Et voilà le dernier chapitre…

Ce fut une aventure brève, mais intense ! J'ai vraiment pris un grand plaisir à écrire cette fanfiction, et je suis contente d'avoir pu la partager avec vous. J'ai mis tout mon cœur dans ce dernier chapitre, qui semblait être pour moi la conclusion inévitable à cette histoire, et j'espère que vous l'aimerez autant que moi !

Un grand merci à tous ceux qui ont pris le temps de me laisser des reviews à la fin de chaque chapitre ; je remercie particulièrement Mundanchee et Mudomo ainsi que Mimi Kitsune pour m'avoir fidèlement écrit leurs ressentis à chaque étape ! Un grand merci aussi à ceux qui ont mis cette histoire en alerte. Enfin, merci à tous ceux qui ont pris la peine de me lire. N'hésitez pas à me donner vos impressions, ça me ferait énormément plaisir !

Sur ce, je vous laisse savourer la fin de cette histoire, en espérant qu'elle vous plaise !

À bientôt peut-être pour de nouvelles aventures…

Neferemy.

JWSH

Les premiers rayons du soleil éclairaient le visage de John, qui s'éveilla doucement face à la luminosité grandissante de la pièce.

Il prit d'abord conscience de la présence d'un corps chaud – et très nu – enroulé autour du sien. Dans l'air flottait une odeur de sueur, de sexe, ainsi qu'une autre senteur enivrante qui semblait imprégner les draps.

Sherlock.

Son esprit se remémora brusquement l'ensemble des événements de la nuit.

Le médecin rougit jusqu'à la racine des cheveux. Il avait couché avec Sherlock. Sherlock dormait nu derrière lui, le torse collé contre son dos, les jambes mêlées aux siennes et un bras entourant fermement son ventre.

Il avait cédé à ses impulsions, laissé son foutu désir prendre le pas sur sa raison et profiter du corps de son ami – bizarrement plus que consentant. Une panique sourde s'empara de lui : qu'avait-il fait ?

Pourtant, il se sentait apaisé, comblé. Il ne se sentait plus seul. Ses troubles n'étaient désormais plus qu'un lointain souvenir. Mais à quel prix ? Si cela devait briser son amitié avec Sherlock… il ne le supporterait pas.

Et si Sherlock regrettait ce qu'il s'était passé ? Et si ce n'était pour lui qu'une expérience ? Ou bien une erreur qu'il effacera aussitôt de son disque dur, rendant ce moment inexistant dans son palais mental ? Plus que jamais, il avait besoin de Sherlock. De leur complicité, de leur proximité. Il ne pouvait pas – il ne voulait pas – faire marche arrière.

« - Tu penses trop, John, marmonna derrière lui une voix profonde, rendue rauque par le sommeil – et aussi sans doute par leurs vocalises de la nuit dernière. J'entends grincer les rouages de ton cerveau, c'est déconcertant. »

Prenant son courage à deux mains, John se retourna et fit face à son colocataire, qui ne semblait pas vouloir enlever ses bras enroulés autour du torse du médecin.

« - Comme quoi, même un être stupide essayera toujours d'utiliser l'entière capacité de son cerveau, plaisanta-t-il, quelque peu gêné, pour tenter de détendre l'atmosphère.

- Tu es loin d'être stupide, John, répondit Sherlock avec un regard intense qui fit trembler John.

- C'est bon à savoir, rit doucement le médecin. »

Le silence s'installa à nouveau dans la pièce. Il affronta le regard de son ami, qui ne semblait pas vouloir se détacher de lui. Ces yeux incroyables lui faisaient perdre tous ses moyens.

Il soupira. Il n'y avait pas beaucoup de façons d'affronter ce moment gênant avec dignité. Comment fallait-il agir lorsque l'on venait de coucher avec son meilleur ami ? Il n'en savait strictement rien.

Résigné, il finit par lancer avec hésitation :

« - Donc… est-ce que tu regrettes ?

- Tu connais la réponse, John, répliqua doucement le détective, un léger sourire sur les lèvres. La question est : est-ce que toi, tu regrettes ? »

Sous l'œil scrutateur de son partenaire, le médecin se mit à réfléchir. Est-ce qu'il regrettait ? Lui, qui se proclamait toujours non gay, qui avait toujours aimé des femmes jusque-là, et qui avait franchi le pas avec son meilleur ami qui se disait lui-même sociopathe de haut niveau non intéressé par les relations ?

La réponse était aussi franche et honnête que celle de Sherlock : non, il ne regrettait rien. Il était même complètement prêt à recommencer.

« - Je ne regrette absolument rien, finit-il par répondre. J'avais besoin de ça, je pense. Grandement besoin, en réalité.

- Tu avais juste besoin de ça ? Lui demanda le détective avec un regard légèrement contrarié, mais aussi une lueur qui ressemblait fortement à de l'espoir. … Ou il y a autre chose ?

- Non, tu as raison. Il y a autre chose. »

Et il se rendit compte qu'il s'agissait de la stricte vérité. Qu'au fond de lui-même, il le savait depuis longtemps, sans jamais pour autant se l'avouer.

Il ne voulait pas Sherlock que pour une nuit. Il ne voulait même pas Sherlock uniquement pour le sexe. Il voulait tout de Sherlock, en intégralité. Il voulait de l'amour, il voulait des sentiments.

Fort de ces révélations, il enroula avec douceur ses bras autour de la nuque de Sherlock et ferma les yeux, fondant son visage dans le cou de son partenaire, avant de murmurer craintivement :

« - Je t'aime. »

Et, finalement, rien ne semblait plus naturel que cet aveu. Son cœur s'allégea aussitôt, comme soulagé d'avoir enfin trouvé la réponse à ses tourments. Il avait mis longtemps à le comprendre, mais rien n'était plus vrai, plus fort en cet instant.

« - C'est là que tu t'enfuis en courant, n'est-ce-pas ? Rit doucement le médecin, gêné, sans pour autant lâcher sa prise autour de la nuque de Sherlock.

- Il ne me semble pas m'être enfui en courant, la nuit dernière, répondit le baryton profond de son colocataire au creux de son oreille.

- C'est vrai, répondit John, les joues rosies. Mais cette fois-ci, c'est différent. On parle de sentiments, de relation. Or, c'est quelque chose qui t'a toujours révulsé…

- Tu vois, mais tu n'observes pas, John, déclara le détective en éloignant son visage du cou de son amant. »

Il ancra son regard dans celui de John, leur visage à quelques centimètres l'un de l'autre, sans ôter ses bras de la taille du médecin.

« - Déduis, lui souffla-t-il simplement. »

Alors, John observa. Sherlock s'offrait à son regard inquisiteur, de manière brute et simple, dévoilant ainsi à travers ses pupilles translucides ses pensées les plus intimes.

Et John vit. Il vit à travers ces yeux incroyables l'attachement profond que le détective avait pour lui. Son affection pour leur vie ensemble au 221B Baker Street. Son excitation pour leur collaboration sur les enquêtes. Sa présence constante et indéfectible. Sa crainte d'être rejeté par John. Son inquiétude de le voir blessé, ou pire. Sa hantise de voir John disparaître de sa vie, définitivement. Sa volonté d'être prêt à faire tous les sacrifices nécessaires pour la sécurité de John.

Il l'avait fait. Il l'avait déjà fait, et était prêt à le refaire à maintes reprises. Il avait déjà simulé sa propre mort pour la sécurité du médecin. Il s'était sacrifié pour lui. Il avait tué pour lui. Il était descendu en enfer et s'était sciemment livré entre les mains d'un psychopathe pour lui. Tout ça pour John, uniquement pour John.

La principale émotion qui brillait dans les yeux de Sherlock devint finalement limpide. À cette découverte, un immense sourire naquit sur ses lèvres.

« - Dis-le, Sherlock, lui murmura finalement John sur un ton taquin. J'ai besoin de te l'entendre dire.

- Très bien, soupira le détective. »

Il colla son front contre celui de son partenaire et lui murmura doucement :

« - Je t'aime, John Watson. »

À ces mots, le médecin s'empara avidement de la bouche de son colocataire, les entrainant dans un baiser fougueux qui fit monter un sentiment intense de bonheur dans la poitrine de John.

« - Tu as compris, alors, souffla finalement le détective, la voix quelque peu hésitante.

- J'ai compris, confirma le médecin, le souffle coupé. J'ai mis du temps à m'en rendre compte… mais j'ai enfin compris. Cette pièce manquante que je cherchais désespérément, elle se trouvait tout ce temps juste sous mon nez. Je t'aime, Sherlock. Je suis désolé d'avoir été si long à le comprendre, ajouta-t-il en passant tendrement la main dans les boucles du détective. Mais après tout, jamais je n'aurais pensé que tu puisses ressentir ce genre de chose pour moi. C'est tellement incroyable, ça a l'air si irréel… Et ça te rend tellement plus… humain.

- C'est toi qui me rend plus humain John. Depuis le début. Tu ne cesses de bouleverser mon monde, ma logique, ma manière d'être. Mais j'aime ça. »

Les bras du détective raffermirent leur prise autour de la taille du médecin, qui lui embrassa tendrement la tempe.

Le poids sur son cœur s'était enfin désagrégé. Le vide en lui était désormais comblé. Il aimait Sherlock. Il avait besoin de Sherlock.

« - Reste avec moi.

- Je suis là, John. Je serai toujours là. »

Et John sut, au fond de lui-même, que c'était vrai.

FIN