On alla déposer le demiguise chez Hagrid et on suivit McGonagall jusqu'au bureau du directeur en mode zombi.

-Alors messieurs, que me vaut le plaisir de si bon matin? Dit le directeur d'une voix beaucoup trop enthousiaste pour ne pas être insupportable.

-Albus…

Il remarqua le visage grave de sa sous-directrice et posa les yeux sur nous avec un intérêt renouvelé.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

J'entendis James à côté de moi prendre une grande inspiration.

-Hier soir, alors que nous prenions l'air dans les couloirs…

-Soyez précis monsieur Potter, dit McGonagall d'une voix doucereuse, vers quelle heure preniez-vous l'air dans les couloirs ?

On se tendit de concert, petits enfants intimidés que nous étions.

-Je ne sais plus professeur, vous savez...l'hiver, les jours qui raccourcissent, ça me perturbe mon horloge biologique…

-Et vous Mr Lupin, cela perturbe t-il aussi votre horloge biologique ?

Je sursautai.

-Euh...oui, très professeur.

-Continuez.

-Nous prenions donc l'air dans les couloirs quand soudain nous entendîmes un bruit sourd…

-Il y a une trappe dans la salle située en face de la réserve de potion, je précisai en espérant que c'est là que James voulait les amener.

-Ni une ni deux, nous nous précipitons pour aller voir et nous descendons la trappe dans l'espoir que celle-ci nous offre un raccourci pour notre dortoir.

-Parce que vous estimez que descendre sous terre pourrait être un bon début pour un passage menant au septième étage ? Dit McGonagall en haussant un sourcil.

-Nous suivons donc le tunnel pendant quelques temps, continua James comme s'il n'avait rien entendu, et aboutissons dans une grande salle remplie de cages derrière lesquelles nous nous cachons quand nous réalisons la présences de deux autres individus.

-Qui étaient ? Demanda Dumbledore.

-Un homme balèze, grand et chauve.

-Et ?

-Hum...le professeur Fork.

Dumbledore recula dans son fauteuil et passa une main dans sa barbe songeur. McGonagall le regardait avec des éclairs dans les yeux.

-Je vous l'avais dit Albus, chaque année c'est la même chose, c'était sûr qu'il était suspect.

-Ma chère Minerva, je ne peux décemment pas accuser un homme sous prétexte qu'il s'occupe de la défense contre les forces du mal et que ce poste est maudit. Mais passons, reprit-il, qu'avez vous fait ensuite ?

-Le professeur Fork avait une potion à préparer donc on a attendu qu'il la termine. Ils ont finis par partir au bout d'un moment par un autre passage en emportant le demiguise.

-Le demiguise que vous avez ramené ? Demanda McGonagall abasourdie. Ne me dites pas que vous les avez suivis ?!

-On allait quand même pas le laisser se faire embarquer, protesta James.

-POTTER…

Mais Dumbledore lui fit signe de se calmer. Je continuai à la place de James qui était occupé à recevoir les foudres muettes de leur directrice de maison.

-On a aboutit dans la forêt interdite...en dehors de l'enceinte de Poudlard, précisais-je, parce que l'homme chauve a réussit à transplaner. Nous avons réussit à récupérer la cage avant qu'elle ne disparaisse et nous nous sommes enfuis avec. Nous avons marché jusqu'au lever du soleil et nous sommes retrouvés devant le portail de l'école.

Il y eut un petit moment de silence avant que Dumbledore ne reprenne la parole.

-Pour ce qui est de votre punition…

McGonagall tourna la tête vers lui avec intérêt.

-J'enlève cent point à Gryffondor pour votre témérité et j'en accorde cent deux pour votre courage, dit-il toujours le regard ailleurs et la main jouant avec sa barbe.

Sa sous-directrice leva les yeux au ciel.

-Retenue vous deux, dit-elle d'un ton sec. Jusqu'au vacances de Noël. Et il est hors de question que je vous dispense de classe aujourd'hui, si vous êtes fatigués, il fallait rester dans vos lits hier soir.

Monde cruel...

IfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIfIf

Non seulement, avec nos nouvelles retenues notre temps libre s'était réduit comme peau de chagrin mais en plus on se tapait depuis quelques jours un Sirius boudeur.

-Pour la dernière fois Sirius, on s'excuse. La prochaine fois qu'on se lance dans un truc mortel, on jure de faire appel à toi en toute première chose.

-Et puis tu sais la forêt interdite était pas si géniale. On a croisé personne de bien intéressants…

-A part un meurtrier en puissance et une aventure passionnante ? cria t-il a moitié en croisant les bras. Vous ne savez pas la chance que vous avez, j'ai juste dormi cette nuit là ! DORMI ! Vous vous rendez compte à quel point dormir est inintéressant ?

-Bien sûr qu'on se rends compte vieux, comment peux-tu en douter ? dit James outré.

Parle pour toi James. Le sommeil c'est la vie.

-Qui est en retenue ce soir ? Je demande en espérant changer de sujet.

Sirius consulta le planning qu'il avait été obligé de se faire pour garder un suivi de toutes ses heures de colle.

-Ce soir, j'en ai une avec Rusard.

-Remus et moi seront avec Slughorn. Peter ?

-J'ai rien.

-Excellent ! On reprends la chasse, tu es de corvée bibliothèque. Tu iras emprunter le livre mentionné dans l'indice.

On alla s'installer dans la classe de défense contre les forces du mal. Un bonbon jaune était disposé devant chaque place.

-Je me demande qui va nous faire cours en l'absence de Fork, dit James qui n'avait rien remarqué.

-Mmmh, je lui répond en fixant la friandise au citron que Peter tenait dans sa main.

-Bonjour, bonjour jeunes gens ! Retentit la voix du directeur derrière nous.

La classe leva le nez et le suivi des yeux bouche bée. Il alla s'installer d'un pas gracieux derrière son bureau et posa sur la classe un regard chaleureux.

- Vous pouvez les manger vous savez, ils ne sont pas empoisonnés, nous dit-il avec un petit rire.

La classe s'exécuta, encore intimidé par la présence du directeur. Je décidai personnellement de le garder en prévision de ma période hypoglycémique de 11h. On survit comme on peut…

Il y eut une minute de silence où le directeur regarda le plafond de la salle d'un air patient et rêveur.

POP !

Je sursautais avant d'ouvrir grand les yeux.

-Peter ?

Un escargot d'un mètre de haut me lança un regard confus. Seul Rogue à l'autre bout de la salle était a mon instar encore bipède et regardait autour de lui d'un air faussement calme. Je dirais bien qu'il avait vu le coup venir mais j'avais comme l'intuition qu'il avait juste jugé indigne l'utilisation de sucreries en classe.

Dumbledore nous fit tous les deux un clin d'œil avant de se retourner, plus joyeux que jamais.

-Première leçon : ne jamais faire confiance à un individu ayant dépassé l'âge d'être gâteux.

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-Qu'est-ce qu'on a Peter ? demanda James en ouvrant la porte du dortoir d'un coup de pied enthousiaste.

On se recula tous instinctivement de lui et de sa bonne humeur massacrante. Le gars sortait d'une retenue de deux heures à étiqueter des ingrédients et réagissait comme s'il venait de conquérir le monde. Peter lui tendis un livre ouvert que James balança négligemment sur mon lit.

Bonne idée.

Tu seras sauf ici petit livre.

-Un résumé je te prie mon ami.

-Mmh, Peter se racla la gorge, c'est une affaire qui date du seizième siècle au moment ou la banane fut introduite à Poudlard.

Ça commençait bien cette histoire…

-Apparemment, les élèves de l'époque en ont tellement apprécié le goût que cela à fait tourner des têtes. Il y a eu des dissensions chez les poufsouffles sur le sujet de l'introduction de la banane dans la culture de la maison…

-Dans la culture ? Ils ont un espace culturel dédié aux fruits ? Genre un musée de la framboise ou des représentations de concertos de noix de cajous ?

Peter ne répondit pas et haussa sagement les épaules.

-La dispute se prolongea un certain temps jusqu'à ce que le directeur de l'époque intervienne et donne raison aux traditionalistes. Le fruit n'eut pas la chance de percer avant bien plus tard, après que les blessures de la dispute se soient fermées. Il y a néanmoins des rumeurs sur l'émergence d'un culte de la banane peu de temps après la défaite des progressistes. Le livre parle d'une salle dédiée à ce culte caché aux alentours de la salle commune des poufsouffles.

-Excellent, rentrer dans leurs salle commune est un jeu d'enfant, dit James en sautillant sur place. On la vu quand on a fait notre repérage des entrées, il suffit de taper sur un tonneau et…

-James, je l'attrape par les deux manches pour l'obliger à rester sur terre, c'est dit « aux alentours »,pas « à l'intérieur »…

-Mais imagine qu'on ne puisse y accéder que par la salle commune ! Il protesta.

-Mais imagine que ce ne soit pas le cas.

-Mais imagine qu'on commence quand même par là.

-Mais imagine que je refuse.

-Mais imagine que ça ne changera rien au fait que c'est ce qu'on va faire, toi y compris.

Je soupirais. Ce n'était même pas le fait de fouiller l'espace personnel des poufsouffles qui me dérangeait, je voulais juste avoir une pause dans les retenues.

Au final, je baissais la tête défait.

-Bon, on ira de nuit évidemment...commença t-il en fouillant sa valise, sans doute à la recherche de sa cape.

Évidemment…

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-Quel tonneau ?

-Celui-là, désigna James confiant.

Sirius leva le poing à côté de moi et commença à taper. Une pluie de vinaigre s'abattit sur nous.

-Ok, j'ai du me tromper, dit James.

-En fait, pourquoi tu ne le ferais pas toi même ?

Mes paroles furent suivi d'un concert de grognements appréciateurs de la part de Sirius et Peter. James leva les yeux au ciel et tapa sur un autre tonneau sur un rythme que je ne reconnus pas. Le couvercle du tonneau bascula et fit apparaître une ouverture donnant sur une grande salle aérée et douillette. Voir confortable. Un paradis moelleux en fait. À quoi le chapeau pensait quand il m'avait envoyé à gryffondor ? Ma place était visiblement à poufsouffle.

La salle était vide à cette heure aussi tardive, mais encore éclairée par un faible feu de cheminée. Nous nous débarrassons de la cape et nous séparons pour fouiller.

Je m'approchais des tableaux, évitant les portraits qui avaient tendance à se scandaliser d'un rien, pour me concentrer sur les natures mortes. On pouvait effectivement deviner l'évolution de l'esprit de la maison par les fruits représentés.

Dans les tableaux les plus anciens figuraient des fruits plutôt locaux, offrant peu de diversité mais malgré tout magnifiques. Au fil des œuvres et des époques, on en voyait apparaître des plus rares et plus exotiques jusqu'à une grande peinture représentant une bonne centaine de bananes entassées les une les autres dans un panier richement décoré.

L'abondance du fruit jaune sur le tableau me laissa penser qu'il devait s'agir d'un symbole de réconciliation des poufsouffles avec eux même après la terrible dispute ayant secouée la maison.

J'examinais le cadre à la lumière de ma baguette sans rien repérer de suspect.

Si on voulait être logique, le culte avait été introduit avant la réconciliation. Si cache secrète derrière un tableau il y avait, l'œuvre en question devait être antérieure.

-Pff c'est dur, gémit Sirius depuis sa place.

Autrement dit, affalé sur un canapé si mou que je le suspectais d'être une plante carnivore camouflée cherchant à ingérer les pauvres élèves qui se risquaient dessus.

-Tu ne fous rien Sirius, je remarque.

-Je t'entends réfléchir depuis ici, c'est déjà trop pour mon petit cœur.

J'allai m'enfoncer dans le canapé à ses côtés. James inspectait le sol et le peu de bibliothèques casées dans un coin de la salle. Peter était figé devant un tableau, ses deux pouces tendus devant lui formaient un angle droit, sa langue sortait légèrement de sa bouche et un air d'intense concentration se dessinait sur son visage.

-T'essaie de cadrer le paysage Peter ? Je lui demandais vaguement fasciné par son étrange pose.

-Si on regarde...comme ça, fit-il en penchant la tête vers la droite, avec les motifs peint sur la coupe et la poire qui ressort, on dirait vraiment une banane.

Je relevais la tête pour essayer de juger pas ma moi même mais je n'étais pas du tout placé dans le bon angle.

-Sirius, aide moi à sortir de là.

Il me poussa du pied et je roulais hors du canapé, tombant lourdement sur le sol.

-Moui, je vois ce que tu veux dire, dis-je à Peter une fois relevé. Tu as essayé de toucher la toile pour voir.

-J'ai fait le contour de la forme avec mon doigt.

Je m'approchais du tableau et passais la main dessus, m'arrêtant sur la tige de la poire. J'y exerçais une légère pression et elle se rétracta sur elle même, comme sensible au contact.

Le motif caché de banane disparut et laissa place à une poignée.

-Cool! Dit Peter derrière moi d'une voix faussement enjouée.

-J'ai touché une poire, tu as trouvé un fruit caché parmi une vingtaine de tableaux. Le mérite te reviens.

Il me sourit, soudain plus rayonnant.

Une fois tous rassemblés, Peter enclencha la poignée.

Une salle de taille moyenne apparut, éclairée par des centaines de bougies disposées dans des chandeliers en forme d'épluchures de banane. En plein milieu de la pièce, un bananier majestueux était planté sur une petite motte de terre imprégnée de magie.

Au fond, un petit autel avait été installé et sur cet autel se trouvait…

-Ceci...n'est pas une banane, constata James.

-Non, c'est...euh…

-Une chose…

-Une machine à écrire, je levais les yeux au ciel. Ce n'est clairement pas sorcier. Et ça n'a rien à faire ici.

-Je sais pas, il y a des bougies dessus. On dirais que ça fait parti du culte.

Je fronçais les sourcils.

-Vous ne pensez pas que le culte est encore actif ? Je demandai pris d'un soudain doute.

-Les bougies étaient allumées, remarqua Peter.

-Ce sont peut être des bougies qui ne s'éteignent jamais, contra James. C'est le cas de la plupart de celles de Poudlard, elles sont soumises à un sort de longue conservation.

-De toutes façons comme je l'ai dit, cet objet n'a absolument aucun rapport avec la banane. Je pense que ça doit être assez sûr de l'emporter.

Sirius pris la machine à écrire sous le bras, je fouillais un peu pour vérifier que le prochain indice ne se trouvait pas à un autre endroit que caché quelque part sur l'objet et on reprit la direction du dortoir.

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Hello, big up au lapin comme d'habitude, qui me mâche une partie du travail en me proposant des objets (je rappelles que vous êtes tous libres de le faire). Je m'excuse du retard et de mon manque de discipline dans le domaine de l'écritu...dans tous les domaines en fait :D

À bientôt j'espère.