Salut à tous ! Et non je ne suis pas morte ! XD
Je reviens avec un grooooos chapitre. Dans tous les cas, je vous remercie vraiment à tous : elotstl, fayerr, Dark Frozen VI, Little Sayuri, LumenVulpis, RanxSHin59, LittleTooh, skells99 et Mamou !
Je m'attendais pas à autant de soutien ça me fait énormément plaisir, du coup j'ai honte d'être toujours aussi en retard... x) Mais ne vous inquiétez pas, je vous le redirais tout le temps jusqu'à ce que je me rassure moi-même : JE SUIS TOUJOURS LÀ. XD
*Ma petite dent, ton commentaire me ravie toujours autant et je pense que tu n'as pas fini d'être surprise par la suite ! ^-^
*Ma Lili, pour répondre à ta question, Eret sera bien dans ma fanfiction mais dans looooongtemps x)
* RanxShin59, petite coquine va publier toi aussi ; nous sommes toutes les deux souvent coupables de nos retards. x) Naaaaan je suis tellement contente d'avoir une review de ta part, t'es mon p'tit rayon de soleil :3 Bientôt, je te sortirais une review d'enfer.
* Fayerr, mon ange démoniaque, mon dieu que ça fait longtemps, j'espère que je te manque pas trop XD J'ai été choquée par la taille de ta review, c'était satisfaisant de la lire tu ne sais pas à quel point ça m'a fait plaisir ! Toujours aussi tarée... Je ne réclame que ça, sors ta tronçonneuse pour ce chapitre, peut-être en auras-tu besoin ? ^-^
*Dark, merci de ton soutien, ça fait toujours plaisir. Bonne chance à toi pour tes écrits en tout cas.
Bon, soyons clair, ce chapitre est gééééant. Le PDV, toujours aussi 100% féminin. Vous risquez d'en apprendre des choses ^-^
Bonne lecture à tous ! On se retrouve en bas.
Chapitre 10 : La destinée d'Emma
J'ai toujours été facile à cerner. Dans la plupart des cas, les gens savent me voir à la fois comme la fille la plus banale et la plus cool qui existe. Ce qui, en soit, est quasiment vrai. Je sais aborder les critiques qui me sont lancées sans difficulté. C'est sûrement pour ça que Léanne et moi nous sommes proches depuis notre arrivée. En fait, je ne sais pas grand chose, c'est une fille discrète et moi aussi, seulement on sait toutes les deux que les gens nous regardent bizarrement ; c'est un fait. Alors tout de suite, on se sent moins seule.
Enfin bref, je ne sais pas pourquoi je divague là-dessus… Sachant pertinemment qu'actuellement ce n'est pas moi la fille jugée… Mais Astrid. Je ne fais pas partis de ces gens qui se mettent à critiquer leur propre amie simplement parce qu'un malentendu s'est fait entendre (et je suis certaine que s'en était un) seulement, le problème est que, là, devant ces portes donnant sur la salle d'étude pleine à craquer, elle venait littéralement de se faire humilier.
Humilier et donner une réputation peu recommandable.
Alors, Harold s'est levé comme un dingue et sans mentir vous savez quoi ? Moi aussi j'en avais envie. On en avait tous envie. Après tout, elle faisait partie du groupe, peu présente ou non ! Et personne ne comprenait son attitude parfois. On savait tous ses problèmes avec Harold sans trop de détails (à part moi) mais on savait aussi que Kyle était le plus gros enfoiré que la Terre n'ait jamais connu !
Ce qui nous étonne depuis qu'on sait leur relation, c'est qu'est-ce qu'elle fou avec lui ? On était tous perdu. Et la moindre question qui pouvait lui être posée, elle y répondait en toute confiance. Qu'est-ce qu'on pouvait y faire si elle était heureuse ?
C'est sûrement pour ça que continuer le plan d'Harold à ce moment m'a refroidi. Moi je m'en fichais qu'elle se démontrait en public. Elle a le droit de passer des moments avec Kyle ; alors après qu'elle se montre avec lui ce n'était pas mon soucis principal mais ça prouvait partiellement qu'elle était bien avec lui ! Alors pourquoi devrais-je écouter Harold et briser son couple en créant des conflits de jalousie ?
Vous savez j'ai appris à le connaître en quelques semaines, ce n'était pas trop difficile après tout… Par contre, ce que je n'ai jamais réussis à comprendre c'est pourquoi avait-il cette telle envie de venger l'attitude arrogante qu'elle ait pu avoir avec lui ?
« Harold, rassis-toi. » A dit Léanne.
Il l'a écouté mais j'ai senti de la colère à travers ses gestes. De la colère et du dégout. Léanne m'a jetée un regard qui partageait ma perplexité et la porte s'est refermée. J'ai posé ma main sur celle d'Harold et son regard s'est planté dans le mien. J'ai senti la demande venir à des kilomètres.
Je lui avais promis… Mais devais-je sincèrement revenir en arrière et refuser ?
« S'il vous-plait, ne vous laissez pas déconcentrer par ça… A dit Lucy avec peine.
- Je ne l'avais jamais vu comme ça, a soupiré Luna d'une petite voix.
- Il ne sait rien passer, arrêtez de faire une fixette sur ça comme si elle venait de se faire agresser. » A grommelé Margaux, la jeune pèlerin.
Bizarrement, tout le monde l'a fixé, comme si elle venait de sortir des mots qui donnaient réponse à tout.
« Ce Kyle dont vous parlez la prend pour un objet ambulant. »
Un pèlerin à l'allure viking s'était ajouté à notre table et au regard de Margaux, je devais comprendre qu'elle le connaissait. Il avait des rayures noires sur les joues (couleur dark des pèlerins) et ses vêtements étaient légers. Sa petite taille et son corps légèrement imposant le rendait quand même un peu ridicule.
« Rustik casse-toi.
- Qu'est-ce que t'as ma belle, t'es pas contente de me voir ?
- Casse-toi je t'ai dis.
- J'ai entendu votre petite discussion. Je viens en paix.
- Bahahahahahha t'es dans ma classe, je sais parfaitement quel genre de con tu es. Vas t-en d'ici !
- M-a-r-g-a-u-x… Je te rappelle que ta réputation de trainer avec des Sentinelles a gâché ta vie. Alors la ferme !
- Mais je vais te botter le c… !
- Margaux ! C'est bon arrête. Laisse-le parler un instant.
- Sérieux Harold, les mecs comme ça faut pas les écouter ! Il vient faire genre que Kyle est un connard alors que lui-même est un foutu violeur.
- T'es si naïve que t'écoutes les rumeurs ? »
Ce Rustik semblait vraiment énervé. J'en mettrais la fin de mes lunettes, mais il avait l'air plus sincère que méchant.
« Je suis pas un pote de Kyle déjà alors ne vous mettez pas à tout confondre. Je fou peut-être le bordel mais je suis pas taré pour autant. Enfin pas autant que les jumeaux Thorston.
- Tu les connais ? Rigolais Léanne.
- Si je les connais ? Ça fait bien longtemps ! Si tu savais. Ces deux têtes de moutons méritaient plus leur place chez les pèlerins que moi. »
J'ai rigolé. Imaginer Kognedur et Kranedur chez les pèlerins ne collait pas du tout avec ce que je connaissais d'eux. Surtout que Léanne et moi on aimait passer du temps avec eux quand c'était possible.
« Tout ça pour dire que Kyle est loin d'avoir de bonnes attentions sur votre amie la blonde. En couple ou pas, je sais pas c'est quoi leur jeu mais à votre place je m'en mêlerai pas.
- Comment ça ? J'ai demandé.
- T'as déjà vu Kyle à l'action ? C'est un malfaiteur ! Tout ce qu'il sait faire c'est faire du mal aux faibles. Notamment les Lumières, il les considère comme des érudits trop con pour se servir de leurs bras.
- Merci… Ont grogné Varek et Lucy.
- Désolé y a rien de personnel ahah !
- Si tu sais partiellement que Kyle est un dingue qui frappe des élèves, pourquoi tu ne viens pas porter plainte auprès de Mr. Wester ?
- AH ! Tu m'as pris pour quoi la rousse ? Je suis pas une balance ! Non ! Je suis un Jorgenson OUAIS OUAIS OUAIS. Ma fierté au dessus des autres et puis c'est pas mon soucis ! D'ailleurs tu sais quel genre de merde il pourrait m'arriver si je dénonçais Kyle ? Marty, Tanguy et cette bouffonne de Roxane ont déjà mauvaise réput' auprès des profs avec leur violence mais si en plus je dénonce Kyle, la réputation des Pèlerins est finie !
- Sans blague, notre réputation est la même depuis des années ça change rien.
- Écoute Margaux, tu sais très bien qui tu es. Regarde-toi tu traines avec des Sentinelles et des Lumières, les classes les plus détestés chez les pèlerins. Pourtant tu t'en fiches de ce que pense ton rang ! Viggo Grimborn, Motcha Loris, Lops et Tina… Ces gens tu les vois trainer avec qui.
- … Bah personne. Ils sont seuls.
- Exactement ! Ces pèlerins là sont des gens comme toi ! Ils se contentent de faire ce qu'ils veulent ! Ils ne suivent pas le reste de la troupe ! Viggo est respecté parce qu'il sait être plus malin que les autres. Motcha parce que c'est un génie qui ne sait rien faire d'autre qu'exploser des bombes sur la tronche de ceux qui l'emmerdent. Lops parce que sa personnalité est trop différente des autres et Tina parce que ses parents étaient des assassins. Ces gens là sont dingues mais c'est grâce à eux que notre classe tienne ! Ils redressent la pente ! La plupart des profs n'entendent pas parler d'eux donc ils se doutent que les pèlerins ne sont pas ENTIÈREMENT des futurs meurtriers assoiffés de sang ! Enfin… Je grossis un peu la chose mais… Nous les Jorgenson on a pas fait de bonnes choses. Seulement, ne croyez pas que chaque Lumière est sage. Que chaque Sentinelle est fidèle à ses amis ou que chaque Aliéné est forcément un fou à lier ! N'importe quelle personne peut-être un meurtrier ! »
Personne n'a parlé.
« Je ne peux pas dénoncer Kyle. Ni me mêler de ses affaires… Et je ferai de même pour vous ! En fait je tiens à ma peau vous savez. (Il a rigolé nerveusement) Mais faites vous bien à l'idée que…
- HÉ RUSTIK. RAMÈNE TES FESSES ICI ON A BESOIN DE TOI.
- OUAIS J'ARRIVE. Désolé il faut que j'y aille, je pense on se reverra.
- Hé attends ! Tu n'as pas finis de… »
Mais il était déjà partit. Et je peux vous assurez que ça a foutu un blanc terrible à notre table. Même moi qui passais le plus clair de mon temps à m'endormir, j'étais loin de penser à cela pour le moment. Alors, j'ai serré la main d'Harold encore plus fort.
Lorsque la fin des études est arrivée, nous sommes tous sortis un par un sans trop de précipitation.
« Il voulait dire quoi exactement ce Rustik ? Qu'on devrait se méfier pour Astrid ou les laisser gérer leurs problèmes tout seul ?
- Aucune idée Varek, a dit Lucy, mais je pense que pour le moment il vaudrait mieux penser à autre chose et attendre la suite des évènements. »
Harold a gardé le silence depuis que Rustik est arrivé à notre table. Il était blanc comme un linge mais semblait réfléchir intensément comme s'il ne savait pas quoi faire. Moi même j'étais désorientée…
Tout était trop mystérieux ici.
Nous sommes sortis. Les autres se sont éloignés tandis qu'Harold et moi restions dehors, devant les grandes portes.
« Écoute Harold, je sais pas ce que tu comptes faire mais… »
Et il m'a embrassé. Là, comme ça, d'un coup et je peux vous assurez que je n'avais rien prévu ! C'était dingue. J'avais reçu un électrochoc en pleine poitrine, j'étais incapable de bouger et le plus étrange dans tout cela c'est que lui, semblait y mettre tout son cœur… Mais je ne pouvais pas résister. Je n'y arrivais pas.
Alors, une fois qu'il s'est décollé, la bouche entrouverte, je n'ai réussis qu'à lui demander :
« À quoi tu penses sérieusement ? »
Et il n'a rien trouvé de mieux qu'à me répondre :
« J'en sais vraiment rien. »
OoO
Repenser à cela, un vendredi matin, en Histoire de Pendragon, c'était franchement la chose la plus incroyable que j'ai pu réaliser sans m'endormir ! Mme Vestibule était d'un ennuie mortel sans nom et le pire c'est que c'était vraiment dommage car ses cours méritaient vraiment grande attention ! Après tout, ils racontaient des choses importantes dans notre programme ! Bien-sûr je parlais pour moi hein, parce que pas mal de personnes semblaient s'intéresser à ce que cette prof reptilienne raconte.
« Notez-le. La guerre de 1639 a été la faille de trop. Avant cette tragédie, les premiers dragonniers se cachaient dans différentes contrées de l'Europe pour passer inaperçu aux yeux des leurs.
- Attendez ! Attendez ! Vous pouvez répéter ? Demanda Pauline.
- Va te gangrener à la Fosse Pauline. (C'était une expression extrêmement vulgaire qu'employait souvent mme Vestibule pour nous demander d'aller nous faire voir… Ouais. Difficile de s'en remettre) … Mais le tout premier véritable dragonnier à s'être montré aux yeux de tous… Évidemment vous vous en doutez bien, c'est Aldrik Pendragon. Mais avant de connaître ses exploits, il est important de savoir qu'Aldrik était avant tout un homme comme les autres, qui cultivaient des navets pour survivre sur ses terres.
- Plutôt enrichissant comme pratique… Ai-je marmonné en griffonnant deux trois mots sur mon parchemin.
- L'histoire que je risque de vous contez par la suite promet d'être étonnante…
- TIN TIN TIIIIN !
- Noah Enson, vous voulez que je vous brule les poils du crane pour rendre intelligentes vos bêtises ? »
La classe a ricané.
« Je voulais juste donner un peu d'ambiance m'dame.
- Garde tes remarques de cancre pour toi.
- (chuchote) Depuis quand je suis un cancre…
- Aldrik Pendragon a perdu sa famille dans une situation des plus affreuses qu'il soit. Comme beaucoup de monde, il a fini orphelin à 8 ans, démunie de ses parents et de sa sœur, tous disparus du monde à cause de quelques dragons de passage. Il a dut se débrouiller seul et comme beaucoup, il souhaitait du fond du coeur venger cette injustice… Hum, prenez votre livre s'il vous plait. ET EN SILENCE. Grâce à quelques archives nous allons tenter d'expliquer comment Pendragon est-il passé de chasseur…
- À dresseur. » A incanté tout le monde (en lisant exactement le titre du livre « De chasseur à dresseur, volume 1 »)
La suite ne fut que plus ennuyante. Bien que l'histoire de notre parrain à tous est d'un intérêt bien grand, mme Vestibule la rendait affreusement somnolente… Ou douloureuse.
« ENSON SI TU CONTINUES À TE FOUTRE DE MA GUEULE JE VAIS T'ENVOYER CHEZ MR WESTER.
- Et je souhaite à personne de se retrouver face à lui, a ajouté Harold.
- JE VOUS AI PAS SONNÉ HADDOCK.»
Bon, bien entendu, le cours a fini à temps et la prof a pu finir sa petite histoire que nous étions empressée d'apprendre pour la prochaine fois en vue d'un joli test écrit… Ouais. Sauf qu'en parallèle les gars, et beh moi, je n'avais rien noté du tout à part « Aldrik Pendragon, orphelin. » C'est qui, qui allait se permettre de gratter le cours ? La petite Emma ! La seule bonne note c'était sûrement la fin du récit de mme Vestibule, une fois la dernière heure passée, qui nous avait tous rendu bouche-bée.
« Si Pendragon est devenu dragonnier c'est avant tout car il a eu le coeur bien plus grand et l'esprit bien plus ouvert que sa génération. Il savait que nul ne méritait de mourir sous les flammes d'un dragon, comme sa famille… Mais il savait aussi que les dragons ne méritaient pas le même sort. Son fidèle compagnon fut un dragon de Laiton, celui qu'il a suivi durant tout son cycle, aux côtés de la Mère Laiton qui a été alors, le premier dragon a paraître inoffensif aux yeux de notre héros alors qu'il souhaitait s'abriter dans une grotte pour la nuit. Il a survécu de nombreux mois avec eux. Il s'est intégré. Comme un sauvage peut-être, mais il a pu ouvrir les yeux sur la véritable nature de l'espèce des dragons et apprendre leurs plus grands secrets. Un jour, la grotte qui leur servait de refuge fut malheureusement détruite par des chasseurs et la mère Laiton succomba avec ses œuf… Sauf un. Car après avoir sauvé l'oeuf, Pendragon s'est promis de protéger l'être au fond jusqu'à sa mort pour ne plus avoir à regretter ses gestes. Il a élevé et aimé ce dragon plus que n'importe qui et s'est passionné pour les différentes espèces de dragons qui lui ont permises de créer son journal personnel, grâce auquel nous avons pu récolter la plupart des informations. Si le dragon de Laiton est une espèce reculée comme les autres, elle en est devenue aujourd'hui bien que trop rare. Le seul dragon de Laiton dont l'existence nous ai connu aujourd'hui possède ce lien infrangible depuis des siècles créé par l'amour que Pendragon avait pour lui. Et ce dragon, c'est Pengon. »
Cette journée avait commencé fort. Je ne savais pas trop quoi en penser sûrement trop fatiguée pour réfléchir comme penserait les autres. J'avais beau paraître tout le temps dans les vapes, je ne supportais pas cette idée d'avoir la réputation d'une feignante qui ne pense qu'à dormir ! Parce qu'on fond c'était entièrement faux ! Bon ok, enlever le « entièrement » mais en attendant, j'étais loin d'être aussi débile qu'on pouvait me prendre !
« Encore endormie Emma ? A demandé Ingrid en me bousculant.
- Non tout va bien.
- Hé, ne sois pas si grognon. Je te taquine tu sais.
- Désolée Ingrid, je suis pas mal dans mes pensées aujourd'hui alors je prends tout mal.
- Tu ne comptes quand même pas rester dans cet état d'esprit alors que les activités plein air vont débuter ?
- J'en sais trop rien. »
On marchait d'une allure plutôt rapide dans les longs couloirs de l'école bondés d'élèves où l'on devait parler fort pour être sûr de se faire entendre. Léanne nous a rejoint rapidement, un livre contre sa poitrine, essoufflée.
« T'as intérêt à t'amuser avec nous. Pour une fois on se rassemble tous ! Il y aura même Margaux ! S'il le faut on te poussera sur la piste.
- Ouais ouais c'est ça, je suis peut-être binocle mais je suis pas idiote pour autant ! On verra c'est qui qui mettra l'ambiance dans cette troupe de looser. »
Les activités plein air avaient lieu le vendredi matin deux heures après l'histoire. On ne donnait plus d'heures précises car avec le temps on finissait par en perdre la notion. C'était une façon d'exercer diverses activités plus ou moins importantes, entrainantes, enrichissantes… C'est surement une première pour vous de nous voir à l'oeuvre ce jour là. C'est assez amusant, l'école semble se transformer en colonie de vacances pendant ce court temps d'offrandes.
« J'aimerais réserver des places pour les courses de dragons. Harold veut y aller aussi, ça vous tente ? Demanda Léanne d'un ton enjoué.
- Regarder non, mais y participer oui !
- Ingrid…
- Quoiiii j'ai le droit de rêver un peu non ? Je sais qu'il n'y a que les vrais dragonniers qui puissent y participer mais enfin…
- J'irais si ça peut te faire plaisir mais pas sûr que ça m'intéresse vraiment, j'aurais préféré faire les combats, dis-je.
- Pour te rendre aussi ridicule que nous aux entrainements ?
- Faut qu'on s'entraine sérieux, je tiens pas à perdre ma place lors du premier test ! Je te rappelle qu'il a lieu dans peu de temps. »
Au moment où l'on sortait vers la cours principale, nous venions de nous faire doubler par Astrid qui semblait presser de s'en aller quelque part. Je n'avais aucune honte de rester avec elle, aucun de nous ne l'était. Si je vous dis cela c'est parce que depuis l'incident d'hier, la plupart des élèves se retournent sur son passage en rigolant mais ça nous importe tous.
« Astrid ! »
Elle était un peu étrange dans sa gestuelle. Bon, après je ne pouvais rien juger car je ne la connaissais pas encore parfaitement mais quand elle se retourna vers nous, son sourire semblait complètement forcé.
Je ressentais un énorme remord à l'idée qu'Harold ait pu m'embrasser la veille juste pour lui donner de la peine. Déjà, un, je me sentais mal dans ma peau ! Quelle idée d'embrasser un garçon juste pour faire semblant ! Bon ok Harold n'est pas n'importe quel garçon ; le genre que beaucoup rêve d'avoir, même s'il en doute fortement malgré lui. N'empêche que c'était loin d'être dans notre « contrat » et que j'avais encore du mal à avaler cela ! Surtout vis-à-vis d'Astrid, je trouvais cela monstrueux de devoir lui faire subir ça alors qu'elle était entrain de vivre une dure période.
Elle s'est approchée de nous mais en tâchant de ne regarder que moi. Ingrid a baissé la tête. C'était sa meilleure amie alors je suppose qu'Ingrid devait s'attendre à ce qu'elle vienne lui parler … Pourtant, Astrid ne s'est adressée qu'à moi :
« Emma, est-ce que je peux te parler un instant ? »
Ingrid a semblé surprise -et je peux la comprendre- mais je ne pouvais pas refuser alors je l'ai suivi un peu plus loin. Nous nous sommes assises dans l'herbe, au milieu des quelques dragons qui mangeaient ou s'amusaient à se courir après, elle gardait la tête baissée et des cernes se superposaient sous ses yeux.
« Qu'est-ce qui se passe Astrid… ? »
En vérité j'étais un peu inquiète à l'idée de me faire massacrer.
« Écoute, je sais que tu t'inquiètes pour moi. Que vous vous inquiétez tous pour moi. Mais je veux juste que vous ne vous mêlez pas de mes affaires. Je vais bien.
- On veut être là pour toi après ce qui s'est passé hier soir.
- C'était rien du tout, j'ai l'habitude.
- Astrid… Ça n'avait rien de réel du tout, hein ? »
Elle a gardé le silence, la tête toujours dirigée vers le sol mais lorsqu'enfin elle a levé son regard vers moi je sentais pourtant quelque chose de différent.
« Tu as l'air épuisé.
- J'ai pas beaucoup dormi c'est vrai, sourit-elle, mais ça va. Je m'en fiche de ce que dise les gens et puis Ingrid est là pour moi quand j'ai besoin de parler.
- Pourquoi tu m'as emmenée à part alors ?
- Parce que… Je souhaitais te dire que j'étais contente pour Harold et toi.
- Hein ? »
Tout à coup l'histoire me revint en mémoire et je fus à deux doigts de m'exclamer « AH… Ah… NON NON C'ÉTAIT UN FOUTU PLAN POUR TE RENDRE JALOUSE » Mais quelle idée de lui balancer ça à la figure, maintenant, alors qu'elle avait un sourire incroyablement sincère ?
« Je vous ai vu, Harold et toi hier.
- Ah… euh… (Je me suis mise à tousser, j'étais dans un mal terrible) Et bien personne est encore au courant.
- Ne t'inquiète pas, j'attendrai qu'ils le soient dans ce cas. Pourquoi es-tu aussi rouge, tu sais c'est normal d'avoir un béguin pour lui, j'ai les moyens de te comprendre ! »
Elle rigolait mais nerveusement. Si vous saviez à quel point je me sentais coupable à l'instant même de devoir dire le pire mensonge de ma vie. Mais j'étais dans une terrible impasse ! Lui dire que c'était entièrement surjoué pour la fameuse raison ne ferait qu'empirer notre relation, à nous, mais aussi entre Harold et elle…
Mais dans quoi je m'étais embarquée…
« Tu sais Astrid, Harold t'apprécie beaucoup… Tu es une amie pour lui.
- Une amie. Le problème Emma c'est que c'est la définition qu'il pense me donner. On ne peut pas être amis… Il… Il ne se rend pas compte. Vous êtes ses amis. Pas moi.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Harold et moi avons passé le début de notre séjour ensembles, c'est vrai mais nous n'avons pas eu le temps de nous connaître pour autant alors j'ai du mal à cerner notre relation. Je ne sais même pas comment elle a pu dégénérer... »
Elle semblait triste de se l'avouer mais il est vrai que moi-même j'étais incapable d'y trouver une réponse.
« J'ai l'impression qu'il s'acharne sur moi. Enfin, tu vois, il me fait rien de spécial mais rien qu'à sa façon de me regarder je sens qu'il me hait et…
- Il ne te déteste pas Astrid, il t'apprécie vraiment beaucoup… Le truc c'est que tu as été désagréable avec lui et…
- Si j'avais pu retourner en arrière, j'aurai pu m'éviter cette attitude.
- Qu'est-ce qui t'as pris ?
- Sans te mentir, je ne sais même pas ce qui m'arrive tout court.
- Est-ce que Kyle te fait du chantage ?
- Non… Non.
- J'ai l'impression que toute cette histoire a un lien avec lui.
- Non.
- Écoute Astrid… On nous a rapporté que Kyle n'était pas fréquentable. On ne peut pas te dire quoi faire car c'est toi qui dirige ta vie mais… On ne veut pas qu'il finisse par te faire du mal.
- Emma -elle m'a sourit tendrement- c'est très gentil de t'inquiéter à ce point, mais Kyle me rend heureuse. Il m'aime, alors même s'il a une sale réputation, il n'en joue pas sur moi. Je te l'assure. »
Mes yeux ont dérivé sur son visage. J'ai arrêté de sourire.
« Alors qu'est-ce qui t'est arrivé ? » (J'ai désigné les légères marques bleues sur l'arcade sourcilière et sa joue.)
Elle a rit.
« Oh non, arrête ne commence pas à devenir parano ! Hier en m'entrainant,je me suis cassée la tronche violemment, j'espérais qu'en mettant cette pâte ancienne bizarre ça pourrait camoufler un peu.
- Je te pensais plus douée que ça. (Elle était détendue, alors je l'étais aussi.) Désolée de te porter des hypothèses un peu violentes.
- Ce n'est rien, je peux comprendre…
- Tu devrais parler à Harold.
- Je compte le faire prochainement, j'aimerais qu'on devienne vraiment amis cette fois. »
Son sourire avec rosit légèrement ses joues. Pour autant, elle restait d'une impassibilité et d'une force mentale incroyable.
« Je pensais que ce serait Lucy qui l'aurait eu en premier. »
Je n'ai pas pu m'empêcher de rire.
« Comment ça ? Ils sont inséparables mais beaucoup trop amical pour envisager plus.
- Impossible de nier, qu'elle, ne ressent rien pour lui.
- Tout de suite ! Tu prends Harold pour un bourreau des coeurs ?
- Je ne pense pas qu'il envisagerait de briser quelqu'un sentimentalement, enfin je l'espère pour toi Emma, mais c'est le genre à plaire c'est clair. »
Nous avons continué à parler un peu jusqu'à en oublier toutes les deux nos tracas puis nous avons fini par nous lever :
« Il serait temps d'aller rejoindre le groupe. C'était agréable de parler avec toi Emma, nous en avons eu jamais l'occasion. »
Et nous sommes partis vers la rue des Lumières en espérant pouvoir trouver nos amis.
J'étais étonnée de voir qu'Astrid prenait bien le fait qu'Harold et moi ''soyons ensemble''… Dans le sens où elle ne s'était pas énervée. Je décelais tout de même une pointe de déception en elle ce qui ne manqua pas de me rendre fébrile en repensant à ce qu'Harold voulait faire.
OoO
La ruelle animée de Pendragon n'avait pas changé d'un millimètre depuis la dernière fois. Mr Thiez, le dragonancier, analysait scrupuleusement un sac de bourse avec une loupe comme s'il s'attendait à le voir piéger. Le magagin Pantalotchi, magasin de vêtements, était toujours aussi attractif, seulement, deux employés supplémentaires à l'allure de lutin gardaient les portes du magasin en acclamant « Vous souhaitez devenir une valkyrie de compet' ? Faites un tour dans nos rayons et devenez trop bons ! »
Ouais bon, je dois avouer que ce coup là, je n'avais pas pu m'empêcher de rire !
"Arm' tout" était pas si lointain et exposait de nouvelles armes qu'une vieille femme nettoyait avec un vieux chiffon.
« Nouvelle collection ce mois-ci ! Plus tranchant, plus de sang ! »
Ni plus ni moins.
"Odin & co" n'avait pas changé de rayons de son côté. Ce magasin vendait des produits pas très esthétiques et surtout pas très légaux en général mais leur devise récitait « Jeunesse pompette, jeunesse éternelle. » pour dire… Enfin, je pense que vous pouvez imaginer de vous même quel genre de fumettes ils pouvaient vendre hein.
Enfin, Astrid et moi avons marché jusqu'à ce que nous repérons Léanne et Margaux devant la bibliothèque, entrain de discuter.
« Tu devrais vraiment te plonger dedans sans que je sois là pour t'apprendre les bases… Je ne serais pas là pour t'aider aux tests.
- Je fais de mon mieux pour y arriver je te signale, me prends pas pour une débile non plus…
- Saluuuut… J'ai tenté d'incruster, où sont les autres ? Les activités ne sont pas censées se dérouler ?
- Ah Emma...Euh… Je sais qu'aujourd'hui ils ont divisé dans la cours principale ET secondaire.
- Génial, on a pas fini de les chercher.
- Harold est partit chercher Lucy et Varek à leur sortie de cours je crois. Ingrid on l'a vu passer avec son frangin, a grommelé Margaux.
- Ingrid ? Avec Dagur ? Mais qu'est-ce qu'elle fiche avec lui ? A répliqué Astrid.
- Qu'est-ce que j'en sais moi !
- Déjà, sachez-que j'ai réservé les places pour les courses de dragons ! Elles commencent dans… Hum... »
Léanne a déplacé son regard vers le ciel. Je pensais qu'elle avait vu un truc d'intéressant mais en fait, elle devait simplement tenter de se faire une notion du temps. Enfin, je crois.
« Une demi-heure.
- Désolée rouquine mais on a pas tous une horloge dans les yeux…
- C'est bon Margaux, c'est simple, a dit Astrid d'un ton un peu agressif, il suffit de situer la position du soleil. »
J'ai ris du ton grincheux de Margaux ; au fond elle était drôle.
« Et si on commençait par aller dans la cours secondaire, j'ai proposé, dans le pire des cas si on les trouve pas on se retrouvera aux courses ! Ils viennent avec nous Léanne ?
- Évidemment ! Il n'y a qu'Ingrid qui m'a avouée ne pas en avoir envie, mais bon elle fait ce qu'elle veut ! » M'a t-elle dit d'un ton toujours aussi enjoué.
Et notre longue balade a commencé.
La cours Secondaire est apparue face à nous plus éclatante de joie que jamais. C'était la fin de l'été depuis un moment, pourtant on pourrait s'y croire encore. L'endroit ressemblait à une foire géante mais version dragonnier-vikings pas mal. Mes parents m'avaient bien prévenus que de tous les cours, ces deux heures seraient les meilleures de la semaine et je pouvais parfaitement comprendre ! Plusieurs semaines que nous sommes ici, et j'ai encore du mal à m'y faire tous les vendredis ! L'endroit était bourré de dragonniers volant avec passion et vitesse ! Si il y a bien une chose que j'attendais c'était pouvoir être à leur place. Une musique festive retentissait dans l'air sain de l'école. Tout le monde sautait, dansait, courait partout. Dans un coin, des combats faisaient rage et le gagnant pouvait remporter sincèrement le laurier de « la plus fidèle épée ». Ouais je sais, ils auraient pu faire mieux. Mais ça donnait envie d'y participer quand même, surtout que contrairement aux entrainements, durant ces heures, toutes les classes étaient mélangées et tout le monde s'acclamait ce qui était je dois dire, assez exceptionnel. Évidemment, il y avait un concours du mangeur le plus rapide, des dragons en service libre qu'on pouvait approcher exceptionnellement en tant que débutant, une piste de danse, des bars en quantité, des jeux divers comme les fléchettes pichenettes (Les pichenettes sont bien des dragons, mais de tailles si fine et si pointue qu'elles servent de jeux ; ces pauvres bêtes. Heureusement pour elles, ça ne semble pas les déranger.) et même des endroits… Qu'ils considèrent rarement acceptables.
« Est-ce que je rêve ou…?
- Qui est partant pour une tournée d'opium ? » Sourit Margaux.
En effet, un coin d'herbe regroupait tout un tas de jeunes gens se partageant différentes formes… De… De… Bah drogues.
Si on m'avait dit que cette école de discipline et de sérieux accepterait un truc aussi débile et dingue, je crois que j'en serais morte de rire. Et puis, est-ce que c'était mauvais pour les dragons autant que les Hommes ?
Nous avons fini par retrouver Harold, Varek et Lucy, ils étaient assis dans un coin d'herbe, entourés parallèlement d'autres dragonniers et ils... Dessinaient, sauf Varek qui lisait pas loin derrière eux le manuel de dragologie. Un dragon rouge vif au centre qui semblait de ma mémoire être un bébé cauchemars monstrueux, semblait être leur muse.
On aurait dit une secte, c'était assez flippant. Margaux a levé la main pour qu'ils nous repèrent et une fois fait, ils se sont levés discrètement pour ne pas déranger la troupe et nous rejoindre.
J'ai tout de suite remarqué le regard insistant que se sont lancés Harold et Astrid. Pour autant, ils ne se sont rien dis, comme si quelque chose bloquait leur envie de s'adresser la parole… Et Harold est passé sous son nez pour venir se positionner à côté de moi.
J'ai adressé un sourire encourageant à mon amie, pour qu'elle ne tarde pas à envisager une discussion sérieuse avec lui. Ça commençait à devenir embarrassant.
Nous nous sommes ensuite baladés tous ensembles, puis nous avons fait le tour des activités que nous avons regardé ou participé. Nous nous sommes principalement arrêtés dans la zone de combat. C'était un cercle fait de sable, entouré de barrières en bois dans lequel les participants se positionnaient, le but étant de faire tomber en premier son adversaire… À la vue de ce spectacle, c'était toujours hilarant… Par ailleurs, à ce moment, nous avions de vue trouver les meilleurs participants qui puissent exister.
« ESPÈCE DE TROLL JE VAIS T'APPRENDRE LE RESPECT. OSE ENCORE DIRE DES CHOSES AUSSI AFFREUSES SUR NOTRE PÈRE ET JE TE TUE ! »
Ingrid contre Dagur.
Ouais.
Amusant je vous dis.
Dagur rigolait comme un fou en esquivant chaque coup qu'Ingrid tentait de lui affliger. Pourtant, tout le monde sait à quel point son talent pour le combat est reconnu… Apparemment, quelqu'un était capable de la détrôner maintenant.
« Aller frangine ! Je sais que tu peux y arriver ! Essaye encore une fois ! »
Les Aliénés et les Sentinelles autour des barrières acclamaient Dagur comme un roi et à côté, Ingrid paraissait épuisée, complètement ignorée. On était un peu sous le choc de voir ça alors nous nous sommes ajoutés à la foule en l'acclamant, même si on devait être les seuls.
« T'entends ça frangine ? Ton fanclub est venu juste pour toi, ce serait dommage de les décevoir. AHAHAHAHHAHA ! »
Il a esquivé un coup de poing en contre attaquant et cette fois-ci, notre amie fut touchée. Une vague de silence traversa la foule qui poussa des « ohhhhhh » à la suite, suivi de « DAGUR JE T'AIME » sans peine. Harold et moi nous regardions en pouffant de rire. Suite à ses compliments, l'égo du frère d'Ingrid était à son summum, tellement qu'il s'était mis à embrasser ses biceps. Mais Ingrid, elle, dans le silence regardait celui-ci d'un regard meurtrier, la joue un peu rouge. On était sous tension de voir autant de rage dans sa gestuelle si peu expressive… Mais vous savez quoi ? Au fond, on savait pertinemment qui allait être le véritable gagnant.
Notre amie s'est retournée lentement et a entamé une marche de combattante vers nous sous les cris des fangirls attitrées de Dagur. Les jumeaux Thorston en faisaient d'ailleurs partie.
« Passez-moi une arme. » Nous a-t-elle dit.
On s'est tous regardé les yeux écarquillés, un peu surpris par cette demande peu… Normale ?
« Ingrid, tu ne comptes quand même pas zigouiller ton propre frère ? A demandé faiblement Lucy.
- On sait pertinemment qu'il est débile mais au point de lui ôter la vie… J'ai ajouté.
- Arrêtez de faire les saintes toutes les deux et passez-moi une arme, je veux juste me faire entendre. »
Elle nous a sourit d'un air assez mesquin mais ça lui ressemblait bien. Margaux a ajouté avec un sourire de joie intense « J'espère voir du sang, j'attends que ça.» Astrid est passée devant nous en nous lançant un regard rassurant puis elle a passé à son amie un poignard fraichement aiguisée.
« Sois gentille.
- Toujours. »
Dagur s'est mis face à elle, au centre du cercle et a jeté un coup d'oeil au couteau que sa sœur avait en main.
« Ahhhh, tu commences tout juste à prendre les choses enfin au sérieux, frangine ! Amène-toi ! »
Et dans un cri de rage et de détermination, Ingrid s'est élancée d'une allure furtive, passant sous les jambes de Dagur qui ne vit rien du tout venir. Elle lui donna alors un coup de pied dans le dos ce qui le fit perdre l'équilibre mais il se stabilisa au plus vite et fit claquer sa lame contre celle de sa soeur.
« Trop émouvant ces réunions de famille Parenvrille ! Père serait fier de te voir comme ça. »
Et avec une vitesse sans pareille, Ingrid tourna sur elle même, son couteau passant à quelques mètres de la tête de Dagur qui s'était légèrement baissé, une grimace sur le visage.
« Hé ! L'option décapitation s'était pas au programme ! »
Gueulefort et Mr. Brandelet s'étaient faufilés parmi les élèves, à côté de nous et observaient la scène avec un amusement, sans la moindre inquiétude des attentions d'Ingrid apparemment ; ce qui n'était pas mon cas, je ressentais véritablement une certaine appréhension de tout accident pouvant survenir.
D'ailleurs, la scène qui suivit fut assez drôle, car à défaut de ne pas avoir perdu sa tête, la moitié des cheveux roux de Dagur avaient fini dans le sable à présent, ses cheveux ressemblaient à des buissons mal taillés, au carré si vous voyez ce que je veux dire. Astrid était morte de rire.
« Ma meilleure amie ne changera jamais. »
Lui qui ne prenait pas la situation sérieuse jusque là, Dagur piqua une crise et son teint vira au rouge tomate.
« MES CHEVEUX. MES CHEVEUX, MON ATOUT DE CHARME ! COMMENT AS-TU OSÉ FAIRE ÇA FRANGINE ?! NAAAAAAN ! »
Il brandit alors son arme, son long couteau, et attaqua sa sœur qui prit cela à son avantage et contre-attaqua sans problème. Au final, la colère enfantine de Dagur ne faisait que l'épuiser plus qu'autre chose. Il donna un coup de tête à Ingrid qui s'énerva de plus belle et sauta sur lui, tirant ses vêtements dans tous les sens. Ils avaient lâché leur arme et se tambourinaient de coups de poing. Un moment Dagur mordit même Ingrid à l'épaule comme un chien sauvage et Ingrid en profita vainement pour porter le coup fatal bien placé qui le fit tomber au sol : les fameuses noix de coco du corps masculin.
En gros, cette fin de combat avait été si burlesque que personne à part nous et les deux professeurs, se mirent à applaudir. Avant de quitter la petite arène de sable, Ingrid frotta la tête de son frère et lui souffla suffisamment fort :
« Au prochain combat, frangin. »
Et elle sortit nous rejoindre. Elle avait deux ou trois marques rouges au visage mais qui n'allaient pas rester en permanence.
« C'était admirable, a rigolé Léanne.
- Je te remercie.
- T'es complètement dingue.
- Mais non mon cher Varek, je suis une Parenvrille. »
Astrid a mit un bras autour des épaules d'Ingrid et a proposé un arrêt au stand de peinture pour préparer notre mise aux courses.
...
« On est pas tous riche en bourse ici, je vais pas miser sur une course ! » J'ai répliqué une fois là-bas.
Nous faisions la queue devant un kiosque typique, fait de bois où de nombreux bébés dragons trouvaient refuge sur le toit. Les distributeurs de billets étaient si petits qu'ils étaient debout sur le comptoir. Ils avaient des petites ailes noires dans le dos, bien trop petites pour pouvoir les faire voler en tout cas et à priori je vous assure que ça n'avait rien d'un déguisement.
« T'es pas drôle Emma ! M'a dit Varek.
- Toi, le grand savant Varek tu devrais pas être le premier à me faire la morale ! J'ai ris.
- Et si nous faisions des équipes ? Chaque équipe mise sur un concurrent, proposa alors Léanne.
- Je trouve l'idée plutôt sympa, acquiesça Harold.
- Je viens de vous dire que je misais pas…
- Roooh Emma, mise une pièce, ça tue pas.
- Si ça continue je vais aller rejoindre Ingrid.
- Quel boudin celle-là… Grommela Margaux.
- Pardon ? T'as dis que j'étais grosse là ?
- Ahah non tu m'as mal comprise, boudin dans le sens où t'es grognon. »
J'ai soupiré d'agacement. Mes amis se sont mis à rire doucement et Léanne m'a enlacée gentiment.
« Stop, j'aime pas vous m'étouffez, c'est trop d'affection pour moi.
- Alors toi t'es vraiment un cas unique. »
J'ai tout de même souris, gênée. Je n'avais pas l'habitude de recevoir autant de gentillesse de la part des gens. En vérité, on m'a toujours pris pour un gros boulet, j'étais pas souvent aimée autour de moi. Bien-sûr, ça m'importait mais cette haine que les gens pouvaient me transmettre je finissais par l'accumuler et me l'approprier. J'ai finis par devenir extrêmement pudique, et dans tous les sens du terme ! Même une accolade ça méritait grand effort de ma part.
Vous pouvez me croire.
« Bonjour jeunes dragonnets, nous sommes les Gorniens ! Mise faible ou mise débordante ? C'est à vous de choisir ! Pour qui allez-vous miser ? »
Astrid a été la première à s'avancer, visiblement motivée d'assister à cela.
« Quelles sont les meilleures mises ?
- Et bien, en ce moment notre grand champion se trouve être Thork le Sanguinaire, il rapporte le plus de mise mais nous ne pouvons pas nous permettre de porter de véritables réponses quant à ses victoires. Les autres cavaliers du jour sont aussi bons les un que les autres je vous laisse regarder le temps de laisser passer les clients après vous. »
Nous nous sommes alors éclipsés un peu plus loin, le parchemin à la main. On entourait tous Astrid pour observer le nom des concurrents.
« Thork le Sanguinaire est un Dieu vivant, avoua Varek, ce serait logique de miser pour lui, non ?
- Mouaaais, ce ne serait pas marrant, rigola Lucy en sautillant.
- Je connais Arista de nom.
- Ouep, moi aussi Emma, c'était pas une ancienne championne ? Demanda Léanne
- Vous me perdez, je n'y connais rien aux courses moi, je connais que Thork car sa tête est peinte partout sur les boucliers, soupira Harold.
- Bon, je pense que vu notre manque de connaissance, nous devrions voter au hasard… Marmonna Astrid.
- Une équipe Thork et une autre Arista.
- Lulu, t'as vraiment décidée de perdre ta bourse.
- C'pas parce que Thork est le champion actuel qu'il ne pourrait pas perdre aujourd'hui ! Je vote pour Arista.
- Ok, je me mets avec Lu, les rousses ensemble.
- Je suis pas rousse, mes cheveux sont auburn !
- Ça y ressemble.
- Moi je me mets du côté de Thork, pas d'hésitation, dit Varek.
- OK, je me mets avec toi, comme ça j'suis sûr de récupérer mon argent.
- EMMA, ils s'exclamèrent.
- Beh quoi. »
Au final, les équipes furent départagées. Du côté de Thork, la mise touchait : Harold, Varek, Margaux et moi tandis que Arista touchait : Léanne, Lucy et Astrid ; le parfait trio de féministes. Nous étions prêts à aller à l'arène. La course démarrait bientôt.
La partie la plus drôle a été de se donner les couleurs de l'équipe désignée. Arista portait toujours du bleu, alors l'équipe des filles avait peinte des étoiles bleues sur leur joue et achetée deux trois drapeaux acclamant la magnifique cavalière. Nous, portions du orange aux couleurs de Thork le Sanguinaire. C'était un blondinet assez grand, toujours le dos droit avec un égo surdimensionné et il portait fièrement la couleur orange, qualifiant celle-ci de vive comme l'éclair et le feu. C'était un guerrier renommé et un dragonnier exemplaire. Sa monture était un dragon de l'Ombre, des reptiles très effrayants et indépendants, vivant dans des espaces lugubres, souterrains. Le sien était surnommé « Mort subite » et d'ailleurs, sa couleur sinistre opposait les couleurs flashis de son cavalier. Arista elle, possédait un razolame femelle, dignement proche d'elle qu'elle avait appelé Aurore.
Nous nous sommes désignés des places au premier rang facilement car nous étions arrivés plutôt tôt. Cet endroit était entièrement découvert, à l'arrière de la cours secondaire, plein d'herbe et pleins d'obstacles, des catapultes disposées à plusieurs endroits. En vérité, le parcours de la course était même plus grand que ce terrain lui-même, je devais en déduire que les cavaliers s'enfonçaient même dans la forêt de l'Est de nos bancs pour faire le grand tour et longer la côte. En effet, face à la tribune et au terrain d'herbe vaste, le vide s'annonçait à plus 75 mètres de hauteur. On était au bout de notre île en fait, en parti. L'école occupait toute la partie Nord-Ouest de l'île. La forêt d'Eden se situait dans le Nord Est mais perpétuait sur une autre terre à quelques kilomètres d'ici. Le reste, n'était rien d'autre que le territoire de Pengon. (Mes cours d'Histoire pouvaient servir à quelque chose vu ma description)
Dire que cet endroit était chez nous.
Vu de l'extérieur, c'était tellement beau. Je n'avais jamais capté que ce terrain était à l'arrière de la cours secondaire comme mis à l'écart mais au fond, vu sa densité imposante ça pouvait être compréhensible ; surtout vu son utilisation limité à la semaine. Cependant il est aussi raconté que pendant les fêtes de Snoggletog (je n'ai toujours pas trop compris ce que c'était mais bon), certaines compétitions étaient lancées et que d'autres écoles de dragonniers venaient s'y inscrire !
Ainsi, la tribune ici était mise en hauteur, sur piliers en bois sculptés de têtes de dragons. Elle était vraiment grande et pouvait comporter des centaines et des centaines d'élèves et de professeurs ! Pour protéger, des barrières de fer entouraient cette tribune et des étendards de l'école surélevaient fièrement le ciel. Les places se sont vite remplies. Nous étions assis à côté de notre équipe et différente couleur commençait à apparaître dans les tribunes annonçant les différents dragonniers de la course.
Les premiers participants sont arrivés à dos de dragons peu de temps après et on très vite été accueillis par quelques fans. Peu à peu, ils ont pu enfilés certaines de leur tenues de participant et se sont fait maquiller par deux Gorniens femelles. Thork et Arista n'étaient pas encore là. On attendait patiemment leur arrivée !
« Emma, je tenais à te dire…
- Laisse tomber Harold. Je crois savoir ce que tu vas me dire.
- Je veux qu'on parle.
- On parlera plus tard. »
Je lui ai pris la main, sans vraiment le moindre contrôle sur mon esprit. En fait, c'est comme si un instinct m'avait demandé de suivre ce geste mais au final je l'ai vite regrettée car plus loin, je voyais discrètement les yeux d'Astrid entrain de nous observer et son regard semblait refléter son effervescence. Nous avons tous discuté et très vite j'ai tâché de faire preuve de retenu. Le temps est alors passé plus vite : Thork et Arista ont atterri sur le terrain. Jusqu'alors, une foule de dragonniers fanatiques ont couru jusqu'à eux pour les encercler.
« OH MON DIEU C'EST THORKI QU'EST-CE QU'IL EST BEAUUUUUU ! THORKIIIII ! »
Kognedur, que nous n'avions pas aperçu jusque là, s'était mise à crier et à courir jusqu'à la foule.
« Est-ce qu'elle a une massue en main ou je rêve ? »
À peine dépasser le premier rang de femmes en rut, elle donna des coups de massue devant elle, faisant valser toutes les fanatiques devant et passa première devant Thork en hurlant « SIGNE-MOI UN AUTOGRAPHE SUR MA POITR... »
Et le silence qui suivit signifia surement qu'elle fut mise K.O par quelques gardes rapprochés du dragonnier ; à croire que c'était une star internationale… Je ne comprenais pas trop mais bon.
Quelques minutes avant le départ, les tribunes étaient abondamment remplies, du bruit, des applaudissements résonnaient parmi nous et beaucoup chantaient déjà le chant fétiche de l'école.
L'épée à la main, tous ceux qui se tiennent à nos côtés !
Levez haut vos mains ! Pour saluer Odin !
Unissons nos âmes, levons nos étendards !
Les vents glacés de la victoire sont si proches !
« SI PROCHEUUUUUUU.
- Emma, s'il te plait, ria Varek.
- Aller quoi Varek, chante ! Regardez-moi toute cette solidarité ! » Se réjouit alors Lucy, les yeux brillants.
Il y avait une ambiance de dingue, tout le monde s'était déjà levé de son banc, nous nous tenions tous par les épaules, comme une chaine humaine bien soudée, couleurs mélangées, classes et personnalités mélangés, dragons survolant nos têtes . Tout était magique. Incroyable.
Les dragonniers se mirent en position au sol, en ligne. Les premières catapultes étaient armées, prêtes à lancer leur premier ballon.
Euh… Ballon, que dis-je donc, MOUTON.
En effet, les courses de dragons avaient non pour but de franchir l'arrivée en premier mais bien de marquer des points dans les paniers situés sous notre tribune avec des moutons ! Chaque mouton valait 1 point et le noir, unique en son genre et réservé pour le dernier tour, 10 points. Je n'avais jamais assisté aux courses mais tout le monde, nos parents même, en parlaient déjà suffisamment pour que nous puissions connaître les règles par coeur !
« Bien ! Chers élèves, chers professeurs ! Bienvenue à tous ! » Présenta Gueulefort d'une voix forte, les bras écartés avec excitation face à la tribune.
En regardant autour de moi, je remarquai Monsieur Wester, un rang devant moi, sur le siège du milieu – du « chef » surement- qui analysait toujours sans ciller la situation, et surtout sans la moindre joie ou excitation comme tout le monde. Vraiment bizarre ce type.
« Arista, Troski, Ryker, Lard et Mortru ÊTES-VOUS PRÊT À DÉTRONER NOTRE CHAMPIOOOON THORK LE SANGUINAIRE !? »
Tout le public se mit à hurler.
« Il y a mon frère parmi ces dragonniers. »
Un gars assez froid et bien tenu s'était incrusté à côté de moi. En voyant son visage, je ne pouvais que reconnaître celui qui nous avait défendu, le jour où Roxane et ses sbires étaient venus nous chercher.
« Viggo Grimborn.
- Enchanté, Emma.
- Tu te souviens de mon nom.
- Difficile d'oublier ceux que je rencontre, même brièvement. »
Le brouhaha autour de nous semblait presque effacer lorsque j'observais ses prunelles sombres. Il faisait vieux pour un simple étudiant de 18 ans et son esprit reflétait quelque chose de terriblement flippant.
« J'espère que les Pèlerins ne sont pas tous tes ennemis.
- Nous avons une copine dans notre groupe, Margaux, elle est dans ta classe.
- Oui, elle fait partit de notre troupe d'exclu.
- Troupe d'exclu ?
- Les pèlerins basiques se contentent de suivre la troupe, c'est sûrement leur plus grosse faiblesse. Nous les exclus de la classe, on redresse la pente, c'est sûrement grâce à notre intelligence qu'elle survit par ailleurs. »
Ça me permit de repenser à ce que nous avait raconté Rustik la veille. C'était le même discours.
« Ce ne sera pas la dernière fois que je serais parmi vous.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Je suis comme elle (il désigna Margaux d'un signe de tête) et vous aurez besoin de moi. Comme j'aurai besoin de vous. En entendu, j'espère que vous n'avez pas misé sur mon pauvre frère Ryker.
- Ah non, pas du tout.
- Bien assurément, et heureusement. C'est un crétin. »
Je gardai le silence et continuai de le regarder étonnamment. Harold, assit à côté de moi, s'est ajouté :
« Salut Viggo.
- Bonjour Harold Haddock… Emma. Nous nous reverrons. Je l'espère ! À bientôt. »
Et il s'est en allé sans rien dire de plus.
« Attends, tu le connais ?
- Je sais qu'il vous a sauvé la dernière fois et oui, je lui ai déjà adressé la parole, c'est un bon type, te fie pas à son apparence étrange. » Me répondit-il.
Top. Le départ à sonner et les dragonniers ont décollé à vive allure dans le ciel tandis que le premier mouton blanc fut lancé ! Ma conversation avec Viggo fut vite oubliée car je me mis très vite dans l'ambiance compétitive qui régnait entre nous.
Le premier dragonnier à attraper le mouton fut Troski, c'était un dragonnier masqué qui volait sur un mille tonnerre. Il vola en dehors de l'école, au dessus de l'océan et les autres participants le suivaient de prêt. Le parcours était donc différent de ce que je pensais ! Ils avaient des armes en main, comme s'il s'apprêtait à zigouiller le dragonnier et non le mouton. Thork était le seul à hurler comme un faux viking ridicule mais bon, ma mise était sur lui, alors comme mon groupe, j'hurlais tout un tas d'encouragements pour motiver encore plus la vedette.
« ARISTA ! ARISTA ! ARISTA ! » Chantaient Astrid, Léanne et Lucy.
Et comme si tout avait été entendu, la seule femme de la compétition rattrapa la course, collée derrière le mille tonnerre de Troski… Ils volaient au dessus des arbres et vu leur éloignement ils commençaient littéralement à s'éloigner de la piste à moins que le terrain était libre de tout mouvement.
« Rappelons à notre public que la course démarrera vraiment un fois un premier tour passé par la forêt. Une fois fait, le terrain est libre de tout mouvement, une véritable guerre va être lancée dans quelques secondes… Mais qui sera le véritable gagnant ? »
Ils devaient donc éviter d'attaquer tous Troski pour se préserver jusqu'à la sortie de la forêt… Ils commencèrent alors à s'enfoncer dans le bois et nous les perdîmes de vue.
« Un Troski déterminé mais des rivaux futés… »
Thork repassa brièvement au dessus des arbres, son dragon et lui regardant vers le bas comme pour tenter de retrouver la trace de Troski puis rapidement, il disparu à nouveau dans la forêt. Il ne fallut que quelques secondes de plus pour les voir réapparaitre sur le terrain, repoussés par les arbres éveillés de la forêt. Ils se poursuivaient en hurlant, et l'ambiance à ce moment avait doublé de volume, les acclamations étaient plus fortes. Arista avait attaqué la première, donnant un coup de massue dans la tête de Troski qui finissait alors recouverte de peinture bleue. La massue était en vérité gonflée comme un ballon rempli de peintures ! Toutes les armes étaient constituées de cette façon pour éviter toute blessure grave.
Ainsi, Arista reprit le mouton des mains de Troski et enchaina en volant à toute vitesse vers son panier. Elle y accéda en quelques secondes seulement, passa sous notre tribune et balança son mouton dans le but en criant de joie. Sa chevelure châtain volait derrière elle avec grâce. Elle était carrément canon c'était le cas de le dire, elle ressemblait même à une valkyrie !
« ET C'EST ARISTA QUI REMPORTE LE PREMIER POINT ! »
Le second mouton fut lancé. Ryker entra dans la course et l'attrape sans difficulté. S'il était le frère de Viggo, il était bien son opposé… Entièrement chauve, bien plus musclé et surtout bien plus laid… Il chevauchait un aile de la mort, assez surprenant car ce sont des dragons réputés pour rester bien loin des humains. De ce que je sais en tout cas.
La véritable guerre (en jeu bien sur) a vite démarré, et c'était tellement intense ! Les dragons, armures, armes de peintures s'entrechoquaient ! Tout le monde se poursuivait, sautait l'un sur l'autre, attaquait sans gêne dans le but de simplement récupérer un simple mouton.
Ça pouvait paraître ridicule… MAIS NOM DE THOR C'ÉTAIT TELLEMENT INTENSE COMME SPECTACLE !
Lard et Mortru étaient les seuls abrutis de dragonniers à se taper sur la tronche au lieu de suivre le jeu, ils étaient même descendus de leur dragon pour se battre. Leurs fans étaient littéralement entrain de leur balancer de la bouse de yak dans la tronche, c'était mérité et surtout… Beaucoup trop drôle !
Mis à part ça, le jeu était trop interessant, mes amis et moi en étions même à nous bousculer pour faire parler nos rivalités. Aussi, deux autres moutons blancs furent lancés pour ajouter du piment dans la parti. Thork et Arista purent les attraper. Troski tenta de les intercepter mais il reçu un coup de pied violent dans la tête de la part d'Arista et il chuta jusque dans la pelouse, laissant tomber son mouton au sol qui bêlait sans cesse comme un appel à l'aide..
« VAS-Y ARI, DONNE TOUT CE QUE T'AS ! MONTRE LEUR CE QUE C'EST ÊTRE UNE FEMME ! » hurla Léanne de vive voix, ses cheveux roux secoués de partout.
Pensant surement passer facilement jusqu'au but, la dragonnière badass fonça vers la tribune, seulement, Thork lui barra la route au dernier moment, prit son sens inverse et lui vola le second mouton des mains.
« BÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊ ! »
Une chose est sûr, Arista n'était pas contente. Elle tenta de rattraper Thork, lui hurla après, bandant l'arc qu'elle avait dans son dos tout ce temps. Elle décocha sa flèche et tira sans attendre mais la flèche se volatilisa pour se désintégrer en flaque de peinture sur les cheveux blonds de Thork. Malheureusement, ces flèches avaient un effet positif surement que de face car de dos ça ne pouvait pas faire grand-chose à part lui proposer une nouvelle teinture. La cavalière tenta alors de s'élever dans le ciel pour mettre en oeuvre une nouvelle stratégie peut-être.
« Alors, femme, tu comptes m'arrêter ?! » Provoqua Thork.
Les protestations des femmes et des fans d'Arista se mirent à huer Thork… Qui se trouvait être un abruti infini en fait. Malheureusement son fanclub était bien plus grand que les autres et prenait le dessus sur le brouhaha de la foule. En riant, Thork le sanguinaire s'élança vers la piste en zigzaguant. Il fit le beau et se mit debout sur son mille tonnerre en tenant à deux mains le pauvre mouton, lançant deux trois coups d'oeil au public.
« OUAIIIS j'adoore ce mec, c'est mon héros ! »
Le Rustik de la veille s'était incrusté au milieu de notre troupe et était littéralement entrain de pleurer en montrant son amour infini pour le champion. On évitait de trop en rire, mais plutôt de l'acclamer autant que lui ; du moins du côté de notre troupe thorkienne. Mais à quelques mètres du panier, Arista plongea sur le champion les faisant dégringoler dans l'herbe, leur dragon roulant dans l'herbe. Le mouton s'échappa alors et Arista profita de cette attaque soudaine pour remonter sur son razolame et piquer le mouton.
« MAIS BOUGE TES GROSSES FESSES FEIGNASSE, JE VEUX RÉCUPÉRER MON ARGENT ! Criai-je.
- FONCE ARISTA! Répliqua Léanne.
- FERME LA ROUQUINE, À BAS ARISTA, BOUGE TA GRAISSE THORK, SALE FIOTE ! » S'énerva Margaux
Ma voix se fut entendre des dieux car à ce même moment, Thork avait sauté sur le dos d'Aurore le razolame au moment où il décollait du sol et il ne tarda pas à attaquer la jeune femme avec cette fois ci une véritable épée. Arista, possédant de vifs réflexes sentit sa présence et se tourna à temps pour contre attaquer son coup, le repoussant. Il semblait difficile de tenir debout sur un razolame car Thork semblait à deux doigts de tomber chaque fois qu'il essayait d'avancer mais la jeune femme, avec habitude, parvint à se mettre à croupis sur sa selle, balançant le mouton vers la gueule d'Aurore pour qu'elle garde le mouton sans dégâts puis elle engaina une petite hache.
« AMÈNE-TOI ! »
Un combat de vive haleine se passa sous nos yeux, le brouhaha commençait à se dissiper pour laisser place à un vague silence on entendait plus que leur arme s'entrechoquer, métal contre métal, sous leur essoufflement incessant. Mais ce combat n'empêchait pas Arista de gagner pour autant car au moment où Aurore passa sous la tribune, elle laissa échapper de sa gueule le mouton qui glissa dans le panier, plein de bave de dragon. -
« OUUUUUAIIIIS ! Hurla le public.
- ET BOUM DEUX-ZÉRO BANDE DE GROSSES NOUILLES, FALLAIT MISER SUR LE BON DRAGONNIER ! YAAAAAAH ! » S'exclama Lucy, d'une grande réjouissance.
Léanne, Astrid et elle se tenait telle une chaine, bras entremêlés et riaient avec exploit.
« Mais vas-y pourquoi j'ai voté pour un minable pareil ! Quelle grosse fiote !
- Calme-toi Margaux, ce n'est pas fini…
- À ce rythme là, ça l'est, crétin de Varek ! Intervint Rustik.
- Me parle pas sur ce ton Rustok ou je vais... »
Inutile de s'attarder sur notre déception. Il fallait qu'on vote la seule fois où Thork n'était apparemment pas au top de sa forme. Arista se prenait des fleurs à sa place et au fond elle le méritait amplement…
« Ah, il semblerait chers élèves, que notre grand champion ne soit pas content de la prestation de sa concurrente... »
J'ai peut-être parlé trop vite. Les autres concurrents s'étaient déclarés hors jeu pour laisser le grand duel aux deux prétendants au titre de champion et ex championne.
Thork avait rengainé son arme et s'était jeté du dragon de Arista pour revenir sur le sien qui vola aussi vite qu'il put vers le mouton restant au sol. Aussitôt, un nouveau mouton -le noir- fut lancé dans les airs et Arista se permit d'aller le choper. Le grand final allait exploser. Aussitôt qu'ils eurent tous les deux les moutons en main, ils ne se contentèrent non pas d'aller vers les paniers, non… Mais plutôt de se foncer dedans, arme dégainée d'une main tandis que dans l'autre se tenait le mouton. Arista avait juste à foncer droit au but, alors pourquoi souhaitait-elle se battre contre Thork avant ?
« Tu tomberas avant moi, sale imposteur, et de la bonne façon ! À l'ancienne et sans tricheries ! »
Tout le monde se regardait sans comprendre. Gueulefort était bouche bée sur le terrain, impuissant tandis que Mr. Wester face à moi semblait sourire mesquinement comme si cette situation ne l'étonnait pas ! Rustik était littéralement entrain de pleurer mais notre groupe à nous, restait silencieux comme si un instant la mise ne comptait plus.
Thork et Arista se foncèrent dessus, leur dragon s'entrechoquèrent en donnant des coups de griffe et en rugissant fortement d'une colère intense. C'est comme si des années de conflits s'éveillaient enfin face à nous. C'était à la fois effrayant et à la fois excitant ! Nom d'un dragon enflammé, ce gros mollusque thorkien avait intérêt à la vaincre ! Mais la fougue de la cavalière le mettait en mauvaise posture, elle semblait s'être battue pendant des années juste pour pouvoir foutre la raclée de sa vie à ce minable.
D'un certain point de vue, on imaginait rapidement le futur gagnant. Arista avait évolué considérablement dans son milieu et était une dragonnière et combattante extraordinaire ! Bien plus que du temps où on parlait d'elle partout. Aurore était aussi déterminée qu'elle et dominait considérablement Mort subite!
Puis d'un coup, tout s'est inversé.
Thork a esquivé de façon impressionnante et surtout surnaturelle, l'attaque d'Arista de façon à ce qu'il se retrouve quasiment au dessus d'elle puis, il se laissa pendre à sa selle pour venir se balancer et donner un coup de pied à sa concurrente. Surprise, elle tomba alors d'Aurore et hurla de rage. Le silence régnait toujours autant dans les tribunes. Thork sauta alors sur le dos d'Aurore qui vola dans tous les sens en se tortillant pour le faire tomber mais le dragonnier s'accrochait comme une furie, volant au passage le mouton qu'Arista avait mis dans le panier de sa selle ! Il repartit au plus vite sur Mort subite et fonça droit vers les tribunes pour marquer ses deux moutons qui le mènent à la victoire.
Arista tenta de le rattraper à dos de sa dragonne en le rappelant mais il parvint à temps au bout.
Tout c'était passé bien trop vite. Personne n'avait eu le temps de comprendre ce qui se passait que Thork gagnait au la main.
« Et bien… Il semblait que… Qu'avec 11 à 2 Thork remporte… La course… ! THORK LE SANGUINAIRE CHERS DRAGONNIERS ! »
Et aussitôt, une vague d'applaudissements et de hurlements repossédèrent la foule. Et j'en faisais surement partie.
« ET BOUM ! ON A GAGNÉ ! RENDEZ-MOI MON ARGENT !
- C'est bon Emma… Rigola Lucy.
- PERDANTS. FALLAIT VOTER POUR LE MEILLEUR » Répliqua Margaux.
Et une fois que tous les spectateurs sortirent de la tribune, notre équipe chantait le chant de la parfaite victoire. Harold, Margaux, Varek et moi nous enlacions sans peine en marchant doucement vers la sortie tandis que le groupe des filles rigolait nerveusement mais il était inutile d'ajouter qu'elle était littéralement d-é-g-o-û-t-é-e-s.
Nous sommes allés alors chercher nos récompenses au petit kiosque, récupérer notre argent, et surtout… Partager la mise que nos trois amis avaient donné ! À la sortie, les participants sortaient du terrain et nous pouvions voir Thork et Arista se serrer la main avec tout sauf amitié. Parmi nous, le cri de Rustik le cinglé nous avait brisé les tympans et quelques secondes plus tard il courrait déjà en direction de son idole en pleurant déjà la moitié de son eau corporelle.
Une chose de faite !
Car bientôt, nous repartions dans la cours Secondaire pour nous diriger vers la Principale, nous souhaitions nous poser dans l'herbe comme à nos habitudes, entre amis.
J'aurais pourtant bien souhaité hein ! Je vous assure. Mais ce coup là je n'avais rien vu venir et surtout rien décidée…
Quelque chose venait de m'emporter en l'air littéralement. Je volais. Et pas à petite allure ! Je m'étais fais arracher la tronche en décollant de cette façon ! Je n'avais même pas eu le temps d'entendre mes amis hurler que j'étais déjà au dessus des tours de Pendragon ! Mais bordel, c'était la descente aux enfers tout à coup qu'avais-je fais pour mériter ça Thor tout puissant…
« Mlle McOwen. C'est un plaisir. »
Mr. Wester.
Je rêve où ce démon de directeur était littéralement sous une forme peu humaine actuellement ?
Mr. Wester avait complètement péter un câble pour m'enlever au milieu du chemin, en plein milieu de mes amis ! Ce mec était dérangé et qu'importe que ce soit le directeur ! Il avait sincèrement intérêt à aller se faire soigner ! Le pire dans tout ça, c'est que le truc de contrôler ton corps là, comme disait Harold, et beh c'était vrai ! C'est ça le pire, j'avais beau essayé de fuir en criant, ce taré trouvait le moyen de me trainer par terre comme une sale chaussette, au milieu de l'école.
« Restez calme Mlle. McOwen, je risquerai de vous faire mal.
- LÂCHEZ-MOI ESPÈCE DE VAUTOUR, AVEC VOTRE ALLURE DE MORT. SALE PSYCHOPATHE. FICHEZ-MOI LA PAIX. »
Mais la force étrange qui me trainait au sol ne me laissait surtout pas partir. Nous traversions alors les couloirs, devant tous les élèves de l'école et le pire, attendez, C'EST QUE CE DINGUE SALUAIT LES ÉLÈVES COMME SI DE RIEN N'ÉTAIT.
Un vrai cauchemar, j'espère que je n'étais pas la première à avoir été humiliée de cette façon.
Arrivée dans la tour sinistre de son foutu bureau glauque, la porte s'ouvrit sans même qu'il ne la touche, moi continuant à être trainée comme une ordure de la poussière recouvrant surement mon corps tout entier (je dis ça parce que j'en ressentais même le goût sur mes lèvres). Et là, avec la plus bizarre des façons et surtout la plus flippante, le pouvoir de monsieur Wester souleva mon corps et me plaça sur le grand fauteuil noir en face de son bureau. Par ailleurs, à peine je fus assise dessus que des menottes étrangement étroites bloquèrent mes poignets contre les bras du siège.
« Hé ! J'espère que c'est une GROSSE BLAGUE !
- Taisez-vous donc, insolente. »
Un livre vola en ma direction, près à faire un piqué droit sur ma tête. Je pus l'esquiver de justesse ; DE JUSTESSE.
« VOUS ÊTES PAS BIEN, LIBÉREZ-MOI, J'IRAIS ME PLAINDRE.
- Ahah, vous plaindre. Oui bien-sur. C'est moi la tête de cette école E-m-m-a.
- Je vous ai jamais dis mon prénom !
- Je connais tout le monde, idiote.
- C'est pas possible ! »
Je vous jure que la panique me submergeait à vitesse mach 2.0, j'étais véritablement entrain de me pisser dessus, les larmes me montaient aux yeux. Rien que de penser à la tronche de Marty après s'être fait tabassé par ce gars, je ne pouvais que mourir lentement de peur.
« Qu'est-ce que vous me voulez ?
- La raison pour laquelle vous êtes ici dépend entièrement de vous.
- Pourquoi vous êtes si mystérieux ?
- Pour des raisons qu'il vaut mieux pour vous d'ignorer. Pour le moment.
- J'ai rien d'exceptionnelle comme élève, je n'ai rien fais de mal !
- Mais peut-être que ça viendra… (Il s'est approché lentement de moi en faisant apparaître dans sa main une flamme)
- Vous faîtes flipper ! M'approchez pas !
- Ah vous trouvez ? C'est une sacré qualité.
- Juste un peu. Nan carrément en fait. »
Il a sourit, a éteint la flamme dans sa main, ne laissant que la fumée s'échapper d'entre ses doigts puis il a prit une chaise et s'est installé face à moi, le dos droit.
« Mlle McOwen, je recueille très peu d'élève dans mon bureau à moins que ce soit pour une bonne raison.
- Ok alors répondez à ceci, ai-je fais quelque chose de mal ?
- Aucunement, je voudrais vous chargez de quelque chose. Harold vous a raconté l'histoire de cet enfant traitre, n'est-ce pas ?
- Euh… Je…
- Aucun secret ne m'échappe. Pas même le fait que vous trahissez une amie pour aider un garçon qui vous plait certainement.
- Harold me plaire ? Et puis quoi encore.
- Cachez ce que vous voulez, mais pas à moi.
- Allez vous faire soigner.
- Je ne compte pas me servir de votre mensonge pour vous faire du chantage. J'aimerai seulement vous confiez… »
J'ai écouté malgré moi ses paroles tandis qu'il touchait un poignard du bout des doigts.
« Quelque chose se prépare, tes amis et toi en feront surement parti. Peut-être même que vous causerez du mal à cette école.
- C'est ça.
- Ne jouez pas à ça avec moi.
- Je ne comprends rien à ce que vous dites ! Pourquoi est-ce que vous vous acharnez sur nous ? Après Harold et moi ce sera qui ?!
- Lucy.
- Oh Thor… Soupirai-je.
- Et après sûrement Léanne, Astrid, Margaux et d'autres encore.
- Mais qu'est-ce que vous nous voulez... »
Il s'est levé. Un sourire étirait ses fines lèvres. Ses yeux de faucon jaunes regardaient par la seule fenêtre de son bureau à ma droite qui donnait vue sur toute l'école.
« Vous n'êtes pas comme les autres élèves. Certains d'entre vous ont eu des visions pendant la répartition et elles ont perduré plus tard. Un de tes amis est venu s'en plaindre auprès de moi -par ailleurs je ne dirais pas son nom pour pas que tu t'inquiètes- mais ces visions n'annoncent rien de bon. Elles prédisent la mort, la destruction et surement bien pire que ça.
- Qu'est-ce qui pourrait être pire que la mort ?
- Tant de choses ma chère Emma. Mais ces visions ont commencé à perdurer quand l'enfant traître est arrivé cette année.
- Qui est cet enfant traître au juste, qu'est-ce qu'il nous voudrait ?
- Techniquement, on ne peut pas savoir.
- Alors comment pouvez-vous savoir, qu'un traître rôde parmi nous ?
- Vous voulez vraiment que je vous réponde Mlle Maxwell ? »
Mon silence lui a incité à continuer. Il s'est retourné vers moi et les menottes ont disparu de mes poignets. Son regard s'était froncé d'un air plus sévère et autoritaire.
« Cette conversation restera entre nous jusqu'à ce que je vous autorise à la divulguer à vos amis.
- D'accord. Je vous le promets. »
Là, c'est plus lui qui me faisait flipper mais bien ce qu'il s'apprêtait à me dire.
« Il y a eu de nombreux assassinats. La garde rapproché de la Confrérie des dragonniers a été décimée et le commandant en chef de l'armée des Sentinelles a été assassiné. Nous avons également perdu 8 élèves de cinquième années assassinat purement au sein de l'école.
- Pardon ? Vous êtes entrain de me dire que des élèves sont morts il y a quelques temps… Ici ? Dans l'endroit le plus sécurisé de la Terre ?
- En effet.
- Pourquoi personne n'en parle ?
- Personne n'est au courant.
- Ces gens là avaient des amis non ?
- Ces amis-là comme vous dîtes ont dut avoir un effacement de mémoire concernant les défunts.
- Mais, c'est religieusement ignoble !
- Nous n'avions pas le choix McOwen. Si les élèves l'apprennent, ce serait la fin de tout ! Nous avons besoin de futurs guerriers pour la guerre qui se prépare. S'ils apprennent la vérité, ils le diront à leur proche qui se battront sûrement pour migrer vers un autre pays. Seulement, personne ne doit quitter l'Angleterre, pas avec les troupes ennemis qui gardent nos frontières, ils tueraient n'importe quel civil menaçant de quitter le pays. On est pris au piège.
- Attendez… La guerre?
- … Écoutez, l'enfant traitre est seul à Pendragon. C'est sûrement lui qui fait ces meurtres successifs. Mais les autres assassinats de la garde ont été fait par des ennemis de notre pays. Des intrus rodent dans toute l' Angleterre et ils sont prêts à nous exterminer, nous et nos dragons. Ils refusent et cherchent toujours autant à se venger de nos trahisons, considèrent notre amitié avec les dragons comme une chose inacceptable surtout depuis qu'ils savent que notre école porte le nom de leur ennemi principal -bien qu'il soit décédé, paix à lui-. Les civils sont en danger de mort. Pensez bien, qu'ils viennent du monde entier une alliance a été créée pour nous anéantir.
- Mais pourquoi maintenant ? Ça fait des siècles et des siècles que cette guerre est finie ! Pourquoi tout recommencer maintenant !?
- Je suppose personnellement que le créateur de cette révolution n'est autre qu'un héritier lointain d'Arichide.
- Arichide…
- Allons Mlle. McOwen… Arichide. Vos cours d'Histoire.
- L'ennemi de Pendragon ? Celui qui a tué sa bien-aimée… En 1641. Deux ans après la grande guerre qui a révélé l'existence des dragonniers.
- Exact.
- Pourquoi un successeur aurait-il autant de haine ? Après tant d'années ? C'est dingue.
- Ça, c'est à lui qu'il faudra le demander mademoiselle. Je ne tarde pas à penser que vous le rencontrerez.
- Vous êtes drôle Mr. Wester !
- Je ne rigole pas.
- Ouais c'est ça, moi la fille la moins douée au maniement des armes, va exploser la tronche d'un successeur d'un ancien malade psychopathe.
- Pas que vous. Vous et vos amis.
- C'est du suicide.
- Laissez-moi vous donnez une chose. »
Il s'est éloigné vers son bureau et s'est abaissé comme pour récupérer quelque chose en dessous. Quand il s'est relevé, il tenait en main une sorte de tissu qui semblait enveloppé quelque chose. Il m'a fait signe. Je me suis alors levée et me suis approchée pour venir observer ce qu'il tenait dans les bras. Il a enlevé la toile blanche couvrant la chose en forme d'oeuf, fait de reflets argents et bleus.
« Ceci vous appartient. Je vous l'offre.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un œuf.
- Un œuf. C'est tout ?
- Quel dragon souhaiteriez-vous avoir ?
- Après mûre réflexion je m'étais dis un Razolame mais…
- C'est un œuf de Razolame. »
Je me suis mis à rire nerveusement.
- Monsieur, je pense que ce petit jeu a assez duré, je ne suis pas censée avoir d'oeuf avant les résultats du premier test et quoi bon, on ne sait même pas si je continuerais mon année si j'ai pas la moyenne.
- Vous l'aurez.
- J'arrive même pas à tenir un bébé Gronk en place dans l'arène avec Mr. Brandelet !
- Et alors ?
- Mais…
- Mlle. McOwen, le problème est que vous doutez de vos capacités. Vous vous fiez trop à ce que les gens pensent de vous, en conclusion vous finissez par devenir ce qu'ils pensent que vous êtes. Ce n'est pas le cas.
- Monsieur…
- Prenez cet œuf. Il vous est destiné. Pengon a refusé de le couver pour la simple et bonne raison que cet œuf a déjà choisi un dragonnier. Et c'est vous.
- Oh Thor, je me sens pas bien.
- Allons, il n'y a pas de quoi paniquer.
- Pourquoi prenez-vous l'oeuf avec le tissu ?
- Je ne peux pas toucher un œuf qui ne m'est pas destiné, il me brûlerait la main. Ce dragon sera le vôtre. »
J'ai rigolé de vive voix, d'ailleurs, ça n'a pas paru lui plaire. Mais cette histoire était tellement ridicule et surtout complètement burlesque ou alors il se trompait carrément de personne !
« D-désolée Monsieur mais… Comment voulez-vous que je cache un œuf aussi gros ?
- Dans votre chambre.
- Je vous rappelle que y a Léanne.
- Elle n'en saura rien. Je vous fais confiance. Il vous faut trouver un endroit chaud jusqu'à l'éclosion. Dès qu'il sera prêt il commencera à bouger, à ce moment il faudra l'emmener à Pengon.
- Ok et je dois faire quoi moi ?
- Et bien, dès que vous en avez l'occasion, vous allez le voir, histoire de tisser les premiers liens.
- Tisser des liens avec un œuf, décidément vous me prenez pour une folle.
- Le dragon a l'intérieur est déjà bien vivant McOwen, il attend juste le bon moment pour sortir. Donner de l'affection à cet œuf c'est déjà en donner au dragon.
- Et je dois lui chanter des berceuses ? »
Il a esquissé un sourire.
« Pourquoi pas, si vous chantez pas faux.
- Euh… Ouais non.
- Connaissez-vous les habitudes de Mlle. Maxwell ?
- Généralement je suis seule dans la chambre quand elle est dans la salle de bain et après qu'elle se soit habillée, elle va toujours dehors un long moment. Elle se couche assez tard, comme moi en fait.
- Oui oui je sais, je voulais voir si vous connaissiez ses habitudes sinon je vous les aurais données. Vous avez donc suffisamment de temps… Pour vous consacrez à votre moitié. »
Et sans me prévenir, il me mit dans les bras l'oeuf qui d'ailleurs pesait bien plus que je ne le croyais ! Le tissu glissa au sol et mes mains rencontrèrent la surface de l'oeuf aussi grise que du métal. Des petite lumières bleues, comme des signes vitaux, se déplaçaient sous la coquille c'était assez incroyable, j'avais la sensation d'avoir un lien maternel avec ce gosse… Enfin ce dragon... Je le ressentais au fond de mon âme, et ça, c'était vraiment une sensation étrange.
J'avais promis à Mr. Wester de garder ce secret, alors je le ferai. Je ne pouvais pas perdre sa confiance il était peut-être fou mais les faits qu'il avait énoncé l'étaient tout autant. Et surtout bien trop flippant. Je me disais également que raconter cette histoire pourrait recauser des visions à Léanne et Lucy, par ailleurs, j'étais entrain de me demander si ces visions touchaient d'autres personnes.
J'étais tout de suite partie dans ma chambre pour déposer l'oeuf, je m'étais permise d'en profiter pour sécher mes cours de l'après-midi bien qu'ils soient importants. Pourtant :
« Emma ?! T'es là ? »
La voix de Léanne se faisait entendre derrière la porte. J'étais littéralement prise de panique, j'avais toujours l'oeuf dans les mains, si elle le voyait c'était entièrement fichu !
« O-oui… Attends, deux secondes. Je… Je suis toute nue ! »
Elle riait doucement derrière la porte mais franchement de mon côté c'était pas drôle du tout ! Je me mis alors à regarder la photo de mes parents et moi au dessus de mon lit, remarquant le vêtement loufoque que je portais ce jour-là.
« Vous me sauvez la vie. »
Puis, je me mis à fouiller dans ma valise, là où nos vêtements d'ancienne vie logeaient et surtout qu'on avait plus le droit de porter ici ! C'était parfait. Je pris ce gros pull de laine si long qu'il me tombait aux genoux, puis j'enroulais l'oeuf à l'intérieur. Je me mis à couiner plusieurs fois, vous n'imaginez pas à quel point ce gaillard glissait tout le temps de mes mains tellement elles étaient moites ! Puis j'installais ce petit nid dans le coffre de mon lit en bois (le rangement de chaque élève), en soulevant deux trois fringues pour pouvoir le mettre bien en dessous. Au moins, il n'était pas visible si par le pur des hasards quelqu'un s'amusait à fouiller là-dedans !
« J-J'arrive !
- Il t'en faut du temps pour enfiler une culotte. »
J'ouvris la porte, sûrement le visage si rouge que ça pouvait paraître suspect. Léanne me regardait d'un air amusé.
« Beh alors ? Il t'est arrivé quoi ? On s'est grave inquiété ! Déjà Monsieur Wester qui te kidnappe, ensuite ton heure de cours que tu loupes… ! Je me suis dis qu'il t'avait fait du mal ce con !
- Ahah… Ah… Ahah… Non t'inquiète pas…
- Ça va ? T'as l'air stressé !
- Ça va.
- Fais-moi rentrer, c'est ma chambre aussi je te rappelle. »
Gênée, je lui ai souris puis de son air toujours aussi joviale, elle a sautillé jusqu'à mon lit où elle s'est assise. Mes yeux ont dérivé vers le coffre, j'étais littéralement entrain de mourir de stress.
« Alors, je veux tout savoir !
- Hein…
- Déjà 1) pourquoi t'a kidnappé comme un dingue ?
- Euh… Apparemment mes résultats étaient trop décevant, il m'a fait la moral. »
Vu son air blasé, je me disais vraiment que mon excuse était bidon mais finalement :
« Ah ouais? Je le savais pas comme ça, il est vraiment fou ce mec ! Surtout qu'on a dut avoir trois tests même pas et tes notes étaient pas si catastrophiques. »
Ses sourcils se sont froncés, je me suis dis intérieurement que c'était mort, mon mensonge ne passait pas alors, j'ai développé.
« Ouais… Mais en fait mes parents veulent que je sois dans les meilleurs élèves, ils sont supers strictes alors il me suit autant qu'eux pour que je sois à mon maximum. »
Elle n'a pas cillé. J'ai préféré enchaîné.
« Alors… Euh… Tout s'est bien terminé ?
- Oui bien sûr, on vient de faire la première heure d'Entrainement Dragons, la deuxième heure est d'ailleurs en cours de route. Gueulefort voulait que je te cherche et que tu viennes assister.
- Quelle gentillesse.
- Disons qu'aujourd'hui on attaque du gros calibre pour la deuxième heure apparemment alors…
- Bon, bah j'arrive pars devant.
- Nan on a pas fini de discuter, il attendra… Parle-moi d'Harold.
- Hein ? D-d'Harold ?
- Ouaiiiis, il s'est passé un truc entre vous hein ? »
Je commençais à avoir un tournis qui signifiait partiellement que j'avais une panne d'excuse dans les méninges. Et surtout… Que je m'apprêtais à mentir aussi à une de mes plus proches amies d'ici.
« J'ai entendu Astrid dire à Ingrid qu'il s'était passé quelque chose.
- Oh merde…
- Ingrid vous voit super proche alors elle a demandé à As ce qu'elle savait, elle a juste répondu ça. Elle en savait sûrement plus puisque vous avez parlé toutes les deux mais elle n'a rien dit de plus.
- Comment dire…
- Emma ne soit pas si stressée, je sais pas ce que tu as depuis tout à l'heure mais calme-toi. Je te demande juste parce que ça m'étonne que tu ne m'ait rien dis tu comprends, si tu veux rien me dévoiler je comprendrais ne t'inquiète pas !
- Non Léanne, écoute c'est juste que... »
Je ne pouvais pas lui mentir. Pas à elle. Elle ne me prenait pas au piège. Sa question était claire, j'avais les moyens de lui expliquer pour qu'elle comprenne… Dans l'espoir qu'elle garde ça pour elle.
Mais dans quoi je m'étais lancée… Les Dieux s'acharnaient sur moi pour me plonger au coeur de tant de péripéties.
« Écoute, j'ai menti.
- Comment ça ? »
À son regard brillant, j'ai compris qu'elle était déjà déçue de ce que j'allais lui avouer.
Je me suis assise à côté d'elle.
« Harold m'a embrassé hier. Mais c'était faux. Enfin… C'était pas pour de vrai.
- Techniquement si.
- Seulement techniquement. Y avait pas de sentiments. Il est désespéré par rapport à Astrid.
- Ouais elle a un peu abusé la dernière fois mais…
- Du coup il m'a demandé si je voulais pas faire équipe avec lui.
- Équipe ?
- Il voulait qu'on se donne une affection certaine -sans aller trop loin je précise- de façon à faire réagir Astrid.
- Je te demande pardon ? Tu te moques de moi là ? T'as dis oui ?
- J'ai dis oui parce que je pensais que ça n'irait jamais plus loin qu'une accolade ! Mais j'ai la sensation qu'hier il s'est emporté ! Et… Je sais plus quoi faire ! Je suis tellement mal vis-à-vis d'As et…
- Je ne veux même pas donner d'avis là-dessus, m'a t'elle dit sèchement en baissant les yeux.
- Léanne… J'ai soufflé tristement.
- Écoute Emma, c'est bien tout ça ! Mais moi je sens que cette histoire va partir en couille ! Je suis désolée hein, mais c'est le mot. Astrid est notre amie ! Comment tu peux… ?
- Je ne veux pas la décevoir non plus.
- Lui faire du mal surtout ! Alors pourquoi tu le fais ?
- Le truc c'est que… Je veux tellement venir en aide à tout le monde !
- Mais tu ne peux pas tout accepter Emma ! (Elle m'a regardée, le regard froncé) Harold est un garçon génial mais c'est un garçon, il ne comprend pas ! Il se met même pas à la place d'Astrid ! Il est aveuglé par un coup de foudre inconnu qu'il a éprouvé pour elle et il devient légèrement parano sur les bords. Tu l'avais pas remarqué ça quand il t'a élaboré son plan ridicule d'enfant là ?
- Sûrement que si. Mais il était tellement désespéré… Je voulais simplement me rendre utile. Il comptait sur moi.
- Mais tu n'as pas réfléchis. On a 18 ans ! On doit penser à autre chose que ces gamineries. »
Je me suis mise à soupirer, sûrement parce que je ne savais pas quoi faire…
« Alors, que décides-tu ? Me demande t-elle.
- Je verrai si ça va trop loin.
- Ça a déjà été trop loin ! Tu te moques de moi ? Il t'a embrassé !
- Dans le pire des cas, nous revivrons tranquillement nos petites vies et personne n'en saura jamais rien.
- Mais bien-sûr ! Si tu crois que tu vas oublier ça t'as tout faux, et t'auras beau manger autant de camemberts que tu souhaites pour oublier tu continueras de repenser à ces attentions qu'il avait pour toi. Et tu sais pourquoi ? Parce que n'importe quelle fille n'oublierait pas son premier baiser.
- N'importe quoi ! Tu racontes n'importe quoi.
- Avant qu'il t'embrasse, personne n'avait fait un geste pour toi. J'ai pas raison ?
- Bah. Et alors. Je m'en fiche complètement. C'est pas comme si Harold était un mauvais garçon. Valait mieux d'ailleurs que ce soit lui et pas un abruti.
- Non, il valait mieux sûrement que ce soit quelqu'un qui t'aime vraiment qui le fasse.
- Léanne... »
Elle semblait vraiment agacée ce qui était rare dans son cas, surtout pour les gens qu'elle apprécie.
« Écoute Emma, t'es mon amie et je ne veux pas que la situation se retourne contre toi…
- Ça n'arrivera pas je peux te l'assurer, j'ai mes limites…
- Mais à cause de ça, tu t'es attachée à lui.
- C'est faux.
- Si, c'est vrai ! Et tu veux que je te dise ma chérie, tu finiras même par tomber amoureuse de lui ! Alors non. Tu vas lui parler, et tu arrêtes ça. Tout de suite.
- S'il te plait ne divulgue rien…
- Tu me prends pour qui ? Bien-sûr que non, c'est pas mes histoires. »
Un silence a parcouru la chambre quelques secondes, puis sans me prévenir, Léanne me prit dans ses bras.
« Ne te fais pas de mormons à cause de ça. Parle-lui, il comprendra et oublie ça… Je te le conseille, c'est tout. Maintenant viens, on va à l'arène, ils nous attendent tous. »
Bon alors, qu'en avez-vous pensé ? Long hein ?^-^' Même pour moi la relecture a été dure ! xD
Emma est donc dans une sacrée impasse et se sent dans l'obligation de mentir à quasiment tout le monde pour protéger ce secret entre Harold et elle. Mais la grande question est : Est-ce qu'il tiendra ? xDDD
JANEKJZNJNZKR Je suis dans l'excitation générale en pensant à ma propre suite xD
J'espère que ce PDV vous a plu, le prochain sera d'autant plus révélateurs ! ^-^
Bisous à tous.
D.F.
