Voilà un chapitre un peu plus long que les précédents ! Et un John Watson qui passe à l'action ;)

Merci à tous ceux qui me laissent des reviews ; l'intérêt que vous portez à cette histoire me touche énormément !

Sur ce, bonne lecture !

Neferemy.

JWSH

L'occasion se présenta plus rapidement que prévu, en la personne de Mike Stamford. Depuis leurs retrouvailles, John et son vieil ami avaient pris l'habitude de faire régulièrement une sortie au bar et de discuter autour d'une bière, bien souvent devant un match. Cependant, ces sorties s'étaient espacées suite à son mariage, puis encore davantage après la mort de Mary.

Ainsi, quand Mike le contacta pour prendre de ses nouvelles et lui proposer une sortie le soir-même, John pensa que c'était l'occasion idéale de se débarrasser de ses pensées déroutantes envers Sherlock et de se remettre dans le bain.

Il prit un peu de temps pour s'habiller convenablement puis se rendit dans le salon, où Sherlock observait avec son microscope une substance dont il ne préférait pas connaître la provenance. Rosie était en bas, avec Mme Hudson.

« - Sherlock ?

- John ? Répondit le concerné sans même lever le regard.

- Hum, je sors… lança John avec hésitation. »

Son colocataire leva les yeux vers lui. Une fois encore, le médecin eut l'impression d'être observé aux rayons X. Luttant pour ne pas rougir, il laissa Sherlock l'observer minutieusement avant de déclarer :

« - Bien. Passe le bonjour à Mike de ma part.

- D'accord. Je vais passer demander à Mme Hudson si elle peut éventuellement garder Rosie pour la soirée.

- Non, elle restera avec moi. Mme Hudson va devoir prendre ses médicaments pour sa hanche dans trente minutes, ce qui a tendance à la rendre bien moins attentive aux choses matérielles.

- Hum, oui, bien. Merci Sherlock. Je ne rentrerai pas tard. »

Il sourit à son colocataire et sortit. Son ami soupira, comme s'il réfutait la dernière phrase lancée par le médecin, puis il secoua la tête et retourna à son expérience.

JWSH

La soirée était agréable. Cela faisait trop longtemps qu'il n'était pas sorti, buvant avec un ami et parlant avec insouciance en oubliant les tracas quotidiens.

Il se leva de table, laissant Mike bavarder avec des amis qu'il venait de reconnaître, et de rendit au bar pour commander un autre verre. Après réflexion, il laissa tomber la bière et commanda un verre de whisky. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'il laissait de côté ses responsabilités pour quelques heures.

« - Bonsoir, fit soudain une voix féminine juste à côté de son oreille. »

Il se tourna brusquement vers la femme. Elle était magnifique. Elle semblait avoir tout juste la quarantaine. Des boucles sombres encadraient son visage ovale et gracieux, et ses yeux d'un bleu envoutant étaient maquillés avec légèreté. Sa silhouette était mise en valeur par une robe sombre, masquée par un long manteau en laine bleu foncé.

« - Bonsoir, répondit-il avec un grand sourire. Je vous offre à boire ?

- Volontiers, dit-elle en effleurant sa main. Je suis Élisabeth. Mais je préfère qu'on m'appelle Lizzy.

- John. »

Elle était belle, charmante et avait besoin d'une bonne compagnie. Et lui était apparemment en manque d'affection, alors il en profita.

Ils discutèrent longtemps, plaisantant de tout et de rien, et John se sentait léger. Les effleurements de bras et les regards de braise de sa voisine se multiplièrent, le laissant penser qu'il était sur la bonne voie. Quand elle lui proposa, tard dans la soirée, d'aller chez elle pour prendre un dernier verre dans une ambiance plus intime, il accepta. Il prévint discrètement Mike qu'il s'en allait et repartit au bras de Lizzy dans l'air frais de la nuit.

Elle le tira avec empressement par la main tout au long du chemin et, une fois passée la porte de son appartement, elle se jeta sur ses lèvres. Tout en l'embrassant avec force, Lizzy emmena John vers sa chambre dans un équilibre précaire, et le médecin répondit à ses baisers en essayant de se perdre dans cette sensation.

Lorsqu'il sentit des mains délicates s'escrimer à déboutonner sa chemise, il haleta contre sa bouche, un malaise grandissant naissant dans ses entrailles. Il rompit le contact et fixa sa compagne dans les yeux, ces yeux aux pupilles dilatées par le plaisir, d'un bleu translucide, si semblables à ceux de son colocataire…

Merde. Encore une fois, il pensait à Sherlock. Ce n'était pas le moment ! Il passait bien trop de temps avec le détective, au point que celui-ci soit présent dans sa tête même aux moments les plus improbables…

John inspira profondément et repris le baiser là où il l'avait stoppé, caressant de ses mains les courbes tentatrices de sa compagne, qui gémit contre sa bouche. Il mit plus d'ardeur dans son baiser et retira le manteau de Lizzy. Mais son malaise revint le frapper de plein fouet, le faisant se stopper net.

« - John ? Dit Lizzy dans un souffle, une main agrippée à ses cheveux, l'autre posée sur son torse dénudé. »

Le cerveau de John semblait comme figé. Il ne pouvait pas, il n'y arrivait pas…

« - John…

- Désolé… Dit-il en s'éloignant, le corps tremblant. Je suis désolé… »

Et, sans un mot, il sortit de l'appartement.

JWSH

Il avançait sans but dans les rues de Londres, sa chemise reboutonnée à la hâte, sa veste jetée négligemment sur ses épaules. Il était incapable de réfléchir correctement. Que s'était-il passé ?

Il pensait avoir besoin de ça. D'attention, de légèreté, d'affection, de sensualité. Il pensait avoir besoin d'une relation, que ce soit un simple coup d'un soir ou quelque chose sur un plus long terme. Et pourtant, alors qu'il en avait l'occasion, il n'avait pas pu. Il n'avait pas voulu.

La mort de Mary l'avait-elle affecté à ce point, lui refusant même d'envisager l'intimité avec une autre personne ? Ou bien était-ce seulement trop tôt ?

Ce n'est pas qu'il ne ressentait plus aucun désir pour qui que ce soit, pensa-t-il en grommelant. Les mésaventures avec son colocataire le prouvaient bien. Ce qui était étrange, et gênant, et passablement ridicule. Peut-être avait-il seulement besoin de trouver la bonne personne…

Il était perdu. Il laissa son regard errer sur la Tamise quelques instant avant de rendre les armes et de rentrer tête baissée à la maison.

JWSH

Bien sûr, quand il passa la porte du salon, à une heure bien plus tardive que ce qu'il avait prévu, Sherlock était dans la pièce. Les mains jointes sous le menton, il semblait l'attendre. Ou bien il était seulement plongé dans ses pensées.

Pas d'humeur à parler, encore moins de ce qu'il s'était passé (son ami déduirait cela en quelques secondes seulement, si ce n'était pas déjà fait), il s'affala sans aucune grâce dans le canapé, et prit sa tête entre ses mains. Il n'était pourtant pas saoul (peut-être que cela aurait mieux valu pour lui), seulement fatigué, physiquement et moralement.

Dans le silence de l'appartement, il entendit soudain Sherlock se lever de son fauteuil et se diriger vers la cuisine. Sans lever la tête, il entendit la bouilloire siffler, la céramique s'entrechoquer, et les pas de son ami revenir vers lui. Quand il le regarda enfin, il était là, devant lui, le scannant de ses yeux trop intelligents. Sans un mot, il lui tendit une des deux tasses de thé qu'il tenait dans ses mains. John le remercia silencieusement et porta la tasse à ses lèvres, laissant le réconfortant breuvage le réchauffer de l'intérieur, tandis que le détective s'assit près de lui.

Ils burent leur thé en silence. Ils n'avaient pas besoin de parler. Sherlock avait compris, il comprenait toujours, et il savait que John ne voulait pas évoquer le sujet, mais qu'il ne voulait pas être seul non plus.

Ce n'est que lorsqu'il termina sa tasse que le médecin brisa le silence tranquille de la pièce :

« - Rosie ?

- Couchée dans son lit, dans ta chambre. Rien de particulier à noter, si ce n'est qu'elle a joyeusement bavé sur ma chemise préférée. »

John rit doucement, se sentant soudain moins misérable. Laissant l'épuisement le gagner, il posa sa tête sur l'épaule de son ami, lui laissant l'occasion de se dérober s'il le souhaitait. Mais Sherlock le laissa faire.

« - Sherlock ?... Merci. »

Il savait que son ami comprendrait que ce n'était pas seulement pour le thé. Bien sûr qu'il comprit.

« - De rien, John. »

Le médecin se cala davantage contre son ami, laissant son odeur et l'atmosphère de la pièce lui apporter un sentiment de contentement qu'il ne pouvait trouver ailleurs. Le sentiment d'être à la maison, ce que seul Sherlock pouvait lui apporter.

Et, heureusement, Sherlock était là.