Spoiler :Les 7 tomes de Harry Potter

Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à JKRowling

Note : Oui, je suis toujours là et j'ai décidé de finir cette fanfiction (enfin, j'espère). Je préfère prévenir tout le monde : je ne suis jamais allée au Canada et ne connais pas la ville de Québec. Du coup, Google est mon ami et je suis allée fouinée sur des sites comme le guide du routard pour pouvoir vous décrire les choses convenablement. Aux amateurs de Québec et Québécois, je m'excuse d'avance si j'ai fait des erreurs ^_^

Bonne lecture !

XXX

Chapitre 3 : Ils arrivent

James n'osait plus bouger. Lily, endormie, avait posé la tête sur son épaule. Il ne put s'empêcher de l'observer : les yeux fermés, le visage serein, elle ressemblait à un ange. Il soupira. Il aurait tellement aimé qu'elle soit à lui. Bien sûr, c'était égoïste de penser ça (et possessif aussi). Mais il l'aimait, il n'avait jamais cessé. C'était sa dernière chance, et il souhaitait vraiment que cette fois-ci, ça marche. Une partie de lui se détestait d'avoir agi ainsi avec Hélène, il aurait au moins dû être franc avec elle… il n'y avait plus aucun doute possible lorsqu'il regardait Lily, lorsqu'il sentait la chaleur de son corps, son souffle léger dans son cou, son parfum. C'était elle et pas une autre, et rien ne pourrait changer cela.

« Nous amorçons notre descente sur la ville de Québec, veuillez bouclez vos ceintures et relevez les tablettes de votre siège. »

Lily se réveilla en sursaut et rougit en constatant qu'elle s'était écroulée sur James. Son cœur s'accéléra et elle dut prendre une profonde inspiration pour se calmer. Sa chaleur, son odeur la troublaient. Elle jeta un œil sur le jeune homme mais il semblait plongé dans la lecture d'un livre. Elle lui fut silencieusement reconnaissante de faire comme si de rien n'était, elle ignorait comment elle aurait pu se défendre s'il lui avait fait la moindre petite remarque. Tout cela lui paraissait irréel. Elle partait pour l'oublier, pour pouvoir faire une croix sur lui la mort dans l'âme, et voilà qu'à présent il était à côté d'elle à l'autre bout du monde.

« Bien dormi, Evans ? » Demanda James calmement en tournant une page de son livre.

Lily s'étonna tout d'abord du flegme peu commun du jeune homme. Elle jeta un coup d'œil sur ce qu'il tenait entre les mains pour savoir ce qu'il lisait et s'étrangla lorsqu'elle constata qu'il tenait son livre à l'envers. Elle hésita à le lui faire remarquer… mais se dit qu'il se défendrait sûrement en la taquinant de l'avoir utilisé comme oreiller.

« Oui, très bien, merci. » Répondit-elle laconiquement espérant qu'il n'entendrait pas sa voix trembler.

Il se tourna vers elle et lui sourit. Elle se sentit fondre mais préféra détourner le regard. Elle pensa à Hélène. Qu'en était-il ? Pourquoi James n'était-il pas avec elle ? Une partie d'elle avait envie de lui poser la question mais l'autre la retenait de dire quoi que ce soit, ayant trop peur de la réponse. Son cœur manqua un battement. James venait de se pencher vers elle et se rapprochait de plus en plus… jusqu'à lever le store du hublot.

« Regarde ! On voit la ville de Québec juste en dessous de nous ! »

Lily, après s'être traitée mentalement d'idiote, fit mine d'observer à son tour la vue. Elle aperçut des immeubles, de la verdure entre et même le château de Frontenac.

"Oh oui, on se rapproche vraiment !" S'exclama-t-elle.

Quand elle se tourna vers James, elle s'aperçut qu'ils étaient près également, trop près d'ailleurs. Le jeune homme la fixa quelques secondes qui lui semblèrent durer une éternité. Elle eut l'impression que mille pensées lui traversaient l'esprit alors que pour elle, sa tête semblait s'être vidée d'un seul coup. Puis James s'éloigna en se raclant la gorge, les joues rouges.

XXX

Dans le hall d'accueil, plusieurs familles attendaient, pancartes à la main, que leurs invités apparaissent. Lily se tordit le cou pour essayer d'apercevoir son nom sur l'un de ces morceaux de cartons ou ces feuilles de papier. Un instant elle se prit à envier sa sœur d'avoir un si long cou. Ce pouvait se révéler pratique par moment. Ce fut James qui trouva le premier : un couple élégamment habillé entouré d'une tripotée d'enfants agitait une feuille avec écrit "LILY EVANS" en lettres de toutes les couleurs. Lily sourit devant cette gentillesse et se précipita vers eux.

Tout comme l'annonçait la pancarte, l'accueil fut chaleureux. Rosissante, Lily leur demanda dans un français presque parfait s'ils acceptaient d'héberger également "un ami à elle qui n'avait pas eu la chance de trouver un logement". James, bien que moins bon que Lily en français, en connaissait les bases pour être parti très souvent en vacances avec ses parents. Il sentit son cœur faire un bond quand elle le qualifia "d'ami". Puis il se reprit. Il adressa son sourire le plus scintillant à cette famille, et leur parla de la manière la plus courtoise et affable possible en commençant à baragouiner lamentablement (ce qui les fit rire). Au bout d'un moment, il finirent par lui dire qu'ils comprenaient tout à fait l'anglais et qu'il pouvait leur parler dans cette langue, ce qui le soulagea puis ils acceptèrent de l'accueillir et lui proposèrent même "de rester aussi longtemps qu'il le souhaitait". Du coin de l'œil, il vit Lily grimacer malgré elle. Cela l'amusa... et l'angoissa également. Réussirait-il à la conquérir ? N'était-ce pas vain ?

Ils embarquèrent dans le minibus qui les attendait à la sortie. La famille Tremblay qui les accueillait comptait en tout six membres : le père, la mère, et les quatre enfants (allant de 6 à 18 ans) donc il fallait une grosse voiture pour pouvoir installer tout ce petit monde ainsi que Lily et James. La jeune femme avait préparé James pendant tout le voyage : les personnes qui les accueillaient étaient moldues (des anciens collègues de travail de son père avec qui ils avaient tissé des liens amicaux), donc il devait faire attention à ne pas commettre d'impair. Elle lui avait expliqué tout ce qu'il avait à savoir sur le monde non magique, en espérant qu'il ait retenu quelque chose. Bon élève, James l'avait écoutée et récitait mentalement tout ce qu'elle avait bien pu lui apprendre.

Au bout de plusieurs minutes de route, la voiture entra dans un domaine arboré et se gara au bout d'une allée. La maison de leurs hôtes était une vaste demeure en bois de plusieurs étages avec une terrasse couverte qui courait tout le long de la façade. La famille Tremblay au grand complet leur montra aussitôt les chambres où ils dormiraient pour qu'ils puissent déposer leurs affaires (deux chambres l'une à côté de l'autre avec une salle de bain commune) avant de leur faire visiter la maison. Ce fut l'occasion de faire plus ample connaissance avec leurs logeurs.

Marilou Tremblay, la mère avait la quarantaine bien sonné et semblait relativement extravagante avec ses boucles blondes désordonnées retenues par un foulard bariolé, ses grands yeux bleus, ses tâches de rousseur qui parsemaient chaque millimètre de sa peau ainsi que ses créoles immenses, sa quantité de colliers et bracelets et son grand jupon. Pierre Tremblay, un peu plus âgé, semblait plus sage avec ses habits simples, ses cheveux bruns impeccablement coiffés et son sourire affable. Venaient ensuite les enfants. Sylvie avait six ans, elle avait hérité des cheveux bouclés et désordonnés de sa mère, de ses yeux bleus, et Lily semblait complètement fondre devant elle, une vraie poupée ! En la voyant agir avec la petite fille, James ne pouvait s'empêcher de l'imaginer en train d'élever leurs enfants… bon, d'accord, il rêvait, mais c'était un beau rêve. Alain avait douze ans, un brun ébouriffé aux yeux bleus, au nez parsemé de tâches de rousseur, mi-ange mi-démon, un pur mélange de ses deux parents. Bénédicte avait quatorze ans, un peu le vilain petit canard de la famille, avec ses longs cheveux bruns raides qui cachaient ses yeux entourés de larges lunettes. Puis il y avait Stéphane, un grand gars blond, bien coiffé, les yeux bleus qui avait dix-huit ans comme eux. Lui trouvant l'air sympathique, James se dit qu'il pourrait s'en faire un ami… Jusqu'à ce qu'il le voit converser avec Lily.

En voyant la jolie jeune femme aux cheveux auburn rire aux éclats avec le Canadien, James sentit une pointe de jalousie lui serrer le cœur. Il essaya de souffler, de se raisonner et se joignit à la conversation comme si de rien n'était, mais le malaise persista tout de même. Quoi qu'il arrive, il devait se souvenir que Lily reviendrait tôt ou tard en Angleterre et que des milliers de kilomètres la séparerait du Canadien. Alors que lui serait toujours à ses côtés.

« Oui, mais Hélène ? » Fit une voix dans sa tête.

Il avait pourtant l'impression de l'aimer, d'être bien avec elle… mais il s'apercevait à présent qu'il essayait surtout de s'en persuader. En présence de Lily, pas une seconde il ne pensait à elle. Il s'en voulait d'avoir été lâche, de ne pas avoir été honnête. Il aurait dû la libérer, se libérer… Il se promit une fois encore que dès qu'il pourrait parler de vive voix avec elle, via le miroir qu'il partageait avec Sirius ou par cheminée, il lui avouerait tout, même si ça s'avérait difficile.

James était en train de déballer ses affaires, pensif, se demandant ce qu'il allait faire pour conquérir Lily, pour ses études, pour sa petite-amie qu'il n'aimait plus… s'il l'avait aimée un jour, lorsque quelqu'un toqua timidement à la porte.

« Entrez » Fit James sans réfléchir.

Lorsqu'il vit deux yeux émeraude apparaître, son cœur manqua un battement.

« Oh ! Heu… Lily ! Tu… ? » Fut tout ce qu'il trouva d'intelligent à dire.

De façon surprenante, la jeune femme rougit et regarda ses chaussures.

« Notre famille d'accueil propose que nous allions faire un tour de la ville pour visiter, ça t'intéresse ? » Lui demanda-t-elle en se forçant à sourire, mais bizarrement ses lèvres tremblaient.

« Oh… ! Oui, oui bien sûr ! Tu viens aussi ? »

« Oh, moi ? Oui, également… Je suis quand même venue ici pour découvrir un nouveau pays, ce serait idiot de… de refuser. »

James acquiesça et ils se retrouvèrent plantés, face à face, bras ballants dans un silence de plomb.

« Bon » Reprit Lily, « Je te laisse te préparer, tu nous rejoins dans le salon ? »

« Oui, bien sûr. »

Lily sortit et James se cogna la tête contre le mur. S'il comptait la séduire en bredouillant et avec des silences embarrassés, il n'était pas sorti du sable, hein ! Il se reprit néanmoins, se changea pour enfiler des vêtements plus confortables et propres pour une sortie, et fila rejoindre la jolie jeune femme et leurs guides pour la journée.

Ils commencèrent par visiter la Citadelle de Québec construite par les Anglais en 1820 avec son musée historique présentant uniformes, armes, de cette époque. Ils allèrent ensuite assister à la relève de la garde, ce qui amusa les deux Anglais qui voyaient régulièrement ce spectacle à Londres.

Après cette première visite, ils allèrent flâner un long moment dans le Vieux-Québec, admirant les demeures anciennes. Ils allèrent visiter la basilique Notre-Dame-du-Québec, se promenèrent sur les remparts et s'arrêtèrent sur la terrasse Dufferin pour admirer le panorama sur le Saint-Laurent.

Après avoir mangé dans un petit restaurant sympathique dans le quartier, ils continuèrent leur visite par le musée de l'Amérique française. James qui pourtant n'aimait pas beaucoup traîner dans les musées, fit de son mieux pour s'intéresser à tout, partageant ses impressions avec la famille Tremblay et surtout avec Lily. Les yeux de cette dernière brillaient à chaque nouvelle découverte, affolant le cœur de James. Il fit de son mieux pour commenter ce qui semblait intéresser la jeune femme qui le gratifiait à chaque fois d'un large sourire épanoui. Il se débrouilla également pour que Stéphane ne s'approche pas trop de la jolie rousse, se précipitant pour être à côté d'elle dans tous leurs déplacements et pauses. Il réussit même à effleurer la main de la belle mais celle-ci s'éloigna légèrement et il dû ravaler sa déception, ignorant que Lily était complètement troublée.

La journée se finit au château de Frontenac, perché sur le Cap-Diamant, à côté de la terrasse Dufferin. Etant un hôtel, ils ne purent visiter que le hall et le lieu historique des Forts-et-Châteaux-Saint-Louis enfoui sur la terrasse. Enfin, bien fatigués de leur journée, ils s'installèrent au bar pour boire des sodas en profitant de la vue. James, encore une fois, réussit à s'asseoir près de Lily et réussit même à poser son bras sur le dossier de la jolie rousse… mais elle n'eut aucune réaction, ce qui le perturba hautement. Elle était en pleine conversation avec Stéphane et Bénédicte, projetant de visiter la Haute-Ville et les plaines d'Abraham le lendemain. Elle semblait aussi vouloir visiter le parc Cartier-Brebeuf et plein de choses encore.

Pendant un instant, James se sentit de trop et se demanda s'il n'avait pas eu tort de faire tout ça. Il allait briser le cœur d'Hélène, se retrouver seul comme un idiot alors que Lily ne semblait même pas faire attention à lui. Mais il chassa aussitôt cette pensée lorsque la jeune femme se tourna vers lui et lui sourit.

« Et toi, James, qu'en penses-tu ? Ca te dit d'aller visiter tout ça ? »

Son cœur faisait un bond dès qu'elle l'appelait par son prénom, même s'il savait qu'ils avaient décidé ensemble d'être plus familiers devant leur famille hôtesse sinon ils n'auraient pas compris comment deux amis pouvaient s'appeler par leur nom de famille. Il acquiesça sans réfléchir… et tant pis s'il s'agissait de visites rébarbatives, du moment qu'il était avec elle, tout lui allait.

XXX

Une fois rentrés dans la demeure des Tremblay, les deux Anglais purent enfin connaître un moment de pause pendant que les parents préparaient le repas. James et Lily se regardèrent un instant, chacun sur le pas de la porte de leurs chambres qui étaient côte à côte. Chacun ouvrit le bouche, hésita, puis ils échangèrent un sourire embarrassé et se séparèrent pour entrer dans leur refuge respectif. Une fois seule, Lily poussa un long soupir et se laissa tomber sur son lit, laissant enfin toutes les émotions de la journée remonter librement.

Elle avait dû lutter avec elle-même tout au long des visites pour ne pas montrer à tous qu'elle était troublée. James s'était montré particulièrement attentionné avec elle et proche aussi. A un moment, il lui avait effleuré la main, et son cœur avait manqué un battement… et quand il avait posé son bras sur le dossier de sa chaise au bar, elle avait cru que son organe vital allait carrément exploser ! Elle devait cependant se raisonner, taire ces espoirs qui montaient en elle. James était en couple avec Hélène, ils avaient même emménagé ensemble ! Certes, il était parti au Canada visiblement sur un coup de tête et il ne parlait pas beaucoup de sa petite-amie. D'ailleurs peut-être que… non ! Il fallait qu'elle arrête de rêver. C'était trop tard, Potter ne l'aimait plus, elle allait devoir supporter sa présence, ce supplice et faire comme si de rien n'était !

Elle revit ses yeux noisette, ses cheveux toujours ébouriffés (même s'il ne passait plus son temps à se passer les mains dedans), son sourire si irrésistible… et poussa un grognement de frustration. Il fallait qu'elle soit sérieuse.

« Et puisqu'il est là, sans sa copine, pourquoi n'essaierais-tu pas de le séduire à nouveau au lieu de pleurer sur ton sort ? » Fit une voix dans sa tête.

Les yeux de la jeune fille s'arrondirent sous le choc. Comment pouvait-elle penser ça ? Elle n'était pas une… une… elle ne trouvait pas de mot non grossier pour dire ça (une gourgandine peut-être ? Un peu vieillot mais bon…), il était hors de question qu'elle joue les casseuses de couple ! Tant pis pour elle, elle n'avait qu'à pas le repousser, elle avait eu sa chance. Elle n'avait plus qu'à le regarder et se résigner à le voir partir avec une autre.

Epuisée par sa nuit dans l'avion et le peu de repos dans la journée, Lily fondit en larmes… Et s'endormit au bout de quelques minutes.

XXX

James était en train d'écrire une lettre à Sirius pour lui expliquer comment s'était déroulée sa première journée avec ses inquiétudes et ses espoirs, lorsque quelqu'un frappa discrètement à la porte, le faisant sursauter.

« Oui ? » Fit-il.

Bénédicte passa la tête par l'entrebâillement, le visage rouge à l'idée de parler au jeune homme.

« Le dîner est prêt. » Dit-elle d'une voix si basse que James dut tendre l'oreille pour l'entendre.

« D'accord, j'arrive. » Répondit-il en cachant discrètement sa plume et son pot d'encre (les moldus n'écrivaient plus ainsi depuis des décennies). Il commença à se lever et à se préparer pour descendre lorsqu'il s'aperçut que Bénédicte était toujours là, se dandinant sur place en se triturant les mains.

« Il y a un souci ? »

L'adolescente acquiesça.

« J'ai… j'ai essayé d'appeler Lily mais elle ne répond pas… J'ai ouvert la porte et… et elle dort. Je n'ai pas osé… je ne savais pas comment… »

« La réveiller ? » Termina James à sa place.

A nouveau, la jeune fille hocha la tête, ses éternelles mèches brunes pendant devant ses yeux.

« Laisse, je vais le faire, nous arrivons le plus vite possible. »

Bénédicte lui adressa un sourire crispé et fila sans demander son reste. James soupira, se passa nerveusement la main dans les cheveux et se dirigea vers la chambre de la belle rousse.

« Lily ? » Appela-t-il doucement en ouvrant la porte.

La pièce était plongée dans le noir et il n'entendit aucun son, ne vit aucun mouvement. Laissant la porte ouverte pour avoir un peu de lumière, il se rapprocha du lit et de la jeune femme qui dormait profondément, toute habillée. En l'observant de plus près, James s'aperçut qu'elle avait dû pleurer et sentit son cœur se serrer. Qu'est-ce qui la rendait si malheureuse ? Il aurait voulu connaître un sort pour lui enlever toute tristesse et lui rendre le sourire. Elle s'agita légèrement, ses mèches auburn se mêlant sur l'oreiller, sa bouche prononçant des mots inaudibles… il eut envie de l'embrasser, de la toucher… mais il se retint. Il hésita encore un instant avant de poser la main sur son épaule et de la secouer légèrement.

« Lily ? »

Elle sursauta, ouvrit les yeux et son regard émeraude rencontra celui de noisette de James. Etonné, il la vit rougir et se rendit compte qu'il faisait de même. En se penchant pour la réveiller, il n'avait pas réalisé qu'il s'était autant approché de son visage. Lutter encore une fois pour résister à ses envies fut à nouveau douloureux, surtout que ses lèvres étaient bien tentantes. Il se redressa néanmoins et lui dit doucement.

« Il faut se réveiller, Lily, le dîner est prêt. »

La bouche de Lily forma un « Oh ! » muet et elle se dépêcha de se lever… et fut prise d'un étourdissement. James se précipita pour la retenir et rit discrètement.

« Oh, là ! Il ne faut pas bouger aussi brusquement après avoir dormi si profondément, mademoiselle, vous ne le saviez pas ? »

Lily ne répondit pas, espérant que le jeune homme ne s'était pas rendu compte de son trouble… avoir été réveillée par lui et de cette manière l'avait mise dans tous ses états et là, maintenant, sentir ses mains sur ses bras, son torse dans son dos… Elle grogna intérieurement. Depuis quand s'était-elle transformée en véritable petite midinette ?

« Ca va Lily ? » demanda James, inquiet face à son silence.

La rousse déglutit et finit par trouver le courage de répondre.

« Oui, oui. » Pourquoi sa voix croassait-elle ? Elle devait paraître bien ridicule. « Ne t'en fais pas, je suis juste un peu vaseuse, j'ai dû trop dormir. »

« D'accord. » Répondit James avec un sourire. « On y va, alors ? »

Et il s'éloigna d'elle, lui donnant l'impression qu'elle avait froid d'un coup. Essayant de cacher sa déception, elle lissa ses vêtements chiffonnés et sortit de la chambre.

La famille Tremblay leur avait préparé un repas québécois traditionnel. Après une entrée faite de crudités, Marilou leur avait cuisiné un pâté chinois (qui n'avait de chinois que son nom puisque c'était un plat purement canadien-français), une sorte de hachis-Parmentier avec des couches superposées de bœuf hâché, d'oignons, de maïs et de purée de pommes de terre. En dessert, ils eurent le droit à un pouding chômeur, c'est-à-dire un gâteau imbibé de sirop d'érable. Se régalant, les deux Anglais parlèrent particulièrement de nourriture avec leurs hôtes qui leurs promirent de les emmener dans des cabanes à sucre et de leur faire goûter le fameux poutine dont tout le monde raffolait.

La soirée se prolongea devant la télévision, mais voyant Lily et James s'endormir à moitié sur le canapé, Marilou et Pierre leur conseillèrent d'aller se coucher.

« Avec le voyage et le décalage horaire, vous devez être épuisés ! Allez vous coucher tôt, ça ira mieux demain ! »

Secrètement soulagés, les deux jeunes gens ne se firent pas prier et foncèrent dans leur chambre. Avant de s'y enfermer, James hésita puis héla Lily avant que la porte ne se referme sur elle.

« Lily ? »

La jeune fille passa sa tête par l'ouverture.

« Oui ? »

Il chercha un instant ses mots mais ne trouva rien de mieux que :

« Bonne nuit ! »

Elle lui sourit, son cœur rata un battement.

« Bonne nuit, James. »

Et elle disparut. Le jeune homme s'enferma à son tour dans sa chambre avec un sourire béat. Sa lettre était restait inachevée sur son bureau. Il se hâta de la terminer puis ouvrit la fenêtre. Il eut un instant de doute. Et si ça n'avait pas fonctionné ? Et si elle s'était perdue ? Il siffla doucement et au bout de quelques secondes d'angoisse, il vit sa chouette Nox apparaître.

« C'est bon, tu m'as retrouvé ma belle ! » S'exclama-t-il.

Nox lui mordilla affectueusement l'oreille et il attacha la lettre à sa patte.

« Tu peux l'amener à Sirius ? Dans son appartement à Londres ? Merci ma belle ! »

Et Nox s'envola, disparaissant dans la nuit. Un instant James pensa à ses amis, sa famille et à Godric's Hollow. Il aurait voulu être avec eux, là-bas et avec Lily. Pendant une seconde, le visage d'Hélène apparut dans son esprit et il grimaça. Il hésita à lui écrire une lettre mais se dit que ce serait lâche, il devait lui parler en face. Puis, d'un coup, il se souvint de quelque chose qu'il avait apporté…

« Mais oui mais c'est bien sûr ! Pourquoi n'y ais-je pas pensé plus tôt ? »

Il se jeta sur sa valise et en sortit l'un des miroirs jumeaux qu'il partageait avec Sirius. La tête de son ami apparut presque aussitôt.

« Salut Cornedrue ! Alors ? Comment ça se passe ? Raconte ? » Lui demanda Sirius au comble de l'excitation.

James éclata de rire, amusé par l'attitude commère de son ami.

« Ca va Patmol. Figures-toi que je viens de t'envoyer une lettre, j'avais carrément oublié le miroir. »

« C'est scandaleux. C'est une honte !... La lettre a intérêt à être bien longue et bien détaillée ! »

James leva les yeux au ciel.

« Bon, alors ? » Reprit Sirius.

« Alors quoi ? »

« Tu te moques de moi ? Dis-moi comment ça se passe ! »

« Et bien, la famille qui nous accueille Lily et moi est charmante, nous avons passé la journée à visiter Québec et… tu connaissais le pâté chinois ? C'est super bon ! »

Sirius le fixa, l'air blasé.

« C'est chouette tout ça, mais tu ne me parles pas de l'essentiel. »

« Ah bon ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler. » Répondit James, l'air innocent.

« Idiot ! Je te parle de Lily ! Comment ça se passe ? »

« Et bien… Ca se passe plutôt bien mais, enfin… je ne sais pas, pour tout te dire. »

« Ca se passe bien ou ça se passe mal ? » Lui demanda Sirius, confus.

« Ca sa passe bien. Sur le moment elle a été assez surprise de me voir dans l'avion mais elle s'est débrouillée pour que je sois accueilli dans la même famille d'accueil qu'elle et s'est montrée assez sympathique avec moi. »

« Et bien, c'est plutôt bon signe tout ça ! » S'exclama Sirius.

James fit la moue.

« Où est le « mais », James ? »

Il hésita, chercha à nouveau ses mots.

« J'ignore si ça peut évoluer en plus, pour tout te dire. »

« Tu lui as parlé ? » Insista Sirius. « Tu t'es confié à elle ? »

James secoua la tête.

« Mais comment peux-tu savoir si tu ne lui dis rien ? »

« Je… Je trouve qu'il vaut mieux prendre son temps, ça aurait été trop brutal que j'arrive et lui dise 'Oh ! Salut Lily ! Comment vas-tu ? En fait j'ai décidé de te suivre au Canada car je ne supportais pas l'idée de te voir partir et de risquer de te perdre. Ah oui, parce qu'en fait je t'aime comme un fou.' »

Sirius eut l'air surpris.

« Pourquoi brutal ? C'est la vérité non ? »

James soupira et expliqua patiemment à son ami :

« Oui, c'est la vérité, mais si je la lui disais cash, je risquais de me prendre une paire de baffes. Alors que là, je l'apprivoise tout doucement et… »

« … Et tu as l'impression qu'elle se moque complètement de toi. »

James se mordit les lèvres.

« Sans lui dire la vérité, essaie de montrer qu'elle te plaît au moins, sans être trop lourd non plus. »

« Mais c'est ce que j'ai fait… mais elle n'a même pas réagi ! »

« Alors sois moins subtil. »

« Pas trop lourd, pas trop subtil… tu es marrant, toi ! »

Sirius fit mine de réfléchir.

« C'est vrai que ça n'a pas l'air évident… »

James acquiesça puis hésita à nouveau.

« Il y autre chose, Cornedrue ? »

Le jeune homme soupira.

« C'est… c'est à propos d'Hélène. »

« Tu ne lui as toujours rien dit, c'est ça ? » Lui demanda Sirius en fronçant les sourcils.

Honteux, James acquiesça.

« Comme tu l'as vu, je n'ai rien osé lui dire en partant et là… je ne me vois pas lui envoyer une lettre, tu comprends ? »

Sirius acquiesça.

« Alors je me disais… » reprit James, « Penses-tu que tu pourrais lui passer le miroir quelques minutes pour que l'on puisse en parler ? »

Patmol soupira puis acquiesça.

« Je lui passerai la prochaine fois que je la verrai… par contre, j'ignore quand. Elle est partie quelques jours en vacances avec un groupe d'amis avec qui elle était à Serdaigle. J'ignore quand elle reviendra. »

James hocha la tête.

« D'accord, j'attendrai un peu. Je compte sur toi, d'accord ? »

Sirius leva le pouce et ils se séparèrent. Epuisé, James s'écroula sur le lit et passa la nuit à rêver d'une jolie rousse.