Partie 4 : Le vide

Avoir des enfants développe chez quiconque un sixième permettant de sentir lorsqu'ils sont en train de faire une bêtise. Et Draco ne faisait pas exception à cette règle. Bien au contraire, avoir élevé deux enfants avec une propension aussi élevée à se mettre dans des situations impossibles n'avait fait qu'affuter chez lui cette intuition au fil des années. Et lorsque les secousses avaient débuté, sa première pensée avait été de se demander si ses enfants étaient en sécurité. Mais presqu'aussitôt, sa seconde pensée avait été de se demander si c'était eux qui étaient à l'origine de ce cataclysme.

Il avait aussitôt ordonné aux élèves de sa classe d'éteindre leurs brûleurs, inutile d'ajouter un incendie au tremblement de terre. D'un geste de sa baguette, il avait stabilisé tout ce qui aurait pu leur tomber sur la tête avant de leur indiquer de prendre refuge sous les tables de travail alors que les secousses s'intensifiaient. Deux élèves s'étaient mises à pleurer et se serraient l'une contre l'autre. Plusieurs bancs tombèrent à la renverse dans un grand fracas et les plafonniers grincèrent en se balançant dangereusement.

L'Écosse n'est pas un endroit prompt aux tremblements de terre et Draco était certain que ce dernier avait très certainement une origine magique. Était-ce le résultat d'un accident durant un cours? Une attaque contre le château? Il espéra que rien de grave ne s'était produit tout en se disant que tout ceci n'augurait rien de bon.

-Monsieur Malfoy, qu'est-ce qui se passe? demanda Timothy Syvret, le préfet de serpentard, un jeune homme à la silhouette élancée et au teint blafard donnant l'impression qu'il n'avait jamais vu la lumière du jour.

-Je l'ignore, tout comme vous. Écoutez… les secousses semblent s'être stabilisées. Restez à l'abris ici. Monsieur Syvret, je compte sur vous pour assurer l'ordre de la classe en mon absence, je vais tenter de voir si mon aide est requise ailleurs.

-Monsieur, Timothy est le préfet de serpentard et pas de serdaigle! se plainte une élève normalement assise au fonds de la classe en jetant un regard méprisant à Timothy.

Draco ne put s'empêcher de rouler les yeux et lorsqu'il répondit, sa voix était teintée par l'exaspération que provoquait parfois chez lui ce genre de réaction puérile de ses élèves.

- Vraiment, Miss Clark? Le fait que vous pensiez que ce genre de remarque est appropriée dans les circonstances me fait douter de la décision du choixpeau de vous avoir placé dans la maison connue pour la sagesse et l'intelligence de ses membres. Si personne d'autre n'a de remarque aussi édifiante à formuler, je vais aller voir ce qui se passe. Que personne ne sorte de cette classe, c'est compris?

Les élèves hochèrent la tête, certain répondirent « oui » à haute-voix, la plupart avait soit un air effaré sur le visage ou encore, terrifié. Il se força à inspirer. Ils avaient peur, ce n'étaient que des élèves de quatrième année, tout juste des adolescents. Il se souvenait combien il était lui-même stupide et impressionnable à cet âge.

-Tout… tout va bien aller, dit-il d'un ton radouci avant de quitter sa classe, espérant les rassurer et surtout, qu'ils lui obéiraient et demeureraient à l'abris.

Le couloir menant à sa classe située dans les donjons était vide, mais dès qu'il s'approcha de la salle commune des serpentards, il se mit à entendre les cris et les bruits de pas précipités des élèves. Il accéléra le pas et vit que ces derniers se précipitaient pour la plupart dans la salle commune, ne sachant sans doute pas où aller se réfugier sinon. En le voyant, certains s'interrompirent et se tournèrent vers lui, comme s'ils s'attendaient à ce qu'il leur dise quoi faire. Il agrippa un élève de septième année qui était dans son cours de potions avancées l'an dernier.

-Francis, j'aimerais que les sixièmes et les septièmes années, vous vous assuriez que tous les élèves qui ne sont pas en cours regagnent la salle commune. Fixez tous les objets qui pourraient tomber et demeurez-y jusqu'à ce qu'on professeur viennent vous dire que c'est ok.

-Oui, monsieur.

Draco continua son chemin alors que Francis criait ses instructions aux autres alentours. C'est en cet instant que Draco aurait eu besoin de la carte du Maraudeur de son époux, mais cette dernière était au manoir, verrouillée dans le tiroir du bureau de Harry. Tant pis.

Il déboucha un étage plus haut, dans le couloir menant à la Grande salle.

-Draco!

Minerva McGonagall marchait d'un pas rapide vers lui, une mine soucieuse sur le visage. Il fut néanmoins soulagé de la voir et il se demanda s'il y avait un âge à partir duquel elle cesserait d'avoir sur lui cet effet rassurant. Sûrement pas.

-Qu'est-ce qui se passe? demanda-t-il, laissant l'inquiétude qu'il avait contenu devant ses élèves se répandre sur son visage.

-J'aimerais le savoir! Mais, avant toute chose, il faut absolument mettre les élèves à l'abris, ils doivent demeurer à couvert en attendant que les secousses s'arrêtent, il faut…

Elle ne termina pas sa phrase, puisque, comme si ce qui causait ce tremblement de terre l'avait entendu, tout s'arrêta aussi brusquement que ça avait commencé. Les deux adultes se regardèrent en fronçant les sourcils.

-Tandem! Per omnis deos! s'exclama une femme vêtue d'une toge dans un portrait près d'eux, elle était peinte dans un atelier de poterie et tous les pots étaient tombés des étalages pour se briser sur le sol.

Minerva pointa alors sa baguette contre sa propre gorge et lorsqu'elle parla, sa voix retentit dans tous les couloirs de l'école et sur le terrain à l'extérieur.

-TOUS LES ÉLÈVES AINSI QUE LES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT DOIVENT SE RENDRE IMMÉDIATEMENT DANS LA GRANDE SALLE!

Elle répéta le message trois fois. Draco commença à s'éloigner en direction de l'escalier.

-Draco, ce message s'adressait également à toi, tu fais partie du corps enseignant.

Il s'arrêta et se tourna vers elle, cette expression qu'elle connaissait trop bien sur son visage lorsque son idée est faite sur un sujet et qu'il s'apprête à tenir tête à quelqu'un. Cette fois-ci, c'était à elle.

-Je dois retrouver mes enfants.

-Rien ne sert de les chercher partout dans Poudlard, ils ont entendu mon message, ils doivent déjà être en direction de la Grande salle.

Il pinça les lèvres.

-Tous les autres seront là, je…

-Je suis certaine que Lily est en sécurité avec ton fils, l'interrompit Minerva à la fois fermement, mais avec une certaine délicatesse, elle le connaissait suffisamment pour savoir que rien ne servait de le brusquer dans ce genre de situation sinon, il se braquerait encore davantage.

Draco était un enseignant remarquable, mais un employé ingérable. Elle le savait lorsqu'elle lui avait demandé de venir enseigner à Poudlard et bien franchement, ce ne pouvait être pire à ce niveau qu'avec Severus qu'il remplaçait. Elle en était venue à se demander si cela n'était pas un trait inhérent aux potionistes, puis elle se rappela combien Horace était un homme peu compliqué à ce niveau.

-C'est bien mal les connaître, répliqua le professeur de potions en soupirant d'impatience.

-Draco…

Mais la directrice de Poudlard ne put formuler sa réponse que Lisa Weasley déboulait devant eux, manquant presque de leur rentrer dedans tant elle arrivait à vive allure, les joues rouges, ses longs cheveux roux partant dans tous les sens et à bout de souffle. Elle semblait dans un état de panique avancé et un serrement se fit aussitôt dans la poitrine de Draco, devinant déjà de quoi il était question. Elle et Scorpius étaient normalement inséparables et il pouvait penser à une seule chose qui la mettrait dans cet état considérant qu'il n'était pas avec elle.

-DRACO! ENFIN! C'EST… C'EST… LI…LILY ET… SCORPIUS…ILS ONT…ILS ONT DISPARU… C'EST…LE TREMBLEMENT… ÇA VIENT D'UNE…AR-ARMOIRE DANS LA… LA SSALLE SUR DE-DEMANDE, expliqua-t-elle en paniquant, tentant tout à la fois de reprendre sa respiration, les mains posées sur ses cuisses, penchée vers l'avant comme un coureur de fonds après une course.

-Pardon? Une armoire? répondit Minerva qui n'avait presque rien saisi de ce que leur avait déballé Lisa à toute vitesse.

L'élève de gryffondor tourna son visage envahi par les larmes vers elle.

-Il…Il faut faire vite! insista-t-elle.

-Allons-y! répondit Draco.

-Draco! Un instant, Draco! Il ne faut pas se précipiter, nous ignorons encore…. commença la professeur McGonagall, mais le blond ralentit à peine en se tournant vers elle.

-Il s'agit de mes enfants, rien ne m'empêchera de me précipiter. Contactez Harry et informez-le de la situation!


« Les sorciers ont tendance à ne considérer que ce qui les différencie des moldus. Pourtant, il y a beaucoup plus qui nous unie que de choses qui nous séparent. Les moldus ne sont intrinsèquement pas différents de nous. Ils ont cette même volonté de comprendre le monde qui nous entoure. Cette même fascination pour ce qui ne s'explique pas encore. Et cette même tendance à craindre ce qu'ils ne comprennent pas et à lui attribuer une cause qui n'a pas de fondement empirique. Cette tendance n'est donc pas liée au fait d'être né moldu ou sorcier, mais bien à la nature profonde de l'être humain qui ne peut laisser une question sans réponse, quitte à croire en une fausseté.

Il est vital de saisir que l'existence de la magie n'infère en rien celle de ce qu'on pourrait nommer « le surnaturel ». Si la première n'est qu'une force parmi tant d'autres s'inscrivant dans les règles de l'univers et obéissant à ses règles, le second n'est que fiction de l'esprit et n'a pas plus de fondement qu'un conte pour enfants. Le surnaturel doit donc être écarté de toute étude sérieuse de la magie et considéré, au même titre que tout ce qui relève de l'imagination fertile des sorciers tout comme des moldus, comme un sujet frivole et dépourvu de tout intérêt scientifique.

Ce qu'on attribue ou ce qu'on a attribué, parfois, au surnaturel, ne sont qu'un ensemble de phénomènes dont on n'a pas encore compris les règles, rien de plus, rien de moins. Croire qu'il puisse en être autrement ne ferait que freiner les avancés scientifiques possibles puisqu'on s'en remettrait alors à une croyance sans chercher plus loin. »

-Extrait de Théorie de la magie, 3e édition, p.96-


Assise dans le fauteuil qui était, dans sa réalité, son préféré, Lily étudiait avec solennité les visages de ceux qu'elle n'avait vu qu'en peinture ou sur des photographies. Assis face à elle, sur le canapé que son père avait fait recouvrir l'an dernier et qui n'était désormais plus de ce bleu délavé, se trouvaient Narcissa et Lucius Malfoy, ses grands-parents décédés bien avant sa naissance.

Car elle avait réalisé à peine quelques secondes après que l'homme lui eut ouvert la porte que ce n'était pas une version plus âgée de son frère qui se dressait devant elle, mais bien son grand-père.

Toute sa vie, Lily avait entendu ceux qui avaient connu Lucius Malfoy s'étonner de la prétendue similitude choquante entre Scorpius et lui. C'était par ailleurs vrai qu'ils ressemblaient selon ce que la fillette avait pu voir sur les photographies qu'ils avaient de son grand-père et sur son portrait qui était aligné avec celui des autres ancêtres de la famille. D'autant plus que son frère se coiffait de la même manière que leur grand-père, prenant un plaisir étrange, selon elle, à renforcer cette similitude. Étrange d'autant plus qu'elle ne considérait pas que cet homme était un modèle à imiter. Mais son frère lui répondait toujours que ses idéaux ne l'empêchaient pas d'être le Malfoy ayant le style le plus classe de toute la famille.

Néanmoins, maintenant qu'elle faisait face à l'homme en chair et en os, elle comprenait à quel point cette ressemblance était marquée, non, plus que cela encore, troublante. Elle avait l'impression de se trouver devant l'une de ces photographies qu'utilisent les policiers lors des disparations d'enfant pour voir de quoi ils auraient l'air plus vieux.

C'était à la fois troublant et réconfortant d'être de retour chez elle. Troublant parce que les lieux étaient à la fois identiques et différents. Nulle trace de leurs photos de famille sur le manteau de la cheminée ou des baskets de son frère lancées quelque part dans un coin du hall. Il n'y avait pas non plus de livres ou de magazines qui traînaient sur les tables du salon et ce dernier était dépourvu du téléviseur et de la console de jeux vidéo qui y trônaient normalement. Et pourtant, tout le reste était là. Le mobilier, les tableaux, les tapis, les rideaux. Et même cette odeur presque imperceptible qui régnait en ces lieux comme en tous lieux et qui, dès qu'elle pénétrait les narines de Lily, la faisait se sentir aussitôt chez elle.

Elle caressa du bout des doigts le velours du fauteuil, ne pouvant s'empêcher de noter, au passage, que la tache qu'elle y avait fait sur l'accoudoir avec de la pimentine, quelques années auparavant, n'y était pas dans cet univers. Évidemment, puisque la Lily de cette réalité n'avait assurément jamais mis les pieds ici.

Un silence pesant s'étirait entre eux depuis qu'ils l'avaient invitée à s'assoir et Narcissa esquissa ce qui devait être, selon ses propres critères, un sourire.

Draco parlait parfois de ses parents à ses enfants et Lily était bien au fait de l'histoire de sa famille. Bien qu'elle ait été élevée dans le respect de tous, qu'importe qu'ils soient d'origine moldu, de sang-pur ou mêlé, son père avait tout de même insisté pour qu'elle ait une connaissance des grandes familles sorcières de sang-pur et des liens qu'ils entretenaient avec leur famille ainsi que de l'histoire de ses ancêtres tant du côté Potter que du côté Malfoy.

Elle avait donc parfaitement conscience que l'homme assis face à elle était un ancien mangemort et un suprémaciste de sang-pur, mais contrairement à ce qu'elle aurait cru, elle ne se sentait pas intimidée par lui. Et encore moins par sa grand-mère qui, en personne, paraissait plus détendu que dans son portrait accroché dans le salon bleu du manoir, chez elle. Elle parvenait difficilement à croire, d'ailleurs, que ses grands-parents l'eurent invitée à entrer. Elle était parvenue, après que le choc de réaliser face à qui elle se trouvait se fut légèrement tassé, à inventer rapidement une histoire se résumant rapidement par le fait qu'elle s'était perdue lors d'une sortie en camping avec ses parents.

L'histoire avait dû leur paraître crédible ou, du moins, pas complètement impossible, car après un rapide coup d'œil à ses blessures et ses vêtements tachés de sang, ils l'avaient fait entrer et l'avaient guidé jusqu'au salon lui demandant de s'assoir et de patienter. Une elfe de maison était aussitôt apparue avec un verre d'eau et une assiette de sandwich sur lesquels elle s'était jetée comme un animal affamé. Lorsqu'ils étaient revenus dans la pièce, sans doute après avoir discutés de ce qu'ils feraient avec elle, elle avait la bouche pleine et se gavait toujours. Narcissa lui avait jeté un regard de pitié et de dégoût mélangé.

Ses pensées tournaient présentement à vive allure, bénéficiant du silence entre eux pour réfléchir à la suite des choses. Elle pensa la créature qui, sans doute, se rapprochait d'eux pendant ce temps, gagnant un peu plus de terrain à chaque seconde. Elle devait trouver un moyen de les convaincre d'avoir accès à la bibliothèque, et ce, le plus rapidement possible. Mais comment?

Lucius brisa le silence d'un raclement de gorge.

-Tu n'es pas perdue, constata-il simplement, en la regardant d'un œil critique.

Ces propos étonnèrent la fillette. Elle savait que son père était un excellent légilimens et qu'il tenait cette aptitude de son propre père et elle se demanda si le vieil homme avait lu dans ses pensées sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle ne répondit pas.

-Seul quelqu'un connaissant l'existence du manoir peut le voir et seul un membre de notre famille peut en franchir le portail sans invitation, continua-t-il d'une voix traînante, comme s'il prenait le temps de peser chaque mot qui franchissait ses lèvres, mais ni son ton ni sa posture n'étaient menaçantes.

Elle baissa les yeux vers l'assiette vide sur l'ottoman devant elle, puis sur ses propres mains crispées sur son jeans.

-Donc, cela signifie que ta présence ici n'est pas un hasard et que tu fais partie de notre famille. Maintenant, j'aimerais que tu me dises qui tu es, conclut-il en se penchant doucement vers elle.

-N'ais pas peur, nous ne te voulons pas de mal, ajouta Narcissa qui, malgré l'étrangeté de la situation, voyait bien que ce n'était qu'une fillette qui avait besoin d'aide.

Lily avait déjà renoncé à expliquer à ses grands-parents qui elle était au moment où elle avait compris à qui elle avait affaire, sachant trop bien quelle réaction elle recevrait de leur part si elle prétendait être la fille de Harry Potter et de Lucius Malfoy perdue dans une réalité parallèle. Mais c'était avant que Lucius n'affirme qu'ils étaient de la même famille si soudainement. D'autant plus qu'il n'aurait jamais pu deviner qu'elle était une Malfoy en se basant uniquement sur son apparence physique. Elle n'avait évidemment aucun des attributs physiques propres aux Malfoy avec ses cheveux noirs et ses yeux d'un bleu profond. Ce n'était ni un secret pour elle ni un secret pour Scorpius que Harry et Draco avaient choisi à tour de rôle d'être les géniteurs de leurs enfants. C'est pourquoi Lily et Scorpius se ressemblaient peu, mis à part pour leurs yeux d'un bleu profond qu'ils avaient hérités directement de celle qui les avait tous deux portés : Daphnée Greengrass.

Lily n'avait pas pensé au portail lorsqu'elle leur avait rapidement inventé le mensonge concernant son supposé voyage de camping. Elle savait bien, pourtant, que le portail ne s'ouvrait que pour les membres de leur famille, elle aurait dû y penser. Mais, c'était tout de même curieux de constater que l'enchantement la reconnaissait comme faisant partie de la famille alors que dans cette réalité, ce n'était pas le cas. Parfois, la magie fonctionnait d'une façon bien mystérieuse.

Lily pinça les lèvres. Et voilà, ils arrivaient au moment où jamais ils ne la croiraient.

-Votre petite-fille…? tenta-t-elle au bout d'un moment.

Narcissa haussa les sourcils.

-C'est impossible, trancha Lucius d'un geste de la main.

Pourquoi avait-elle-même essayé de leur dire la vérité? Elle savait bien qu'ils ne la croiraient jamais. Mais maintenant, elle ne pouvait plus revenir en arrière. Elle se rappela ce que lui avait raconté son père concernant le Draco Malfoy de cette réalité lors du dîner de la veille.

-Je sais que ça peut paraître… difficile à croire, mais…

-Ce n'est pas difficile à croire, jeune fille, c'est tout bonnement impossible! rétorqua Lucius.

Cette fois, il n'y avait plus aucune trace de cette douceur qui s'y trouvait un instant auparavant et Lily se tendit, se rappelant qui était l'homme devant elle. Elle jeta un regard à sa grand-mère qui affichait toujours ce même air choqué depuis qu'elle avait dit qu'elle était leur petite-fille.

-Je sais que mon père s'est… euh… enfuit pendant la guerre, mais… mais…

Ce fut Narcissa qui l'interrompit en posant doucement une main sur la sienne en jetant un regard à son mari pour lui signifier qu'elle prendrait le relais. Ce dernier croisa les bras sur sa poitrine en s'enfonçant dans le sofa, il semblait presque en colère ou, du moins, contrarié, même si Lily ne comprenait pas très bien pourquoi.

-Non, tu ne comprends pas, ce que mon époux tente de te dire, c'est que c'est impossible puisque notre fils est mort il y a de cela un peu plus de quatorze ans.

Ce fut au tour de Lily d'être choquée et lorsqu'elle parla, sa voix était un peu plus incertaine que précédemment.

-Quoi? Mais… mais je croyais qu'il avait… disparu? Non? dit-elle en répétant ce que lui avait dit son père la veille.

Narcissa hocha la tête lentement.

-En effet, environ huit mois avant la fin de la guerre, Draco s'est enfui et nous n'avons jamais eu de ses nouvelles, malgré les nombreuses recherches que nous avons faites, les enquêteurs privés, les sorts de localisation, rien. Il ne voulait clairement pas être trouvé ni par nous ni par personne Et puis…

Elle hésita un moment à continuer, comme si elle se demandait si c'était judicieux ou pas de confier tout cela à cette enfant sortie de nulle part, mais dont la magie du manoir reconnaissait comme étant une Malfoy, même si cela semblait impossible. Mais ce n'était pas non plus un secret et ce n'était qu'une fillette.

-… et puis, il y a quinze ans, nous avons été contactés par le Ministère français de la magie. Ils avaient retrouvé notre fils ou plutôt… son corps. Mais ce n'était pas tout, il y avait un enfant, son fils…

-Mon frère? Scorpius?

Quelque chose passa dans le regard de Lucius, mais il ne dit rien.

-Oui, le fils de Draco s'appelle bien Scorpius, répondit Narcissa, ne voulant pas admettre que cette enfant était le frère de Scorpius, car c'était tout simplement impossible.

-Mais… qui était sa mère? demanda Lily qui ne pouvait s'empêcher d'être triste à l'idée que son père était mort, même si ce n'était que dans cette réalité, cette pensée était pour elle insoutenable.

Lucius intervint.

-Nous ne l'avons jamais su, elle n'a jamais voulu être reconnue, en fait, elle a voulu donner l'enfant à l'adoption, mais Draco a refusé et il l'a pris avec lui. Ils n'étaient pas… ensemble à ce qu'on a pu comprendre.

-Et… comment est-il mort?

Narcissa déglutit avec difficulté en détournant le regard comme si elle avait craint qu'elle ne lui pose cette question depuis qu'elle avait abordé le sujet. Même après toutes ces années, cela lui coûtait encore d'en parler.

-Il… commença-t-elle, mais sa voix mourut dans sa gorge qui se noua.

-Il s'est fait attaquer par des truands dans une ruelle, ils ont peut-être voulu le voler ou… on ne sait pas vraiment, répondit Lucius à sa place, en pinçant les lèvres.

Lily hocha lentement la tête, bouleversée malgré elle. Elle se répéta que ce n'était pas réel, même si la souffrance qu'elle percevait chez ses grands-parents était incontestable et avait une saveur un peu trop vraie à son goût.

-Donc… continua Lucius après un silence, il est impossible que tu sois la fille de Draco.

Ce fut à son tour de pincer les lèvres, s'en voulant presque d'insister, mais en ayant marre de mentir.

-Et pourtant…

Mais elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un cri se fit entendre de l'extérieur, suivi d'un craquement et du son de quelque chose qui heurte le sol avec force. Ils tournèrent la tête d'un seul geste vers la fenêtre en sursautant.

-Par Merlin! Mais, c'est impossible, la sécurité du manoir empêche… commença Lucius en se levant d'un bond.

-Mon cher, je crois que, pour aujourd'hui, nous devrions cesser de nous attarder sur ce qui est possible ou impossible et considérer que tout peut désormais être du domaine du possible, commenta Narcissa en sortant sa baguette.

Lucius ordonna à Lily de demeurer à l'intérieur et sortit également sa baguette de la canne dans laquelle il la rangeait. Les deux adultes ouvrirent la porte menant directement dans les jardins, de là où était provenu le cri et les autres bruits. À quelques mètres du manoir, quelqu'un était étendu sur la pelouse, mais tentait maladroitement de se relever en jurant. Plus loin, un balai tressautait de lui-même comme quelqu'un se faisant électrocuter, il manquait la moitié de la paille formant la brosse et le manche semblait fendu. C'était un miracle que cette personne soit parvenue jusqu'ici avec un balai dans un tel état et, plus encore, qu'elle ait réussi à franchir les défenses du manoir. Puis l'intru se releva finalement et se tourna vers eux.

-Scorpius?

L'adolescent posa un regard sur les deux adultes face à lui, il resta interdit un moment, puis ses sourcils se haussèrent d'une manière presque comique.

-Non. C'est… non. C'est…c'est… non. Non. C'est pas possible… c'est…non. Non. Non. Non, balbutia-t-il en dévisageant l'homme qui s'était approché de lui comme s'il s'agissait d'une apparition particulièrement terrifiante.

C'était impossible. Impossible! Il les avait reconnus aussitôt, ses grands-parents Malfoy, ceux qui étaient morts bien avant sa naissance, avant même la fin de la guerre. Non. Il avait bien compris qu'il n'était pas chez lui après son échange avec Severus et, plus encore, lorsqu'il s'était rendue, juste après sa fuite, demander de l'aide à Pansy dont les bureaux de son agence de publicité se trouvaient à Pré-au-Lard et qu'il n'avait trouvé qu'un bâtiment à la devanture placardée. Néanmoins, il n'était pas préparé à cela. Il n'aurait jamais pensé que cet endroit, quel qu'il soit, pouvait ramener les morts à la vie. Rien ne pouvait faire ça.

Lucius fit un pas vers lui et il fouilla dans sa poche pour en sortir sa baguette, mais, au même moment, il vit Lily sortir du manoir.

-LILY!

La fillette se rua vers lui et, l'instant d'après, elle se jetait dans ses bras avec une force qui manqua de le faire tomber par terre. Mais il n'en avait cure, il la serra à l'étouffer tandis que sa petite sœur fondait en larmes contre lui.

-Scorp', je suis tellement désolée! Tu es venu… tu es venu me chercher. Je regrette tellement… Tu es venu, hoqueta-t-elle en laissant derrière elle toute trace de la fierté qui animait normalement chacun de ses gestes.

Son frère était là. Il était venu la sauver. C'était tout ce qui comptait. Il était là et tout irait bien.

-Chut, je suis là… ça va aller. Ça va aller Lily… Chut… Ne t'excuse pas, c'est moi… C'est moi qui ai dit des choses que je n'aurais jamais dû te dire, murmura-t-il en sentant les larmes s'échapper de ses yeux à son tour, toute trace de la colère qu'il avait ressentie à son endroit, envolée.

Ils étaient ensemble maintenant et tout irait bien. Ils rentreraient à la maison. Tout irait bien.

Ils se séparèrent enfin et c'est alors que Scorpius remarqua la large ecchymoses sur la tempe de sa sœur, le bandage posé en partie par-dessus et le sang sur ses vêtements.

-Qu'est-ce qui t'es arrivé?

-Accident de voiture ce matin et hier, je suis tombée deux fois d'une fenêtre, mais ça va…

-Hier?

Elle hocha la tête.

-Oui, hier.

-Lily, tu es arrivée ici maximum trente minutes avant moi et ça fait à peine quatre heures que je suis ici. Mais… c'est sans importance, on doit partir. On doit partir maintenant, c'est trop dangereux, il y a… il y a quelque chose de pas… de pas normal ici.

Elle releva brusquement le regard vers lui, de la peur plein les yeux.

-Tu l'as vu? La chose? La créature? demanda-t-elle d'un ton précipité comme si elle venait de se rappeler qu'elle était toujours à ses trousses et qu'elle pouvait arriver ici à tout moment.

-Oui. On doit… on doit partir tout de suite.

-Comment as-tu su que j'étais ici? demanda l'enfant.

-Ma baguette, après ce qui s'est passé l'an dernier lors de la coupe du monde, je lui avais mis un sort de localisation. Mais on…

-Je crois que des explications sont de mises, intervint Lucius, coupant court à leurs retrouvailles qu'il avait laissé aller, écoutant lui aussi leur conversation et fronçant de plus en plus les sourcils avec incompréhension plus elle avançait.

Scorpius se tourna vers lui, le bonheur de retrouver sa sœur refit place au choc de se retrouver devant ses grands-parents morts ou plutôt, ressucités.

-Je…

-Tu n'es pas Scorpius ou… du moins, pas notre Scorpius, dit l'homme en l'étudiant du regard.

-Non…je…

-Nous allons retourner au salon et, cette fois, vous allez nous dire ce qui se passe vraiment ici, l'interrompit Lucius.

-Malheureusement, on doit absolument partir et…

-Oh, mais ce n'était pas une suggestion, entrez, maintenant.


-Et tu es certaine que c'est cette armoire? répéta Draco pour au moins la dixième fois.

Lisa hocha la tête, elle en était absolument certaine.

-C'est sûr qu'on… on n'a pas vu Lily disparaître, mais c'est bien de là que provenait les secousses et j'ai vu Scorpius de mes yeux être aspiré par cette armoire! Je te jure! Il faut que tu me croies! insista Lisa.

Draco tâta une nouvelle fois le fond de l'armoire, posant sa baguette dessus en jetant un Revelio informulé, mais rien n'y fit. L'armoire de bois foncé semblait en tout point ordinaire, ne semblait dégager aucune magie particulière ou, du moins, pas une que sa baguette était en mesure de détecter.

Il soupira. Par Merlin, pourquoi pour une fois n'était-ce pas les enfants de quelqu'un d'autre qui se mettaient dans le pétrin? Aussitôt, il se fustigea mentalement d'avoir eu une telle pensée, il ne souhaitait ce genre de situation à personne.

-Je te crois… Ne t'en fais pas, ce n'est pas de ta faute, dit-il en posant doucement une main sur son épaule.

La fille de Ron et d'Astoria fondit dans ses bras en pleurant de plus belle. Il referma ses bras autour d'elle.

-Mais…j-je lui ai lâ-lâché la… la main, hoqueta-t-elle en s'agrippant à Draco comme une naufragée à une bouée. Et s'ils… s'ils n-ne revenaient ja-jamais…

-Chut… arrête, arrête de penser à de telles choses, nous allons les retrouver, d'accord? répondit-il en lui caressant les cheveux, taisant du même coup ses propres appréhensions.

Elle hocha lentement la tête et, après un moment, ils relâchèrent leur étreinte.

-Bon, raconte-moi de nouveau ce qui s'est passé.


« Chapitre 13 : Le vide

Nous avons déjà abordé, dans le prologue de cet ouvrage, le fait que la nature a horreur du vide. C'est Aristote, pour la première fois, qui a établi ce principe dont la simplicité nous fait parfois l'oublier. Et pourtant, ce dernier permet de comprendre que malgré les apparences, tous les sorts visant à faire apparaître ou disparaître des choses ne sont, dans les faits, que des sorts de métamorphose agissant au niveau moléculaire, comme cela a été établi préalablement (voir chapitre 3 : Métamorphose). Ce sur quoi nous nous attarderons donc, dans ce chapitre, est tout autre.

Il faut savoir, tout d'abord, que ce sujet a plus un intérêt théorique que pratique puisque contrairement aux autres sujets abordés dans cet ouvrage, son étude n'est ni une fin ni un but. Au contraire, lorsque la magie crée un vide ou, comme certains l'appellent, un vacuum, c'est le plus souvent le résultat d'un accident et, encore une fois, d'un manque de compétence de la part du sorcier responsable.

Ce vide peut alors avoir des conséquences à la fois désastreuses et imprévisibles et le présent chapitre doit être vu par le lecteur comme une mise en garde. »

-Extrait de Théorie de la magie, 3e édition, p.342-


-Et cette créature est ton sosie… C'est… pour le moins étrange, commenta Narcissa en fronçant les sourcils, peinant à assimiler tout ce que ses petits-enfants ou du moins, ceux qui prétendaient être ses petits-enfants venus d'une autre dimension, venaient de leur raconter. Qu'en penses-tu, Lucius?

Ce dernier ne réagit pas, le regard perdu dans le vague.

-Lucius? répéta son épouse.

Il sembla sortir de sa rêverie.

-Malfoy-Potter… se contenta-t-il de murmurer, comme pour lui-même.

Narcissa leva les yeux au ciel en haussant les épaules.

-Ne me dis pas que c'est ce que tu trouves le plus incroyable dans toute cette histoire.

-Et pas toi? dit-il en levant les mains. Et nous, dans cette… réalité?

Scorpius et Lily échangèrent un regard.

-Eh bien… vous êtes morts, bien avant notre naissance, dit-il lentement.

Lucius comprit alors pourquoi Scorpius avait semblé si choqué en le voyant.

-Nous ne nous connaissons donc pas?

Scorpius fit non de la tête.

-Et Draco est en vie?

-Oui, nos parents sont en vie tous les deux et nous vivons tous ici, au manoir.

Lucius hocha lentement la tête comme s'il tentait de digérer cette information, mais n'y arrivait pas. Narcissa soupira.

-Nous devons vous retourner chez vous, au plus vite, Merlin seul sait quand cette créature débarquera ici. Ce que je ne comprends pas c'est que vous ne soyez pas arrivés par la même armoire… Et s'il suffisait de repasser par l'une ou l'autre?

-Peut-être, concéda Scorpius en haussant les épaules. Et à quoi ressemblait la créature que toi tu as vu, Lily? À moi?

Lily secoua la tête.

-Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu, je ne l'ai pas… regardé. Je… j'avais trop peur… je sais que c'est stupide…

-Non, ce n'est pas stupide, intervint Narcissa en posant une main sur le genou de la fillette.

Autant Lily voulait rentrer chez elle au plus vite, autant elle aurait aimé pouvoir apprendre à les connaître, tous les deux. Rencontrer ses grands-parents pour la première fois pour ensuite se les voir arracher lui paraissait bien cruel. Elle se demanda si cette version de Lucius et de Narcissa Malfoy était semblable à celle qui avait existé dans son propre monde ou si, comme pour son père, ils n'étaient pas vraiment eux-mêmes. Elle ne les avait pas imaginés comme ça, lorsque Draco ses parents parlaient de Lucius Malfoy, ils dressaient toujours le portrait d'un homme froid, d'un mangemort ayant fait tous les mauvais choix. Pourtant, l'homme qui lui faisait face, bien que froid, ne ressemblait pas à l'image qu'elle s'était faite d'un mangemort. Mais peut-être était-ce toujours ainsi. Peut-être que les vrais monstres n'en ont jamais l'air et que c'est pour cette raison qu'ils sont si terrifiants, parce qu'on n'a aucun moyen de les reconnaître et lorsqu'on voit leur véritable visage, il est trop tard.

-Il y a peut-être plus d'une de ces… choses, intervint alors Lucius.

Les trois autres se tournèrent vers lui.

-Si Scorpius prétend qu'il l'a vu ce matin et que l'accident de voiture de Lily a aussi eu lieu ce matin, il m'apparaît peu probable que cette créature ait pu parcourir plus de 500 miles en moins d'une heure. Il paraît évident qu'elle ne peut transplaner puisque sinon elle serait déjà ici et elle aurait rattrapé Lily plus rapidement, continua-t-il. Je crois que mon épouse a raison, la meilleure chose à faire serait de retourner dans l'Allée des embrumes pour retrouver cette boutique et de tenter de vous faire repasser par l'armoire. Évidemment, si une telle armoire existe et que tout ceci n'est pas… une supercherie.

-Comment peux-tu encore douter? demanda Narcissa en désignant ses petits-enfants assis devant eux comme si leur seule présence était une preuve suffisante à ses yeux que ce cette histoire incroyable ne pouvait qu'être la vérité.

-Et toi, comment peux-tu ne pas douter? Une réalité parallèle? Deux enfants Malfoy-Potter? Une créature surnaturelle? J'accepte déjà de les aider, ne m'en demande pas plus, Cissy.

Un mince sourire étira les lèvres de Lily. Lucius fronça les sourcils, ne voyant pas ce qu'il y avait de drôle dans ce qu'il venait de dire, bien au contraire.

-Ce n'est pas quelque chose de drôle, corrigea Lily en secouant la tête. C'est juste… Mon deuxième prénom est Narcissa, moi aussi et, parfois père m'appelle comme ça, « Cissy », et… et là j'ai compris pourquoi.

Narcissa déglutit, la gorge nouée.

-Narcissa? Tu t'appelles Lily Narcissa? demanda-t-elle.

-Ouais.

Lucius tourna la tête vers son petit-fils, mais ce dernier secoua la sienne.

-Non, pas de chance, ni pour toi ni pour moi. Le mien c'est Hypérion, alors… je préfère l'oublier. D'ailleurs, je ne comprends pas que papa ait dit oui à ça… En plus de Scorpius! Et de toute manière, on se ressemble déjà un peu trop, ce serait juste glauque, blagua l'adolescent.

Son grand-père haussa les épaules en poussant une sorte de soupir résigné qui n'était pas sans rappeler les attitudes parfois grandiloquentes de Draco. On n'échappe pas à ses origines, quoi que l'on fasse.

-Le mieux serait de transplaner là-bas, dit Narcissa. Pour ce faire, nous devrons marcher jusqu'aux limites de la propriété, êtes-vous prêts à partir?

C'est alors que les fenêtres donnant sur le parc explosèrent d'un seul coup, comme si une bombe venait d'éclater de l'autre côté. Lucius se jeta sur Lily assise juste devant lui et la protégea de son corps alors que des morceaux de verres volaient dans les airs, s'enfonçant dans les meubles et les murs. Scorpius s'attendit à être transpercé par les éclats de verre et ferma instinctivement les yeux en tentant de se recroqueviller sur lui-même, mais il les rouvrit presque aussitôt lorsqu'il ne ressentit pas la douleur attendue. Il vit que Narcissa et lui étaient entourés d'un bouclier magique qui brillaient d'une lumière bleutée, les morceaux de verre s'y étaient enfoncés comme dans un objet solide, mais ne l'avaient pas traversé.

Sa grand-mère n'avait pourtant pas sa baguette à la main et il se demanda comment elle avait pu créer un tel sort aussi rapidement. C'était presque impossible.

Puis, il leva le regard vers les fenêtres éclater et son cœur s'arrêta. Debout de l'autre côté de celles-ci, les dévisageant de leurs yeux laiteux, immobiles, Scorpius et Lily leur faisaient face.

-Et merde, dit-il alors que le bouclier se désintégrait autour d'eux.


Note de l'auteur :

Chers lecteurs,

Merci beaucoup à ceux qui ont pris le temps de me laisser un commentaire, ça me fait très plaisir de vous lire. En espérant que ce chapitre vous ait plu. Le prochain conclura cette petite histoire. Merci.