Petit mot de l'auteur : Je voudrais juste dire merci à Esdornia et Auro75 pour leurs reviews, c'est toujours encourageant ainsi qu'à tous ceux qui ont lu ou suivi cette fiction. Je vous laisse dès à présent découvrir le chapitre 3 comme promis et je suis désolée si des fautes m'ont échappé lors de la correction =)

Bonne lecture !

C'en était trop pour Thomas. Il fallait qu'il se lève, qu'il esquive cette atmosphère oppressante qui occupait l'air. Il n'avait pas supporté qu'une fois de plus, Gally s'interpose entre Newt et lui. Bon sang, ce n'était pas à lui qu'il s'adressait ! Il savait que son aîné n'était pas du matin et il n'avait pas besoin de l'armoire à glace pour le lui dire. S'il avait posé la question, c'est justement parce que l'attitude de son ami lui avait semblé suspecte et qu'il avait espéré, c'est vrai, que la réponse pourrait rétablir un semblant de leur proximité d'antan qu'il voyait s'amenuir de jour en jour. Puis, la pression s'était faite trop forte lorsque ses camarades avaient évoqué son ancienne amie. L'affluente angoisse qui s'était emparée de lui la veille lui était revenue comme un boomerang. Il craignait une nouvelle trahison de la jeune femme, qui ruinerait alors tout espoir de sauver Minho. Il s'en voulait tellement d'avoir échoué lors de leur première tentative. Certes, ils avaient récupéré d'autres amis tels qu'Aris mais Minho, lui, était resté dans ce satané train. Pire encore, il avait entendu l'offensive menée par ses amis, et sans doute même avait-il hurlé de toutes ses forces et espéré avec une pareille ardeur que son cauchemar prendrait fin. Et pourtant, il n'avait pas réussi et Minho…Minho avait été finalement emmené dans ce train infernal qui le conduisait probablement vers les pires tortures. Le poing de Thomas se serra à cette pensée et des larmes vinrent naître dans ses yeux. Sans doute dans une vaine tentative d'exacerber toute cette pesante culpabilité, le brun frappa avec rage le mur qui se trouvait à proximité, laissant par là-même échapper un cri de douleur et de désolation. Il réitéra son geste à plusieurs reprises, chacune moins violente que la précédente, à mesure que le dépit prenait le pas sur son emportement et que ses sanglots prenaient de plus en plus d'ampleur. Lentement, il glissa le long du mur et se laissa échouer au sol, le visage enfoui dans ses mains pour cacher sa peine.

« Tu tiens à elle à ce point-là, Tommy ? » Le jeune homme releva brusquement la tête, surpris par le ton sarcastique de cette voix qu'il reconnaitrait entre mille et qui lui était si agréable d'habitude. Malgré ses yeux embués par les larmes, Thomas put distinguer la silhouette fine et élancée de Newt qui se tenait là à quelques mètres de lui. Encore troublé par les émotions qui l'avaient submergé à peine quelques instants plus tôt, il resta silencieux devant la remarque sardonique qui l'avait arraché à ses tourments et resta là, interdit, à regarder son meilleur ami et à analyser ses paroles. Lui ? Tenir à quelqu'un ? Que voulait dire le blond par là ? Minho ? Non, impossible il avait dit « elle ». Alors qui ? Demeurant perplexe face à toutes ces questions, le plus jeune leva un regard interrogateur en direction de son interlocuteur, qui reprit alors la parole :

« Je veux bien concevoir que tu aies eu des sentiments pour elle quand on était au bloc mais franchement, j'espérais que depuis ça t'était passé. Avec tout ce qu'elle nous a fait, tu continues de te mettre dans des états comme ça juste pour une fille ? » Le ton du blond était acerbe, dur, à l'opposé de son habituelle jovialité et bienveillance à l'égard de ceux qui l'entouraient. Tout en prononçant ce flot de paroles duquel Thomas comprenait à peine la moitié, l'ancien coureur se rapprochait, réduisant ainsi l'écart qui les séparait. L'interpellé pensa alors que Gally avait sans doute dit une idiotie, comme à son habitude et que celle-ci eût agacé Newt, ce pourquoi les propos que ce dernier prononçait semblaient si acides. Pour chercher à en savoir un peu plus, le cadet s'appuya sur le mur pour se relever et mieux capter le regard noisette qu'il affectionnait tant avant de répondre, le plus légèrement possible :

« De qui tu parles ? » La voix de Thomas se fit plus dure que ce qu'il avait prévu, sans doute dans l'espoir de masquer tous les sentiments qui y étaient enfouis. Adresser la parole à son ami, bien que cela lui fit plaisir, faisait également remonter en lui l'échange de la veille et l'agressivité dont Newt semblait faire preuve attisa, malgré lui, celle de Thomas.

« Bien sûr, soupira le blond avec ironie. Tu n'assumes même pas ? reprit-il en élevant le ton. Sincèrement je te croyais au-dessus de ça ! Je croyais que tout ce qui t'importait c'était sauver Minho, tout risquer pour le libérer de cet enfer, mais ta priorité c'est encore cette fille ! Cette traîtresse qui nous a vendu et s'est lâchement retournée contre nous. Qu'est-ce qu'elle t'a dit, hein Thomas ? Qu'est ce qu'elle t'a encore fait gober pour te retourner le cerveau ? » hurla finalement le jeune homme qui s'avançait de plus en plus vers son camarade.

Thomas resta sans voix face aux assauts verbaux de plus en plus violents de l'ancien second. Il se sentait triste, abandonné, voire même trahi. Il n'avait pas suffi qu'on lui demande de partir hier soir, à présent, il s'en prenait directement à lui ? Et à cause de quoi ? De Teresa. Seule elle pouvait être la source de colère et de mépris de son meilleur ami. Mais là, ce dernier franchissait des limites. Comment osait-il dire qu'il faisait passer cette manipulatrice avant Minho ? Ça ne lui ressemblait pas du tout. Alors Thomas en vint à la conclusion que l'ancien maton des bâtisseurs avait une réelle influence néfaste sur la personnalité pourtant si appréciée de son aîné et cela entreprit d'accentuer encore davantage son propre courroux.

« Mais enfin qu'est-ce qui t'arrive ? T'en prends pas à moi comme ça, surtout pour déblatérer autant d'inepties ! Je veux sauver Minho au moins autant que toi et tu le sais très bien alors pourquoi tu viens me parler de Teresa ? Je te reconnais pas Newt ! acheva finalement le coureur tandis que l'autre se rapprochait de lui, comme pour juger le moindre de ses mots.

_Tu tiens toujours à elle c'est ça ? marmonna Newt qui se trouvait maintenant à quelques centimètres de son compère.

_Quoi ? Mais enfin qu'est-ce que… » Thomas n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il se retrouva violemment plaqué contre le mur par son ami. Celui-ci avait empoigné avec vigueur le tee-shirt du brun, le soulevant avec une force insoupçonnée avant de reprendre la parole :

« Ne me mens pas ! » hurla-t-il alors que leurs bouches se trouvaient à peine éloignées l'une de l'autre. En d'autres circonstances, Thomas aurait fortement apprécié cette proximité avec le second mais à cet instant précis il en avait peur. Non pas du jeune homme lui-même mais de ce qu'il paraissait devenir. Aussi resta-t-il sans voix, frappé par la violence inattendue de Newt et ne sachant pas comment y faire face. Il n'eut cependant pas le temps de cogiter davantage quand le plus vieux fut brusquement tiré en arrière par Frypan et Gally qui, étonnamment, tenta d'apaiser son ami :

« Calme-toi vieux » lui dit-il d'une voix douce et claire, l'éloignant un peu plus du brun et lui posant une main amicale et apaisante sur l'épaule.

Ce simple contact fut comme un électrochoc pour le jeune homme, qui semblait réaliser de plus en plus l'excès qui venait de guider ses gestes. Il regarda Gally, qui lui offrit un sourire rassurant, puis posa son regard sur le sol. Longtemps. Comme si celui-ci était un miroir qui lui renvoyait une image de lui qu'il jugeait détestable. Enfin, il risqua un regard vers Thomas et ce fut plus qu'il ne put supporter. Les yeux du brun, rougis par les sanglots versés plus tôt, semblaient à présent déformés par l'incompréhension. Non, pire, par la peur. Et c'est lui qui était à l'origine d'une telle appréhension chez son ami. L'ancien maton des bâtisseurs s'approcha doucement de lui, s'apprêtant sans doute à lui parler mais Newt n'était pas prêt. Pour le moment, il préférait fuir. Il sortit du bâtiment avec empressement et regagna l'extérieur où le soleil de midi échappait d'ardents rayons qui l'assaillirent sans concession. Mais qu'importait. Mieux valait être assailli par la lumière que par les questions de chacun des anciens blocards auxquelles il ne pourrait répondre. Il s'abaissa alors pour ramasser une des cartes de la ville, abandonnée là par l'un de ses amis, sans doute hâté par l'agitation du hangar dont il était malheureusement la cause. Il entreprit d'étudier le plan qui s'offrait à lui, espérant vainement que chacun imiterait son attitude. Après tout, la priorité restait le sauvetage de Minho et Newt comptait sur cette idée. Il comptait également, il fallait le reconnaître, sur l'aide de Gally, qui s'était avérée d'un grand secours jusqu'à présent. Lui seul était au courant de son état et il lui était devenu un confident indispensable. Alors il aspirait à ce qu'une nouvelle fois, le blond intervienne pour inciter chacun à reprendre le cours normal de la journée.

Et c'est ce qu'il advint. Les heures défilèrent et tout le monde se consacra à définir les derniers détails du « plan Minho » dans une ambiance pour le moins glaciale. Les regards s'évitaient, les visages esquissaient des sourires de façade et tous observaient Newt quand celui-ci avait le dos tourné pour formuler des hypothèses et expliquer son comportement. Peut-être pensaient-ils être discrets mais il n'en était rien et le garçon se sentait accablé par tous ces jugements hâtifs et sans fondements dont il faisait sans doute l'objet. Alors quand la nuit sembla enfin approcher et appeler le soleil à se coucher, le blond profita de la concentration générale à l'élaboration du dîner pour s'écarter du groupe.

Il voulait se retrouver seul. Non, en fait il en avait besoin. Il marcha sans se retourner jusqu'à parvenir à un endroit en hauteur, duquel on pouvait observer toute l'immensité de La Dernière Ville. Là, il se laisse tomber sur le toit d'un immense immeuble abandonné, ses jambes pendantes dans le vide, et observa avec plaisir le soleil crépusculaire qui, lui, ne lui causait aucun aveuglement. A travers l'astre qui se cachait de plus en plus derrière les impressionnants buildings, Newt se plongea dans une douloureuse introspection. Comment avait-il pu en arriver là ? Il s'en était pris à Thomas. Il l'avait agressé avec des mots durs puis l'avait violemment empoigné. Ça y était. Ce qu'il redoutait le plus venait de se produire, et sa transformation était en marche. Il remonta la manche de son tee-shirt pour constater avec peine la source même de ses agissements. Un point noir, profond qui couvrirait bientôt tout l'avant-bras du jeune homme. La tâche était sombre et s'étendait en long filaments légèrement plus clairs qui semblaient gagner de plus en plus de terrain sur sa peau. Il savait que son destin était scellé depuis toujours, qu'il était destiné à mourir bien avant ses camarades mais jamais il n'aurait pensé s'en prendre à lui.

« Pas très original comme fin de vie mon pote, je t'ai connu plus inventif »

L'ancien second se retourna lorsqu'il reconnut la voix goguenarde de Gally. Le garçon s'avança jusqu'à son ami et s'assit à ses côtés, regardant à son tour le paysage qui s'offrait à eux avant de reprendre la parole :

« Franchement, sauter d'une falaise au coucher du soleil il y a rien de plus niais comme suicide. Je suis sûr qu'en attendant un peu, tu peux trouver mieux. » lança-t-il avec un clin d'œil.

Newt esquissa un sourire à la remarque du garçon aux muscles bien dessinés avant de répondre d'un ton plus amer :

« Et se transformer en espèce de zombie, mangeur d'hommes qui s'en prend à ses amis, t'en penses quoi ?

_C'est déjà beaucoup plus classe ! » reprit le blond, assénant un petit coup d'épaule amical à l'ancien second. Devant le silence de ce dernier, il poursuivit :

« T'en es pas encore là Newt. On va trouver une solution et te sortir de là.

_Mouais. Je voudrais pas être rabat-joie mais jusqu'à présent le taux de sauvés dans tous nos amis ayant contracté le virus est proche de…zéro.

_Faux ! répondit le plus jeune, visiblement ravi de contredire son interlocuteur. Brenda m'a dit que vous l'aviez sauvée.

_Non pas nous. Mary. Et elle est morte le coupa le blond d'un air triste.

_Ca m'aurait étonné aussi qu'il n'y ait pas encore un drame dans l'histoire…soupira Gally. Mais ça n'empêche pas qu'on arrivera à te sauver mon pote. Par contre, je pense qu'il est temps que tu en parles à l'autre tête d'abruti.

_Bah voyons, t'as d'autres idées de génie comme celles-là ? ironisa Newt comprenant de suite à qui l'autre faisait allusion. T'as vu comment je m'en suis pris à lui ? Ça plus la scène d'hier soir, il doit juste me détester maintenant.

_Mais bien sûr, se moqua l'ancien maton. Franchement, ça lui a pas fait de mal de se faire secouer un peu. Arrête de le considérer comme une pauvre petite chose fragile, si tu veux mon avis, t'y es même allé un peu trop doucement… termina le jeune homme avec un sourire.

_Gally…

_Ok ok mais n'empêche qu'il faut que tu lui parles. Il peut pas comprendre si tu lui expliques pas mec. Pour l'instant il pense juste que tu es schizophrène rit Gally.

_Ouais t'as peut-être pas tort mais…

_Pas de mais ! Bonne chance blondinet », l'interrompit le cadet tout en prenant appui sur son ami pour se relever et s'en retourner vers le repère des rebelles.

_Quoi ? »

Et voila je vous laisse sur une petite note de suspens, je publierai la suite le week-end prochain !

N'hésitez pas à laisser une petite Review, même pour formuler des hypothèses sur la suite des aventures de nos héros, ça fait toujours plaisir !

Bon week-end =)