chapitre 23: de la douceur ou presque...
John avait bien vu que Randy était vexé, il avait immédiatement arrêté de rire et il restait silencieux, il s'était emparé d'une partie des sacs de Randy pour retourner à la voiture, Randy avait voulu protester mais John ne l'avait pas écouté et il était parti un peu en avant pour éviter que Randy ne lui reprenne ses sacs par fierté.
Il faisait très attention à ne pas le distancer, d'ailleurs il n'était pas plus en état que Randy pour marcher vite.
Il devrait apprendre à faire attention à ce qu'il disait ou faisait avec Randy, il le connaissait par coeur en tant qu'ami mais en tant qu'... le mot eut du mal à franchir les barrières de son esprit, en tant qu'amant, il devait tout apprendre de lui. Ce Randy là avait l'air plus susceptible, plus impulsif que son ami, nettement plus joueur aussi mais il ne voulait jouer que s'il avait le dessus, encore un problème à gérer au niveau de leur égo.
Ils avaient rejoint la voiture de Randy, John était tellement dans ses pensées qu'il n'avait pas remarqué qu'ils avaient effectué le chemin, il en oubliait presque la douleur, elle se rappela à lui quand il vit la voiture et qu'il pensa aux deux nouvelles heures de route à faire pour atteindre l'hôtel.
Il soupira en posant les sacs à côté du coffre et attendit que Randy ne déverrouille à distance, il rangea les sacs et se plaça côté conducteur cette fois, Randy posa son sac à son tour et regarda John qui refusait de changer de côté.
John tendit la main pour réclamer les clefs, Randy refusa d'abord mais John le fixa avec insistance et il lui remit ses clefs avant de partir côté passager.
Il s'installa difficilement à côté de John qui lui suggéra d'allonger le siège mais il refusa pour un souci de sécurité d'une part mais aussi parce qu'il avait refusé ce droit à John tout à l'heure et qu'il ne voulait pas être injuste avec lui. Ils roulèrent dans un silence un peu tendu, ils se jetaient mutuellement des coups d'oeil mais ne se parlaient pas, John faisait son possible pour éviter les secousses qui feraient souffrir Randy, il ne pensait pas à lui-même comme d'habitude, et la vipère lui était secrètement reconnaissante de sa conduite.
Il n'était plus vraiment fâché après John, il avait été vexé mais maintenant, c'était oublié, il était juste mal à l'aise, il ne savait pas trop où ils en étaient et où ils allaient ensemble et ignorer les pensées de John était troublant. Il était perdu dans ses pensées et le silence ne le dérangeait pas, il ignorait que John se méprenait sur ses émotions à son égard et qu'il angoissait à côté de lui.
Ils arrivèrent à l'hôtel et sortirent les bagages dont ils avaient besoin pour la nuit, John prit là encore l'un des sacs de Randy et ils récupèrent leurs clefs à l'accueil. John accompagna Randy jusqu'à sa chambre pour déposer son sac, il se tendit quand ils s'arrêtèrent devant la porte sans que Randy ne fasse mine de s'intéresser à lui, il avait peur soudain, peur que Randy ne veuille plus de lui désormais.
Il ne savait pas très bien ce qu'il ressentait pour Randy mais il aurait voulu le découvrir avant que la vipère ne le rejette. Il s'humecta les lèvres, sa langue effleura les marques sanglantes qu'avaient fait ses dents et il se troubla en se rappelant la façon que Randy avait eu de le prendre, il avait vraiment semblé le désirer alors que maintenant il avait un mur de glace face à lui. Il hésita puis dit:
- Randy... Tu ... permets que je rentre une minute ?
- Pourquoi, ta chambre ne te convient pas ?
- Euh, si, c'est pas le problème mais euh...
Randy se tourna vers lui, interloqué, John ne cherchait jamais ses mots alors son trouble le surprenait, il vit que John était mal à l'aise sans en comprendre la raison et l'observa pour comprendre.
John crut qu'il le toisait et se recula en gémissant doucement de douleur, un léger sourire passa sur les lèvres de Randy et John s'excusa :
- Ecoute, je suis désolé de m'être foutu de toi tout à l'heure, tu étais risible c'est vrai mais je ne voulais pas te blesser Randy, je pensais pas que tu le prendrais si mal... je...
Randy était surpris, il avait été tellement absorbé par ses pensées qu'il en avait oublié cette histoire, il avait même oublié que ses derniers mots n'avaient pas été très sympa et qu'il ne lui avait parlé depuis.
John était de plus en plus mal à l'aise, la situation aurait amusé Randy en temps normal mais là quelque chose n'allait pas sauf qu'il n'arrivait pas à voir quoi.
- Je suis désolé Randy ok ?
Il continua d'observer John sans répondre, il cherchait une réponse à une autre question.
- Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Que je me mette à genoux et que je te supplie ?
- Mmmm, c'est une idée ça! Dit Randy avec un grand sourire.
La réaction de John le déstabilisa, il voulait juste plaisanter mais Cena semblait... blessé.
Il l'observa attentivement, la position de son corps, prêt à fuir, la tête légèrement baissée, son regard, non, ses yeux étaient si...
Non! comprit-il soudain Il croit que maintenant que je l'ai eu, je ne veux plus de lui!
Il était surpris et choqué du chagrin qu'il lisait dans ses yeux si bleus, tout le corps de John trahissait sa souffrance et elle n'était pas physique cette fois.
- Non, John, non, je vais pas te larguer maintenant que je t'ai baisé. Je ne suis pas ce genre d'homme, je t'ai attendu assez pour ça.
Il avança sa main vers lui, hésitant, ne sachant pas trop ce qu'il devait faire avant d'agripper le bras de John pour l'attirer à lui et le serrer dans ses bras.
- Viens-là gros bêta!
Il sentit la tension quitter John quand il le serra contre lui avant qu'il ne se contracte de nouveau, il comprit immédiatement le souci et le relâcha pour qu'il puisse se redresser.
Il ouvrit la porte et le fit entrer dans sa chambre, ils avaient besoin de se connaître mieux maintenant.
John rentra derrière Randy, il posa le sac sur la table pour lui éviter de devoir se baisser pour prendre ses affaires, Randy lui sourit et lâcha ses autres sacs dans un coin avant de débarrasser John des siens qu'il n'avait toujours pas lâché, il les posa sur la table lui aussi à côté du sien et attira à nouveau John contre lui en glissant ses mains sous son tee-shirt en douceur, il remonta vers ses pectoraux, John frémit et voulut reculer mais Randy le retint contre lui en disant:
- Chuuut! Je vais pas te faire de mal John, détends-toi et laisse-moi admirer ton torse magnifique pour une fois.
Il remonta doucement son tee-shirt, ses mains habiles ne ratant pas un centimètre de son torse sculpté par des années de body building.
John haleta et chopa les lèvres de Randy, il l'embrassa passionnément pendant que Randy s'amusait avec ses tétons, il ne put s'empêcher de gémir, lâchant les lèvres tant convoitées et Randy en profita pour remonter son tee-shirt d'un coup sur sa tête, le privant de la vue et de la mobilité de ses bras énormes.
John râla de frustration pendant que Randy riait doucement et se rapprochait pour attraper sa bouche à travers le tissu, tandis que ses mains continuaient à s'affairer sur le torse de John. Chaque frôlement provoquait une réaction plus ou moins violente de John et il repérait ses points sensibles tout en s'amusant avec lui, il l'embrassait et relâchait ses lèvres de façon irrégulière, tantôt presque à lui couper le souffle, d'autres fois, il l'effleurer à peine, John privé de sa vue et de ses bras ne pouvait rien faire, il ne pouvait se dégager, d'ailleurs il n'en avait aucune envie.
Randy notait chaque réaction de John avec soin, même sans voir son visage, il savait ce qu'il aimait le plus, la respiration de John était de plus en plus précipitée et il écourta ses baisers pour ne pas le faire suffoquer.
Il ne descendait jamais ses mains vers son jean pour ne pas l'inquiéter, il n'avait aucun désir de pousser ses incursions plus loin ce soir. Il finit par retirer totalement le tee-shirt de John libérant enfin son visage.
Ses yeux brillaient intensément. Dieu qu'il était beau dans le plaisir et la frustration!
John ne se rendit pas compte de l'effort surhumain que Randy dut faire pour ne pas lui sauter dessus immédiatement, il le vit détourner la tête une seconde en la secouant comme pour s'éclaircir les idées avant qu'il ne reporte son attention sur lui et il vit la lueur d'envie dans les yeux de John.
Celui-ci s'avança vers lui, il glissa ses mains sous son tee-shirt et l'en débarrassa d'un coup, contrairement à Randy, il le poussa sur le lit et Randy étouffa un cri, John s'excusa d'un regard et s'avança vers lui.
- Je vais être sage, promis dit-il en voyant la lueur d'inquiétude dans ses yeux.
Randy recula pour être bien allongé dans le lit et John le rejoignit doucement, veillant à ne pas lui faire de mal, il caressa son torse magnifique à son tour, amoureusement, il ne remarquait pas toutes les réactions de Randy, il était bien trop fasciné pour ça mais il repéra tout de même deux ou trois zones sensibles qu'il mémorisa.
Ensuite, il se mit en tête de détailler chacun des tatouages de Randy, ses doigts dessinaient les contours de chaque motif, des tribales plus anciens aux crânes qui recouvraient presque l'ensemble de ses deux bras, il les parcourrait, les frôlait, s'amusant des frissons qui apparaissaient sur sa peau, il se mit ensuite à embrasser doucement son torse et ses bras, marquant d'un baiser chaque endroit plus sensible.
Randy tentait de rester immobile, il adorait le traitement que lui faisait subir John, il ne voulait pas qu'il s'arrête mais il avait du mal à rester passif N'y tenant plus, il jeta ses bras autour du corps de John et l'attira contre lui, le cri de douleur de John se perdit dans la bouche de Randy quand il se mit à l'embrasser.
Randy prolongea le baiser le plus longtemps possible, jusqu'à ce que John le repousse pour respirer et Randy éclata de rire, un rire joyeux, pas moqueur, ses yeux étaient rieurs eux aussi et il lui dit:
- Alors, c'est le fumeur qui a le plus de souffle à ce que je vois !
- Faut croire... mais je suis... sûr que je suis plus... endurant que toi! Dit-il en reprenant son souffle.
- John tu devrais pas me lancer des défis, tu sais bien que je les relève à chaque fois!
- Ok, alors, fais 50 fois le tour du pâté de maison en courant, je chronomètre!
- Parfois, j'ai l'impression que tu me prends pour un abruti, John.
- Jamais de la vie dit-il avec un sourire d'ange.
Randy le repoussa sans brutalité excessive pour qu'il se retrouve allongé sur le dos et se plaça sur son côté, en appui sur un coude pour le dominer de sa hauteur en disant:
- Tu devrais pas jouer avec moi...
- Tu es malin c'est sûr mais je suis plus fort que toi dit-il en l'agrippant le plaquant à moitié sur son torse.
Randy tenta de se dégager mais en vain, les bras de John étaient bien trop puissants. Plaqué contre son torse mais ayant toujours une main de libre, il essaya de faire plier John en titillant ses zones érogènes. John se contenta de serrer plus fort pour ne pas craquer et il eut l'impression qu'il allait le casser en deux comme quand il l'avait mis coucher la veille.
Sa tête étant idéalement placée, il la tourna et le mordit à l'un des endroits les plus sensibles qu'il avait repéré plus tôt, John se contracta, lutta mais finit par le lâcher à moitié écroulé de rire, Randy ne lui avait pas fait mal, il lui avait infligé de petites morsures très répétées, un peu comme s'il le chatouillait enfin plutôt le mâchouillait
Randy se dégagea, passa par-dessus John et entreprit de le chatouiller pour de bon, John se tortillait sur le lit, incapable de lui résister et avec un grand sourire Randy lui demanda:
- Tu te rends ?
- Jamais, je n'abandonne jamais Randy!
- Ok, alors je continue!
Randy reprit de plus belle et John lui cria au supplice:
- D'accord, d'accord, c'est bon, t'as gagné! Mais ne dis jamais à personne que tu m'as fait abandonner!
- En te chatouillant!
- Oui surtout de cette façon!
Ils échangèrent un regard, d'abord amusé puis tendre et Randy lui sourit doucement en disant:
- Promis !
Il se pencha pour un nouveau baiser et John l'attira contre son torse sans serrer cette fois quand il bascula sur le côté. Randy se colla à lui et s'endormit à peine deux minutes plus tard, il était crevé!
John le regarda s'endormir avec bonheur, il veilla sur lui un bon moment, le regardant rêver en espérant être l'objet de ses sourires en coin. Il attrapa les bords de la couette et la rabattit de son mieux sur Randy pour le tenir au chaud avant d'éteindre la lumière et de s'endormir à son tour.
Ses rêves à lui furent peupler des sourires, du rire et des baisers de Randy.
