Kikou, me revoilà ( moi et mon cerveau dérangé) pour le chapitre 52 ( pas taper, pas taper!) pensez aux mouchoirs ou aux punching-balls pour résister à ce nouveau moment de torture ( je suis sadique mais j'assume) en espérant très fort ( dès fois que ça marcherait) qu'il y a bien une lumière au bout de ce tunnel sombre et dégoulinant ( posez pas vos mains sur les murs, conseil d'amie) en on se retrouve en bas! Merci à mes fidèles lectrices et à mes revieweuses dont ma toujours aussi phénoménale Missy Slaughty qui a découvert le repère secret de ma soeurinette et de mon acolyte ( non pas alcoolique roooh), bravo à elle!

chapitre 52: home sweet home

John avait quitté le stade immédiatement après, il avait pris ses affaires, sa voiture et regagné son hôtel, inutile d'aller plus loin, il savait que l'affaire de ce soir allait avoir de sérieuses répercussions et très vite en plus. Il s'attendait à entendre la voix de son patron exploser dans son téléphone à tout moment mais il s'en moquait éperdument, il assumerait son erreur du soir comme il avait assumé chacune de ses erreurs par le passé, il n'en restait qu'une seule qu'il avait bien du mal à assumer sachant qu'il ne pouvait pas l'effacer et cette erreur avait un nom, Randy.

Il était son talon d'Achille, il était tombé pour lui et n'arrivait pas à se le pardonner, il avait toujours été très fort, n'avait jamais eu besoin de qui que ce soit pour se relever après chaque chute, son père lui avait appris à ne pas pleurer, à ne pas se plaindre: " Les hommes ne pleurent pas John" disait-il quand il était enfant. Qu'il soit tombé, se soit blessé, peu importait, son père venait à lui, le remettait debout avec son air sombre et lui disait de ne pas pleurer en essuyant ses larmes d'un revers de pouce un peu rude et John avait appris à ne pas pleurer, à se montrer fort et incassable quelque que soit la blessure dont il souffrait. Puis Randy était arrivé, ils avaient échangés coup pour coup et John avait refusé de tomber, refusé de céder pour lui jusqu'à ce que Randy parvienne à toucher son cœur et il avait pleuré pour lui, pour la première fois depuis des années ses larmes avait coulé et il avait eu la sensation de trahir son père, son passé, tout ce qu'il lui avait appris, Randy lui avait dit que son père avait tort et il l'avait cru, il avait abandonné ses convictions pour lui, des années d'éducation pour un baiser de lui et il s'était senti heureux à ce moment-là.

Maintenant ce souvenir n'invoquait plus que dégoût pour lui désormais, il s'était rendu pour un homme, il doutait déjà que son père aurait approuvé cette liaison mais en plus il avait renié ses principes et donc sa famille pour lui, il avait trahi les siens et il s'était trahi en même temps.

Chaque coup qu'il portait à Randy l'atteignait en même temps en plein cœur, il souffrait de faire souffrir Randy mais il se punissait en cherchant à le détruire. Il avait conscience par moment, quand sa colère n'assombrissait pas tout, que Randy était un être humain, un être doué de senti-ments et de raison même s'il doutait de plus en plus des raisons de Randy et qu'il ne pouvait pas tout simplement le détruire ou l'effacer du tableau pour pouvoir passer à autre chose mais il persis-tait à essayer comme son père le lui avait appris, ne jamais renoncer, toujours se relever.

Il était trop souvent tombé pour Randy, avait même pensé à ramper pour lui, pour le reconquérir, la vipère avait dû bien s'amuser de le voir ramper à ses pieds pour regagner son affection et sa place à ses pieds comme le bon petit chien qu'il avait été, il avait même gentiment léché la main qui venait de le battre, soumis à ses désirs et ses caprices, oubliant qui il était! Il était John Cena, John Felix Anthony Cena Jr, celui qui n'abandonnait jamais, celui qui refusait la défaite, celui qui se relevait toujours pour redevenir plus fort encore, il était le héros des gamins, l'idole des mères et la risée des pères dont il se moquait éperdument. Il était celui que rien n'atteignait, rien jusqu'à Ran-dy.

Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il s'était rendu pour cet homme, qu'il était devenu son captif volontaire en aussi peu de temps, à peine quelques mois avait suffi à le rendre totalement dépen-dant de lui, il s'était livré pieds et poings liés à son bourreau, parfaisant le tableau en faisant gra-ver le nom de son propriétaire sur les plaques qu'il arborait autour du cou, comme le collier d'un chien, Randy pouvait jubiler d'avoir réussi ce tour de force! Et maintenant, il les portait à sa place, les lui jetant à la figure comme un trophée, comme pour lui rappeler à qui il avait appartenu!

Il aurait dû les récupérer et les brûler, au lieu de ça, il s'était laissé attendrir et lui avait permis de les reprendre, encore une erreur qu'il lui faudrait réparer avant de pouvoir se pardonner.

Son téléphone sonna comme prévu et il décrocha, indifférent à la voix qui s'égosillait de l'autre côté, il ne prêtait aucune attention à ce que l'autre lui disait, il laissait couler les mots sans cher-cher à les retenir, ils n'avaient aucun sens pour lui ce soir. La voix finit par se calmer et la diffé-rence de ton ramena l'attention de John.

- J'y serais monsieur. Répondit-il avant de raccrocher et il jeta son téléphone sur son lit avant d'al-ler se prendre une bonne douche chaude.

L'eau coulait sur son dos, elle délassait ses muscles hyper tendus, il n'avait pas conscience de ses crampes jusqu'ici. Elle coulait sur sa nuque, dévalant sur son visage, obstruant ses sens, le calme absolu qui régnait maintenant était saisissant!

Quand il sortit de l'eau bien plus tard, son portable clignotait pour indiquer des messages et appels manqués, il ne s'en préoccupa pas et ouvrit son lit, le portable tomba au sol sans qu'il le remarque et il alluma la télé, zappant sans trouver quoi que ce soit d'intéressant, son esprit était loin de ce qui se passait dans cette chambre et il ne bougea pas non plus quand quelqu'un vint frapper à sa porte avec insistance, la personne l'appela à plusieurs reprises par son nom mais il ne bougea pas et son visiteur finit par renoncer et repartir comme il était venu.

John passa la nuit devant la télé sans rien voir des images qui défilaient sans même percevoir le son, il était léthargique en apparence mais son esprit ne s'était pas arrêté une seconde, il revoyait son histoire avec Randy d'après son nouveau point de vue et le bilan était loin d'être positif!

Le jour se leva, John n'avait pas fermé les yeux une seule fois, il cligna des paupières, se leva, s'habilla et quitta la chambre en prenant son sac. Il descendit régler la note et monta dans sa voi-ture pour rouler jusqu'à son rendez-vous, il avait une longue distance à parcourir jusqu'au siège de la WWE et l'absence de sommeil ne lui aurait pas simplifié la tâche en temps normal mais cette fois, il s'en moquait éperdument, il avait autant de réactions qu'un robot et son propre état ne pas-sait pas jusqu'à sa conscience. Il se gara devant le siège 6 heures plus tard, il n'avait fait aucune pause, ses yeux étaient injectés de sang, il avait l'air d'une pile électrique et il se rémora ce qu'il avait dit à Randy quand lui-même avait eu cet air: " le lapin duracell qui est passé sur batterie nucléaire" c'était tout à fait ça! Il se frotta rapidement le visage pour se donner des couleurs et entra dans le bâtiment, il monta directement dans l'ascenseur sans s'arrêter à l'accueil, il n'était pas disposé aux civilités aujourd'hui. Il alla jusqu'au bureau, perçut deux voix et frappa avant d'entrer sans attendre de réponse et il se figea.

- Entre John, on t'attendait! Dit Vince.

- Qu'est-ce qu'il fait là lui? Cracha John

- Il me semble qu'il est lui aussi impliqué dans l'affaire qui nous concerne, sa présence est donc de la plus grande logique, surtout qu'il y a certains éléments que je voudrais tirer au clair.

- Finissez avec lui, je repasserais après.

- Tu entres et tu t'assoies, je veux pouvoir confronter vos versions et je n'ai pas de temps à perdre à vous recevoir l'un après l'autre, si ça t'ennuie, c'est pas mon problème mais je te préviens que la sécurité n'est pas loin en cas de récidive.

- Pas besoin de la sécurité!

- Tu m'en vois ravi et maintenant assis!

John prit une chaise et s'assit avec aversion à côté du second convoqué, il avait décalé sa chaise le plus possible et le président l'avait regardé faire, intrigué et agacé, en silence.

- Bon, maintenant que tout le monde est en place, on va pouvoir commencer...

John re décala sa chaise encore un peu plus loin et Vince s'interrompit exaspéré:

- John, si tu décales encore ta chaise tu vas finir par passer dans la pièce d'à côté, alors tu la ra-mène ici et tu te tiens tranquille avant que je perde vraiment patience!

John grimaça, son expression contenait un tel mépris mêlé de dégoût qu'elle stupéfia le patron.

- Magne-toi! Cria-t-il faisant sursauter ses deux interlocuteurs

John rapatria sa chaise avec une expression de martyr et Vince hocha la tête.

- Reprenons! Alors, que s'est-il passé?

- Quoi Laurinatoutou ne vous a pas fait un rapport détaillé en 12 pages ?

- Monsieur Laurinaitis! dit-il en insistant sur son nom, m'a en effet fait part des détails de votre dernière entrevue, qui suivait de peu une bagarre dans le couloir si je ne m'abuse.

- Bon et alors? Répliqua John désabusé.

- John ferme-là ! Coupa le second convoqué. T'en as assez fait comme ça !

- Je n'aurais pas dit mieux Randy!

John lui lança un regard assassin en retour et Vince soupira, il aurait dû savoir que l'entrevue ne serait pas de tout repos, John ne lui avait jamais posé de gros problèmes jusqu'ici, c'était un em-ployé diligent, fidèle et obéissant jusqu'ici, il n'avait quasiment jamais fait de vagues dans toute sa carrière à part ces derniers mois. Après les premières tensions qui avaient mis John et Randy au cœur d'un sacré conflit de superstars, il pensait être tranquille, John avait parfaitement géré le reste de la situation comme il lui avait promis et il n'avait plus eu à s'en préoccuper mais mainte-nant, ils étaient de nouveau en plein conflit mais cette fois, c'était l'un contre l'autre, c'était à ne plus rien comprendre. Ils auraient tué l'un pour l'autre il n'y a pas si longtemps que ça mais dé-sormais, John semblait plus près à tuer Randy qu'à tuer pour lui, il n'en comprenait pas la raison mais il savait déjà comment solutionner le problème.

- Alors ces explications ?

- Un conflit avec Zack qui a mal tourné, je me suis emporté, ça a failli tourner à la bagarre, les gars se sont interposés et une fois calmé, j'ai présenté mes excuses à Zack. Dit John d'une voix lasse

- Et Randy?

- Quoi Randy?

- Tu lui as présenté des excuses aussi pour lui avoir massacré le nez?

- Massacré? Vous y allez fort là! Il est pas cassé, juste gonflé et c'est quand même pas ma faute s'il a bêtement jeté son visage devant mon poing!

- John! Tu te fous de moi là?

- Mais non, il m'a présenté ses excuses juste après qu'on soit sorti du bureau de monsieur Lauri-naitis, c'est réglé de notre côté. Dit Randy précipitamment.

- C'est ça! Et John tente de s'asseoir à 20 mètres de toi parce que c'est tout à fait régler!

- Il aime peut-être pas ma nouvelle eau de toilette!

- Randy ça suffit! John te jette des regards meurtriers depuis qu'il est rentré! Regarde, il remet ça!

- Meurtriers? Vous trouvez, fatigués je dirais, agacés peut-être.

- Ferme-là pauvre type maso! Dit John à son tour. Arrête tes conneries! Je ne lui ai pas présenté d'excuses et oui je suis très énervé après lui, disons que si on me le donnait dans un street fight là maintenant, je serais ravi mais...

- Mais ça n'arrivera pas! John, tu es suspendu!

- Suspendu? Vous comptez vendre comment vos fanfreluches et vos billets sans moi?

- Pour un mois!

- Quooooi? S'exclama Randy.

- Tu as bien entendu, John tu rentres chez toi, je ne veux pas te voir à aucune des dates d'ici là, un mois ferme, interdiction de t'approcher des stades, des superstars et de Randy.

- J'ai pas besoin qu'on me protège! Grogna Randy.

- C'est de toi-même qu'il te protège crétin! Répondit John. T'es tellement débile que tu te jetterais droit sur moi pour te prendre une deuxième droite!

- A ce propos John, malgré le refus de Randy de porter plainte, tu auras une amende de 250 000 dollars à payer en plus de ta suspension sans soldes!

- Monsieur non! Cria Randy en bondissant sur ses pieds.

- C'est moi qui décide ici! Et je décide que je ne veux plus voir Cena à la WWE pour un mois!

- Youpi! Je rêvais de vacances et tu me permets en plus de me débarrasser de ce truc-là! Dit John en levant les bras au ciel, joyeux.

- Ton divorce t'a visiblement plus atteint que tu ne l'as laissé voir, tu as besoin de repos, je le fais pour toi John.

- Mon divorce! Mon divorce!

- John calme-toi ou j'appelle la sécurité!

- L'encre de ma signature sur mon divorce! Pas vrai Randy hein!

- John, je suis désolé pour ça, faut vraiment que tu me croies, je voulais pas dire ça! J'en pensais pas un mot!

- Pas un mot hein? Tu ne pensais pas un seul de ses fichus mots?

- Non, aucun!

- C'est bizarre, moi je crois qu'en réalité, pour la première fois de ta vie, tu me disais enfin ce que tu pensais, tu sais ce qu'on dit Vince? Toute vérité n'est pas bonne à dire, faut croire qu'Orton a fini par passer outre pour me dire la vérité.

- Non, John rien de ce que je t'ai dit n'est vrai, j'ai parlé sous l'effet de la colère, mais c'était entiè-rement faux.

- Je suis d'accord, tout ce que tu m'as dit n'était qu'un tissu de mensonge, à part ça!

- John, non!

John se leva, salua le président et quitta le bureau en disant:

- A dans un mois, je laisserais le chèque à l'accueil et il referma la porte derrière lui.

La porte se rouvrit presque immédiatement et Randy se précipita après lui en l'appelant, Cena se retourna et le plaqua face au mur brutalement, il s'approcha hargneusement et lui souffla à l'oreille:

- Laisse-moi partir Orton, tu ne vas pas aimer ce qui t'arriveras si tu persistes à vouloir me retenir, je te donne un dernier conseil, prends-le comme celui de l'ami que je ne serais plus jamais pour toi, garde tes distances!

Il lâcha Randy et descendit en trombe par les escaliers sans lui adresser le moindre regard et Ran-dy se recula du mur, brisé une fois de plus.

Il entendit la porte s'ouvrir une nouvelle fois et se composa une façade neutre avant de revenir dans le bureau du président qui l'attendait. L'homme ne posa aucune question aussi légitime soit-elle, il avait compris le problème désormais et il laissa Randy se remettre d'aplomb avant de pour-suivre la conversation avec lui. Sa petite démonstration dans le bureau de Laurinaitis avait eu beau le faire beaucoup rire quand il l'avait appris, il ne pouvait pas laisser passer ça et il signala à Randy qu'il était lui aussi en sursis et qu'à la moindre erreur, il rejoindrait John sur le banc de touche.

Randy hocha la tête et quitta le bureau à son tour, la voiture de John n'était plus en vue, il ne res-tait que les traces d'un démarrage en trombe et il ne put s'empêcher de s'inquiéter, John avait l'air épuisé à son arrivée, cette mise à pied lui permettrait peut-être de souffler, il en avait besoin.

John roula non-stop jusqu'à chez lui comme pour l'aller. Il se gara devant sa maison 8 heures plus tard et desserra ses mains de son volant pour la première fois. Il prit alors conscience de l'immense fatigue qui l'accablait, les 15 heures de route se faisaient cruellement sentir.

Il coupa le moteur et observa sa maison, car il s'agissait bien de sa maison et il comptait bien en reprendre possession. Il ouvrit la portière et sortit ses sacs du coffre. Il n'était pas revenu ici depuis longtemps, en fait la dernière fois remontait à sa visite avec Randy, depuis, ils avaient passé chacun des jours de libre qu'ils avaient en commun à St Louis, encore une façon de plus de le con-trôler pensa-t-il en serrant les poings. Il gravit les marches du perron sans la moindre hésitation, il se souvenait de sa difficulté à le faire la dernière fois, de la façon dont Randy l'avait accompagné, encouragé à s'affaiblir en rejetant les bases de son éducation et toutes ses convictions pour lui, et il l'avait écouté, encore une fois!

Il trouva ses clés en quelques secondes et l'introduisit dans la serrure, il sentait le parfum fugace de Randy à ses côtés comme la chaleur fantôme de sa main qui se posait sur la sienne à cet ins-tant-là.

" Ensemble" avait-il dit. Ensemble vraiment? Le croyait-il trop faible pour y parvenir seul ? Il n'avait pas besoin de lui, pas plus ce jour qu'aujourd'hui et il ouvrit la porte sans hésiter.

Rien n'avait changé, les lieux étaient tels qu'il s'en souvenait et il avança droit vers le salon, sur le canapé, se trouvait une couverture soigneusement pliée, il ne la connaissait que trop et il la saisit, une odeur lui sauta au visage, provoqua une grimace de dégoût de John, le parfum de Randy et il l'a jeta au sol avant de la piétiner puis de shooter dedans, l'envoyant dans le mur où elle percuta un cadre qui attira aussitôt son attention. C'était une photo de Randy et lui à la ECW, ils avaient des coupes affreuses et un look des plus étranges mais ils souriaient en se tenant par l'épaule, ils avaient l'air si heureux sur cette photo. Fou de rage, John se rua dessus et l'arracha du mur avant de la jeter au sol et son regard se posa sur une autre photo d'eux quelques mois plus tard, lors de leur première rivalité de ring, elle suivit le même chemin tandis que John balayait la pièce comme une tornade en faisant voler les souvenirs dans son sillage.

Tandis que les objets volaient, une voix retentit derrière lui, il ne la connaissait par cœur !

- Tu refais la déco? Demanda Phil avec un sourire.

- Grand ménage!

- Je vois ça!

- Je fais place nette!

- J'appelle les éboueurs?

- Plutôt les encombrants!

- J'en fais parti?

- Non, tu peux rester.

- Alors je pense qu'il faut mieux que je sorte le rouleau de sac poubelle pour passer derrière toi!

- C'est pas bête!

- Que ferais-tu sans moi? Dit-il en levant les yeux au ciel avec humour.

- Rien de bon, ça c'est sûr!

- Bon, continue ton tri, je vais chercher les sacs poubelles!

- D'accord!

John changea de pièce et Phil alla chercher les sacs, il revint et jeta un regard consterné aux cadres brisés qui jonchaient le sol, certaines de ces photos avaient une grande valeur sentimentale pour John jusqu'ici, il ne les aurait jamais détruites, il gardait d'ailleurs les doubles et les négatifs bien précieusement. Tandis que des bruits d'objets brisés se faisaient entendre dans la pièce voi-sine, Phil sépara les photos des débris et les rangea soigneusement dans une pochette jetée parmi les autres objets, elle contenait des papiers, son acte de mariage, le brouillon de ses vœux et quelques photos. Il ramassa ensuite les débris et objets irrécupérables et les fourra dans le sac poubelle avant de passer à la pièce suivante que John quittait à son tour. Les dégâts étaient plus importants ici et Phil soupira en pensant au nombre de pièces que contenait sa maison, il poursuivit son tri méthodique et ouvrit un second sac pour ce qu'il y avait à garder, John le tuerait s'il le voyait faire ça mais il prenait le risque, il ne pouvait pas le laisser balayer sa vie, son passé d'un coup de tête, il connaissait John par cœur, il savait qu'un moment viendrait, il regretterait sa déci-sion du moment et s'en voudrait de ne pouvoir réparer cette fois. Alors, à ce moment-là, il serait là avec le sac. Mais en attendant, il devait faire vite et rester discret.

- En fait Phil ! Dit John en le faisant sursauter. Tu ne m'as pas dit ce que tu faisais là!

- C'est vrai! J'étais venu te rapporter ça! Dit-il en sortant un objet de sa poche et en venant à lui.

- Mon portable?

- Tu l'avais oublié sous ton lit à l'hôtel.

- Ah.

- Stu me l'a confié pour que je te le rapporte.

- C'est Stu qui l'a trouvé?

- Pas tout à fait, il est venu te voir hier soir.

- Ah bon? Aucun souvenir.

- Il m'a dit que tu n'avais pas répondu alors que tu étais là.

- J'ai dû m'endormir.

- ça m'étonnerait beaucoup vu ta tête!

- Jte dis que jm'en souviens pas! S'énerva John.

- Ok, zen!

- Je suis calme!

- Mouais, passons. Donc, il t'a appelé et tu n'as jamais répondu, il est retourné à ta chambre et il entendait ton portable sonner mais comme tu répondais pas, il a fini par aller voir la réception et ils lui ont dit que tu étais parti. Donc, il a réclamé ton portable et me l'a confié.

John prit le portable et l'ouvrit:

- 38 appels!

- Il est inquiet pour toi, on l'est tous John!

- Ben c'est pas la peine! Je vais bien! Je vais même mieux que bien, je suis en vacances, y a per-sonne pour venir me pourrir la vie avec ses jérémiades, je suis chez moi, dans ma maison, c'est le bonheur total quoi!

- Et tu fous tout en l'air parce que tu es heureux mais que tu n'as plus de cotillons c'est ça?

- Tout à fait! D'ailleurs, je devrais faire la fête ce soir! Reste, on fera la fête à deux!

- Très gentil John mais moi je ne suis pas en vacances, j'ai fait un sacré détour pour venir ici, je ne vais pas pouvoir rester longtemps, aussi je te suggère de finir de préparer tes confettis pour que je puisse ramasser le tout!

- Oui, finissons le vide d'abord avant de fêter!

- Et tu fêtes quoi?

- Le début d'une nouvelle vie, j'efface tout, je recommence!

- ça a l'air chouette! Beau projet!

- ça l'est, et ce n'est pas un projet mais une réalité! Je commence tout de suite!

John retourna dans la salle et finit de jeter ses souvenirs sans cérémonie, avec une joie cruelle avant de changer de pièce, Phil suivait avec un temps de retard, il poursuivait son tri méthodique en essayant de ne pas rester figé devant l'ampleur du nettoyage de John, il ne restait quasiment rien de personnel dans les pièces qu'il quittait, les murs et les meubles étaient les seuls épargnés dans ce remue-ménage et les souvenirs étaient jetés pêle-mêle au sol dans un tas pour lequel il n'avait aucun regard avant de passer à la pièce suivante.

John passa par la cuisine, ici, il n'y avait rien à jeter à part une chose, il ouvrit le tiroir et en tira le cadre de son mariage, il l'avait rangé là suite à la demande de Randy qui lui disait de le garder, il avait cédé à l'époque mais aujourd'hui, il effaçait tout, il ne resterait plus prisonnier de son passé et Randy ne pourrait plus le maintenir sous sa domination en le confinant de la sorte!

Le cadre fit un vol plané dans le couloir, se brisant en morceau et John récupéra aussi les négatifs qu'il jeta avec puis il monta les escaliers et arriva devant sa chambre, il se souvenait avoir refusé d'y aller lors de sa visite avec Randy, il ne s'en était même pas approché. Cette pièce était restée en l'état depuis son divorce, tel que Liz l'avait laissée en quittant les lieux, il posa la main sur la poignée et ouvrit la porte sans marquer d'arrêt, le parfum de sa femme flottait encore dans l'air et il se dirigea vers la fenêtre pour l'ouvrir en grand. Il se retourna et observa la chambre quelques secondes avant de faire une moue blasée. Il y aurait beaucoup de boulot dans cette pièce pour la rendre de nouveau sienne et il ouvrit les placards traquant le moindre vêtement, la moindre trace laissée par Liz, il trouva ainsi un foulard de soie, cadeau d'anniversaire, une boucle d'oreille esseu-lée, coincée dans une rainure et un flacon de parfum vide, dernier cadeau qu'il lui avait fait, l'en-semble termina dans un enveloppe qu'il adressa aussitôt à la nouvelle adresse de sa femme. Il avait écrit l'adresse d'un coup de marqueur noir rageur avant de fourrer les 3 objets dedans et de s'en détourner sans un regard de plus.

Il avait ensuite défait les draps, les rideaux choisis par sa femme et les vêtements qu'elle avait pu lui offrir durant leurs années de mariage et il descendit le tout, croisant Phil qui l'observa intrigué, John ouvrit la porte du jardin, jeta le tout en vrac au sol avant de rentrer, il alla chercher un flacon d'essence pour barbecue et un Zippo avant d'asperger les tissus et de jeter le briquet allumé des-sus, cadeau de Randy cette fois. Le feu prit vivement et instantanément sous les yeux médusés de Phil et d'un John exultant, il dansait presque autour du brasier!

- John! Tu sais qu'on a pas le droit de faire du feu dans son jardin?

- Ben quoi? J'ai pas de cheminée!

- ça risque de faire venir les autorités!

- Et ben, je paierais l'amende! Détends-toi!

- Bon Ok! jvais finir de ramasser tes confettis alors!

- John, le briquet c'est...

- Le cadeau de Randy oui, parfait pour finir le ménage, détruire le passé en se servant de ce ca-deau, je ne pouvais pas rêver mieux comme bouquet final!

Phil retourna dans la maison, laissant John seul devant le feu, il se hâta de faire le tour des autres pièces et de ramasser tout ce qui valait la peine d'être sauvé avant de fourrer les débris dans le second sac, il fila déposer le sac dans sa voiture et rejoignit John devant son feu de joie avec l'autre sac en main. John le désigna et demanda:

- Et ça?

- Tes confettis!

- Génial! donne!

Il lui prit le sac des mains et le jeta dans les flammes sous le regard faussement horrifié de Phil.

- T'es malade! Tu as tout cramé!

- Comme ça pas de poubelle à jeter, parfait!

- Tu te rends compte que c'est ta vie que tu es en train de brûler?

- Pas ma vie non, ma prison et je me libère de mes chaînes aujourd'hui!

- Tes chaînes? Suis-je l'un de ses maillons?

- Phil, tu es mon passé et mon présent mais sache que tu seras aussi mon futur!

- Oh John, je..

- Sinon, je t'aurais poussé dans ces flammes toi aussi, un Philly grillé, ça doit être chouette ça!

- John, tu es un crétin! Dit Phil en éclatant de rire.

John se joignit à lui et Phil le contempla, il ne l'avait plus vu rire depuis des semaines et si le con-texte n'était pas aussi tragique en retour, il aurait adoré mais là, ça lui serait juste le cœur.

Son rire s'arrêta et le sourire de Phil se fana, il serra l'épaule de John avec amitié et dit:

- John, va falloir que je reprenne la route! Fais attention à toi, je repasserais te voir entre temps.

- D'accord, la porte sera toujours ouverte pour toi.

- Merci! En fait! Ton gazon est foutu maintenant!

John se retourna et observa sa pelouse en riant de plus bel:

- Parfait pour faire un potager! Jvais avoir du temps pour ça en plus!

- Oui! Alors je reviendrais manger tes salades quand elles auront poussé!

- ça marche!

- En fait, tu as bien ton portable?

- Oui.

- Sur toi?

- Euh non, je ne sais plus où je l'ai posé.

- Va le chercher, pas question que j'appelle 38 fois moi!

- Tu ferais ça?

- Pire! Si tu réponds pas, je te jure que je reviens ici te botter les fesses!

John sourit amusé et entra dans la maison pour chercher son téléphone, Phil profita de la distrac-tion pour s'emparer du Zippo en le poussant vivement du pied hors du feu et il le laissa refroidir avant de l'embaucher juste à temps pour le retour de John qui lui montra son portable fièrement.

Phil hocha de la tête satisfait et fit demi-tour pour partir et John le rappela:

- Phil? Fais gaffe à toi aussi surtout! Prends soin de toi et reviens en un seul morceau.

- C'est promis!

- Ouh la! Attention aux promesses!

- Oui. Et John, pour l'autre chose.. Je m'en occupe aussi.

- Quelle autre chose?

- Tu sais!

- Euh?

- Je prendrais soin de Randy pour toi...

John émit un grognement dégoûté en haussant les épaules et Phil quitta sa maison en souriant.

John entendit la porte se refermer et il observa les traces de son brasier en murmurant:

- Merci Phil.

John entra dans son garage et alluma la lumière, il observa ses merveilleuses voitures qu'il aimait tant et ses yeux se posèrent sur celle qu'il avait utilisé pour promener Randy, c'était sa préférée, désormais il n'avait plus aucune envie de s'en servir et il jeta une bâche dessus avant d'éteindre la lumière et de refermer la porte.

Fin du 52

Comme toujours votre opinion m'intéresse

lâchez vos impressions !

bisous

Lilou