Coucou mes petits loups !
Merci beauuucoup pour vos reviews, je suis tellement contente de pouvoir avancer convenablement mes fanfictions cet été. En tout cas, ce chapitre a été amélioré et je le trouve juste génial, alors j'espère que vous penserez la même chose !
Ma Faeyrr, oui je sais mes retards sont à punir sévèrement... Mais je sais me faire pardonner ! ^-^ Pour les explications sur Léanne... Ça vient... Ça vient... :p Pour ton autre question, je t'ai déjà répondu ! ^^ Merci pour ton soutien ma belle, t'es géniale ! Je lirais bientôt tes chapitres en retard c'est promis ! :)
MA LILIII, je suis ravie... Parce que ce chapitre... CE CHAPITRE. HIHIHIHI. Bref. XD J'espère qu'il te plaira, j'en veux des nouvelles ! En tout cas merci pour ta review, t'es tout le temps à jour j'ai honte de mes retards successifs x) J'espère que tu me pardonneras avec ce qui suivra !
... Voilà la suite ! Et merci. :)
xXx
Je vous souhaite à tous une bonne lecture, c'est un chapitre long. Très long. Mais il vaut le coup.
Comme d'habitude, on se retrouvera en bas de la page. :)
Chapitre 13 : Tous ensemble
Malgré la préoccupation qui hantait l'esprit de la jeune fille aux cheveux rouges au sujet de son amie, elle rejoignit rapidement le groupe pour ne pas qu'ils se posent de question.
Considérant que le groupe manquait encore un peu d'échauffement -notamment pour Léanne qui venait d'arriver en retard- Gueulefort les laissa donc encore s'entrainer au corps à corps. Il était agréable pour tout le monde de s'entrainer sous une telle ambiance chaleureuse, en petit comité, sans les rires moqueurs et rabaissants des pèlerins. Lucy notamment, se sentait honorée de faire partie de cet entrainement privé. C'était une Lumière pas très adroite au combat. Sa classe se concentrait plus sur les matières plus intellectuelles telles que la dragologie, l'histoire ou même dans son option Soins médicinaux aux dragons qui se composait de beaucoup de futurs soigneurs. Cependant, malgré sa passion pour ce côté très altruiste et artistique, Lucy avait toujours eu l'envie d'avoir quelques heures d'entrainement en plus pour améliorer sa technique. Elle avait fait quelques progrès depuis son premier jour, il est vrai, mais le progrès finissait par nettement stagner. Elle voulait être suffisamment entrainée pour pouvoir défendre Justine, sa petite sœur, ainsi que sa mère du danger qui les guetterait lors des guerres à venir.
Elle ne souhaitait pas revivre ce jour où...
L'incendie.
C'était inconcevable.
Chassant ses pensées terribles sur le feu qui se dessinait dans sa tête, elle attaqua Pauline la Sentinelle gothique, un peu trop haut.
« Hé ! Fais attention Lucy je ne suis pas protégée ici ! »
La jeune Lumière secoua la tête, laissant ses cheveux auburn légèrement en désordre. Harold passa alors derrière elle et posa lentement sa main sur son épaule, une mine déconcertée.
« Tout va bien Lu' ? Tu veux t'arrêter ?
- Non tout va bien. Excuse-moi Pauline, j'ai la tête ailleurs. »
La brune lui adressa un sourire amical et se remit en position, ses jambes un peu trop abaissées sur elle-même.
« Ikke forferdelig Hodin ! Tu pourrais faire mieux. Redresse ta posture, le dos bien droit ! »
Gueulefort tapa sa massue dans le dos de Pauline qui poussa un petit cri.
« Voilà ! Prends bien appui sur tes jambes. Un pied en avant. Mets toute ta force dans ta position. Sois uforgjengelig ! »
La jeune sentinelle regarda tout autour d'elle, suivant la massue des yeux par peur que le professeur ne la réattaque avec. Ce qu'il fit. La massue vint ainsi tâter plusieurs fois ses mollets.
« HÉ !
- C'est mou tout ça !
- Je suis pas faites de marbre Monsieur aller y doucement ! En plus je comprends rien quand vous parlez. »
Gueulefort explosa d'un rire grave très nordique et il lui fit un clin d'oeil encourageant, s'éloignant petit à petit du groupe pour se rapprocher de Léanne plus loin.
« Garde en tête ce que je t'ai dis Hodin. Ça peut te servir, crois-moi ! … Ah ! Notre retardataire. Voyons ce que tu sais faire. Harold ! Garde à vous. Viens ici. »
Harold, arrêta d'observer le combat lointain entre Kognedur et Kranedur qui s'acharnaient l'un sur l'autre sans pitié mais aussi, sans vraie technique puis, il rejoignit Gueulefort et se mit face à son amie Léanne. Elle avait remonté ses cheveux en une queue de cheval et ses yeux gris innocents reflétaient une motivation apparente.
« Le premier à terre échoue. Je vous donne le signal, donnez tout ce que vous avez. »
Les deux jeunes élèves se mirent alors en position, accueillant la curiosité des autres recrues qui stoppèrent tout mouvement pour se rapprocher, surtout Margaux. La fille aux cheveux rouges ne cessait pas de regarder Léanne, perplexe de son amnésie et curieuse de savoir exactement ce qui lui était arrivé. Elle savait que Gueulefort avait choisi Harold pour l'affronter puisque c'était celui qui se donnait le mieux pour évoluer dans le groupe, malgré le fait qu'il soit entièrement débutant.
« Je te promets que si tu gagnes ma rousse, Kogne et moi on vous embarque avec Emma dans nos soirées loufoques d'Aliénés ! Quelle douce poésie ces nuits là. » Rêva Kranedur.
Un sourire s'étira sur les lèvres de la concerné tandis que Emma acclamait cette idée, les yeux brillants, faisant tomber ses lunettes de travers sur son nez. Pendant ce même temps, Lucy s'était frayée un passage pour venir dire à Harold d'un ton plus bas et surtout, taquin:
« Tu as des spectateurs à l'entrée, tu ferais mieux de ne pas les décevoir. »
Le doux rire de Lucy ne rassura pas le brun qui baissa sa garde un instant pour venir observer l'entrée de l'arène, où Astrid, Varek et Ingrid se posaient pour leur rendre visite.
Oh non… Oh non.
Harold eut la sincère impression de sentir un instant ses oreilles sifflées en voyant le visage angélique de la blonde fougueuse qui faisait balancer mauvaisement son coeur et cela le pénalisa fortement lorsque soudainement Gueulefort lança le signal, permettant à Léanne de balancer sans scrupule son premier coup d'épée dans l'armure d'Harold. Cette frappe inattendue et curieusement puissante coupa un instant le souffle au brun qui se pencha légèrement en avant, une main sur son ventre.
« C'est inacceptable de frapper un maigrichon comme moi aussi fort ! Se lamenta t-il en souriant.
- Aucune excuse n'est valable gamin ! Qu'importe ce qui se passe ou se trouve autour de toi, tu ne dois jamais baisser ta garde, assura Gueulefort d'un clin d'oeil, on recommence. EN GARDE. »
Les deux recrues se remirent en position de défense et au signal, ils attaquèrent simultanément, leur épée en bois s'entrechoquant l'une contre l'autre. Leur mouvement était les mêmes, ce qui était extrêmement perturbant pour leur public, cependant leur niveau et leur fougue était beaucoup moins similaire. Léanne avait des bases bien fondées dut à un entrainement personnel qu'elle s'était fournie chez elle depuis des années tandis que Harold… Était incapable de tenir droit une épée pendant plus de 10 secondes. Ce qui rendit le combat plus comique. Chaque fois que le brun parvenait à frapper Léanne, celle-ci ripostait ou contre-attaquait d'une puissance qui ne l'égalait pas. Elle restait assez sympa et lui permettait d'échanger quelques coups avec elle, laissant leur épée se rencontrer dans plusieurs fracas tandis que leur pieds bougeaient dans une danse endiablée.
« C'est bien ! Servez-vous de l'espace pour combattre, ça peut être un très bon atout ! »
Leurs amis autour poussaient quelques cris pour les encourager. Même les trois élèves à l'entrée levaient le poing pour les acclamer. Cependant, Margaux restait totalement neutre, la bouche entrouverte en observant les mouvements et les attaques de son amie qui n'était pas aussi normale que d'habitude. Une certaine grâce s'était emparée d'elle et une force jamais vu auparavant interceptait chaque attaque d'Harold chaque fois qu'elle le contrait. Dès qu'elle le repoussait, le garçon reculait sur au moins un mètre tellement que sa vigueur était surprenante.
Cependant, elle avait l'air d'être la seule à véritablement s'en inquiéter.
Ou peut-être suis-je juste devenue parano ?
Mais cette idée était à rejeter, notamment lorsque la jeune amnésique esquiva l'épée d'Harold qui lui rasa la tête et qu'elle le repoussa d'un coup de poing dans l'armure ce qui l'envoya valser à au moins 2 mètres d'elle, sur le sol.
Il eut par ailleurs un grand silence.
Le jeune garçon rigola un instant sur le dos, son souffle saccadé s'entendant fortement. Léanne, elle, n'était même pas fatiguée.
Tout ceci n'a rien de normal.
Tout le groupe sauta de joie et poussa un cri de victoire, courant vers la rousse pour l'entourer. Kognedur se jeta sur elle et la porta pendant quelques secondes, le rire de son amie résonnant dans l'air en parallèle.
« ON VOUS EMBARQUE CHEZ LES ALIÉNÉS CE SOIR. VOUS ÊTES TOUS INVITÉS. »
Lorsqu'elle fut reposée, Léanne s'élança vers Harold qui souriait toujours puis elle lui tendit la main et l'aida à se relever.
« Désolée. C'était assez violent.
- Prakt min store tu veux dire ! Cette force sera nécessaire pour l'entrainement de tout le monde, j'espère que tu comptes rester eheh !» Intervenu Gueulefort derrière.
Les deux amis rirent de l'attitude de leur professeur loufoque qui levait son crochet comme une victoire. Harold posa ensuite sa main sur l'épaule de Léanne pour lui assurer :
« Ne t'excuse pas. T'as vraiment de bonnes aptitudes, c'est impressionnant ! »
D'un sourire partagé, ils rejoignirent ensuite la troupe qui s'était agrandit par la présence de Varek, Ingrid et Astrid, qui semblaient curieux de la suite de cet entrainement. Varek avait normalement été invité à l'entrainement mais celui-ci, plus curieux d'apprendre des connaissances que de tenir une arme avait refusé l'invitation.
Apparemment il regrettait son choix.
Gueulefort, de son côté, avait dut demandé la présence des deux filles pour l'entrainement dragons, sous entendant que cet entrainement serait tout aussi nécessaire pour elles.
La deuxième partie allait bientôt commencer.
xXx
« Nous allons commencer par le grand classique. Quelqu'un pour me citer quatre dragons communs.
- VIPÈRE, GRONCK, CAUCHEMAR MONSTRUEUX ET BRAGUETAURE.
- Calme-toi Varek ce n'est pas une compétition de savoir ici. »
Emma et Lucy éclatèrent de rire avant de venir soutenir par un regard leur ami.
« Vous allez aujourd'hui vous confrontez à notre Dragon Vipère le plus doux. I sannhet, ces dragons passent la plus grande partie de leur temps à faire leur toilette et à faire attention à eux, mais... ils restent tout de même des adversaires redoutables au combat. Ils sont vifs et alertes. Agressifs. Leur vitesse…
- VITESSE 8, ARMURE 16.
- VAREK.
- … Limite de tir 8 aussi, ajouta Harold.
- Attaque de 10, s'excita Astrid les yeux brillants.
- Trop calme pour nous ce dragon, énoncèrent les jumeaux simultanément.
- Mais laissez-moi parler nom d'un yak sans cervelle ! »
Le reste du groupe rigola de nouveau. Il était véritablement dur de tenir un groupe de jeune recrues, aussi proches les uns des autres et aussi hyperactifs.
« Puisque vous semblez si intelligents au sujet des dragons, quelqu'un sait de quoi est constitué leur puissance de feu ? »
Un sourire provoquant s'étalait sur le visage plein de suies de Gueulefort. Aucun élève n'émit un son, même Varek semblait dans l'incapacité de répondre correctement pour dire, il faisait des petits bonds en soufflant quelques paroles insensées pour essayer de se remémorer ce que le livre des dragons disaient ou même, ce que Mr. Rudibois a t-il pu leur apprendre avec son allure de beau gosse.
« Leu feu est fait de magnésium, assura l'unijambiste avec fierté, ce qui lui vaut une bien belle puissance de tir. D'autres faits ?
- Il a des pointes aiguisées sur la queue ainsi que sur le dos qui peuvent être projetées sur ses victime.
- Excellent Astrid. Cependant à part connaître ces spécificités… Vous ne savez pas comment ce dragon se comporte, ni bien quels peuvent être ses angles morts pouvant vous mener à la victoire. »
Le professeur s'éloigna alors de la troupe pour se diriger vers l'une des cages scellées de l'arène, une main sur le levier permettant d'actionner le mécanisme pour ouvrir la porte.
« C'est pourquoi je vais vous mettre face à Tibert. C'est un gentil mais un coriace. En un claquement de doigt il vous attaquera sans pitié si je le lui demande. Pour ce premier jour particulier, vous allez tous participer en même temps.»
Le groupe se resserra et se jeta quelques regards solidaires. Astrid et Ingrid s'étaient remises sur leur position, leur regard de guerrière impénétrable. Harold, Lucy et Emma s'étaient mis bien derrière, très curieux mais aussi effrayés par la tournure que prenaient l'entrainement. Si les Hommes étaient dragonniers et non trappeurs, cet entrainement prenaient tout de même un chemin très étrange. Les jumeaux, Léanne ainsi que Pauline et Luna, affichaient un sourire impatient. Gueulefort s'amusait de leur innocence.
« La violence est interdite. Que ce soit sur le dragon ou entre vous. Je ne veux pas d'arme. Vous devez vous la jouer tactique. Le dragon ne vous attaquera pas jusqu'à la mort, il est bien dressé donc vous ne devez avoir aucune inquiétude. Je veux simplement que vous me trouviez son angle mort et que vous parveniez à le calmer et l'approcher. Les dragonniers doivent travailler en équipe, avoir cette facilité de dressage et surtout ne pas ressentir la moindre peur quelque soit le dragon en face d'eux. Ces animaux sont d'une intelligence impressionnante, la moindre émotion trop vive peut les rendre nerveux. Réfléchissez avant d'agir et surtout ne lui sauter pas dessus. Ce n'est pas comme ça que ça marche.
- Je pense que l'on a compris Gueulefort, assura Ingrid.
- Crois-moi miss Parenvrille, j'en ai tous les ans des cas comme ça. D'ailleurs ton taré de frère Dagur ne s'est pas gêné pour sauter au cou d'un triple-attaque la dernière fois alors que… Ce n'est pas une solution. (La brune afficha un sourire désolant, blasé par l'attitude de son frère) N'oubliez surtout pas, la première qualité que doit aborder un bon dragonnier c'est la patience. »
Gueulefort appuya alors sur le levier et le mécanisme s'actionna tout doucement, provoquant de longs frissons le long des échines présentes dans l'arène. Les yeux écarquillés et surtout, stressés par leur première véritable approche avec un dragon, la bande s'immobilisa et fixa la porte libéré de tout verrou. Malgré la paix qui perdurait entre Hommes et Dragons, ils n'étaient pas à l'abri d'un vipère s'étant levé du mauvais pied… Cependant, les deux grosses portes blindées s'ouvrirent lentement, dans un grincement lourd et peu dérangeant dévoilant une obscurité inattendu, à première vue avide de tout présence.
Un premier frottement sur le sol retint leur attention. Une ombre épaisse aux reflets violets se dévoilait à la lumière du jour, pourvue de griffes acérées sur de grosses pattes écailleuses. Le Dragon Vipère, Tibert, était plus gros qu'une femelle Vipère basique. Sa couleur mauve était parsemées de quelques taches blanches et ses pointes aiguisées se rassemblaient nombreusement autour de son crane et le long de son échine rejoignant le bout de sa longue queue. Il avançait, méfiant et lentement en dehors de la cage, mais peu agressif. Ses petits couinements de dragons semblaient presque destinés à Gueulefort, comme s'il cherchait à savoir si les individus en face étaient des ennemis potentiels. Toute la bande restait bouche entrouverte. Astrid, Ingrid, Léanne et Lucy s'excitaient sur place de la beauté du dragon, curieuses d'en savoir plus. Varek et Harold, eux, étaient abasourdis mais mourraient d'envie de prendre de quoi noter sur le dragon en soit.
Personne ne s'attendit à un changement d'attitude si soudain.
Gueulefort leva sa main valide et en effet, il claqua son pouce et son majeur l'un contre l'autre. Ce fut comme le déclenchement d'une bombe.
Le dragon s'éveilla de sa gentillesse pour venir sortir de l'ombre et chassa le premier individu qui se trouvait sur son passage, à première vue, ce fut Luna, la jeune métisse proche de Pauline. Il poussa un rugissement digne d'un Dragon Vipère et il se jeta sur la jeune fille, donnant des coups de tête dans le vide pour la faire fuir. Luna poussa un hurlement et se jeta au sol, limite en rampant pour échapper à cela tandis que le reste de la bande se dispersaient en s'agitant.
« OK OK QU'EST-CE QU'ON FAIT ? Demanda Emma.
- On lui fait son affaire ! »S'exclamèrent Kognedur et Kranedur en s'avançant face au dragon, devant le groupe.
Kranedur écartait les bras en grand, les yeux fermés alors que Kognedur s'était mise à genoux, le front contre la pierre froide de l'arène en marmonnant quelques supplications.
« Ô toi brillant et joli Dragon. Que ta beauté soit égale à ta bonté. Que tes yeux n'y voient que d'amour. Tendresse et gentillesse, déclara Kranedur.
- Que tes jolies écailles sentent le saucisson à l'ail, assura à son tour sa jumelle.
- Euh quoi ? Rigola Ingrid.
- Alors là, on a atteint le summum. »
Emma assura cela en posant la paume de sa main contre son front, riant de la bêtise de ses deux amis puis elle se rapprocha d'Harold et lui attrapa le bras. Le brun lui adressa un regard tendre sous l'observation discrète d'Astrid qui s'efforçait de penser qu'Harold avait au moins une chance d'être heureux avec une fille géniale. Puis après un moment d'évasion, elle secoua sa tête, laissant ses mèches cheveux blonds attachés en chignon bref se démêler avant de passer sous le nez des jumeaux. Le dragon grognait et se mettait sur ses gardes.
« Reculez les moutons, vous le rendez plus nerveux qu'autre chose. »
Son regard bleu océan dirigé vers le Vipère mauve, Astrid esquissa un doux sourire confiant et s'avança vers le dragon la paume tendu, qui reculait en grognant de plus en plus fort. Sa queue d'épine se relevait peu à peu dans les airs prête à lancer ses piques en cas de geste trop brusque.
« Astrid tu avances trop rapidement, sois plus lente, ne fais pas les choses dans la précipitation. » Conseilla Gueulefort.
En effet, le dragon Vipère semblait de plus en plus nerveux et à cela, on pouvait se douter qu'il n'hésiterait pas à viser Astrid en plein milieu du crane avec ses épines. Son attention semblait entièrement dirigée vers la blonde qui, malheureusement, abordait une attitude un peu trop… «Guerrière ».
Kognedur et Kranedur se relevèrent alors de leur place pour venir courir autour du dragon en criant. Léanne, Ingrid et Emma avaient rejoint la cause, en se mêlant à leur amis pour encercler le dragon.
« Mais qu'est-ce qu'ils font… Soupira Varek.
- Je ne préfère pas intervenir. » assura Lucy.
En vérité, elle était effrayée et n'osait pas approcher, notamment vu le comportement violent que commençait à aborder le dragon. De son côté, Gueulefort semblait totalement perplexe mais il ne disait rien. Harold lui, observait la scène d'un œil sceptique, assez réticent à l'idée de participer à cette drôle d'attaque de « dressage ».
Ça n'avait rien de pacifique. Et ce n'était pas ce que ses amis devaient faire ! Mais apparemment, ils ne s'en rendaient pas compte. Emma essayait d'attraper la queue du Vipère en l'air sans aucune peur de voir ses mains embrochées par les longues épines tranchantes du dragon. Léanne faisait de grands gestes pour attirer l'attention du dragon et ainsi créer une diversion, cependant, rien de tout cela ne ressemblait à un travail de groupe. Tout le monde était dispersé et leur nervosité et manque d'expérience ne faisaient que rendre les humains d'autant plus vulnérables.
De plus… Le Vipère semblait garder son attention sur Astrid, qui avait fini par stopper d'avancer, cette fois-ci reculant doucement pour tester les sens du dragon et trouver son angle mort. Il tournait la tête pour la regarder... Était-ce cela ? Face à son museau, était-elle invisible ?
« Pourquoi est-ce qu'il ne se concentre que sur moi ?
- Il va falloir que tu cours Astrid, déclara naturellement Gueulefort.
- Kogne, Krane arrêter de vous accrocher à ses pattes ! On essaye de le dresser pas de le stabiliser et le tenir en otage ! » S'écria alors Ingrid.
Mais soudainement, le Vipère cessa de grogner tout en restant sur place. Il écarta ses ailes et se mit à rugir fortement sur les jeune gens autour de lui qui l'agaçait, ensuite, il se rua vers Astrid pour une raison inconnue et chargea pour l'attaquer. Surprise, la jeune fille poussa un cri et elle fit une pirouette au sol pour éviter l'attaque du dragon. Gueulefort n'était toujours pas décidé à intervenir, ce que lui reprocha la moitié de la bande qui lui hurlait de stopper ça avant qu'Astrid ne soit blessée. La ténébreuse blonde courrait dans toute l'arène, sans arme pour se faire entendre, et le dragon ne semblait pas décidé à la lâcher. Tout à coup, celui-ci lança ses épines par dessus sa tête, et plusieurs d'entre elle coincèrent Astrid près du mur. Cette fois-ci elle cria de rage.
« LAISSE-MOI TRANQUILLE. JE NE VEUX PAS TE FAIRE DE MAL ! »
Mais le dragon était dans une frénésie incalculable. Il regardait Astrid de côté, de son oeil de reptile. Elle tenta de se mettre face à son museau mais les épines lui bloquaient le passage et cela le mettrait plus colère qu'autre chose. Par ailleurs, le Vipère leva sa queue, prêt à embrocher la jeune femme au moindre mouvement brusque. Astrid ferma les yeux.
Mais rien ne se passa.
Seul la lourde respiration du dragon en colère se faisait entendre ainsi que quelques « oh ! » l'entourant. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Harold était là, à côté d'elle. Une de ses mains s'appuyait sur le mur à côté d'Astrid. Il s'était placé presque devant et tendait la main devant le dragon en baissant la tête, les yeux fermés fortement de peur. Il tremblait.
Mais personne n'avait cru un jour le voir aussi courageux.
« Ne lui fais pas de mal. Je t'en pris. Nous ne sommes pas tes ennemis. »
Gueulefort étirait un sourire, comme si c'était ce qu'il attendait depuis le début.
Le dragon se calmait peu à peu, reniflant la main du jeune homme qui se tendait vers son museau. Tout le monde retenait sa respiration, la bouche entrouverte. Emma avait fermée les yeux, incapable de regarder au cas où le dragon venait à manger la main de son copain. Et peut-être aussi incapable de vraiment regarder Harold prendre la défense d'Astrid de cette façon.
La blonde justement, fixait Harold les yeux ronds. Il avait les joues rouge et tremblait légèrement, ce qui était compréhensible ; elle non plus n'était pas sereine actuellement.
Mais ce qui arriva se passa pour de bon. Le museau du dragon trouva la main du garçon, ses écailles rugueuses et douces à la fois réchauffant ses doigts refroidis par le froid du matin. Harold ouvrit les yeux, la bouche aussi ouverte que ses camarades autour.
« Alors là gamin, je dois dire que tu m'impressionnes. » Déclara Gueulefort.
À la sortie de l'entrainement particulier, tout le monde avait entouré Harold pour parler de cet exploit et cet acte courageux. Astrid n'avait pas dit un mot, toujours aussi surprise et secouée mais elle jetait des regards au brun en souriant, fière de ce qu'il avait pu montrer aujourd'hui. Harold expliquait qu'il avait appliqué cette technique avec Dragibus, son terreur terrible rouge, qu'il avait rencontré dans la forêt près de chez lui. Ça avait été un geste si naturel, alors, il aurait essayé de le reproduire.
Emma elle, restait un peu à l'écart mais elle rigolait avec les autres. Elle ignorait pourquoi elle le prenait si mal de savoir qu'Harold avait accouru pour aider la fille qu'il aimait depuis le début. Ce n'était pas étonnant après tout, elle savait que de base, il était sortit avec elle pour faire réagir Astrid.
Alors pourquoi était-elle si confuse ?
Plus tard, après avoir marché un moment tous ensemble, Léanne décida de s'éloigner un moment pour aller faire quelques achats dans la rue des Lumières. En notant cela, Margaux se disait qu'elle ne pouvait pas rester comme ça. Elle devait lui parler d'une façon ou d'une autre et comprendre à quel danger elle pouvait s'attendre. Et c'était le moment. Alors, elle l'aborda au moment où elle s'éloigna de la troupe.
« Faut que je te parle la rousse.
- Margaux j'ai pas vraiment envie de prendre le temps à travailler le manuel des dragons, tu devrais plutôt te détendre, les cours ne reprennent pas avant Mànadagr (lundi).
- Ça n'a aucun rapport avec les cours, il faut… Il faut qu'on parle de cette nuit.
- Cette nuit… ? Mais pourquoi tu t'inquiètes autant, je me suis juste assoupie, c'pas comme si des ailes de la mort étaient venus me chercher, rigola t-elle.
- Tu ne comprends pas. Tu ne t'es pas assoupie, j'étais là. Tu n'étais pas endormie tu étais… Dans une sorte de transe et en plus de ça, tu étais blessée. Tiens ! Tu m'as même demandée de t'emmener voir Pengon… Tu t'en rappelles ? »
La jeune fille regardait son amie les yeux grands ouverts avec un sourire qui menaçait de se transformer en rire mais elle écoutait à peine. Elle observait les dragonniers autour d'elle jouant avec leur dragon, les élèves lisant des livres contre le flan de leur moitié. Elle ajouta :
« T'as surtout dut faire un sacré rêve. Je suis touchée de savoir que je suis apparue dedans, merci. Si tu veux me suivre, viens. Mais arrête de me prendre la tête.
- Mais…
- Arrête. Tout va bien, d'accord ? Je ne sais pas quel genre de choses tu t'es imaginée mais je sais très bien ce que j'ai fais. »
La jeune femme aux cheveux rouges commençait à se sentir agacer. Elle voulait la secouer et lui hurler à la figure que tout ce qu'elle racontait avait juste été imprimé volontairement dans sa tête par un vautour mort du nom de Wester pour qu'elle ne se rappelle de rien. Mais cela n'était vraiment pas une bonne idée. Elle la suivit donc derrière, le pas las, le regard dirigé vers le sol.
On va tous mourir…
Ses yeux luisant d'une lumière aveuglante verte reflétant une peur intense ne cessait de s'imprimer dans son esprit chaque seconde un peu plus. Ses tremblements. Ses vêtements déchirés… Qu'avait-il fait de ses vêtements ? Avait-il osé la dénuder pour la changer ? Et les plaies qui recouvraient son enveloppe, pourquoi n'y étaient-elles plus ? Margaux avait-elle vraiment tout imaginé ? Elle n'avait aucune preuve concrète de ce qu'elle énonçait.
Là, de suite, ses cheveux roux bouclés se balançaient derrière chaque pas vif et joyeux qu'elle entreprenait. Et Margaux se sentait inutile. Dans un sentiment morose. Une colère naissante qu'elle ne pouvait pas exposer.
Elle voulait simplement lui faire entendre ce dont elle se souvenait.
Mais comment faire lorsque Léanne était possédée par ses propres souvenirs falsifiés ?
« Nous avons parlé de Gueulefort de notre fête d'aliénés de ce soir, déclara Kranedur d'un air fier.
- Et nous avons dut sacrément négocier pour qu'il accepte… Ajouta sa jumelle.
- En fait il n'était pas du tout pour cette idée. Surtout vu le nombre de fêtes qu'enchaine notre classe dans la semaine.
- Mais il a fini par craquer lorsque nous lui avons parlé de ses culottes roses en soie.
- Gueulefort… Porte des culottes en soie ? Pouffa Ingrid.
- il faut croire que oui, rit à son tour Emma.
- Vous serez tous invités ! S'exclama le garçon. Toi aussi Varek. Pas de bouquins pourris ce soir. Astrid tu te charges d'amener discrètement les boissons.
- Pourquoi moi ?
- On m'a soufflé que tu faisais de très bons nectars maisons avec Ingrid… Harold, on te donne l'étiquette de célibataire pour ce soir et tu nous laisses ta chérie, Emma est à nous. C'est notre acolyte avec notre mascotte rousse, sourit-il de façon taquine.
- Ah d'accord.
- Lu', comme tu portes le surnom d'une marque de bouffe, on te donne ce rôle, déclara Kognedur, Ah ! Et pas besoin d'invitation, vous êtes des Thorston à votre manière.
- C'est un peu rabaissant ça ! Rigola Lucy, mais comptez-sur moi pour ramener des calories.
- Vous direz à Margaux qu'on compte sur sa présence. Elle s'entend pas très bien avec vous, on sait, mais moi je la kiff. Les femmes comme elle dans une soirée c'est nécessaire, ajouta la Thorston, Pauline, Luna, vous voulez venir ? »
La jeune gothique et la jeune métisse s'apprêtaient à s'éloigner lorsqu'on les interpella. Leur visage gentillet et innocent donnait constamment cette envie de les câliner.
« Ah euh… Non. Non merci. On fait pas partit du groupe officiellement et on voudrait pas s'imposer et puis, les fêtes c'est pas notre… Truc, on vous adore les gars hein. Mais non, désolée, balbutia Luna.
- Y a pas de soucis joli Nem, la porte reste ouverte quand même ! Cria Kranedur.
- Pourquoi tu cris ? Enchaina Harold.
- Il s'exprime, répondit Emma en se rapprochant de lui.
- Vous en faites pas les filles. Faites ce qui vous voulez. On reste là pour vous quand même si vous avez besoin. » Déclara alors Astrid.
Finalement, le groupe se sépara de différentes façons après quelques minutes, certains pour commencer à préparer la fête du soir, ou d'autres pour s'assurer qu'une chose précieuse était en bonne santé…
xXx
En effet, Lucy et Harold s'étaient dirigés comme à leur habitude, au Repaire, pour un tête à tête amical et en toute intimité. À ce moment, plusieurs instants s'étaient écoulés. Les deux amis étaient bien. Détendus. Harold admirait sa merveille les yeux brillants, cherchant à comprendre sa signification. L'oeuf tremblait de plus en plus entre ses mains rugueuses qui caressaient sa paroi chaude et pleine d'écailles. La coquille dégageait une lueur bleuté et mauve incroyablement séduisante. Un long ronronnement, gémissement de dragon s'entendait de l'intérieur comme un chant infini. Lucy, elle, était derrière, à genoux face à la source Pengon, les mains tendues vers l'eau qui frémissait… Comme si ses mains dégageaient un certain magnétisme.
« J'arrive à le sentir… Souffla t-elle.
- Admettons que tu sois vraiment liée à Pengon comme tu le prétends… Tu sais pourquoi il t'a choisi ? Demanda le brun avec un petit sourire, calant l'oeuf contre lui.
- Et toi, tu sais pourquoi cet œuf inconnu sortit de nul part l'a fait avec toi ? »
Son sourire s'accentua et il se releva sur ses deux jambes pour venir rejoindre sa chère amie. Lucy stoppa son activité lorsque le brun s'installa à ses côtés, frôlant son épaule au passage. Elle se mit à sourire et l'observa.
« Tu as une idée de quel dragon c'est ?
- Aucune. Je n'ai jamais vu un œuf pareil, affirma t-il.
- Je me demande qui l'a déposé ici… C'est comme si.. Cette personne avait voulu volontairement que tu trouves cet œuf.
- Mais ça veut dire aussi que cette personne sait que nous nous rendons ici tous les jours. Ce qui est d'autant plus étrange.
- Harold. Je te rappelle que n'importe quel élève croyant peut se rendre ici. On en a déjà croisé plusieurs. Au fond, ça pourrait être n'importe qui.
- Tu as envoyé un dragon à ta mère et Justine pour leur parler de tout ça ?
- Cet étrange pouvoir que je développe ? Ohh non. Enfin pouvoir… Si seulement s'en était un. »
Ses fins doigts bougeaient d'un gracieux mouvement au-dessus de l'eau clair qui se mouvait en des petites vagues qui venaient frapper doucement la berge. Le son incroyablement puissant et doux de Pengon se dévoilait comme un chant divin.
« Peut-être que Pengon se joue de moi, ajouta t-elle, pas que je doute de son statut de Dieu. Mais… Pourquoi choisirait-il une fille aussi banale que moi.
- Tu as des choses à revendre peut-être ? Tu as une certaine vengeance à accomplir vis-à-vis de.. Tu sais. L'incendie. Mais tu dégages tellement autre chose que personne ne peut se douter une seconde que tu as une haine en toi. Pengon veut peut-être s'en servir pour.. Que tu puisses réussir.
- D'autres élèves méritent bien plus de réussir que moi.
- Tu es brillante Lulu. La personne la plus brillante et la plus intéressante que j'ai pu rencontré de toute ma vie. Sincèrement, avec Varek vous êtes précieux dans cet apprentissage, tu devrais t'en rendre compte. De toute façon, il y a toujours meilleurs que nous. Qu'est-ce que je devrais dire moi. Rejeté par mon père, traité de fou furieux par mon village parce que je me sens lié à Chêne. Fétiche et pas très chanceux… Et pourtant, on m'offre un œuf rare et plutôt lugubre. Je dégage de si mauvaises ondes que ça ?
Lucy s'esclaffa.
« T'es génial Loulou, n'en doute pas une seconde. »
Harold rigola et se souffla intérieurement qu'il n'aurait pas pu trouver une aussi bonne amie que Lucy.
De son côté, Emma s'était dirigée dans le couloir des chambres de 1ère année pour rejoindre celle qu'elle partageait avec Léanne, lui permettant ainsi de réfléchir à sa tenue pour la soirée loufoque des jumeaux même si elle n'allait pas changer grand-chose. En vérité, elle avait décidé d'aller chercher quelque chose bien en particulier avant d'aller dans la salle de bain en cachette.
Elle referma la porte ornée d'une poignet dorée derrière elle et comme par magie, les bougies présentes dans la pièce éclairèrent celle-ci d'une ambiance chaleureuse. Le lit de son amie était toujours aussi parfait. Ses baskets étaient disposées de façon ordonnées et dépassaient du dessous-de lit. La lueur des petites flammes venaient refléter ses vêtements de couleurs minutieusement pliée sur une étagère en bois possédant également quelques livres de connaissances mais également de fantaisies. Face à son lit, sa malle privée renfermait ses affaires les plus précieuses. Emma jeta alors un œil à son côté, révélant son bazar quotidien. Des sous-vêtements étaient disposés en désordre sur ses draps ainsi que des emballages de chocolats qu'elle achetait souvent après les cours à la rue des Lumières avec sa bourse. Ses yeux se posèrent ensuite sur sa photo de famille, collée au dessus de son lit. Elle s'avança à pas las et observa ce morceau de papier sans expression particulière. De ses petits ongles, elle grattait la jointure de ses doigts pour y enlever la peau qu'elle rongeait quotidiennement. Elle poussa un soupir agacé, redressa ses lunettes sur son nez et arracha la photo du mur avant de venir la bruler à la flamme d'une bougie.
Cela faisait bien longtemps qu'elle devait le faire.
Faire semblant ne servait plus à rien. Si Léanne lui posait des questions, elle lui ferait entendre que la photo était perdue, rien de plus.
Après avoir laissé la photo se décimer, Emma revint sur ses pas et se dirigea vers sa propre malle, l'ouvrant doucement ce qui fit grincer le lourd couvercle. Elle farfouilla dans ses vieilles affaires et attrapa ainsi ensuite, son œuf généreusement offert par Mr. Wester. Sa lueur argentée et bleutée venait se reflétait sur le visage de la propriétaire. Sa petit main venait parcourir la coquille avec affection, ses yeux brillants d'admiration.
« Salut Stick. J'espère que je ne t'ai pas trop fais attendre mon grand. »
L'oeuf laissa paraître une sorte de long sifflement, comme si le bébé à l'intérieur répondait à la voix d'Emma. La jeune fille, d'un regard attendri, le cacha alors derrière l'un de ses gros pulls en laine verts et quitta la chambre en se dirigeant vers la salle de bain.
À cette heure-ci, personne ne pouvait l'occuper, tout le monde était occupé à diverses activités dehors ou à réviser pour le premier test. Ce qui l'arrangeait fortement. Elle passa l'arche faite de runes et d'ornements dorés brillants en jetant un œil curieux mais elle ne s'attarda pas sur ce qui l'entourait. Elle avait maintenant l'habitude de croiser ce genre de merveilles tous les jours, ainsi que le grand bassin divin au milieu de la salle d'eau principale et puis, elle ne pouvait pas se permettre de perdre de temps avec un œuf de dragon dans les bras. Elle traversa alors l'entrée des filles et ne fut pas surprise de ne trouver aucune présence.
Tout était nickel, comme si la salle de bain était faite à neuf. Ses robinets renvoyaient à Emma son reflet déformé mais parfaitement identifiable. La jeune fille posa alors délicatement la coquille de son précieux entre deux robinets et sortit de sa poche un long chiffon qu'elle imbiba d'eau délicate. L'oeuf frémissait, faisant claquer les écailles sur le marbre.
« Tu m'as l'air bavard aujourd'hui. »
Le bébé se balança de gauche à droite, menaçant de faire rouler l'oeuf vers le sol. Emma paniqua alors soudainement et posa sa main à plat dessus pour le retenir une seconde fois, ses lunettes retombaient de travers sur son nez.
« Doucement mon p'tit gars ! Je sais que tu veux sortir mais tu vas devoir attendre que je passe mon examen, je ne tiens pas à ce qu'on découvre qu'un bébé razolame squatte ma chambre ! En plus, Léanne risquerait d'en payer les frais aussi. Alors qu'elle ne sait rien... »
Emma soupira, une pointe de culpabilité se faisant ressentir dans son esprit. Elle laissa son chiffon mouillé glisser sur la paroi de son œuf argenté, frottant les quelques traces crasseuses qui s'y trouvait. Un gazouillement lointain fit trembler la paroi. Emma esquissa alors un long sourire gaga.
« Oui. J'ai hâte de te rencontrer moi aussi. »
Mais cela ne calma pas la culpabilité qui rongeait son coeur. Elle détestait mentir à ses proches. Et c'était clairement ce qu'elle était entrain de faire. Peut-être devait-elle se dire que tout était fait pour la bonne cause.
De plus, son amie en question elle… Cachait peut-être un plus lourd secret.
Margaux n'avait d'ailleurs pas cessé de la suivre dans la rue des Lumières. Cela se voyait que Léanne souhaitait être seule, mais elle ne voulait surtout pas lâcher l'affaire. Pas maintenant. Elle devait savoir. Comprendre ce qui les menaçait.
Et Léanne était sa seule clé.
Durant tout le trajet, elles ne cessaient de se disputer. Plusieurs commerçants avaient stoppé leur braillement pour attirer les clients, tellement la voix des filles s'étaient portées fortement. La jeune fille aux cheveux roux commençait à avoir les nerfs, mais Margaux elle, commençait à perdre patience. Elle refusait de perdre une occasion. Et encore moins de se faire passer pour une débile.
« Très bien. Montre-moi l'endroit où tu t'es endormie alors ! »
Dans un regard rouge et provoquant, Léanne lui passa sous le nez et pressa le pas vers la forêt, traversant la Cour Secondaire ainsi que le terrain des courses de dragons. Elle criait par moment à Margaux de se bouger, ce à quoi la jeune femme lançait des injures.
Leur relation était vraiment sous tension.
Mais la vérité devait bien finir par prendre de court la concerné. À chaque pas qui la rapprochait de la forêt… Elle sentait.
Cette force. Cette peur.
Cette voix.
Mais elle ne comprenait pas.
Ses pieds pesaient de plus en plus lourds dans ses baskets. Des fourmillements parcouraient ses jambes de plus en plus intensément et son souffle s'accentuait, comme si l'air venait à manquer étrangement. Mais elle ne s'arrêta pas. Une petite voix dans sa tête lui soufflait que c'était la vérité.
Je me suis endormie.
Endormie.
« Léanne. Il faut vraiment que tu m'écoutes !
- Laisse-moi tranquille ! »
Une hystérie incontrôlable semblait prendre peu à peu possession de son esprit. Elle ne controlait presque plus ses mouvements. Quelque chose voulait l'emmener dans l'obscurité des bois. Quelque chose… De puissant. Margaux courrait derrière elle, prenant conscience que la situation devenait ridicule et qu'elle allait se mettre en danger.
C'est alors qu'elle parvint à l'atteindre et à lui attraper le bras.
Léanne cria un instant et tourna son visage vers la jeune femme.
Celui-ci commençait à se refléter d'une lueur verte, se déplaçant comme du sang dans ses vaisseaux sanguins. Mais Margaux n'eut pas le temps de prononcer un mot. Elle perdit toute capacité du moins. Elle était paralysée par ce qu'elle voyait.
Ça recommençait.
Comme si de rien n'était, Léanne se dégagea alors brusquement de son emprise, d'une force dont une jeune fille serait incapable, une force pouvant décrocher le bras de n'importe qui… Elle regardait Margaux d'une mine à la fois inquiète et mauvaise.
«Faisons demi-tour. Je… Ne va pas dans cette forêt. Tu n'as pas besoin de ça pour… Commença celle-ci.
- Tu passais tes journées à m'insulter et maintenant tu prétends t'inquiéter pour moi, tu veux que je te prouve que j'ai dormi et maintenant tu veux faire demi-tour ?! Mais qu'est-ce qui tourne pas rond chez toi ?! »
Margaux était folle de colère d'entendre son amie penser de telles choses, penser qu'elle devenait complètement folle alors qu'elle voulait juste comprendre ce qui s'était passé, tout en la mettant en sécurité. Pourquoi paraissait-elle si anormale…
« Regarde-moi, souffla Margaux, fixant sa lueur étrange qui s'intensifiait.
- Je ne veux pas te regarder. Je veux rejoindre le groupe et me casser d'ici.
- Alors éloigne-toi de la forêt Léanne. Je t'en pris. »
La rousse l'observa avec peur et avança à reculons, les yeux brillants se rapprochant dangereusement de la lisière de la forêt. Quelque chose en elle d'inexplicable se dévoilait. Une rage inexplicable s'exprimait en elle. Une rage qui commençait à la rendre folle. Voyant l'expression de Margaux s'endurcir à cause de la colère, elle lui tourna le dos et tenta de partir dans les bois en espérant que tout se fasse oublier, du côté de son amie comme de son propre esprit. Cependant, la jeune femme aux cheveux rouges lui attrapa de nouveau le poignet, cette fois-ci un peu trop brusquement et elle la ramena vers elle, prenant de son autre main son épaule pour la secouer et surtout, pour l'empêcher d'entrer dans la forêt.
« ARRÊTE D'ÊTRE AUSSI STUPIDE.
- LÂCHE MOI.
- Qu'est-ce qui s'est passé là-dedans ?! Qu'est-ce qu'on t'a fait ?
- Relache-moi tout de suite. »
Cette voix si forte et pleine d'écho n'avait rien de normal. Léanne savait pertinemment que quelque chose de flou embrouillait son esprit. Elle se sentait monter en puissance, comme si quelqu'un contrôlait sa mémoire, refusait de lui faire entendre la vérité. Elle était si effrayée qu'elle refusait catégoriquement de penser que cette théorie était vraie.
Je me suis juste endormie.
Endormie.
Margaux craqua.
« ON VA TOUS MOURIR. C'est ce que tu m'as dis ! Tu t'es évanouie après ça ! Je t'ai emmené voir Pengon mais ce gros con de Wester a pris le relai. Tu le sais !
- Tu mens... »
''Shhh, ne dis rien petite fleur. C'est déjà bien trop tard. Je t'ai déjà choisi.''
Elle se souvenait de cette voix douce et pleine d'écho. Comme un murmure qui entrait en permanence dans sa tête.
Et Margaux qui continuait de la secouer...
Les larmes menaçaient de monter aux yeux de la jeune fille qui commençait à se sentir à la fois impuissante et controlée. Et pourtant elle était si en colère…
« LÀ. Regarde cet endroit ! Regarde autour de toi ! Tu n'es pas normale ! DIS-MOI LA VÉRITÉ. »
Des cheveux noirs de jais et un visage fin, pourvu de traits précisément doux. Un teint blanc de porcelaine et des yeux asiatiques. Des lèvres rouges carmins incroyablement attrayantes... Aussi propre et net que cela puisse exister, des filaments brillants se déplaçaient divinement en grand nombre dans son corps couvert de mousses et d'écorces.
Et sa voix l'appelait.
Cette douleur indescriptible. Le craquement de ses os brisés sous le poids des racines. Tous ces échos. Ces visions.
Ces morts.
Leur visages gravés dans le sol tandis que la jeune fille aux cheveux de feu se trouvait au bord du monde, son âme pour toujours piégée dans la forêt d'Eden.
Elle hurlait.
Et l'arbre qui avait un visage ne la quittait pas des yeux.
Léanne poussa un hurlement terrifiant et se jeta sur Margaux qui de façon prévisible, esquiva son attaque. La jeune fille avait perdu ses yeux gris innocents, laissant place à des orbites brillants d'une lueur aveuglante et verte. L'esquive de Margaux permit à Léanne de se retrouver au sol, prise d'une crise incontrôlable et de tremblements frénétiques. Elle continuait de pousser des cris. Des cris inimaginables. Les dragons autour reculaient d'un pas et partaient se cacher en observant la scène. Les dragonniers dans le ciel, se retrouvaient dans l'incapacité de controler leur dragon.
Les reptiles prenaient la fuite.
La terre bougeait tout autour de Léanne, comme si, d'énormes vers visqueux se déplaçaient sous celle-ci.
Impossible...
Margaux était paralysée. Elle hurlait le prénom de son amie mais rien à faire. Des racines de plantes sortit de nul part sortirent du sol à côté du corps de celle-ci, et se balançaient dans tous les sens, claquant leur écorce contre le terrain. Et Léanne ne cessait pas de se débattre dans le vide, ses yeux avides de vie, la respiration saccadée.
Il aurait suffit d'un miracle pour stopper ce carnage qui avait attisé l'attention de nombreux spectateurs tout aussi apeurés les uns que les autres.
Mais pourtant il en eut un.
Margaux avait mis du temps à comprendre qu'une jeune fille la secouait pour lui demander de l'aide. Elle était incapable de se remettre tout court de ce qui venait de se passer. Léanne ne bougeait plus et la jeune fille lui criait de se relever et de l'aider. Elle semblait pressée et très inquiète.
« Il faut que tu m'aides. Nous allons l'emmener dans mon refuge, là où elle sera en sécurité. Il y a trop de regards indiscrets, on ne peut pas rester ici. Est-ce que tu comprends ? »
Margaux acquiesça brièvement et peina à se remettre debout. Elle continuait d'observer Léanne, comme si elle s'attendait à ce que son corps refasse des bonds anormaux et que la terre ne s'anime autour d'elle pour l'attaquer.
À deux, elles transportèrent le corps de la rousse qui s'était enroulé dans des fines racines, et ce, le plus rapidement possible.
Margaux était épuisée. Adossée contre la paroi rocheuse, elle fixait la mer, le teint blanc comme neige. Épuisée du chemin parcourut avec un poids mort mais également épuisée par toute cette surprise qui l'avait attendue à l'arrivée…
Léanne n'était pas la seule dans l'inconscience actuellement. Et cela provoquait de nombreuses inquiétudes.
« Hey, tout va bien ma belle ? »
Ingrid lui faisait de l'ombre à l'entrée de la grotte ; une grotte qui donnait accès sur la plage de Pendragon, à l'opposé des quais. La brune s'adossait contre la paroi, le regard aussi peiné que les autres membres de la bande, se situant beaucoup plus loin sur la plage, assis en silence dans le sable.
« Comment tu veux que ça aille ?
- On est tous un peu secoué je sais. Personne ne tire un mot depuis tout à l'heure. Surtout Astrid, elle est morte d'inquiétude. Tu aurais vu ce qui s'est passé, déclara Ingrid.
- Je ne peux que l'imaginer ne t'inquiète pas, confirma la jeune femme, qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
- Ils sont rentrés du Repaire tous les deux et ils nous ont rejoint pour préparer la soirée de ce soir. Tout se passait bien. Vraiment. Jusqu'à ce que… Les hurlements ne viennent remplacer la bonne ambiance.
- Je n'y comprends rien… » Souffla Margaux.
Elle était à deux doigts de raconter l'escapade de Léanne la veille, et comment ça avait dérapé. Cependant, elle avait peur des conséquences que cela pouvait avoir sur le groupe, surtout que maintenant, ils savaient que quelque chose d'anormal se déroulait.
Harold et Lucy avaient sombré aussi dans l'inconscience.
Margaux porta alors son regard vers la caverne incroyable derrière elle. Des étagères étaient comme sculptées dans la roche, sur lesquelles étaient posés des bocaux étranges et de différentes couleurs. Tout autour, étaient disposés des établis et ateliers, contre les parois de gauche à droite. Aussi plus loin à gauche, une seconde grotte semblait s'enfoncer dans la paroi rocheuse révélant un endroit de confort pour dragons où de nombreux petits lits et nids étaient remplis de reptiles de toute taille, adulte comme bébé. Dans un coin par ailleurs, nous pouvions observer par exemple, un mille tonnerre allongé, les ailes écartées et soutenues par une sorte d'atèle tandis que dans un autre coin, un aile de la mort était couché sur le flan, sous une couverture, la respiration sifflante. Seuls de faibles rugissements et des gazouillements se faisaient entendre.
C'était un pur endroit de soins et de beauté. Dans le fond de la caverne, les trois corps inconscients de Léanne, Harold et Lucy reposaient dans des lits, près d'une source d'eau inconnue où un ébouillantueur turquoise sortait la tête. La jeune fille soigneuse inconnue portait un bébé braguetaure dans les bras, le berçant doucement tout en faisant les cent pas entre deux établis où diverses montagnes de vieux livres étaient ouverts.
Il fallut un moment, mais Margaux fut appelée. Cela la sortit de ses pensées si violemment qu'elle se mit rapidement debout sur ses jambes. Laissant Ingrid face à son inquiétude, elle rejoignit la fille qui l'accueillit d'un sourire.
« Bon Margaux. Je vais être sincère avec toi, il va falloir que tu me dises la vérité. Je pense que tu me caches des choses. » Dit-elle.
La jeune fille sentit le rouge lui monter aux joues et jeta des regards inquiets vers ses copains sur la plage qui les observaient de loin.
« Rends-toi compte un instant que Harold et Lucy ont été touchés également par ce que possède Léanne. Elle est le magon de Lucy et Harold est son magon à elle. Les trois ont un lien étrangement rare et incompréhensible pour le moment. Ce que je vais te dire n'a rien de paranormal. Mais… Lors de ses crises, elle n'a aucun contrôle d'elle-même.
- Je ne comprends pas.
- Elle n'a plus conscience de ce qu'elle entreprend. Bien-sûr elle se bat, c'est pourquoi ça lui est si douloureux. Je veux dire... »
L'inconnue s'activa et s'élança alors dans le fond de la grotte vers le corps de la rousse qui avait le teint de plus en plus blafard. Elle mit le bébé braguetaure qui s'était endormi dans une couverture et elle le déposa plus loin dans un nid puis elle rejoignit en courant de nouveau Margaux près des lits, en prenant son live au passage qu'elle ouvrit rapidement en le feuilletant jusqu'à la bonne page. Son dragon posait sa lourde tête sur la sienne, faisant tomber des gouttes dans ses longs cheveux bruns ainsi que sur sa robe verte et blanches aux motifs végétal.
« J'ai bien peur que ce soit ce que je crois… Chuchota t-elle.
- Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'elle a ? On peut pas me donner une réponse, merde ! »
La soigneuse se mit alors à genoux près de Léanne sans accorder son attention à Margaux pour le moment. Elle plaqua ensuite délicatement ses mains sur le corps de l'inconsciente, une légère lueur blanche apparaissant au bout de ses doigts.
Margaux était bouche bée.
« Elle est allée dans la forêt n'est-ce pas ?
- Euh… Oui, avoua la jeune fille en se calmant, du moins, je l'ai supposée.
- Lorsque tu l'as trouvée, comment était-elle exactement.
- Blanche. Ses yeux étaient comme sans vie, brillaient d'une lumière aveuglante et… Elle avait… Ces choses vertes dans son corps qui se déplaçaient. Elle frémissait, tremblait et hurlait en se débattant. Elle… C'est comme si elle priait de se faire achever. Et aujourd'hui c'était pareil mais en plus, la terre s'est mise à bouger autour d'elle, des racines sont sortis du sol et se sont agités, j'étais à deux doigts de m'en prendre une dans la gueule ! Merde, c'était flippant !
- Merci. »
Soudainement, elle enleva ses mains de la malade et adressa un regard doux à Margaux. Elle était d'une douceur incroyable. Ses cheveux bruns tombaient parfaitement sur ses épaules pleines de griffures de petits dragons et ses yeux marrons lui donnaient un visage délicat.
« Je ne suis pas magicienne. Je ne peux pas… Empêcher ses futures crises.
- T'es entrain d'me dire que ce qu'elle a est permanent ?
- Lorsqu'Elle prend le contrôle, c'est fini Margaux. Je ne suis pas celle qui a la solution. Je ne suis que soigneuse.
- On fait quoi alors ?
- Appelle tes amis, ils doivent savoir.
- Je… Je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée, l'autre corbeau mort…
- Oui je connais très bien Mr. Wester, sourit-elle, ne t'en fais pas. Je sais qu'il a emmené ton amie voir Pengon et qu'il a effectué un effacement de mémoire parce qu'il ne voulait pas que vous soyez au courant. Cependant… Elle est plus forte que ça. Beaucoup plus forte. Et ça a eut des conséquences sur vos deux autres amis. Les autres ne doivent pas être mis dans l'ignorance. Tu comprends ? Ça ne les met que plus en danger, surtout en vue de ces crises incontrôlables. »
Margaux ne put qu'acquiescer. Elle souffla doucement par la bouche pour enlever ce poids qui pesait en elle et elle observa ses trois copains sur le lit. Elle ressentit une vague d'inquiétude mais également d'espoir l'envahir.
« Qui est-Elle ?
- Appelle tes amis. »
Un regard à Ingrid lui permit de faire amener la bande tout entière et rapidement. Ils arrivaient en courant. Emma et Varek laissaient échapper quelques sanglots tout en se retenant de laisser couler quelques larmes. Ils se réunirent autour des victimes et se serrèrent les uns contre les autres. Astrid était muette comme une tombe, blanche et totalement inquiète de la situation. Ça se voyait.
Elle regrettait de ne pas avoir agi lorsque soudainement Harold et Lucy s'étaient mis à hurler simultanément, se secouant par terre frénétiquement... C'était un vrai cauchemar.
Les jumeaux, eux, s'étaient carrément mis à genoux, leur casque contre leur poitrine.
« Ils ne sont pas morts. Je peux vous l'assurer. Je peux les soigner et les réveiller sans problème. Cependant, il faut que vous sachiez ce qui est probable de se passer par la suite. Tout cela n'est qu'une simple théorie de ma part bien-sûr, je ne me sers que de mes connaissances en la matière.
- Est-ce que tout a un rapport avec les prophéties ? Demanda Emma.
- Non. Moi j'ai une meilleure question. Pourquoi tout le monde sait mieux que nous ce qui se passe alors que nous sommes le centre de l'attention. Pourquoi les professeurs et une élève comme toi de génie sont plus au courant de notre cas que nous le sommes nous-même ? On se sert de nous pour quoi au juste ? » S'énerva Astrid.
L'inconnue était calme et souriante. Ses yeux marrons regardaient chaque membre de la bande avec bienveillance tandis qu'elle caressait d'une main le menton de son ébouillantueur.
« Est-ce qu'on peut te faire confiance ? Avança à son tour Ingrid, pourquoi une élève nous aiderait-elle comme par hasard lorsqu'un incident étrange se produit, un incident dont beaucoup de gens dont Wester semble s'intéresser par ailleurs.
- U-Une élève ? » S'offusqua Varek.
La fille se mit alors soudainement à rire.
« C'est pas grave Varek. Je suis ravie de voir qu'on me rajeunit.
« Je rêve. Vouvoyez-la. Vous parlez au professeur de Soins Médicinaux aux dragons, le plus grand génie de cette île ! Soyez plus respectueux !
- Il n'y a aucun soucis. Ils ne pouvaient savoir Varek. Ils ne m'ont pas en option contrairement à Lucy et toi. Et puis, on me confond souvent avec une élève. »
Plus personne n'osait dire un mot, trop gêné d'avoir confondu les rangs.
« Et vous n'avez pas besoin de me vouvoyez. Ni de prendre mon nom de famille. Je ne suis pas comme ça. J'ai besoin de me sentir proche de mes élèves pour mieux les comprendre. Je m'appelle Lili. Et bien-sûr, vous pouvez avoir entièrement confiance en moi. Je vais faire de mon mieux pour comprendre avec vous ce qui se déroule ici. Cette école de dressage de dragons ne tourne pas rond. Contrairement à ce que vous pensez, je peux vous assurer que les professeurs ne font que s'assurer qu'aucun élève ne soit en danger. Mr. Wester également. Vous êtes des premières années. Ce qui vous arrive est assez exceptionnel puisque l'attention tourne autour de vous et de cet enfant traitre.
- Le problème étant qu'on ne comprend pas pourquoi l'attention est sur nous, lança Astrid.
- Pourquoi Wester nous enlève aussi, du moins pourquoi nous, grogna Emma.
- Ou pourquoi on ne nous dit pas tout, ajouta Varek.
- Attends Varelok, on est concerné nous aussi ? Rigola Kognedur.
- Nous ne faisions que répandre l'amour et la poésie dans ce groupe, quelle idée de…
- Vous êtes tous concernés. »
Il eut un terrible silence. Un silence tout de même perturbé par les gazouillements malades des dragons. Tout le monde ressentit un frisson les parcourir.
« Harold. Astrid. Léanne. Ingrid. Emma. Margaux. Lucy. Varek. Kognedur et Kranedur… Rustik et Tanguy aussi, lista t-elle.
- Attendez quoi ? Ria nerveusement Ingrid, son teint devenant soudainement blanchâtre.
- Comment ça cet enfoiré de Tanguy fait partit de la troupe ? Baaahaha, je m'étouffe, clama Margaux.
- Rustik adore m'harceler, je sais pas si je devrais me réjouir. » grogna Varek.
Le reste de la troupe était silencieuse. Emma et Astrid s'étaient adossées contre les parois, se lançant des regards perturbés. Kognedur et Kranedur, eux, étaient totalement bouche bée en exagération cependant, ils ne bougeaient plus.
Lili savait pertinemment qu'elle ne devait pas tout leur dire. Pas maintenant.
Ils devaient être prêts.
Mais elle estimait contrairement à Mr. Wester ou Lydiana, qu'ils devaient savoir le véritable problème des prophéties et actuellement, de leur amie Léanne. Alors.. Elle se lança.
« Je veux juste être sincère avec vous jusqu'au bout. »
Elle se sentait tout à coup mal à l'aise de devoir dire des choses aussi dures. C'était la première fois depuis des siècles que des dragonniers novices devaient faire face aussi rapidement au pire de leur destin. Mais… Elle n'avait pas le choix. Ce n'était qu'une soigneuse de dragons. Mais… Elle pouvait leur venir en aide.
Et la vérité devait tout de suite leur faire face.
« À partir du moment où les prophéties reviennent, elles annoncent la mort. »
Le groupe se jeta quelques regards sceptiques.
« Qu'est-ce que ça veut dire ce truc ? Demanda Kranedur.
- Les prophéties annoncent une grande prouesse future, c'est vrai. Cependant, c'est un lourd fardeau d'en porter une… Puisque cela signifie qu'à partir du moment où vous êtes porteurs d'une prophétie et possédez un magon, vous êtes destinés à mourir. D'une façon ou d'une autre. »
*Pleure* Bienvenue à Little Sayuri alias Lili ! :)
Un vrai petit bonheur cette fin hein ? Eheh, pour la suite, vous aurez principalement :
- Des explications concernant le cas de Léanne
- D'autres révélations
- Une scène hiccstrid
- Des dragons, toujours plus de dragons
- Et... Quelques détails entourant le premier test
J'espère que le chapitre vous a plu. Comme j'ai tourné principalement mes chapitres autour de mes OC récemment, sachez que je vais commencer à m'attarder sur les personnages de dragons notamment Ingrid et Rustik qui sont mis de côté. Harold sera bien plus mis en avant également et on retrouvera très prochainement Dagur et Viggo ! ;)
Si vous avez des questions et qu'ils ne demandent aucun spoil, n'hésitez pas. Mes MP sont également toujours ouverts.
À très bientôt.
D.F.
