Kikou tout le monde! Me revoilà avec le 55 et je me planque direct derrière mon bouclier XXXXL piqué à John suite à sa perte dans l'arène pour vous annoncer la suite du massacre ( sans tronçonneuse je suis pas cruelle à ce point) * non t'es pire!* tant que j'y pense, ma missy slaughty, ne t'inquiète pas, je n'ai pas pris tes "menaces" au sérieux, sache que je ne prends jamais rien au sérieux, surtout pas moi lol.

Par contre, vu que ce site n'en fait qu'à sa tête et je trouve ça d'un pénible d'ailleurs pour ne pas employer un autre mot, ton adresse mail n'ait pas dans ta gentille petite review donc plan B, je te file l'adresse de mon premier blog de publication et par là, on devrait pouvoir échanger sans problème: ( wonderful alice 62, mets des tirets du 6 entre chaque mots, fanfic refuse de le laisser passer sinon), on croise les doigts pour que ce nom ne disparaisse pas !

Pour finir, un grand merci à mes lectrices pour leur suivi, ne soyez pas timide, n'hésitez pas à me donner vos avis, promis je ne mors pas!

chapitre 55 : danse pour moi

Les lumières flash balayaient les corps se déchaînant sur des rythmes endiablés, des centaines de corps, déployant une orgie de vie à la limite de l'insoutenable, la chaleur, la joie, les cris, le bruit, rien ne l'atteignait, l'alcool roulait dans sa bouche, glissait dans sa gorge, il avalait chaque gorgée lentement comme un supplice de tantale, il sentait la brûlure de la liqueur s'écouler dans sa trachée, brûlant intensément mais il savourait cette sensation en regardant fixement le seul corps qui l'intéressait dans cette horde de chiens sauvages, un corps qu'il avait parcouru tant de fois qu'il en connaissait les moindres détails, jusqu'à la plus petite imperfection, celui de John.
La WWE était de sortie ce soir, une quinzaine d'entre eux s'étaient regroupés dans cette boîte de nuit du côté de Chicago, Randy avait suivi mais il ne dansait pas, il restait là, assis à boire, à boire sans arrêt en regardant John se déhancher avec euphorie, chacun de ses gestes le renvoyait à cette chambre d'hôtel dans laquelle John s'était déhanché pour lui, une autre de ses cruautés, il ignorait jusqu'ici que John avait un tel pouvoir de destruction en lui, il connaissait pourtant son esprit acéré, le cinglant de ses répliques mais rien ne l'avait autant touché que tout ce qu'il avait pu faire ces derniers temps, les derniers mots prononcés par John, le froid de son regard, ce mépris haineux quand il lui avait dit qu'il n'était, n'est et ne serait jamais à lui. Le froid glacial, impitoyable qui s'était dégagé de lui quand il l'avait achevé sans le moindre état d'âme comme un boucher à l'abattoir, comme un sniper qui presse la détente.

L'alcool amoindrissait ses sens mais pas la douleur, la brûlure de l'alcool ravivait au contraire ses propres blessures internes, il savourait la sensation, John l'avait rendu maso, maso au point de faire couler l'alcool directement sur les plaies qu'ils s'étaient infligées juste avant, maso au point de revenir sans cesse auprès de John pour le voir, l'observer inlassablement vivre, vivre sans lui.
John aurait ri de le voir aussi dépendant de lui, dépendant de la souffrance qu'il lui infligeait comme une façon de se convaincre qu'il ne l'avait pas tout à fait perdu mais depuis sa suspension John ne lui avait plus parlé, il avait quitté la WWE sans un regard ni un remord et l'avait rayé de sa vie, le laissant plus vide qu'une coquille de noix écrasée.
Ils s'étaient taquinés pendant leur relation un soir, John était derrière lui et Randy lui réclamait sans cesse plus de force, d'intensité dans ses coups de rein, John avait fini par lui demander s'il aimait souffrir, Randy lui avait simplement dit qu'il aimait le sentir encore le lendemain alors que des centaines de kilomètres les séparaient pour le planning infernal qu'ils devaient tenir.
John avait compris mais n'avait pu s'empêcher de le traiter de maso en riant et Randy lui avait dit qu'il était sadique en retour, qu'ils ne pouvaient que fonctionner ensemble.
John avait ri en répondant: " On sait qu'un sadique est un homme qui refuse de faire souffrir un masochiste" Disait Paul Watzlawick. Suis-je cet homme bébé?
Randy avait été décontenancé par sa réponse avant de lui dire que non.
John lui donnait toujours tout ce qu'il voulait, tout sans exception, parfois même avant qu'il ne le demande mais John ne lui donnerait plus rien désormais, l'avait-il rendu sadique?
Ses réflexions furent interrompues par une main qui se tendait devant lui, il leva la tête pour voir John lui tendre la main, le visage rougit par la danse et l'alcool à en juger par son haleine, ses yeux brillaient intensément, presque fiévreux et il lui dit d'une voix forte pour passer par dessus la musique rock:
- Danse pour moi!
- Non, John, danse avec moi.
- Pas question! J'ai dansé pour toi, tu te souviens? Alors danse pour moi!
- John, je..
- JOHNNNN ! Braillèrent les divas au loin sans se préoccuper du regard noir que Randy leur lançait. Laisse tomber, il est ivre, une fois encore, viens danser avec nous plutôt!
John sourit et quitta Randy sans attendre ne se retournant même pas quand le verre éclata dans la main de Randy sous la pression qu'il exerça dessus.
Les morceaux de verre se plantèrent dans sa main, un mélange de sang et d'alcool gouttait sur le sol mais Randy ne réagissait pas, il se leva brusquement, fou de colère, pour rejoindre John mais deux paires de bras l'arrêtèrent en chemin et l'orientèrent vers la sortie avant qu'il ne puisse se défendre. Il fut poussé à bord d'une voiture, sur la banquette arrière, un homme s'assit à ses côtés tandis que l'autre prenait le volant et démarrait. Son voisin s'empara de sa main blessée et Randy se dégagea brusquement avant de se débattre pour quitter la voiture.
- Randy calme-toi, c'est nous.
La vipère reconnut le visage derrière la brume d'alcool qui recouvrait son esprit et cessa de se battre, incrédule et toujours furieux.
- Il est blessé Stu!
- Essaye de voir ce que tu peux faire pendant que je nous emmène à l'hôpital.
- Pas l'hôpital, pas question! J'irais pas là-bas!
- Randy t'es blessé, t'as des morceaux de verre dans la main, il faut les retirer et désinfecter.
- Non, ça brillera à la lumière, ça donnera plein de reflet, on m'appellera Randy la main de verre!
- Dis pas n'importe quoi! Tu vas y laisser ta main et personne ne t'appellera Randy la main de verre
- Pourquoi?
- Parce que un, c'est un nom de scène débile, et deux, tu montreras pas sur le ring dans cet état!
- Tu crois ?
- J'en suis sûr! Maintenant donne moi ta main!
- Pourquoi? Tu veux m'épouser ? Parce que je suis pas trop chaud là Justin!
- Randy, rends-toi service et ferme-la ! Grogna Wade.
Justin était parvenu à ouvrir la main de Randy et contempla le désastre, il retira les plus gros morceaux de verre mais il ne pouvait rien faire pour les petits éclats et il demanda à Stu d'aller à l'hôpital assez vite.
- J'ai dit pas l'hôpital les gars! vous ne m'y emmènerez pas, même de force!
- Okay alors, on va à l'hôtel, on retourne à ta chambre.
Stu les conduisit à l'hôtel, il se gara et vint aider Justin à sortir Randy de la voiture, il s'attendait à devoir presque le porter mais Randy était parfaitement stable et lucide et il entra dans l'hôtel comme s'il était sobre malgré l'odeur d'alcool qui imprégnait ses vêtements et le sang qui coulait toujours de sa main. Ils montèrent dans la chambre de Randy et Justin réclama une pince à épiler, il entreprit alors de sortir méticuleusement les éclats de verre qu'il trouvait, ça devait être assez douloureux mais Randy ne manifestait aucune réaction. Justin vérifia par pression qu'aucun morceaux n'était resté sous la peau et dit:
- Maintenant, il faut désinfecter.
- J'm'en occupe!
Randy ouvrit une bouteille d'alcool, du whisky eut le temps de lire Justin avant que Randy ne s'avance vers le lavabo.
- Randy qu'est-ce que? T'es dingue, ça va b..
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Randy versa l'alcool sur sa main en rejetant sa tête en arrière sous la douleur, ses dents se découvrirent dans un rictus et Wade s'aperçut qu'il... souriait!
Randy secoua sa main et en versant une seconde dose en éclatant de rire cette fois et Justin s'empara de la bouteille.
- C'est bon, c'est assez désinfecté! Il est devenu dingue ou quoi?
- Je crois que oui, John l'a rendu auto-destructeur!
- C'est génial! Dit Randy en léchant le whisky qui coulait le long de son avant bras.
Paul s'empara de nouveau de son bras et sécha sa main avec des compresses avant de la bander tandis que Randy riait toujours.
- Et on fait quoi maintenant? Demanda Justin
- La fête! Brailla Randy.
- Non, sûrement pas, au lit maintenant!
Ils poussèrent Randy jusqu'à son lit et le forcèrent à se coucher, Randy protesta mais l'Anglais ne lâcha pas prise et la vipère finit par sombrer dans le sommeil.
Le couple quitta la pièce sur la pointe des pieds et Wade ferma la porte en disant:
- Je voudrais pas être sa tête demain matin.
- Il fait peur là quand même! Tu crois que c'est prudent de le laisser dans cet état?
- On peut rien faire de plus!

Au réveil, Randy avait une gueule de bois terrible mais la douleur de son coeur était encore supérieure et il sortit du lit pour se jeter sous la douche et s'éclaircir les idées, son bandage était désormais trempé et il le retira, posant les yeux sur les plaies qui la recouvraient, se remémorant la soirée de la veille, la boîte, les lumières mais surtout John, John qui dansait, John qui l'ignorait, John qui buvait, pas autant que lui mais bien plus que de normal et puis John qui était venu à lui, lui avait tendu la main, il lui avait demandé de danser pour lui. Il avait espéré qu'il avait mal entendu à cause de la musique et avait demandé à danser avec lui mais John avait bien répété la même phrase, danse pour moi, comme j'ai dansé pour toi dans cette chambre.
Son coeur implosa de souffrance au souvenir trop souvent ravivé pour être qualifié de souvenir, il faisait parti du présent de Randy, le présent de souffrance, nouveau temps inventé pour lui, le temps de l'infini, le temps de l'immobilisme, celui du renouveau éternel mais dans lequel seul la douleur se renouvelait.
Pourquoi John était-il venu à lui? Pourquoi lui avait-il parlé? Pour mieux le détruire ou pour lui laisser croire que tout n'était pas détruit?
Ils s'étaient vu deux fois pendant ce mois ce suspension, l'une d'elle était hier soir et cette soirée lui laissait un goût des plus amers. Il alluma son Ipod et laissa la musique s'écouler en lui, il n'écoutait plus de rock depuis sa rupture avec John, chaque parole était devenu une arme dans la bouche de John et il ne voulait plus écouter ces chansons davantage, il n'en avait pas besoin pour se souvenir de chacune de ses rencontres avec John.
Il alla chercher la bouteille de whisky et se laissa tomber au sol, appuyé contre son lit tandis que la voix s'élevait dans sa chambre trop froide, trop vide...

When will I see you again ?

Quand te reverrais-je?

You left with no goodbye, not a single word was said

Tu es parti sans un adieu, pas un mot n'a été dit
No final kiss to seal any seams

pas de baiser final pour sceller notre histoire
I had no idea of the state we were in

Je n'avais aucune idée de l'état où nous étions.

I know I have a fickle heart and a bitterness

Je sais que j'ai un coeur inconstant et de l'amertume
And wandering eye and a heaviness in my head

des yeux errants et de la lourdeur dans ma tête

But don't you remember, don't you remember

Mais ne te souviens-tu pas, ne te souviens-tu pas
The reason you loved me before

de la raison pour laquelle tu m'aimais avant?
Baby please remember me once more

Bébé, s'il te plait, souviens toi de moi une fois de plus.

Randy déboucha la bouteille et la porta à ses lèvres avant de contempler son contenu avec attention, ses pensées dérivant loin de cette pièce.

When was the last time you thought of me ?

Quand était la dernière fois que tu as pensé à moi?
Or have you completely erased me from your memory

Ou m'as-tu completement effacé de ta mémoire?
I often think about where I happen to roam

J'y pense souvent là où je vais errer
The more I do, the less I know

Plus j'en fais et moins je sais.

I know I have a fickle heart and a bitterness

Je sais que j'ai un coeur inconstant et de l'amertume
And wandering eye and a heaviness in my head

des yeux errants et de la lourdeur dans ma tête

But don't you remember, don't you remember

Mais ne te souviens-tu pas, ne te souviens-tu pas
The reason you loved me before

de la raison pour laquelle tu m'aimais avant?
Baby please remember me once more

Bébé, s'il te plait, souviens toi de moi une fois de plus.

Randy cessa de contempler sa bouteille et laissa le liquide couler de nouveau sur ses plaies, sa blessure avait un avantage, il n'avait plus besoin de se mutiler avant, cette fois, il n'avait qu'à verser l'alcool directement sur ses plaies pour souffrir.

La souffrance physique était la seule chose qui lui permettait de supporter la souffrance morale qui elle, ne le quittait jamais.

I gave you the space so you could breathe

Je t'ai donné de l'espace pour que tu puisses respirer
I kept my distance so you would be free

J'ai gardé mes distance pour que tu sois libre
And I hope that you found the missing piece

Et j'espère que tu trouveras la pièce manquante
To bring you back to me

pour revenir vers moi.

But don't you remember, don't you remember

Mais ne te souviens-tu pas, ne te souviens-tu pas
The reason you loved me before

de la raison pour laquelle tu m'aimais avant?
Baby please remember me once more

Bébé, s'il te plait, souviens toi de moi une fois de plus.

When I'll see you again?

Quand te reverrais-je?

Il y avait désormais une petite flaque autour de ses pieds, là où l'alcool avait coulé de ses doigts pour se répandre jusqu'au sol, son tee-shirt était humide des larmes qui ne cessaient de couler sur son visage depuis son réveil et il s'en servit sans cérémonie pour essuyer son visage avant d'avaler une nouvelle lampée d'alcool, le whisky brûla sa gorge à vif comme s'il avait hurlé toute la nuit et il se dit que c'était sans doute ce qu'il avait fait en avalant une nouvelle gorgée. Son estomac vide se tordit à l'accueil de son nouvel alcool alors qu'il n'était pas totalement débarrassé de celui de la veille et Randy jeta la bouteille vide en se levant avant d'éteindre la musique.

-Stu, on peut pas le laisser faire ça! C'est pas possible!

- Je sais Justy, je sais.

- Tu l'as vu comme moi hier! Il en arrive à se faire du mal, qui nous dit que sa prochaine connerie ne l'amènera pas au suicide? John l'a détruit, je sais que c'est ton ami mais...

- Mais ça n'excuse pas ce qu'il fait, je suis bien d'accord! Randy est sa seule faiblesse et il cherche à la détruire pour ne plus retomber mais Randy est avant tout un être humain et la cruauté de John n'est pas acceptable, je n'approuve pas du tout son comportement, crois-moi!

- Moi qui te trouvais trop passif à notre rupture, si tu m'avais fait ne serais-ce que la moitié de ce que John fait à Randy, je serais mort de chagrin! Comment peut-il être encore debout?

- Il est très fort, c'est pour ça qu'il est le seul qui peut convenir à John et inversement, on ne peut pas les laisser comme ça!

- En attendant c'est Randy qu'on peut pas laisser comme ça, il faut le surveiller.

- Hé les gars! Vous êtes bien sérieux, qu'est-ce qui se passe? Demanda Chris qui arrivait.

- C'est Randy! Répondit Justin.

- Randy? Qu'est-ce qui se passe?

Les deux hommes lui rapportèrent la scène de la veille et Chris écouta de plus en plus stupéfait. Toute sa bonne humeur s'était évanouie et il avait l'air grave à son tour en disant lui aussi:

- On ne peut pas le laisser seul, il faut le surveiller en permanence, ne jamais le laisser seul plus de quelques minutes!

- C'est de Randy qu'on parle là! Si on fait ça, on va le rendre dingue, il va nous jeter!

- Non, faudra rester discret, tenir nos distances mais être à proximité quand même, changer régulièrement de suiveurs ou être en groupe pendant ce temps, comme si on était occupé quoi!

- Tu crois que ça suffira?

- Pour le moment je ne vois que ça, je vais prévenir Phil.

Ainsi commença la surveillance la plus étroite jamais mise en place pour une superstar, malgré son état d'ébriété permanent, Randy s'aperçut bien vite du manèges des autres et il s'arrangea pour fausser compagnie à ses gardiens trois jours plus tard.

Les blessures de sa main commençaient à trop cicatriser pour lui être encore utile et il disparut, s'enfermant dans sa loge.

Il s'installa tranquillement sur son banc dos à la porte et sortit son rasoir coupe-choux avant de remonter sa manche et de l'appliquer dans le creux de son coude, il entailla la peau légèrement, lentement, prenant plaisir à faire durer la douleur de la coupe avant de commencer une seconde entaille quand sa porte s'ouvrit brutalement.

- Randy arrête ça tout de suite!

- Merde Chris! Qu'est-ce que tu fous là? J'avais fermé ma porte!

- Pose ton rasoir!

- Quoi j'ai plus le droit de me raser?

- De te raser ou de te mutiler?

- Qu'est-ce que tu racontes?

Chris lui prit le poignet brutalement, l'obligeant à déplier son bras et les coupures apparurent.

- Ben quoi? C'est de ta faute! En arrivant comme ça comme un dingue tu m'as fait sursauter et je me suis coupé!

- Prends-moi pas pour un con!

- D'ailleurs comment t'es entré? J'avais verrouillé!

- J'ai bidouillé la serrure pour qu'elle ne puisse pas se fermer, tu l'aurais vu si tu étais moins ivre!

- Tu as quoi?

- Oh ça va, ne fais pasz ta diva! La preuve que j'ai bien fait sinon t'aurais continué à te taillader tranquillement pendant que je tambourinais à ta porte!

- Je t'ai déjà dit que j'avais glissé par ta faute en plus!

- Et moi je t'ai dis d'arrêter de me prendre pour un con! File-moi ton rasoir!

- Quoi tu me rackettes? Tu peux pas t'en acheter une?

- Randy, donne-moi ce foutu rasoir!

- Pas question, j'en ai besoin pour me raser justement!

- Pour ta couper plutôt!

- ça arrive à tout le monde d'être maladroit.

- Donne-le moi! Jte le rendrais quand tu voudras te raser et tu le feras devant moi!

- Pour qui tu te prends?

- Pour ton ami, l'un des seuls qu'il te reste et que tu n'as pas encore définitivement écœuré de toi!

- Dommage, j'ai dû rater mon coup avec toi!

- ça doit être ça! En tout cas, tu t'es pas rater pour te mutiler!

- JE NE ME MUTILE PAS!

- C'est ça ! Et l'alcool, c'est pour quoi?

- Pour boire, crétin!

Chris s'empara de la bouteille, l'ouvrit et la renversa sur le bras de Randy tout en disant:

- ça serait pas plutôt pour faire ça?

- Aaaaah! T'es malade ou quoi ?

- Quoi? Tu préfères le faire toi-même? Dommage, j'ai gâché ton plaisir!

- Tu fais chier Chris! Dégage avant que je te foute dehors de façon moins polie!

- Parce que là t'es poli? La vache! Il est devenu quoi le Randy qui était mon meilleur ami?

- Il s'est barré, il te supportait plus!

- Joli! John t'a appris quelques trucs à ce que je vois!

La grimace de souffrance de Randy lui pétrit le coeur, la simple mention de son nom suffisait à le briser et Randy s'assit en se tenant le torse.

- Randy? L'appela Chris inquiet.

- Dégage j't'ai dis! Si je dois te le répéter, ça va mal finir pour toi!

- Honnêtement, Randy, vu ton état, t'as aucune chance de m'éjecter mais tu peux essayer.

- C'est bon, fais ce que tu veux, c'est moi qui pars alors.

- Oh non, je ne crois pas!

Chris s'empara de la trousse à pharmacie de Randy et lui tendit le bras pour le soigner, la vipère protesta mais Chris resserra sa prise sur son poignet avec un regard d'avertissement et Randy laissa tomber en soupirant.

- J'en ai marre de soigner tes blessures Randy! Dit Chris en tamponnant les plaies.

- Je t'ai rien demandé j'te signale! J'peux m'en occuper tout seul!

- Bien sûr!Comme si je pouvais te faire confiance pour prendre soin de toi quand tu te mutiles et arrête de nier, je t'ai vu! Le coupa-t-il avant qu'il ne puisse protester de nouveau.

Chris nettoya les plaies et posa des pansements puis il se leva et prit le rasoir.

- C'est bon. Quant à ça, je l'emmène avec moi ainsi que tous tes autres objets tranchants.

- C'est tout ce que j'ai!

- Randy; j'attends!

- Je te dis que c'est tout!

- Ma patience a des limites Randy! Si je dois fouiller ton sac, je le ferais, épargne-nous ça s'il te plait.

- D'accord!

Randy ouvrit son sac et lui donna son second rasoir à lames, les lames de rechange et ses ciseaux. Chris les prit avec la bouteille de rhum entamée et quitta la loge en disant:

- Je t'envoie Stuart, on ne peut pas te laisser seul une minute visiblement!

- ça va Chris, j'vais pu faire de conneries.

- Je ne te crois plus Randy, je suis désolé mais je ne peux plus te faire confiance maintenant.

Randy se prit la tête dans les mains en soupirant et dit d'une voix lasse:

- D'accord envoie-moi Stu, je ne bouge pas de là.

Chris l'observa, hésitant et Randy leva la tête.

- J'te l'promets.

- Pendant un bref instant, il revit le Randy qu'il connaissait depuis des années, son ami, un homme droit, honnête et fort et il hocha la tête, le coeur serré en voyant le voile revenir dans son regard, il quitta la loge et passa chercher Wade avant de rejoindre Phil, il devait lui dire ce qui venait de se passer ici d'urgence.

Chris expliqua le tout à Phil qui attendit patiemment que son homme se calme et remette les choses et les mots en ordre dans ses phrases, il avait su gérer Randy avec brio sur le coup mais maintenant le stress et la peine reprenaient le dessus et il bafouillait en tremblant nerveusement, ponctuant ses mots de grands gestes désordonnés.

Phil les lui prit des mains et les posa sur la table avant de le prendre dans ses bras.

- Chuuuut, calme-toi mon petit prince, ça va aller.

- Non, ça n'ira pas! On fait quoi maintenant? !

- Il n'y a qu'une seule personne qu'il écoutera en ce moment, il faut que je passe un coup de fil!

Quelqu'un frappa à la porte de sa loge, Randy soupira, exaspéré, il n'avait pas eu une seule seconde à lui tout seul depuis la veille, ses amis se relayaient auprès de lui en permanence et il commençait à saturer sérieusement.

- C'est ouvert! Cria t-il exaspéré.

Il tournait le dos à la porte comme toujours et il grommela quand la personne ouvrit:

- Je ne vois pas pourquoi vous persistez à frapper vu que je n'ai plus le droit à une vie privée ici!

- Peut-être pour être sûr de ne pas te surprendre tout nu Randy! Répondit la personne.

Randy se retourna d'un bloc et bondit sur ses pieds, stupéfait.

- John? Qu'est-ce que tu fais là?

- Phil m'a appelé.

- Je vois.

- Et Chris m'a donné ça, il m'a aussi dit ce que tu faisais avec. Ajouta-t-il en sortant les rasoirs de Randy de sa poche.

- Et alors?

- Je comprends pas pourquoi tu fais ça, je ne t'ai pas fait assez de mal comme ça pour que tu en rajoutes en te mutilant tout seul.?

- Peut-être que ta douleur me manque et que je compense.

- Randy, non...

- Quelle importance? J'ai tout perdu de toute façon, alors à quoi bon? Je n'ai plus rien désormais, rien d'autres que la douleur.

John s'avança vers lui, il tendit la main vers sa gorge sans brusquerie et tira sur sa chaîne pour sortir les plaques qui pendaient toujours autour de son cou. Randy se raidit immédiatement, paniqué et trembla de peur que John ne les lui reprenne.

- Non tu n'as pas tout perdu Randy, il te reste ça.

- John, je...

- Chuuuut! Je dois repartir Randy, je n'ai pas le droit d'être ici encore mais je veux que tu me fasses une promesse avant que je parte.

- Laquelle?

- Ne te fais plus jamais ça s'il te plait!

- John...

- Je t'en prie.

- C'est promis!

- Merci Randy, je te rends ça, tu en auras besoin pour te raser mais s'il te plait, ne trahis pas ta promesse.

- D'accord.

John fit demi-tour et ouvrit la porte mais Randy le rappela:

- John?

- Oui?

- Je te revois quand?

- Bientôt et je ne serais jamais loin en attendant. Prends soin de toi...

- Attends, John!

- Quoi?

- Pourquoi tu es venu?

- Faut vraiment que j'y aille maintenant.

- D'accord, à plus tard.

John referma la porte derrière lui doucement et quitta l'arène tandis que Randy se laissait glisser au sol derrière la porte, ses doigts trouvèrent ses plaques tandis qu'il regardait les rasoirs ramenés par John d'un air songeur. Il se releva et alla dans la petite salle de bains de sa loge, se plantant devant le miroir en observant son reflet pour la première fois depuis des semaines.

Tu me le diras, un jour?Pensa-t-il en rangeant ses rasoirs au fond de son sac.

John unique personne que Randy écoute?

Il revient pour lui? Une promesse ou un espoir?

A vos claviers

Kisous

Lilou

Chanson: When I'll see you again Adèle