Dès le lendemain, une fièvre étrange parcourait la table des jaunes et noirs. Un groupe d'élèves en particulier semblait au bord de l'implosion nerveuse.

-Qu'est-ce qu'ils ont nos gentils blaireaux ce matin ? s'étonna James. Sirius, je t'avais pourtant dit ne pas déverser ta folie sur leurs fauteuils !

Sirius attrapa un bout de carotte de mon assiette et le balança sur James.

Pas grave, pas faim de toutes manières.

-Vous pensez qu'on a dérangé quelque chose hier ? Demanda Peter mal à l'aise.

-Autant attendre et observer. Ça n'a peut être absolument rien à voir... C'est vrai qu'ils sont nerveux…

Je regardais un garçon blond renverser la moitié de la carafe de jus de citrouille sur son voisin.

Il y eut soudain une sorte de signal de dispersement de la part d'un des septième année, et en quelques secondes, les poufsouffles s'infiltraient avec finesse dans les conversations des autres tablées.

-Que pensez vous de la barquette de fraise ?

Nous dressâmes l'oreille, sur nos gardes. Un gryffondor de cinquième année commença à discourir sur le marché de la fraise espagnole.

-Qu'est ce que c'est que ces questions ? souffla Sirius.

-Je pense que c'est une façon détournée pour inciter les gens à s'exprimer sur un certain sujet, j'explique. Ils commencent par les fraises, enchaînent sur le reste des fruits rouge et en un rien de temps, on a un élève qui avoue avoir pillé un sanctuaire de la banane.

-Donc c'est vraiment sur nous qu'ils enquêtent, dit Peter.

-Chut !interrompit James, restez vigilants ! Ils sont partout…

On commençait à se lever et à sortir de la grande salle quand nous croisâmes Lipidélily qui comme tout le monde, se trouvaient être en pleine conversation avec un des poufsouffle.

Je fis l'erreur de croiser le regard de Lily. Elle réagit immédiatement en levant le bras vers nous.

-Ils sont là !

Une multitude de petits yeux suspicieux se tournèrent dans notre direction. Nous reculâmes automatiquement d'un pas vers la porte.

-Mais qu'est-ce que Lily leur a dit ? Je demande avec une voix légèrement plus aiguë que d'ordinaire.

-Elle a du faire le lien avec la chasse au trésor... Dit Peter en reculant d'un nouveau pas.

-Ou alors, elle bluff ! James plissa les yeux comme si ça allait l'aider à percer l'âme de la jeune fille.

-HÉ VOUS! Interpella un Poufsouffle.

Il s'approcha à grandes enjambées.

-Hier soir entre 23h48, heure à laquelle le dernier des nôtres s'est retiré se coucher et 5h37, moment où notre préfet en chef part effectuer son jogging matinal, un vol d'une immonde lâcheté à été perpétré au sein du périmètre réservé de notre salle commune. Tartyn, au rapport!

Un élève à peine plus grand que nous sortit des rangs pour se mettre au garde à vous.

-Deux chaussettes retrouvées sur le sol et ça…

Je me tendis d'effroi quand il sortit le bonbon au citron de Dumbledore, qui aurait du se trouver normalement au chaud dans ma poche.

-Sans compter la détresse d'un de nos canapé, preuve qu'il s'agissait là d'étrangers à notre maison. Panieri est en train de lui administrer un calmant à l'heure où nous parlons.

J'étais sûr que ces fauteuils étaient suspects.

-Une de nos source nous a révélé que l'indice numéro deux était directement lié à cet individu !

Un doigt accusateur fut pointé vers moi et je fis tourner ma baguette nerveusement dans mes mains, très mal à l'aise de cette soudaine attention.

-Euh…

-Vous avez jusqu'à minuit pour nous remettre l'objet. Passé ce délai, votre vie deviendra un enfer. Un de nos agent attendra devant notre salle commune, vous en connaissez le chemin je crois...

Il tourna les talons et repartit s'asseoir à sa table tranquillement, comme si menacer des gens étaient choses courantes. Sirius siffla, admiratif.

-Waouh…

-On s'est fait démasquer vite…

-On ne se serait carrément pas fait prendre si CERTAINS l'avaient fermés, dit James en lançant un regard haineux vers nos Némésis. D'ailleurs, lipide aussi a encore son bonbon, pourquoi ça serait plus nous qu'eux ?

-Notre passé criminel ne joue pas en notre faveur ? Essaie Peter.

-Préjugés ! Les poufsouffles sont censés être des amoureux de la justice. Si eux même s'y mettent…

-Ouais. Ben ça serait un beau discourt si nous n'étions effectivement pas coupables, je soupirais. On a jusqu'à la fin de la journée pour trouver le secret de la machine.

Je m'étirais, déjà complètement épuisé. La pleine lune était demain soir et j'avais encore une énième retenue avec McGonagall à subir avant, sans compter mon manque de sommeil les jours précédents. J'espérais ne pas m'embarrasser à faire un nouveau malaise…

-Remus, reste là on revient.

Sirius me poussa délicatement sur une marche de l'escalier et partit rejoindre en courant James et Peter. C'était nouveau ça…

Il réapparurent quelques minutes plus tard avec leurs affaires et mon sac de cours.

-Dépêche, Flitwick est un des seuls profs qui nous aime encore !

AllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAllAll

-Revelio !

-Ça fait bien la quatrième fois, essaie un autre.

-Salopio !

-Tu vas finir par la vexer…

-Tais toi et tape.

Peter pianota sur les touches de manière hasardeuse et Sirius releva sa baguette, cherchant un nouveau sort potentiellement intéressant. Je me tassais sous les couvertures, à moitié endormi alors que James se contorsionnait douloureusement pour examiner la machine sous des angles inimaginables.

-COIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNN...

Tout le monde sursauta.

-Putain le délai est passé ! Jura Sirius.

Je pinçais le canard et fis l'autruche sous mon mètre d'épaisseur de couettes.

IhaveIhaveIhaveIhaveIhaveIhaveIhaveIhaveIhaveIhave

Les pleines lunes passent et ne se ressemblent pas. La jolie addition de ce mois ci était une grande cicatrice qui descendait sur ma main droite et qui n'avait visiblement aucune envie de soulager mes nerfs en s'effaçant dans l'instant. J'adoptais donc la bonne vieille attitude décontractée, les mains dans les poches.

-À TERRE !

Je plongeais au sol sans attendre. Une bombabouse explosa à deux mètres de nous et nous courûmes nous mettre à l'abri.

-Ces sales jaunes, ils vont le regretter, ragea Sirius.

-Mmmh, je pars deux jours et vous provoquez une guerre raciale ?

-Ce sont eux qui nous attaquent !

-J'en vois deux planqués à trois heure, prévint James.

-Il nous faut une diversion, reprit Sirius. Qui fait la chèvre ? Remus t'as une tête de chèvre, fais la chèvre !

-Quoi ?!

Il me balança en plein milieu du couloir et deux nouvelles bombabouses roulèrent dans ma direction sans attendre. J'agitai ma baguette désespéramment, provoquant sans le vouloir une rafale de vent qui vint soulever le tapis et les mini bombes repartirent exploser en direction de leurs envoyeurs. On me tira par le col et quelques instant plus tard on s'installait hors d'haleine à nos tables, sous le regard courroucé de chat McGonagall.

-Vous paraissez fatigué, je chuchote une fois le cours commencé.

James me regarda indigné.

-Tu peux parler ! Jamais vu quelqu'un qui rentrait de chez sa mère aussi pâle…

-On se demande ce que cette machine à écrire a de spécial...changeai-je sans attendre de sujet. Je trouve leur réaction excessive…

-Il faut trouver vite, je ne suis pas un lâche mais c'est du quatre contre cent, notre victoire prendrait des semaines.

-Tu peux même aller jusqu'à envisager la défaite tu sais.

-La défaite c'est pour les perdants !

-Potter ! Lupin ! Encore un mot et j'invite Mr Funnel à prendre le thé ce soir pendant votre retenue !

-…

tototototototototototototototototototototototo

-T'as essayé quoi comme mots Peter ? Je demandais en m'installant devant la machine.

-Message, moldu, machine à écrire, bananes, a peu près tous les autres fruits existants sur cette Terre, le nom des objets qu'on à déjà récoltés, des insultes, beaucoup d'insultes...

-Les trois premiers me semblaient les plus logiques, je soupirai. À moins que...Oh…

-Quoi ?

-Ça ne concerne pas « message » et « moldu » mais par contre machine à écrire…

-Quoi ?

-Ben ça serait étonnant que ce soit le premier objet qu'il arrive à orthographier correctement. Je vais essayer des variations…

-Bonne chance, bailla Peter. Tape discrètement, j'ai le sommeil léger.

Je lui assénai un coup d'oreiller et me mis à la tâche. Machyn à écrire. Machine écrivaine. Machette d'écrivain. Truc qui écrit. Machine à souscrire. Machination à encre…

dodododododododododododododododododododo

Je me réveillai vers quatre heure, les joues creusées par le relief des touches sur lesquelles je m'étais endormi. Je me remis comateusement à taper. Machine à décrire. L'objet s'emballa et les lettres s'enfoncèrent de leurs propres volonté. J'attrapai un bout de parchemin affolé et l'introduisis de façon brouillonne dans la machine.

...quelques peu modifiée involontairement. Elle a englouti un jour les carnets de recettes de ma mère et depuis, la seule mention de certains plats suffit pour qu'elle vous en recrache la recette. Ne laissez pas traîner vos livres à proximité, à moins que vous ne souhaitiez qu'elle finisse par vous réciter l'encyclopédie.

Indice :

Caché sous la première pierre du château.

Je m'écroulai sur mon lit pour me rendormir.

isisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisis

Il aurait uniquement s'agit de moi, la machine aurait été rendue à la première occasion, c'est à dire en plein jour au petit déjeuner. Évidemment, la fierté sans bornes de certains rendait cet acte impensable. Nous subissions donc une dernière journée de guérilla.

-Sirius ! Missile à ta gauche !

-Vu !

Flexion. Les poufsouffles étaient heureusement de très mauvais artilleurs.

-Filet du diable en pot rampant vers nous très, très vite !

Extension.

-Courrez !

Le soir nous passâmes sur nous la cape d'invisibilité et allâmes déposer avec un certain soulagement la machine derrière l'ouverture du tonneau.

-Tout ça pour des recettes de cuisine, grogna James.

-Pas que des recettes en fait, apparemment ça marcherait avec d'autres livres. Imagine, des milliers de données stockées dans un seul objet, ça pourrait être très utile, dis-je.

Nous prîmes des escaliers qui nous amenèrent au deuxième étage. Un filet de lumière passait derrière l'une des portes. James nous stoppa de son bras.

-Qui est encore debout à cette heure là ?

-Nous ? Dit Peter.

-On va voir ? Proposa James.

-C'est pas vraiment nos affaires, protestai-je pour la forme.

-C'est le bureau du prof de défense…

-Ok, je suis curieux.

-Qu'est-ce qu'on fait si c'est Dumbledore ? Demanda Peter. C'est sa salle maintenant...

-On a la cape non? s'impatienta Sirius en commençant à avancer. Même lui ne peut pas nous voir.

Nous nous glissâmes près de l'ouverture. Je retins un cri de surprise.

-Qu'est-ce que Fork vient faire ici ! s'indigna James à voix basse.

L'ancien professeur était penché au dessus du bureau, entouré de piles de documents.

-Où est ce fichu dossier, gémit t-il en balançant de la paperasse par dessus son épaule. Ça m'apprendra à tout garder. Haha !

Il sortit une pochette du petit tas de bordel et la regarda amoureusement. Puis il sembla se reprendre et rangea tous les documents d'un coup de baguette dans un petit coffre placé près de la fenêtre.

-Conditus furca.

Un petit bruit de mécanisme nous indiqua la fermeture du coffre et nous nous plaquèrent au mur pour esquiver l'homme qui sortait du bureau d'un pas pressé.

-On le suit ! Je dis.

James me regarda avec étonnement.

-On doit savoir comment il a réussit à rentrer à l'intérieur du château, je lui explique avec empressement. Dumbledore devrait avoir tout condamné la salle des créatures à l'heure qu'il est, il a du trouver un autre moyen.

-Je viens avec toi, Sirius et Peter vous restez ici. A quatre on est trop lent.

-Hors de question que je reste ici à ne rien faire, ragea Sirius. À ton tour d'attendre Potter.

Il nous prit la cape des mains et partit à la poursuite du professeur. Je m'élançais à mon tour pour le rattraper, laissant sur place James et Peter.

On suivit Fork à travers un passage qui nous mena directement en face d'un miroir au quatrième étage. Notre homme tapota sa baguette contre le cadre en murmurant un nouveau mot en latin et la glace disparut.

-Fantastique ! Dit Sirius alors qu'on suivait Fork de loin dans le passage. On pourra sortit à volonté du château maintenant.

Mais au bout d'une dizaine de minute, un bruit de craquement nous indiqua que le professeur avait transplané. Sirius fit une moue déçu. Je lui tapotai l'épaule.

-Tu auras ta bagarre contre les méchants une prochaine fois. Et puis, on sait comment il a fait pour venir ici maintenant. On aura qu'à organiser une nouvelle expédition plus tard, j'aime pas trop que James et Peter soient à découverts là...

Une excuse pour moi et un nouveau projet pour Sirius, rien de tel pour le consoler.

-Rentrons…

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Yop petits lecteurs. Je me rends compte qu'il faudrait que j'avance un peu dans mon année si je veux un jour terminer mon histoire. Je vais essayer d'écrire Noël très bientôt, à priori je vais faire rentrer Remus chez lui.

Review.