Bonjour à tous !
Je suis clairement en plein milieu d'une semaine de vacances, j'ai pas beaucoup de réseau. Internet n'en parlons pas. Mais je me devais de publier parce que sincèrement, il faut le dire je commence à devenir folle à force de ne plus avoir de temps pour écrire ou publier. Je veux tellement faire de mon mieux et vous offrir quelque chose de bien que... Je m'en fais du mal. ^^'
XD M'enfin bon, je suis là ! J'espère que tout se passe bien pour vous et que vos vacances se passent sous le soleil.
Pour maintenant, j'espère également que le chapitre vous plaira. Je vous remercie de votre soutien quoiqu'il arrive. Ça reste important pour moi.
Bonne lecture. :)
Chapitre 14 : Les Édénis
« M...Mourir ? »
La plupart des membres de la bande eurent une mine effondrée. Emma commençait tout juste à pleurer au moment où Lili enchaina :
« Oui. Du moins, autrefois c'est ce qui se déroulait. Vous savez, Pendragon portait une prophétie en lui. Et il est mort avec elle. »
La jeune soigneuse ouvrit de nouveau son livre, jetant un regard à l'intérieur tandis qu'un bébé dragon venait se nicher sur son épaule, couinant comme une quémande.
« Mais là n'est pas la question. Ne pensez pas à ça. Personne de notre génération et de nos générations précédentes n'ont vécu assez longtemps pour dire si ce n'était qu'une légende ou non. Ce qui commence à devenir problématique, c'est le cas qui commence à s'introduire chez votre amie Léanne. »
Tout le monde était d'une fine oreille, observant ce regard bienveillant soulagé leur peine comme par magie. Surtout Margaux, elle qui avait cherché tant de réponses depuis la veille.
« La forêt d'Eden est une forêt très particulière puisqu'elle possède une vie aussi sacrée que celle de Pengon. Le genre de vie qui contrôle tout. Qui fait vivre la nuit ce que nul ne devrait voir. On dit que les morts viennent se recueillir auprès d'elle, auprès de ses sources : les Edenis.
- A quoi ça ressemble ce machin ? Demanda Kranedur.
- Un énorme Chêne. Généralement c'est l'arbre le plus gros et le plus haut de la forêt. Evidemment, il y a des Edenis un peu partout dans le monde, mais beaucoup ignore à quel point ils sont précieux et qu'il faut les protéger. Ils absorbent le mal et permettent d'offrir la vie, même après la mort. »
La bande se marmonnait quelques paroles mélangeant admiration et théorie à l'exception d'Emma qui restait silencieuse, observant Harold qui reposait dans le silence derrière Lili. Elle avait compris de suite à la notion des Edenis que « Chêne », l'arbre dont Harold se sentait particulièrement attaché, en était un.
Depuis tout ce temps où le protéger avait été une nécessité, cette bataille que sa mère Valka, s'était offerte pour le préserver… C'était juste une pure et simple vérité que les Hommes ne voulaient pas entendre. Alors, pour confirmer ses pensées, la jeune fille maladroite demanda :
« Et euh… Si les Edenis sont détruits… ?
- La nature aussi belle et riche que nous la connaissons laisserait place au chaos et à la mort de la flore. » Répondit Lili en caressant la petite tête du terreur nocturne sur son épaule.
Mais, la bande restait sceptique face à ces explications ne comprenant pas le rapport direct avec le comportement étrange de Léanne. La soigneuse enchaina alors d'un ton plus direct :
« Les Edenis sont nés d'une déesse secondaire il y a des millénaires de cela. Une déesse de la vie et de la terre. C'est là où je veux en venir. Votre amie a clairement été la trouver. Et malheureusement pour elle… Elle n'aurait pas dut se retrouver à cet endroit. »
Le silence qui suivit fut tendu et angoissant jusqu'au moment où les rires de Kognedur, Kranedur et Margaux ne viennent déranger l'ambiance maussade.
« Alors là, on aura tout entendu, déclara la fille aux cheveux rouges.
- Vous croyez aux dieux, non ?
- Oui, à Thor, Odin, commença Varek.
- Loki, Hella, Freyjar… Continua Ingrid.
- Alors pourquoi ça vous paraît si difficile de croire à ça ? Questionna Lili.
- Les dieux ne se montrent jamais, ricana Kognedur, comme les fury nocturnes d'ailleurs.
- C'est pourquoi on parle de dieux secondaires, pas ces dieux nés au début de la terre dont tout le monde connaît le nom. Non. Des dieux présents sur nos terres, et qui veillent chacun sur un élément. Un endroit. Un sentiment. Léanne a rencontré la déesse de la vie et de la terre, ou plutôt devrais-je dire qu'Elle l'a trouvée et qu'elle cherche à se servir d'elle d'une façon ou d'une autre. C'est pourquoi elle aurait agi avec autant de force ou si brutalement. »
À cet instant, plus personne n'avait vraiment vraiment envie de rire. En fait, les regards étaient tous dirigés vers le corps de la rousse endormie.
« Pourquoi chercherait-elle à se servir d'elle ? Demanda Emma d'une voix inquiète.
- Je l'ignore. Nous ne pouvons pas véritablement savoir ce que veulent les dieux. Ce sont des entités bien trop mystérieuses pour le genre humain.
- Que peut-on faire pour l'aider ? Questionna à son tour Varek.
- Malheureusement rien.
- Je veux bien être gentille… Mais on va pas rester de marbre face à une folle dingue qui cherche à nous prendre notre amie ! Surtout que derrière, Lucy et Harold en prennent aussi plein la tronche… Grommela Astrid, serrant son couteau à sa taille.
- Nous parlons d'une déesse là As. Je sais que ça donne envie de s'y mêler mais… Après tout, Lili a raison. On ne peut rien faire, enchérit Ingrid.
- Ce n'est pas une question de force, dit la soigneuse d'un ton calme, j'ai peur que si vous tentiez quelque chose, le lien que cherche à créer la déesse ne finisse par tuer votre amie. Vous comprenez ? »
Il eut un silence acquiesçant les propos de la brune. Elle esquissa un petit sourire malgré leur mine refroidie par la peur et joignit ses bras pour que le terreur nocturne vienne se loger dans un gazouillement. Elle lança quelques regards vers les nids au loin puis, dans une caresse délicate qu'elle donna sur la tête du petit dragon, elle s'élança d'un pas léger vers les trois corps inconscients.
« Bon, je vais vous expliquez comment nous allons procéder. »
En fait, le plan paraissait assez simple dans le sens où toute la bande devait juste garder sa langue et faire comme si de rien n'était à leur réveil. Bien entendu, il ne comprenait pas pourquoi ils devaient réagir comme ça, sachant que Lili avait été la première à dire à Margaux que tout le monde se devait d'être au courant pour question de sécurité. Pour Léanne, il l'entendait dans le sens où, vu la gravité de son cas, il valait mieux qu'elle ne sache pas que ses amis soient au courant. Lili prévoyait d'entretenir une conversation privée avec elle pour qu'elle ne se sente pas seule dans cette situation délicate et douloureuse.
Cependant, pour Harold et Lucy, il était difficile d'imaginer un quotidien avec eux sans leur évoquer ce passage de leur crise.
« A leur réveil, ils ne se souviendront de rien. Pour le moment, cela doit rester ainsi. Vous n'êtes pas prêts. »
Mais les membres avaient peur de paraître peu naturels avec eux après le choc qu'ils avaient eut en les voyant dans un état second. C'était à prévoir, mais ils n'avaient pas le choix. Ils se devaient d'écouter Lili après l'aide qu'elle leur avait apporté et vu la sagesse qu'elle dégageait, ils arrivaient presque à se dire que chacun de ses mots étaient purement véridiques.
Alors ils l'écoutèrent.
Elle leur demanda de partir pour qu'elle puisse se charger d'eux. Margaux et Astrid avaient eu plus de mal à suivre le groupe, comme si quitter une certaine personne les inquiétait d'autant plus. Emma était au bord de l'entrée de la grotte, les larmes aux yeux tandis qu'elle jetait un regard bref derrière elle, puis, Kognedur et Kranedur l'avaient enroulé de leur bras avant de l'embarquer sur la plage.
Tous ensemble, ils rejoignirent ensuite la place de Pendragon en silence, les pensées pleines de réflexions.
Lili, la soigneuse, s'était chargée de s'occuper des quelques dragons qui lui quémandaient de l'affection comme de la nourriture avant de revenir vers les trois malades. Elle décida de s'occuper d'abord des jeunes innocents, se plaçant derrière en tailleur, entre leur deux têtes, plaçant chacune de ses mains au-dessus de leurs corps avant de laisser une certaine énergie l'envahir. Les vagues de la mer s'entendait distinctement dans ses fines oreilles lui procurant un bien-être exquis. Elle inspira alors par le nez et laissa son énergie envahir les corps des deux jeunes adultes. Ses doigts s'étaient comme illuminés d'une lueur blanchâtre douce qui surplombait leur poitrine, se reliait à elle par des fils lumineux magiques que dans une certaine réalité, on prendrait pour des fils électriques. Elle parvenait à sentir leur chaleur, la cadence de leur coeur ainsi que le rythme de leur lente respiration. Elle se concentrait, faisait appel à son talent pour éveiller les deux endormis sans trop de violence… Et lorsqu'enfin elle sentit Lucy se trémousser en première, elle esquissa un sourire de satisfaction et apaisa l'énergie mystérieuse qu'elle diffusait en eux. Malgré la curiosité qui semblait se refléter sur leur visage éveillé, leurs yeux ouverts encore endormis révélaient partiellement que de ce qui s'était passé, ils ne se souvenaient de rien.
1 semaine plus tard.
Les révisions.
Une chose que sûrement la majorité des élèves de Pendragon regrettaient le plus.
Les premières années passaient leur test de sélection finale, leurs résultats déterminants s'ils étaient aptes à posséder un dragon et surtout, continuer leurs études sur le lieu. Mais les autres années, de la deuxième à la cinquième, passaient littéralement ce que dans le monde moderne nous pouvions appeler des partiels ; à la différence qu'à Pendragon, ces partiels pouvaient se montrer plus physiques et de plus en plus éliminatoires.
Alors, dans cette semaine qui se rapprochait petit à petit de la semaine d'examens, on pouvait remarquer une bonne partie des dragonniers à la bibliothèque, dans la salle d'études ou même, dans leur propre chambre pour se plonger dans leurs bouquins. C'était le cas d'Emma, de Pauline ou d'Ingrid par exemple, qui préféraient rester enfermer pour ne pas être déconcentrer par le moindre bruit. Varek, Lucy et Léanne, passaient eux tout leur temps dans la salle d'étude à débattre sur différentes pages qui s'éparpillaient sur leur table tandis qu'Harold au milieu d'eux, devait s'efforcer de ne pas lever les yeux vers Astrid et Kyle à demi-collés à la table d'en face. Mais généralement, il repensait à Emma et tout semblait aller pour le mieux.
Depuis cette histoire de crise qui l'avait touché lui, Lucy et Léanne, plus personne n'avait décidé d'en parler. La bande avait tenu promesse envers Lili et avait décidé à attendre son signal lorsqu'ils devraient en venir à leur explication. Au final, c'était beaucoup plus facile que prévu de faire comme si de rien n'était. Même Margaux qui passait tout son temps avec Léanne, était parvenu à oublier ce qui s'était passé ainsi que cette idée qu'ils allaient tous mourir ; bien qu'elle avait peur qu'à un moment ou l'autre la rousse ne pète de nouveau un câble et le hurle sur tous les toits.
En effet avec les examens qui arrivaient, leur pensées se tournaient vers d'autres choses plus nécessaires pour leur avenir, laissant de côté les histoires de prophéties et d'enfant traitre. Également, avec ces évènements précédent, la fête prévue par Kognedur et Kranedur avait été annulée, bien trop perturbée par ce qui s'était passé. Elle fut donc décalée pour la sortie des examens.
« Ce test se déroulera en plusieurs parties, annonça Gueulefort de sa voix nordique le jour de l'entrainement privé, d'abord, votre semaine démarrera avec les épreuves écrites, plus intellectuelles comme l'histoire, l'écrit de la dragologie, de mythes et légendes. Le mercredi laissera place à vos options qui attention, sont nécessaires pour votre réussite. Si vous n'avez pas la moyenne dans vos options… Il est dur d'être exigent pour certaines professeur hehe. Et enfin, en fin de semaine vous finirez par le plus gros : l'oral de dragologie et les entrainements physiques qui eux, se passent devant un juge de trois Secondaires, les dragonniers qui travaillent personnellement pour le gouvernement. Donc là… Il faudra montrer vos capacités. Et généralement, ce qu'on recherche principalement chez un dragonnier, c'est sa détermination et son courage alors vous n'avez sincèrement pas intérêt à partir en courant si on vous met devant un mille tonnerre sinon vous allez être recalé et devenir bodron. Alors… Je vais vous tenir prêts. »
L'entrainement en petit comité s'en suivit avec beaucoup de concentration et de persévérance bien que pour certains comme Varek ou Emma, il était difficile d'évoluer. Harold stagnait, sans apporter de nouveau progrès, cependant, si son aptitude au corps à corps était pas top il savait pertinemment qu'il avait les moyens de se rattraper avec la partie Dressage. Il avait l'impression que depuis qu'il avait obtenu cet œuf, il avait développé une confiance en lui plus importante, alors, c'était des moments qu'il chérissait dans le Repère, surtout en compagnie de Lucy.
Margaux parvenait à s'intégrer de plus en plus dans le groupe. Bien-sûr, elle se permettait de lancer quelques paroles vulgaires et de mal parler à certaines personnes du groupe mais, les membres finissaient par s'en habituer au point que parfois, cela finisse par les faire sourir.
En bref, tout semblait se passer pour le mieux. Le plus gros était oublié et les relations se fortifiaient chaque minute qui passait. Ils étaient tous effrayés. Morts de peur. Mais ils travaillaient comme il fallait pour réussir. Et Gueulefort les aidait bien en coachant chacun de ses élèves personnellement, jusqu'à ce qu'ils puissent stagner dans un niveau suffisant.
En effet, à partir d'un certain seuil, il était évident qu'ils ne pouvaient plus évoluer et devenir aussi courageux qu'un dragonnier. Pour cela, il fallait passer le test.
Et là, les vrais cours d'entrainements commenceraient. Ils le savaient tous.
De plus, pour certains comme Harold ou Emma, la question de posséder un dragon trottait quotidiennement dans leur tête, comme une question perpétuelle qui se répétait Vais-je posséder deux dragons alors ? Ou Wester avait-il tout prévu ? Le problème étant que personne ne faisait confiance au sombre directeur. Donc, la réflexion se posait. Et les Dieux savaient évidemment, que posséder son propre dragon avant le premier test était strictement interdit…
À la sortie de l'entrainement privée, le froid était venue fouettée le visage de chacun avec hargne. Harold s'était emmitouflée dans son écharpe verte entourant sa tunique de viking marron, un bras autour des épaules d'Emma, riant avec elle. Il repéra Dagur, le frère d'Ingrid étant venu la chercher pour une quelconque raison et celle-ci ne semblait pas contente. Les jumeaux, comme d'habitude, cherchaient plus le mal que le bien et c'était mis presque nus dans le but évident de choper la mort. Mais cela n'étonnait personne au final.
Ses autres amis avaient vite disparus si bien qu'il n'eut pas eu le temps de repérer où ils s'étaient échappés. Cependant, il vit Astrid s'asseoir près de leur arbre de pause habituel, où leur groupe se posait souvent. Elle avait tressé ses cheveux sur le côté, dorés et brillants de toute beauté. Le soleil renvoyait leur éclat raffiné, sans défaut, juste parfait. Elle avait un manteau bleu marine ajusté d'une capuche aux poils blancs. Elle se frottait les mains et regardait au loin, un air fatigué bien présent qui intriguait fortement le garçon.
De façon impolie, la voix d'Emma était lointaine depuis un moment… Mais c'était plus fort que lui.
« Excuse-moi, j'ai pas compris.
- Je sais très bien pourquoi. Si je te pose problème…
- Non ! Non. Je suis désolé. Ne m'en veux pas, c'est juste... »
Harold se grattait la tête par embarras. Plus Emma et lui semblaient avancer dans une certaine relation, plus il remarquait que celle-ci devenait susceptible sur certains points qu'auparavant ils prendraient à la rigolade. Ça commençait à le mettre mal à l'aise puisqu'il l'avait poussée à se lancer dans cette aventure en l'embrassant. Il pensait que ce serait bien pour elle autant que pour lui. Mais apparemment, cela semblait devenir plus compliqué puisque ce petit jeu devenait de plus en plus sérieux.
« Ne me balance pas des excuses. Si tu veux aller la voir, vas-y mais me prends pas pour une idiote. C'est blessant. »
Le ton de la jeune fille maladroite n'était pas méchant. Il était juste sincère, pimentée d'une pointe de tristesse. Mais Harold ne pouvait pas lui mentir après ce qu'elle faisait pour lui depuis le début.
Il se sentait comme un imbécile d'être dans cette situation à cause de cette impulsivité qui l'avait pris auparavant.
Gêné, il préféra ne rien dire et s'avancer vers Astrid sans jeter un regard vers Emma qui s'éloignait sûrement déjà pour aller rejoindre Léanne et Margaux.
Arrivé à sa hauteur, sa présence ne semblait pas être appelée. Astrid avait toujours le regard perdu dans le vide. Son petit nez était légèrement rose à cause de froid et elle se mordait les lèvres constamment. Ses fines jambes remontées contre elle la réchauffait un peu de cette basse température inattendue. Se sentant soudainement intimidé, le jeune garçon s'assit rapidement à côté d'elle, la faisant sursauter. Cela fut accompagné d'un petit rire sincère qui venait de loin, comme si elle venait d'être prise en flagrant délit. Elle était si jolie que le brun sentait ses joues chauffés légèrement.
« Pardon. J'ai pas su être discret.
- Je suppose que c'est moi qui ne suis pas assez attentive.
- Je te vois dans tes pensées depuis tout à l'heure, on dirait que quelque chose ne va pas. »
La blonde poussa un soupir, baissant les yeux vers ses mains blanches comme neige.
« J'ai juste l'impression de ne pas avancer. Comme tu le dis, il y a quelque chose qui ne va pas.
- On a tous l'impression de stagner, il suffit juste d'attendre le test et je suis certain que tout changera. Nous aurons notre dragon pour évoluer et devenir de vrais dragonniers. Tout se passera bien. »
Quelques dragons rugirent derrière eux, ou, par moment, d'autres se baladaient devant ce qui incitaient les deux élèves à les suivre du regard.
« Et si malgré ça, on échouait ? Qu'est-ce que ça fait d'être bodron ? Est-ce qu'au fond on le sait vraiment ? Tout le monde en parle comme la pire chose qui puisse exister mais est-ce qu'il y vraiment des gens pour témoigner ?
- Tous les bodrons sont coupés du monde et privés de tout contact. Ils travaillent sans cesse dans la misère pour récolter des richesses qui leur permettent de gagner suffisamment pour acheter un crouton de pain. Du moins, c'est ce que racontait mon père pour motiver ses troupes de Sentinelles.
- C'est horrible. Comment peut-on envoyer des gens, des jeunes là-bas pour seule raison qu'ils ne sont pas assez qualifier pour défendre le pays ? Se lamenta la jeune fille, une voix peinée.
- Je ne sais pas. Par déduction je dirais que c'est parce que le monde entier est en guerre, que les dragons sont au coeur de tout cela. Et que si les gens ne sont pas capable de s'y adapter… C'est qu'ils ne sont pas aptes à aider leur semblable. »
Harold tourna son visage vers Astrid, observant sa réaction. Il ne savait pas si ce n'était qu'une impression de voir son teint virée plus intensément au blanc… Mais il ressentait vraiment son mal-être actuellement.
« J'ai peur d'échouer. Une Hofferson n'a jamais peur. Et moi j'ai la trouille Harold. J'ai... »
Il mourrait d'envie de la serrer dans ses bras mais il avait peur de le faire. Quand on y pensait c'était complètement stupide. La jeune femme avait peur de perdre. Et lui il flippait pour une accolade débile.
S'il y avait possibilité de le faire, Harold se mettrait des claques. Mais actuellement ce n'était pas ça le vrai problème. Peut-être qu'en vérité, la blonde essayait de lui faire comprendre autre chose ? En effet, c'est parce qu'il ne le voyait pas et que la jeune femme le cachait mais du coin de l'oeil, elle observait ses poignets bleus de marques dut aux pressions que Kyle exerçait chaque fois. Elle faisait tout pour le cacher. Après tout, si Harold le voyait, elle ignorait ce qu'il pourrait faire. Il avait beau être chétif, elle ne doutait pas qu'en colère, ce serait une tout autre personne.
« Je ne veux pas t'agacer avec mes histoires Harold. Surtout pas après la méchanceté que j'ai pu éprouver auprès de toi. Je suis désolée, vraiment. Et… Je suis contente que tu sois avec Emma. »
Il eut un silence qui paru durer une éternité. Mais le garçon étira un sourire timide.
« Compliqué la vie hein.
- Ouais, souffla t-elle dans un petit sourire.
- Je pense que t'es une fille super Astrid. Il faudrait juste que tu cesses de vivre dans l'ombre et que tu ne penses qu'à toi pour une fois.
- Je ne pourrais jamais penser qu'à moi. Je tiens absolument à protéger Ingrid. Tu n'imagines pas combien je lui dois. On est inséparable depuis des années… Et pendant toutes ces années c'est elle qui m'a tout donnée. Et puis, je me bas pour mon petit frère, Eli. Je ne cesse pas de balancer des haches en me disant que cette évolution servirait à le protéger lorsque je serais soldat et officiellement un dragonnier. Mais… Je suis entrain d'échouer. Je le sens. »
Le brun décida de changer de tactique, la bousculant d'un coup d'épaule.
« Hé ! Si toi tu échoues alors que tu te bas comme une déesse, qu'est-ce que je fais moi ?
- Ce n'est pas pareil ! Ria t-elle.
- Bien-sûr que si ! … Ne doute pas de toi. Je t'assure. Tu as toute la détermination et le courage qu'il faut pour charmer les jurés. Tu vas entrer dans l'arène avec ton froncement habituel, ça leur fera peur et ça va passer direct.
- Quel froncement ? Tu te moques de moi ?
- Ton visage se durcit quand tu es concentrée. On dirait que tu es prête à massacrer le moindre yak trop bruyant, sourit Harold.
- Mouais. N'essaye pas de trouver des excuses pour me remonter le moral.
- Parce que tu crois que je suis là pour acquiescer tes propos et te déclarer que oui… Mlle Hofferson, vous allez échouer parce que vous êtes une pauvre incapable, indigne de tout honneur alliant votre famille !
- Là, ça marche. »
Le sourire de la jeune femme s'était agrandit. Elle observait Harold les yeux brillants, d'un certain humour.
« … Tu me fais marcher.
- Non puisque du coup j'ai envie de te massacrer.
- … Au moins ta tristesse est partie ?
- Temporairement mais oui. »
Les deux jeunes amis partirent dans un rire qui dura un moment. Un rire qui suffisait à les réchauffer mais également à les faire rougir. Plus tard, Astrid avait fini par pousser un long soupir comme si elle venait de libérer quelque chose d'important en elle.
« Peut-être un jour, te raconterais-je mon histoire, sourit-elle en calant une mèche derrière une oreille.
- J'attendrais avec impatience alors. »
Un petit sourire timide venait d'esquisser les lèvres de la blonde.
- Et toi, tu te bas pour quelqu'un ?
- Pour réussir ? Je me bas pour ma mère.
- Elle t'attend quelque part ?
- Elle est morte en Albanie pour sorcellerie. Enfin… C'est ce que tout le monde dit. »
L'ambiance changea tout à coup et se transforma en véritable embarras du coté féminin.
« Harold… je… Je suis vraiment désolée, je ne savais pas. À peine rencontrée je t'avais posé des questions alors que..
- Oh non je ne t'en veux pas. Pour moi elle est toujours là.
- T'es quelqu'un de bien Harold. On ne se connaît pas beaucoup. Mais ça se voit. Je suis sûre que ta mère est fière de ça.
- Non. Elle le sera vraiment quand j'aurais achevé ma mission. »
Le jeune Beurkien regardait au loin comme s'il admirait le visage de Valka au dessus de l'océan.
« Ta mission ? »
Astrid le regardait longuement, cherchant à intercepter chacune de ses mimiques émotionnelles.
« Je voudrais pas que tu te foutes de moi. Mais… Il y a un arbre près de chez moi. Un énorme chêne. C'est un peu à cause de lui que ma mère a commencé à devenir « bizarre » selon les gens. Elle voulait absolument le protéger. Pour elle, il représentait beaucoup de choses et faisaient également beaucoup de choses incroyables.
- Et… C'est vrai ? »
Son visage se tourna vers le sien, une lueur d'espoir brillait dans ses yeux verts profonds.
« Oui. Avant de venir ici, j'allais le voir tous les jours. C'est… Pas un arbre ordinaire. Tu comprends ? Je veux dire, il transforme la forêt. Il est le coeur d'une succession de scènes étranges et magiques. Des centaines et des centaines de dragons logent dans son tronc, entre ses racines. C'est toute une vie. »
Astrid avait entrouverte la bouche, plongeant ses yeux océans dans ceux du brun hypnotisants. Elle avait l'impression de faire face à une vérité qui la cogna de plein fouet.
Un Édénis.
L'arbre dont il parlait était un Édénis.
Mais alors, cette déesse que Léanne avait rencontré… Y avait-il un rapport commun entre ce qu'elle avait vécu et ce qu'Harold connaissait ? Et Lucy ? Que faisait-elle dans tout ça ?
Se souvenant malgré tout que cette révélation devait rester secrète, Astrid resta de marbre, en s'efforçant d'esquisser un sourire. Sa main se posa sur son bras.
« Je te crois. Et… Je ne pense pas que ce soit une histoire de dingue. Ta mère devait être une femme extraordinaire.
- Oui... Elle l'était. »
Après un long moment passé ensemble, les deux jeunes dragonniers rejoignirent le Domaine pour partager le repas avec leurs amis, qui, malgré cette heure censée être une pause, avaient leur nez plongé dans leur bouquin. Et c'était bien les seuls d'ailleurs. À part quelques tables d'intellos, le reste du Domaine révélait des tables bruyantes et bavardes.
« Vous ne pouvez pas juste, décrocher vos yeux de ces trucs et… Je ne sais pas moi, discuter ? Demanda d'un ton moqueur Astrid.
- On a pas envie de perdre notre temps, comme d'autres. » Lui lança Emma d'un ton cinglant.
Cette fois, tout le monde avait levé son nez, le regard choqué.
« Emma, qu'est-ce qui te prend ? » Questionna sérieusement Léanne.
Mais la brune ne répondit pas tout de suite, baissant le regard vers son livre. Il se passa un instant avant qu'un soupir ne s'échappe de ses lèvres et que ses yeux ne redeviennent sincèrement doux. Elle semblait perplexe elle-même par son attitude.
« Excuse-moi Astrid. Je dois être complètement stressée par les examens. »
Harold, qui savait que ce n'était pas la vraie raison resta bouche bée mais il préféra ne rien dire. Margaux de son côté, ricanait en mangeant des chips typiquement… Pendragon.
Seul Lucy et les jumeaux semblaient manquer à l'appel.
« Ok… Vous savez où est Lulu ? Demanda le brun.
- Au Repère. Comme d'habitude, répondit Varek en louchant sur son manuel de Dragologie puis d'Histoire.
- Ça vous dit on se rejoint ce soir dans la rue des lumières et on se mange un truc chez Dragonneau Nox, proposa Ingrid.
- Impossible de mon côté, je dois… Faire un truc. Répondit mystérieusement Léanne.
- Nop, je me fais un truc avec Kogne et Krane » Déclara à son tour Emma.
Les autres membres exceptés Varek et Astrid, s'étaient informés comme occupés toute la nuit.
« Bon, et bien on se fera un truc à quatre.
- Quatre ?
- Et oui Astrid, mon taré de frangin sera à nos côtés.
- J'espère que c'est une blague… Grommela la blonde.
- Ok je viens plus.
- Oh si tu vas venir Varek. Dagur est très lourd mais sympa, t'as aucune raison de refuser sa compagnie, le taquina Ingrid, en plus, il a quelque chose à me dire ce soir et le connaissant il sera sûrement d'autant plus fiers à le dire devant vous.
- Si c'est pour encore se vanter d'avoir pris du muscle je te préviens je me casse. » Prévint Astrid.
Ingrid étrangla un rire.
« Aller, ça peut être sympa. Je veux dire, ça peut être l'occasion de le connaître. Il est souvent seul ou mal accompagné ce crétin. Si on arrive à être amis avec deux moutons d'aliénés, mon frère ne sera pas un problème. En plus il pourrait nous aider pour les entrainements. »
Personne ne semblait rassurer mais Ingrid semblait avoir convaincu ses deux amis. C'était le plus important. Même si Varek lui, ne semblait pas du tout à l'aise par l'idée, au fond il souhaitait le faire pour le simple plaisir d'Ingrid et c'était tout ce qui comptait…
Tout à coup, au milieu du silence d'un repas 100 % révisions, une chaise en bois grinça près de leur table et se posa entre Margaux et Léanne. Mais il y avait plus inquiétant qu'une chaise en bois.
Et le plus inquiétant, c'était de voir Viggo Grimborn debout derrière Rustik Jorgenson assis à leur table comme si de rien n'était.
Évidemment, comme tout le monde pouvait s'y attendre, Margaux explosa :
« Qu'est-ce que tu fou là ?! Dégages !
- Calme-toi ma jolie, je viens pas te manger. »
Emma observait Viggo Grimborn, se souvenant de sa présence lors des courses de dragons.
« Ok, alors là, c'est trop bizarre. » Souffla Astrid.
Les deux hommes, pourtant à première vue inoffensifs avaient clairement refroidis l'ambiance à table.
« Nous venons en paix. » Déclara Rustik d'un petit sourire qui ne lui ressemblait pas.
Le Jorgenson ne semblait clairement pas dans son assiette, le teint blafard, comme s'il craignait qu'on ne lui tombe dessus. Viggo Grimborn, derrière restait silencieux comme une tombe, le regard sombre.
« Vous êtes flippants les gars… Commença Harold.
- Un œuf. »
Rustik avait clairement dit ces deux mots en tremblant.
« J'ai eu un putain d'oeuf. »
Si quelques membres de la bande commençaient clairement à paniquer en voyant leur secret révélé, ils firent les innocents.
« Mec, t'as fumé de l'herbe à dragons ou quoi ? Bouge-toi de là, on a pas ton temps ! S'énerva Margaux.
- Non. Non. Vous ne comprenez pas. J'ai… »
Mais Viggo coupa la parole du Jorgenson, en faisant clairement une chose indiscrète. Il posa sur la table un gros œuf orange et rouge, chaud, brûlant même. Enveloppé dans une couverture blanche.
« Je vais être plus clair que cet imbécile. Est-ce que c'est vous qui avez mis cet œuf dans notre chambre ? »
Harold avait envie de s'enfuir à toute jambe. Lui qui cachait un œuf au Repère il se sentait entièrement concerné par la situation, et craignait même que ce secret soit découvert.
Tout comme Emma.
Léanne, semblait la seule à être suffisamment courageuse pour bouger la tête. Perplexe, elle se tourna vers les deux hommes.
« On comprend rien à votre question. On a aucune raison de mettre un œuf dans votre chambre, vous n'avez même pas…
- Passés le test final, oui. Là n'est pas la question. Il se trouve que l'oeuf est destiné à ce pauvre crétin puisqu'il est le seul à pouvoir le toucher.
- Il a collé ma joue dessus… Trembla Rustik.
- Tais-toi idiot ! … Nous sommes allés voir Mr. Wester qui nous a renvoyé à vous. »
Le silence le plus incompréhensible traversa la table.
« Euh… Pardon ? Rigola Astrid.
- Vous m'avez très bien compris.
- Il vous a dit quoi ? Demanda Emma, inquiète.
- Il nous a dit que la réponse viendrait de vous. Que Rustik n'était pas le seul à posséder un œuf aussi… Tôt. »
Des flammes semblaient danser dans les yeux de Grimborn. Les membres commençaient à comprendre pourquoi certains tremblaient devant lui même sans violence.
« À priori, cette histoire ne concerne que lui. Mais j'étais là quand je l'ai surpris avec un œuf dans les bras, et je dois dire qu'apprendre que d'autres élèves auraient ce privilège… C'est très intriguant. »
Le ton qu'employait le pèlerin n'annonçait à priori rien de bon.
« J'ai l'impression que cette histoire est tenue au secret. Je tiens à vous le dire, Mr. Wester m'a demandé de garder cela pour moi. Je le fais. Je ne dévoile rien à personne. Mais qu'on soit clair, j'en ai rien à foutre qu'ici dans cette salle, tout le monde puisse le voir.»
Et il était inquiétant de remarquer que certains élèves de différentes classes se retournaient pour les regarder d'un air curieux ou même parfois choqués.
« Alors… Qu'est-ce que vous cachez ? »
Lucy sentait que ça grandissait.
Quelque chose la poussait à rester ici de plus en plus chaque jour qu'elle passait à Pendragon. Pengon l'appelait. Elle se sentait aussi proche de lui qu'elle pouvait l'être de sa sœur Justine.
Et l'eau la rassurait. Elle oubliait à quel point les flammes pouvaient être dangereuses et pouvaient la terroriser.
Il a fait irruption
entre les profondeurs de la terre.
Sa bouche est aussi large
que la montagne de Mynnau.
La mort ne peut le vaincre,
ni une main, ni une épée.
Il y a neuf mille roches
entre ses deux pattes.
Un œil est en sa tête,
éclatant comme de la glace bleue.
Tant de beauté il y a
en ses réceptacles,
abondantes autour de lui
et coulant à travers lui.
Le bleu de l'océan
se reflète sur ses écailles
Et sa magie, origine de toute paix
Appelle en moi la personne que j'étais
Elle ignorait elle même d'où pouvait-elle savoir ces mots. Elle les ressentait comme une prière. L'énorme tête de Pengon sortait de l'eau lorsqu'elle était seule avec lui. Son long cou se balançait pendant que ses yeux d'une lueur incroyable la suivaient. Elle avait l'impression d'échanger un dialogue avec lui sans même lui parler. Lui montrer. Le toucher.
Il suffisait qu'elle tende la main au-dessus de l'eau pour que celle-ci lui réponde.
Elle ne comprenait pas. Mais elle se sentait à sa place.
Dans son coin, elle apprenait à contrôler cette faculté qu'elle avait. C'était un secret, mais d'autres secrets, Lucy en avait encore. Son dragon, elle l'avait déjà.
Elle savait déjà qui il était et ce qu'il deviendrait. Il était déjà ici, avec elle. Mais aussi avec Pengon, de sa petite taille reposant dans la source. Comme un cocon.
Ce n'était qu'une question de temps, mais Lucy elle, se sentait déjà de plus en plus forte. Et elle n'avait pas besoin de se battre pour le savoir. Un jour, elle savait que ce qu'elle essayait d'accomplir sera nécessaire pour la survie de tous.
Elle l'avait vu dans ses visions. Le jour de la répartition mais… Aussi lors de sa crise.
Une crise qu'ils pensaient tous qu'Harold et elle avaient oublié.
Alors qu'ils se souvenaient.
Elle ignorait ce que le brun avait vu. Mais elle, en tout cas, dans sa tête, la prophétie qui s'était annoncée ne révélait rien de plus qu'un monde de guerre et de destruction.
Eux, tous ensemble, elle savait qu'ils pouvaient faire la différence pour empêcher les pertes.
Et ils allaient le faire. Elle en était certaine.
Les Édénis. Il fallait bien que cette histoire tournant autour de Chêne se développe un peu plus ! ^-^
Encore une fois, vous en apprendrez au fur et à mesure de l'histoire.
Très bientôt, dans deux ou trois chapitres les dragons arriveront et l'histoire prendra de l'ampleur et avancera un peu plus dans l'intrigue.
Pour le prochain chapitre, on retrouve Dagur, Viggo et Rustik pour un peu plus de développement, ainsi qu'une scène pour les deux femmes foooortes de l'histoire : Margaux et Astrid. Il y aura aussi sûrement une scène exclusive sur Léanne et cette déesse au nom inconnu et Lili reviendra. :)
Je vous embrasse. À très bientôt.
Bisous.
D.F.
