chapitre 7: vengeance

Randy s'éveilla en pleine nuit, désorienté, il regarda autour de lui, se rendit compte qu'il était dans une voiture avant de tourner la tête vers... John.

Il se souvenait maintenant, le stade, la bagarre, John qui l'avait emmené de force, ils avaient discutés, enfin un peu puis il s'était garé à sa demande. Il avait lutté de toutes ses forces contre le sommeil mais il n'en pouvait plus et il avait sombré, la présence de John était apaisante pour une fois.

Lui, dormait en boule sur son siège, il était glacé et son visage était tourné vers lui, comme s'il ne le quittait pas des yeux malgré qu'il se soit lui aussi endormi. Il était beau dans son sommeil, le stress avait disparu, il était l'ami d'avant mais pas seulement, il y avait toujours cette tension entre eux depuis ce baiser et il la ressentait encore. Il lutta un long moment contre lui-même, contre son envie de fuir et celle encore plus incontrôlable de l'embrasser à nouveau et se rua hors de la voiture, sa présence était une torture maintenant qu'ils avaient tous les deux baissé leurs barrières.

Le jour n'allait plus tarder à se lever, il avait dormi presque 6h d'affilées, un record depuis ces dernières semaines, vu la tête de John, il ne devait pas dormir depuis très longtemps, il le laissa se reposer et fit les 100 pas à l'extérieur pour se réchauffer, se dégourdir les jambes, il s'éloigna un peu, il avait besoin de réfléchir mais il garda le visuel sur la voiture et ses déplacements lui permettaient de voir John très régulièrement. Le soleil se leva doucement, il faisait un peu plus chaud maintenant, quand il atteignit la hauteur des vitres, il éclaira le visage de John, le faisant ressembler à un ange, il le vit ouvrir les yeux difficilement et revint vers la voiture qu'il atteignit du côté conducteur par l'arrière au moment où John se ruait à l'extérieur, complètement paniqué.

- Relax, je suis pas parti! Lui dit-il!

- Randy ? Dit-il en se retournant.
- Pourquoi, tu attendais quelqu'un d'autre? Tu donnes souvent des rendez-vous dans des lieux paumés?
John le dévisagea un instant, il le laissa faire sans bouger avant qu'il ne lui réponde:
- Non, pas vraiment. Répondit-il rassuré.
Ce fut au tour de Randy de l'observer mais il rompit le contact en lui disant:
- Allez, il faut se remettre en route, passe-moi le volant.
John lui tendit les clefs sans discuter et s'installa côté passager.

Randy démarra rapidement, John était à sa droite, encore un peu ensommeillé et dans une autre situation, il savait qu'il se serait rapidement rendormit mais là, il maintenait son attention en éveil.
- Où va t-on ? Demanda t-il
- Au stade, récupérer mes affaires et ma voiture, si possible.
- Pas la peine.
- Comment ça pas la peine? J'ai besoin de mes affaires moi!
- Elles seront au stade de ce soir, j'ai demandé à Wade de dire à Hunter de s'en occuper, ça a été fait, Hunter me l'a confirmé par sms cette nuit. Ta voiture et tes sacs t'attendent à Philadelphie.
Randy le dévisagea de nouveau et John lui rendit son regard en disant:
- Regarde la route! Je ne te ferais pas l'affront de vérifier ton permis mais j'aimerais mieux arriver vivant et en un seul morceau au stade si ça te dérange pas!
- Je sais très bien ce que je fais!
- ça c'est toi qui le dis!
- Rendors-toi, bon sang, t'es moins pénible quand tu l'ouvres pas!
- Je te savais pas aussi grognon au réveil.
- Je ne le suis pas, tout dépend de la compagnie que j'ai!
- D'accord! On est à combien de Philadelphie?
- Trois bonnes heures!
- Et ben, ça promet!
- Ecoute, sois tu te rendors, soit tu la boucles ou alors je te débarque ici et tu te débrouilles pour arriver au stade comme un grand.
- Je te signale que c'est ma voiture.
- Oui mais c'est de ta faute si je n'ai pas la mienne et que je suis forcé de te supporter!
John poussa un long soupir, dans le fond, il avait raison, s'ils voyageaient ensemble, c'était uniquement à cause de son intervention mais il avait fait ça pour l'aider, rien d'autre.
Agacé, il avança sa main vers l'autoradio et enfonça le CD dedans, du rap évidemment! Randy avait horreur de ça et il coupa immédiatement la musique, John voulut la remettre mais la vipère s'empara de sa main, sa réaction fut aussi violente que lors de leurs contacts de la veille et il tordit le poignet de Cena de colère, si fort qu'il le fit crier:
- T'es malade ou quoi? Lâche-moi!
Randy le relâcha en le repoussant brutalement, le visage fermé, il ne s'excusa pas et pourtant, il s'en voulait beaucoup, du coin de l'oeil, il vit John se masser le poignet en disant:
- Ok, ça suffit, gare-toi ici maintenant, on va régler ça une bonne fois pour toute!
Randy lui lança un regard amusé et continua à rouler, alors sans prévenir, John attrapa le volant et serra le frein à main, envoyant la voiture faire plusieurs tête à queue avant qu'elle ne s'immobilise dans le bas-côté, Randy resta pétrifié quelques secondes avant de hurler:
- Et maintenant, qui est-ce qui est malade? T'aurais pu nous tuer, t'as pensé aux autres conducteurs?
- Y avait personne derrière nous et je sais ce que je fais moi!
Ils sortirent précipitamment de la voiture, fous de rage, John attrapa Randy par son pull et le claqua contre la voiture, ce mouvement réveilla la douleur dans son poignet et il put se dégager sans soucis.
Randy se rua sur lui et ils roulèrent dans l'herbe sur plusieurs mètres, John prit le dessus et le plaqua au sol cette fois en disant:
- Je suis plus fort que toi.
- Mais je suis plus rapide... Il libéra ses poignets.
- Plus agile... Il passa sa jambe au-dessus de la tête de Cena et le ramena en arrière.
- Et surtout beaucoup plus malin! Il était maintenant au-dessus de lui, il tenait ses poignets, obligeant ses bras à se tendre derrière sa tête. Ce mouvement souleva le tee-shirt de John dévoilant son torse sur la moitié et Randy aperçut des bleus assez impressionnant.
- Merde, c'est moi qui t'es fait ça ?
- Disons qu'on est quitte pour le coup de poing que je t'ai donné.

Randy fit passer les deux poignets de John dans une seule main et glissa la seconde sous le tee-shirt pour le remonter totalement, découvrant davantage de bleus sur son ventre, ses côtes.
- Ah non! Maintenant c'est moi qui te suis redevable! Je t'ai mis dans un état!
John se débattit sous lui, vexé d'être en position de faiblesse surtout maintenant que Randy avait vu ce qu'il lui avait fait mais il resserra sa prise sur ses poignets et une grimace de douleur traversa son visage une seconde, elle n'échappa pas à la vipère qui desserra ses doigts, un peu en lui faisant un léger signe d'excuse sans pour autant le relâcher.
Randy passa ses doigts en douceur sur le torse de John, il fut ravi de le voir tressaillir et recommença plus doucement, plus langoureusement, John se mordit la lèvre cette fois mais quand Randy tenta de pousser son toucher un peu plus, il encaissa un coup de genou dans les côtes et John se libéra de nouveau furieux contre lui.
Il se leva et remit son tee-shirt en place en fixant Randy qui lui fit un sourire narquois.
- Me cherche pas Orton!
- Pas besoin, je t'ai déjà trouvé.
- Et si tu continues, c'est mon poing que tu vas trouver!
- J'aimerais bien voir ça!
le regard de John était sombre et un air méprisant se plaqua sur son visage.
il cherchait quoi au juste? A remettre les compteurs à zéro en l'incitant à le frapper à nouveau?
- Pathétique! Finit-il à voix haute en s'éloignant.
Randy se rua sur lui et le frappa, ils tombèrent au sol et Randy lui mit un coup de poing au visage et disant avec hargne:
- Tu sais ce qui est pathétique ? Toi, tu joues les grands, les gentils et en fait tu n'es qu'un lâche, tu as peur! Oui, tu as peur de moi, peur de ce que je pourrais te faire et surtout tu as peur d'aimer ça!
- N'importe quoi! Arrête de te faire des films!
John renversa la prise et se retrouva à califourchon au-dessus de Randy, son poing était fermé, prêt à frapper et Randy le regardait d'une telle façon, il l'incitait à le frapper mais il se fit bien plus cruel:
- Je te rappelle que je suis marié moi, même si c'est un fiasco, je n'ai pas changé de bord pour autant, je suis un homme moi!
Il n'aurait pas pu lui faire plus de mal en le frappant, la douleur qui traversa son corps, brisant son coeur au passage se répandit jusqu'à John. Randy trembla sous lui en détournant le regard.
- Désolé, Randy, j'voulais pas dire ça.
- Mais tu l'as fait.
- Pardonne-moi.
- Je ne suis pas un jouet John! Tu te souviens de ce que tu m'as dit? Je ne suis pas ta chose, moi non plus, tu ne peux pas faire ça, tu n'as pas le droit de me briser puis de me recoller comme tu peux.
- Je suis désolé Randy, s'il te plait, écoute-moi!
- Non! Va à Philadelphie, prends ta bagnole, moi je vais appeler un taxi.
- J'te laisse pas là.
- Et quoi ? Tu vas m'emmener de force comme hier, pourquoi faire ? Hein, t'en as rien à foutre en fait!
- Dis pas ça, viens avec moi s'il te plait, je veux pas te laisser ici, même si je dois t'enfermer dans mon coffre, je t'emmènerais mais je préférais que tu viennes de toi-même.
- Pourquoi ?
- Je te donnerais ce que tu veux, tout ce que tu veux.
- Tu prends des risques, John, je veux beaucoup de choses!
Il fit un geste de la main pour lui dire de parler et Randy l'observa une seconde avant de secouer la tête.
- Tu ne peux pas me donner ce que je veux.
- Laisse-moi essayer.
- Tu t'en veux tellement que tu sacrifierais tout pour te faire pardonner ?
Je sacrifierais tout pour toi, pour ne plus jamais voir cette souffrance dans ton regard!
Mais John se contenta d'acquiescer sans répondre, Randy s'approcha de lui et comme la veille, John se raidit, il posa sa main sur son épaule et le poussa vers la voiture en disant:
- On va aller à Philadelphie dans cette bagnole, je vais conduire et toi, toi tu vas dormir ça sera mieux pour tout le monde. Une fois là-bas, on repartira chacun de son côté, ok?
- D'accord.
John remonta dans la voiture pendant que Randy la contournait, il remit le contact et posa sa main sur le frein à main, John alors aperçut une trace de sang sur son poing et lui dit, inquiet:
- T'es blessé?
Randy baissa les yeux à son tour sur sa main et lui dit :
- C'est ton sang.
John remarqua à cet instant la douleur dans sa bouche, il lui avait éclaté la lèvre avec son coup de poing, surpris, il essuya le sang sur son menton d'un revers de main et s'appuya contre la vitre pendant que Randy reprenait la route dans un silence pesant.
Seul le doux ronronnement du moteur troublait le silence et John se rendormit.

Il se réveilla bien plus tard, la voiture était arrêtée, le moteur coupé, il faisait sombre et il y avait une odeur familière dans l'habitacle, une odeur de crème, il baissa les yeux et fit que son poignet était bandé, l'odeur venait de là, la voiture était vide, ils étaient arrivés à Philadelphie et Randy était parti comme prévu mais il sourit en se disant qu'il l'avait quand même soigné avant de le laisser.