Malgré mes recherches, je ne détiens pas la science infuse. Par conséquent il est possible que tout ce qui est écrit ne soit pas vrai. Mais j'essaye de faire au mieux. D'ailleurs si vous savez des choses pas mentionnées je serai ravie d'en parler en commentaire, étant une passionnée d'histoire.
Bref je vous souhaite une bonne lecture et vous remercie de vous intéresser à mon histoire.
Me voilà donc assise à mon bureau essayant de mettre en ordre mes souvenirs. Je les ai refoulés pendant tant d'années. Tenté vainement de tout oublié, mais certaines choses restent gravées dans notre esprit à jamais...
Des scènes passent en boucles dans mes rêves sans que j'ai l'impression de les avoir moi-même vécues, comme si j'étais étrangère à tout ça et des sentiments dont encore aujourd'hui je ne parviens pas à me débarrasser.
Ce n'est pas la première fois que j'essaye de coucher sur du papier ces souvenirs. Je n'ai jamais réussi. Je conserve pourtant habituellement les journaux de bord que j'écris en temps de guerre. Celui de cette guerre mondiale comme celui de la première a servi de preuve pour le jugement et ni les miens ni ceux de Gilbert ne nous été remis. Je ne suis même pas sûr qu'ils ne les aient pas brûlé. De toutes façons, ils ne contenaient pas de grandes informations. Je ne suis pas suffisamment stupide pour laisser des traces aussi évidentes.
J'imagine que je dois commencer par le commencement.
Alors voilà, après la première guerre mondiale l'Empire d'Allemagne est tombé. Le Kaiser, roi de Prusse a abdiqué.
L'Allemagne devenue république fut obligée par le traité de Versailles de payer une lourde rétribution. Que le pays déjà fortement ébranlé par la guerre ne pouvait pas verser.
Enfin ça maintenant tout le monde le sait, les deux conflits mondiaux sont très étudiés.
Donc les habitants du pays étaient très pauvres et affamés, sans compter l'humiliation subie.
À cette époque les peuples d'Europe n'étaient pas unis. Ils se battaient pour un oui pour un non et conservaient de leurs défaites de vieilles rancœurs.
La jeune république de Weimar était menacée par des groupes d'anciens soldats d'extrême droite autant que par les tentatives de révolutions communistes réprouvées dans le sang. La révolution allemande n'était acceptée de tous. Particulièrement les anciens soldats et bien évidemment les nobles.
C'est dans ce contexte qu'il est arrivé. Il a promis au peuple de la nourriture, de l'argent et moins de chômage. Alors ils l'ont élu chancelier. [Pas directement c'est le président qui l'a nommé.]
En quelques mois, il a redressé le pays, mis au pouvoir dans tous les länders son parti et fait de ses milices des auxiliaires de la police.
L'incendie du Reichstag arrivait pour lui à point nommé, lui servant de prétexte pour abolir toute les libertés civiles garanties par la constitution de la république.
C'était un coup de maître. À n'en point douter.
Les opposants étaient assassinés ou bien arrêtés illégalement.
La liberté déjà était restreinte...
Mais peu nous importait, notre peuple ne souffrait plus, nous étions heureux.
Les syndicats furent dissous, des milliers de livres jugés "mauvais" brûlés [Entre autre les livres de Marx, ceux dont l'auteur est juif et ceux pacifistes] La SA appelait au boycott des magasins juifs. Sentant que les choses dérapaient de nombreuses personnes fuirent le pays. En 1933 il a dit que l'assistance médicale offerte aux enfants gravement malades empêchait la sélection naturelle de se faire, que les faibles devaient mourir, qu'ils prenaient l'argent des "bons" allemands... En plus de proposer de stériliser les adultes handicapés, pour qu'ils ne transmettent pas leurs "mauvais" gênes à la "parfaite" race aryenne.
Aujourd'hui n'importe qui aurait trouvé ça ignoble et aurait tout fait pour l'en empêcher.
Mais pas moi...
Moi j'ai pensé que c'était vrai, que l'Allemagne avait besoin d'enfants forts pour assurer son futur. Pas de malades qui pèseraient inutilement sur la société. J'ai pensé que c'était un moindre mal...
Ça marchait, l'économie s'est effectivement redressée.
Mais à quel prix...
Nous étions tous derrière lui.
Sauf quand en 1934, il a ôté aux länders leur indépendance...
Pour moi, ça ne changeait pas grand-chose. À l'époque, je n'étais déjà plus qu'un domaine de la toute puissante Prusse.
Mais pour ce dernier c'était une trahison, un affront que lui faisait son frère.
Prusse a toujours été une nation fière. Il avait autrefois régné sur l'Empire Allemand.
Il avait dû écraser Autriche et ses alliés pour ça.
Alors s'entendre dire que désormais il devait courber l'échine ne le réjouissait guère.
Mais Allemagne a su trouver les bons mots pour le convaincre.
"On a besoin de toi, Gilbert. L'Allemagne sans la Prusse perd énormément de sa puissance ! On a besoin d'un pays fort pour vaincre France. Ce n'est pas le moment de se diviser ! On doit rester ensemble." Avait-il dit.
Il avait raison et Gilbert le savait. Aussi n'a-t-il pas fait de vague. Désormais, nous étions à la solde d'Allemagne. Lui seul prenait les décisions et nous nous devions d'obéir. Il est fort, fier, droit, toujours rationnel. Oui, le règne de Prusse venait de finir comme le mien en d'autre temps. Perdre sa suprématie n'est jamais quelque chose de facile pour un pays.
Ce cas précis rendait les choses plus faciles. Si la Prusse perdait son indépendance, elle la perdait au profit de l'entité qu'elle avait longtemps gouvernée. Autrement dit, elle restait le cœur de l'Allemagne. La preuve en était que Berlin avant d'être la capitale de l'Allemagne, fut celle de la Prusse.
Comme elle fut la mienne avant mon rattachement au duché de Prusse.
Mais ce n'était que le début de l'escalade de la violence et de la domination la plus rapide que je n'ai jamais vue. Dans laquelle mon rôle fut crucial.
Cet homme avait en un an réussi à contrôler tous les organismes de l'État et à réunir tous les länders, d'ordinaire si querelleurs en un seul pays. Désormais nous étions unis derrière Germany.
