Voici le chapitre 7 ! John réalise enfin certaines choses, et nous approchons doucement de la fin !
Encore une fois, merci à ceux qui me laissent régulièrement des reviews !
Bonne lecture !
Neferemy.
JWSH
Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, John se sentit tout d'abord léger et détendu, emmitouflé dans des draps à l'odeur enivrante.
Il respira profondément, et ouvrit doucement les yeux. Il poussa un cri de surprise ; ses rétines semblaient brûler sous le contact des rayons du soleil traversant la fenêtre de la chambre. Le médecin poussa un gémissement, plaquant une main sur son crâne qui lui semblait contenir un marteau-piqueur particulièrement insistant.
C'est alors qu'il se rendit compte qu'il n'était pas dans sa chambre. Il était dans celle de Sherlock. Un instant décontenancé, les souvenirs de la veille au soir finirent par lui revenir en mémoire.
Et merde. Il s'était encore une fois ridiculisé. Et devant Sherlock, cette fois. Il rougit d'embarras en se rappelant tout ce dont le détective avait été témoin. Et le pire, c'est qu'il était encore plus perdu que ces derniers jours. Il avait vraiment tout gagné, cette fois-ci.
Grognant contre l'univers qui semblait ligué contre lui, John sortit avec difficulté du confortable lit de son colocataire, et traversa le couloir d'un pas lourd pour rejoindre le salon.
Il tomba sur la vision hilarante d'un Sherlock qui essayait de nourrir Rosie avec le contenu d'un petit pot pour bébé, qui semblait avoir davantage atterri autour de la fillette que dans son estomac.
« - Watson, tu dois avaler le contenu de la cuillère, par l'étaler devant toi, ce n'est pourtant pas compliqué ! Soupira dramatiquement le détective en tenant sans espoir une cuillère pleine devant la bouche de sa filleule.
- Alors comme ça, le grand Sherlock Holmes est mis en difficulté par une petite fille ? Ricana le médecin depuis le couloir, les bras croisés.
- Pas autant que le valeureux soldat John Watson face à une bouteille d'alcool, répliqua sournoisement le détective.
- Enfoiré, marmonna John en se dirigeant vers la cuisine, le ton néanmoins empreint d'affection.
- Prends ça et viens t'occuper de ta morveuse, lança Sherlock en lui désignant sur le plan de travail des aspirines, un verre d'eau et une tasse de thé. Sa stupidité va finir par nuire à mon cerveau.
- C'est une enfant, Sherlock, répondit distraitement John en prenant les médicaments, remerciant du regard son ami.
- Ennuyeux, s'exclama ce dernier en se relevant promptement, échappant aux petites mains couvertes de compote de Rosie qui tentaient d'attraper les cheveux de son parrain. Je dois aller à la morgue, ajouta-t-il en attrapant son manteau. Molly vient de m'écrire ; elle a un cadavre à me montrer.
- Bien, marmonna John, gêné. Et, Sherlock ? Pour hier soir… Je suis vraiment désolé. Ce que tu m'as vu dire, ou faire…
- C'est oublié, John, le rassura ce dernier avant de disparaitre en faisant tourbillonner son manteau derrière lui.
- Foutu détective avec son manteau… marmonna le médecin qui s'occupa de nourrir sa fille correctement. »
Son repas avalé, il lui nettoya le visage et les mains en murmurant :
« - J'ai fait n'importe quoi hier soir, et je n'ai même pas su te gérer, ma puce. Je suis vraiment un mauvais père… »
Quelques secondes plus tard, un bip retentit depuis la table basse, où se trouvait son téléphone. Sachant déjà ce qui l'attendait, il déverrouilla l'écran et lut le message :
Tu n'es pas un mauvais père, John. SH
Le médecin sourit et répondit :
Tu as posé des micros dans l'appartement, c'est ça ? JW
Non, Mycroft s'en charge très bien tout seul. Tu es seulement très prévisible, John. SH
Merci, Sherlock. Pour tout. JW
De rien. SH
John soupira, posa son téléphone et prit sa fille dans ses bras.
« - Ton parrain va finir par me rendre fou, Rosie… c'est surprenant à dire, mais heureusement qu'il est là. Je serais incapable de tout gérer tout seul. »
Il s'assit sur son fauteuil avec sa fille sur les genoux.
« - Il n'est pas facile à vivre, mais ça fonctionne. Surtout depuis quelques mois, il est étonnamment fiable. Toujours présent. Et proche… mais pourquoi sa proximité me déstabilise-t-elle autant, hum ? »
La petite fille secoua ses boucles blondes et fit des bulles avec sa bouche. Il repensa à la nuit dernière, lorsque Sherlock s'était occupé de lui. La prévenance dont il avait fait preuve alors que John semblait s'accrocher à lui comme une pieuvre, voulant rester près de lui plus que de quiconque.
« - Ce n'est pas comme si… »
Et là, ça le frappa avec force.
Il déposa délicatement Rosie dans son parc, et commença à faire les cent pas dans la pièce, l'esprit en ébullition. Tous les liens se firent instantanément dans son esprit.
Il avait un manque affectif. Il était frustré. Sexuellement frustré, mais incapable d'y remédier avec une quelconque conquête. Or, il était de plus en plus troublé par la proximité de son colocataire.
Il n'éprouvait pas du désir pour les hommes. Il n'éprouvait pas non plus du désir pour les femmes.
Il éprouvait du désir pour Sherlock Holmes. Un désir qui ne cessait de croître et qui refusait de le quitter, jusqu'à le tourmenter dans son quotidien et le rendre à terme complètement fou…
Merde.
Il commença à paniquer. Comment était-il censé régler ce problème ? Proposer un coup d'un soir à Sherlock et faire en sorte que tous deux oublient ce moment d'égarement le lendemain pour retourner à leur quotidien, permettant ainsi à John de tourner la page et de reprendre enfin en main sa vie amoureuse ? En espérant que cela suffise à cesser de le tourmenter…
Il n'avait jamais rien pensé d'aussi stupide de toute sa vie.
Alors quoi, s'éloigner de Sherlock ? Impossible. Il avait enfin repris sa vie en main, trouvé un équilibre parfait, un équilibre permis grâce à la présence du détective. Enfin, jusque-là…
En parler à Sherlock ? Absolument hors de question. Il serait moqué, dédaigné, rejeté. Puis le détective le fuirait comme la peste pour ne jamais se retrouver confronté à lui.
John soupira, las. Il était empêtré dans un immense foutoir. Il n'avait plus qu'à prendre son mal en patience, en espérant que ça lui passe…
JWSH
En fin d'après-midi, les deux colocataires reçurent la visite de Lestrade, qui les supplia de l'aider sur une affaire de meurtre concernant un riche propriétaire, empoisonné dans sa propre demeure quelques heures auparavant. Sherlock se rendit immédiatement sur les lieux avec le DI, très excité par la perspective de cette affaire, tandis que John lui promit de le rejoindre au plus vite.
Après avoir posé sa fille chez Molly – qui accepta de bon cœur de garder Rosie jusqu'au lendemain – le médecin rejoignit rapidement son colocataire à l'adresse indiquée.
Sur place, il retrouva son meilleur ami virevoltant d'un bout à l'autre de la scène de crime, observant le cadavre avec sa loupe, sous l'œil agacé de Donovan. Non loin de là, Lestrade interrogeait la jeune veuve éplorée. John rejoignit le détective qui le sollicita aussitôt pour lui faire part de ses observations sur le cadavre.
Visiblement, l'esprit tournant à plein régime de Sherlock trouva rapidement des informations vitales pour résoudre l'enquête. Il analysa le cadavre, passa au crible la cuisine – ainsi que ses aliments –, manqua de peu d'outrer la veuve par son cruel manque de tact (jusqu'à ce que John intervienne), et vérifia d'obscures informations sur son téléphone.
Puis il déballa de son rythme infernal l'ensemble de ses déductions sur le train de vie de la victime, le détail de ses dernières heures ainsi que la manière dont elle avait été empoisonnée. Il conclut théâtralement son discours avec un tonitruant « - C'est évident, voyons ! Regardez ses ongles ! Vérifiez le jardin ! » avant de partir en trombe de la demeure cossue.
John resta un moment interdit, subjugué une fois de plus par les capacités intellectuelles hors normes de son ami – mais aussi, sans trop se l'avouer, par l'éclat presque sauvage qui illuminait son regard lorsque ses déductions fusaient hors de son esprit – avant de se hâter de rejoindre son colocataire, qui arrêtait déjà un taxi.
Alors que John demandait à son ami où ils se rendaient, celui-ci lui répondit distraitement, plongé dans son palais mental :
« - Je dois collecter des données sur le jardinier. Le jardinier est forcément mêlé à cette histoire. »
John soupira, renonçant à comprendre le raisonnement de Sherlock, et regarda le paysage défiler par la fenêtre tout en luttant pour ne pas laisser ses pensées s'égarer près du détective. Ce n'était vraiment pas le moment de penser à son embarrassant problème personnel.
