C'est parti pour l'avant-dernier chapitre ! Le dénouement commence à prendre forme.

Juste pour avertissement : pas de lemon en tant que tel dans ce chapitre, mais disons qu'on n'en est pas loin !

J'espère que vous apprécierez !

Bonne lecture !

Neferemy.

JWSH

Sherlock avait raison. Sherlock avait toujours raison. Le jardinier était bien celui qui avait empoisonné son patron.

Les deux acolytes s'étaient retrouvés embusqués à la nuit tombée dans un parc désert – sans que John ne comprenne vraiment comment ils en étaient arrivés là – à observer une entrevue secrète (et apparemment régulière depuis plusieurs mois) entre le jardinier et la femme de son défunt patron – qui était aussi sa maîtresse. Ayant réuni toutes les preuves nécessaires pour incriminer le jardinier, les deux amis attendaient Lestrade, qui devait arriver d'ici peu avec des renforts. Mais la conversation entre les deux amants devint rapidement houleuse. John comprit alors que la femme n'était en aucun cas au courant de la responsabilité de son amant dans le meurtre perpétré à l'encontre de son mari.

Ils décidèrent rapidement d'intervenir. Seulement, Sherlock ne put s'empêcher de pousser l'homme dans ses retranchements par ses remarques acerbes.

Le jardinier à bout de nerfs finit par sortir un pistolet de sa poche, sous les cris effarés de sa maîtresse qu'il prit en otage. Aussitôt, par réflexe, John dégaina sa propre arme qu'il pointa sur le coupable.

Puis, tout se passa très vite.

Le médecin protégea de son corps la femme tenue sous le joug du jardinier. L'homme s'apprêta à tirer sur John, qui se préparait à bondir sur le côté pour éviter la balle, mais fut pris de revers par Sherlock qui se jeta sur l'homme – et sur son arme prête à faire feu.

« - Non, Sherlock ! hurla-t-il désespérément pour empêcher son ami de se mettre délibérément en danger. »

Trop tard. Un coup de feu résonna dans le silence de la nuit, et les deux hommes tombèrent à terre. Le médecin sentit son sang se glacer d'effroi.

« - SHERLOCK ! »

Il fut rapidement soulagé quand il vit que les deux hommes continuaient la lutte au sol, à mains nues. Le tir n'avait apparemment touché aucun d'entre eux.

Vérifiant d'un rapide coup d'œil que la femme était en sécurité, il l'abandonna aussitôt pour aider son ami à maîtriser le coupable, ce qu'ils firent rapidement.

Alors qu'ils immobilisaient l'homme sur le ventre, les mains bloquées dans son dos, Lestrade et ses hommes arrivèrent. Une fois que l'homme fut emmené par le Yard et que la jeune veuve, profondément choquée, fut prise en charge, John se tourna vers son colocataire et prit son visage entre ses mains.

« - Merde, Sherlock. Tu n'as rien ? »

Il observa scrupuleusement le visage de son ami, rongé par l'inquiétude. Mis à part une coupure à l'arcade et un bleu sur la pommette, il semblait aller bien.

« - Je n'ai rien, John.

- Oui, et ce n'est pas grâce à toi, grommela son ami en le lâchant brusquement. Viens, rentrons. »

JWSH

Le retour en taxi s'était fait dans un silence tendu.

John ne parvenait pas à comprendre pourquoi tant d'émotions bouillonnaient en lui. Il était à la fois épuisé, inquiet, soulagé, mais aussi et surtout en colère. Le détective l'observait du coin de l'œil, déduisant sans aucun doute la tempête qui faisait rage dans le corps de son ami, ce qui l'énerva encore plus.

Enfin de retour au 221B Baker Street, Sherlock décida de désamorcer immédiatement la bombe John Watson – déjà prête à exploser – et lança :

« - Vide ton sac, John. »

Ce fut la goutte d'eau pour le médecin.

« - Très bien, je « vide mon sac », comme tu dis ! Tu te rends compte des risques que tu as pris, ce soir ? Des conséquences que tes décisions auraient pu avoir ? Tu as failli te faire tuer, Sherlock ! Et tu aurais pu faire tuer cette pauvre femme !

- Tout comme tu as failli te faire tuer en protégeant cette femme, rétorqua le détective en croisant les bras.

- Je sais que tu ne vis que pour les enquêtes, pour l'occupation et l'adrénaline que cela t'apporte, mais pour l'amour du ciel Sherlock, essaye de penser aux conséquences, à tes responsabilités !

- Ce sont les risques du métier, John, tu le sais aussi bien que moi.

- Mais tu as frôlé la mort, Sherlock ! Encore une fois ! Et de manière stupide, en plus ! Dis-moi comment je suis censé le prendre ?!

- Là n'est pas le problème, John, et tu le sais très bien, lança soudain son ami en le transperçant de son regard acéré.

- … Quoi ? S'exclama le médecin, soudain troublé par le retournement de situation et le regard inquisiteur de son colocataire.

- Tu es désemparé, mais pas à cause de ce qu'il s'est passé ce soir. Du moins, ce n'est qu'une manifestation de ce qui te ronge depuis un moment.

- Oh non, ne fait pas ça, menaça John en se plantant juste devant Sherlock, sa colère reprenant le dessus. Je te connais, tu changes de conversation en faisant des déductions pour garder le dessus et avoir le dernier mot, comme toujours ! Ce n'est pas de ça dont il est question ici, Sherlock !

- Bien sûr que si, c'est exactement ce dont il est question, mais tu es trop aveugle pour le voir ! Tu te caches toi-même la vérité, John ! Mais il est temps que tu ouvres les yeux. Alors dis-le, qu'on en finisse ! Dis ce qui te ronge, dis pourquoi tu es tant en colère. Dis-le, John ! »

Leurs yeux lançaient des éclairs. Le visage de Sherlock se rapprocha dangereusement de celui du médecin.

« - Mais qu'est-ce qui t'arrive, bon sang ?!

- Dis-le ! »

S'en fut trop.

N'y tenant plus, avant même qu'il ne puisse y réfléchir, ou que l'information atteigne son cerveau, il posa ses mains sur la nuque de Sherlock et l'attira à lui pour un baiser brutal et désordonné.

Le cerveau du médecin sembla aussitôt s'éteindre complètement, noyé dans les sensations que lui procuraient les lèvres de Sherlock bougeant contre sa bouche, sa langue enroulée autour de la sienne, et ses mains agrippant ses flancs.

S'il s'attendait à ce que son ami le rejette violemment suite à son geste inconsidéré et totalement incontrôlé, il n'en fut rien : Sherlock répondit au contraire favorablement à son attaque, et dévorait avec avidité la bouche du médecin tout en tentant de rapprocher toujours plus leurs corps.

Sherlock était là, partout autour de lui. Tout était Sherlock, et sa présence l'enivrait plus que de raison, allumant en lui un brasier ardent et dévastateur. Il voulait Sherlock. Il voulait le marquer, le posséder, le faire sien. Rien d'autre ne comptait en cet instant.

« - Je te veux, Sherlock, grogna finalement d'une voix impatiente le médecin en dévorant de baisers le cou de son partenaire. Toi. J'ai besoin de toi, juste de toi. J'ai envie de toi. Maintenant ! »

Le détective feula sous le traitement que lui infligeait son ami, et répondit d'une voix gutturale :

« - Je suis là, John. Je suis tout à toi. »

Puis il reprit voracement les lèvres du médecin tout en se débattant pour lui retirer sa veste.

Manteaux et chaussures finirent en un temps record par voler dans le salon. Sans freiner l'appétit de leurs bouches et les gestes frénétiques de leurs mains, les deux hommes finirent par tituber jusqu'à la chambre du détective, toujours étroitement enlacés, avant de s'effondrer sur le lit.

Dès lors, tout ne fut que gémissements, halètements et mots murmurés au creux de l'oreille. Les corps en sueur s'épuisaient l'un contre l'autre, les lèvres ne cessaient de se dévorer, et les cris de plaisir troublèrent le silence feutré de l'appartement.

Lorsque, bien plus tard, John s'effondra sur le torse de son amant, le souffle court et le cœur battant à la chamade, son esprit embrumé par le plaisir avait enfin trouvé la paix. Il s'endormit rapidement, bercé par cette présence réconfortante qui l'entourait de toute part.