chapitre 41 Saint Louis

Les quatre hommes allèrent au stade au soir, ils avaient tous des matchs et John put embrasser ses plaques de nouveau avant son match avec un sourire renouvelé, Randy lui sourit en retour depuis la salle de diffusion, dès la fin du show, il prit John par le poignet et le tira en courant vers sa voiture, John le suivit sans hésiter en riant de sa précipitation et lui demanda:
- Qu'est-ce qui urge à ce point Bébé?
- On a notre journée de libre demain, toute notre journée!
- Exact!
- Et la journée commence maintenant, alors en route!
- Où va-t-on?
- Tu le sauras bien assez tôt!
Randy démarra dès que John fut installé à côté de lui, il se dirigea vers l'autoroute et John reprit:
- On va loin?
- Pourquoi? T'es pressé aussi?
- Bien sûr mais je demande ça parce qu'il est déjà 23h30, que tu as eu une sacrée journée et que je veux pas que tu t'épuises à conduire !
- ça va aller, je suis sûr que tu vas trouver comment me tenir éveillé au pire.
- Bébé!
- Quoi?
- Sois sérieux deux minutes! Si on en a pour plusieurs heures de route, il n'est pas question que tu conduises tout du long, tu me passeras le volant!
- Johnny, ça serait pu une surprise!
- Jte signale que je sais lire les panneaux!
- Jpourrais aussi te bander les yeux.
- mmmmm, idée intéressante, mais ça risque de faire désordre si on croise des policiers.
- Effectivement.
- Plus les frais de nettoyage!
- de nettoyage?
John mima le geste de vomir et Randy blêmit avant de dire:
- Non, non, ça va, pas de bandeaux, enfin pas dans la voiture en tout cas!
John lui sourit, satisfait avant de réattaquer pour avoir le volant dans une heure et Randy finit par céder sachant que John ne le lâcherait pas cette fois.
Une heure plus tard, John réclama le volant et Randy lui passa malgré ses grognements de protestations, il lui demanda de suivre la direction d' Independence tandis qu'il passait sur le siège passager. John démarra et Randy lutta pour maintenir son attention malgré sa fatigue, au bout d'une dizaine de minutes, John le vit lutter contre le sommeil, il tendit la main vers lui et lui caressa tendrement la joue en disant:
- Dors mon amour, je te réveillerais quand on sera à Independence.
- On va pas à Independence.
- Je m'en doute mais c'est sur notre route non?
- Ouais.
- Alors dors. Je te réveillerais à temps.
- D'accord mais quand tu approcheras de la ville, il faudra suivre une autre direction,tu prendras Blue Springs réveille-moi quand tu verras le panneau Odessa 25 miles s'il te plait.
- C'est promis.
La vipère sombra rapidement dans le sommeil après ça et John sourit, il aimait le regarder dormir mais là ce n'était pas le moment. Il se sentait incroyablement bien avec lui à ses côtés, ils avaient voyagé si souvent ensemble mais jamais John n'avait ressenti ce sentiment de paix et de bonheur absolu, il comprenait ce que Phil voulait dire avec sa sensation d'être complet, c'était exactement ça.
Topeka était à une heure et quart derrière eux désormais, ils fonçaient vers Independence désormais, ils y seraient très bientôt et Odessa leur tendait les bras, Randy pourrait dormir environ une heure et demi avant qu'il ne le réveille.
John laissa dériver son esprit tout en conduisant, il prêtait une grande attention à sa conduite mais il y avait peu de circulation à cette heure et il pouvait conduire sans maintenir toute sa concentration dessus, il jetait quelques coups d'oeil à Randy entre temps, il prenait garde à ne pas le secouer pour ne pas le réveiller. Le règlement de la WWE interdisait normalement aux catcheurs de dormir dans la voiture lors de co-voiturage pour limiter le risque d'endormissement du chauffeur, de trop nombreux accidents par le passé avait provoqué la mise en place de cette règle incontournable mais ils n'étaient pas en train de rouler vers une nouvelle ville de présentation mais vers leur ville de détente.
Randy ne lui avait pas donné leur destination même s'il s'en doutait alors il l'emmènerait jusqu'à la limite d'Odessa comme il lui avait demandé avant de le réveiller.
John se gara à la limite d'Odessa comme prévu, juste après le panneau mentionné par Randy, il le réveilla doucement d'un baiser et lui demanda quelle route prendre. La vipère lui sourit et lui demanda de lui rendre le volant et John échangea sa place avec lui, il chercha à amadouer la vipère pour avoir des informations mais ni ses sourires, ni ses yeux de cocker n'eurent raison de la résistance de Randy, il n'obtint qu'un immense éclat de rire avant qu'il ne lui dise de dormir à son tour.
John s'endormit 40 minutes plus tard, ils avaient contourné Odessa et poursuivaient leur route vers la destination connue de Randy. Ce petit somme lui avait fait du bien, il était en état de finir la route jusqu'au bout et ils roulèrent le reste de la nuit pour atteindre leur destination à l'aube, un grand sourire apparut sur le visage de la vipère, il se gara et admira la vue une seconde avant de réveiller son amant avec tendresse pour qu'il puisse lui aussi admirer le panorama:

- Magnifique! Dit John en admirant l'arche dans le levé du soleil.
Il glissa sa main dans celle de son homme et se perdit quelques secondes dans la vue, il apprécia le reflet de l'arche dans l'eau, les douces couleurs de l'aube qui chassait la nuit, l'air frais du matin le tira de sa torpeur, il inspira pleinement et se tourna vers Randy en disant:
- On est chez toi bébé.
- Je suis partout chez moi quand tu es avec moi.
Les yeux de John brillèrent d'émotion et il s'approcha pour l'embrasser tendrement, les deux hommes échangèrent un long baiser puis s'assirent pour regarder le soleil se lever avant de remonter en voiture et de reprendre la route jusqu'à la maison de Randy.
Randy ouvrit la porte et ils entrèrent, ils posèrent leurs sacs dans le hall sauf ceux dont ils auraient besoin. La vipère proposa à John de prendre une douche le temps qu'il mette une lessive en route et John accepta, quand il revint dans la chambre, il tomba en arrêt devant une banderole accrochée au-dessus du lit, il la connaissait déjà mais cette fois, elle ne l'énerva pas:
Bienvenue chez Chouchou et Loulou.

John se figea une seconde puis posa ses yeux sur Randy qui attendait sa réaction nerveusement, il s'humecta les lèvres et la voix rauque, demanda:

- Tu me proposes de venir vivre chez toi?

- Oui. Répondit-il. Et non, ajouta-t-il en le voyant se tendre. John, je te demande de vivre avec moi, où que l'on soit, je te demande de ne plus me quitter, pour qu'on soit partout chez nous.

- Je n'ai aucune intention de te quitter ni même de te laisser filer désormais bébé.

- Mon ange! Je voulais aussi te rappeler que tu es ici chez toi. Mi casa es tu casa Ajouta-t-il avec un horrible accent mexicain.

John éclata de rire avant de répondre:

- D'accord chéri, mais laisse tomber l'accent et embrasse-moi plutôt!

Randy ne se fit pas prier et John ferma les yeux, dissimulant sa peur qui recula face à la passion que lui donnait la vipère. Ils se séparèrent et John sourit avant d'ouvrir les yeux, seul l'amour subsistait dans son regard. Randy l'attira vers le lit et ils se couchèrent, il s'endormit peu après tandis que John jouait avec ses cheveux en regardant le plafond, perdu dans ses pensées.

Il s'endormit à son tour deux heures après Randy et se réveilla vers 9h30, il n'avait plus sommeil ayant dormi une bonne partie du trajet et il descendit pour préparer un petit-déjeuner, il savait que les placards étaient vides ou presque puisqu'ils n'étaient plus repassé ici depuis des semaines. Il sortit donc faire quelques courses en prenant soin de laisser un mot à Randy au cas où il se réveillerait en son absence. A son retour, Randy dormait toujours et il commença à préparer leur repas sans faire de bruit, il trouva un grand plateau sur lequel il posa les assiettes et remonta dans la chambre pour offrir le premier petit-déjeuner au lit de la vie de Randy qui le regarda avec hébétude et gratitude.

Ils mangèrent sans trop parler, échangeant davantage de sourires, de regards et de baisers, quand le petit-déjeuner fut englouti, John lui demanda:

- Alors Monsieur St Louis, quel est le programme du jour?

- Il y a un endroit où je voudrais t'emmener aujourd'hui.

- Ah? Où ça?

- Tu verras quand on y sera!

- Encore des cachotteries?

- Non, encore une surprise!
John tanna Randy pour savoir où ils allaient, il essaya toutes ses techniques de réserve, des regards tendres à implorants en passant par les baisers, les mordillements dans le cou et les murmures dans l'oreille, la vipère éclata de rire une nouvelle fois et répondit:

- John, si tu continues, c'est pas un mais deux bandeaux que je vais utiliser!

- Deux?

- Un pour tes yeux et un... pour te faire taire. Souffla-t-il dans son oreille en la mordillant au passage.

John gémit en retour et le sourire de Randy s'élargit tandis qu'il donnait le signal de départ.

Ils firent un premier arrêt au bout de quelques kilomètres, Randy demanda à John de l'attendre dans la voiture et il revint un quart d'heure plus tard avec un gros panier qu'il posa sur la banquette arrière avant de redémarrer, John l'interrogea de nouveau sans succès.

Ils quittèrent la ville et John dit:

- On quitte la ville?

- Belle déduction, Sherlock!

- On va loin?

- Tu le sauras quand on y arrivera.

Ils roulèrent encore quelques kilomètres, la ville s'éloigna et la campagne prit sa place, Randy bifurqua et demanda à John de fermer les yeux.

- T'as pas peur pour ta voiture? Demanda-t-il en riant.

- On est presque arrivé, je vais rouler doucement, t'en fais pas, jvoudrais vraiment te faire la surprise mais je n'ai pas pris de bandeau finalement. Tu peux faire ça pour moi mon ange?

John ne pouvait résister à une demande de son homme faite de cette façon et il ferma les yeux.

- Ne triche pas!

- Promis!

Ils roulèrent encore deux ou trois minutes et Randy se gara en douceur, John demanda à ouvrir les yeux mais la vipère refusa, il fit le tour, l'aida à sortir de la voiture, prit le panier sur un bras et le guida en le tenant par les épaules, il le positionna soigneusement avant de se reculer.

- Vas-y, ouvre!

John ouvrit les yeux, il battit des paupières pour s'habituer à la lumière et découvrit un magnifique petit lac avec un ponton en bois, il y avait aussi un pont qui le traversait un peu plus loin et la végétation était luxuriante, le soleil couvrait le feuillage des arbres d'or, l'eau scintillait de mille feux.

- C'est magnifique! S'exclama John.

- On venait ici quand on était petit avec ma famille quand tout le monde était là, c'est un endroit magique que je tenais à partager avec toi.

- Merci beaucoup bébé! C'est si beau!

- Je savais que ça te plairait!

John l'embrassa avec beaucoup d'amour et Randy soupira de bonheur avant qu'ils ne s'installent sur le ponton à côté du panier qu'il avait posé en arrivant.

- Et ça c'est?

- Le pique-nique!

Les deux hommes passèrent un long moment à discuter de tout et de rien avant d'entamer le pique-nique en se chahutant comme toujours.

Après le repas, John s'allongea et Randy l'imita, rapidement John posa sa tête sur sa poitrine, il avait retiré son portable et son porte-feuille de ses poches pour être plus à l'aise et il s'amusait à décrire des cercles sur son torse, jouant à provoquer des frissons à son homme. Celui-ci se vengea en commençant à le chatouiller, John se tortilla pour lui échapper, roula mais Randy continua à le poursuivre et il glissa du ponton pour tomber à l'eau dans une immense gerbe d'éclaboussures. Randy se précipita pour l'attraper, très inquiet mais il éclata de rire en le revoyant remonter à la surface avec une mine effarée.

- Aide-moi plutôt! Elle est gelée!

- Logique, on est en Octobre!

John grogna et lui tendit la main pour qu'il le sorte de là, Randy le tira au sec et John resta au sol tremblant de froid. Randy commença aussitôt à le déshabiller, il lui retira sa chemise et son marcel avant d'attaquer son jean, l'opération était rendue difficile par les litres d'eau qui restait dans ses vêtements, les collant à sa peau mais Randy y parvint en quelques minutes précipitées.

Les chaussures et les chaussettes avaient disparues elles aussi, il le releva et le fit avancer vers la voiture, lui demandant de courir pour se réchauffer et John hocha la tête en claquant des dents avant de le suivre. Randy finit le parcours jusqu'à la voiture sans lui dans un sprint, il déverrouilla son coffre et fouilla frénétiquement dedans pour dénicher sa couverture. Tout comme John, il en avait toujours une dans sa voiture en cas de panne ou de bouchons en plein hiver. Il la trouva et revint vers John en courant avant de emmitoufler dedans et de se mettre à le frictionner comme un fou, les dents de John claquaient toujours mais cette fois des secousses imprimées par Randy. Au bout d'une dizaine de minutes, il cessa de trembler, la vipère le ramena dans la voiture et démarra le moteur pour mettre le chauffage avant de refermer la portière.

Il retourna au bord du lac pour récupérer leurs affaires, essora les vêtements de John au mieux avant de les replier pour les mettre dans le panier, il vérifia une dernière fois qu'il n'avait rien oublié et revint en courant vers la voiture, il chargea le panier dans le coffre et se rua à l'intérieur.

- ça va mon amour? Tu te réchauffes?

- ça va aller, t'en fais pas!

- Je suis vraiment désolé!

- C'est pas grave Bébé, juste un accident, j'ai juste eu froid rien de plus, ça va aller.

- Jte ramène à la maison!

- D'accord, de toute façon, je ne peux pas me balader dans cette tenue.

- Hummm, moi j'aurais rien contre.

- Pervers!

- Non, fou de toi!

John lui sourit et Randy s'engagea sur la route, il conduisait plus vite qu'à l'aller, à la limite de l'excès de vitesse, il prenait garde à ne pas les dépasser pour ne pas être arrêté ce qui aurait encore retardé leur retour à la maison, surtout avec un homme entièrement nu à l'exception d'une couverture sur le siège passager.

Randy se gara dans la garage pour que John n'ait pas à sortir à la vue de tous et ils montèrent précipitamment à l'étage, Randy avait eu très chaud dans la voiture et John commençait à se réchauffer mais ils se ruèrent vers la douche et Randy alluma l'eau pour qu'elle chauffe avant de tirer son homme dans la salle de bains et de le tirer de sa couverture, il le poussa sous l'eau et entra avec lui, John tressaillit sous l'eau presque bouillante avant de se détendre et Randy frotta ses épaules avant d'exploser de rire en baissant les yeux.

- L'eau était vraiment très froide dis donc!

John suivit son regard et lui lança une grimace assassine.

- T'inquiète pas, je vais te réchauffer très vite mon ange! Dit-il en se ruant sur ses lèvres.

Ils passèrent un long moment sous la douche et sortirent tout deux parfaitement réchauffé, ils se rhabillèrent et John enfila un pull pour faire disparaître les derniers frissons persistants avant qu'ils ne descendent au salon se regarder un film confortablement installés dans le canapé, allongés tous les deux, John assis entre les jambes de la vipère, la tête reposant sur son torse, Randy caressait sans arrêt son torse comme dans un automatisme et John adorait ça.

Ils mangèrent un bon dîner préparé par les soins de Randy et montèrent se coucher, John n'avait pas bonne mine et Randy était inquiet, il espérait qu'une bonne nuit de sommeil le remettrait d'aplomb, il était fort, bien assez pour se remettre de tout en un rien de temps.

Mais au milieu de la nuit, Randy le trouva trempé de sueur, il était bouillant et agité, il chercha à le réveiller mais John re sombrait aussitôt et il se rua sur le téléphone pour appeler le médecin avant de courir à la salle de bains pour mouiller un gant de toilette à l'eau froide et faire tomber sa température en attendant le médecin. L'ironie de la situation ne le fit pas rire, après avoir lutté pour le réchauffer, voilà qu'il devait le refroidir.

John gémit et s'agita davantage, le médecin arriva peu après et conclut à un gros coup de froid, il donna à Randy quelques consignes et repartit.

Randy veilla sans relâche sur son homme, baignant son visage et son torse à l'eau froide pour faire tomber sa fièvre, les médicaments commençaient à faire effet, John s'agitait moins et Randy s'assit à ses côtés en passant une main douce sur son visage, il le vit remuer des lèvres et se pencha pour entendre ce qu'il disait:

- Liz.