Sans prêter attention à tous ceux qu'il croisait, Noctis parti à la recherche de ses amis. Il les trouva dans un coin du jardin : Ignis et Prompto assis sur un banc en pierre, Gladio debout à côté d'eux. Le Prince remarqua que le bracelet en cuir de son ami reposait sur ses genoux, exposant le code barre marqué sur son poignet à la vue des 2 autres.

A son arrivée, les 3 jeunes hommes relevèrent la tête.

-Prompto vous a expliqué ?

-Oui.

Ignis semblait plus pâle que d'habitude.

-Je peux comprendre, commença-t-il en remontant ses fines lunettes sur son nez, pourquoi vous avez gardé ces… ces informations pour vous. Néanmoins, Gladio et moi aurions apprécié être au courant.

-Ouais, gronda le grand homme.

Ses traits étaient froncés, mais il ne semblait pas vraiment fâché.

-Je suis sûr que le roi aussi, grommela Noctis, d'humeur sombre.

Le silence s'installa entre les 4 amis. C'est Ignis qui le rompit.

-Vous allez accepter ?

Noctis et Prompto n'eurent pas besoin de se concerter pour acquiescer en même temps.

-Je vois, murmura le conseiller. Et qu'en penses le roi ?

-A ton avis ? grogna le Prince.

Il se laissa tomber plus qu'il ne s'assit à côté de Prompto. Après quelques instants de réflexion, il se reprit. Les questions qu'il avait maintenant à se poser étaient simples. Donnant une tape sur le bras de son meilleur ami, il se leva, lui faisant signe de le suivre. Si Ignis et Gladio les laissèrent s'isoler tous les deux un peu plus loin, ils ne manquaient pas une miette de ce qu'ils pouvaient voir de leur conversation.

-Tout va bien ? demanda Prompto à voix basse.

Il était conscient que la discussion entre Noctis et le roi n'avait dû être facile pour aucun d'eux. Le Prince soupira, passant une main dans ses mèches noires.

-Faisons comme si, répondit-il avec un geste vague. J'ai laissé ma lettre à mon père, tu peux me faire voir la tienne ? J'ai à peine eu le temps de la lire attentivement.

Son ami sorti de la poche de son pantalon la lettre d'appel. Noctis la parcourut des yeux. Tout comme celle qu'il avait lui-même reçu, elle demandait son retour à la caserne militaire où ils étaient affectés. Elle promettait également, dû au caractère exceptionnel de la situation, l'obtention du grade au-dessus à tous les participants de cette opération d'urgence. Prompto passerai de 1er fusilier à 2e fusilier, et Noctis se souvenait avoir lu le terme « Major » dans sa propre lettre.

-Quand part-on ?

Aucune date n'était indiquée dans le courrier, signifiant d'autant plus l'urgence de la situation : l'état-major demandait leur retour le plus tôt possible. Noct se força à passer en mode « Sergent » Prompto le suivrai, quoi qu'il décide. La route était longue, et il leur fallait un véhicule. Il savait où ils pouvaient en emprunter un, mais pas à cette heure-ci.

-Demain matin, avant l'aube. Les tournées de Rubëo commencent à l'aube, il faut arriver chez lui avant qu'il ne quitte Insomnia.

-Dans l'optique bien sûr que tu arrives à sortir de la Citadelle, mon pote. Et que des gardes de ton père ne me collent pas au train toute la nuit !

Noctis eut un petit sourire.

-J'ai un plan pour ça.

Prompto haussa un sourcil, attendant la suite.

-Mutatio.

Le photographe grimaça, tout en reconnaissant que c'était un bon plan. « Simple et brillant » aurait dit leur amie Dece.

Aucun des 4 amis n'avait vraiment faim ce soir-là, mais Ignis insista –plus pour la forme que par réelle conviction- pour préparer quelque chose. Beaucoup de leurs sujets de conversation habituels étaient rapidement tombés à l'eau, aussi Gladio et Ignis avait fini par questionner les 2 autres sur leur vie au sein de l'armée.

Ce n'est qu'au moment où ils allaient se séparer pour la nuit que le conseiller avait posé LA question.

-Et quand comptez-vous partir ?

L'air sembla s'alourdir. Noctis et Prompto échangèrent un regard.

-Il n'y a aucune date d'inscrite sur les lettres, répondit finalement le Prince. Vous le savez si vous avez lu celle de Prompto.

Ça ne parut pas plaire à Gladio.

-Noct… menaça-t-il en s'approchant de lui.

-Gladiolus.

La voix de Noctis avait claqué, de la même manière que lorsqu'il avait besoin de commander des hommes. C'était un avertissement, un point final à la discussion. Le soldat avait pris le pas sur le Prince.

Personne ne vit, avant que les premiers rayons du soleil ne pointent, le Prince quitter la Citadelle. Tout simplement parce qu'il n'y avait pas de Prince à voir. Et par la porte de service, utilisée par les domestiques, une femme de chambre à l'étroit dans son uniforme s'engagea dans les rues de la ville sans que quiconque n'y fasse attention.