Hey !

Bon ok, avant de me faire engueuler par les dragonites enragés, sachez que je suis réellement désolée de ce retard. :/ Je promets de bosser plus intensément les prochains chapitres. De toutes les façons, je ne vais pas vous abandonnez et vous laissez sans suite, non ! Non ! Non ! Alors, voilà la suite ! Si vous aimez les p'tites bagarres... Les querelles... Les déceptions... Mais l'amitié... Vous allez aimer ce chapitre.

J'ai dus enlevé quelques scènes qui ne collaient pas avec celui-ci donc ne soyez pas surpris de ne pas retrouver ce que je vous ai promis. :)

Je ne vais pas répondre aux reviews, car le temps est compté pour moi en ce moment, je pense que vous comprenez parfaitement. x) Prochainement vous aurez un tout nouveau One Shot spécial Hiccstrid drama/romance. Oui toujours drama. Si je me décide, il sera sûrement partagé en deux parties.

Vous aurez aussi la suite de "Reste" qui promet d'être OKEZFlqenmcjnzqflncze. Ettttt Dis-le moi arrivera sûrement en 2017.

Je vous remercierai jamais assez pour vos petits mots, vos reviews, vos MP et vos aides quotidiennes pour cette fanfiction, en particulier mes amours Emadurly. :)

Je vous aime.

D'ailleurs, je vois qu'Harold vous fait toujours aussi baver les filles... x) Je vous comprends parfaitement ! Je tenais à préciser qu'il ne faut pas que vous soyez étonner de son manque de charisme et de courage pour le moment. Je compte développer mes personnages et c'est d'ailleurs ce qui rendra Harold beaucoup plus badass. ^^

Ce chapitre va paraitre un p'tit peu sombre et très mal un moment, je tiens aussi à vous assurez que tous les prochains seront beaucoup plus droles et agréables à lire. Disons que celui-ci va permettre de changer certaines choses... :)

AH OUI ! Une question que l'on m'a posé aussi à propos des dragons... D'abord, ne vous étonnez pas si vous n'allez pas encore voir Krokmou ou Tempête apparaître dans les prochains chapitres. Ils finiront par pointer le bout d'leur nez mais comme je l'ai dis cette fanfiction va être très longue. Ils ont le temps de naitre de leur oeuf dans le Repère... Mais... Je peux vous donnez un p'tit indice sur le fait qu'on ne tardera pas à les voir d'ici 5/6 chapitres. (OUAIS BON OK C'ES BEAUCOUP)

Mais merci pour tout, vous êtes des anges. :) Je vous souhaite une bonne année et un très joyeux noël en avance !

Bonne lecture !

Bisous.

D.F.


Chapitre 6 : Première journée - Partie 2

Après leur première heure de cours, les Sentinelles durent se rendre à l'arène d'entrainement. D'après l'emploi du temps, ils avaient cours avec les Pèlerins de l'ombre ce qui ne les motivaient pas autant qu'ils l'auraient voulu… Néanmoins, ils avaient tout de même hâte de commencer leur première leçon d'entrainement avec Gueulefort ! En rang, ils avançaient dans la cours principale. Harold discutait avec Astrid et Emma tandis que Léanne sautillait telle une enfant devant eux. Ingrid avait croisé Margaux et marchait à présent avec elle, riant de la pèlerin maléfique qui s'était retrouvée à côté d'elle au cours précédent. Emma avait beau tenté de participer à leur conversation, elle remarquait bien l'admiration que semblait porter Harold à Astrid. Cela la fit sourire et elle se décida à s'éloigner alors discrètement pour rejoindre Léanne qui s'était mit à discuter avec Margaux et Ingrid à son grand étonnement.

« Alors, tu te mets à parler avec elle maintenant ? Sourit-elle en désignant Margaux.

- Non, elle est trop conne… Je parlais à Ingrid. »

Elles se sourirent mutuellement puis Léanne prit le bras de sa copine et lui murmura discrètement :

« Je la sens vraiment pas.

- Bah ! On dirait qu'elle essaye de faire passer une fausse image d'elle ! Elle nous adresse la parole comme si nous étions ses amis alors que la veille elle s'acharnait sur toi comme une peste.

- Il vaut mieux ne pas faire attention à elle pour le moment… »

Autour d'eux, les Pèlerins semblaient vouloir s'imposer et doublaient les Sentinelles en leur lançant des insultes et des menaces peu accueillantes. À voir leur allure de fou, leurs vêtements froissés, mis dans tous les sens et leurs airs de supériorité, tout montrait qu'ils étaient incapables de rester tranquille.

Arrivés à l'arène, la plupart des Pèlerins et les quelques Sentinelles rebelles se mirent à courir au milieu en tournant sur eux-mêmes. Harold se sentit mal à l'aise. Il avait un doute extrême sur ce qui allait suivre… Et un mauvais pressentiment.

« Tu sais de quoi j'ai hâte ? De prendre une arme et de les éclater ces imbéciles. Grogna Astrid.

- Ah… Ah… Ahah… Oui… Moi aussi…

-Tu t'es déjà battu ?

- Moi ?

- Non non pas toi non… Mais oui andouille ! T'as déjà tenu une arme ? »

Harold s'apprêtait à ouvrir la bouche mais il ne souhaitait nullement dire de mensonges et s'afficher honteusement devant toute la cours après.

« Je ne te jugerais pas Harold. Jamais. Sourit la blonde, en voyant son air assez gêné.

- Non… »

Elle se mit à sourire et lui adressa un regard confiant.

« T'inquiète pas, tu dois pas être le seul, tu apprendras ! Ta mère ne t'a jamais appris ? La mienne y avait consacré une partie de sa vie. »

Mais le silence lui permit de poursuivre la question et Harold fut incapable de répondre. Le visage de Valka lui était revenu en mémoire et c'était le plus terrible des souvenirs. Il secoua alors la tête et la baissa dans un autre silence éprouvant.

Au même moment, Gueulefort, le professeur, arriva. Toujours appuyé sur sa jambe de bois, il boîta d'un air hautain jusqu'à ce qu'il soit au centre de l'arène puis il se tourna vers les élèves. Ou du moins, il essaya car les Pèlerins et les quelques Sentinelles étaient éparpillés et incapable de se tenir.

« Aller, jeunes gens ! Mettez-vous en face de moi ! »

Il avait un accent des terres du Nord très prononcé. Les élèves s'exécutèrent, la plupart en riant mais lorsque toute la troupe fut prête, Gueulefort se mit à constater.

« Hmmmm… Il est vraiment temps que vous alliez dans la rue des Lumières. Je ne crois pas que des jeans et les pulls en laines soient vraiment adaptés pour un cours comme celui-ci. Et… Oh ! Et vous Miss ! Je peux savoir qu'elle idée…

- Je… J'a… J'avais pas… Je savais pas qu'on…

- « Entrainement dragons » veut tout dire non ? Mettez-vous en tête que cette école n'est pas une place de bal alors les robes je ne veux plus en voir. Votre cher ami le Pèlerin à l'opposé se contentera de vos futures tenues masculines qu'il le veuille ou non, hum. »

La jeune sentinelle serra le bas de sa robe noir de velours fort de honte, le visage rouge comme une pivoine et elle se cacha derrière ses cheveux auburn tandis que le fameux garçon Pèlerin en face haussait les sourcils d'un air moqueur.

« Parce qu'elle s'imaginait que j'allais la regarder peut-être ? AH ! Idiote d'enflammée…

- Jeune homme.

- Huh ?

- Votre nom ?

- Kyle.

- Kyle… Ayez un peu de respect pour la demoiselle. »

Le Pèlerin sourit et adressa une excuse peu crédible à la sentinelle. Les autres filles pouvaient très bien se contenter de l'observer discrètement car en effet, c'était un vrai canon. Des yeux bleus perçants et des cheveux noirs comme le charbon… Il avait l'allure d'un homme raffiné et d'une très grande classe avec son long manteau bleu foncé orné de boutons d'or.

« En vue de votre tenue peu exigible, nous n'allons pas attaquer la véritable leçon. Aujourd'hui, je vais tâcher de vous évaluez pour pouvoir vous classez dans différents groupes de compétences. Pour cela, vous allez passer deux par deux –selon mon choix- et vous vous battrez jusqu'à ce que l'adversaire soit à terre.

- Il va y avoir du sang. Sourit Tanguy à Marty rêveusement.

- Cela m'étonnerait beaucoup dragonnier, vous allez utiliser des armes en bois.

- En bois ?! Huh ! Comment voulez-vous qu'on apprenne sur le tas ? Répliqua un sentinelle.

- Ah ! Regardez l'enflammé qui essaye de faire le p'tit rebelle…

- HÉ ! Ne commencez pas à vous chamaillez ! … Utiliser des armes en bois est un bon début pour apprendre à vous défendre car contrairement à ce que vous semblez penser, tout le monde ne sait pas se battre dans cette arène, voir n'a jamais tenu une arme ! Je vous pris donc de ne pas forcer et d'y aller doucement. »

Harold tourna son regard vers Astrid à sa gauche mais elle semblait totalement prise dans ses pensées et n'arrêtait pas de fixer Kyle d'un air mauvais. Margaux s'était mise à l'écart, seule, tandis que Ingrid était aux côtés d'Emma et Léanne.

« Je vais me faire laminer. Soupira Emma

- Bon, nous allons pouvoir commencer, des questions ? »

Personne ne cilla.

« Bonne nouvelle alors. Allez tous dans l'armurerie chercher une armure en fer et une épée en BOIS. Et dépêchez-vous ! Le vieux Gueulefort n'a pas son temps, héhé. »

Avec envie et excitation, les élèves coururent vers l'armurerie au fond de l'arène. Le groupe d'Harold resta en retrait et tâcha de rentrer en dernier.

« Alors la vieille, tu t'es préparé à manger le sol ? »

Mais Margaux ne répondit pas à la mauvaise blague de Tanguy et ressortir première de la pièce. Une fois que tout le monde fut prêt, ils se repostèrent au même endroit, attendant les instructions.

« Vous allez tous vous placez contre le mur en attendant que je vous appelle. Des absents ?

- Non. Répondirent quelques élèves.

- Bien, commençons ! »

Ils allèrent dans le fond de l'arène tandis que Gueulefort sortait un morceau de parchemin de son gilet de fourrure.

« Luna Edinson ? Viggo Grimborn ? »

Les deux élèves se présentèrent. Luna était jeune fille métisse très jolie, avec un visage d'ange singulier qui se distinguait des autres et lui donnait un air très intelligent. Viggo Grimborn lui, semblait très particulier pour un Pèlerin. Tout d'abord, il ne parlait pas ; ensuite, il paraissait ennuyé par sa classe. Il paraissait extrêmement mature et intelligent. Le dos bien droit, les mains dans le dos, il semblait être un des seuls à être bien habillé pour le combat comme l'aurait souhaité Gueulefort. Il suffisait de remarquer le regard de certaine et en particulier celui d'Ingrid pour voir qu'il avait un certain charme.

« Avancez-vous au centre de l'arène et inclinez-vous légèrement pour saluer. Je compterai jusqu'à trois… Et… Le combat pourra commencer.

- Pas de règles ? Demanda Luna.

- Pas de règles. Vous avez carte blanche. Allez-y juste doucement. Vos erreurs seront travailler au prochain cours. »

Avec une certaine hésitation, Luna s'avança alors vers le centre de l'arène où Viggo l'attendait déjà, sans le moindre sourire. Elle se mit en face et lorsqu'ils sentirent le moment, ils s'inclinèrent doucement. La jeune fille semblait terrifiée, incapable de savoir par quoi commencer.

« 1 ! »

Viggo commença à se mettre en position, elle fit donc de même.

« 2 ! »

Sa main tenant l'épée, semblait trembler doucement tandis qu'elle essayait de se concentrer.

« Ne t'inquiète pas. Ça va aller. Lui dit tout à coup Viggo avec un sourire.

- 3 ! »

Aucun des deux ne firent le premier pas. Ils continuaient de se regarder, Viggo, d'un calme reposant et Luna d'un air peu rassuré.

« Je te laisse attaquer la première. Vas-y. »

Mais elle n'osait pas. Elle avait peur que ce soit un coup monté et qu'il lui face mal en retour.

« Je ne te ferai pas mal. » Lui sourit-il toujours en s'inclinant d'un air galant.

Luna souffla alors un bon coup et sautilla sur place pour se donner du courage. Quand l'instant lui vint, elle s'élança vers Viggo en brandissant son épée. Elle donna un coup vers l'armure mais Viggo intercepta le coup et contre attaqua en la frappant au même endroit. Elle poussa un cri de surprise et recula. L'adrénaline semblait l'avoir atteint d'un coup, prête à se montrer plus forte que jamais.

« Il faut que tu bouges plus et que tes coups soient plus vifs, réessaye Luna. » Annonça Gueulefort.

Elle réattaqua avec plus de force ce qui lui permit de toucher Viggo au thorax. Lorsqu'elle vit le résultat, elle afficha un grand sourire. Puis, Viggo en afficha un aussi. Il eut un sacré silence pesant avant que Viggo ne vienne l'attaquer avec puissance. Il enchaîna les coups d'épée sur son armure, en grognant de rage tandis qu'elle criait, incapable de contre attaquer. Au final, il lui asséna un dernier coup qui l'a fit tomber au sol telle une pauvre perdante. Gueulefort arriva alors au moment où Viggo l'aida à se relever avec sympathie.

« Ça va aller ?

- Oui merci. »

Et comme un fantôme, il partit dans les rangs sans rien faire de plus.

« On travaillera ta maîtrise et ton équilibre, il faudra que tu t'entraines souvent. On verra ça la prochaine fois… Viggo… Hum.. (Il écrit sur le parchemin) Je vais demander à Astrid et Rustik de venir prendre place. »

Les deux jeunes gens en question s'exécutèrent sans répliquer. Ils se mirent en position, se saluèrent, et attendirent le signal. Astrid se permit de regarder Harold au loin qui paraissait inquiet à l'idée de la voir se battre contre ce Pèlerin qui semblait une brute.

« Alors, ma belle ? T'es prête à te recevoir mon épée ? »

Débile. Ajoutons débile.

« Sois pas timide, tu vas voir, je peux te laisser gagner si tu veux.

- 1 ! »

Mais Astrid ne répondait pas. Elle se concentrait et inspirait de grandes bouffées d'air pour se doser. Lorsque le temps imparti écoula, elle se décida à laisser Rustik attaquer le premier.

« Alors, tu as peur ? » Dit-il.

Son visage n'afficha aucune expression. A la place, elle le provoqua et l'incita avec son index à s'approcher pour qu'il attaque.

« Ah… Vraiment ? Je voudrai pas t'abimer, c'est que tu es plutôt bien foutue ce serait bête.

- Rustik, surveille ton langage ! Intervint Gueulefort.

- Sûr Poupée ? »

Elle ne répondit toujours rien et resta neutre d'émotion. Rustik ricana alors puis il s'avança à pas lent en faisant tournoyer bizarrement son arme. Arrivé suffisamment proche, il posa la lame en bois de son épée sur la poitrine d'Astrid. Celle-ci esquissa alors un sourire qu'on put croire de pure sympathie… Si seulement elle ne l'avait pas cogné au niveau du cou suffisamment fort pour qu'il se mette à suffoquer quelques secondes. La jeune blonde fit une roulade sur le côté et pointa à son tour son épée vers lui. Lorsque Rustik reprit suffisamment ses esprits, il fonça en hurlant vers Astrid, son épée brandit. Elle esquiva avec facilité et sans utiliser son arme, elle lui asséna de nombreux coups de poings dans le visage et dans les côtes. Elle ne semblait même pas ressentir la douleur que devait lui procurer l'armure sur ses phalanges. À la vue de sa technique et sa souplesse au combat, de nombreux élèves avaient fini la bouche entrouverte. Même Gueulefort, semblait ébahi à en oublier l'état de ce pauvre Rustik qui commençait à souffrir un peu.

« Arrête ça ! » Cria t-il.

Il balança son arme verticalement autour de lui mais encore une fois, la blonde ne fut pas touchée grâce à sa nouvelle roulade au sol. Pour finir, elle arriva derrière lui et elle lui donna un coup de pied dans le dos qui ne put épargner au Jorgenson la défaite. Des applaudissements se firent entendre parmi la foule des Sentinelles et même les Pèlerins étaient bien obligés d'assumer qu'Astrid était bonne au combat.

« Je déteste les dépravés arrogants. » Dit-elle entre ses dents avant de balancer une dernière fois sa jambe dans le corps de Rustik qui roulait par terre comme une larve innocente…

Les prochains furent Marty et Harold. Notre cher ami le brun avait tenté de se faire le plus petit possible pour que Gueulefort le croit absent ou sourd, ou malade, ou… Non. Il ne voulait vraiment pas se faire humilier par ce gothique fou. Mais il était impossible de faire demi-tour, donc, il prit son temps pour avancer au milieu de l'arène tandis que Marty attendait en riant au loin avec Tanguy et en lançant quelques clins d'œil aux filles alentours qui semblaient plus effrayées que charmées. Arrivé en face de l'effrayant Pèlerin, Harold le fixa avec presque supplication. Il faut se le dire, il n'avait vraiment pas envie de finir en charpie. Il pensait sincèrement que les entrainements débuteraient dès le début, pas qu'ils seraient tous évalués !

« J'peux pas avoir un VRAI adversaire ? Demanda t-il au professeur d'un air ronchon.

- Tu as un adversaire devant toi. »

Marty jaugea Harold de haut en bas.

« Franchement mon pauvre bichon, je vois pas pourquoi tu parles avec ce morpion, il est ridicule. »

Astrid serra les poings sans rien dire tandis que Léanne et Emma, observaient Tanguy qui rigolait comme un imbécile de focus. Lorsque Gueulefort donna le départ, Marty n'hésita pas à tout donner dès le début. Ainsi, Harold n'eut pas le temps d'en frapper une. En fait, il ne frappa pas tout court, car il avait fini au sol direct. C'était même à se demander s'il ne s'y était pas jeté. Mais ça se comprit très vite, car Marty s'était mit à s'acharner sur lui comme un psychopathe sans cœur. Il assénait coups sur coups, et pas que sur l'armure tandis qu'Harold, en boule, tentait tant bien que mal de se défendre sans que personne n'intervienne.

« MARTY ! ARRÊTEZ ÇA !

- Trop nul ! Je veux un meilleur adversaire ! »

Il donna un coup de pied dans le dos de notre futur dragonnier qui poussa alors un cri de douleur. Astrid et les amis qui l'entouraient voyaient rouge au plus profond d'eux. Ils savaient qu'Harold n'avait aucun apprentissage au combat mais ils ne s'attendaient vraiment pas à ce que quelqu'un comme Marty finisse contre lui. Gueulefort arriva en accourant pour stopper Marty, il le frappa violemment au crane avec sa main-massue puis il le poussa en avant.

« Bureau du directeur. Tout de suite ! Vous réussissez parfaitement votre premier jour ! »

Marty jeta rageusement son arme et son armure, puis il partit en marmonnant des injures violentes.

« Je vous conseille de… LA DIRECTION EST À L'OPPOSÉ. Ça ne sert à rien de faire comme si ! Mr Wester nous observe déjà Bodron Inutile ! »

Le moustachu aida alors Harold à se relever qui semblait plutôt bien s'en sortir pour ce qu'il avait reçu.

« Et bien mon pauvre garçon, comment allez-vous ?

- Je… Ça va. »

Il avait une entaille à la joue mais ses blessures semblaient plus l'avoir atteint au corps où l'armure était disposée, fort heureusement pour lui.

Après ce lourd combat durant lequel il n'eut pas le temps de faire grand chose, il rejoindra ses amis alors que les élèves –seulement les Sentinelles évidemment- lui disait quelques mots de gentillesse.

« Tanguy Astora ? »

Le diable noir fut jugé par la moitié des élèves. D'un sourire endiablé, il s'élança au milieu de l'arène. Il était bien connu que lui et son meilleur ami étaient incapables d'être véritablement gentils avec qui que ce soit. Les règles étaient libres mais en aucun droit une violence pareille n'aurait dut être permise.

« Je vais aller lui effacer ce sourire à cet espèce de…

- Laisse-tomber Astrid, j'y vais. »

Léanne lui adressa alors un regard confiant. Gueulefort fut surprit de voir une volontaire et marqua alors une croix pour le signifier. Astrid voulu arrêter la rousse, elle se doutait qu'elle ne savait pas se battre ! Venger Harold ne servirait à rien, ça allait surtout lui causer plus de mal si Tanguy se mettait à faire comme son meilleur ami. Léanne serra son arme au creux de ses doigts et bouscula quelques élèves devant elle pour passer et s'avancer au milieu de l'arène. Tanguy la regarda, toujours ce grand sourire d'incapable sur son visage tandis que la jeune femme marchait lentement, le regard tendu vers lui. Il semblait perdre peu à peu ce sourire de sadique à mesure qu'il la voyait s'approcher… Elle s'arrêta alors face à lui et ne le lâcha pas du regard.

« Oh… Une jolie rouquine. Il me semblait bien que c'était toi la dernière fois… Tu sembles prendre plaisir à défendre l'avorton.

- L'avorton comme tu dis, commençait tout juste à t'apprécier, c'est dommage, tu te retrouves à nouveau seul.

- J'ai l'habitude ma chère. »

Il s'efforça de sourire mais manque de bol pour lui, Léanne remarquait parfaitement que c'était faussement joué. Elle ne dit rien et sourit discrètement.

« Tu ne dis rien ? Tu as peur ?

- Peur ? Peur de qui ? D'un pauvre homme qui a besoin d'un petit chien pour se sentir supérieur ?

- Je t'interdis de parler de Marty comme ça…

- C'est beau l'amour. Vous sortez d'où tous les deux pour vous permettre de rabaisser les plus vulnérables que vous ? M'enfin, il suffit de voir vos gueules pour le savoir… »

Le regard noir, Tanguy fut incapable de bouger. Habituellement, il l'aurait sûrement déjà foutu au sol, il l'aurait tabassé et rabaissé comme une idiote… Mais que se passait-il alors ? Était-il intimidé par ce regard gris qui pour la première fois ne semblait pas vouloir le fuir, lui, le diable noir ?

« Tu ferais mieux de te taire la rouquine, ou tu risques d'avoir de sacrés soucis…

- Voyez-vous ça.

- Fais pas la maline avec moi.

- Le combat est censé avoir commencé ! S'énerva Gueulefort.

- Personne ne touche à mes amis.

- Hin ! Des amis que tu connais depuis hier !

- En effet, et alors ? En quoi ça te pose soucis ? Dois-je te rappeler que toi, à part ton toutou gothique tu n'as personne ? »

Cette fois-ci pour lui ce fut trop. Il accourut rapidement vers elle et l'attaqua si rapidement que la plupart des élèves avaient fermé les yeux par peur qu'elle se fasse couper en deux par autant de force. Mais. Il y a un mais. La jeune rousse venait de l'arrêter. De côté, son épée bloquait son coup, leurs bras tremblaient sous la pression. Tanguy, qui avait tout de même plus de force que Léanne, la fit perdre l'équilibre.

« Je t'ai dis… De ne pas parler de lui comme ça. »

Mais c'est elle qui attaqua. Son épée frappa son armure. Il grogna et tenta de la contre-attaquer, rageant à chaque coup donné. Elle esquiva de nombreuses fois les dents serrées et le touchait chaque fois qu'il la manquait. C'est qu'elle savait se battre au final ! Mais après un certain nombre de temps à échanger des coups dans le vide, il péta un câble et il la frappa si fort qu'elle tomba au sol, son épée glissant au loin.

« Faut pas me chercher. Retiens ça, sale rousse.

- Le combat est terminé ! » Cria Gueulefort, par peur qu'un autre carnage éclate.

Seulement, avec grande évidence, Tanguy se permit d'assener un dernier coup de pied dans les côtés de la jeune femme qui cria sur le coup.

« TANGUY TU RETOURNES À TA PLACE.

- P'tite nature. » Souffla-t-il.

Et il fit demi-tour d'un pas lent presque crâneur en adressant un regard souriant au pèlerins. Néanmoins, il ne la vit pas se relever et le tirer en arrière. Il se retourna pour se défendre mais Léanne lui envoya si violemment son poing à la tronche qu'il lâcha son arme, ses mains se joignant automatiquement autour de sa bouche tandis que des cris s'élevaient autour d'eux.

« OOOOOOOOHHHHHH !

- Et moi je te le redis, on ne touche pas à mes amis. Retiens ça. »

Puis sans rien ajouter de plus, elle rejoignit les rangs en adressant un sourire forcé à Gueulefort qui semblait presque heureux de cette scène.

« Tanguy, relevez-vous et arrêtez de jouer la victime. »

Le jeune homme s'exécuta et enleva ses mains mais tout à coup, des acclamations se reproduisirent et Léanne se mit à rougir et à rire de satisfaction en voyant que son nez pissait le sang.

« Tu vas me le payer ! »

Mais pourtant, il ne fit rien et continua de la regarder, l'air ahuri. En vérité, personne n'avait jamais osé lui faire ça, il faut bien avouer que c'était la première fois. Il avait toujours effrayé les gens. C'était une nature pour laquelle il s'était habitué…

« Tu veux que je m'en occupe peut-être ? Se moquait Margaux lorsqu'il l'avait rejoint.

- Laisse tomber connasse.

- Elle t'a défoncé le nez mec !

- Et alors, j'l'ai cherché. Faut bien le dire…

- Tu te fou de moi ? –Elle explosa de rire- Elle t'a déraille le cerveau ou quoi ? »

oOo

Les deux heures d'Entrainements dragons furent très vite passées. Au final, Emma avait combattu contre le colocataire d'Harold, Dany Harris, et avec chance, elle était parvenue à le mettre à terre (en vérité, ils avaient lâché leur armes comme des enfants pour venir se battre à coups de morsures et de coups.). Margaux, elle, s'était retrouvée contre Ingrid qui s'était portée volontaire pour passer avec elle. Margaux avait gagné, selon elle, sous un effet de pure force qui paru une évidence pour Ingrid qui avait chuchoté aux autres qu'elle l'avait laissée gagner ce qui n'échappa pas à Astrid qui la connaissait que trop bien.

Les Sentinelles avaient une heure de pause tandis que les pèlerins avaient cours de Mythes et Légendes dragonesque comme leurs ennemis rouges le matin même. Il se trouvait que d'ailleurs, tout comme eux, les Lumières et les Aliénés aient une heure de trou. Sous un grand soleil merveilleux, ils se rejoignirent donc tous dans la cours principale sous un chêne merveilleux qui dominait l'étendue d'herbe.

« Tu l'as tellement éclatée Astrid ! C'était à mourir ! S'exclama Léanne.

- Il était dans mon wagon… C'est d'ailleurs là que j'ai connu Margaux et Tanguy. À peine rentré, il nous a fait du rentre-dedans. Dit Ingrid.

- Ça va Harold ? Demanda Astrid.

- Oui. Je crois.

- Huuuuuum… Naaaaa ça a pas l'air !

- Emma arrête de manger ! Donne-moi le paquet !

- N'y pense pas la rousse ! Je sais très bien que tu veux m'en piquer !

- Harold ? » Réappela Astrid.

Adossé contre le tronc de l'arbre, Harold fixait le vide en caressant discrètement l'écorce derrière lui.

« Rien. Je suis vraiment nul c'est tout.

- Arrête ! Tu as vu contre qui t'es tombé ? Ce p'tit con aurait tué n'importe qui ! Oublie et fais comme moi : MANGE.

- La nourriture ne règle pas tout Emma ! Rigola Ingrid.

- Je réfute cette hypothèse. La nourriture règle tout ! Donne-lui en ma grosse. » Intervint Léanne.

Emma tendit le paquet à Harold avec un grand sourire. Il prit un caramel et esquissa un sourire de remerciement. Astrid s'approcha alors de lui, à genoux puis elle caressa la petite plaie sur sa joue. Il se mit alors à rougir fortement.

« Tu devrais désinfecter ça.

- Je vais y penser… »

Quelques instants plus tard, alors que Emma s'était endormie comme un goinfre et qu'Ingrid et Léanne parlaient de leurs cours, Varek et Lucy les rejoignit, un tas de livres dans leurs bras.

« Ahhhhhh ! Regardez ce que nous a donné notre professeur de Dragologie !

- Oh non… »

Ils laissèrent tomber les livres au milieu du groupe et s'assirent en tailleur.

« Olouloulou ! C'était tellement bien ! S'exclama Lucy.

- Oui ! Si vous saviez toutes les espèces de dragons et de plantes qui existent sur l'île ! Attendez c'est noté… Hum… Tome 3 de Vivre à l'état sauvage... LÀ ! Page 79 ! « Le tramultus a besoin de… »

- Hey ! Harold, qu'as-tu à la joue ? Ça va ? » Le coupa Lucy.

Ils racontèrent alors leur cours d'entrainement mouvementé avec les pèlerins.

« Mais quels bandes de rats ! C'est inhumain !

- Heureusement que les classes ont été répartis Lucy.

- Mais Mr Wester devait bien se douter que Sentinelle et Pèlerin ça collerait pas ! Il suffit de connaître le passé des maisons !

- Je ne pense pas qu'il avait le choix, il faut bien répartir les matières. Dit Astrid.

- D'ailleurs j'ai hâte d'être ce soir ! Sourit Léanne.

- Qu'on aille acheter nos sacs… Soupira Varek en regardant ses livres.

- Nos fringues !

- Nos livres !

- Nos décorations de chambres !

- Et d'ailleurs… Quand est-ce qu'on a notre dragon ?

- Mr Wester l'a dit hier soir Ingrid.

- Il faut attendre la fin de la première année pour voir si on est apte à l'avoir tout de suite. Expliqua Harold.

- C'est long !

- On peut l'avoir avant aussi !

- Ça m'étonnerait Lucy.

- Si Astrid ! C'est marqué…

- Dans les livres de Pendragon. » Acheva Harold.

Ils se sourirent tous les deux.

« Comment peut-on avoir un dragon avant tout le monde ?

- Il y a un rapport avec les prophéties et les effets surnaturels…

- Mais ce n'est pas arrivé depuis trois siècles…

- Ce n'est peut-être qu'une fausse légende après tout…

- Vous pouvez arrêter de compléter vos phrases c'est gênant. » Ria nerveusement Astrid.

Ou alors un effet de jalousie, qui sait.

« Désolée. Rougit Lucy.

- J'ai faaaaaaim !

- On ne mangera que ce soir Léanne.

- Merci de me le rappeler Varek ! On peut pas aller acheter ?

- Acheter ? On n'aura pas nos payes avant le deuxième trimestre !

- Encore un truc précisé dans les livres je suppose…

- Oui, continua Lucy.

- Une paye de combien ? Demanda avec envie Ingrid.

- Roooo l'autre ! Rigola Astrid.

- Ça dépend des tâches effectuées.

- Et du danger aussi.

- Je vais vraiment finir par lire ces bouquins.

- Tu devrais Astrid ! »

Le silence suivit. Ingrid s'allongea comme Emma et s'endormit peu de temps après. Astrid s'était posée contre Harold pour se reposer à son tour –ce qui le rendit extrêmement tendu, le pauvre- , Varek se mit à lire ses livres et Lucy sortit de sa veste, son petit carnet à dessin pour continuer le croquis d'un oisillon bleu et rouge.

Ils étaient loin de se connaître encore mais le peu de temps passé ensembles, ils étaient bien et le fait de voir qu'il n'était pas seul rendit Harold plus que joyeux et rassuré à l'idée de passer ses années ici.

L'après-midi passa en vitesse. Tout le monde eut option pendant deux heures. Ainsi, Léanne, Margaux, Lucy, Emma et Harold se retrouvèrent en Art Supérieur. Tanguy, Astrid et Ingrid n'eurent pas cours d'option suite à leur manque d'options facultatives et Varek se retrouva en soins médicinaux pour dragons. Il trouva à ses côtés les deux jumeaux déjantés qui apprenaient déjà à se faire connaître : Kognedur et Kranedur. Astrid et Ingrid se trouvèrent un coin tranquille pour être entre fille tandis que Tanguy alla chercher Marty qui sortait du bureau de Mr Wester dans la plus haute tour du château. Mais à vrai dire, il n'eut pas le temps de l'intercepter car il fut emmené par deux dragonniers si violemment qu'il ne put le voir. Marty se causait déjà beaucoup trop de problèmes pour un premier jour…

Leurs cours d'options passés, ils durent s'avouer à tous que leur spécialisation était surement le meilleur cours de Pendragon ! En art, il apprenait diverses techniques si particulières et merveilleusement magiques, que Lucy dut être poussée avec humour par Harold pour qu'elle sorte de la salle. En soins médicinaux, Varek leur raconta plus tard, qu'ils travaillaient les techniques de soins et examinaient des bébés dragons sortit de la couve ! À cette entente, Emma se hâta d'annoncer qu'elle avait plus qu'envie de voir ça au prochain cours d'option.

L'avant-dernière heure avant la sortie fut libre pour les élèves car les professeurs et Mr Wester pensaient qu'ils leur étaient nécessaires de se préparer. En effet, le panneau d'information avait annoncé de nouveau :

Chers élèves de première année,

Les bourses seront données à l'entrée de la rue des Lumières par le dragonancier.

Aussi, nous vous proposons de vous réunir ce soir même chez ''Dragonneau Nox'' pour partager un repas entre les maisons.

N'oubliez pas les règles, tout comportement inexplicable sera à bannir.

Mr. Wester, directeur de l'école Pendragon.

Harold et le groupe avaient presque hurlé de joie. Ils tombaient amoureux de cet endroit à chaque annonce précisée. Ils s'étaient donc précipités vers leurs chambres pour s'habiller convenablement. Lucy, qui partageait sa chambre avec une Aliéné du nom de Mercy Farmolton, dut s'échapper dans la salle de bain côté filles pour ne pas avoir affaire aux questions loufoque de cette brunette aux mèches roses et bleues. Margaux, au contraire ne se gêna pas pour se changer devant son colocataire qui se trouvait être un Lumière, qui plus est, garçon. Elle savait que ça devait être une erreur, mais il était beaucoup trop tard pour changer les chambres ! Elle était destinée à partager sa chambre, son endroit, avec cet Arnold intello. Triste vie…

Harold fut le premier à sortir de sa chambre avec Dany Harris.

« Je pense que ça sera bien encadré. Les Pèlerins ne risquent pas de refaire des malheurs.

- Ils sont capables de tout.

- Mais on est plus malins qu'eux ! Ahah. Dis-moi Harold, ta copine là, est-ce que tu sais si… »

Pendant un instant, il s'imagina qu'Astrid lui avait tapé dans l'œil. Il s'efforça de ne pas paraître blessé.

« Tu parles de ?

- Louane ?

- Ah ! Léanne.

- Oui c'est ça… Rougit-il.

- Et quoi ?

- Tu sais si elle est…

- Non non. Pas que je sache.

- Je ne voudrai pas te la piquer.

- Ce n'est pas ma copine.

- Pourtant tout le monde dit que…

- Ce sont de fausses rumeurs, je t'assure Dany. » Lui sourit-il.

Son colocataire s'en alla alors en rougissant, lui adressant un signe de main. Puis, le jeune dragonnier se décida à attendre les filles et Varek au bout du couloir. Tanguy et Margaux semblaient avoir enfin trouvé une entente et passèrent devant lui comme s'il était un homme invisible ce qui l'arrangea fortement. Emma et Léanne furent les premières du groupe prêtes. Elles n'avaient pas changé grand chose de leur apparence. Seule Léanne avait changé de chaussures et de veste. Quand Lucy sortit de la salle de bain, Harold fut charmé de la voir habillée d'une robe bleue et de convers noirs. Astrid et Ingrid suivirent de peu et bien entendu, il ne dévia pas son regard de la blonde qu'il ne pouvait s'empêcher de remarquer depuis ce port à Galway. Elle portait un haut noir qui descendait sur ses épaules dénudées et rentrait dans un jean bleu foncé. Elle tenait sa veste en jean dans sa main.

« On y va ? »

Elle semblait impatiente. Harold se contenta, comme d'habitude, de rougir puis il passa le dernier lorsqu'elle commença à descendre l'escalier pour rejoindre les autres.

oOo

Les quatre Masters principaux des maisons : Peter, Diana, Daniel, Michou et Mr Wester, avançaient en queue de tête pour guider tous les premières années, mélangés, vers la rue des Lumières tandis que le soleil se couchait. Harold était bien entendu, resté avec Astrid, jusqu'à ce que Varek et Lucy les rejoignent. Margaux, Léanne et Emma étaient introuvables. Tanguy, lui, avait retrouvé son meilleur ami Marty qui avait depuis le temps, un énorme cocard à son œil gauche et quelques hématomes.

« Il a dut s'en prendre plein la gueule…

- Lucy ! Il frappe les élèves !

- Il l'a mérité ! Tu as vu ce qu'il a fait à Harold ! Il allait le massacrer ! Alors il peut mourir !

- Si vous voulez mon avis, c'est une punition assez calme comparée au reste… Souffla Harold en regardant Marty avec pitié.

- Pourquoi dis-tu ça Harold ?

- Et bien… Frappez quelqu'un jusqu'à ce qu'il ait l'œil explosé… Je veux dire… Ça veut très bien dire qu'il y a des coups portés plus grave…

- Ça se trouve on se trompe complètement et il s'est fait ça en tombant. Dit Varek.

- On est à Pendragon ! Pendragon andouille… Réfléchis deux secondes aux méthodes d'entrainements ! On n'a pas encore nos dragons et nos programmes d'attaque, mais le jour où on les aura, je suis quasiment sûr qu'on comprendra mieux pourquoi les punitions sont aussi sévères.

- Astrid a raison… Si les punitions ne sont pas aussi dures que les entrainements… Comment veux-tu qu'on apprenne les règles de cette île… Nous ne sommes plus des enfants Varek. »

Marty semblait dans une rage étonnante, fixant le directeur avec mépris. Tanguy essayait de le faire rire, mais contrairement à leurs délires bizarres habituels, il ne riait pas et regardait devant lui comme s'il allait déterminer celui ou celle qu'il allait tuer plus tard.

« En attendant, je prierai pour ne pas croiser sa route… Marmonna Harold.

- C'est ça ! S'il s'approche de l'un d'entre vous, il va voir où ma hache va atterrir !

- Astrid n'est pas du tout impulsive à ce que je vois… » Ria Lucy avec ironie.

Plus loin, cachée entre une foule d'élève, Margaux semblait avoir retrouvé –malheureusement pour elle- la Pèlerin de l'ombre Roxane.

« Ah te voilà ! T'en as mit du temps !

- Ouais désolée, désolée… Râla Margaux.

- On a du boulot je te rappelle !

- De quoi tu me parles ?

- Notre victime Lumière !

- Roooo… Fais ça toute seule.

- Non ! Tu as promis que tu m'accompagnerais donc tu le feras ! … Ah moins que tu veuilles avoir une sale réput' de ma part ma chérie… Tu sais… Je ne voudrai pas que tout le monde sache…

- Sache quoi ?

- Pour ton passé… »

Il eut un silence. Un silence pire que la mort dans lequel Margaux semblait vouloir s'y enterrer.

« Q-quoi ? Comment tu sais ça ?

- Ne pose pas trop de questions… Alors ? Tu me suis ?

- Ok. Mais tu fermes ta gueule, j'te préviens.

- Bien-sûr… »

La blonde prit Margaux de sa main vernis de rose et l'entraîna un peu plus dans la foule d'élèves, à la recherche d'une pauvre proie.

Ils avaient atteint l'entrée de la ruelle. Ils passèrent dans un brouhaha dérangeant l'arche de runes, passèrent le long tunnel… Et enfin, la première boutique lumineuse leur parvint des yeux. Un homme se trouvait au milieu de l'allée où de nombreux dragonniers et dragons se baladaient. Tout le monde se stoppa à sa hauteur. Il était très petit. Des yeux noirs perçants et un nez pointu recouvert d'écailles noires et grises… Qui semblaient également recouvrir une partie de son cou et de son torse habillé d'une tunique beige légère. Il avait une ceinture d'arme autour du corps et des bottes fourrées habillées de dents de dragons. Des ailes –et des vraies- étaient déployées derrière son dos comme si cela était la chose la plus normale du monde. Plus personne n'avait ouvert la bouche, tout le monde était ébahi face à ce petit diable qui laissait transparaitre aucune émotion.

« Mr Thiez.

- Mr Wester. »

Le directeur se mit de côté et murmura quelque chose à l'oreille du petit homme. Au milieu de ces lumières et de ces cris de joie que dégageait la rue, Mr Wester ne semblait pas du tout à sa place. Son allure classe et sombre le faisait surtout passer pour un inconnu sortis des terres chaotiques.

« Il est trop beau, tu ne trouves pas ? »

Margaux avait plus envie de vomir qu'autre chose. Mr Wester devait avoir au moins 30 ans de plus que Roxane qui semblait à deux doigts de s'évanouir à force de se mordre la lèvre avec provocation en matant le directeur. Quelques secondes plus tard, celui-ci se décala et se mit à côté de ce Mr Thiez qui fit alors un pas en avant, le buste et le dos droit pour se montrer impressionnant. Il n'avait d'ailleurs nul besoin de faire des efforts car ses ailes noires de cuirs suffisaient amplement…

« Bonjour tout le monde ! (Son sourire laissait paraître des dents légèrement noires et pointues) je suis Mr. Thiez mais vous pouvez m'appelez Nine, dit-il avec un accent British très prononcé, je suis le dragonancier de ces lieux sacrés. D'un coup de vent aussi rapide qu'un vélocidard et qu'un fury nocturne… Je peux rendre vos désirs de richesse aussi réel que mes propres ailes… »

De ses petits pieds, il trottina jusqu'à sa boutique à gauche qui laissait transmettre une ambiance de bar très chic. Des tabourets étaient disposés sous la fenêtre ouverte du fameux bar en bambou. Derrière, de nombreuses étagères et coffre-forts ornaient la pièce peu éclairée qui semblaient être habitée par un bébé Gronck blottis dans un panier en acier sur le comptoir.

« Avancez ! Avancez ! »

Les élèves se bousculèrent avec hâte pour essayer de voir le drôle de petit homme, le dragon et même encore, la boutique.

« Mettez-vous par deux et en file indienne s'il vous plait ! » Ordonna la Master des pèlerins, Diana.

Elle dut intervenir et attrapa les oreilles de plusieurs élèves pour qu'ils arrêtent de se battre et qu'ils s'exécutent. Diana était une femme fougueuse et extrêmement froide comme le marbre. Un visage si dur que de la pierre, des yeux bleus lucides et des lèvres pulpeuses et aussi rouge que le sang. Elle portait une longue cape noire pour la tenir chaud et des bottes de cuir accessoirisées de dagues en argent. Ses cheveux noirs et brillants étaient coiffés d'une queue de cheval serrée qui lui donnait un air beaucoup plus sévère.

« Merci Milady. » Remercia Nine.

Elle acquiesça d'un signe de tête et toisa les élèves qui s'étaient mit à chuchoter. Bientôt, les premiers élèves reçurent leur bourse d'une manière mystérieuse aux yeux d'Harold qui se trouvait bien loin avec Astrid, Lucy et Varek. Néanmoins, il semblerait que Léanne et Emma aient réussis à passer vite :

« Hé ! Je n'ai jamais vu ça de toute ma vie ! Hurla Emma d'hystérie.

- Ce mec est inhumain !

- Ouais !

- Il a lu dans nos pensées !

- C'était ouf. »

Les jumeaux bien connus Aliénés les rejoignit alors. ''Kranedur'' s'était jeté sur Léanne, un bras autour de son cou comme s'il la connaissait depuis 10 ans, tandis que sa sœur ''Kognedur'' avait enlacé Emma bizarrement.

« Vous voilàààà !

- Ouiiiii !

- Matez-moi un peu tout ce fric ! S'exclama Kranedur en agitant sa bourse.

- Maman était une divinité tombée du ciel…

- Tellement frangine…

- Les Thorston devraient être vénérés par les dieux…

- Je vous vénère moi.

- Tu es tellement bonne ma rousse.

- Et moi je sens la bouse ? Bouda Emma.

- Non ! Vous êtes toutes les deux des Thorstons à présent ! »

Les deux jumeaux se mirent à hurler en serrant les deux amies avec joie. Quelques temps plus tard, ils s'éloignèrent un peu plus loin.

« Ils sont fous j'vous jure… Souffla Léanne.

- Des Aliénés quoi. Ria Astrid.

- Vous les avez rencontré comment ?

- Tout à l'heure dans le rang, on a croisé Margaux. Elle trainait avec une peste sortis droit des bordels… Raconta Emma, elles nous ont fixé mauvaisement. D'un regard si malsain que s'en était vraiment terrifiant. Surtout cette peste là… Elle m'a fait une remarque sur mes fringues, en disant que je m'habillais comme un sac. Et puis Margaux a ajouté que ma tête décrivait parfaitement ma tenue aussi… Léanne a gueulé un « PUTES » si violent que c'était à mourir ! Les jumeaux sont arrivés à ce moment et nous ont entendu ! Ils ont bousculé Margaux et la fille et toutes les deux se sont cassés la tronche sur le sol comme deux morues. On n'a pas pu s'empêcher de rire tous les quatre et puis ça s'est fait comme ça… »

Ils rirent ensembles pendant un long moment. Seul Varek semblait outré par la situation.

« Ça ne se fait pas !

- Elles nous ont insulté !

- Elles n'allaient pas se laisser faire Varek. Dit Lucy.

- C'est être aussi sadiques qu'elles.

- C'est elles qui sont tombées ! Elles sont pas douées c'est tout !

- En fait, vous avez vu Ingrid ? Demanda Astrid.

- Ouais, elle était avec un gars… Dagur je crois.

- Ah, son frère.

- Attendez, Dagur c'est son frère ?! Couina Varek.

- Bah oui ! Comment tu le connais toi ?

- Mais je pensais que l'aîné des Parenvrilles avait été tué par…

- Par un cauchemars monstrueux titan oui… Comme les parents…

- J'y comprends rien.

- Varek, c'est une simple rumeur qui a servi à donner une réputation très respectable à Dagur… Tu vois… L'aîné qui a s-u-r-v-é-c-u. »

Astrid riait face à la naïveté de Varek qui décidemment, semblait prêt à croire que la vie était aussi rose que des fraises tagada. Les filles restèrent avec eux, jusqu'à ce que ce soit leur tour. Au moment venu, Harold passa le premier et dut s'étonner de remarquer que le bar lui arrivait tout juste au niveau du buste. Mr. Thiez était penché en avant, scrutant si profondément ses yeux qu'Harold avait l'impression que ce demi-dragon lui aspirait son âme.

« Euh… »

Il ressentait véritablement un malaise. Ses pupilles et iris noirs ne cillaient pas, ne clignaient pas. Seul le petit Gronck dans son panier avait bougé et redressé la tête pour venir regarder de ses yeux dilatés le jeune dragonnier.

« Pose tes mains sur le comptoir et dis ton nom. » Murmura Emma.

Harold fut étonné de son conseil mais il le suivit et laissa la paume de ses mains de poser contre la surface dure du bambou.

« Harold Haddock. »

Aussitôt, la surface sous ses doigts se mit à surchauffer. Il sursauta et voulu retirer ses mains de là mais il fut incapable de les retirer. Elles semblaient collées sur le bambou, comme absorbées et plus étonnant, les yeux de Mr. Thiez s'étaient colorés en blanc. Il s'éloigna alors du comptoir et revint quelques secondes plus tard avec un énorme sac de peau dans les mains. Il la posa sur la surface et les mains d'Harold purent enfin se décoller du bar. Ses paumes étaient rouges et encore chaudes, la sensation était vraiment étrange.

« Valka était une femme formidable. » Dit-il tout à coup.

Harold leva les yeux vers le dragonancier et il se rendit compte un instant que c'est comme si le temps s'était arrêté. Tout se figea autour de lui.

« Elle avait un don extrêmement précieux… Incroyable… »

Les yeux vides et noirs de Mr. Thiez continuaient comme au début de le transpercer avec terreur.

« P-pardon ?

- J'espère que vous en hériteriez…

- De quoi vous parlez ?

- Suivant. »

Harold soupira, tête baissée, puis en se disant que forcément cet homme était fou, il prit sa bourse et s'éloigna pour laisser la place à Lucy.

« Flippant hein ?

- Je ne suis plus surpris de ce qui nous attend à force… » Répond t-il à Léanne.

Après de nombreuses minutes, les derniers élèves purent avoir leur bourse plus ou moins grosse en fonction de l'héritage et des frais donnés dès l'inscription à leur naissance.

Aussitôt, un grand sourire parcourut les lèvres de Mr. Wester qui incita alors les élèves à s'aventurer dans la grande ruelle illuminée qui laissait à présent transparaitre la nuit noire étoilée de l'île au dessus de leurs têtes. Les maisons se mélangèrent et les élèves accoururent, leur argent en main dans les différentes boutiques. Harold retrouva son groupe en compagnie des jumeaux Kognedur et Kranedur et ils purent tous faire leurs achats dans la bonne humeur générale. Tout d'abord, ils allèrent dans une boutique du nom de ''Pantalotchi'', le magasin de vêtement le plus proche. À l'intérieur, ils furent étonnés de remarquer de hauts étages de vêtements, partout, partout… Partout. Des montagnes de combinaison, tuniques, pantalons larges, ceintures d'armements, bottes fourrées ou armées, gants, lanières, casques, accessoires, chaussettes, bonnets, manteaux, écharpes… Fais artisanalement. Tout était fait de peau ou de tissus légers vikings. C'était l'endroit rêvé pour refaire leur garde-robe entièrement. Adieu les vêtements modernes, bonjour les look ancestraux et nordiques…

Je pense qu'il vous est inutile de savoir exactement les achats de chacun d'entre-eux… En fait, vous aurez surtout la surprise plus tard ! En attendant, en sortant de la boutique, ils ressortirent avec tant de sacs qu'ils leur fut difficile de passer la porte après ça, surtout en sachant que c'était blindé de monde ! Le sourire aux lèvres, Peter, le master des Lumières les avait attendu devant. Il tendit la main et leur adressa un clin d'œil très signifiant. Il claqua son pouce et son index et aussitôt, plusieurs dragons de petites tailles passèrent au dessus d'eux et leurs sacs furent loin de leur porté, direction le château.

« Prévenez un master quand vous êtes débordés. »

Après cela, ils allèrent visiter d'autres boutiques amusantes et colorées, certaines offraient encore quelques vêtements, mais surtout des accessoires loufoques déjantés notamment des masques de peaux de dragon synthétiques, capable de s'imprégner de la peau de son porteur. Les jumeaux en firent leur achat. Ils allèrent dans le magasin ''Arm'tout'' pour les armures et à la forge de la ruelle pour acheter une arme personnelle bien à eux (Sauf Astrid et Ingrid qui possédaient la leur depuis un certain moment).

« Je ne suis pas faite pour tenir ça ! Riait Lucy.

- Mais si regarde ! »

Astrid se mit de profil derrière Lucy et posa sa main sur la sienne autour de l'arme.

« T'as d'la classe !

- Je préfère tenir un crayon ! »

La blonde rigola à son tour puis elle observa Léanne et Emma galérées à soulever une arme en fer de Gronck.

« Trop lourd pour vous les filles ! Pour l'instant…

- Pour l'instant… Ouais ! Viendras le jour où je la tiendrai à un seul doigt.

- C'est beau de rêver Léanne. » Se moqua Ingrid.

La rousse lui tira la langue puis elle reposa l'épée d'argent. Plus loin, Harold admirait dans la vitrine du comptoir quelques dagues qui brillaient sous la lumière des bougies.

« Elles vous plaisent ? Elles datent d'il y a quatre siècles, créées par les Garopiens. Lui annonça le vendeur.

- Les Garopiens ?

- C'était un peuple de nains vikings qui chevauchaient bravement des Gronks. Ils étaient connus pour leurs armures en fer de Gronk, impénétrables, incassables et surtout très résistantes. Remarquez d'ailleurs les gravures sur les lames…

- Je… Je ne lis pas encore la rune… »

En effet, des runes dorées étaient gravées sur les différentes lames d'argent gronk.

« Celui qui tuera le rouge de la mort et noiera les cendres de l'enfer par son sang dominera la terre et le ciel. » Lui traduisit le vendeur.

« Qu'est-ce que cela veut dire ?

- (Le vendeur hausse ses épaules.) Je suis loin d'être suffisamment intelligent pour comprendre cela mon garçon, ria t-il, mais si tu veux mon avis, apprendre les runes te sera drôlement utile si tu es aussi curieux. »

Harold dut admettre que cette affirmation était loin d'être fausse. Il adressa un sourire au vendeur, et s'éloigna alors pour rejoindre son groupe, le message encore dans la tête.

« Regarde ce que je vais prendre ! Chouette non ? »

Emma tenait face au nez d'Harold une machette gravée de cupcakes roses et de bonbons. Astrid passa alors devant elle et la bouscula pour aller remettre l'arme en place.

« Emma !

- Maaaaais ! Rends-la moi ! »

Elle ria et se résilia à continuer de l'embêter, elle resta donc avec Harold.

« T'as trouvé ton bonheur ?

- Rien ne me plait vraiment…

- Tu sais, tu peux toujours voir avec le forgeron du coin.

- En fait, je sais pas si je veux vraiment…

- Il faudra bien t'y mettre un jour Harold. Lui dit-elle d'un ton rassurant en posant sa main sur son épaule.

- Je sais… »

Ils quittèrent plus tard la boutique d'arme et comme l'avait signifié Peter, ils appelèrent un master pour qu'ils emportent les achats. Une fois fait, le groupe de divisa en deux. Ainsi, Léanne, Emma, Ingrid se décidèrent d'aller visiter un magasin de friandises vikings typiques. Astrid, Harold et les jumeaux partirent jusqu'à la forge. Il fut de plus en plus difficile de se déplacer dans la rue sans bousculer les gens mais la joie de vivre régnait tellement qu'il était impossible de ne pas sourire en voyant le bonheur des dragonniers sur l'île. Les couples qui rigolent à en pleurer, les amis qui s'amusent à en tomber… Personne n'était désagréable. Personne. Était-ce encore un jeu de Pengon ou l'émotion que faisait transmettre cette île ? Ça, personne ne pouvait véritablement le dire. Encore une fois, The Shadows, le groupe de musique faisait rage. Leurs violons couverts d'écailles de dragons rugueuses et chaudes jouaient avec tellement de magie et d'intensité que personne ne pouvait ignorer leur vivant tout entiers. Leurs gestes étaient gracieux et vifs, rapides et prestigieux. Le groupe donnait vie à cet endroit et sans le connaître, tout le monde savait que sans eux, l'ambiance ne serait pas pareille.

Lorsque qu'Harold, Astrid et les jumeaux arrivèrent à la forge, ils furent étonnés de remarquer qu'il n'y avait aucun client qui attendait. L'endroit était pourtant plutôt vaste et bien entretenu. Des ateliers et des étagères dominaient la plus grande partie de la pièce ouverte. Au milieu, le foyer et la cheminée de pierre réchauffaient les murs glacées et humides qui l'entouraient. Le forgeron était seul avec un jeune homme roux dépourvu de tatouages sur ses biceps.

« C'est toujours agréable de faire affaire avec toi Hog !

- Un plaisir de retrouver la famille Parenvrille sur Pendragon. Votre père était un grand homme Dagur.

- AHAH ! Mon père ? Rien qu'une crevette sans émotion qui n'a pas été capable de bien dresser son dragon. C'est décevant.

- En effet. Mais il a donné sa vie pour ta sœur et toi et c'est ce qu'il y a de plus cher au monde.

- Si tu le dis… Baaaaaaaa… Je reviendrai chercher ce que je t'ai demandé mon vieux. Lorsque je dresserai mon futur dragon…

- Je vous souhaite de réussir.

- MAIS JE RÉUSSIRAI ! BAHAHA ! Je ne suis pas comme mon crétin de père, Hog ! » (Il le frappe dans le dos)

Le frère d'Ingrid se tourna alors vers la sortie en riant fortement, une dague serrée aux creux de ses doigts. Lorsqu'il aperçut les quatre amis en face de lui, il se stoppa net.

« Hé ! Mais c'est mes frères d'arme ! »

Il s'élança alors et serra les jumeaux contre lui si fort qu'ils suffoquèrent tout les deux contre son torse.

« ALORS MES YÉYÉ COMMENT ÇA VA ?!

- Ramniaazdjkad ! Gurrrrr !

- Kof… KOFFFFF.

- Oui je sais que je vous ai manqué, vous êtes vraiment des moutons tous les deux. On changera rien.

- T'ETFOUFEEEE !

- QUOI ENCORE ?!

- Je crois que tu les étouffes. » Dit Harold avec un sourire assez mesquin.

Tout à coup, Dagur les relâcha ou plutôt, il les repoussa violemment sans s'en rendre compte. Les jumeaux s'entrechoquèrent et tombèrent alors par terre dans un bruit sourd.

« Fais attention tronche de cake !

- Je vais te déglinguer le…

- HÉ ! Astrid Hofferson ?

- Salut Dagur… Marmonna la blonde.

- AHAHA ! (Il la serre dans ses bras avec beaucoup de vivacité, la décollant du sol) Regardez-moi ce doux visage et ce… (Il se mord la lèvre)

- HÉ ! Dégage tes mains ou tu vas manger très cher !

- Je promets de me tenir à l'écart » Dit-il charmeur, une main sur le cœur en s'inclinant au plus bas.

Il se dirigea alors vers la sortie, prenant soin de regarder Harold de haut en bas d'un air hautain moqueur et supérieur à la manière des Aliénés ce qui permit à Harold de ne rien y trouver de vexant.

« Dagur. Le frère d'Ingrid. Je pense que tu avais compris.

- Ils sont… Très différents.

- En effet… Dagur est un drôle de spécimen. Impossible à supporter… Je vais emmener les jumeaux dehors, tu n'as qu'à… Faire ce que tu as à faire… »

Elle lui adressa un superbe sourire. Harold sentit son cœur crépité à feu doux au même rythme que le feu dans la pièce. Il la regarda s'éloigner en trainant derrière elle les deux aliénés surexcités qui se battaient.

Le forgeron tapait de son marteau le fer d'une épée tordu. Il était dos à Harold, mais celui-ci semblait quand même admirer le travail de l'homme. Il était grand. Très grand. Ses cheveux bruns devaient être longs car il les avait attaché en queue de cheval. Une barbe coupé court alignait son menton. Sa chemise était légèrement ouverte et retroussée au niveau des manches ce qui laissait paraître sa pilosité noir et imposante. Harold devait paraître extrêmement frêle à côté de lui mais il ne perdit pas son temps et s'approcha de lui dans un grand silence.

« Hum ? Excusez-moi ? »

L'homme stoppa ses mouvements et se retourna alors d'une excessive lenteur bien stressante. Son regard était dur et impénétrable.

« Quoi ?

- Je voudrai avoir des renseignements.

- Je ne reçois pas les clients.

- Euh… Ok… Mais… Pourquoi vous êtes ici ?

- Pourquoi ?! Pourquoi je suis ici ?! Tu crois que je l'ai choisi peut-être ?

- C-Ce n'est pas ce que… J'ai voulu dire. Enfin… J'ai pensé que vous pourriez m'aider à…

- Je ne veux pas t'aider. Je ne veux aider personne. Il y a une armurerie alors tu y vas et tu ne m'emmerdes pas avec tes commandes.

- Ok euh… Hog c'est ça ?

- Humf.

- Ouais heu… Je pense qu'il y a un souci d'entente… Dagur a bien exigé quelque chose ici non ?

- Le jeune Parenvrille c'est une toute autre affaire jeune homme ! Je te conseille de te mêler de ce qui te regarde !

- Je ne pense pas que le favoritisme plairait à Mr. Wester.

- Mr. Wester est très bien au courant de ce qu'il se passe insouciant ! Il voit tout. TOUT. Il sait tout aussi. Mais comme tu vois, ça ne semble pas le déranger que je dégage tout le monde de ma forge.

- Pourquoi faites-vous ça ?

- Parce que je n'ai pas choisi d'être là. Je suis un putain d'esclave. Je suis prisonnier de cette foutue île. Je n'ai aucun mérité à vouloir aider les autres à vivre leur petite vie de dragonnier comme si de rien n'était alors que moi je suis en danger de mort si je quitte ce lieu.

- En danger de mort ?

- Il vaut mieux que tu restes dans l'ignorance, petit. Retourne voir tes amis. (Il se tourne à nouveau vers son atelier pour retaper sur le métal)

- J'ai besoin de vous.

- C'est faux.

- Je suis loin d'être un client normal. »

Cette fois-ci, le forgeron posa brusquement son marteau et se rua vers Harold comme s'il allait le piétiner en un rien de temps. Il s'arrêta à seulement quelques mètres de lui et lui adressa un regard flippant et dérangeant. Et cette fois-ci, Harold put remarquer un changement incroyable dans ses yeux. Quelque chose d'inhumain, notamment dans sa voix qui venait de changer et se transformer d'un ton animal.

« ET MOI AI-JE L'AIR NORMAL ? »

Les yeux rouge sang, le forgeron montra ses dents noires et pointues.

« Pars d'ici… Et ne reviens pas…

- Je veux…Je veux vous aidez…

- DÉGAGE ! »

Cette fois-ci, Harold prit ses jambes à son cou et s'échappa rapidement vers la sortie sans même adresser une dernière attention à Hog…

oOo

Harold avait raconté sans trop de détails à Astrid que le forgeron n'était pas disponible pour le moment. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire car ce dont il était sûr, c'est qu'il n'abandonnerait pas cette histoire. Ils avaient retrouvé les autres et avaient fini de faire quelques boutiques de plus lorsque Mr. Wester annonça qu'il était l'heure d'aller manger chez Dragonneau Nox.Le chemin se refit dans la même bonne ambiance, les élèves se dissipaient peu à peu pour aller discuter avec d'autres classes et c'était surement ce que souhaitaient les masters et le directeur. Au bout de la rue, à la limite de la cours secondaire, se dressait enfin le restaurant. Vu la douceur de l'été, les tables étaient pour la plupart préparées dehors mais le bâtiment se tenait sur deux étages et le plus drôle c'était de remarquer que les escaliers pour y accéder étaient des échelles. En effet, le restaurant étaient totalement ouvert et donnait accès sur la cours. Les cuisinières préparaient les plats au rez-de-chaussée, sous une pergola décorée de plantes vertes et de grandes chandelles alors que les clients qui souhaitaient dîner couverts étaient aux étages.

Ils furent accueillis par une femme habillée d'un tablier de peau, les cheveux blonds attachés en chignon. Elle accompagna les adultes et les nombreux élèves dans un coin éclipsé à l'écart pour qu'ils ne soient pas collés aux autres clients. Le plus incroyable c'était de voir que des grandes tables en bois avaient été installés juste pour eux ! Les couverts, les assiettes en bois, le pain… Tout était déjà installé et prêt. Il n'y avait plus qu'à se mettre à table et se mélanger. Il faisait sombre mais les nombreuses bougies sur la table suffisaient amplement pour s'observer les uns les autres. Le groupe d'Harold se mit ensemble. Ingrid, avait prit place un peu plus loin aux côtés de ce Viggo Grimborn et de son frère Dagur. Une main sous son menton, elle l'écoutait parler de lui avec passion tandis que Dagur dévorait déjà le pain avec voracité. Margaux et Tanguy… Étaient introuvables.

« AAAAA TABLLLEEEE ! » Déclara Léanne en se mordant les lèvres.

Quelques secondes à peine après s'être installé, les premiers plats arrivaient déjà ! Ainsi, ils purent manger différents plats vikings très typiques du coin. Certains avaient encore du mal à se nourrir dans des bols en bois avec pour seul couvert une cuillère mais le ragout de mouton était si bon, qu'ils n'avaient aucun reproche à donner.

« Je reviens ! » Annonça Lucy les yeux brillants, son carnet de dessin à la main.

La structure du restaurant devait l'avoir intrigué car elle repartit à l'arrière du bâtiment pour faire des croquis.

« Et là, t'as faim Harold ? Demanda Varek avec un sourire.

- Cfoment ne fpas l'être ?

- Après un repas pareil et une bonne nuit de sommeil… Demain sera une bonne journée !

- Ma p'tite Astrid… Laisse moi t'apprendre une chose.

- Arg.

- Une très bonne chose !

- Maman nous l'a toujours dit.

- Toujours.

- Il n'y a pas de chose plus bonne que manger.

- Et tout faire exploser.

- Le feuuuuuuuu.

- La mort.

- Le sang.

- La destruction.

- C'est bon Jumeaux, j'ai compris merci.

- Naaaaaan… Tu dois comprendre que la vie ne roule pas sur du poulet, les cours ne nous apprennent pas à tout faire exploser. Nous…

- Arrêtez vos délires vous deux ! Rigola Emma, viens Léanne on va voir Lucy en attendant que tout le monde finit ! »

Et alors que tout le monde se marrait des bêtises de Kognedur et Kranedur, Léanne et Emma sortirent de table et coururent jusqu'à l'arrière du restaurant où Lucy s'était dirigée. L'endroit était moins éclairé mais laissait paraître une vue de la structure en bois plus grande et magnifique. Elles semblaient s'éloigner un peu plus à chaque fois de l'endroit où se trouvait les Masters...

« Luluuuuu ! Où tu es ? »

Mais Emma ne vit pas le coup venir. En fait, elle se retrouva soudainement au sol, complètement sonnée, la vue brouillée. Elle entendit Léanne criée son prénom mais en levant la tête, elle put remarquer qu'elles n'étaient pas seules.

« Allleeeer ! Il a fallu qu'elles se ramènent ces deux-là ! Elles sont vraiment connes ! Elles vont tout gâcher ! »

Emma put apercevoir de plus en plus nettement, que cette personne tenait Lucy par les cheveux, qui était à genoux, les dents serrés. Sa robe bleue s'était un petit peu déchirée et ses joues étaient marrons de terre.

« Lâche-moi !

- T'es une Lumière toi ? Ça tombe bien on en cherchait une ! MARGAUX ! »

Personne ne répondit.

« Raaaaa mais viens ici ! Je ne vais pas faire le boulot toute seule ! »

Et la Pèlerin se montra enfin, sans la moindre expression le teint aussi blanc que le marbre.

« TOI ! Je vais te tuer ! » S'écria Léanne en s'élançant vers elle.

Cependant, Margaux se retourna brusquement et lui affligea une gifle monumentale qui la fit tomber au sol lourdement comme si elle n'était rien.

« C'est bien ! Tu vois quand tu veux ! » Enchérit Roxane

Mais Margaux ne semblait pas du tout heureuse de ce qu'elle venait de faire. Elle regarda Léanne avec un air qu'elle aurait voulu désolé, si seulement elle ne la détestait pas. Seulement, la rousse se jeta à ses jambes et la fit tomber par la même occasion. Elle se mit à califourchon sur elle et s'enchaîna une bagarre à coups de griffures et de coups au visage. Emma en profita pour courir vers Roxane mais celle-ci lui balança un coup de pied dans l'estomac et elle retourna alors à sa place du début sur le sol. Lucy en profita alors pour prendre son courage à deux mains et frapper Roxane dans les côtes lorsqu'elle perdit son attention. Malheureusement, elles n'étaient pas les seules. Bientôt, 3 autres Pèlerins amis de Roxane, 2 garçons et une autre fille, se présentèrent et arrivèrent. Le premier garçon, plutôt grassouillet, souleva Lucy avec une facilité monumentale puis il la plaque au sol si fort que sa tête claqua sur l'herbe coupée. Elle poussa un cri et tenta de se débattre alors qu'il sortait une mini matraque de son sac d'une main. Le deuxième garçon au teint cadavérique se rua sur Emma pour l'achever de coups de pieds au visage et au corps alors qu'elle se roulait par terre en criant.

« Foutus enflammés de merde ! Vous servez à rien ! »

Tandis que la fille et Roxane, elle, se dirigeaient vers Léanne qui avait forcé Margaux à abandonner. Elles la poursuivirent et finirent par la plaquer contre la structure du restaurant fortement. Roxane sortir son couteau et la coupa au niveau des clavicules, l'envie de la mutiler toujours plus forte. Léanne savait généralement se battre mais dans cette situation, elle était bien perdante...

« C'est drôle, elle qui semblait plutôt fougueuse. Elle est comme les autres, tout aussi minable. »

Margaux, agenouillée dans un coin observait tout ça, le souffle court, incapable de bouger.

« Mais qu'est-ce que… Viens ici toi ! Viens ! Qu'est-ce que tu fou au sol ?! »

Margaux sursauta et accourut vers Roxane, un sourire forcé aux coins des lèvres.

« On a plus de boulots que prévus… (Son sourire se baisse) C'est pas qu'une lumière qu'on victimise au final… (Tout à coup, son mauvais sourire éclatant revient aussi rapidement qu'il a disparu) C'est assez excitant j'dois dire ! »

Margaux ne dit rien et esquissa ce même faux sourire peu convainquant. Elle ressentit un tournis et une sensation affreusement désagréable au niveau de l'estomac qui se tordait dans tous les sens comme si elle allait vomir. Elle entendait toujours leurs cris tandis qu'ils continuaient de les frapper toutes les trois avec avidité. Était-ce vraiment ça la nature des pèlerins ? Étaient-ils tous aussi monstrueux et assassins ?

« Arrête ça Roxane.

- Pardon ?

- Je t'ai demandé d'arrêter !

- (Elle rigole comme une peste) Okkkkk, t'as besoin d'un coup toi. Prends ça et continue le boulot. »

Roxane plaqua son couteau contre la poitrine de Margaux.

« Non.

- Margaux me force pas à devenir méchante… Tu te souviens de ce que je t'ai dis… »

La jeune femme se mordit la lèvre. Elle ressentait une rage horrible au creux de la poitrine. Une rage qui menaçait d'exploser à tout moment… Mais elle ne pouvait pas laisser Roxane divulguer cela pour sa propre personne. Elle ne pouvait vraiment pas. Elle soupira. Dans son souffle, un tremblement s'était fait sentir. Elle s'approcha de Léanne toujours retenue par l'autre fille contre le mur et la regarda longuement avec un regard rempli de peine et de tourment. Depuis qu'elle est arrivée ici, Margaux ressentit enfin la peur et le dégout de ce qu'elle pourrait faire tout de suite. Pourtant, elle posa quand même la lame du couteau sur la peau de Léanne, s'efforçant d'esquisser un sourire mauvais tandis que Roxane s'éloignait pour aller rejoindre Lucy qui était recroquevillée sur elle-même, sur le sol, se protégeant des coups de l'homme.

« La pauvre enfant intellote. Vous savez pourquoi j'adore les Lumières ? Parce que jamais ils ne se permettront de nous manquer de respect tant qu'ils comprendront qu'ils sont inférieurs. AH ! Depuis quand l'intelligence suffit-elle à devenir dragonnier… »

Au même moment, Roxane poussa un cri de surprise. Dagur et ce Viggo Grimborn venait d'arriver aux côtés de Ingrid. Dagur tenait un des hommes à bout de bras par le cou, un sourire de satisfaction.

« J'espère qu'au moins ça vaut la peine de faire ça frangine ! AH MAIS FERME LA ! » Hurla t-il en menaçant l'homme qui tentait de se débattre.

Viggo, lui, s'avança lentement vers Roxane et le deuxième homme, qui s'était stoppé de frapper Lucy en voyant le Grimborn s'approcher.

« Qui t'es toi ? Tu serais pas…

- Dans ta classe ? Si, évidemment.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ?

- Je pense que la véritable question à se poser… C'est toi, qu'es-tu entrain de fabriquer ?

- Moi ? AH ! Je m'amuse. Ça se voit non ? »

Viggo Grimborn ne cillait pas, les mains dans le dos mais son regard prit une obscurité extrêmement repoussante et effrayante.

« Recule-toi d'elle.

- Attends, tu compte défendre cette pauvre fragile de lumière ?

- Bien-sûr que oui, j'ai des principes personnels et par ailleurs, j'ai appris longuement que pour réussir dans la vie il fallait suivre les règles ce que je suis entrain de faire. Or, nous ne sommes que le premier jour et tu es déjà entrain de t'acharner sur tes camarades qui, à ce que je sache, ne t'avais rien demandé. C'est une bien triste attitude. Ça me désole Roxane.

- Comment tu connais mon nom ?

- Je connais tout le monde ici.

- Ah bah oui ! Où avais-je la tête ! BAHAHA. Et t'es quoi au juste ? Un bodron raté que Pengon n'a pas su classer où…

- Je suis un pèlerin.

- Tu es loin d'en avoir l'air !

- Je parviens toujours à avoir ce que je veux.

- Ah oui ? J'aimerai tellement voir ça. » Piaffa t-elle en riant.

Le jeune homme fit quelques pas en avant. Il était plus grand qu'elle et son allure droite et fière commençait à la rendre horriblement nerveuse, même si elle essayait de le cacher.

« Je déteste la méchanceté gratuite… Néanmoins, souviens-toi d'une chose jeune fille : je pourrai très bien faire de ta vie un cauchemar si je le décidais. Alors, évite de foutre la merde et de manquer de respect aux autres parce que ça pourrait très bien te retomber dessus. »

Roxane poussa un juron discret. Elle se retourna et lança un regard indescriptible à son ami qui avait rangé sa massue. Il fixait Viggo avec une certaine réticence.

« Bon aller, venez on se casse. »

Dagur relacha l'homme qu'il étranglait et Roxane passa devant Viggo en le bousculant au passage. Celui-ci esquissa un sourire léger puis murmura dans son ombre.

« Bon. Très bien… Tu l'auras voulu ma belle. »

Mais alors, lorsque Roxane s'arrêta devant l'endroit où Margaux était censée se trouver, elle retrouva sa copine au sol, le front ensanglanté tandis que Margaux se tenait devant Léanne, un air menaçant sur le visage. La blonde se contenta de la toiser de haut et de cracher à ses pieds.

« Tu vas me le payer. »

Et elle partit, ses amis sur les talons comme des toutous dans personnalité. Lucy s'était relevée grâce à Viggo qui l'avait aidé. Elle n'avait pas l'air tellement blessé mais elle ressentait de lourdes douleurs dans son corps et quelques larmes perlaient dans ses yeux. Elle semblait vraiment apeurée. Emma avait accouru auprès de Léanne et Margaux.

« Léanne, tu vas bien ?

- Ça va, ça va… (Elle essuie brièvement le sang sur ses clavicules avant de se tourner vers son ennemie aux cheveux rouges) Pourquoi tu as fais ça ?

- De quoi ?

- Me défendre. Tu m'as défendu.

- Dis pas n'importe quoi, j'ai fais ça pour moi.

- Pas vraiment non ! Tu sais très bien que maintenant elle va…

- Elle va quoi ? Dévoiler ma vérité ?

- Pas qu'un peu !

- Et alors ? Au pire ? Ça ne changera pas l'image qu'on a de moi. Tu ne crois pas ? » Demanda t-elle en lui souriant faussement.

Les deux jeunes femmes s'échangèrent un long regard pénétrant. Emma, au milieu de ces deux-là, se contentait de ramener quelques mèches de cheveux au dessus de sa bouche pour faire une moustache.

« Et… Et si on retournait là-bas plutôt… ? Essaya t-elle de demander.

- Parce que tu penses vraiment que je vais avoir envie de manger après ce qui vient de se dérouler ? Tsss. »

Et Margaux s'en alla sans laisser qui que ce soit la rattraper à temps.

« J'aimerai bien comprendre pourquoi elle réagit comme ça alors que… Léanne tu saignes.

- Pas grave… Où est Lulu ? Lucy ! »

Les deux amies accoururent alors plus loin pour rejoindre les Parenvrille et Viggo qui étaient réunis autour de la Lumière.

« Je vais bien, je vais bien !

- Heureusement qu'on est arrivé.

- Heureusement que NOUS on est arrivé Emma, tu veux dire ! Ria Ingrid, vous n'aviez pas de chance, personne ne pouvait vous entendre, nous avons juste remarqué que votre absence était plus longue que la normale. Nous allons rassurer les autres.

- Je vais… Enfin… Moi je vais… Plutôt retourner au château.

- Tu es sûr Lucy ?

- Oui. Hum… J'ai besoin de solitude un moment. Merci beaucoup. »

Elle tremblait encore légèrement et semblait avoir du mal à se remettre de ses émotions. Elle avait besoin de s'éclipser et de faire le vide, comme elle avait l'habitude chez elle, dans la montagne. Elle lança un regard de remerciement à Viggo Grimborn puis elle s'éloigna dans une direction opposée, ses bras autour d'elle alors qu'elle serrait son petit carnet à dessin.

oOo

Il pensait pouvoir la retrouver où qu'il aille car il savait la repérer où qu'elle soit, c'était plus fort que lui. Il devait la prévenir. Lui dire pour Léanne, Emma et Lucy. Il était heureux d'apprendre qu'elles allaient bien mais moins rassuré à l'idée de savoir ce qu'il s'était passé… Et Astrid avait quitté la table soudainement sans même lui adresser un mot. Il espérait juste qu'elle ne soit pas loin. Il ne savait pas trop ce que c'était… Cette sensation de vouloir toujours la chercher… Ça ne fait que deux jours qu'il la aperçu. Là-bas. Sur ce port de Galway. Et encore il se souvient de sa démarche et de son doux sourire lorsqu'elle est venue vers lui… Il ressent cette envie d'être toujours près d'elle.

Alors que la nuit étoilée est enfin tombée et que des drucioles (Enormes bêtes mi-dragon mi-luciole, souvent brillants de couleur bleu et blanche) voltigent au-dessus de sa tête, la brise glaciale de l'hiver en approche se fit ressentir. Harold frissonna et continua de marcher au milieu de la rue des Lumières. Le nombre de dragonniers avaient diminué, il pouvait observer plus calmement et longuement les dragons autour de lui, les petits gazouillements qu'il pouvait entendre et la douce mélodie des violons de The Shadows… Mais tout ça passa à côté de lui lorsqu'enfin il l'aperçut, adossée contre la vitrine de la vieille bibliothèque de la rue. Il s'avança, près à s'approcher d'elle pour la prévenir. En fait, il était tellement près à s'adresser à elle qu'il mourrait d'envie en cet instant de lui montrer qu'enfin il voulait battre cette angoissante peur de lui parler pour de bon.

« Astr… ! »

Mais ses mots pèsent lourds dans son cœur. Ils se bloquent. Non pas à cause de sa timidité et de sa peur… Non. La raison se trouve simplement devant ses yeux.

« Je t'ai cherché partout !

- Vraiment ? Il serait temps… À quoi tu joues Astrid ?

- À quoi je joue ?

- Je te vois trainer avec ce minable sans arrêt.

- C'est pas un minable.

- C'est ça ! Et je ne te parle même pas de tes amis ! Et Ingrid ? Toujours aussi bonasse elle ?

- Ferme-la Kyle !

- Ah ! Enfin tu te réveilles… Je me demandais quand est-ce que j'allais retrouver ma Hofferson, la vraie. La fougueuse. »

Ses bras s'enroulèrent autour de son corps si brusquement qu'elle poussa un cri de surprise. Le cœur d'Harold fit un bond alors que sa bouche se rapprochait beaucoup trop sèchement du cou d'Astrid et cela semblait la déranger puisqu'elle tournait entièrement la tête pour éviter un maximum son contact, ses mains plaquées contre son torse comme si elle essayait de le repousser.

« Arrête ça Astrid. Ça fait trop longtemps qu'on s'est pas vu.

- Tu as trop changé.

- Naaaan… Nan ma beauté, c'est toi qui refuse de voir la vérité. Je suis ton mec alors maintenant tu assumes et tu arrêtes de te poser 36000 questions. Je veux profiter de ce moment… »

Et il l'embrassa salement sans même lui laisser dire un mot. Au début, Harold pensait sincèrement qu'elle allait le repousser. Lui cracher à la figure. Faire ce qu'elle fait d'habitude. Montrer ce qu'elle est réellement, comme dans l'arène, une femme forte qui affronte ses peurs sans craindre le reste… Mais le cœur d'Harold sembla pourtant éclater en mille morceaux lorsqu'elle embrassa ce Pèlerin, Kyle, en retour avec beaucoup trop d'intérêt. Il sentit une énorme peine. Alors… Au lieu de continuer à voir ce spectacle dérangeant et inattendu, il préféra faire s'en aller, courir loin dehors de cette ruelle… Loin de cette vision là.

Il courut longtemps. Très longtemps. Ses jambes l'avaient menés directement à un endroit en particulier. Il était bien, il se sentait libérer à chaque pas qu'il parcourait toujours plus vite. En vérité, il était sûrement en colère. En colère car Astrid avait tout de même montré ses beaux yeux pour lui. Au final, elle se contenterait de cacher sa relation avec un abruti de narcissique pour avoir une bonne réputation ? Il refusait de le croire mais ce qu'il avait vu semblait prouver le contraire…


Il avait oublié à quel point cela pouvait être paisible. À quel point le pouvoir qu'exerçait Pengon était si fort… Qu'il pouvait le ressentir jusqu'au bout des ongles, au creux de son ventre… Le Repère était incroyablement magique lorsqu'il était vide et silencieux. On entendait seulement la douce mélodie de la source d'eau et les craquements des œufs de dragons qui clignotaient d'une lueur faible mais brillante d'éclat merveilleux. Lucy était là, agenouillée devant la source, tête baissée. Elle aussi semblait avoir trouvé cet endroit parfait pour une méditation silencieuse. Harold murmura son nom et elle sursauta. Lorsqu'elle l'aperçut, elle lui adressa un sourire joyeux. Il s'avança, s'agenouilla à son tour et lui fit une accolade amicale et sincère.

« Comment tu vas ? Ingrid m'a raconté…

- Ouais… Ça va… Ça devrait aller.

- On aurait dut t'accompagner.

- Non… Je t'assure…

- Et les filles ?

- Ça devrait aller aussi je pense. Elles sont fortes toutes les deux. »

Lucy avait murmuré cette phrase avec une mélancolie certaine qui n'avait pas échappé à Harold.

« Qu'est-ce qui se passe ? Tu m'as l'air…

- Oui je sais… Je me sens ridicule c'est tout.

- Pourquoi ?

- Je suis restée au sol comme une pauvre idiote incapable de me défendre…

- Personne n'est pas parvenu à les battre m'a dit Ingrid.

- Peut-être mais je suis la seule qui a le moins réagit. Léanne se serait fait poignardée ou Emma tabassée à mort, je n'aurai même pas cillé… »

Le silence se poursuivit. Lucy caressait l'herbe courte du bout des doigts et se cachait derrière ses cheveux.

« J'aurai été pareil à ta place… Tu sais… Je sais pas me battre et j'ai peur de la moindre personne qui mesure 30 centimètres de plus que moi. Je suis ridicule, maladroit… Pas doué quoi.

- Tu me dis pas ça pour…

- Tu sais, au fond je pense que tu as trop peur de montrer qui tu es. Tu as du talent mais tu le caches, tu as de bonnes valeurs mais tu ne les montres pas assez. Ça se voit que tu es une bonne personne. Ne laisse pas ces abrutis de pèlerins rabaisser ce que tu es. Tu vaux beaucoup mieux qu'eux.

- On ne se connaît même pas Harold…

- J'ai pas besoin de te connaître pour le savoir. »

Elle lui adressa un sourire qu'elle voulut le plus sincère de tous tout en rougissant. Puis, elle baissa les yeux et souffla d'une voix timide :

« T'es quelqu'un de vraiment bien.

- Merci.

- Qu'est-ce que tu viens faire ici en fait ?

- J'avais besoin de faire le vide. »

Son ton avait été beaucoup plus dur qu'il ne l'aurait voulu.

« Désolé. Ce n'est pas toi…

- Astrid ?

- Comment t'as deviné ?

- Il suffit de le voir. Il s'est passé quelque chose ?

- Non. C'est moi qui réagis au quart de tour… Je… J'ai juste été beaucoup trop naïf pour croire qu'elle pouvait devenir importante pour moi… »

Il semblerait que ce fut difficile pour lui de l'admettre et Lucy l'avait très bien remarqué. Au final, elle posa sa main sur la sienne sur l'herbe et lui adressa un sourire partagé.

« Je pense que tu as sincèrement besoin de parler et te libérer Harold.

- On a toute la nuit pour parler.»

Harold balada son regard sur la source, ses eaux bleuâtres merveilleuses qui recouvraient l'énorme tête endormi de Pengon. Ses écailles blanches libéraient une Lumière presque sensorielle et semblait vivre au rythme que la grotte...

« On a toute la nuit. »