Chapitre 7
Je suis désolée je sais que j'ai du retard mais j'ai commencé à travailler pour cet été et n'ai de ce fait pas eu beaucoup de temps pour publier. =S
Quoi qu'il en soit, me revoilà avec le Chapitre 7, j'espère qu'il vous plaira !
Désolée si des fautes m'ont échappé lors de ma correction.
Bonne lecture !
L'impact de la chute fut violent, brutal et horriblement douloureux pour Newt. Le froid de l'eau pénétra ses pores comme des milliers de lames de couteau venant le transpercer sans pitié. Sa jambe blessée percuta avec force le milieu aquatique, lui arrachant une exclamation de douleur silencieuse avant de se manifester comme si son os s'était brisé. Le blond se vit alors entraîné par les profondeurs tandis que l'eau infiltrait peu à peu ses organes, sous l'essoufflement causé par les vains battements unilatéraux du jeune homme pour remonter à la surface. Se sentant emporté de plus en plus dans l'inconscience, Newt réalisa que le brun tenait toujours sa main entrelacée à la sienne. Dans un dernier geste de détresse il serra avec toutes les forces qu'il lui restaient les doigts qui croisaient les siens avant de fermer lentement les yeux.
Thomas ne voulait pas lâcher la main du blond qu'il avait pris sans se poser de questions. C'était comme si ce simple geste représentait l'ultime lien entre lui et l'homme qu'il aimait, la fébrile assurance qu'il sentirait ainsi tous les signes de faiblesse de l'autre. Et surtout, le témoignage que lui serait là en cas de besoin, qu'il ne le lâcherait pas. Aussi, quand Thomas sentit la main du blond se resserrer sur la sienne, il comprit aussitôt que son ami était en difficulté. Il plongea alors sans hésiter au fond du bassin où il put déceler la silhouette de Newt qui tendait à couler. Il tira alors sur le bras qui les liait et ramena le corps de son aîné contre le sien pour le serrer un instant avant de l'emmener avec lui à la surface.
Ils remontèrent ensemble, et Newt rouvrit les yeux au contact vivifiant de l'air qui emplissait ses poumons, se substituant agréablement à l'eau. Il s'appuya sur son ami pour rejoindre le bord où Minho les attendait et leur tendait la main pour les aider à remonter. Les deux garçons acceptèrent volontiers l'aide qui leur était offerte et une fois sur le sol, Newt s'allongea sur le dos, épuisé, harassé et torturé par les diverses douleurs qui l'assaillaient. Sa jambe folle lui signifiait clairement qu'elle ne le porterait plus tandis que l'autre ne semblait pas apte à supporter tout son poids à elle seule. La marque de la maladie qui le rongeait s'étendait à présent partout sur son corps, remontant le long de sons dos, de ses bras et commençant à venir parcourir le pourtour de son visage. Newt ferma avec force les yeux pour essayer de surmonter le mal qui le torturait avant de se mettre à tousser avec difficulté, évacuant l'eau absorbée plus tôt mais aussi une part de substance noire, épaisse et amère qui glissait avec lenteur le long de son menton. Et ce goût, bien qu'il ne le connût point, Newt en devinait tristement le sens.
Pris de panique, il se mit à haleter, alertant ainsi ses deux amis qui se précipitèrent vers lui. Minho lança un regard affolé à Thomas, accompagné d'une question silencieuse à laquelle l'autre répondit en le fixant brièvement avant de redresser leur camarade pour lui faciliter la respiration. Celle-ci se faisait toujours aussi péniblement et les pupilles de Newt, que le plus jeune aimait tant, étaient tintées de noir. Un noir inquiétant qui se mêlait avec celui de ses iris, renforçant ainsi la transformation que subissait le jeune homme. Thomas passa son bras sur les épaules de son ami afin que celui-ci puisse se laisser aller contre lui puis il approcha son visage de celui de l'infecté avant de venir délicatement tourner sa tête pour que leurs yeux puissent s'affronter.
« Newt écoute-moi » murmura-t-il, « Tu ne vas pas te laisser aller maintenant. Tu vas lutter encore et encore parce que tu es un battant. Tu vas me faire taire cette saleté et tu vas te battre comme tu me l'as promis. Tu ne seras pas seul, on va t'aider. A présent tu vas t'appuyer sur moi pour te relever et déguerpir d'ici pour qu'on puisse te soigner. »
Newt tourna la tête en signe de réponse négative, tentant néanmoins de caler sa respiration sur celle du brun comme il en avait l'habitude pour s'apaiser quelque peu. Il ne voulait pas que ses amis restent avec lui et le traînent comme un boulet, au péril de leur propre vie.
Les soldats se rapprochaient de plus en plus, sortant les uns après les autres de l'immense gratte-ciel pour partir à la recherche du trio en fuite. Thomas risqua un coup d'œil vers l'afflux d'hommes armés qui ne tarderaient sans doute pas à se diriger vers eux, avant de reposer son regard sur le visage de son ami dont la pâleur était de plus en plus forte et accentuait les traits sombres qui semblaient gagner du terrain à chaque minute. Thomas ne se laissa pourtant pas envahir par la panique et reprit de ce même ton rassurant, se rapprochant encore un peu plus de Newt :
« Il est absolument hors de question qu'on te laisse là. Tu m'entends ? Je n'ai pas tout risqué pour sauver Minho et te perdre à sa place. »
Newt sentait une autre personnalité poindre en lui, un être malveillant et avide de violence qui voulait balayer toutes les paroles qui lui étaient adressées en cet instant. Il secoua la tête dans tous les sens avant de l'enfouir dans ses bras pour tenter de repousser ce monstre auquel il ne voulait pas céder, avant d'être interrompu par une main venant se poser fermement sur sa nuque pour y exercer une légère pression le contraignant à tourner le regard vers la source de ce nouveau contact. Il croisa alors les pupilles noisette de son meilleur ami, qui affichait un message identique au discours du brun et qui lui affirmaient qu'il ne le laisserait pas tomber. Puis, une seconde main vint à nouveau prendre délicatement son menton pour anticiper tout geste de détour avant que les lèvres de Thomas ne viennent exercer une légère et hâtive pression sur celles de Newt et de lui susurrer qu'ils allaient y arriver. Ce dernier resta interdit un instant devant ce qui venait de se passer puis fut vigoureusement soulevé par deux bras puissants de chaque côté. Minho s'était en effet posté lui aussi derrière le jeune homme pour le relever d'un même mouvement avec l'ancien coureur.
Thomas plaça ensuite son bras autour de la taille de Newt et l'encouragea à s'appuyer sur lui tandis que Minho prenait les devants pour trouver la meilleure échappatoire à l'assaut approchant des soldats. Le blond ne s'interrogea pas davantage sur le geste de son ami, se rappelant que leur vie était toujours menacée et qu'il était d'autant plus dangereux pour ses deux compères de rester exposés là, à attendre le bon vouloir de Newt. C'est comme si le baiser donné par son meilleur ami avait été un électrochoc, une arme contre la bête qui semblait naître en lui, la faisant taire pour permettre à l'ancien second de retrouver ses esprits. Il reprit alors avec courage la lutte contre la propagation de l'infection et pour le retour de ses forces mais ses jambes demeuraient faibles et sa toux toujours présente.
Minho se tourna vers Thomas, cherchant le comportement à adopter face à la détérioration de l'état de leur ami. Voyant que le brun ne disait rien, il ne put s'empêcher de demander :
« Qu'est-ce qu'on fait, Thomas ? »
L'interpellé esquissa un regard en direction de l'asiatique puis de Newt. Enfin, il regarda au loin devant eux pour apercevoir l'entrée du bâtiment qu'ils avaient mis tant d'efforts à quitter. Il inspira profondément, fermant les yeux comme pour peser intérieurement les mots qu'il s'apprêtait à prononcer avant de reprendre :
« Ecoute-moi bien Minho. Tu vas piquer le sprint de ta vie pour aller trouver Brenda, me récupérer ce foutu remède et me le ramener plus vite que si ta propre vie en dépendait » finit-il par articuler avec détermination.
Les deux anciens coureurs se fixèrent dans un dialogue silencieux : Minho tentait de faire comprendre à Thomas qu'il n'était pas capable d'une telle course tandis que l'autre lui transmettait toute la confiance qu'il plaçait en lui mais aussi toute son inquiétude quant à l'ancien second qui devait être sauvé coûte que coûte. Il fallait que son ami réussisse. Il en était capable, et il était le seul en qui Thomas avait suffisamment confiance pour lui remettre la vie de Newt. Il aurait pu lui-même se lancer dans cette poursuite effrénée mais il doutait de ses capacités et de toute façon il n'en avait pas la volonté. Il voulait demeurer près de Newt, être l'épaule sur laquelle ce dernier s'appuierait, être celui qui combattrait avec lui ce foutu virus qui s'intensifiait de plus en plus.
Alors Minho acquiesça, ancrant rapidement son regard dans les yeux noircis du blond pour lui faire la promesse silencieuse de la réussite de son entreprise. Puis il s'élança à toute vitesse vers le lieu indiqué, vers le remède qui pourrait sauver son meilleur ami, puisant dans ses forces, tirant sur ses jambes pour agrandir au maximum ses foulées et le rapprocher davantage de la fameuse place où les attendait la deuxième partie des rebelles, et surtout, le fameux liquide curatif.
Le plus jeune regarda avec un espoir infini l'autre s'éloigner, avant de resserrer sa prise sur la taille de son ami pour l'éloigner le plus possible des coups de feu qui s'enchainaient dans leur direction. Il fallait qu'il trouve un abri, un lieu sûr où Newt pourrait se reposer et tenter de garder ses dernières forces pour faire face à la maladie. Il sentit celui-ci faiblir de plus en plus tandis que sa respiration se saccadait à nouveau et que le liquide noir s'échappait toujours plus de sa bouche, ouverte, à la recherche d'air. Thomas entreprit alors de soulever son ami plus que de l'appuyer tandis que les jambes de ce dernier s'arquaient davantage sous le joug d'une démarche mécanique, un déplacement désarticulé, signe que la Braise s'infiltrait partout dans le jeune homme qui s'accrochait de toutes ses forces à Thomas pour ne pas lâcher et pour ne pas s'écrouler face au monstre qui était de retour en lui. Le cadet avançait, sans se retourner, traînant presque l'autre pour ne pas abandonner.
Enfin, les canons des mitraillettes se firent de moins en moins bruyants et les deux garçons arrivèrent à une place reculée et hors de danger où Newt se sentit suffisamment en sécurité pour céder. Happé par le sol comme une délivrance, il retira son bras de l'épaule de son ami et s'écoula à terre tandis que Thomas l'accompagnait dans sa chute qu'il tenta de minimiser autant que possible. Le blond sentait son esprit partir, chassé par le virus qui cherchait à tout prix à prendre possession de son corps pour guider le moindre de ses gestes. Et Newt était fatigué de lutter, fatigué de se battre contre un adversaire trop fort pour lui qui lui avait été désigné pour une défaite assurée dès sa naissance. Lui n'était pas un Immune, il ne pouvait pas gagner cette bataille et il était déjà heureux d'être arrivé jusqu'ici, d'avoir libérer Minho et d'avoir pu demeurer aux côtés de celui qu'il aimait.
Thomas sentait que les forces de son meilleur ami le quittaient peu à peu mais il se refusait à s'abandonner à cette éventualité. Il ne le lâcha pas, se baissant pour se mettre dans son dos, passer ses mains sous ses bras et le relever à nouveau afin de l'arracher à ce sol auquel l'autre voulait se donner avec tant de lassitude. Si Newt ne voulait plus se battre, alors il se battrait pour deux mais jamais il ne resterait là les bras croisés à le regarder se faire bouffer par le virus.
Cependant, sans une aide minimale de la part de l'ancien second, les efforts de Thomas demeuraient vains et il fut à son tour entraîné à terre sous le poids du blond qui se retrouva allongé sur lui. Alors Thomas laissa tomber sa tête en arrière, la faisant heurter le sol tandis qu'il entourait le blond de ses bras dans une dernière tentative de le garder auprès de lui. Là, étendu avec Newt dans ses bras, l'ancien coureur était prêt à passer une éternité s'il avait eu la certitude que le blond guérirait. Mais c'était tout l'inverse qui semblait les attendre et le pire cauchemar de Thomas devenait son horrible réalité. Combien de temps Newt allait-il tenir ? Combien de minutes passeraient avant qu'il ne se jette sur lui, animé par des instincts qui le révulsaient ?
A sa grande surprise, le brun sentit des mains se resserrer autour des siennes ainsi que des bras se poser sur les siens alors que le blond tirait avec rage sur le restant de ses forces pour tenter de se redresser. Obéissant à cette tentative, Thomas se redressa à son tour afin que les deux garçons se trouvent en positon assise, Newt entre les jambes de son homologue tandis qu'il laissait reposer sa tête sur l'épaule offerte de son cadet. Thomas ne bougea pas tandis que les battements de son cœur s'accéléraient et qu'il sentait le souffle chaud et saccadé de Newt contre son cou. Il était définitivement brûlant et le brun savait que ce n'était plus qu'une question de minutes avant que le virus ne soit totalement maître de son ami. Alors il profita simplement de cette étreinte inattendue, et entoura davantage le corps frêle du blond dans ses bras. Le front brûlant et humide de celui-ci vint toucher le bas du visage de l'ancien coureur qui baissa davantage la tête pour augmenter le contact entre leurs deux peaux.
« Je t'en supplie Tommy… Je t'en supplie », murmura finalement Newt qui usait de ses dernières forces pour s'adresser à Thomas, prononçant ces mots dans un soupir de fatigue.
Thomas se figea aux paroles du blond. Non. Pas ça. Il savait pertinemment ce que cette supplique signifiait. Newt voulait qu'il le tue. Il voulait qu'il tienne sa promesse. Mais il ne pouvait s'y résoudre, c'était trop dur. Comment pourrait-il le tuer alors que sa seule envie était de passer sa vie à ses côtés ? Pourtant il lui avait promis, il lui avait juré de mettre fin à ses souffrances et de l'empêcher de devenir un de ces monstres qui le répugnaient. Alors Thomas demeura silencieux. Priant, suppliant, pour que Newt tienne, pour qu'il continue à lui parler comme il le faisait, jusqu'à ce que Minho revienne avec le remède.
Il n'eut pourtant pas le temps de voir sa demande exaucée quand il sentit l'ancien second rompre leur étreinte et s'éloigner de lui pour se lever, tel un pantin tenu par des ficelles. Newt se trouvait à présent dos à Thomas qui s'était relevé à son tour. Le blond se tenait là, debout, immobile sur son corps élancé et sculpté par les années d'ardu travail au bloc. Les yeux du brun s'emplirent de larmes tandis que Newt se retourna avec lenteur pour faire face à son ami. Les marques bleues semblaient présentes sur chaque surface de son visage, ses cheveux blonds si soyeux étaient déformés par la sueur de la fièvre et seule une mèche retombait sur son front pâle et froncé par la confusion. La bave noire s'écoulait toujours sinistrement sur le menton de Newt pendant que ses yeux rougis fixaient le plus jeune avec insistance. Un mutisme général s'installa et permit à Thomas de voir revivre un dernier espoir. Celui que son ami avait réussi à repousser l'inévitable, à faire taire l'appel de la Braise qui semblait déterminée à le transformer.
« Newt… ? » demanda finalement le brun dans un sanglot, marque d'une question à laquelle il avait déjà la réponse.
Et cette réponse s'imposa brutalement à lui, le percutant avec violence quand Newt s'élança vers lui en hurlant. Un hurlement qui n'avait rien d'humain et d'amical et que Thomas avait bien trop entendu au cours de leur périple pour ne pas le reconnaître. Ce dernier esquiva de justesse l'assaut de son ami avec un mouvement latéral, l'écartant pour l'envoyer le plus doucement possible de l'autre côté et ainsi éviter la confrontation. Mais Newt semblait bel et bien perdu et régi par le virus, se redressant pour se précipiter à nouveau vers le plus jeune dans une nouvelle offensive. Thomas se recula, avançant son bras dans un geste protecteur tandis qu'il tentait de ramener tant bien que mal l'ami qui lui était si cher.
« Newt, c'est moi, c'est moi ! » hurla-t-il tandis que l'autre le heurtait à nouveau pour venir le plaquer au sol plus violemment encore que la fois précédente.
Thomas chercha, cogita pour trouver une échappatoire, une solution qui ramènerait Newt, qui le libèrerait de cette infernale tourmente qui s'était emparée de lui. Les deux garçons furent projetés au sol tandis que Thomas stoppait l'assaut de l'autre de ses bras, les faisant rouler tous les deux sur le sol avant qu'il n'envoie le blond plus loin en espérant que ce nouveau choc le ferait revenir. Il se releva précipitamment pour anticiper toute nouvelle attaque tandis que l'aîné demeura à quatre pattes sur le sol, toussant, crachant, s'essoufflant dans une lutte acharnée et intérieure entre deux personnalités. Il tourna vivement la tête vers Thomas, le suppliant de toutes ses forces dans un souffle :
« Tommy, tue-moi ! » supplia-t-il.
Le concerné le regarda avec stupeur, partagé entre la joie de voir que l'autre était toujours là, qu'il se battait toujours contre le virus et l'affligeante tristesse que lui assénait ses mots prononcés comme une litanie. Il était résigné, il voulait être tué.
Puis le visage de Newt se durcit à nouveau et le jeune homme se releva avec hâte pour se jeter une fois de plus sur son meilleur ami et le propulser au sol, se trouvant à présent à cheval sur lui tandis que ses bras venaient enserrer sa gorge, semblant déterminés à couper toute arrivée d'air. Thomas cherchait de toutes ses forces à le repousser, à repousser le monstre qui avait repris possession de son meilleur ami tandis que le manque de souffle commençait à se faire ressentir.
« Newt, je t'en prie arrête ! » demanda Thomas au sol, attrapant le bras du blond pour tenter de s'arracher à sa prise.
Newt était habité, mu par des instincts qu'il ne contrôlait pas. Il voulait tuer, il devait tuer, mais la voix emplie de sanglots de l'homme duquel il voulait prendre la vie résonnait dans son esprit comme un écho. Un écho lointain et douloureux qui faisait appel à une part de lui-même qui luttait avec ardeur pour revenir, pour reprendre possession de ce corps qui lui appartenait et qui exécutait des gestes indépendants de sa volonté propre. Là, dans les yeux brillants de l'homme à terre, il voyait le reflet du monstre qu'il était et les suppliques que ce dernier lui adressait paraissaient donner davantage de force à cet écho en lui qui grandissait et qui apaisait cet horrible désir de tuer.
Alors Newt cessa de forcer contre le brun, le laissant ramener ses bras à sa poitrine tandis que lui tentait de concentrer son attention sur la voix dans sa tête qui le suppliait de revenir et de se battre. La voix d'un homme, une voix douce et rassurante que le blond put enfin identifier comme celle de Thomas. Bon sang, Thomas. Il était à cheval sur son meilleur ami et il s'évertuait à vouloir le tuer ! Newt reposa ses yeux sur les orbes noisette qui lui faisaient face avec stupeur achevant de le ramener complètement à lui. Tout ce qu'il voulait à présent, c'était effacer cette expression dont il était la source sur le visage de cet ami qu'il chérissait tant.
« J'suis désolé Tommy, j'suis désolé » répéta-t-il pour balayer à tout prix la tristesse qui habitait le visage de son meilleur ami, en serrant chaleureusement l'épaule qu'il tentait quelques minutes plus tôt de maintenir plaquée au sol.
« C'est rien, ça va » répondit Thomas dans un murmure toujours rassurant, et exerçant à son tour une légère pression sur le bras de Newt.
Ce dernier soupira de soulagement devant le pardon que lui accordait son meilleur ami mais la fièvre qui le possédait se faisait toujours plus pressante, revenant dans son esprit comme un boomerang reviendrait vers son propriétaire. Il devait tuer, il fallait qu'il tue. Le désir de mort se faisait impétueux, violent, ravageant tout le semblant de raison que Newt luttait pour conserver, pour rester accrocher à sa réalité, celle qu'il partageait avec Thomas. Et il préférait mourir plutôt que de faire du mal à son meilleur ami. Il grogna sous l'ardent combat qui se livrait au sein même de son esprit, lui infligeant d'affreuses migraines. Et sa réflexion devint finalement une évidente solution : Mourir. Mourir plutôt que de nuire encore à Thomas qui visiblement ne tiendrait pas sa promesse. Mourir plutôt que de voir une nouvelle fois le visage de son ami déformé par une telle expression. Mourir plutôt que de subir encore et encore cette éternel dilemme qui se jouait incessamment de son esprit. Alors dans une ultime tentative précipitée, Newt se saisit de l'arme qu'il gardait accrochée à sa ceinture pour la pointer sur sa tête.
Thomas observa longuement son ami, comme s'il pouvait lire en lui les réflexions qui s'y jouaient. Ses yeux s'écarquillèrent de peur lorsqu'il vit le blond s'emparer de l'arme pour mettre fin à ses jours. Hors de question, il ne le laisserait pas faire. Il ne le laisserait pas se tuer. Il ne pouvait pas le laisser mourir, il ne voulait pas être séparé de lui. Il savait que cette volonté était égoïste et qu'il faillait à la promesse qu'il avait faite à Newt mais qu'importe. Il ne pouvait envisager la vie sans lui. S'ils avaient réussi à sauver Brenda alors ils sauveraient Newt, il se l'était juré. Car un monde sans Newt était un monde où il ne valait pas la peine de vivre.
« NON ! » cria-t-il alors qu'il donnait un violent coup dans l'arme que l'autre pointait sur sa tête afin de la lui faire lâcher.
Le coup sembla une invitation pour l'infection de Newt, une invitation à diriger à nouveau ses gestes alors que le pistolet glissa lentement sur le sol. Le blond poussa un nouveau cri avant d'être percuté par le poing de Thomas qui le contraignit à quitter leur position actuelle en le projetant quelque peu en arrière. Alors l'infecté s'empara du couteau qui composait lui aussi son équipement pour s'attaquer une énième fois à son ami, régit de nouveau par l'instinct de tuer la personne qui se trouvait avec lui. Il se replaça au-dessus de Thomas, engageant une lutte de force avec ce dernier et guidé par la seule volonté de lui planter le couteau dans le cœur. Le brun usa de toute sa force pour contrer l'assaut de l'arme blanche mais l'état de son meilleur ami semblait lui donner davantage de force et il ne put empêcher la lame d'atteindre sa poitrine, y faisant une entaille qui lui arracha un cri de douleur.
Ce cri réveilla la voix au fond de Newt, cet écho si apaisant qui s'était tût il y a plusieurs minutes. Alors que l'aîné reprenait ses esprits, il fut projeté loin de son adversaire par un coup de pied, signe que Thomas se dégageait de sa prise avant de se relever précipitamment.
Newt regarda le couteau qu'il tenait dans la main et qui était sali du sang de son ami. Cette fois ça y était, il l'avait blessé. Il n'avait pas été assez fort pour résister, il avait planté ce couteau dans la chair du brun et le pire c'est qu'il ignorait jusqu'à quel point il avait enfoncé la lame. Peut-être Thomas allait-il mourir par sa faute. Et cette pensée se fit-elle-même comme un coup de poignard dans le cœur de Newt. Jamais il n'accepterait de refaire du mal à l'ancien coureur et si ce dernier ne voulait pas l'achever, alors il devait le faire lui-même. Il fallait qu'il se mette hors d'état de nuire à son Tommy, il devait agir avant que le virus ne se fasse de nouveau omniprésent et que cette fois soit définitive. Thomas avait déjà assez souffert par sa faute. Alors Newt serra un peu plus sa main autour du manche du couteau et poussa un nouveau cri pour donner l'illusion à son ami que le monstre était revenu. Bien que cela lui soit des plus pénibles, il dirigea l'arme en direction de Thomas, comme pour chercher à nouveau à le tuer alors que celui-ci effectuait des mouvements de recul pour éviter le coup. Puis l'ancien second plongea un court instant son regard dans celui de Thomas et la peine qu'il put y lire fut l'ultime motivation de son geste.
Et voilà ! Qu'avez-vous pensé de la fameuse scène de lutte ? J'espère qu'elle ne vous a pas trop déçu.
Petite Review ?
Sinon je vous dis à ce week-end pour le Chapitre 8 =)
Bonne semaine !
