5.

Le Terrier

Les Weasley arrivèrent au beau milieu de leur salon. Bill, qui était blessé, resta quelques secondes allongé sur le parquet. Molly s'avança rapidement vers son aîné, l'attrapant délicatement par le bras pour l'aider à se relever.

- Oh mon chéri, que t'ont fait ces monstres ? Geint-elle en caressant les joues de Bill. Mon pauvre petit garçon. Et cette Fleur, comment a-t-ell pu...

- Fleur n'était pas elle-même ! Elle est sous l'influence de Bellatrix maman ! Jamais elle ne m'aurait fait de mal...

Et sur ces mots, il quitta difficilement le salon pour s'enfermer dans sa chambre.

Non Fleur n'avait pas pu faire ça d'elle-même. Elle était si douce, si généreuse. La bonté incarnée. Comment aurait-elle pu lancer l'Endoloris sur l'homme qu'elle aimait si ce n'est en étant manipulée par quelqu'un ? Bill était persuadé qu'elle était manipulée par Bellatrix. Sinon, pourquoi la Mangemort aurait-elle incitée la jeune femme à utiliser un Impardonnable ? Narcissa n'avait rien dit. Elle était restée en retrait et n'avait lancé que quelques sorts de défense, sans jamais vouloir réellement attaquer. Elle n'avait pas cherché à tuer ni même à blesser Bill et sa famille.

Lentement, et avec beaucoup de douleur, Bill retira ses vêtements un à un, gardant tout de même son sous-vêtement. Il se mit face à son miroir et admira les différentes plaies de son corps. L'Endoloris ne l'avait pas épargné. Les différents sorts lancés par Bellatrix non plus. En plus de l'horrible blessure infligée par Greyback qui marquait son visage, Bill devait maintenant faire avec de nombreuses cicatrices sur sa peau. La rougeur des cicatrices contrastaient avec la blancheur de sa peau. Comment pourrait-il séduire de nouveau Fleur alors qu'il était défiguré et que son corps était presque en lambeaux ? Jamais elle ne le regarderait de nouveau. Jamais il ne serait plus l'homme séduisant qu'elle avait connu auparavant. Il était laid. Plus laid que Goyle ou Crabbe.

Mais ces blessures, aussi profondes qu'elles étaient, ne le faisaient pas autant souffrir que son cœur brisé. On lui avait volé l'amour de vie. Bellatrix lui avait volé Fleur Delacour. Comment allait-il vivre désormais ? En voulant écarter la menace, il en avait lui-même provoqué une nouvelle. Il avait tout fait pour protéger Fleur : il lui avait faire croire qu'il attendait un enfant avec une autre pour l'éloigner de l'Ordre du Phénix et ainsi l'empêcher de courir un quelconque danger. Mais cela n'avait fait qu'empirer la situation. Au lieu de la protéger, il l'avait poussée droit dans la gueule du loup. A cause de lui, Fleur était devenue une des fidèles de Voldemort. Elle avait fait allégeance au Mage Noir, lui avait juré fidélité. Désormais, elle cherchait à le tuer et sa famille à tout prix.

Mais Fleur n'était pas dans son état normal. Non, quelqu'un manipulait son corps et son esprit. Et cette personne -qui semblait être Bellatrix Lestrange- avait effacé tous les souvenirs de Fleur. Elle lui avait réécrit une histoire et une vie. Fleur Delacour n'était plus que Fleur que de par son nom. Elle avait oublié sa relation avec Bill, leurs leçons de perfectionnement en anglais, son travail à mi-temps à Gringotts, leur premier baiser, leur amour mais aussi ses parents, ses amis de Beauxbâtons. Tout cela ne représentait plus rien que de la poussière aux yeux de Fleur.

- Je... je peux entrer ? Demanda timidement Ron. Maman m'envoie pour savoir comment tu te sens et...

- Ca va, grogna Bill avant de soupirer en croisant le regard gêné de son plus petit frère. Je... Excuse-moi Ron, ce n'est pas contre toi mais je suis...

- Fatigué ? L'interrogea son petit frère. Je veux dire fatigué autant physiquement que moralement ?

- T'as tout compris petit frère, répondit passivement Bill. Je... j'aime Fleur. Je l'aime plus que ma vie et voilà qu'elle me lance un Endoloris.

- Fleur n'était pas elle-même...

- Je le sais. Je suppose que Bellatrix lui a lancé un Imperium ainsi qu'un sort d'oubliette. Ces monstres lui ont fait oublier qui elle était. Ils lui ont inventé une nouvelle vie et l'ont faite adhérer aux idées de Voldemort. Je... Je les tuerais Ronald, tu m'entends ? Je tuerais Bellatrix Lestrange et Lucius Malfoy! Après tout ils ne méritent que la mort ! Et..

- Bill, calme toi.. Je comprends ta réaction. Si jamais Bellatrix venait à lancer un Impardonnable sur Hermione je ne sais pas comment je réagirai, rougit Ron en se rendant compte de ce qu'il venait de dire.

- Tu es amoureux de Hermione, Ron. Quand vas-tu lui dire bon sang ? La vie est trop courte pour que tu lui caches tes sentiments.

- Mais... Mais je ne suis pas si beau que toi, ou Fred et George. Je suis stupide et...

- Dois-je te rappeler que Greyback m'a lacéré le visage avec ses griffes ? Et que depuis je suis devenue hideux, soupira Bill.

- Tu n'es pas hideux Bill. Tu as... tu es classe Bill. Toutes les filles sont à tes pieds. Moi... à part Lavande...

- Et c'était pas la meilleure des idées de sortir avec elle ! Pouffa Bill qui souriait faiblement. Non mais franchement ! Ron-Ron par ci, Ron-Ron par là. « Mon Ron-Ron c'est le meilleur ! », « Mon Ron-Ron c'est le plus beau » !

- Oh ça va ! Soupira Ron avant de rire. Je sais qu'elle était plutôt... bizarre mais elle n'était pas méchante après tout.

- Elle était carrément bizarre ! Rectifia l'aîné des Weasley. Heureusement que tu ne l'as pas ramené au Terrier ! Je n'ose pas imaginé la crise qu'aurait fait maman devant les caprices de Miss Lavande.

- Elle serait devenue folle ! S'amusa Ron. Déjà que Hermione était à deux doigts de commettre un meurtre dès qu'elle me croisait dans les bras de Lavande.

- Je la comprends ! Je veux dire que si j'avais croisé Fleur dans les bras d'un autre, j'aurai réagi de la même manière que Hermione.

Le sourire de Bill s'estompa à la fin de sa phrase. Il émit une petite grimace de douleur en se rendant compte que jamais plus il ne pourrait être jaloux d'un homme tournant autour de Fleur. Ron comprit la douleur de son frère et, contrairement à ses habitudes plutôt réservées, il posa sa main sur l'épaule de Bill.

- Ca va aller ne t'inquiète. On va réussir à la sauver ta Fleur. On a Harry de notre côté. Eux ils n'ont que...

- Ils n'ont que Voldemort, c'est vrai. Après tout qui est Voldemort à côté du grand Harry Potter ? S'emporta Bill.

- Je t'interdis de parler ainsi de Harry, Bill ! Harry va vaincre Voldemort ! Nous allons gagner et nous allons sauver Fleur. Fais-lui confiance !

- Mh... désolé mais en ce moment j'ai du mal à croire que je vais récupérer Fleur, Ron. C'est pas contre toi mais je voudrais...

- Être seul ? Bien sûr, je comprends ne t'inquiète pas Bill. Je te laisse tranquille. Ah au fait ! Veux-tu que je demande à Hermione de te préparer une potion pour guérir tes blessures ? Elle est vachement douée en potion et puis...

- Et puis ça te donnerait une occasion de la revoir ? Demanda Bill en arquant son sourcil droit.

- C'est à peu près ça, admit Ron en se grattant le crâne.

- Alors oui, demande-lui. Mais je fais ça pour toi Ron. Pour que tu puisses la revoir.

Le plus jeune fils Weasley sortit en sautillant de joie. Il allait pouvoir revoir son Hermione. De plus, la préparation d'une potion de guérison nécessitait quelques heures. Elle devrait donc passer une journée entière au Terrier pour récupérer les ingrédients et s'occuper de la préparation de la potion. Ensuite, il lui faudrait convaincre Bill de boire l'immonde préparation verdâtre. Et ça, ce n'était pas chose gagnée.

Bill fut de nouveau seule dans sa chambre et perdu dans ses pensées. Il ne pouvait arrêter de penser à Fleur. Comment était-elle traitée par les Malfoy et Bellatrix ? Prenaient-ils soin d'elle ? Elle méritait d'être bien traitée. Elle était tellement exceptionnelle. Il repensa alors à sa demande en fiançailles autour d'un repas préparé par Molly. Ginny avait versé quelques larmes mais pas autant que Fleur. Madame Weasley, qui était réticente à l'idée que Fleur fasse son entrée officielle dans la famille, avait finalement accepté la blonde, la considérant comme sa seconde fille. Ce fut sur ses pensées plutôt réjouissantes que Bill trouva le sommeil. Il méritait quelques heures de répit, heures durant lesquelles son esprit ne serait pas assiégé par des sombres pensées.

Hermione avait reçu le hibou de Ron tard dans la soirée ce qui expliquait qu'elle n'avait pas pu répondre. Toutefois, elle s'était présentée au Terrier à l'aurore. Molly fut surprise d'accueillir la jeune sorcière surtout que Ron et Harry dormaient encore.

- Hermione, quelle surprise ! Que fais-tu ici ?

- J'ai reçu un hibou de Ron hier. Il me demandait de venir au plus vite afin de préparer une potion de guérison pour William. Que s'est-il passé madame Weasley ? L'interrogea Hermione alors qu'elle retirait son écharpe.

- Oh une fâcheuse histoire ma petite ! Mais viens donc boire un chocolat chaud. Je vais réveiller Ron et Harry. Reste ici.

Molly disparut en un claquement de doigt. Elle grimpa les escaliers menant aux chambres de ses fils en quelques secondes. Quand elle fut enfin devant la chambre de Ron -qu'il partageait avec son meilleur ami quand celui-ci ne dormait pas aux côtés de Ginny-, Molly ne prit pas de pincettes pour réveiller son fils.

- Debout Ronald Weasley ! Hermione vient d'arriver. Quand comptais-tu me dire que tu avais demandé à ton amie de venir pour préparer une potion et guérir ton frère ?!

- 'Man, il est tôt encore, grommela Ron alors qu'il enfouissait son visage dans l'oreiller. Attend ! S'exclama-t-il soudainement comme s'il venait de comprendre les paroles de Molly. Hermione est là ?! Mais maman je suis en caleçon et...

- Alors va vite te changer. Elle patiente en buvant un chocolat chaud dans le salon. Oh Harry je suis désolée de t'avoir réveillé de la sorte, s'excusa Molly en voyant la mine déconfite du jeune homme.

- Mh ce n'est pas grave madame Weasley, ne vous inquiétez pas.

- Allez mes garçons, préparez-vous et rejoignez-nous au salon le plus vite possible.

Bill, dont la chambre était accolée à celle de Ron, n'avait rien manqué de la conversation. Il connaissait Ron et savait pertinemment que ce dernier mettrait plusieurs minutes à choisir ses vêtements avant de descendre au salon. Il se décida donc à se préparer afin d'être le premier, après Molly, à rejoindre Hermione. Il enfila une simple chemise bleue nuit avec un jean avant de descendre au salon. La jeune femme patientait calmement en savourant le chocolat chaud qu'elle s'était préparé.

- Bonjour Hermione, lui dit poliment Bill.

- Oh bonjour William...

- Bill, tout le monde m'appelle Bill. Seule maman m'appelle William quand elle a quelque chose à me reprocher, s'amusa le rouquin en se servant une tasse de café.

- Excuse-moi, j'ai encore beaucoup de mal avec ce surnom, admit la jeune femme en rougissant.

- Tu n'as pas à avoir du mal tu sais. Tu fais partie de la famille désormais. Tu connais Ron depuis des années maintenant. Je te considère un peu comme ma petite-soeur.

- Je... c'est très gentil, sourit Hermione. Ron m'a dit que tu étais blessé... Est-ce cette cicatrice ? Demanda-t-elle en lui montrant son visage.

- Oh non. Celle-ci a été faite par Greyback, le loup-garou. Il était sous sa forme humaine alors par chance je n'ai pas été transformé. Mais je garde la marque de son attaque, se lamenta Bill.

- Ne t'inquiète pas Wi... Bill. Cette marque n'enlève rien à ton charme, lui assura-t-elle en trempant ses lèvres dans le chocolat chaud.

- Fleur m'a lancé un Endoloris, lâcha Bill.

Hermione manqua de s'étouffer avec sa gorgée de chocolat. Comment Bill pouvait-il lui annoncer ceci sans la moindre hésitation ? Comme si cette attaque était normale après tout.

- Quoi ? Mais... Mais elle t'aime... Je veux dire... Vous êtes fiancés... et un Impardonnable Bill.

La jeune Gryffondor posa son regard brun sur l'aîné des Weasley. Il semblait calme. Il buvait sa tasse de café, sans trembler. Dans un soupir de lassitude mêlée à de la tristesse, il commença son récit d'explications :

- J'ai quitté Fleur il y a de ça sept mois maintenant. Je cherchais à la protéger. J'ai donc tout fait pour qu'elle s'éloigne de moi et de l'Ordre. Je lui ai écrit une lettre où je lui annonçais que j'avais fait un enfant à une autre lors de mon voyage en Irlande. Cela est faux bien sûr, assura Bill devant les yeux écarquillés de la jeune femme. Mais je ne pouvais pas faire autrement. Je devais la protéger. Mais mon envie de protection s'est retournée contre moi. En l'éloignant de nous, je l'ai rapprochée des forces du mal. Elle s'est alliée à Voldemort. Enfin, je pense que Bellatrix lui a lancé un Impero et un sort d'oubliette afin de mieux la contrôler. Fleur est une recrue considérable. Elle est extrêmement douée en potions et en sortilèges. Et puis, elle descend d'une vélane. Ses pouvoirs ne se sont pas encore dévoilés mais qui sait quand il le feront ? A ce moment-là, Voldemort aura une force supplémentaire. Je ne sais pas exactement quels sont les pouvoirs des vélanes mais Fleur m'a expliqué que par leur beauté et leurs chants, elles pouvaient ensorceler n'importe quel homme.

- Fleur a toujours été une sorcière remarquable. Je l'admirai beaucoup. J'ai même ressenti un peu de jalousie lors du Tournois des Trois Sorciers, admit Hermione avec une adorable moue.

- Elle est fantastique, assura Bill en souriant doucement. C'est pour cela que je l'aime. Et pour pleins d'autres raisons. Fleur s'est donc alliée à Voldemort. Quand Harry m'a appris cela, j'étais fou de rage. Lors d'une réunion de l'Ordre, où toi et Ron étiez absents, j'ai demandé à faire une attaque au Manoir Malfoy pour secourir Fleur mais tous ont refusé. Mon père en premier. Ils jugeaient cela trop dangereux et suicidaire. Je ne pouvais pas laisser Fleur seule chez les Malfoy. Alors...

- Alors tu as fait cette attaque seul, soupira Hermione. Vous, les Weasley, êtes de drôles d'hommes. Courageux mais stupides parfois...

Ce petit pic fit rire Bill. Oui il était courageux de s'être rendu chez les Malfoy mais mon dieu que cette décision était stupide !

- En arrivant au manoir sous l'apparence d'un Mangemort, j'ai fait face à Lucius et Bellatrix. Malheureusement, il n'a fallu que quelques secondes à Bellatrix pour me démasquer et me capturer en quelque sorte. Comprenant qui j'étais, elle a appelé Fleur et lui a ordonné de me faire souffrir. Fleur était comme possédé. C'est comme si elle répondait à une petite voix dans sa tête. Mais malgré cela, elle a aidé Fred et George quand ils sont venus au Manoir. Elle a empêché Bellatrix de leur lancer un sort.

- Cela ressemble drôlement à un Impero en effet, admit Hermione. Quand à son aide, peut-être que l'Impero n'agit pas toujours avec la même puissance sur son esprit.

- Nous sommes d'accord sur ce point Mione, marmonna-t-il.

Elle le regarde avec de grands écarquillés. Venait-il réellement de l'appeler Mione comme le faisaient si souvent Harry et Ron? Si oui, était-ce la preuve de son acceptation totale dans la famille Weasley ? Certes, Molly et Arthur avaient toujours agi avec des parents de substitution avec Hermione et ce sentiment s'était accru quand la jeune sorcière s'était rapprochée de Ron, le considérant en tant que meilleur ami puis comme un peu plus. Mais William, et Percy, n'avaient jamais réellement manifesté d'enthousiasme à l'idée que Hermione devienne un membre de la famille Wealsey.

- Excuse-moi Hermione. Je sais que Ron et Harry utilisent ce surnom alors je me suis perm...

- Tu peux, lui assura-t-elle timidement. Enfin ça ne me gêne pas que tu m'appelles ainsi. Ton frère le fait et ta mère aussi.

- Alors appelle-moi Bill et uniquement Bill !

- Bien, sourit la jeune brune. Que penses-tu faire pour Fleur ? On ne peut aisément pas la laisser chez les Malfoy. Même si elle a fait allégeance aux forces du mal, elle court un grand danger au Manoir.

- Je sais... Mais je ne sais pas quoi faire.

- As-tu essayé de lui raconter vos souvenirs ? L'année dernière, alors que je lisais un livre à la bibliothèque...

- Il y a-t-il seulement un livre de la bibliothèque de Poudlard que Miss Granger n'ait pas lu ? S'amusa Bill.

- Non, à vrai dire non, avoua-t-elle avec un demi-sourire. Je lisais donc et je suis tombée sur un article disant qu'il existe une forme de magie qui peut vaincre la plus grande des magie. Même la magie noire. C'est cette même force de magie qui a sauvé Harry le soir où Voldemort a assassiné ses parents. Le sentiment d'Amour. Seul un Amour véritable peut vaincre la magie, blanche comme noir. Lily l'a prouvée. En se mettant entre Voldemort et Harry, elle a...

- Elle m'a sauvé, conclut Harry qui venait de les rejoindre dans la cuisine. Et je l'aimerai toujours. Elle restera à jamais ici, murmura le jeune homme en posant sa main sur son cœur. Je ne l'oublierai jamais. Ma mère s'est sacrifiée pour moi.

- Une preuve du vrai Amour, assura Hermione en souriant à son ami.

- Mais cela est différent. Je veux dire, Lily était la mère de Harry. Il s'agissait d'un amour maternel. Toute mère aime son enfant. Fleur n'est pas ma mère, je ne suis pas son fils. Entre nous, ce sont des sentiments d'amour mais...

- Mais de l'Amour quand même. Ecoute Bill, reprit Harry en s'asseyant près du rouquin, toi et Fleur êtes faits l'un pour l'autre. Ce n'est pas la même forme d'amour qu'entre ma mère et moi mais il s'agit d'amour tout de même. Je suis sûr que votre Amour peut vaincre la magie de Bellatrix.

- J'aimerai y croire autant que vous, soupira Bill. Qu'est-ce que j'aimerai retrouver Fleur... La serrer dans mes bras et l'embrasser...

- Mione ! T'es là ! S'extasia Ron qui remettait correctement sa chemise en descendant les escaliers quatre par quatre. J'ai eu peur que tu ne viennes pas, je n'avais pas de réponse et...

- J'ai reçu ton hibou en fin de soirée. Je t'avoue que j'étais trop fatiguée pour répondre. Je me suis dis que j'étais attendue de toute manière donc je suis venue sans t'envoyer de réponse.

- Tu as bien fait ! Je vais te servir un choco...

- Merci Ron mais je me suis déjà servie. J'ai ramené les ingrédients nécessaires à ta potion Bill. Je devrais m'y atteler maintenant si tu veux pouvoir la boire d'ici ce soir.

Ron regarda la jeune femme monter à l'étage sans rien dire. Harry ne put s'empêcher de pouffer de rire devant la mine du rouquin. Il semblait tellement perdu. Soudain le café que Ron versait dans sa tasse déborda et toucha sa main. Un cri de douleur franchit ses lèvres.

Bill n'entendit que vaguement le cri de son frère. Il était trop occupé à penser à ce que venait de lui dire Hermione. Et si son Amour pour Fleur était le seul moyen pour la sauver ? Comment pourrait-il faire ? Son cœur semblait clos, barricadé et refusant tout sentiment. C'était comme si Bellatrix avait condamné le cœur de Fleur en l'interdisant de ressentir le moindre sentiment semblable à de la joie, du bonheur ou de l'amour. Elle était condamnée à ne ressentir que haine et souffrance. Bill ne laisserait pas faire. Non, il se promit de tout faire pour sauver Fleur et lui permettre de ressentir à nouveau ce que cela faisait d'aimer et d'être aimée. Non, il ne l'abandonnerait pas, même s'il devait mourir pour elle. Car après tout, Hermione avait raison : l'Amour était la plus grande des puissances dans le monde sorcier comme dans celui des moldus. Et son Amour libérerait Fleur de la magie noire de Bellatrix.