Chapitre 10
Newt ne comprenait pas grand-chose à ce qui se passait devant lui. Il était pris d'une forte douleur à la tête et se sentait atrocement faible et endolori, incapable de bouger comme si chacun de ses membres se trouvaient reliés et attirés vers le bas par un amas d'enclumes. Il tenta d'ouvrir les yeux qu'il referma aussitôt, gêné par la trop forte luminosité du lieu dans lequel il se trouvait. Gardant les paupière closes, il tenta de procéder de façon logique et de se remémorer tout ce qu'il lui était possible sans lui provoquer de trop fortes migraines. Les premières images qui parvinrent à son esprit furent les visages des dernières personnes qui avaient partagé son quotidien.
Minho, enlevé par le WICKED. La Dernière Ville. Gally. La Braise qui l'avait infecté et dont il avait fait part à son ami. Les disputes entre les éternels rivaux, la révélation de sa maladie à Thomas, la promesse de le tuer. Le sauvetage de Minho, le virus qui se manifeste de plus en plus et le ronge de l'intérieur s'en prenant à chaque parcelle de son humanité avant de le diriger complètement et de le faire s'attaquer à Thomas. La lutte avec le brun. Le couteau et enfin, le trou noir.
Toutes ces informations arrivèrent dans le désordre pour Newt qui tenta de se concentrer jusqu'à parvenir à assembler toutes les pièces du puzzle dans un ordre logique et autour d'une seule et même personne : Thomas. Le blond chercha les hypothèses qui lui paraissaient les plus plausibles sur son état actuel. Etait-il mort ? Les soupirs saccadés qu'il pouvait distinguer non loin de lui l'encouragèrent à trancher par la négative ce qui augmenta son incompréhension. Alors il décida de tenter une nouvelle fois d'ouvrir les yeux pour essayer d'identifier le lieu qui l'abritait. Lentement, il ouvrit une paupière, puis l'autre, s'habituant progressivement à la luminosité de la pièce. Il put reconnaître des murs en toile qui composaient visiblement une tente. Il se concentra ensuite sur la provenance de ce qu'il pouvait à présent assimiler à des sanglots près de lui et chercha à se redresser avec difficulté. Devant l'ardeur de la tâche et la douleur que lui infligeaient ses muscles, Newt se contenta de bouger simplement sa nuque endolorie pour la lever et ainsi lui permettre de reconnaître que la source des pleures n'était autre que son meilleur ami, assis sur une chaise et froissant entre ses mains ce qui d'ici s'apparentait à un bout de papier vierge. Newt prit une inspiration avant d'interpeler l'autre de son surnom comme pour avoir la certitude de son identité.
Le brun leva brusquement la tête dans sa direction, ses yeux étaient rougis par les larmes, ses traits tirés de fatigue et son teint âpre lui donnait une mine inquiétante mais il était là. Les deux garçons s'observèrent longtemps comme pour se convaincre l'un et l'autre de la réalité de la situation avant que le brun ne laisse enfin éclater ses émotions au travers d'un nouveau flot de larmes. Il se précipita sur le lit sans laisser à l'autre le temps de réagir et l'attira contre lui, le serrant juste assez pour que Newt puisse le sentir sans lui faire mal. Ce dernier se sentait bien dans les bras du brun et il laissa lui aussi échapper quelques sanglots au creux du coup de son ami avant d'y enfouir sa tête et de l'enserrer de ses bras, les rapprochant un peu plus tandis que le plus jeune ne cessait de répéter des « Tu es réveillé » de soulagement. Ils restèrent ainsi durant plusieurs minutes avant que le blond ne se recule pour faire face à son meilleur ami et obtenir des réponses aux questions qui ne cessaient de le tourmenter depuis son éveil.
« Tommy, qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-il laissant leurs mains se trouver pour entrelacer leurs doigts.
Thomas baissa la tête ne sachant par où commencer et tentant de contrôler ses propres émotions. Newt était réveillé. Il allait bien. Il lui parlait. La joie qui l'envahissait était incommensurable et venait contrebalancer avec l'immense tristesse que lui avait fait ressentir la lettre quelques minutes plus tôt. Mais il comprenait également le besoin de réponses de son ami. Il devait néanmoins penser à peser ses mots. Il ne fallait pas oublier que Newt n'avait repris connaissance qu'il y a peu et que les informations devaient lui parvenir progressivement afin de ne pas l'étourdir. L'aîné exerça une légère pression sur les doigts du brun devant son silence pour l'encourager à prendre la parole ce qui rappela à Thomas que son ami était dans l'attente d'une réponse.
« Par où commencer…Je… Enfin tu… bégaya-t-il avant d'inspirer profondément pour tenter de formuler une phrase cohérente. De quoi tu te souviens ? interrogea-t-il pensant qu'il serait sans doute plus aisé de partir des souvenirs du blond.
_De pas mal de choses…Enfin j'crois. Je me souviens que j'étais infecté et que je t'avais demandé de me tuer avant que la transformation ne soit achevée dit-il en baissant les yeux à ce souvenir douloureux. Je me souviens qu'on est allé sauver Minho et que le virus grandissait douloureusement en moi jusqu'à ce qu'il me possède totalement. On s'est battus, j'ai essayé de te tuer et ensuite de me tuer, finit-il en fermant les yeux pour intérioriser les émotions qui l'envahissaient.
_Eh bien tu as réussi, répondit doucement le brun en resserrant leurs mains. Ton cœur s'est arrêté juste avant que Minho ne revienne avec le remède. Alors je l'ai pris et je te l'ai injecté dans le cœur, là où le couteau était planté. Ton corps a fait comme un sursaut et ensuite tu es resté dans le coma pendant plusieurs jours » poursuivit Thomas en parlant le plus lentement possible pour que l'autre puisse prendre connaissance de tous les éléments qui lui étaient donnés. « D'après Vince, le sérum a sans doute fait repartir ton cœur avant de gagner tous les tissus qui avaient été endommagés par le virus et ton corps s'est automatiquement plongé dans le coma pour que chacun de tes organes puissent retrouver une fonction vitale disons…normale » acheva-t-il en se frottant la nuque de sa main libre peu convaincu lui-même par ses propres explications.
Newt ne lâcha pas un seul instant les orbes noisette de son ami qui lui paraissaient être le seul maintien certain à la réalité qu'il avait quittée, tentant d'absorber toutes les paroles qui lui étaient prononcées avant d'être traversé par la panique. Qu'en était-il de la maladie alors ? Etait-il toujours condamné ? Ne s'était-il réveillé que pour mieux se transformer en cet horrible monstre qu'il avait tué en mettant fin à ses propres jours ? Sa respiration commença à se saccader, aussi inspira-t-il profondément avant de demander :
« Et le virus ? » murmura-t-il en fermant les yeux et en baissant la tête pour mieux se préparer à amorcer la réponse tandis que la main qui tenait la sienne effectuait de lents mouvements circulaires du pouce pour venir la caresser.
Thomas comprit la peur qui s'était emparée de son meilleur ami et vint délicatement poser sa main lire sous le menton du blond de manière à le lui remonter pour qu'il puisse le regarder. Newt savoura ce contact apaisant et suivit le mouvement induit par l'autre pour planter son regard dans les pupilles noisette de son meilleur ami, qui se rapprocha de lui en venant s'asseoir sur le lit.
« Vince dit que théoriquement tu es mort en ayant la Braise et que donc la maladie est morte avec toi. Quand tu as repris un rythme normal le remède avait infiltré tes tissus et nettoyé toutes traces de maladie te rendant ainsi… » le brun se stoppa un instant pour que son interlocuteur puisse savourer ces révélations. « Immunisé » articula-t-il finalement pour que l'autre comprenne aisément.
Newt écarquilla les yeux sous les révélations que venaient de lui faire Thomas, n'osant croire à leur véracité. Lui ? Immunisé ? Il n'aurait donc plus jamais à craindre une nouvelle infection ? Le blond se laissa submerger par ses émotions, matérialisées par les larmes qui vinrent rouler le long de ses joues. Il attira Thomas dans une nouvelle étreinte ressentant l'impétueux besoin de se retrouver contre le brun. Il s'abandonna à ce contact, se sentant pleinement en sécurité dans les bras de son meilleur ami qui l'étreignit avec force, partageant sa liesse tandis que sa main vint doucement jouer avec les cheveux au creux de la nuque du blond. Ce dernier ressentit un frisson parcourir tout son corps au geste de Thomas et il se remémora alors le baiser que l'autre lui avait donné avant que le virus ne le contrôle totalement. Les intestins de Newt se tordirent au souvenir si agréable et si douloureux de la brève et légère pression que les lèvres de son meilleur ami étaient venues exercer sur les siennes, l'apaisant instantanément.
Tandis que l'ancien second se laissait envahir par cette douce image, il sentit à regret l'autre se décoller pour venir planter son regard dans le sien avec un sourire non dissimulé avant de s'exclamer qu'il fallait prévenir Minho. Il se détacha lentement de leur étreinte pour se précipiter avec euphorie vers l'extérieur de la tente d'où il hurlait un « Il est réveillé » plus qu'expressif avant de revenir aux côtés de Newt duquel il ne voulait pas rester séparer trop longtemps.
A peine quelques minutes plus tard, Minho et Gally pénétrèrent avec hâte dans la tente de Newt (qui était en réalité celle de Thomas) souhaitant constater eux-mêmes les paroles de l'ancien coureur. L'asiatique se précipita vers le blond quand il vit qu'il était bel et bien éveillé pour le serrer dans une brusque accolade qui arracha une grimace de douleur à Newt encore affaibli mais qui y répondit avec plaisir, trop heureux lui aussi de retrouver son ami.
Gally quant à lui observa la scène et s'arrêta à quelques mètres du lit, patientant le temps que Minho ait fini ses effusions d'affection. Quand l'ancien maton des coureurs se détacha enfin de leur ami, Gally lui adressa un franc sourire avant de lui balancer un « Content de te revoir, Blondie » empreint de sincérité et auquel l'autre répondit par un idem sourire.
Après que Vince accompagné de deux autres hommes soit venu examiner Newt, ils conclurent que le garçon était définitivement guéri mais qu'il avait besoin de repos pour ne pas trop brusquer son corps, ce à quoi ses amis acquiescèrent sans hésitation. Aussi le chef des rebelles ordonna-t-il de laisser le blond respirer et profiter de la nuit qui commençait à tomber.
Tandis que les adolescents quittaient un à un la tente en souhaitant une bonne nuit à leur ami et en lui exprimant une nouvelle fois à quel point ils étaient heureux de le revoir, ce fut au tour de Thomas de saluer l'ancien second.
« Repose-toi bien et…si tu as besoin de quoi que ce soit, je ne serai pas loin » l'informa le brun en posant une main chaleureuse sur l'épaule de son Newt.
Alors qu'il prenait la même direction que ses amis vers l'extérieur de l'abri, Thomas sentit une main l'attraper pour venir se resserrer autour de son poignet. Interpellé, il se retourna vivement pour constater de la main de son meilleur ami autour de son bras, le tirant légèrement vers lui tandis que ses yeux fixaient la couverture qui surmontait le lit.
« Tommy, tu peux…rester avec moi ? » murmura l'aîné en inspirant pour tenter de calmer la rougeur qui gagnait son visage sous l'émotion de sa demande.
Hébété, le brun demeura stoïque une minute ne s'attendant pas à une telle initiative de la part de son meilleur ami avant d'être ramené à la réalité quand l'autre reprit la parole en lâchant son poignet :
« Si tu veux pas c'est pas grave hein…c'est pas une obligation » tenta-t-il d'articuler, inquiet devant le mutisme qu'affichait le plus jeune.
Ce dernier s'empressa de tourner la tête de manière négative, reprenant ses esprits quand Newt laissa échapper un soupir de soulagement face à la réponse de Thomas. Le brun s'installa alors sur la chaise sur laquelle il avait passé ces derniers jours cherchant une position confortable pour s'endormir.
L'ancien second n'osa pas demander à son ami de venir le rejoindre dans le lit, de peur que cela ne mette ce dernier mal à l'aise. Il laissa néanmoins sa main se rapprocher du côté où se trouvait son cadet tandis que lui s'allongeait doucement sur le côté, épuisé par toutes les émotions de la journée. Sans un mot, le brun vint prendre la main offerte de son meilleur ami pour entrelacer leurs doigts, s'apercevant avec amusement que l'autre dormait déjà, sans doute éreinté par les diverses révélations qui lui avaient été faites. Thomas profita du sommeil du blond pour détailler avec admiration les traits fins de son visage angélique avant de fermer les yeux à son tour pour s'abandonner à un sommeil léger.
A peine quelques heures plus tard, Thomas fut réveillé par des cris provenant du lit dans lequel dormait Newt. Il vit le jeune homme se tordre dans son sommeil semblant se débattre avec force contre un adversaire sans pitié. Des gouttes de sueurs perlaient sur son front tandis que des « Non » plaintifs et douloureux s'échappaient de ses lèvres sèches. Inquiet pour son ami, Thomas se rapprocha de l'endormi pour venir s'asseoir sur le lit comme à son habitude et le secouer délicatement afin qu'il s'éveille de ce mauvais rêve. Il ne voulait pas que les heures de sommeil déjà courtes de Newt soient perturbées par des cauchemars non désirés et il entreprit d'accompagner ses secousses de légères caresses sur le visage de son meilleur ami pour contribuer à son réveil. Newt ouvrit enfin les yeux et amorça un mouvement de recul face à la silhouette qui se tenait au-dessus de lui, visiblement encore sous l'emprise de son cauchemar.
« Newt, c'est moi, Thomas » chuchota le brun pour le rassurer et arracher Newt à son pénible inconscient.
Le jeune homme plissa les yeux pour s'assurer de l'identité de son interlocuteur avant de lâcher une expiration de soulagement.
« Tu as fait un cauchemar », reprit le plus jeune en prenant la main de son aîné entre les deux siennes.
Newt acquiesça à la remarque de son ami, appréciant le contact rassurant de leurs mains entremêlés et retrouvant l'habitude de caler sa respiration sur celle de son homologue pour apaiser sa crainte. Il se frotta les yeux pour retrouver l'atmosphère apaisante de la tente avant d'essuyer d'un geste de la main son front humide de sueur.
« Tu veux m'en parler ? » demanda timidement le brun, incertain quant à la réception de sa question.
L'interrogé plongea son regard dans les pupilles ambrées qui l'observait avec inquiétude, hésitant quant à la réponse qu'il devait donner. Parler de son cauchemar signifierait parler de l'enfer qu'il avait vécu au bloc et qui le torturait chaque nuit en rêve, l'obligeant à revivre son passé douloureux comme dans une boucle infernale et il ne voulait pas mêler Thomas à ça. Néanmoins, il sentait également l'affligeant besoin de se libérer de poids qui pesait sur son sommeil et sur son quotidien, et il n'y a que Thomas qui le faisait se sentir suffisamment confiant pour en parler sans être envahi par la peur. Celui-ci continuait de le regarder, sans un mot, attendant patiemment que le blond ait pris sa décision et continuant d'effectuer ses caresses si apaisantes aux yeux du plus vieux. Newt inspira profondément comme si chaque molécule d'oxygène lui permettait d'accumuler un peu plus de courage avant de se lancer :
« Tu te rappelles…de Ben ? » commença-t-il en baissant la tête. « Eh bien…environ deux semaines avant que tu n'arrives et qu'il se fasse piquer, son comportement avec moi… a changé » poursuivit le blond sans attendre la réponse à sa question. Il était évident que Thomas se souvenait de l'homme qui avait cherché à le tuer un jour à peine après son arrivée en répétant que tout était sa faute et qu'il l'avait vu.
La respiration de Thomas se stoppa aux mots du blond et il sentit un désagréable sentiment naître dans ses entrailles comme s'il devinait déjà la suite du récit du blond. Il se mordit la lèvre pour ne pas l'interrompre, jugeant que cela déstabiliserait son ami et préférant le laisser poursuivre à son rythme la narration qu'il avait entreprise. Le seul geste qu'il accomplit fut de se rapprocher un peu plus de son aîné, permettant à leurs épaules de se frôler pour lui témoigner de tout son soutien.
Conforté par ce contact, l'épaule de Newt vint inconsciemment se coller un peu plus à sa jumelle avant de reprendre son récit d'une voix plus calme mais aussi plus basse :
« Ça a commencé par des mains baladeuses, que j'esquivais autant que faire se peut en demeurant près d'Alby ou Gally dans la journée. Je me disais que s'il voyait que je fuyais, il arrêterait et redeviendrait normal. Seulement, il a continué à m'imposer ses caresses puis ça été des baisers forcés jusqu'à ce que ça ne lui suffise plus et… » Newt ferma les yeux sous la peine que lui faisait revivre ses paroles tandis que des larmes vinrent mouiller son visage. Il haletait comme s'il se retrouvait des mois en arrière pris à nouveau au piège avec un homme qu'il ne désire pas et qui le contraint malgré ses supplications.
Thomas sentit la nausée monter en lui aux paroles de son meilleur ami dont il devinait sans peine la signification. Il serra les poings pour ne pas exploser sous l'ardente colère qui l'envahit en apprenant que quelqu'un avait posé les mains sur Newt sans y avoir été invité. Devant l'état de panique dans lequel se trouvait son camarade, le plus jeune parvint à contrôler son ire, conforté par la certitude que ce connard ne serait plus jamais en mesure de poser ne serait-ce que l'ombre d'un doigt sur son aîné. Il passa un bras autour des épaules frêles et tremblantes de ce dernier pour l'attirer un peu plus contre lui, calant sa tête contre son torse et lui murmurant des « Chut » pour lui témoigner qu'il avait compris et que l'autre n'avait pas à s'infliger la torture d'achever sa phrase.
Newt se blottit contre le corps musclé de son meilleur ami, y cherchant tout le réconfort que lui avait refusé le poids de sa culpabilité durant ces longues semaines de torture. Il avait tellement honte de ce que le coureur lui avait fait subir et il se sentait coupable d'avoir invité un contact qu'il n'avait jamais souhaité. Le brun mit ses mains sur les épaules de son meilleur ami de manière à le détacher de son étreinte juste assez pour qu'il puisse prendre son visage en coupe, l'obligeant à le regarder dans les yeux :
« Ecoute-moi bien, chuchota Thomas, plus personne ne posera la main sur toi contre ton gré. Je te le promets. Je ne le permettrai pas. » insista-t-il pour affirmer ses propos.
Newt sentit une nouvelle vague d'émotions l'envahir tandis qu'il opinait du chef aux paroles du brun dans un geste de gratitude et toujours meurtri par le récit qu'il venait de faire. Il ne parvenait pas à se défaire de l'image effrayante de Ben le plaquant contre un arbre pour mieux le contrôler et le forcer à avoir un rapport non désiré. Il avait l'impression qu'il était toujours là, quelque part, attendant la meilleure opportunité pour reprendre ses douloureux assauts et Newt ferma les yeux avec d'autant plus de force quitte à se faire mal, pour ne pas se confronter à l'imposante carrure de son ancien ami qui se jetterait sur lui.
« Newt regarde-moi » reprit Thomas qui tenait toujours le visage de son meilleur ami entre ses deux mains tandis que l'autre répondait par la négative.
Il ne pouvait pas, il ne voulait pas affronter le regard de celui qu'il aimait après lui avoir fait de telles révélations, la honte et la peur qui le submergeaient étaient bien trop fortes pour lui permettre d'obéir à l'injonction du brun.
Soudain, ce fut comme si les pénibles émotions qui assaillaient Newt quelques secondes plus tôt s'étaient tûes d'un seul coup quand il sentit les lèvres de son meilleur ami venir appuyer contre les siennes. Un baiser doux, apaisant, comme celui que l'autre lui avait donné lors de leur mission pour sauver Minho. Cependant, cette fois, la bouche de Thomas ne se retira pas aussitôt et demeura contre celle du blond pendant plusieurs secondes, lui permettant de répondre avec plaisir au contact initié avant que le plus jeune ne se recule à nouveau. Newt écarquilla les yeux devant le geste de Thomas qui garda leurs mains enlacées avant de reprendre d'une voix suave :
« Ahh, enfin tu me regardes » soupira-t-il avec un léger rictus de soulagement.
Newt demeura figé devant son meilleur ami. Il aurait voulu comprendre son geste mais il ne se sentait pas apte à engager une nouvelle discussion maintenant. Tout ce dont il avait besoin c'était de sentir l'autre contre lui, qu'il le rassure et fasse taire tous les sentiments néfastes qui emplissaient son esprit. Alors, peu assuré, il se rapprocha de nouveau du brun pour venir à son tour poser ses lèvres contre les siennes. D'abord surpris, ce dernier resta à peine une seconde sans bouger avant de répondre au baiser en pressant un peu plus sa bouche contre celle de son meilleur ami. Le contact était indescriptible et déclenchait dans le ventre du blond des millions de fourmillements tandis que son corps semblait avide de plus de contact. Thomas répondit à sa demande et son bras vint entourer la hanche fine et délicate de Newt pour permettre à sa main de se poser sur le bas du dos du jeune homme, y exerçant une légère pression de manière à coller leurs deux bassins. Electrisé, Newt gémit contre les lèvres de Thomas qui quémanda alors l'entrée de la bouche de son meilleur ami en lui léchant avidement la lèvre inférieure. L'aîné obtempéra avec plaisir et entrouvrit la bouche afin que sa langue puisse entrer en contact avec sa jumelle. Cette dernière vint caresser celle qu'elle avait tant désiré avant d'entamer avec elle un ballet des plus agréables pour les deux jeunes garçons. La main de Newt se perdit alors dans les cheveux de jais de son partenaire tandis que l'autre se glissa sous son tee-shirt, arrachant à Thomas un soupir de plaisir.
A bout de souffle, les deux garçons se séparèrent, encore sous l'emprise de l'ardent désir qui avait guidé leur geste. Ce n'est qu'à cet instant que Newt réalisa avec stupeur son geste, craignant que la réaction du brun n'ait été mue que par une profonde pitié. Il avait embrassé Thomas. Mais comment avait-il pu oser faire ça ? Il ne lui pardonnerait jamais c'était évident. La panique s'empara à nouveau du jeune homme qui se mit à fouiller dans son esprit à la recherche d'une excuse valable pour son comportement. Pourtant rien ne lui vint et la conclusion de ses réflexions s'imposa à lui avec dureté : c'était fini, Thomas allait le détester. Et ça, Newt, n'était pas prêt à l'affronter, c'était trop douloureux. Encore plus douloureux que la torture que lui infligeait Ben au bloc. Trop faible physiquement pour prendre la fuite, le blond opta pour la seconde option qui s'était présentée à lui pour ne pas affronter son meilleur ami. Aussi décida-t-il de garder les yeux fermés, luttant pour apaiser sa respiration encore saccadée par l'échange brûlant et pour donner l'illusion qu'il s'était finalement endormi.
Thomas tenta de reprendre ses esprits ne sachant pas comment agir avec son meilleur ami. Le contact que l'autre avait initié avait dépassé toutes ses espérances et il n'osait croire ce qu'il venait de se passer : Newt l'avait embrassé. C'était plus qu'il n'avait jamais osé imaginer mais il craignait que son aîné eût seulement besoin de se sentir rassuré et qu'il ne se soit raccroché pour ça à la personne la plus proche, à savoir lui-même.
Bien qu'inquiet, Thomas semblait déterminé à clarifier la situation avec son meilleur ami quelle que soit la douleur que supposerait sa réponse. Il prit alors une profonde inspiration avant de rouvrir les yeux pour affronter les orbes clairs de l'ancien second. Cependant, il vit sa détermination retomber lourdement lorsqu'il se confronta à deux paupières fermées qui témoignaient du fait que Newt avait finalement été emporté par le sommeil. Visiblement condamné à ne pas obtenir de réponses, Thomas se convint qu'il valait mieux que le blond dorme seul pour éviter de perturber davantage son sommeil, se persuadant qu'il aviserait selon le comportement que ce dernier adopterait. Doucement il se sépara de la chaleur agréable du corps de Newt et se redressa pour quitter le lit et rejoindre la chaise qu'il avait quitté et qu'il prenait tant de déplaisir à retrouver pour une fin de nuit pleine d'interrogations.
Et voilà !
Pas mal de rebondissements pour notre petit couple, j'espère que vous avez apprécié leur petit moment à deux et que vous n'avez pas été trop déçus par la façon dont j'explique le rétablissement de Newt.
Petite Review ? =)
Je précise également qu'il ne reste plus que deux chapitres avant la fin de cette fiction et que le prochain chapitre, que je publierai normalement ce week-end, contiendra un lemon.
Voilà pour moi, je vous souhaite une bonne fin de semaine !
