8.
La fin du cauchemar
- Imaginez qu'il l'appelle Bella ! Ce serait drôle quand même ! S'amusa George. Bella, vous savez comme Bellatrix ou...
- George, cesse de dire des bêtises ! Peux-tu arrêter de faire l'idiot une minute seulement ? S'emporta Molly qui tournait en rond dans la petite salle d'attente. Mais que fait cet imbécile de médicomage! J'ai quand même le droit de savoir où en est le trav...
Madame Weasley fut interrompue par l'entrée de son fils aîné dans la pièce. Il tenait entre ses bras un minuscule paquet enveloppé dans un drap rose pâle. Molly écarquilla les yeux. Etait-ce à quoi elle songeait ?
- Maman, papa, dit Bill en se tournant vers ses parents puis ses frères et sœur. Je vous présente Mélissa Ginny Weasley.
- Oh Bill, s'exclama Ginny alors qu'un sanglot envahissait sa gorge. Je te remercie !
- Et Fleur et moi aimerions que tu sois sa marraine Gi', accepterais-tu ?
- Mais avec plaisir ! Oh merci merci merci merci Bill !
La rouquine se leva en un bond et enlaça son grand frère, prenant soin à ne pas blesser le bébé. C'était une petite fille de 2 kg 858 pour 52 centimètres. Elle avait les yeux bleu de ses mère et les cheveux roux de son père. « Une future beauté » se dit intérieurement Bill qui était plus que fier de sa fille.
- Allons Bill, rejoins Fleur. Elle a besoin de toi et a sûrement envie de voir sa fille. Nous aurons tout notre temps pour rencontrer notre petite-fille, assura Arthur Weasley alors qu'il tentait de tempérer la joie de Molly.
- Rentrez vous reposer. Fleur devrait pouvoir sortir d'ici deux jours selon les médicomages. L'accouchement s'est très bien passé mais elle est fatiguée. Elle doit se reposer maintenant. Repassez demain si vous le souhaitez ?
Molly, après de multiples embrassades et félicitations, accepta de quitter la salle d'attente. Ginny, les yeux pétillants et le sourire jusqu'aux lèvres, remercia une fois de plus son grand-frère, l'embrassa sur la joue et embrassa sa toute nouvelle filleule. Elle était fière d'avoir été choisie.
Quand toute sa famille eut quitté l'hôpital, William prit la direction de la chambre de Fleur. Sur le chemin, il berça sa fille en chantonnant des comptines apprises par Hermione. La jeune sorcière, qui était maintenant officiellement la petite-amie de Ron, avait passé la durée de la grossesse de Fleur à apprendre aux futurs parents des comptines moldues. Elle leur expliqua que cela avait pour effet d'apaiser le bébé et de l'habituer aux voix de ses parents. Bill avait de suite adhéré à cette idée moldue et il avait appris avec beaucoup d'attention les quelques comptines de Hermione. Fleur n'y était pas réticente mais la grossesse la fatiguait énormément d'un point de vue physique et moral. Elle peinait à rester concentrée plus d'une vingtaine de minutes et elle était en proie à de nombreuses crises de nerfs et des sautes d'humeur.
Quand il pénétra dans la chambre de la toute nouvelle maman, elle était allongée dans le lit. Ses yeux étaient mis-clos. Ses cheveux, ébouriffés, retombaient maladroitement en cascade sur ses épaules. Elle était si belle. Son demi-sourire la rendait tout à fait charmante.
- Comment a régi ta mère ? Demanda faiblement Fleur alors qu'elle tendait sa main vers Bill.
- Elle était heureuse. Mais je pense que Ginny était la plus ravie. Je lui ai annoncé son rôle de marraine. Elle a accepté avec grande joie !
- J'en suis ravie mon amour. Je considère Ginny comme ma sauveuse. Si Bellatrix ne l'avait pas attaquée, jamais je ne serai redevenue moi-même...
- Shhht... Ne pense plus à cela mon amour. Tu es redevenue toi. Cela appartient au passé et il n'est pas bon de l'invoquer. Je t'aime. Tellement. Maintenant profitons de notre fille et tâchons d'apprendre à devenir une véritable petite famille.
Fleur acquiesça, ravie d'être enfin en famille, entourée par les deux êtres les plus importants de sa vie. Bill déposa tendrement la petite fille dans les bras de sa mère.
- Il faut que tes parents la rencontrent.
- Mais... mes parents sont en France Bill. Nous ne pouvons pas voyager avec un nouveau-né. Je veux dire voyager avec des moyens moldus. Et puis, tu sais bien que transplaner avec un bébé est dangereux, lui rappela doucement Fleur alors que sa fille attrapa son doigt entre ses petits doigts.
- Et bien tes parents pourraient venir nous voir ? Maman serait ravie de les héberger je pense. Je tiens à ce qu'ils rencontrent leur petite-fille au plus vite. Ils doivent voir à quel point Mélissa est un magnifique bébé.
- Bien, bien nous verrons cela plus tard, s'amusa Fleur devant la fierté éprouvée par son compagnon. Maintenant, et comme tu l'as dit il y a de ça quelques minutes, profitons de nos retrouvailles mon amour.
Bill sourit à la toute jeune maman avant de se pencher vers elle pour l'embrasser tendrement. Mélissa émit un son semblable à un gazouillis quand les lèvres de ses parents se touchèrent.
- Et bien ma chérie il faudra t'habituer à cela car je ne pense pas que ton père accepte de renoncer à nos baisers.
- Jamais de la vie ! S'exclama Bill avant de rire doucement. Je suis tellement heureux de t'avoir retrouvé alors je refuse de ne plus t'embrasser.
Fleur se contenta de sourire à nouveau. Elle était heureuse. Le vide connu autrefois avait totalement disparu, laissant place à un bonheur sans fin. Elle retrouvait enfin l'homme qu'elle avait réellement aimé et désormais ils pourraient profiter de leur fille, leur magnifique petite Mélissa.
Quelques minutes passèrent avant que Bill ne se rende compte que Fleur s'était endormie, tout comme Mélissa. Il prit doucement sa fille dans ses bras, faisant preuve d'énormément de délicatesse -sûrement avait-il hérité de la délicatesse légendaire du son père-, et la coucha dans son petit berceau rose poudré installé tout près du lit de sa mère. Il admira longuement l'enfant endormi. Elle était si paisible. Rien ne semblait pouvoir ébranler sa sérénité et son bonheur. A ce moment précis, il repensa au passé, notamment à la bataille de Poudlard. Il se remémora Fred, Remus, Tonks, Dumbledore et tous ceux qui avaient perdu la vie lors de la guerre contre les forces du mal. Il aurait tant aimé présenter son adorable petite fille à Fred. Son petit frère lui aurait sûrement appris de nombreuses farces et, comme cadeau de naissance, lui aurait offert on ne sait quelle confiserie. Fred lui manquait, atrocement. Un vide s'était creusé dans son cœur, ce même vide que George ressentait parfois. Bill savait que George souffrait de l'absence de son jumeau. Il lui arrivait encore de s'interrompre en espérant que Fred termine sa phrase. Mais rien. Personne n'avait jamais terminé la phrase de George.
Quand Bill fut certain que sa fille dormait parfaitement, il posa son regard sur Fleur. Elle aussi dormait. Sa respiration était lente mais régulière, signe qu'elle ne faisait aucun cauchemar.
- Dort ma Fleur chérie. Plus rien ne pourra nous arriver. Tout est terminé. Le cauchemar est passé. Désormais nous vivons un rêve. Notre rêve. Une nouvelle vie s'offre à nous et je compte bien profiter de ta présence à mes côtés jusqu'à mon dernier souffle, susurra Bill contre l'oreille de sa compagne.
Désormais plus rien ne pouvait entraver son amour pour Fleur. Le cauchemar était terminé et laissait place au bonheur.
