Chapitre neuf
Beckett et Castle se garèrent derrière l'ambulance quand ils arrivèrent au bâtiment d'Alex. Elle venait juste de sortir, ses bras extrêmement bandés et elle semblait être à peine consciente. Beckett sortit de la voiture et se dirigea vers les ambulanciers. Quand elle leur demanda une minute, ils acquiescèrent et reculèrent.
Beckett fit apparaitre un sourire amical mais concerné sur son visage alors qu'elle s'arrêta aux côtés d'Alex.
- Hé, Alex, comment vous sentez-vous ?
Alex tourna lentement la tête et ça prit un peu de temps à ses yeux pour se focaliser.
- Beckett ?
Beckett se pencha un petit peu vers Alex.
- Oui, c'est moi. Vous vous souvenez de ce qui s'est passé ?
Alex détourna les yeux.
- Ça fait mal.
Beckett hocha la tête.
- Je sais.
Les ambulanciers revinrent.
- Je vous reparlerai quand vous serez à l'hôpital, O.K ?
Alex hocha la tête alors que la civière était chargée à l'arrière de l'ambulance. L'ambulance partit et Beckett se dirigea vers l'endroit où Castle et les Gars se trouvaient.
Castle regarda l'ambulance alors qu'elle tournait le coin de la rue.
- Comment va-t-elle ?
Beckett soupira.
- Elle a extrêmement mal et est un peu hors d'elle mais elle va vivre. S'il te plait, dis-moi que vous avez de bonnes nouvelles.
Esposito commença le briefing.
- Sa protection dit qu'elle les a appelé quand elle a entendu quelqu'un à la porte de devant. Elle a dit que ça ressemblait à quelqu'un qui essayait de crocheter la serrure. Ils ont immédiatement couru pour se rendre à son appartement et lui ont dit de s'enfermer dans sa chambre. Mais, c'est là qu'ils ont entendu la porte d'entrée s'ouvrir et elle a crié. Ils ont dit que le téléphone était tombé et qu'ils ont entendu une lutte. Quand ils sont arrivés dans l'appartement, ils l'ont vu sur le sol et son agresseur venait d'entrer dans sa chambre, là ou se trouve l'escalier de secours. Ils ont laissé un officier avec elle et l'ont poursuivi. Il a monté en courant l'escalier de secours. Ils l'ont suivi sur le toit, la porte de la cage des escaliers était simplement fermée. Ils l'ont suivi mais ils l'ont perdu.
Beckett secoua la tête. Cela faisait deux fois maintenant.
- Esposito, interroge les voisins, vois s'ils ont entendu quelque chose. Ryan, va parler à la protection rapprochée, je veux savoir où ils étaient postés. Cherche à savoir s'il y a une entrée du bâtiment qui n'était pas couverte. Castle et moi allons vérifier son appartement, voir si nous pouvons trouver quelque chose.
Ryan se dirigea vers un petit groupe d'officier qui devait être la protection rapprochée et Esposito se dirigea vers l'endroit où les voisins étaient réunis. Beckett et Castle entrèrent dans le bâtiment et montèrent à l'appartement d'Alex. Ils passèrent sous le ruban et virent qu'il y avait effectivement eu lutte. Les cadres avaient été projetés sur les tables et étaient brisés. Quelques chaises se trouvaient sur leurs côtés et il semblait qu'Alex en avait utilisé une pour garder son assaillant à distance. Le verre de la télévision était cassé et elle était de travers sur sa base. Un rideau avait été arraché des fenêtres, un autre était gravement entaillé. Une plante en pot avait été renversée et la terre se déversait hors du pot. Il y avait des éclaboussures de sang partout. La scientifique était occupée à dépoussiérer la scène pour des empreintes et prenait des photos et des échantillons sanguins.
Castle était incrédule.
- Je vais dire ça, Alex est une combattante. L'appartement de Jason et celui d'Angela n'étaient pas aussi vandalisés quand ils ont été agressés. Et ils ont tout les deux essayé de se défendre.
Beckett hocha la tête.
- Elle a probablement fait en sorte de prendre des cours d'autodéfense après avoir été agressée à Chicago. On dirait que ça a payé. Si elle lui a donné quelques coups, notre tueur a peut-être laissé un peu de sang et/ou des empreintes derrière lui.
Ils firent une rapide surveillance et retournèrent à l'endroit où les garçons effectuaient des interrogatoires. La plupart des voisins étaient retournés chez eux. La protection rapprochée était parti pour monter la garde à l'hôpital. Esposito et Ryan étaient en train de remballer lorsque Beckett et Castle revinrent vers eux.
Beckett commença à parler avant de les atteindre.
- Qu'est-ce que vous avez appris ?
Esposito regarda ses notes.
- Les voisins rapportent tous les mêmes choses. Ils n'ont rien entendu de bizarre jusqu'à ce qu'Alex crie. Puis ils ont entendu une bagarre. C'était comme si Alex se faisait frapper mais personne ne se souvient avoir entendu l'agresseur parler. Quelques personnes pensaient qu'Alex regardait simplement un film et que la scène de l'action était vraiment forte. Ils se souviennent entendre la police arriver et quelqu'un courir dans les escaliers de secours mais personne n'a vu notre criminel.
- Les policiers rapportent tous la même histoire. Ils m'ont aussi donné leurs postes de surveillance.
Ryan consulta ses notes.
- Voyons voir, ils surveillaient l'escalier de secours de son appartement, la porte d'entrée, l'entrée arrière, l'entrée du garage et l'entrée de service. L'homme qui regardait l'escalier de secours dit qu'il pouvait voir tous les escaliers de secours de ce côté du bâtiment et les hommes des entrées avant et arrière disent la même chose.
Castle eut l'air confus comme s'il avait manqué quelque chose.
- Qu'en est-il de l'entrée de service ?
Ryan se tourna vers Castle.
- Il était posté à l'intérieur de l'entrée parce que c'est à l'arrière du bâtiment. De cette façon, il arrivait chez Alex plus vite. Il dit qu'il était le premier dans son appartement.
Beckett leva les yeux vers le toit du bâtiment.
- Et l'autre côté du bâtiment est tout contre un bâtiment qui a trois étage de plus.
Soudain, son front se plissa et elle se tourna vers Ryan.
- Y a-t-il une échelle qui va du toit de ce bâtiment au toit de celui d'Alex ?
Ryan regarda ses notes.
- Oui.
Castle se tourna vers Beckett.
- Tu penses que le tueur savait et qu'il a utilisé un escalier de secours du bâtiment voisin ?
Beckett hocha la tête.
- Il monte sur le toit de ce bâtiment, grimpe à l'échelle jusqu'au bâtiment d'Alex, utilise la cage d'escalier pour se rendre à l'étage d'Alex, crochète sa serrure et l'agresse.
Ryan eut l'air confus.
- Comment est-il sorti alors ?
Beckett retourna son regard sur la toiture.
- Il a probablement dû laisser la porte de la cage d'escalier ouverte et puis s'est caché derrière l'accès au toit pour débarrasser les policiers de sa piste. Une fois qu'ils ont descendu l'escalier pour suivre...
Castle sauta d'enthousiasme.
- Il grimpe sur l'échelle pour retourner sur le toit de l'autre bâtiment et utilise l'escalier de secours le plus éloigné de l'activité de la police pour sortir.
Beckett se tourna vers Esposito.
- Demandes aux policiers de fouiller les bennes à ordures du coin. Dis-leur de chercher une arme et/ou des vêtements ensanglantés. Et demandes à la scientifique d'épousseter l'échelle sur le toit pour les empreintes. On ne sait jamais, on pourrait avoir de la chance.
Esposito commença à s'éloigner.
- J'y vais.
Alex se réveilla dans une chambre d'hôpital pour voir Beckett assise sur une chaise contre le mur. Beckett sourit et se leva. Alex remarqua que ses bras étaient bandés et elle grimaça quand elle en toucha un.
Beckett s'assit sur le bord du lit.
- Comment vous sentez-vous ?
Alex grimaça.
- Aïe.
Beckett eut un petit rire.
- Pas aussi éloquent que d'habitude mais je vais prendre ça.
Son expression changea pour se concentrer.
- Je suis désolée mais je dois vous poser quelques questions.
Alex hocha la tête donc Beckett continua.
- Savez-vous qui était votre agresseur ?
Alexandra secoua la tête.
- Non, je n'avais pas un bon aperçu. Je suis horrible avec les visages de toute façon, donc ça ne lui ressemblerait probablement pas.
Beckett essaya de nouveau.
- Vous vous souvenez de lui ?
Alex repensa, essayant de se souvenir plus que la douleur et la peur.
- C'était un gars et il avait une barbiche. Il portait une casquette de baseball et des gants. Je pense que ses vêtements étaient tout noirs mais l'éclairage était mauvais, donc je ne sais pas.
Beckett nota une note.
- Avez-vous remarqué quelque chose de distinctif, comme un tatouage, quelque chose qui se remarque ?
Alex hocha la tête.
- Oui, il avait un grand couteau qui avait l'air de faire très mal. Et c'est vrai.
Ses yeux étaient remplis de peur.
- Écoutez, lieutenant, en voyant ces photos que vous aviez sur ce tableau, j'ai su que les autres personnes qu'il a tuées avaient tous été poignardées dans le dos, donc j'ai fait tout mon possible pour garder son couteau aussi loin que possible de mon dos.
Beckett avança pour caresser son bras et se ravisa.
- Comment vous a-t-il assommé ?
Les yeux d'Alex devinrent vitreux alors qu'elle se concentrait pour se rappeler ce qui s'était passé.
- Il a attrapé une de mes chaises et il l'a jetée sur moi. Je pense qu'il essayait de me faire me retourner ou quelque chose dans le genre, mais je ne l'ai pas fait. J'ai essayé de lever mes mains mais la chaise a dû me projeter contre le mur parce que je me souviens que l'arrière de ma tête a heurté quelque chose, mais je ne me souviens pas de ce qui s'est passé après ça. Je pense qu'il a entendu les flics arriver parce que je suis en vie. Visiblement, il n'a pas eu la chance de me poignarder.
Elle fit une pause pour reprendre son souffle éreinté et mit ses mains sur son visage.
- Je suis désolée, je n'aide pas.
Beckett secoua la tête.
- Vous vous débrouillez bien.
Maintenant, se renseigner sur ce que Max a dit.
- Maintenant, j'ai une autre question à vous poser. J'ai interrogé Max Robinson aujourd'hui et il m'a dit que vous avez pris un pot-de-vin et lui avez donné le numéro d'un assassin nommé le Renard Fantôme. Nous avons un mandat pour vos finances...
Alex l'interrompit.
- Vous n'avez pas besoin d'un mandat. Je vous laisse regarder tous les comptes que je possède depuis que je suis à New York. Dites juste à Hardy & Drew que je vous ai donné la permission de voir mes relevés financiers. Et vous pouvez fouiller ma maison et mon bureau.
- Vous espérez que je vais vous prendre au mot sur ça ?
Alex secoua la tête avec un petit sourire.
- Non, vous et moi sommes toutes les deux des enquêtrices, donc j'attends de vous que vous vérifiez chaque alibi et chaque piste. C'est à vous de le faire. Mais, lieutenant, je gère des gens qui sont impliqués dans la fraude financière. Ces personnes sont rarement enclines à tuer. Et l'une des raisons pour lesquelles je suis si bonne dans mon travail, c'est que ne suis pas salie. Je n'accepte pas les pots-de-vin et je ne distribue certainement pas des numéros d'assassins. Je ne connais personne appelée le Renard Fantôme.
- Alors, pourquoi a-t-il dit que vous avez fait ça ?
Alex haussa les épaules.
- De la façon dont je le vois, il est foutu et essaie de me faire tomber avec lui.
Le docteur entra pour jeter un œil sur Alex. Beckett dit au revoir et partit pour laisser le médecin faire son travail. Elle était convaincue qu'Alex n'était pas du genre à accepter les pots-de-vin, mais Beckett savait qu'elle allait de toute façon vérifier. Son téléphone sonna.
- Beckett. Quoi ? Ou l'avez-vous trouvé ? Non, j'arrive.
