Et voilà la suite ! J'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre, et j'espère qu'il vous plaira !
Notre John s'approche doucement de la vérité qu'il n'accepte inconsciemment pas encore ;)
Bonne lecture !
Neferemy.
JWSH
Quelques jours plus tard, alors qu'ils étaient à Scotland Yard pour conclure une énième affaire, et que Sherlock se disputait comme à l'accoutumée avec Donovan à propos de l'analyse d'une preuve, John se tourna vers Lestrade, pris d'une impulsion soudaine :
« - Dis-moi, Greg, tu es libre ce soir ?
- Hum, oui, répondit celui-ci sous le coup de la surprise. Pourquoi ?
- J'ai envie de sortir, de changer d'air, lui répondit John. Ça te dit d'aller boire un verre devant le match ?
- Il t'en fait baver, c'est ça ? Ricana le DI en montrant Sherlock d'un geste de la tête. »
John décida de ne pas répondre.
« - Tu sais que je ne refuse jamais ce genre d'offre. On se retrouve ce soir, au pub habituel ! »
John le salua et récupéra son ami, qui clouait le bec à une Donovan – qui ne cessait de vociférer – en lui rappelant son goût chaotique pour les hommes mariés et au QI désespérant.
« - C'est ça, dégagez, espèce de taré !
- Quelle femme charmante, commenta John en traînant un Sherlock fulminant dans un taxi. »
Sherlock ne semblait jamais s'émouvoir de ce genre d'insulte. Après tout, tout le monde était stupide et d'une banalité affligeante, à ses yeux. Pourtant, John décernait cette fois-ci une pointe de douleur dans l'attitude de Sherlock.
Il posa sa main sur le poignet de son ami, ignorant le frémissement que faisait naître ce geste en lui.
« - Sherlock, tu n'es pas un taré. Tu le sais, n'est-ce-pas ?
- Bien évidemment, grommela le détective. Je me fiche de l'avis des gens dotés d'une stupidité maladive. »
Il tourna la tête et regarda John doit dans les yeux. Le médecin lut la question implicite dans son regard : John ne faisait pas partie de cette catégorie pour lui, et son avis comptait avant toute chose.
« - Bien. Je voulais juste que tu le saches. »
Il sourit à Sherlock, qui se détendit imperceptiblement. Le message était passé.
La main du médecin ne quitta pas le bras du détective de tout le trajet.
JWSH
Le soir même, le médecin enchaînait les verres d'un alcool relativement fort qu'il n'arrivait plus à reconnaitre tout en écoutant un Lestrade quelque peu éméché qui lui racontait les déboires de sa vie amoureuse.
« - Et toi John, comment tu te sens ? Lui demanda finalement le DI en terminant une autre bière.
- Pas trop mal, répondit le médecin à la langue pâteuse. Ce n'est pas facile tous les jours, mais je m'en sors bien.
- Je vois. Ça va aller, John. Tu as encore la vie devant toi. Tu devrais te trouver quelqu'un.
- Je sais…
- En plus, les militaires, ça en fait craquer plus d'une, ajouta le DI avec un clin d'œil. »
Tout en riant, il consulta son téléphone qui venait de vibrer.
« - Merde. Une urgence au poste, je dois y aller. Tu veux que je te raccompagne ?
- Non, pas de problème. Je reste, je ne veux pas rentrer tout de suite, articula difficilement le médecin. Et puis, j'ai pas encore terminé mon verre !
- Tu es sûr ? Lui demanda Lestrade, légèrement inquiet.
- Mais oui, file ! »
Le DI finit par partir, laissant le médecin seul, plongé dans ses pensées. Sa tête était brumeuse, et ça lui faisait du bien.
« - Salut, beau-gosse ! lui lança soudain un homme, à première vue légèrement plus jeune que lui, qui s'installa en un éclair à la place de Lestrade. Je vois que tu es seul désormais…
- Oui, répondit difficilement John, la tête lourde. Je cherche quelque chose…
- Moi aussi, répondit immédiatement l'homme à côté de lui, un grand sourire sur les lèvres. Et j'ai comme l'impression que tu peux être exactement ce que je recherche… Qu'est-ce que tu en penses ? »
John ricana, incapable d'aligner deux pensées. Voilà qu'il se faisait draguer par un mec… Et il ne le repoussait même pas. John-je-ne-suis-pas-gay-Watson se laissait draguer par un mec. C'est dire à quel point il se sentait désespéré. Parce qu'après tout, la solution était peut-être là ? Il commençait à être à court d'idées.
Et finalement, la perspective ne lui semblait pas si mal.
L'homme s'approcha de lui et John sentit son souffle alcoolisé à quelques millimètres de ses lèvres. Est-ce qu'il ressentirait quelque chose avec un homme ? Est-ce qu'il cesserait de se sentir vide, perdu ?
Incapable de prendre une décision rationnelle, il ne bougea pas, ce qui encouragea l'homme à poser ses lèvres sur les siennes. John rendit distraitement le baiser quelques secondes, avant de se rendre compte qu'il n'éprouvait aucun désir. D'un geste gourd, il repoussa l'homme en marmonnant :
« - Non, ça ne marche pas…
- Allez beau-gosse, tu ne sais pas ce que tu rates, répliqua l'homme en agrippant ses épaules.
- Je pense qu'il a été clair, lança soudain une voix profonde derrière John. Il ne veut pas de vous. »
L'individu observa le nouvel arrivant d'un air interdit, et partit dans demander son reste. John se retourna gauchement, manquant de tomber de son tabouret, et s'écria, éméché :
« - Sherlock !
- Oui John, c'est moi, brillante déduction, répliqua le détective en levant les yeux au ciel. Lestrade m'a écrit, si c'était ta question. Viens, on rentre à la maison. »
Il passa son bras autour de la taille du médecin, qui se laissa docilement entraîner par son colocataire.
Le trajet resta flou dans l'esprit de John, tout tanguait dangereusement autour de lui. Seule la poigne forte de Sherlock lui permettait de tenir debout.
Ils arrivèrent tant bien que mal au 221B Baker Street. Arrivés dans le salon, les deux hommes croisèrent Mme Hudson qui dit à Sherlock :
« - Ah, vous êtes rentrés ! La petite dort toujours, il n'y a eu aucun problème. Est-ce qu'il va bien ? Demanda la vieille dame en fixant John avec inquiétude.
- Il va bien, répondit Sherlock en menant John dans sa propre chambre. Juste un excès d'alcool. Merci, Mme Hudson.
- Avec plaisir, jeune homme ! Bien, je vous laisse, répondit la logeuse en se dirigeant vers la porte. Et pas de bêtises, les garçons ! Ajouta-t-elle avec un clin d'œil malicieux. »
Sherlock leva les yeux au ciel et amena son fardeau sur son lit.
« - Tu sens bon, Sherlock… marmonna John dans son cou.
- Allonge-toi, John, dit le détective, préférant ignorer la remarque du médecin. Dors.
- Ton lit sent comme toi, sourit béatement John en reniflant les draps. Pourquoi je suis dans ton lit ?
- Parce que la morveuse – ta fille – dort dans ta chambre, comme tu le sais, et que tu vas la réveiller si tu vas rejoindre ton propre lit, expliqua calmement Sherlock avec un ton légèrement condescendant.
- Hum, grogna le médecin, sentant ses paupières s'alourdir. Et toi ?
- Je ne suis pas fatigué.
- D'accord… Il bailla. Sherlock, ça n'a pas marché…
- Je sais, John, répondit doucement le détective en s'asseyant au bord du lit.
- Pourquoi ça n'a pas marché ? Je ne comprends pas… mon cœur est toujours lourd, mais je n'arrive pas à le remplir…
- Tu y arriveras, John.
- Comment tu le sais ? Rien ne marche. Rien…
- Tu comprendras un jour. Du moins, je l'espère…
- Je te fais confiance, Sherlock, marmonna John, aux portes du sommeil. Je te fais toujours confiance. Toujours. Même quand tu es un crétin insupportable et que tu me mens.
- C'est bon à savoir, rit doucement le détective en remontant les couvertures sur son ami.
- Sherlock ?
- Je suis là, John.
- Hum, d'accord. Bonne nuit, Sherlock.
- Bonne nuit, John. »
