Disclaimer : Rien ne m'appartient, à part la famille Tremblay.
Note : Ca y'est ! Voici le dernier chapitre de cette histoire ! Je n'arrive pas à croire que j'ai réussi à terminer une fanfiction… Ca fait énormément de temps que ça ne m'était pas arrivé ! (Bon, là c'était de la triche, c'était une mini-fic ! Mais j'ai quand même mis dix ans à l'écrire… la honte !). J'espère que l'histoire vous aura plu, je crains qu'elle ne soit pas très homogène vu le temps qui s'est écoulé entre le premier chapitre et le dernier. Ma sensibilité et mon état d'esprit au début de l'écriture ont dû évoluer…
N'hésitez pas à me donner votre avis !
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Chapitre 6 : Ils restent…
James atterrit dans le jardin des Tremblay dans un « pop » sonore. D'abord tout fier de son transplanage réussi et de la manière d'avoir visé pile poil l'endroit qu'il voulait, il déchanta très vite. Face à lui, la petite Sylvie le fixait, bouche bée. Le jeune homme resta figé devant la petite et tous deux restèrent ainsi face à face pendant un petit moment. Des milliards de pensées lui traversaient l'esprit. Il allait devoir lui lancer un sortilège d'Oubliette mais ça l'angoissait. Il ne l'avait jamais fait. Et s'il se ratait ? Si la petite puce devenait complètement amnésique ? Ou bien peut-être qu'un sort de confusion suffirait ? Il en était là de ses réflexions lorsque la fillette ouvrit la bouche :
« Es-tu un ange ou un magicien ? » Demanda-t-elle de sa voix fluette.
James soupira de soulagement. Il ne s'agissait que d'une enfant, à cet âge, sorcier ou moldu, ils pouvaient croire à n'importe quoi (et personne ne les prenait au sérieux) ! Il s'approcha tout doucement d'elle et posa un doigt sur sa bouche.
« En fait, je suis un sorcier, un gentil sorcier, mais ça, tu ne dois le dire à personne ! »
La bouche de la petite s'arrondit en un « oh » muet.
« Un sorcier ! » S'exclama-t-elle, admirative. « Mais… et Lily, c'est une sorcière aussi ? »
« Oui » Chuchota James. « Mais tu dois absolument garder le secret ! »
Sylvie posa son doigt sur sa bouche.
« Croix de bois, croix de fer ! Si je mens, je vais en enfer ! »
James lui sourit et ébouriffa ses boucles blondes déjà bien indisciplinées.
« Tu es un ange » Fit-il avant de se diriger vers la maison, le cœur battant.
Sylvie l'accompagna en sautillant. Une fois dans la maison, elle cria :
« Papa ! Maman ! Venez voir qui est là ! »
Aussitôt toute la famille Tremblay, parents et enfants, se précipita.
« Oh, James ! Quelle surprise ! » S'exclama Marilou, sourire en coin comme si elle s'attendait à son retour.
Alain sauta au cou de James, Stéphane lui donna une grande tape dans le dos et même Bénédicte lui accorda un sourire ravi.
« J'imagine que tu as changé d'avis ? » Demanda Pierre. « Tu reviens vivre un peu avec nous ? »
Un peu déboussolé le jeune homme aux cheveux ébouriffés leur sourit. Quelle drôle de famille ! Ils étaient à peine surpris qu'il débarque sans prévenir et ne lui en tenait même pas rigueur…
« Je ne peux pas faire de projet pour l'instant, il faut d'abord que je parle avec Lily… » Dit-il.
Tous hochèrent la tête, compréhensifs, et lui indiquèrent le haut de l'escalier en lui disant que la jeune fille était dans sa chambre. Il les remercia et se hâta de la rejoindre. Ce ne fut qu'une fois devant la porte qu'il s'arrêta net, le cœur battant, une angoisse folle le prenant à la gorge. Et si elle ne voulait même plus entendre parler de lui ?
Il chassa cette pensée et frappa à la porte.
Quelques secondes passèrent, une éternité, avant qu'elle ne s'ouvre, révélant Lily, sa longue chevelure auburn, ses yeux vert émeraude… sa gorge était tellement nouée qu'il fut incapable de parler pendant un instant. Quant à la jeune femme, elle resta elle aussi longuement plantée là, interdite, stupéfaite.
« Je… je peux entrer ? » Finit par demander James, la voix enrouée.
Lily ne répondit pas mais se glissa sur le côté, le laissant entrer puis referma la porte derrière eux. James la vit fermer les yeux, respirer calmement et se tourner vers lui.
« Que veux-tu, James ? » Demanda-t-elle d'une voix neutre.
Il déglutit, ne sachant par quoi commencer. Soupirant, Lily alla s'asseoir à son bureau qui était jonché de parchemins noircis d'encre et de livres.
« Tu as commencé ton travail à ce que je vois. » Fit-il. « Moi aussi pour ma formation d'auror je… »
Lily secoua la tête.
« Tu ne réponds pas à ma question, James. »
Les mots se coincèrent dans sa gorge. Il dut à nouveau respirer profondément pour se calmer. Il y avait au moins un point positif dans cette histoire : elle l'appelait à nouveau par son prénom.
« Je suis revenu parce que je t'aime. » Lança-t-il d'un coup. « Je ne veux pas te laisser partir car je sais que je ne peux pas passer ma vie sans toi. »
Il y eut un long silence. Lily, refusant de le regarder, semblait admirer ses ongles.
« J'ai quitté Hélène. » Ajouta James de moins en moins sûr de lui.
« Je sais. » Répondit Lily en se tournant enfin vers lui.
Le jeune homme resta bouche bée.
« Tu… tu sais ? » Balbutia-t-il. « Mais comment ? »
Lily lui désigna une lettre posée sur sa table de chevet.
« Hélène m'a écrit. » Répondit-elle simplement.
Les lèvres de James s'arrondirent en un « Oh » stupéfait.
« Et… qu'est-ce qu'elle t'a dit ? » Demanda-t-il d'une petite voix.
Lily haussa les épaules.
« Que vous étiez séparés. » Dit-elle.
James fronça les sourcils.
« C'est… c'est tout ce qu'elle a dit ? »
La jeune femme aux cheveux auburn détourna la tête pour qu'il ne voie pas le sourire en coin qui arrondissait ses lèvres.
« En gros, oui. »
Un silence s'installa. James se dandinait sur place et Lily restait impassible, s'amusant silencieusement de la gêne du jeune homme.
« Lily… » Finit-il par dire, presque en geignant. « Dis-moi quelque chose, je t'en prie ! »
La jeune femme leva un regard faussement étonné vers lui.
« Quelque chose ? Quoi exactement ? »
James ferma les yeux et respira profondément pour calmer les battements de son cœur.
« Dis-moi si tu me laisses une chance ou non. »
« Une chance de quoi ? »
« Lily arrête de te moquer de ma tête ! »
Surpris, il entendit la jeune femme se mettre à glousser et quand il se retourna il vit que ses yeux pétillaient de malice.
« Désolée » Fit elle « mais c'était très drôle ! »
James la regarda avec espoir et se rapprocha d'elle pour la prendre dans ses bras. Lily l'arrêta en posant une main sur sa poitrine.
« Je te crois sincère, James, Hélène me l'a confirmé. » Déclara-t-elle sérieusement et d'un ton plus chaleureux que précédemment. « J'ai… j'ai juste besoin de temps, tu comprends ? Il faut que je réussisse à te refaire confiance. »
Le jeune homme baissa les yeux, visiblement déçu et Lily eut une brusque envie de l'embrasser, là, tout de suite… mais elle se retint. Rougissante, elle se mordit les lèvres.
« Peut-être… » Elle hésita, baissa les yeux. « Je veux dire, si les Tremblay sont d'accord bien entendu, tu pourrais… »
Elle s'emmêla les pinceaux, fit une nouvelle pause. James la regarda d'un air interrogateur. Lily décida se lancer d'une traite.
« Penses-tu que tu pourrais rester un peu ici le temps que j'y vois un peu plus clair ? »
Le cœur du jeune homme se fit d'un coup plus léger et il la prit dans ses bras en murmurant « Merci Lily ».
La jeune femme ferma un instant les yeux mais lutta pour ne pas se laisser aller contre le torse du jeune homme. C'était terriblement tentant… mais trop facile pour lui. On ne pouvait pas agir sans penser aux sentiments des autres et se faire pardonner avec seulement quelques mots. Si en acte James avait montré sa bonne foi : il avait quitté Hélène et était revenu, il devait comprendre qu'il ne fallait pas recommencer à jouer avec sa confiance sous peine de la perdre définitivement.
Elle le repoussa donc gentiment et lui accorda un petit sourire.
« Tu viens faire un tour en ville ? » Proposa-t-elle.
James accepta avec plaisir. Bien entendu, la famille Tremblay accueillit avec joie la nouvelle que le jeune homme séjournerait à nouveau avec eux pour une durée indéterminée. Les deux jeunes gens passèrent l'après-midi ensemble à parler de tout et de rien, flânant dans les magasins, mangeant des glaces. Le soir, ils parlèrent longuement avant d'aller dormir sagement chacun dans son lit.
Le lendemain matin, ils durent se lever tôt car la famille Tremblay avait prévu une excursion du côté de Montréal pour passer la journée au parc d'attraction La Ronde ouvert en 1967 lors de l'exposition universelle. Sylvie et Alain sautaient dans tous les sens, surexcités et leurs parents, Bénédicte, Stéphane et même James et Lily durent se mettre à plusieurs pour les calmer et faire qu'ils se tiennent correctement en voiture.
Les deux enfants se mirent à chanter à tue-tête pendant tout le reste du voyage. Bénédicte, l'air blasé, se mit des bouchons d'oreille et se mit à lire un livre. Stéphane entama à son tour un air suivi par Marilou tandis que Pierre continuait de conduire, stoïque. James et Lily riaient de bon cœur, leur cœur battant à tout rompre mais ce n'était pas seulement lié à l'excitation de la sortie. Assis côte à côte, leurs mains se frôlaient sans cesse et tous deux étaient partagés entre la peur et l'espoir.
Arrivés au parc, la famille se partagea en plusieurs groupes, se donnant rendez-vous à midi dans l'un des restaurants du parc. Sans s'en rendre compte, James et Lily se retrouvèrent ensemble… seuls et il y eut un petit moment de gêne.
« Tu… tu veux tenter une montagne russe ou tu préfères commencer par un manège plus doux ? » Finit par demander le jeune homme après s'être raclé la gorge.
Lily fit mine de réfléchir, mais pour être tout à fait franche elle n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait faire. Elle se sentait tellement troublée qu'aucune pensée claire ne traversait son esprit.
« Peu importe ! » Finit-elle par dire. « Je te suis. »
Et elle lui adressa un sourire qui le fit fondre. Il tenta de garder contenance et choisit un manège au hasard que Lily accepta sans réfléchir. Par réflexe, il tendit le bras pour lui attraper la main et se ravisa au dernier moment, rouge comme une écrevisse. La jeune femme fit comme si elle n'avait rien remarqué mais resta rose également.
Ils dévalèrent donc des montagnes russes dans ce qui ressemblait à une voiture moldue et Lily alterna entre des cris et des éclats de rire hystériques. Elle attrapa même la main de James à un moment sans s'en rendre compte et le jeune homme se garda bien de le lui faire remarquer pour en profiter un maximum.
Ils continuèrent par un grand splash où ils se retrouvèrent tous les deux trempés et, en attendant de sécher un peu, James lui proposa un tour dans la grande roue. Une fois dans la nacelle, il hésita longuement à lui passer ou non un bras autour de ses épaules… si bien que le tour fut terminé alors qu'il n'avait qu'à peine posé le bras sur le dossier derrière Lily.
James proposa ensuite à sa belle de gagner une peluche pour elle au stand de tir aux fléchettes. Lily leva les yeux au ciel et lui proposa plutôt un concours de fléchettes pour voir qui offrirait une peluche à l'autre. Il accepta et Lily lui offrit un nounours rose immense et très poilu. Il voulut sa revanche et dans un grand éclat de rire la rousse lui offrit un nounours semblable au premier mais cette fois-ci bleu. Quand il se retrouva avec près de quatre nounours, il décida qu'il était temps d'arrêter.
« C'est l'heure de retrouver les Tremblay il me semble, non ? » Demanda-t-il.
« Ben voyons ! » Railla Lily. « Dis plutôt que tu es vexé ! »
Rouge comme une tomate, James haussa les épaules et ils se dirigèrent aussitôt vers le point de rendez-vous. Si cela était encore possible, Sylvie est Alain étaient encore plus excités que le matin même.
« Vous n'avez pas réussi à les fatiguer ? » Demanda James aux parents qui semblaient exténués.
« Hélas… » Repondit Bénédicte à leur place, l'air blasé.
Il fut difficile de parler pendant le déjeuner, les deux jeunes Tremblay se battant à qui raconterait sa matinée en premier et ce avec le plus de détails possible. Pour les calmer, James finit par proposer à toute la famille de faire un tour tous ensembles dans le carrousel en demandant à un membre du staff de les prendre en photos. Ils acceptèrent avec joie. Marilou et Pierre montèrent avec Bénédicte et Stéphane dans un carrosse tandis que James et Lily accompagnaient Alain et Sylvie sur des chevaux. Ils sourirent en cœur pour la photo et James profita de ce moment pour prendre brièvement la main de Lily avant de la relâcher et de faire comme si de rien n'était.
Le jeune homme offrit ensuite à tout le monde une barbe à papa et tous flânèrent un moment au milieu des différents stands du parc. Lorsque la friandise fut terminée, Alain entraîna Sylvie vers des petites voitures suivis de près par leurs parents. Stéphane et Bénédicte se dirigèrent vers la montagne russe et conseillèrent à James et Lily d'essayer le Gyrotron, le manège phare du parc. Les deux jeunes sorciers se dirigèrent donc vers l'étrange pyramide et, après avoir respiré profondément, James se décida à prendre franchement la main de Lily. Il ferma les yeux… et s'apercevant que Lily, l'air de rien, n'avait pas dégagé sa main, il put se détendre.
Ils s'amusèrent tous deux dans ce voyage à travers l'espace et un volcan en fusion. Entre les chenilles, pousse-pousse, et autres manèges, ils en apprirent également un peu plus l'un sur l'autre. Lily lui parla de sa famille moldue, de ses problèmes relationnels avec sa sœur qui la considérait comme un monstre depuis qu'elle avait découvert qu'elle était une sorcière. James s'en offusqua et lui parla de ses parents qui avaient eu du mal à avoir un enfant et l'avaient eu sur le tard. Ils avaient donc été très autour de lui et l'avaient donc sûrement trop gâtés.
« Je le confirme ! » Avait soupiré Lily.
Gêné, James avait détourné le regard. Il lui expliqua ensuite qu'il trouvait ses parents assez âgés, plus que ceux de ses amis (à part peut-être ceux de Sirius) et qu'il voyait leur santé se détériorer. Ils se fatiguaient assez vite et il s'inquiétait pour eux.
Lily posa une main sur son épaule et lui sourit avec compassion. James faillit l'embrasser mais préféra se retenir. Il ne pouvait pas profiter de la situation. Cette journée à La Ronde les avait énormément rapprochés, plus qu'ils ne l'avaient jamais été et il ne voulait pas tout gâcher. Lily, de son côté, avait l'impression de plus en plus le comprendre en allant qu'elle en apprenait sur lui et elle se rendait bien compte qu'elle ne pourrait pas retenir longtemps les barrières autour d'elle.
Dans la voiture, au retour, Bénédicte esquissa un sourire victorieux en regardant Alain et Sylvie dormir, écroulés. Stéphane fit un clin d'œil à Lily qui rougit en comprenant qu'il faisait allusion à sa main enlacée dans celle de James et ce dernier avait ses yeux qui brillaient de bonheur et d'espoir. Une fois rentrés chez eux, le repas fut rapide et tout le monde ne mit pas longtemps à aller se coucher.
Lily, seule dans sa chambre, était en train de lire tranquillement un livre dans son lit lorsqu'elle entendit un « toc toc » léger contre la porte de la salle de bain. Elle se leva aussitôt et se dépêcha d'aller ouvrir à James car ça ne pouvait être que lui. Elle essaya d'effacer ce foutu sourire niais de son visage mais c'était difficile. Son cœur n'avait cessé de battre la chamade tout l'après-midi et il était de plus en plus difficile de cacher ses sentiments pour le jeune homme.
« Je… je peux entrer ? » Demanda James timidement.
Elle acquiesça, tout aussi gauche que lui.
« J'ai passé une superbe journée. » Dit-il. « Et je… j'aurais voulu la prolonger un peu avec toi. »
Lily haussa un sourcil. Le jeune homme s'embrouilla et rougit, encore une fois.
« En parlant ! Juste en parlant ! » S'exclama-t-il.
La jeune femme éclata de rire.
« Je te taquinais James. » Le rassura-t-elle. « Moi aussi j'ai passé une très bonne journée et ça me fait plaisir de converser encore un peu avec toi. »
Il lui sourit, radieux, et son cœur rata un battement. L'amour rendait bien idiot. Ils parlèrent de tout et de rien pendant près d'une heure… peut-être deux, ou même plus. Au bout d'un moment, James bailla et déclara qu'il était temps d'aller dormir. Il fit mine de se lever mais, prise d'une soudaine impulsion, Lily le retint par le bras.
« Non, reste ! » S'exclama-t-elle, se surprenant elle-même.
Devant l'air interrogateur de James, elle rougit à son tour.
« Je… » Elle se mordit la lèvre. « Je me sens si bien avec toi, je n'ai pas envie que tu t'en ailles tout de suite… voire tout court en fait. »
Et sur ces mots, elle baissa les yeux vers ses pieds nus. Doucement, tendrement, James caressa sa joue et releva sa tête vers lui.
« Lily… » Dit-il sérieusement. « Si je reste plus longtemps, si tu veux que je passe la nuit avec toi à parler, je ne suis pas sûr d'y réussir. Je ne me sens pas capable de résister à l'envie de… »
Gêné il s'interrompit. Il se traita mentalement d'idiot, il perdait vraiment tous ses moyens devant elle. Mais il n'eut pas le temps de réfléchir aux mots qu'il pourrait trouver. Lily s'était rapprochée de lui, tout près… trop près.
« Alors ne résiste pas… » Murmura-t-elle, s'enhardissant.
James en perdit définitivement ses mots et sa respiration se bloqua lorsque les lèvres de sa belle se posèrent sur les siennes. Sans réfléchir, il la serra contre lui, approfondissant le baiser, son cœur explosant. Ils se séparèrent, haletant, et se regardèrent dans les yeux. Le jeune homme murmura des sorts pour verrouiller les portes et embrassa à nouveau Lily, les basculant tous deux sur le lit.
XXX
Lily était réveillée depuis quelques minutes mais elle n'osait pas ouvrir les yeux ni bouger. Près d'elle, elle sentait la présence de James, en entrouvrant les yeux, il lui avait même semblé qu'il était en train de la regarder. Son cœur, à l'instar de la veille, se remit à tambouriner de joie, d'amour, de peur aussi. Elle redoutait que la magie prenne à nouveau fin, qu'on la ramène brutalement sur Terre. Cette nuit avait été meilleure que la précédente, et elle se sentit rougir en y repensant. Elle ne voulait pas que ça s'arrête.
James soupira une nouvelle fois de bonheur en regardant sa belle dormir profondément. Il souhaitait ardemment pouvoir vivre des nuits et des matinées comme celles-ci aussi longtemps que sa vie le lui accorderait. Elle était magnifique, merveilleuse, elle… il n'avait plus de mot pour décrire tout ce qu'il pouvait ressentir. Il l'aimait, c'était indéniable. Pourvu que cette fois-ci il ne soit pas dérangé par son miroir !
« James ? James t'es là ? » Fit soudain une voix.
Le jeune homme faillit se taper la tête contre le mur. Ce n'était pas vrai ! Il alla chercher l'objet qu'il emportait toujours dans son sac et qu'il avait posé au pied du lit de Lily. Non mais quel crétin, pourquoi ne l'avait-il pas laissé, pour une fois, dans sa chambre ? Le visage de Sirius apparut, tout souriant.
« Ca va Cornedrue ? Je ne te réveille pas ? »
James le fusilla du regard.
« Ah, visiblement si… Je te dérange ? »
Le jeune homme aux cheveux ébouriffés leva les yeux au ciel, exaspéré.
« Comment ça avance avec Lily ? Tu as pu lui parler ? C'est arrangé ? Tu lui as dit pour… »
Sirius s'interrompit, les yeux agrandis. La tête de la rousse venait d'apparaître aux côtés de celle de James, son corps entouré seulement pas un drap.
« Ah… bon, chouette, ça s'est arrangé donc ! » S'exclama Sirius.
James se dit que son ami avait de la chance d'être à des milliers de kilomètres de là, car il l'aurait bien étranglé.
« Me dire quoi ? » Demanda Lily, sourcils froncés, suspicieuse.
Cornedrue se tourna vers elle et se racla la gorge.
« C'est que… » Il hésita, cherchant ses mots.
« James a été pris à la formation d'aurors à Londres. » Dit Sirius à sa place, ignorant le regard noir de son ami. « Elle commence dans quelques jours. »
La bouche de Lily s'arrondit en un « Oh » de surprise. Son cœur se serra. Ca voulait dire que James allait bientôt partir ? Elle se tourna vers lui, l'air soudain désespéré et, souriant, le jeune homme lui prit doucement la main. Il allait tout lui expliquer lorsque Sirius lui coupa à nouveau la parole.
« Mais ! Grâce à moi… et à Remus, un petit peu… bon d'accord, un petit peu beaucoup ! Nous avons réussi à trouver un accord avec les universités magiques d'Angleterre et du Canada pour que James passe sa première année ici, à Québec ! »
Il se mit dans une pose théâtrale, bras écartés en arrière et en avant avec un « Tadaaaam ! » sonore. Les yeux de Lily s'écarquillèrent et elle se tourna à nouveau vers James.
« Tu… tu passerais l'année ici, avec moi ? » Demanda-t-elle, abasourdie.
James avala sa salive.
« Si… si tu es d'accord. » Dit-il d'une petite voix.
Lily sauta à son cou et l'embrassa.
« Bien sûr que je le veux ! »
Et ils s'embrassèrent à nouveau avant de se regarder dans les yeux, front contre front.
« Alors, nous restons ? » Demanda-t-il.
« Nous restons ! » Répondit-elle. « Pour toute l'année ! »
« Pour toute la vie aurait été parfait, mais cette année me suffira ! » Murmura-t-il.
Lily sourit, radieuse.
« Va pour la vie, alors ! »
Ils rirent et s'embrassèrent à nouveau, se collant l'un à l'autre, de façon de plus en plus passionnée alors que le drap glissait du corps de Lily.
« Heu… je suis toujours là ! » Fit Sirius d'une petite voix. « Non mais arrêtez deux minutes, je ne veux pas voir… rhooo ! Non mais ce n'est pas pour les enfants ce que vous faites, il faut censurer ! Jaaaames ! »
Sans lui répondre, James attrapa le miroir et le posa sous le lit.
« Bon, ben je raccroche alors. » Bougonna Sirius. « Au revoir mec hein ! »
Et il coupa la communication tandis que James et Lily continuaient ce qu'ils avaient commencé… et ce n'était que le début, bien sûr.
Xxx
Harry n'arrivait pas à croire que l'été était là, bien installé et qu'il était en vacances avec aucune menace à l'horizon. Après ces mois d'errance et de cachette avec Ron et Hermione, après la bataille de Poudlard, ce calme, ce silence, était assez perturbant. Allongé dans son lit dans la petite chambre de Privet Drive, il repensait à ces dernières semaines.
Logé un moment au Terrier, il réfléchissait aux différentes adresses où il pourrait habiter : le 12 square Grimmaurd, mais il faudrait y faire de sérieux travaux pour le rendre chaleureux ou l'appartement de Sirius mais il faudrait également y faire des travaux car il n'avait pas été habité depuis près de 18 ans. Ce fut donc de manière totalement inattendue qu'il reçut un matin une lettre de son cousin Dudley. Ce dernier lui demandait comment il allait et le remerciait car il avait cru comprendre qu'il les avait tous sauvés. Il terminait sa lettre en lui proposant de revenir un peu chez eux, à Privet Drive.
« Maman et Papa sont d'accord, je leur ai fait promettre d'être aimables… »
Harry avait un haussé un sourcil, sceptique, prêt à refuser l'offre… et il ne comprenait toujours pas pourquoi le lendemain matin il s'était retrouvé devant cette porte surmontée de ce fichu chiffre 4, à appuyer sur cette sonnette et à se faire accueillir par sa tante, troublée de le revoir et soudain bien gauche avec lui. Vernon l'avait gratifié d'un grognement en guise de salut et Dudley, légèrement amaigri par leur année de planque, s'était précipité vers lui comme s'il était son plus beau cadeau d'anniversaire… Car c'était en effet le jour des dix-huit ans du jeune homme, et il y avait moins de paquets cadeaux que d'habitude sur la table (ce qui ne semblait pas le gêner outre mesure).
Le jeune homme se leva, s'étira puis descendit à la cuisine. Tante Pétunia était en train de préparer le petit-déjeuner et elle lui adressa son sourire gauche habituel depuis qu'ils s'étaient revus, le même silence gêné s'installant entre eux.
« Tu as besoin d'aide, Tante Pétunia ? »
La femme secoua la tête.
« Non, non, c'est bon Harry, installe-toi, je vais te servir ton plat. »
Même s'il vivait ça depuis son arrivée, la scène continuait à lui sembler surréaliste. Il commença à manger son assiette tout en échangeant quelques mots maladroits avec sa tante lorsqu'oncle Vernon débarqua dans la pièce.
« Il y a du courrier. » Grogna-t-il.
Pétunia hocha la tête.
« Bien, dépose-le sur la table, je le regarderai ensuite. » Répondit-elle distraitement.
Vernon poussa un nouveau grognement.
« Non mais il y a du courrier pour lui »Fit-il en montrant Harry du doigt.
Pétunia lui fit les gros yeux, lui rappelant sûrement la promesse faite à Dudley d'être courtois avec leur neveu. Vernon leva les yeux au ciel, exaspéré par ces simagrées.
« Du courrier moldu ! »
Intrigué, Harry se dirigea vers lui et Vernon lui tendit une lettre estampillée à la façon moldue. Il regarda le dos tandis que son oncle et sa tante se plaçaient derrière lui pour lire par-dessus son épaule.
« C'est une certaine Sylvie Tremblay, du Canada, à Québec… »
« Tu connais ? » Demanda Vernon.
Harry secoua la tête.
« Non. »
Pétunia plissa les yeux, comme s'il réfléchissait.
« Tremblay… Tremblay… Ca me dit quelque chose. »
Vernon s'impatienta.
« Bon, lis la lettre, on saura ! »
Harry l'ouvrit et se mit à la lire à voix haute :
« Cher Harry,
Tu ne me connais pas et dois être sûrement surpris de recevoir une lettre de ma part. Je m'appelle Sylvie Tremblay et j'ai vingt-six ans. Pour ma part, je t'ai déjà rencontré mais bien entendu tu ne t'en souviens pas : tu avais seulement quelques mois, c'était le jour de ton baptême ! J'ai bien connu tes parents, la première fois que je les ai rencontrés j'avais seulement six ans. Eux avaient dix-huit ans et voulaient commencer leurs études à l'étranger… »
« Ah mais oui ! » S'exclama Pétunia.« Je m'en souviens ! Après Poudlard, ta mère est partie un an au Québec pour ses études. Elle a été accueillie par les Tremblay, des amis de mon père, et qui étaient moldus. Quand elle est revenue, elle était fiancée à ton père, Harry, qui visiblement l'avait rejointe là-bas. »
Surpris, autant par ce que sa tante lui apprenait que par son manque d'animosité envers sa mère en lui racontant ceci, Harry hocha la tête et reprit sa lecture. Du coin de l'œil, il vit l'oncle Vernon hausser un sourcil en direction de sa femme qui l'ignora.
« Lily et James ont passé un an avec nous et nous nous entendions tellement bien qu'ils sont quasiment devenus des membres à part entière de notre famille. Nous avons beaucoup pleuré lorsqu'ils sont partis mais avons décidé de rester en contact. Nous avons été invités à leur mariage puis à ton baptême. Tu étais trop mignon dans ton habit de baptême ! Ma grande sœur, Bénédicte avait même craqué pour ton parrain, Sirius (si je ne me trompe) mais Maman lui a fait la morale en lui disant qu'elle était trop jeune car elle avait seize ans (et je soupçonne Sirius de ne même pas l'avoir remarquée !).
Seulement, c'est la dernière fois que nous les avons vus. Pendant des mois, nous avons envoyé lettres sur lettres, nous avons même écrit aux parents de Lily, mais n'avons reçu aucune réponse. Certains courriers nous sommes mêmes revenus, ce qui nous a beaucoup inquiétés. Nous avons fini par abandonner et avons continué notre vie.
Seulement voilà, depuis quelques temps, j'ai ré-entamé mes recherches sur eux pour les retrouver. Je vais bientôt me marier et je voulais qu'ils soient là car ils ont beaucoup compté pour moi et ont, sans le savoir, influencé beaucoup de choses dans ma vie (notamment mon histoire d'amour avec Jacques, mon fiancé). Mes démarches ont été fastidieuses, longues, et je les ai enfin retrouvés… inscrits dans le registre des personnes enterrées au cimetière de Godric's Hollow. Ma famille et moi avons été bouleversés de l'apprendre, mais nous avons enfin compris les raisons de leur silence… Ils étaient si jeunes…
Je n'ai cependant pas baissé les bras et j'ai voulu te retrouver, toi. J'ai donc découvert que tu habitais chez Pétunia, la sœur de Lily et me suis dépêchée de te contacter… »
« Que se passe-t-il ? »
Dudley venait d'entrer dans la cuisine, les yeux encore bouffis de sommeil. Pétunia, se dépêchant de lui servir son petit-déjeuner, lui raconta toute l'histoire.
« Voilà, nous y sommes. Donc moi, Sylvie Tremblay, aimerait t'inviter toi, Harry Potter ainsi que les amis que tu aimerais emmener avec toi, à venir assister à mon mariage avec Jacques Dupont le 20 Août 1997. Bien entendu, ta tante et sa famille sont conviés également. Vous pouvez venir aussi nombreux que vous le souhaiterez. La seule condition est que vous m'indiquiez votre présence et le nombre d'invités aussi vite que possible pour que nous vous réservions des places. La maison ici est grande, surtout depuis que mes frères et sœurs sont partis vivre dans leurs propres foyers (pas trop éloignés, heureusement). Donc nous pourrons vous loger à la maison et vous pourrez rester aussi longtemps que vous le voudrez.
Je te joins une photo de nous tous avec tes parents (moi je suis la petite fille blonde sur le cheval, tout devant), il y a nos noms inscrits juste derrière… mais je pense que nous avons dû énormément changer.
Bien affectueusement
Sylvie Tremblay
Ps : Es-tu un sorcier comme ton père et ta mère ? Je suis la seule à le savoir et je me suis longtemps demandé si ce n'était pas le fruit de mon imagination… si toutefois c'est vrai et que tu souhaites apparaître magiquement dans le jardin, préviens-moi à l'avance que je puisse te dire quand mes parents sont absents ! »
Abasourdi, Harry reposa la lettre et sortit la photographie de l'enveloppe. Elle était moldue, les personnages étaient immobiles, mais il reconnaissait bien son père et sa mère. Il l'observa longuement, sans un mot. Pétunia le sortit de sa rêverie en le surprenant encore une fois.
« Tu as entendu Vernon ? Nous sommes de mariage au Québec ! » S'exclama-t-elle avec enthousiasme.
Vernon la regarda en plissant les yeux.
« Oui… » Dit-il d'une voix traînante. « C'est super… »
Dudley se tourna vers Harry, l'air ravi également.
« Si tu veux, Harry, je pourrais te prêter un vieux costume à moi. »
« Hors de question ! » Intervint Pétunia. Elle se tourna vers Harry. « J'imagine que tu n'as pas de costume habillé pour une cérémonie moldue ? » Harry fit signe que non. « Bien, donc nous t'emmènerons faire les magasins pour en acheter ! »
Tous la regardèrent avec des yeux ronds.
« Quoi ? » S'exclama Pétunia. « Harry ne va pas y aller avec des habits vieux, abîmés et trois fois trop grands pour lui ? Nous aurons l'air de quoi devant les Tremblay ? »
Harry sourit, amusé. Il n'était finalement pas au bout de ses surprises… Il devrait penser à écrire à Ron et Hermione pour leur proposer de venir, ils ne devraient pas refuser. Son regard s'abaissa à nouveau vers la photo, vers ses parents jeunes, souriant, qui se tenaient tendrement la main, reliant ainsi leurs deux chevaux en bois. Il devrait inviter également Ginny, se dit-il, peut-être que ce voyage leur apporterait quelque chose à tous les deux et il demanderait aux Tremblay où était ce parc pour y retourner avec elle.
FIN
Xxx
Voilà, c'est fini fini fini ! Dites-moi ce que vous en pensez dans une rewiev, ça me ferait énormément plaisir !
