7.
Le jugement
La bataille contre les forces du mal avait pris fin, se soldant par une victoire de Harry sur les forces des ténèbres. Le Bien avait triomphe du Mal. Beaucoup de sorciers avaient perdu la vie dont Fred, Lavande, Remus ou même Tonks. Mais ces morts n'avaient pas été inutiles comme Neville l'avait dit dans son discours. Ils étaient morts pour la liberté. Mais ils étaient morts. Plus jamais on ne verrait Fred voler aux côtés de George plus jamais Teddy ne pourrait se réfugier dans les bras de sa maman ou s'accrocher à la baguette de son papa plus jamais Ron ne serait surnommé « Ron-Ron ». Une ère se terminait.
Les Mangemorts qui avaient participé à la bataille, et une partie de ceux qui avaient pris la fuite, furent arrêtés et emprisonnés au Ministère en attente de leur jugement. Fleur était parmi eux. Tout comme Lucius et Narcissa Malfoy.
Le premier jour de jugement des Mangemorts fut exténuant pour Harry. Il avait été appelé à la barre pour plaider en la faveur de Narcissa Malfoy. La mère de famille lui avait sauvé la vie en assurant à Voldemort qu'il était bel et bien mort lors de son sacrifice dans la forêt interdite.
_ Flashback _
- Nous appelons désormais Monsieur Harry James Potter, annonça solennellement le juge tandis que Harry rejoignait le box réservé aux témoins. Monsieur Potter, jurez-vous d'être sincère et de nous dévoiler l'entière vérité sans omettre ne serait-ce un détail ?
- Je le jure.
- Bien. Monsieur Potter reconnaissez-vous cette femme comme étant Narcissa Malfoy, née Black, femme de Lucius Malfoy et mère de Drago Malfoy, élève de la maison Serpentard lors de vos années à Poudlard ?
- Oui monsieur.
- Madame Malfoy affirme vous avoir sauvé. En effet, elle ne cesse de dire aux jurés qu'elle vous a fait passer pour mort aux yeux du Seigneur des Ténèbres lors de votre sacrifice dans la forêt interdite. Confirmez-vous ses dires ?
- C'est exact monsieur. Quand je me suis rendu dans la forêt interdite dans le but de me sacrifier, Voldemort m'a lancé un Impardonnable. L'Avada Kedavra. Vous connaissez mon histoire, je ne vais donc pas vous répéter les raisons pour lesquelles j'ai survécu à ce sort. Alors que je gisais à même le sol de la forêt et qu'on me croyait mort, Narcissa Malfoy s'est avancée vers moi. En se penchant sur ma dépouille, elle m'a alors demandé si Drago était encore en vie. J'ai répondu oui. Alors madame Malfoy a affirmé à Voldemort qu'il m'avait bel et bien tué.
- Affirmez-vous que sans l'aide de Madame Malfoy nous n'auriez pas pu tuer Voldemort ?
- En effet, déclara le Survivant sans la moindre hésitation. Narcissa Malfoy m'a permis de retourner à Poudlard sans que personne ne se doute que j'étais encore vivant. Sans elle, je n'aurai pas pu tuer le Seigneur des Tenèbres.
- Bien, au vu de la déclaration de monsieur Potter, nous vous déclarons libre Madame Malfoy. Vous pourrez regagner votre demeure dès ce soir avec votre fils, Drago.
_ Fin du flashback_
Harry avait plaidé en faveur de Narcissa mais ses propos furent tout à fait différents quand il s'agit de Lucius. Les jurés condamnèrent le père de Drago à Azcaban. Il avait été l'un des plus fidèles alliés de Voldemort. Il avait participé à ses réunions secrètes, avait cherché des informations sur Harry Potter. Il était aussi l'instigateur du piège tendu à Ginny : c'est lui qui avait mis dans le chaudron de la cadette Weasley le journal de Tom Jédusor. Harry ne manqua pas de raconter comment Lucius avait traité Dobby, ce pauvre elfe qui avait perdu la vie en défendant Harry et ses amis.
Fleur ne fut jugée que le dernier jour. Elle avait face à elle le juré le plus redouté des anciens Mangemorts. Ce fut lui qui condamna Lucius et bien d'autres Mangemorts à Azcaban. Les chefs d'accusation portés à son égard étaient les suivants : fidèle des Ténèbres, alliée de Bellatrix, assassinats de plusieurs sorciers et moldus, utilisation d'Impardonnables notamment l'Endoloris sur la personne de William Arthur Weasley. Malgré les demandes de Bill et d'Arthur, Fleur fut présentée au jurée dans la cage réservée aux Mangemorts. Elle était jugée dangereuse par le juré et par certains sorciers. Le noir des barreaux tranchaient avec la blancheur de sa peau et la blondeur de ses cheveux. Elle n'avait rien du dangereux Mangemort. Bien au contraire.
- Mademoiselle Fleur Delacour. Vous êtes accusée d'avoir rejoint les forces des Ténèbres, utilisé de nombreuses fois les Impardonnables dont l'Endoloris sur William Weasley mais aussi d'avoir participé à l'assassinat de nombreux sorciers et moldus aux côtés de Bellatrix Lestranges. Confirmez-vous ces accusations ?
- Oui je les confirme, avoua la jeune femme.
- Vous ne cherchez pas à nier, s'étonna le juge. Mais enfin...
- Pourquoi chercher à nier la vérité ? Demanda Fleur avec un haussement d'épaule. Oui, je fus une fidèle de Voldemort mais j'ai des éléments à apporter qui justifieront mon...
- Rien ne peut justifier que l'on prenne parti du Mage Noir ! Tonna la voix d'un des jurés.
- L'Impero le peut, clama William en se levant.
- Déclinez votre identité jeune homme, exigea le juge.
- Je me nomme William Arthur Weasley, fils aîné d'Arthur Weaslet et Molly Weasley, née Prewett. Je suis le fiancé de mademoiselle Delacour. Enfin, son ancien fiancé.
- Expliquez-vous monsieur Weasley.
- Il y a de ça une année, j'ai fait parvenir une lettre à Fleur par le biais de notre elfe de maison, Tinkiley. Cette dernière lui faisait part de notre séparation en lui expliquant que je l'avais trompé avec une femme lors de mon voyage en Irlande. Je suis bien parti en voyage en Irlande car le ministère m'avait demandé d'aller obtenir des informations concernant les Gobelins. Cependant je n'ai jamais trompé Fleur. Je n'ai jamais rencontré de femme nommé Kathelyn. Le guide chargé de me faire visiter se nommait Pevens.
- Pouvez-vous en venir au fait ? S'impatienta une juré nommée Violette Dalme. Vos histoires de cœur ne regarde personne.
- Mes histoires de cœur comme vous dites madame sont la clef du ralliement de Fleur aux forces du mal !
Qu'il était beau à ce moment-ci. Il rayonnait. Le cœur de Fleur se gonfla de fierté. Elle était heureuse de pouvoir dire que Bill Weasley était l'amour de sa vie. Le rouquin croisa le regard de la jeune femme et lui sourit tendrement. Il se sentait puissant. Comme si personne ne pouvait l'arrêter dans son plaidoyer. Après tout qui pouvait l'arrêter alors qu'il défendait l'amour de sa vie ? Ils avaient réussi à vaincre Voldemort convaincre des jurés n'était qu'une formalité.
- Quand Fleur a reçu cette lettre, elle s'est mise à errer. Elle ne savait pas où aller. Quand elle s'est retrouvée devant le manoir Malfoy, elle a été victime de sortilèges visant à la manipuler. Elle était faible. Son esprit divaguait. Elle commençait à penser que Harry était responsable de notre malheur. Que sans lui, nous serions heureux. Que Voldemort ferait mieux de tuer l'élu.
- Et donc votre amie s'est dit « Pourquoi ne pas rejoindre Voldemort ? » ?
- Je ne suis pas stupide ! Se défendit Fleur. Lucius m'a utilisée. Il s'est rendu compte de mon état de faiblesse et de ma peine alors il a tout fait pour que je rejoigne l'armée de Voldemort. De plus, j'ai été victime du sort Impero de la part de Bellatrix Lestrange.
- Voyons, tous les Mangemorts cherchent à éviter Azcaban en justifiant leur allégeance à Voldemort par l'Imperium ! Tonna Dalme. Mes amis, cette femme a tué des innocents. Elle a signé un pacte avec le Diable lui-même !
- J'ai été le pantin de Bellatrix ! S'emporta Fleur qui essaya de se relever dans sa cage mais cela lui était purement impossible. Elle s'est immiscée dans mon esprit, me faisant croire que la famille Weasley était détestable et que nous devions la tuer ! Je ne voulais pas ! J'aime Bill, sincèrement. Je l'aime plus que ma vie..., chuchota-t-elle en se retenant de sangloter.
- Mademoiselle Dalme je vous prie de vous calmer. Monsieur Weasley, pouvons-nous évoquer votre visite au manoir Malfoy ?
- Bien sûr. Je n'ai rien à cacher et Fleur non plus. Je me suis rendu au manoir Malfoy dans le but de sauver Fleur. Je voulais lui faire entendre raison après que mon petit frère, Ron Weasley, m'ait averti de son adhésion aux idées du Mage Noir.
- Comment votre frère a-t-il su cela ? Demanda le juge.
- Vous n'êtes pas sans savoir que Harry possédait le don d'entrer dans l'esprit de Voldemort tout comme Voldemort pouvait pénétrer dans le sien. Un soir, Voldemort est entré dans son esprit. Dans la scène dont il fut témoin, il vit Fleur se tenir aux côtés de Bellatrix et lancer un sort sur un sorcier.
- Quel était ce sort ?
- Pas un Impardonnable, dit Fleur. C'était un Stupéfix !
- Avez-vous lancé un Impardonnable mademoiselle Delacour ?
- Je... et bien..., bredouilla Fleur.
- Je répète une seule et unique fois mademoiselle : avez-vous, oui ou non, lancé un Impardonnable ?
- Oui, admit Bill. Fleur a lancé un Impardonnable. Je le sais car j'ai été sa victime.
Un bruit de stupeur envahit alors la salle. Comment cette jolie blonde pouvait-elle déclarer aimer l'homme sur lequel elle avait lancé un Impardonnable ? Comment pouvait-elle clamer l'aimer quand elle l'avait fait souffrir ? C'était simplement impensable. On ne fait pas souffrir les gens qu'on aime, même en étant victime de n'importe quelle magie noire. Face à l'incompréhension des jurés, Bill reprit son playdoyer en faveur de sa fiancée :
- Lors de ma visite au manoir Malfoy, je me suis retrouvé face à Bellatrix, Lucius et Narcissa Malfoy. Alors que je tentais de rappeler nos souvenirs à Fleur dans le but de la faire redevenir elle-même, elle m'a lancé le sort Endoloris.
- Endoloris ?! S'étonnèrent le juré.
- Oui, Endoloris. Je ne lui en veux pas, admit Bill. Fleur n'était pas dans son état normal. Elle était sous l'emprise de Bellatrix. Cette dernière s'est servie d'elle afin de me lancer un Impardonnable. Jamais Fleur ne m'aurait fait du mal. J'ai vécu deux ans avec cette jeune femme, je peux vous assurer qu'elle n'aurait jamais fait de mal à une mouche.
- Avez-vous des preuves monsieur Weasley ? Après tout, vous semblez prêt à tout pour défendre et sauver de la prison votre Fleur.
- Mes souvenirs ont été apportés. Vous y trouverez des souvenirs que Fleur et moi avons partagés.
- Rien de... personnel ? Interrogea une femme brune du juré.
- Bien, nous allons regarder vos souvenirs. Je suspend le procès pour le moment. Nous nous reverrons demain mes amis. En attendant ramenez mademoiselle Delacour dans sa cellule.
- Non attendez !...
Mais la voix de Bill se perdit dans le brouhaha causé par le départ des jurés de la salle. Fleur chercha à croiser le regard de celui qu'elle aimait pour le rassurer, lui dire qu'elle allait bien et qu'elle tiendrait le coup pour lui et grâce à lui.
- Bill.. tu t'es admirablement défendu, lui dit Molly en le prenant dans ses bras. Je suis fier de toi mon garçon.
- Pas assez pour convaincre les jurés apparemment... Maman, ils pensent Fleur coupable et...
- Ne t'inquiète pas mon garçon. Demain, Harry sera entendu par tous. Il plaidera en la faveur de Fleur. Et puis Ginny et moi devons également parler devant tout le monde. Je ne manquerai pas de raconter comment elle a tué Bellatrix pour défendre ta petite soeur. Aies confiance en la justice William.
Le rouquin hocha vaguement la tête avant de prendre le bras de sa mère. Ensemble, avec ses autres frères et sœurs ainsi que Hermione et Harry, ils rentrèrent au Terrier.
La suite du procès fut plus complexe pour Bill. On lui avait interdit de prendre la défense de Fleur. Violette Delame avait en effet persuadé les jurés que les sentiments de Bill envers l'accusé altéraient trop son jugement pour que l'on puisse prendre en considération ses explications. Il avait le gardé le silence tout au long du procès, se mordant la langue par moment pour s'éviter de se lever et se lancer ainsi dans une longue tirage enflammé par son amour pour Fleur.
Harry avait parlé en premier. Il avait parfaitement défendu Fleur, ventant son courage, sa bonté et rappelant à tous qu'elle avait pris part au Tournois des Trois Sorciers. Il ne fit que des compliments envers la jeune femme. Ginny prit la parole à son tour, expliquant comment Fleur l'avait sauvée de Bellatrix et comment elle avait tué cette dernière alors qu'elle avait pris possession de son esprit. Molly confirma les paroles de sa fille tout comme le firent Arthur et George. Le témoignage de Ginny, ponctué par des larmes sincères, pencha fortement en la faveur de Fleur. Les jurés furent attendris par la rouquine qui symbolisait la pureté et l'innocence même. Delame en fut même touchée et son avis sur l'accusé commença à changer.
- Bien. Au vu des témoignages de mademoiselle et madame Weasley, le juré vous déclare innocente mademoiselle Delacour. Nous en arrivons à la conclusion que Bellatrix Lestrange, Mangemort que vous avez tuée dans le but de protéger Ginny Weasley, vous avait lancé un Impero ainsi qu'un sort d'oubliette. Ceci étant fait, elle a effacé tous vos souvenirs et vous en a fabriqué de nouveaux. Elle a également fait de vous son pantin en vous faisant devenir une fidèle alliée des forces du mal. Nous vous déclarons donc entièrement innocente et nous renonçons à toutes les charges retenues contre vous. Vous êtes libre mademoiselle Delacour et vous retrouvez votre entière liberté à cet instant précis. Vous pourrez récupérer votre baguette auprès du ministère de la Magie quand celle-ci sera nettoyée de toute possible trace de magie noire. Cela ne devrait prendre que quelques jours, n'ayez crainte mademoiselle Delacour. Le procès est terminé, je lève la séance.
Le cœur de Bill manqua un battement. Sa Fleur était libre. Et en plus, elle était lavée de tout soupçon. Plus personne ne pourrait douter de son intégrité désormais. Elle était entièrement dévouée à servir les forces du Bien. Elle n'œuvrait que dans cet esprit-là. Certes, elle avait sûrement tué des sorciers et moldus mais tout cela sous l'emprise de l'Imperium de Bellatrix. On ne pouvait pas lui en vouloir ou le tenir pour responsable. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait à ce moment-précis. Elle n'était pas maître de ses moyens. Quelqu'un d'autre avait pris possession de son corps et de son esprit.
Fleur soupira de soulagement. Elle était libre et innocente. Les Ténèbres n'avaient pas réussi à l'engloutir sous Terre. Tel le Phénix, elle renaissait de ses cendres.
