Le soir, j'attends que les autres s'endorment avant de me lever et de m'approcher discrètement de la malle de James pour lui emprunter sa cape d'invisibilité.
Je frôle la crise cardiaque quand une main agrippe mon poignet.
-Vol à l'arrachée monsieur Lupin, c'est pas bien beau tout ça!
Je pousse un soupir de soulagement. James.
-Je n'arrache rien du tout ! Je fais mon coup en douce après la tombée de la nuit.
-Mais mon cœur saigne comme si tu l'avais pris et violemment mis en pièce.
Je fus pris d'une certaine nausée à ces mots. J'ai dans la tête une image du loup en train de déchiqueter le corps sans vie de mon ami mais je la bloque presque instantanément. Ce sont juste mes peurs qui parlent.
-Un vol à l'arrachée de cœur donc ? Je dis avec un faible sourire.
-Exactement ! Bon, on y vas ou pas ?
Je le regarde surpris.
-Tu voulais pas attendre ?
-Ha oui, mais j'ai bien vu à ta tête ce matin que ça n'arriverais pas. Tu n'es pas si difficile à lire tu sais ?
Je prends cette remarque comme un rappel à l'ordre. C'est sans conséquence aujourd'hui mais si je n'apprends pas vite fait à cacher mes émotions, je ne vais pas durer longtemps ici. Pour la deuxième fois en quelques minutes, j'essaie de chasser mes inquiétudes au sujet de ma lycanthropie et je me reconcentre sur notre mission du soir.
-On y va.
AllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAll
Il nous fallut bien quarante minutes de marche avant de se retrouver de nouveau dans la salle aux cages. Je pose mes yeux tristement sur le chartier, j'ai la vague impression qu'il n'a pas bougé d'un iota depuis hier.
-Cherchons, dit James en me prenant par les épaules pour m'éloigner des cages.
On se sépare et comme on en a pris l'habitude ces derniers temps, on inspectent les murs et déplaçons des trucs pour trouver des passages. Je découvre une trappe mal cachée sous des cartons vides au fond de la salle.
-Ici !
James me rejoint en courant.
-Hé tu trouves pas qu'on devient des pros à ça ? Vous avez perdu votre chat dans votre manoir immense ? Faites appel aux services des quatre génies de la recherche! Laissant derrière eux une traînée scintillante, il vous retrouverons votre précieux compagnon avant même que vous ayez le temps de vous pâmer devant leurs brillance...
-Brillance ? Traînée scintillante ? Dis comme ça, j'ai plus l'impression d'avoir été embauché pour laver le sol…
-À ton avis, ça va nous menez où ? Demande t-il alors que je ferme la trappe derrière nous.
-Pré-au-lard ou la forêt interdite peut-être ? C'est là qu'était le Chipekwe après tout.
-Si on arrive dans la forêt, on en profitera pour aller se promener un peu.
-Euh…
-Tu n'espères tout de même pas qu'on passe toute notre scolarité ici sans aller explorer la forêt ?
Faut que je trouve un truc. Faut que je trouve un truc.
-On ne peut pas se balader dans la forêt sans Sirius, il ne nous pardonnerait jamais.
-Touché.
On marche presque une heure sur un chemin qui ne fait pratiquement que monter et on finit par se retrouver devant une vielle échelle en bois.
-La fin.
-Oui.
James la monte avec un dynamisme jamais ébranlé.
-On devrait peut-être faire attention...On ne sait pas ce qu'il y a derrière…
-Mais que serait la vie sans surprises ?
Je ne me sentis pas d'argumenter ça. Trop de temps et d'énergie pour, j'en suis sûr, très peu de résultats. Je préfère me résigner dès maintenant à ce qu'un jour ce genre d'attitude nous retombe dessus.
De l'autre côté de la trappe, il y a donc...le château. Du moins ça y ressemble beaucoup. De la pierre, des tableaux, de la poussière.
-Bordel ! Jure James.
On remet sur nous la cape d'invisibilité et on sort de la pièce de laquelle on a émergé.
-On est près de la réserve de potion. Je me souviens de cet horrible tableau, il me dit en désignant une peinture représentant une vieille dame, aiguisant son couteau avec sa fourchette et regardant avec avidité son assiette dans laquelle reposait une tête humaine.
Du cannibalisme. Je me demande qui dans l'histoire de Poudlard s'est dit qu'entreposer ce tableau dans une école était une bonne idée. La réserve se trouve en face, il y a de la lumière et la porte est entrouverte. On échange un regard entendu et nous nous approchons à pas de loup.
Derrière la petite ouverture, on peut apercevoir Mr Fork fouiller les étagères en expert et déposer tout un tas d'ingrédients dans une série de caisses.
Je fronce les sourcils, c'est bien la deuxième fois en moins d'un mois que nous le surprenons à ce jeu. Il ne cesse de lancer des coups d'œil vers la porte, posant son regard sur nous sans rien voir, appréhendant probablement l'arrivée de Slughorn ou du concierge.
-Qu'est-ce qu'il vole comme ingrédients faucon? Me souffle James.
Je lui jette un regard indigné. Je ne suis pas une paire de jumelle sur patte. Je plisse les yeux pour mieux voir.
-Mmmmh je vois une espèce de branche d'arbre avec des feuilles violettes, une fiole, une autre fiole, une corne de quelque chose, un truc informe…
-Tu peux pas lire les étiquettes ?
-Ça va bien oui ? Je peux déjà à peine voir les objets.
Il me tapota l'épaule.
-C'est bien mon faucon, c'est bien…
Blasé. J'attends presque qu'il me balance une souris morte pour me récompenser. Le bruit d'une des caisses d'ingrédients qui se referme nous fait nous éloigner de la porte et il ne faut pas quelques secondes avant que Fork ne sorte dans le couloir.
À notre grande surprise, il se dirigea vers la trappe d'où nous venions juste de sortir.
-On le suit ! Me souffla James.
On attendit quelques minutes en espérant que notre prof là en dessous ne soit pas resté planté à réfléchir sur sa vie plutôt qu'à s'éloigner et on finit par se risquer à ouvrir la trappe. A notre grand soulagement, personne en vue. On retourna dans la salle aux créatures où nous galérons à pousser le panneau discrètement tout en restant sous la cape d'invisibilité. Après trois cent mille manœuvres, nous arrivons enfin à nous extirper et nous sommes à nouveau libres de naviguer dans la salle. On repère facilement Fork qui s'affaire autour d'un chaudron, ses caisses d'ingrédients disposées tout autour de lui.
-Dépêche-toi Nathanaël, le demiguise doit prendre le porteloin de 6h45 et on a beaucoup à faire avant.
Fork eut un geste d'agacement.
-Hé bien prévenez moi avant la prochaine fois, la potion doit reposer une heure et je ne peux absolument rien faire contre ça.
On se déplaça sur le côté pour mieux apercevoir le deuxième homme. Celui-ci était grand, assez musclé et entièrement chauve. Il approcha sa carrure menaçante de Fork. Le professeur eut un tic nerveux.
-Tu n'es absolument pas dans la position de te plaindre. On te paye largement alors que tu es l'un de ceux qui courent le moins de risques.
-Le moins de risques ? La voix de Fork partit dans les aiguë. Je vous rappelle que je stock des créatures magiques, dont une bonne dizaine d'entre elles en voie de disparition, dans le sous-sol de la maison du plus grand sorcier du monde. Chaque jour que vous passez à vous décider si oui ou non vous allez vous débarrassez de ces bestioles, je les risque à perdre ma liberté !
L'homme frappa Fork un bon coup dans la tête, sans doute pour lui remettre les idées en place.
-Ferme la et bosse.
Nous nous asseyons contre le mur et décidons de patienter, plus ou moins résignés à passer une nuit blanche. Au bout de deux heures pendant lesquelles Fork laisse reposer son mélange tout en corrigeant ce qui ressemble fort aux devoirs que nous lui avons rendus ce matin, James lâcha un ronflement sonore.
Paniqué, je le secoue.
-James ! Réveille-toi ! Je te jure si on se fait prendre à cause de ça…
-C'est quoi ce bruit ?
James se réveilla en sursaut en m'assenant un coup de coude dans les côtes par la même occasion.
-Une des créatures ?
-Peut-être…
L'homme baraqué continua de regarder les environs suspicieusement. Il se retourna finalement vers Fork agacé.
-Tu vas la finir cette potion ?
-C'est bon, c'est bon...Je dois mélanger encore cinq minutes avant d'ajouter une feuille de tulipier et on pourra mettre en bouteille.
Les deux adultes finissent par plier bagage une demi-heure plus tard. Fork donne trois coups de sa baguette sur une des briques du mur et un nouveau passage s'ouvre devant lui tandis que son complice lance un sort de lévitation sur la cage du demiguise.
-Ça doit être le chemin qui mène à l'extérieur, chuchote James. Dépêchons nous !
On arrive à se glisser dans l'ouverture avant que le mur ne se referme et nous sommes repartis pour une longue marche.
Après un escalier en terre, on sort enfin à l'air libre...Dans ce qui semble être la forêt interdite. Fait chier.
-Je repasse dans trois jours faire le point, j'ai une piste prometteuse pour le serpent d'arbre du cap. Une personne qui veut commencer un élevage apparemment mais faut encore que je calcule si c'est pas plus avantageux de le vendre en pièces détachées…
Fork haussa les épaules désintéresse.
-Vous pouvez bien faire ce que vous voulez du moment que ça se termine vite.
L'homme lui lança un regard méprisant.
-C'est pas tout ça mais j'ai un porteloin qui m'attend, finit-il par dire en attrapant la cage du demiguise et en amorçant un mouvement pour transplaner.
Instinctivement et sans même nous consulter, nous nous jetons sur l'homme. J'atterris sur sa main le forçant à lâcher la cage pile au moment ou il disparaît. Les bras de James se refermèrent sur le vide et il s'étala dans l'herbe.
-Qu'est-ce que vous faites là tous les deux, dit Fork derrière nous avec une expression d'horreur sur le visage.
Notre professeur leva sa baguette menaçant. Dans un crac, l'homme réapparaît les traits déformés pas la fureur. Je profite de la distraction pour lancer un sortilège de lévitation sur la cage.
-On cours !
Des éclairs colorés nous ratent de peu alors que nous slalomons entre les arbres. La cage du demiguise tape plusieurs fois sur des obstacles et je pousse un juron.
-Je croyais qu'on ne pouvait pas transplaner dans l'enceinte de Poudlard, me crie James à ma gauche.
-On doit en être sorti, ça veut dire qu'on est loin dans la forêt...Merde ! Je sais même pas si on va dans la bonne direction !
La jeunesse et la peur donne des ailes, nous finissons par ne plus entendre du tout nos opposants courir derrière nous et nous bifurquons souvent pour ne pas leur donner une chance de nous retrouver avec trop de facilité.
Le soleil commence à se lever quand on voit enfin les arbres commencer à s'éclaircir. Nous ressortons de la végétation à côté de ce que nous reconnaissons être le portail de l'école. Je poussais un soupir de soulagement.
-On va pouvoir rentrer sans attirer l'attention.
-Ça j'en doute, dit James épuisé. De un, on se trimballe une créature rare dans une cage, de deux, je ne sais pas si tu as remarqué mais nous sommes du mauvais côté du portail...On ne peut pas rentrer sans que quelqu'un vienne nous ouvrir.
Je m'accroupis et passe une main sur mes yeux, las.
-Bon…
-Ouais…
-On va se faire renvoyer…
-Ouais…
-Où est la sonnette ?
James me désigne le heurtoir sculpté en forme d'aigle chevauchant une tête de serpent chevauchant une tête de blaireau chevauchant une tête de lion. C'est beau.
Je le laisse retomber plusieurs fois, me sentant un peu ridicule puisque le château est à bien deux-cents mètres et que je ne vois pas trop comment on pourrait nous entendre.
-Il y a quelqu'un qui arrive là bas ! Dit James une minute plus tard en me montrant du doigt une silhouette au loin.
-Je vois pas qui c'est, je réponds en plissant des yeux.
-Comment on fait si c'est Fork ?
Bonne question.
-Euh…
Mais ce n'est pas Fork qui arrive mais le professeur McGonagall. Je me demande si je n'aurais pas préféré que ce soit l'inverse finalement. Nous nous tassons sur nous même au fur et à mesure qu'elle s'approche.
-Mais que diable faites vous dehors tous les deux ? Explications !
-Somnambulisme ? Propose James.
Je lève les yeux au ciel.
-J'ignorais qu'il s'agissait là d'une activité se pratiquant à deux Mr Potter, dit-elle en levant haut un sourcil.
Elle remarqua enfin la cage dans laquelle le demiguise était profondément endormi et fronça les sourcils.
-Suivez moi.
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Po popopopolo po ! Enfin postée. Une nouvelle fois, vraiment désolé pour le délai, ça m'apprendra à ne pas attendre d'avoir fini d'écrire une histoire avant de la poster.
Mais vous pouvez être assurés que je ne la laisserai pas tomber, ce n'est peut-être pas mon histoire la plus lue mais c'est comme mon premier enfant alors j'y tiens (oui abandonner ses autres enfants est tolérable) et elle fait partie de l'univers principal que je cherche à construire.
Y a t-il encore des gens ?
