Me revoilà avec la suite comme promis, la fameuse discussion entre nos deux chouchous.

J'espère que vous ne serez pas déçues par cette conversation que j'ai essayé de faire la plus adaptée possible aux caractères des deux personnages.

Merci à ceux qui ont suivi, lu et/ou commenté cette fiction, ça fait toujours plaisir et j'espère que ce chapitre vous plaira aussi !

Désolée si des fautes m'ont échappé lors de ma correction et bonne lecture ! =)

Chapitre 4

Newt se tourna vivement, lançant un regard inquiet à Gally qui s'était déjà éloigné. Non il n'avait pas osé ? Apparemment si. Derrière la silhouette en marche de son camarade, le blond vit dangereusement se rapprocher celle de son meilleur ami qui venait clairement vers lui. Ses deux camarades échangèrent un regard et Newt retint sa respiration, priant pour que ces deux-là n'essaient pas encore de s'entretuer. Quoique, s'ils le faisaient cela lui laisserait une occasion d'échapper à la confrontation avec Thomas et il devait reconnaître que l'idée était plus que tentante. A mesure que la distance entre eux s'amenuisait, Newt envisageait avec de plus en plus de considération la fameuse niaiserie évoquée quelques instants plus tôt par son confident. Est-ce qu'un meurtre au coucher de soleil pouvait lui aussi prétendre au pire des clichés ? Parce que si tel était le cas, il se ferait un plaisir d'amener Gally à ce même précipice et de lui offrir lui-même cette mort niaise qu'il lui avait demandé avec raillerie d'éviter.

Il n'eut cependant pas davantage de temps pour élaborer son plan quand il sentit Thomas s'asseoir à côté de lui, assez proche pour que leurs épaules puissent se frôler. Cela surprit Newt qui esquissa instinctivement un léger mouvement latéral pour creuser l'écart et éviter toute nouvelle situation non désirée.

« Tu me fuis maintenant ? demanda doucement le coureur, accompagnant sa question d'un léger regard porté sur l'espace qui les séparait à présent et rompant ainsi le silence qui régnait depuis quelques minutes.

_Non je pallie simplement à ton inconscience habituelle, risqua le blond avec un sourire nerveux et appréhensif, gardant son regard capté sur l'horizon.

_Je ne suis inconscient que lorsqu'il y a danger de mort imminente sinon c'est pas drôle, poursuivit Thomas avec un même rictus.

_Oui genre foncer tête baissée entre deux murs à quelques millimètres d'espace, qui se referment et menacent de t'écraser, pour te retrouver seul dans un labyrinthe géant qui libère des espèces de grosses araignées velues en métal, au venin plus que douteux, avec un mec que tu connais pas et un autre à moitié dans le coma se moqua Newt, reprenant avec aisance les moqueries amicales qu'ils aimaient tant à s'échanger à peine quelques jours plus tôt.

_Et encore c'était un peu trop sécurisé à mon goût » finit le brun, riant à la remarque de son ami avant que le silence ne se fasse à nouveau roi.

Newt hésita un court instant à poursuivre la plaisanterie en énumérant tous les risques non mesurés pris par son meilleur ami au cours des dernières semaines puis il se ravisa, sachant pertinemment que ce n'était pas là le sujet que l'autre voulait aborder.

Aussi lorsque les quelques rires succins avaient laissé place à un nouveau mutisme commun, l'ancien second rassembla son courage pour reprendre la parole. Il n'aimait pas et il ne voulait pas ramener le sujet dans la conversation mais il savait que c'était un devoir. Un devoir envers Thomas d'abord qui devait être complètement perdu, puis un devoir envers lui-même, parce qu'en parler à quelqu'un d'autre, à ce meilleur ami qu'il aimait tant, c'était affronter réellement la chose. Et enfin, c'était un devoir envers Gally qui couvrait tous ses comportements inhabituels et qui avait signé son arrêt de mort il y a quelques minutes. Fort de tous ces arguments, il prit une grande inspiration et se lança :

« Je suis désolé pour ce matin Tommy, commença-t-il d'une voix trouble et plantant son regard vers ses pieds. Je sais pas ce qui m'a pris…

_Je t'arrête tout de suite Newt, l'interrompit Thomas d'un ton qui se voulait doux mais aussi empreint d'une certaine fermeté. Si je suis venu vers toi c'est pour qu'on ait une discussion franche, comme on en a toujours eu. T'es pas du genre impulsif et violent, on le sait tous les deux. Si t'as agi comme ça c'est pas sans raison et…j'aimerais que tu me parles. Que tu te confies à moi, comme avant » ces derniers mots vinrent mourir sur les lèvres du brun qui se tourna vers son ami, ce qui cette fois permit à leurs jambes de se toucher.

Surpris par les paroles qui venaient de lui être adressées, l'intéressé attendit quelques instants avant de lâcher dans un soupir :

_T'as raison mais…Je crois que je sais même pas par où commencer »

Thomas sentit son cœur se presser aux paroles de son ami. Les émotions se livraient bataille en lui sans relâche pour savoir laquelle le gagnerait : devait-il céder à la douleur de ce que voulait lui dire son meilleur ami, ou laisser exploser sa joie de retrouver un semblant de leur complicité d'antan. Il serra les poings afin de mieux contrôler la peine qui semblait triompher de la lutte et leva les yeux vers l'horizon avant de les reposer vers Newt. Les derniers rayons rouges venaient caresser la chevelure blonde et soyeuse du jeune homme et apportaient un léger reflet chaud sur la pâleur de ce visage si doux.

Tandis qu'il se perdait en contemplation, il se stoppa lorsqu'il surprit la respiration de l'autre à s'accélérer alors que ce dernier descendait la manche remontée de son tee-shirt sur son avant-bras. Il observa le geste et l'attitude de son meilleur ami qui reculait son bras, semblant vouloir esquisser son mouvement dans une action discrète. Sans réfléchir, il reprit la parole :

« Tu as froid ? » demanda-t-il malgré la chaleur environnante qui régnait sans vergogne dans ce monde dévasté.

A ces mots, l'interpellé se tourna vers Thomas, avant de poser un regard sur le bras qu'il venait de recouvrir et que le brun lui avait indiqué d'un signe de tête. Il sentit une nouvelle fois cette panique resurgir en lui mais cette fois il ne devait pas se dégonfler. Il devait lui parler, lui dire le mal qui le rongeait.

Mais avouer serait aussi se condamner puisqu'une fois dans la confidence, il savait pertinemment que Thomas ne le laisserait plus demeurer à ses côtés pour les missions périlleuses. Se laissant une nouvelle fois vaincre par le pesant poids de la peur, il recula un peu plus son bras pour le dissimuler avant de nier :

« Oh non je pense que ça doit être la fatigue qui se manifeste tout simplement ! »

Mais Thomas ne l'entendait pas de cette oreille. Ils se connaissaient trop bien maintenant et il savait discerner un rire nerveux des rires francs et habituels de Newt. Non cette fois il ne devait pas le laisser s'en tirer avec des explications vaseuses comme celles-ci. Peut-être Gally avait-il été trop violent, marquant la peau si délicate du blond et c'est ce que celui-ci s'évertuait à lui dissimuler. Si tel était le cas alors il ne tolérerait pas cela encore une fois.

N'écoutant que son intuition, dans un geste vif, il empoigna finalement avec force le bras de son ami, lui arrachant ainsi un regard de surprise et…de peur ? Pourquoi ? Newt avait-il peur de lui maintenant ? Pressé de curiosité, Thomas examina l'avant-bras de son ami tandis que celui-ci détourna la tête avec résignation. L'ancien coureur sentit alors une vive douleur parcourir tout son corps pour venir enlacer avec hargne son cœur et le presser avec amusement. Non. Ce n'était pas possible. Pas lui. Le brun desserra peu à peu son emprise tandis que tout son être fut pris de tremblements et chercha à tout prix à capter les yeux de son ami qui semblaient happés par le sol. Il avait besoin de croiser son regard, de lui parler, d'entendre l'autre lui dire que ce n'était pas ce qu'il pensait. Lentement, il posa une main sur l'épaule de son camarade avant de murmurer :

« Newt… ? Est-ce que… ? demanda-t-il tandis qu'un sanglot vint étrangler la fin de sa phrase.

_Je suis désolé Tommy. J'ai pas eu le courage de te le dire. » se contenta dé répondre Newt, tournant enfin la tête vers son dévoué ami. Il le vit alors déglutir à l'entente de ses paroles, paraissant livrer une intense lutte intérieure pour garder son calme. Devant le mutisme qui avait pris possession de son ami, Newt entreprit de reprendre la parole, décidant qu'il n'avait plus rien à perdre à présent :

« Fais pas cette tête, on savait que ça arriverait. J'ai toujours su que je ne vivrai pas aussi longtemps que vous et que ce fichu virus finirait par m'attraper un jour ou l'autre. Mais tu sais, je n'ai pas peur de mourir. J'ai peur de ce que je pourrai vous faire, de ce que je pourrai te faire si je ne parviens pas à lutter suffisamment fort. Je ne veux pas être bouffé par ce mal qui ronge tout l'être jusqu'à ne plus y laisser que la violence et l'agressivité. Je ne veux pas souffrir comme Alby. Je ne veux pas me perdre comme Ben. Et par-dessus tout je ne veux pas que ce truc change ton attitude avec moi, et que tu me surprotèges comme tu le fais quand tu t'inquiètes. J'aimerais rester le même à tes yeux même si ma petite scène de ce matin n'était pas la meilleure démonstration que je pouvais te faire, et j'aimerais qu'ensemble, on sauve notre ami qui attend désespérément qu'on vienne le chercher parce qu'il a besoin de nous. C'est peut-être égoïste tout ce que je dis mais...

_Non c'est pas égoïste, Newt. » le coupa Thomas qui s'efforçait tant bien que mal d'encaisser chacune des paroles précédemment prononcées.

Il savait qu'il n'était pas aisé pour Newt de dévoiler ainsi ses pensées et ses peurs les plus profondes. En général, il préférait garder tout pour lui et prendre soin de son entourage au détriment de sa propre personne.

Alors ces quelques mots furent tout ce que Thomas parvint à articuler à son ami tout en tentant de contrôler ses propres émotions. Il ne devait pas se laisser submerger, pas maintenant. Newt avait besoin de lui et de toute façon il ne le laisserait pas tomber et trouverait un moyen de le sauver. A nouveau, il se rapprocha de son ami afin que leurs épaules puissent se frôler sans que l'autre n'esquive le contact, pour lui signifier qu'il n'avait pas peur de lui.

Newt tressaillit à cette approche mais ne bougea pas. Il demeura statique, son regard éternellement fixé sur le paysage à présent endormi dans l'obscurité nocturne. Instinctivement, il cala sa respiration sur celle de Thomas. Il ne savait pas pourquoi mais cela l'avait toujours apaisé. Cela lui permettait de réfléchir et de débattre avec lui-même : le moment semblait parfait pour exprimer ce qu'il enfouissait depuis qu'il savait qu'il avait contracté la Braise mais il se doutait également de la réaction qu'aurait son interlocuteur. Pourtant, il fallait qu'il l'exprime il n'y avait qu'à lui qu'il pouvait formuler un tel souhait quoique cela lui en coûte. Alors il inspira l'air frais qui emplit ses poumons et s'arma de courage avant de reprendre, tout bas :

« Tommy… J'ai encore un service à te demander. »

L'interpellé leva la tête qu'il maintenait jusqu'alors baissée, observant machinalement ses jambes taper nerveusement l'une contre l'autre. Il porta son regard sur son voisin, retenant son souffle dans l'attente que l'autre poursuive. De toute façon, qu'importe quelle serait sa demande, il serait prêt à tout pour l'aider.

Quand il sentit Thomas se retourner pour écouter sa requête, Newt tourna enfin la tête en direction de son ami et ancra ses pupilles noisette dans celles qui lui faisaient face. Il put y lire toutes les interrogations qui se bousculaient sans que celui-ci ne les laisse éclater. Alors il se résigna. Non il ne pouvait pas lui demander cela en face, le brun avait eu suffisamment d'émotions pour aujourd'hui. Il devait s'en tenir à ce qu'il avait prévu initialement et il poursuivit alors d'un ton plus léger et moqueur :

« Est-ce que tu peux tuer Gally pour moi ? »

Le brun rit à cette remarque. Ce n'était pas un service ça mais une bénédiction. Il s'arrêta quelques instants, sentant qu'un non-dit pesait encore sur l'esprit de son ami que ce dernier tentait de dissimuler sous les moqueries. D'autant que l'évocation de l'ancien maton ne faisait que raviver en Thomas ses récentes conclusions sur les relations qui le reliaient à Newt. Aussi ne put-il s'empêcher de demander timidement :

« Il était au courant hein ?

_Je dirais plutôt qu'il a eu des soupçons qu'il a confirmé sous la menace ! répondit Newt toujours sur ce même ton. Mais ça m'a fait du bien d'en parler avec lui. Finit-il plus sérieux.

_Evidemment…murmura le brun. Moi aussi je suis là tu sais ? Eh puis, t'en fais pas, on te guérira de ce truc, je te le promets. Il le faut de toute façon, je serai incapable de mentir aussi bien que toi à Fry sur le goût immonde de ses ragoûts ! » conclut-il avec une égale touche humoristique pour détendre l'atmosphère.

Newt ne répondit pas, se contentant d'esquisser un sourire amusé avant de se lever, soulageant ainsi ses jambes des fourmis qui le parcouraient depuis quelques minutes. Il lui était évident que cette promesse ne pourrait être tenue. C'était impossible. Et c'est ce qui justifiait également la terrible demande qu'il adresserait à Thomas lorsqu'il en aurait le courage. Pour l'heure, il devait retourner au camp et expliquer deux ou trois choses à Gally sur le comportement social à adopter avec un ami qui se confie.

« Je serai curieux de savoir quel plat il nous a concocté ce soir d'ailleurs ! dit-il une fois debout. On ferait mieux d'aller voir. Et puis il ne faut pas oublier qu'on a une mission demain ! »

Thomas acquiesça, acceptant avec joie la main que le blond lui tendait pour l'aider à se relever. Côte à côte, ils marchèrent dans la nuit jusqu'à retrouver le chemin du repère puis se séparèrent une fois là-bas, Newt souhaitant s'isoler un peu et Thomas devant rejoindre les autres pour un dernier briefing sur « l'opération Minho ».

Et voilà, un peu moins de suspens cette fois mais n'hésitez pas à laisser une petite Review pour me dire ce que vous en avez pensé !

J'ai essayé de tenir compte des conseils qui m'ont été donnés sur les précédents chapitres et j'espère que la lecture vous aura parue plus agréable.

On se retrouve la semaine prochaine (ou peut-être un peu plus tôt, qui sait ?) pour la suite de cette fic.

Bon week-end et bon courage à ceux qui reprennent les cours !