facilement, ce serait les réduire à peu de choses. Je préfère vivre cet instant de la plus belle des manières dans un silence apaisant et réel.

Une famille. Nous sommes une vraie famille. Je possède enfin ce que j'ai toujours recherché. Et, je sais que celle-ci ne se brisera jamais. Nous serons unis pour toujours. Je n'ai qu'à lever les yeux pour en avoir la certitude. Ils sont tous là, ceux qui partagent mon sang, mon don. Il y a mon passé, mon présent et le futur. Je souris un peu plus en observant ma petite fille alors que je sens les larmes sur mes joues. Elle aura une belle vie, elle sera aimée et elle ne sera jamais acculée, ni manipulée par une malédiction. Jamais.

-Je t'aime.

Les premiers mots que je perçois parfaitement bien depuis que je suis entrée à la maternité. Tous les autre sons que j'ai pu percevoir étaient comme étouffés. J'avais déjà ressenti ça à plusieurs reprises mais aujourd'hui c'était différent. Je me plonge alors corps et âme dans les iris d'un bleu profond. Je me mordille la lèvre. J'acquiesce. Je ne suis pas certaine que ma voix va me suivre et pourtant, je l'utilise pour lui assurer :

-Je t'aime aussi, tellement.

-Tu sais, il va falloir que tu me le dises maintenant.

-Quoi donc ?

-Et bien, je ne sais pas… peut-être, elle se gratta l'arrière de l'oreille, le prénom de notre fille.

-Je croyais que tu avais déjà mis ton veto.

-Non Lexa, ça c'est ce que tu as voulu me faire croire mais tous ces échanges silencieux avec Nan' ou tout autre membre de notre famille m'a très bien fait comprendre qu'en réalité c'est toi qui a ce veto.

-Hum hum…

-Bon allez Lexa, ça suffit. Cette petite ne va pas rester sans prénom.

Je souris un peu plus. J'attrape le haut de Clarke et tire légèrement. Une fois qu'elle est assez près, je dépose délicatement mon front sur le sien. Je repense à toutes les discussions que nous avons pu avoir sur le sujet. Un petit rire m'échappe alors que ma belle blonde a prononcé ce prénom pour la première fois. Je révèle :

-C'est le tout premier que tu as proposé. J'ai tout de suite su que c'était le bon.

-Tu rigoles ? Tu parles de cette soirée MSTP après que tu ais fait le test de grossesse ? Celle où j'ai définitivement bu un peu trop de bière ? Celle où j'ai proposé au moins, je ne sais pas mille prénoms ? Je suis censée me souvenir d'un seul ?

-Le premier, seulement le premier.

-Tu me fais une mauvaise blague ?

-Absolument pas.

-Lexa ! s'indigne-t-elle.

Je la vois plisser son nez, j'adore quand elle fait ça. J'ai pu l'observer maintes et maintes fois le faire, à chaque fois qu'elle révisait ou lorsqu'elle devait réfléchir à comment expliquer un opération qui lui paraissait banale, à un novice. Elle revit cette soirée. Elle s'était indignée lorsqu'à son arrivée, la pizza n'était pas prête. Puis, elle s'était inquiétée en me voyant inerte devant la baie vitrée. Elle avait essayé de me faire parler mais je restais murée dans le silence. J'étais en état de choc. J'avais un bout de papier replié dans mon poing gauche. Quand j'ai eu assez de courage, j'ai laissé mes doigts se déplier, attraper le post-it pour le coller sur la fenêtre entre nous deux.

Un éclat de joie avait implosé. Clarke s'était accrochée à mon cou. Elle hurlait que c'était la plus belle nouvelle qu'elle n'ait jamais entendu ou plutôt lu. Elle m'a embrassé, beaucoup. Puis, elle a murmuré à mon oreille son prénom. Je ne sais pas d'où lui est venu cet instinct mais j'ai su que c'était lui et qu'il n'y en aurait pas d'autres. Bien après, quand j'ai rencontré à plusieurs reprises notre fille grâce au phénomène des Normes, j'en ai eu la confirmation.

Clarke fronce légèrement les sourcils. J'aperçois comme une illumination dans le fond de ses yeux. Elle cligne des paupières un nombre de fois indéterminé et à une rapidité folle. Je souris. Elle a trouvé. Elle s'est souvenue.

-Tu es sérieuse ? Mais pourquoi tu n'as rien dit à ce moment là ?

-Pour éviter que tu te vantes d'avoir le veto, je me moque gentiment.

-Attends, tu veux dire que j'ai le veto depuis le début et que je ne le savais même pas ?

-A quelques choses près, oui.

-Mais enfin Lexa c'est… c'est… tu sais que je voulais déjà donner ce prénom à ma fille quand j'avais genre huit ans ? Toutes mes poupées s'appelaient comme ça.

-Oui, je sais, je réponds de plus en plus amusée.

-Non mais c'est pas drôle, pourquoi tu ne m'as rien dit ?

-Oh… c'est très simple. Tu es incapable de garder un secret ma belle.

-C'est faux. Je n'ai dit à personne que tu étais… toi avec tous tes… trucs.

-Okay, je reformule. Tu es incapable de garder un secret au sein de notre famille.

-C'est… euh…

Je manque d'éclater de rire en réalisant que je suis parvenue à complètement la piéger, même son esprit semble en bug. Je caresse avec douceur sa joue. Elle me pointe du doigt en soupirant et pensant pendant un court instant que je suis la pire de tous.

C'est alors que je perçois un rire sur ma gauche. Je quitte Clarke des yeux sachant pertinemment que nous sommes censé être seule dans cette chambre. J'aperçois alors notre fille, bien plus âgée que le bébé que j'ai dans les bras, qui m'affirme que même avec le temps, nous n'avons pas changé. Elle s'approche de nous pour s'installer sur le lit, juste en face de son autre mère qu'elle détaille avec un amour qui transparaît autant que le nez au milieu de la figure.

-C'est dommage qu'elle ne puisse pas me voir.

-Qu'est-ce que tu regardes Lexa ?

-Notre fille, je murmure sans la quitter des yeux.

-Attends quoi ? Tu veux dire comme le jour de la naissance des jumeaux et de Audrey ?

-Oui.

-C'est super frustrant, se plaint-elle. Comment elle est ?

-Tu peux lui dire que je l'aime. Que je vous aime toutes les deux.

-Bien sûr.

-Merci maman.

Elle sourit et comme les autres fois où j'ai pu l'apercevoir, je reconnais Clarke dans ce geste. En fait, si elle me ressemble énormément au niveau du physique, elle semble avoir pris beaucoup des mimiques de sa seconde mère.

-On ne se reverra pas avant à peu près seize ans, souligne-t-elle amusée, alors en attendant n'oubliez jamais à quel point je vous aime toutes les deux. Et maman, je la fixe avec un peu plus d'attention, tu devrais vraiment lui dire. Ou plutôt, elle sourit, ouvrir ton poing gauche.

-Comment…

-Je suis ta fille, elle me fait un clin d'œil. Je lis dans les pensées ça et… bien, disons que c'est le genre d'histoire dont Rae raffole, elle la raconte encore, encore, encore et encore.

-Je vois, je souris.

-Tu vois, demande Clarke. Mais tu vois quoi ? Moi je ne vois rien du tout !

Notre fille se retourne subitement comme si elle percevait une voix qui m'est inaudible. Elle sourit et je vois ses lèvres bouger sans que je ne puisse entendre le son. Elle se lève avant de se pencher pour semble-t-il habiller quelqu'un d'assez petit. D'une certaine manière, ses gestes n'ont aucun sens mais en même temps, je les trouve particulièrement beaux. Parce que grâce à ça, quelque chose me dit que notre famille va continuer de s'agrandir.

-Je vais devoir y aller. Je m'excuse d'avance pour toutes les disputes que je vais avoir avec Mia, il faut dire qu'elle a le pire du caractère de Raven et de Luna réuni, c'est une vraie teigne. Aïe !

Je vois la petite brune se frotter énergiquement l'épaule en fusillant quelqu'un à sa droite du regard. Sa langue claque avant qu'un sourire presque mauvais étire ses lèvres. Celui-là, je le reconnais sans mal, c'est celui de Clarke dans ses mauvais jours avant qu'elle n'utilise tout ce qui lui passe sous la main comme projectile.

-Il n'y a que la vérité qui blesse Evan-Reyes ! Je dois y aller, c'était une déclaration de guerre ! À dans seize ans !

Je l'observe s'effacer, elle et son magnifique sourire. Elle se retourne pour se mettre à courir. Elle hurle à Mia de bien se planquer et elle fonce dans le mur pour disparaître. C'est alors que je me prends à mon tour un coup dans le bras. Je me décroche presque le cou pour me tourner vers Clarke et lui demander surprise :

-Mais pourquoi tu as fait ça ?

-Tu m'ignores complètement ! Je veux savoir ce qui se passe !

-Elle est partie…

-Quoi ? Mais…

-J'imagine que nous la reverrons dans seize ans au beau milieu d'une bataille avec Mia.

-Attends, Mia, la Mia de Raven et Luna ? Tu l'as vu aussi ?

-Non mais apparemment elles sont toutes les deux comme chien et chat.

-Oh…

-D'accord, je soupire. Elle est… elle semble heureuse. Elle m'a demandé de te dire qu'elle t'aime et elle aurait aimé pouvoir te parler. Elle me ressemble, physiquement mais je t'ai reconnu en elle.

-C'est tout ? J'ai eu la sensation que ça a duré une éternité.

-Il y a autre chose, je murmure en serrant un peu plus mon poing.

J'allais lui dire, vraiment ! Seulement la porte s'ouvre brusquement laissant très vite apparaître Raven. Je secoue la tête en réalisant que malgré le fait qu'il soit trois heures du matin, elle a traîné toute sa petite famille avec elle. J'esquisse un sourire d'excuse à Luna qui semble épuisée depuis la naissance de Mia. Elle hausse les épaules comme si ça n'avait pas la moindre importance. Lydia est accrochée à la jambes de Nangila et se frotte les yeux. Ce dernier me demande si je vais bien et je lui assure silencieusement que tout va pour le mieux.

-Elle est minuscule, remarque Raven. Pourquoi elle est aussi petite ? Aucune de nos princesses n'étaient aussi…

-Je crois qu'on a compris Rae, assure Luna en s'approchant. Félicitations les filles, elle semble parfaite.

Nangila attrape sa petite sœur pour la prendre dans ses bras et l'approcher un peu plus du lit. Les deux semblent tout aussi émerveillés par la petite fille dans mes bras. Nan' a exactement le même regard que lorsqu'il a rencontré ses petites sœurs et j'en suis heureuse parce que je sais qu'il sera pour notre fille un aussi bon grand frère que pour Lydia et Mia.

-Bon, reprend Raven, maintenant qu'elle est née, elle a un prénom cette enfant ?

-Je suis presque sûre qu'elle m'a sorti du lit juste pour ça, se plaint Luna.

-Ne va pas me faire croire que tu ne voulais pas savoir, je n'en croirais pas un mot.

-Bien sûr que je veux savoir mais j'aurais pu attendre quelques heures de plus.

-Pas moi, j'exige de savoir.

-Tu aurais pu le demander à ton fils, je ris.

Ma meilleure amie et ma sœur de cœur se redresse brusquement avant de dévisager Nangila, l'une choquée et l'autre avec incompréhension. Le p'tit mec secoue la tête en souriant avant de leurs assurer :

-Je n'étais sûr de rien.

-Mais tu savais, insiste Raven.

-Et bien…

-Tu m'as menti, à moi Nan', souligne Luna.

-Mais non, je ne pouvais pas être sûr. Elles ne s'étaient même pas concertées. Franchement Lexa, je n'arrive pas à croire que tu ais fait ça à Clarke.

-C'était le seul moyen de garder le secret intacte jusqu'au bout, je souris.

-Je n'aurais rien dit, assure ma belle blonde en levant les yeux au ciel.

-Oui mais moi, Nangila se pointe du doigt, je l'aurais su avec certitude et je ne mens pas à mes mères, jamais.

Je hausse un sourcil amusé par cette petite mise au point. Depuis noël, Nangila passe encore plus de temps au bar qu'avant. Nous parlons beaucoup tous les deux. Il est un peu devenu mon confident et vice-versa. Il est le seul à savoir ce que je m'apprête à faire. Je le vois écarquiller les yeux.

-Aujourd'hui ?

-Ouais, p'tit mec, aujourd'hui.

-Attendez une seconde, pas d'échanges silencieux tous les deux, c'est interdit, insiste Raven.

-Tiens 'man, prends Lydia. Je dois aller chercher quelque chose dans mon sac.

-Quoi ? Mais…

-Je m'en occupe Lexa, sourit-il. Je reviens tout de suite.

-Tu n'iras nulle part jeune homme, essaye de l'arrêter sa mère brune. Pas temps que j'aurai les clefs de la voiture.

-Quelles clefs ? demande-t-il en les montrant tout sourire.

-Est-ce que tu viens de faire les poches de ta mère ? interroge Clarke amusée.

-Nangila, le sermonne Luna.

-Espèce de sale gosse, rumine Raven entre ses dents.

-C'est pour la bonne cause, je reviens tout de suite !

Il me fait un clin d'œil avant de disparaître derrière la porte. Je demande aussitôt à Clarke si elle veut bien reprendre notre fille. Elle passe donc de mes bras à ceux de la blonde mais elle la repose presque aussi tôt dans le petit lit à côté du mien. Je souris en entendant ma meilleure amie grogner dans son coin et ma sœur de cœur s'interroger sur le comportement étrange de son fils.

En bien moins longtemps que ce que j'aurais imaginé, Nangila apparaît de nouveau dans la pièce. Il est essoufflé et s'appuie contre une chaise afin de mieux reprendre sa respiration. Malgré qu'il ait la tête penché vers le sol, je le vois sourire d'ici. Il tend un pouce vers moi en m'assurant :

-C'est bon, je l'ai. Tu veux que nous sortions ?

-Il est hors de question que je sorte de cette chambre sans connaître le prénom de cette petite.

-Très bien Raven, je secoue la tête, Clarke, à toi l'honneur.

-Léa, souffle-t-elle alors, elle s'appelle Léa.

-Dieu merci, elle n'a pas dit Pocahontas, se moque Nangila.

-Oh… elle y a pensé, je réponds mi amère, mi amusée.

-Quoi ? Non, je n'ai jamais fait ça !

-Si, je soupire, et ça a duré dix longues, très longues secondes.

-Léa c'est un très jolie prénom, assure Luna. Tu es étrangement silencieuse Rae… Rae, tu vas bien ?

Tous les regards se tournent vers ma meilleure amie et son visage baigné de larmes. Son regard est rivé sur le berceau et ses lèvres sont légèrement étirées lorsqu'elle murmure :

-Elle est vraiment parfaite. Je… ce jour est un des plus beau de ma vie. Tu es maman Lexa. Je… je suis tellement heureuse pour toi. C'est le bonheur avec un grand B, celui que tu m'as promis devant le lycée le jour de la rentrée, il y a maintenant une éternité. Merci.

-Merci à toi Raven.

-Qui a dit il y a quelques minutes, pas d'échanges silencieux, se moque gentiment Nangila.

-Ce sale gosse, grogne Raven, il a de la chance que je l'aime celui là, soupire-t-elle. Oh fait, qu'est-ce que tu es allé chercher ?

-Tu veux que nous sortions Lexa ? demande de nouveau Nan'.

-Non p'tit mec. Je sais déjà que Raven va raconter cette histoire encore, encore, encore et encore.

-Je vois, sourit-il. Dans ce cas, attrape, prononce-t-il en me lançant une petite boîte que je réceptionne parfaitement. J'avais hâte que ce jour arrive. Ça va faire approximativement sept mois que j'attends ça.

-Sept mois ? demande intriguée Clarke. Mais de quoi il parle ?

Je place la boîte sous la couette avant de tendre ma main droite vers elle. Clarke saisit ma main sans la moindre hésitation. Je la pousse à s'installer près de moi. Je commence vraiment à me sentir fatiguée mais je dois encore faire ça. C'est important.

J'éloigne mes doigts des siens avant de desserrer ceux de la main gauche. Je me suis accrochée à ce bout de papier durant ces dernières heures. J'espère que l'encre n'est pas passé. Mais en même temps, si c'est le cas, je suis certaine que je parviendrai à trouver les mots. Ce ne sera pas difficile, du moins, j'imagine.

Je fais glisser la note de ma main à la sienne. Clarke sourit amusée avant de secouer la tête. Elle m'assure que je ne changerai jamais. Elle laisse ses yeux tomber sur le post-it vert pomme. Et je découvre en même temps qu'elle que l'encre est toujours bien figé dans le papier. Elle lit mes quelques mots encore et encore. Elle ne semble pas pouvoir ou plutôt y croire.

Clarke décolle subitement le post-it de sa peau et le mets à quelque chose comme cinq centimètres de ses yeux. Elle lit encore et encore ma demande. Puis, elle abaisse le papier pour ancrer son regard dans le mien. J'esquisse un sourire timide. Elle semble tellement déboussolée, dans sa tête, c'est semblable à Hiroshima.

-Est-ce que…

J'acquiesce sans un mot.

-Tu veux vraiment…

Elle tourne le papier vers moi comme si je pouvais ignorer ce qui est écrit dessus. Je laisse mes yeux glisser dessus avant de poser mes doigts sur son poignet et de l'obliger à abaisser sa main. Je caresse l'intérieur de son poignet de mon pouce. Je dessine le signe de l'infini avant de reprendre à voix haute :

-Je peux te le demander de vive voix si c'est ce que tu veux ?

-Mais tu ne veux pas…

-Clarke ?

-Tu as dis que…

-Clarke, regarde moi.

-Tu es sérieuse ?

-Très.

-Alors oui, je veux l'entendre.

-Veux-tu m'épouser ?

J'entends le couple près de moi presque s'étouffer et Nan' éclater de rire. Je ne peux qu'imaginer que leurs têtes à cet instant doit-être assez hilarante mais je ne veux pas quitter Clarke des yeux, pas même une seconde. Je ne veux pas manquer sa réponse, qu'elle soit audible ou non.

-J'ai même une bague, je révèle en un souffle.

De nouvelles larmes s'échappent des yeux de ma belle. Elle plaque sa main sur sa bouche avant de fermer les paupières à peine une seconde. Je me retrouve la prisonnière volontaire d'un bleu parfait.

-C'est réel ?

-Aussi réel que toi et moi.

-Est-ce que tu en as parlé à ma mère parce que si ce n'est pas le cas, elle va te tuer.

-Clarke, je soupire.

-Tu y penses depuis sept mois ?

-Coupable ?

-Coupable, vraiment ? Tu sais combien de fois, je me suis retenue de te poser cette question durant ces sept derniers mois ?

-En fait, je le sais. Cinq cent quarante six fois.

-Tu as compté ?

-J'ai compté

-Mon dieu ! Elle a compté cette idiote !

-Tu sais que je t'entends ?

-Je devrais te tuer Lexa Woods pour ce cinq cent et quelques fois où j'ai cru que tu ne serais jamais ma femme mais très franchement, je préfère t'épouser !

Elle m'agrippe presque violemment par les épaules et m'embrasse avec tout autant de force. Elle me relâche en marmonnant que je suis la pire des idiotes avant qu'un silence ne tombe sur nous. Je fronce légèrement les sourcils. Je ne suis pas sûre de moi là. Je me tourne vers Nangila qui hausse les épaules, amusé.

-Yeah ! Je crois que c'est le moment où tu lui donnes la bague, sourit de toutes ses dents Nan'.

-C'est un oui ? je demande incertaine.

-Évidemment que c'est un oui, explose Clarke.

-Non mais c'est quoi cette réponse, s'indigne Raven, tu ne pouvais pas simplement dire oui, comme tout le monde.

Je ressors la petite boîte de sous la couette et l'ouvre pour laisser une bague en argent avec un saphir et une émeraude liée à la vue de Clarke. Elle tends la main vers cette dernière avant d'arrêter son geste. Elle doute une dernière fois de la réalité du moment. Je saisis alors sa main puis la bague, je la fais tourner avant de la glisser à son doigt.

-Clarke, tu es l'amour de ma vie, la mère de ma fille et ma fiancée. Tous ça est on ne peut plus réel. Je te l'assure.

-Je t'aime tellement Lexa, elle éclate en sanglots.

-Je t'aime aussi, infiniment.


Hey babyHey chérie,
I think I wanna marry you Je crois que je veux t'épouser

Bruno Mars – Marry You

oOoOo

Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Je sais que s'était un chapitre un peu plus court que dernièrement mais la bébé Clexa est arrivé, la petite fille s'appelle Léa mais… quelque chose me dit que cette info est presque passée à la trappe ! ;)

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : Bruno Mars – Just The Way You Are

Note n°2 : Bruno Mars – Marry You

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Le temps qui passent »

/!\ C'est officiel (Enfin... sauf si un chapitre est trop long et que je décide de le couper en deux), I Hear Your Voice, comptera 58 chapitres.

GeekGirlG.