Je pouvais le faire. Je pouvais le faire.

Mon père ne m'avait pas largué à l'entrée de la gare comme en septembre, il me suivait cette fois ci de près avec un regard soucieux et impuissant auquel j'évitais soigneusement de penser. Pour la première fois dans notre vie nous étions arrivé bien en avance. J'allais m'effondrer dans le compartiment que moi et mes amis faisions déjà une habitude d'accaparer, dans un Poudlard express encore vide et silencieux.

-Bonne fin d'année fils, dit-il d'une voix grave en posant sa main sur ma tête.

-Mmmh.

Et c'était tout. Pas un tiens bon, je crois en toi, tu vas réussir à tenir un trajet d'une demi journée sans montrer que tu tiens à peine sur tes pieds et l'énorme cicatrice sous ton oreille ? Pff bien sûr que tu vas réussir à gérer les tonnes de questions de trois individus sans filtres.

Les mains dans les poches.

Fingers in the nose.

Heureusement que je savais qu'il le pensait.

Je m'endormis dans la minute.

M'évaderM'évaderM'évaderM'évaderM'évaderM'évader

Quand je me réveillai il faisait déjà nuit noire.

J'étais allongé de tout mon long sur la banquette du compartiment. Une paire de carte explosa non loin de mon oreille. Je bougeai légèrement et fit tomber quelque chose.

-L'étagère bouge, remarqua Sirius.

Je fronçais les sourcils. La seule étagère ici, c'était le porte bagage et il était parfaitement immobile. Je me relevai pour enfin remarquer que j'étais enterré sous 10 kilos de bonbons.

-Remus ! s'exclama James.

Il se leva et tenta d'enlever maladroitement le sucre de mes fringues.

-Désolé mais on manquait d'endroit pour entreposer. Tu sais...avec toi prenant toute la place.

-Mmokay, je lui répondis à moitié endormi.

-Remus Remus, appela soudainement Sirius.

-Quoi ?

Mes paupières se faisaient de nouveau lourdes. Je dédiais toute ma concentration à garder les yeux ouverts.

-C'est quoi ta couleur préférée ? Tu aimes bien McGonagall ? Tu veux des chocogrenouilles ? Pourquoi tu meurs à moitié une fois pas mois ? Que penses tu des licornes ?

Heureusement que j'avais l'ouïe sélective.

-Chocogrenouille, je suppliai presque.

Peter s'empressa de m'en passer une. J'enlevai l'emballage d'une main tremblante de fatigue. Mais merde à la fin, je pleurai intérieurement, ce matin j'allais pas si mal. J'étranglais à moitié la grenouille de peur qu'elle se barre avant d'avoir eu ma dose de chocolat.

-Mmh, j'ai pas dormi hier soir et j'ai chopé la grippe de ma mère, je me justifiai alors qu'ils me fixaient inquiets.

-Cicatri…commença Sirius.

-Je me suis fais agressé par le chien de mon voisin, il y a deux jours. Il a un passé traumatique, c'était un risque.

Qu'est-ce que je raconte ? Je fermai les yeux.

-Hé te rendors pas, me secoua James. On va arriver.

Ils allaient se douter de quelque chose. J'étais nul, même pas capable de tenir la route quelques heures. Ma faute s'ils découvraient ce que j'étais. Plus qu'à compter les jours qu'ils me restaient à Poudlard.

d'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'ici

J'avais beau leur dire que tout ce dont j'avais besoin c'était de sommeil, ils me déposèrent quand même à l'infirmerie avant de descendre dîner dans la grande salle.

J'attendis une minute le temps qu'ils disparaissent avant de me retourner vers la porte. Je rentre au dortoir.

-Oh non vous n'allez nul part, l'infirmière surgit et me tira par le bras pour m'amener vers un lit.

-Qu'est-ce que vos parents ont fait pour vous soigner ?

-Essence de dictame.

-C'est tout ?

-Aucune idée, j'étais pas conscient, je proteste, sans doute une potion pour régénérer le sang. Ils m'ont dit que c'était pire que d'habitude.

Je grimaçai. En fait ma mère avait pleuré. J'aimais pas quand elle pleurait.

-Les médicaments ça coûte cher, je dis d'une voix basse.

-Désolé Remus, dit Pomfresh d'une voix inhabituellement attendrit. La prochaine fois je vous ferez passer des potions à ramener chez vous. C'est Horace qui les fait ici, le coût est minimal.

J'acquiesçais. Pas sûr qu'il y ait une prochaine fois de toutes façons.

etetetetetetetetetetetetetetetetetetetetetet

Trois jours. J'avais surpris mes amis en train de chuchoter à voix basse autour d'un parchemin avant que Sirius le fasse manger à Peter à mon arrivée. Bonne cachette Sirius. Si j'avais eu le cœur à rire, je l'aurais fait.

Je m'isolais d'eux progressivement, passant de nombreuses heures à la bibliothèque histoire de me faire oublier.

Et Ulick Gamp, réajustant sa perruque déclara solennellement : " le respect de nos valeurs, la discipline implacable que nous nous devons de transmettre à notre jeunesse sont les premières pierres de l'éducation en ces temps modernes... "

Moderne. Ça me donnait pas envie d'aller mettre les pieds au 18ème siècle cette déclaration. Je parcourrai rapidement les pages de l'exemplaire de l'histoire de Poudlard que j'avais entre les mains.

Liste des salles légendaires.

Chambre des secrets.

Salle des papillons rongeurs de chairs.

Salle de musique hypnotique…

La liste s'étendait sur plusieurs pages.

Salle de torture.

Intéressant.

Je refermais le livre, si quelqu'un savait où se trouvait une telle salle je savais qui c'était.

voirvoirvoirvoirvoirvoirvoirvoirvoirvoirvoirvoirvoir

-Hum...Mr Rusard ?

Le concierge souleva son balai-serpière dans un geste défensif, m'éclaboussant au passage. J'aurais du m'y attendre. C'est vrai qu'on devait venir lui parler aussi rarement qu'à Binns.

-J'ai une question.

-Pas confiance.

-S'il vous plaît monsieur, c'est pour mon avenir. Je veux devenir concierge comme vous.

Était-ce des étoiles qui brillaient dans mes yeux ou l'étincelle de la folie pure ? En tout cas ça laissa Rusard plus que perplexe.

-Et vous voyez je me dis qu'avec cette délinquance qui monte en flèche, d'ailleurs je ne sais pas si vous avez lu la gazette ces temps ci mais c'est plutôt affolant, je pense que d'ici quelques années les punitions corporelles seront remises en place.

-Elles ont prouvées leur efficacité c'est vrai, grogna Rusard.

-J'ai entendu parler d'une salle…

Il plissa des yeux.

-Oui. LA salle.

-Celle là, je lui réponds au pif.

Espérons qu'il me mène au bon endroit.

-Transmettez moi...

Ridicule.

-Vous faites partie de ces sales gosses…

-Je suis un repenti.

-Je pense que peut-être...je peux vous montrer, articula t-il lentement. Si vous n'êtes pas honnête, vous saurez comme ça ce qui vous attend le moment où ces endives du ministère auront cessé de se rouler dans des discours mous et idéalistes.

Il posa son balai contre la rampe à sa droite et me mena presque au sommet de la tour d'astronomie. Il appuya sur une pierre placée en hauteur, au dessus de l'escalier en colimaçon, et renversa une torche.

Des pierres du mur intérieur bougèrent et partirent se coller au plafond pour permettre à un trou de se former.

La salle était petite et circulaire mais tout l'espace étaient occupé par des instruments de torture divers. Des chaînes, des pinces aux formes étranges. Brr.

-...Et ça c'est pour écraser le cartilage du nez…expliqua Rusard.

-Ça peut être utile, je lui réponds distraitement.

Je ne voyais pas à quel moment mais ça avait l'air de lui plaire que je dise ça. Vivement que je sois repenti dans le camps des délinquants, c'était quand même plus plaisant.

Sur le mur du fond, la citation d'Ulick Gamp était gravée en lettres de sang. Au moins j'étais au bon endroit.

d'autresd'autresd'autresd'autresd'autresd'autresd'autres

Après une journée encore emplie de solitude, je revins le soir, enfonçant la pierre et renversant la torche. Merlin que cette salle était encore plus glauque la nuit.

En dessous de l'inscription au fond se trouvait une série de boîte que j'entrepris de fouiller.

Une collection d'os.

Si jamais Sirius et James concrétisaient ce projet de bombe, je connaissais une gentille salle qui allait faire office de cobaye.

J'ouvris une nouvelle boîte en ivoire.

-Oooooooh, un mini plot.

Je pris l'objet miniature entre l'index et le pouce et lit le message qui allait avec.

Plout.

Les moldus les utilisent pour délimiter et protéger les passants des zones accidentées. Celui ci change de taille à volonté et se met en travers de tout danger vous menaçant. Il répond à l'appel de son nom.

Indice :

Il y a cinq quartiers de professeurs entre le troisième et le sixième étage. Bonne fouille.

Je savais que ce mec cherchait juste à me faire expulser.

payspayspayspayspayspayspayspayspayspayspays

Forcer les appartements des profs c'était plus amusants en groupe et avec une cape d'invisibilité. Je me tâtait donc à arrêter de fuir mes amis mais leurs continuels regards inquisiteurs ne me poussaient pas vraiment à agir dans ce sens.

-T'es en froid avec eux ? Me demanda Lily s'incrustant à ma table au début du cours de métamorphose.

-Non !

-Qu'est-ce que tu fais tout seul alors ?

-Je...euh...prends du recul.

Lily renifla.

-Compréhensible.

Je me reçus une boulette de papier sur la tête.

Pourquoi tu nous évites ?

C'était ma chance de renouer le contact. Je restais néanmoins bugué devant le parchemin. Lily me l'arracha des mains.

Parce que vous êtes des crétins.

Holà ! Pourquoi je la laissais envoyer ça moi ?

Le parchemin atterrit sur McGonagall.

Maieuuuh...

Quand on savait pas viser on envoyait pas des trucs.

McGonagall, déduisant intelligemment à partir de la zone de contact parchemin épaule et l'angle d'atterrissage de la boulette au sol la location du méfait, tourna vers notre table un regard à vous assassiner douloureusement.

-MONSIEUR LUPIN !

Présumé coupable forcément. La directrice des gryffondors fondit sur nous alors que nous nous ratatinions sur nos chaises.

PLOP.

Plout sortit de ma poche, prit 50 centimètres et vint faire barrière de tout son corps de plot. Il y eut un silence choqué. Puis McGonagall émit un drôle de son.

-QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE FOUTOIR ? ENLEVEZ MOI CA !

Je soulevais désespéramment Plout qui changea deux fois de taille pour échapper à mon emprise et reprendre sa position initiale au sol.

S'en était presque touchant cette volonté de me protéger d'un coup dans les tibias.

-Plout ?

Le plot vacilla sur lui même avant de se réduire et de finir dans ma poche.

m'enfuirem'enfuirem'enfuirem'enfuirem'enfuirem'enfuire

Trois jours de retenue veut dire trois jours de plus survécus à Poudlard. Je pourrais bien me révéler être le maître des enfers que McGonagall me ferait quand même récurer les toilettes du 3ème étage demain.

Je me fis soudainement plaqué au mur par trois individus.

PLOP.

Mon doux Plout. Sirius shoota dedans.

-D'où vient cette chose orangée ? demanda James.

-J'ai trouvé le dernier objet.

-Sans nous ?

Il avait l'ai blessé et déçu. Je baissais la tête pour ne pas avoir à le regarder dans les yeux.

-Pourquoi tu nous évites ? Demanda t-il de nouveau.

-Vous me regardez curieusement.

Un soupçon de culpabilité passa sur le visage de James.

-On s'inquiète.

Je crois que j'ai plus trop le choix.

-Je suis malade. J'ai la maladie de ma mère, c'est génétique.

-Gné ?

-Je suis né avec mais ça ne s'est vraiment déclaré que l'année dernière.

-Pourquoi pas le dire ?

-J'avais pas envie que vous me voyiez différemment.

Un mensonge et des demi-vérités. Pas trop mal.

-Ouais ben...c'était débile. On n'est pas comme ça.

Je passais d'un pied à l'autre nerveusement.

-Non.

Essaie de t'en convaincre maintenant. Je soupirai et sorti de ma poche le nouvel indice.

-Plout !

Le plot rentra dans ma poche. James lut le parchemin et sourit.

-J'aime ce que tu nous amènes là !

loinloinloinloinloinloinloinloinloinloinloinloin

Première étape, suivre les profs, ce que nous fîmes pendant quelques semaines. On rayait de suite avec un soulagement profond McGonagall de la liste puisque nous savions déjà que ses quartiers se trouvaient au septième, pas très loin de notre salle commune.

Ceux de Slughorn étaient aux cachots. Ceux de Funnel…

-Grr…

Ceux de Funnel étaient au cinquième.

-Quelqu'un a une retenue avec lui ? Demanda James.

-Non, répondit Sirius consultant son agenda.

-Scandale.

-On peut aller le voir sur notre temps libre, lui demander de ses nouvelles...je remarquai.

-Ok, tu fais la discussion et nous fouillons.

-Quoi ? Non ! Je réclame au moins du renfort.

-J'aiderais, Sirius leva la main.

-Vraiment ? Je m'étonne.

-J'aime pas chercher.

-On fait comme ça, conclut James.

d'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'icid'ici

-T'as mis quoi dans son whisky ? Je panique.

-Un truc que j'ai trouvé par terre en potion.

-Par terre ? Dis-je septique.

-Par terre sur une étagère dans la réserve, rayon somnifères.

Funnel poussa un ronflement.

-On peut aller aider du coup.

-Vas-y, quelqu'un doit continuer à le surveiller.

Je levai les yeux aux ciels.

-Ben voyons.

Après avoir passé trois heures à fouiller et avoir vu mille fois plus de la vie de Funnel qu'aucun de nous n'avions jamais voulu voir, nous revenions bredouilles aux dortoirs.

-Qui reste-il ? Je demandai en m'étalant sur mon lit.

-D'après le résultats des filatures, Chourave, Fitlwick, Vumbry et la prof d'étude des runes là...C'est quoi son nom ?

-Prrrrt.

-Runita.

-J'ai un doute.

-C'est son nom maintenant. Tu pars quand te soigner ?

-Bientôt.

Je réalisai que ça faisait longtemps que j'avais cessé de compter les jours et j'étais pourtant encore élève à Poudlard.

versd'autresparadisversd'autresparadisversd'autresparadis

versd'autresparadisversd'autresparadisversd'autresparadis

Yoyoyoyoyo, je suis en vacances, je vais pouvoir publier plus souvent.

Plout.

Review.